27-06-2015 08:29 – Libération des détenus d’Aleg : Les ONG internationales mettent la pression

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L’Authentique – Après six mois d’emprisonnement à Aleg, et alors même qu’ils contestent leur jugement en Appel dans la capitale du Brakna, les détenus de droit commun leader du mouvement IRA et leur compagnon d’infortune de Kawtal bénéficient ces jours-ci d’un élan de solidarité sans précédent de la part de plusieurs organisations internationales.

En plus des nombreuses pétitions qui circulent en Europe et déjà signés par des milliers de citoyens du monde, Amnesty International, la FIDH et l’Organisation mondiale contre la torture multiplient les pressions pour exiger la libération immédiate et sans conditions de Birame Dah Abeid, Brahim Bilal et Djiby Sow.

Dans une note publiée le 22 juin 2015 sous le titre « Détention arbitraire, harcèlement judiciaire et conditions de détention en Mauritanie », l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (Obs), un programme conjoint de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMC) déclarent avoir reçu des nouvelles alarmantes sur les conditions de détention de trois défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie.

Il s’agit du président et du vice-président du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), Birame Dah Abeid et Brahim Bilal Ramadan ainsi que le président de l’ONG Kawtal, Djiby Sow. Les deux organisations se disent surtout préoccupées par l’état de santé de Djiby Sow et de Birame.

Le premier souffre de calculs rénaux et son état nécessite une prise en charge médicale complète, son état de santé s’étant détérioré dès le lendemain de sa détention, le 16 janvier 2015, précise la note. Quant à Birame Dah Abeid, il souffrirait de douleurs à l’estomac, de crises dentaires et d’hypertension.

Alors que Djiby Sow a déjà été admis trois fois en service de réanimation puis reconduit systématiquement après en prison, Birame Dah Abeid n’a lui jamais eu droit aux services d’un médecin, selon la note. Le président de Kawtal qui devait subir une opération le 17 juin dernier n’a pas pu obtenir une autorisation de sortie de prison, alors que les médecins jugent son état de critique.

Birame Dah Abeid, Brahim Bilal et Djiby Sow ont été jugés et condamnés à 2 ans de prison par un tribunal de Rosso, pour avoir organisé une caravane dénonçant l’esclavage agricole dans les régions du Fleuve.

Les observateurs nationaux et internationaux ont été unanimes à reconnaître le caractère arbitraire de leur arrestation ainsi que la parodie de justice organisée à Rosso à leur intention, en présence d’un nombre important d’avocats du Barreau, dont le Bâtonnier en personne ainsi qu’une foule massive de sympathisants et militants du mouvement IRA.

Depuis l’arrestation de leurs leaders, les IRAOUITES multiplient les coups d’éclat. Une bonne dizaine se retrouveront en prison pour avoir mené des campagnes pour la libération de leurs leaders, à l’image de la Noria de l’organisation Marième Mint Cheikh et du porte-parole du président, Dr.Saad Ould Louleid. D’ailleurs, ces deux leaders se trouvent actuellement à l’étranger pour une campagne internationale de soutien aux détenus.

Si Dr. Saad s’est envolé vers les Etats-Unis, Marième Mint Cheikh promène quant à elle son bâton de pèlerin en Allemagne et probablement pourra-t-elle se rendre ailleurs en Europe. Pendant ce temps, les militants de base encadrés par certains leaders encore en liberté organisent chaque début de week-end un sit-in de protestation devant les locaux du ministère de la Justice et le Palais de Justice de Nouakchott pour réclamer la libération de leurs dirigeants.

JOB

Source crédit :cridem.org

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26-06-2015 16:15 – Djiby Sow, en liberté provisoire

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Alakhbar – La liberté provisoire a été accordée au militant mauritanien des droits de l’homme Djby Sow président de l’ONG Kawtal. Djby Sow a été condamndé parmi trois militants des droits de l’homme à 2 ans de prison après l’organisation d’une caravane contre « l’esclavage foncier » dans le sud du pays.

Des raisons de santé pourraient expliquer cette liberté provisoire. Djby Sow « est dans un état très critique » s’inquiétait il y a deux semaines une source familiale qui avait joint Alakhbar au téléphone. Depuis, il a été évacué dans un hôpital de la capitale Nouakchott.

Djiby Sow a été condamné, le 15 janvier dernier, avec le militant antiesclavagiste Biram Dah Abeid, prix des Nations-Unies pour les Droits de l’homme et président d’IRA, ainsi qu’avec le vice-président de cette association, Brahim Ould Bilal.

Source crédit :cridem.org

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25-06-2015 20:16 – Me Brahim Ould Ebetty : « Les autorités mauritaniennes tiennent un double discours sur l’esclavage »

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Jeuneafrique – Condamnés à deux ans de prison, trois militants anti-esclavagistes ont décidé de boycotter leur procès en appel. Explications de leur avocat, Me Brahim Ould Ebetty.

Le 15 janvier, au terme d’un procès controversé, la cour correctionnelle de Rosso (Sud) condamnait trois militants antiesclavagistes à deux ans de prison ferme pour « offense et désobéissance à la force publique ».

Initiateurs d’une caravane qui avait sillonné les rives du fleuve Sénégal afin de dénoncer les expropriations de terres dont sont victimes les Haratines (Maures noirs, communauté où se recrutent les « captifs »), Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Brahim Ould Bilal Ramdane, vice-président de l’association, et Djiby Sow, président de Kawtal Ngam Yellitaare, ont récemment fait savoir qu’ils boycotteraient leur procès en appel, dont la date n’a pas encore été fixée.

Militant internationalement reconnu de la lutte contre l’esclavage, Biram Ould Dah Ould Abeid, qui a reçu, en 2013, le prix de l’ONU pour la cause des droits de l’homme, était arrivé deuxième à l’élection présidentielle de juin 2014, remportée haut la main dès le premier tour par le président sortant, Mohamed Ould Abdelaziz. Selon son avocat, Me Brahim Ould Ebetty, cette affaire illustre le « double discours » des autorités mauritaniennes, dont la volonté affichée d’éradiquer l’esclavage ne serait que de façade.

Jeune Afrique : Pourquoi Biram Ould Dah Ould Abeid et ses deux coaccusés comptent-ils boycotter leur procès en appel ?

Me Brahim Ould Ebetty : À la suite de leur condamnation en première instance, le procureur général a obtenu de la Cour suprême le dessaisissement de la cour d’appel de Nouakchott, qui est pourtant la juridiction naturelle censée les rejuger, au profit de celle d’Aleg. Pour seul argument, le parquet a invoqué un risque de trouble à l’ordre public. Nous avons fait valoir que d’autres affaires au moins aussi sensibles avaient déjà été jugées à Nouakchott sans que cela cause le moindre problème, tout en rappelant qu’il n’y avait eu aucun incident lors du premier procès, tenu à Rosso. Cette manœuvre vise uniquement à éloigner les trois hommes de leurs militants et sympathisants, et à les soustraire à la médiatisation et à la mobilisation auxquelles on assisterait dans la capitale autour de ce procès hautement politique. D’où la décision de Biram et de ses deux coaccusés de boycotter le procès en appel.

L’état de santé de Djiby Sow semble s’être détérioré au cours des dernières semaines…

Il souffre notamment de problèmes rénaux. Son état de santé étant préoccupant, il a finalement pu être transféré à la prison centrale de Nouakchott, où il est censé recevoir des soins appropriés. Mais Djiby Sow est inquiet, car il se plaint d’une obstruction de l’administration péniten-tiaire. Plusieurs rendez-vous médicaux ont ainsi été annulés ou reportés.

Considérez-vous que le procès en première instance a donné lieu à un jugement politique ?

L’IRA et l’association de Djiby Sow avaient organisé une caravane destinée à dénoncer la pratique de l’esclavage dans le domaine foncier dans la vallée du fleuve Sénégal. Pendant leur trajet entre Boghé et Rosso, les militants de ces associations ont tenu une série de rencontres et de meetings pour sensibiliser les populations contre toute pratique esclavagiste – tout cela sous la surveillance étroite des forces de l’ordre. Lorsque Biram Ould Dah Ould Abeid, lequel se trouvait alors à Rosso, car il devait se rendre au Sénégal, est allé à la rencontre de la caravane, qui approchait de la ville, tout le groupe a été encerclé, puis arrêté par les gendarmes. Manifestement, il s’agissait d’un guet-apens dont le véritable objectif était l’interpellation de Biram et de son adjoint, Brahim Ould Bilal Ramdane. Parmi les infractions retenues lors du procès, il y a l’appartenance à une association non autorisée, ce qui, en 2015, est consternant dans un pays qui se prétend démocratique. On les a également accusés d’offense à l’autorité, alors même qu’aucun acte de violence ou de rébellion n’a été rapporté lors des audiences.

Pourquoi l’IRA, créée en 2008, est-elle considérée comme une association non autorisée ?

Pendant le procès, le président et le vice-président de l’association ont expliqué qu’ils avaient transmis aux autorités tous les documents requis en vue de la déclarer officiellement, mais qu’ils n’avaient jamais reçu de suites. Cela n’empêche pas l’IRA d’avoir été reconnue de facto : elle a en effet organisé des caravanes ou des meetings de Nouakchott à Néma. Lors de la dernière présidentielle, le candidat Biram Ould Dah Ould Abeid se référait explicitement aux slogans de l’IRA, et l’association effectue sa mission de sensibilisation en liaison avec les représentants des autorités. En réalité, Biram dérange, car il dénonce la persistance des pratiques esclavagistes, alors que le régime, lui, tente de les nier.

Les autorités mauritaniennes assurent pourtant lutter contre ce phénomène…

Effectivement, la Constitution de 2012 qualifie l’esclavage de crime contre l’humanité. Plus récemment, une loi adoptée en Conseil des ministres porte criminalisation des pratiques esclavagistes, tout en prévoyant des peines allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. Officiellement, la lutte contre l’esclavage fait aujourd’hui l’unanimité, des rangs des ONG à ceux du régime. Au lieu de conduire les trois prévenus en prison, cette caravane destinée à la sensibilisation contre l’esclavage aurait donc dû être encouragée. Comment comprendre ce double discours, consistant à criminaliser l’esclavage tout en persécutant ceux qui le dénoncent ?

Pourquoi la Mauritanie ne parvient-elle pas à dépasser les éternelles lignes de clivage entre Beidanes et Négro-Mauritaniens ?

Notre pays n’est toujours pas parvenu à accoucher d’un État qui serait une entité abstraite, au-dessus de tous les citoyens. Ce qui perpétue ces divisions, c’est l’absence d’institutions déconnectées des considérations partisanes, ethniques ou tribales.

Vous défendez de longue date les droits de l’homme. Quelle évolution avez-vous constatée depuis l’accession au pouvoir du président Mohamed Ould Abdelaziz ?

Cette affaire marque un inquiétant retour en arrière. Au début des années 2000, sous Maaouiya Ould Taya, on avait déjà assisté à une instrumentalisation de la justice consistant à soustraire des détenus d’opinion à leurs juges naturels. Par ailleurs, les intimidations visant les militants antiesclavagistes ou certains journalistes sont préoccupantes. Il nous faudra redoubler d’efforts si nous ne voulons pas revenir aux années de braise.

Source crédit :cridem.org

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23-06-2015 07:50 – Le Parlement canadien condamne l’arrestation et le maintien en détention de Biram Dah Abeid

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Entalfa – Dr Siikam Sy : Le Parlement canadien condamne l’arrestation et le maintien en détention de Biram Dah Abeid. Lire le procès-verbal au lien ci-dessous:

PARLEMENT du CANADA

PROCÈS-VERBAL

Séance no 78

Le mardi 16 juin 2015

Il est convenu, — Considérant que, le 1er novembre 2014, Biram Dah Abeid, un militant mauritanien réputé pour sa lutte contre l’esclavage, et le fondateur de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, a été arrêté à la suite d’une marche pacifique contre l’esclavage;

Considérant que Biram Dah Abeid a été accusé d’appel à la manifestation, de participation à une manifestation et d’appartenance à une organisation illégale, et que selon certains rapports, il risque la peine de mort;

Considérant que d’autres militants antiesclavagistes ont été arrêtés et placés en détention;

Considérant que d’autres militants antiesclavagistes ont été arrêtés et placés en détention; Considérant que, même si elle a été abolie officiellement en 1981 et criminalisée en 2007, la pratique de l’esclavage persiste en Mauritanie;

Considérant que, selon l’indice mondial de l’esclavage de 2014, la Mauritanie est le pays où la proportion de la population soumise à l’esclavage est la plus élevée au monde, certaines estimations établissant cette proportion à 20 %;

Considérant que la Mauritanie a ratifié des conventions telles que la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques;

Il est proposé que le Sous comité :

Condamne l’arrestation et la détention en cours du militant antiesclavagiste Biram Dah Abeid et de ses collègues, et qu’il demande leur libération immédiate;

Exprime ses préoccupations à la suite des rapports selon lesquels les militants auraient été victimes de violence, et qu’il exhorte les autorités mauritaniennes à traduire en justice les responsables impliqués dans l’usage de la torture et d’autres formes de mauvais traitements contre les prisonniers;

Condamne toutes les formes d’esclavage dans les mots les plus forts, et qu’il condamne plus particulièrement l’utilisation répandue de l’esclavage, des pratiques liées à l’esclavage et de la traite de personnes en Mauritanie;

Demande au gouvernement du Canada de se joindre à d’autres membres de la communauté internationale dans la lutte contre l’esclavage et la traite de personnes en Mauritanie et dans le monde entier.

Source parlement Canadien : http://www.parl.gc.ca/HousePublications/Publication.aspx?DocId=8055756&Mode=1&Parl=41&Ses=2&Language=F

SoninkIdees-J’ose

APPEL URGENT – L’OBSERVATOIRE

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Nouvelles informations

MRT 002 / 1114 / OBS 088.1

Détention arbitraire / Harcèlement judiciaire /

Conditions de détention

Mauritanie19 juin 2015

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Mauritanie.

Nouvelles informations :

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de la poursuite de la détention arbitraire de MM. Biram Ould Dah Abeid et Brahim Ould Bilal Ramdane, respectivement président et vice-président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie) et de M. Djiby Sow, président de l’ONG Kawtal Ngam Yellitaare, ainsi que de leurs états de santé préoccupants.

Selon les informations reçues, depuis le 8 juin 2015, M. Sow, a été admis trois fois en service de réanimation à l’hôpital de Nouakchott, avant d’être systématiquement reconduit en prison malgré un état de santé préoccupant dû à des conditions de détention déplorables.

En dépit de la situation précaire dans laquelle se trouve M. Sow, il lui est également demandé de s’acquitter des frais de soins à chaque admission.De plus, M. Sow n’a pas été autorisé à sortir de prison le 17 juin, et n’a donc pas pu subir l’intervention chirurgicale dont il devait bénéficier ce jour-là.

Détenu depuis le 16 janvier 2015, l’état de santé de M. Sow s’est gravement détérioré. Alors que le 3 mars 2015, des calculs rénaux lui ont été diagnostiqués, et en dépit de la demande de son médecin de faire pratiquer un scanner, celui-ci n’a pu en bénéficier que dix jours plus tard.

L’Observatoire rappelle que le 15 janvier 2015, la Cour correctionnelle de Rosso a condamné à deux ans de prison M. Sow pour « appartenance à une organisation non reconnue » et « rassemblement non autorisé » (voir rappel des faits).

L’Observatoire a également été informé de l’état de santé préoccupant de M. Biram Ould Dah Abeid. Ce dernier, qui souffre de douleurs à l’estomac, dentaires et d’hypertension, n’a pas accès à un médecin en prison et le régime alimentaire strict requis par son état de santé n’est pas respecté par les autorités pénitentiaires.

L’Observatoire exprime ses plus vives préoccupations quant aux conditions de détention de M. Djiby Sow et de M. Biram Ould Dah Abeid et exhorte les autorités à leur fournir les soins médicaux requis par leur état de santé.

L’Observatoire dénonce la détention arbitraire visant MM. Djiby Sow, Biram Ould Dah Abeid, Brahim Ould Bilal Ramdane ainsi que les neuf autres membres et sympathisants de l’IRA (voir rappel des faits), et appelle les autorités à procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle, en ce que leur détention ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.

Rappel des faits :

Le 7 novembre 2014, MM. Biram Ould Dah Ould Abeid, Brahim Bilal Ramdhane, Khattri Rahel, président du Comité de la paix de l’IRA-Mauritanie, Cheikh Vall, militant antiabolitionniste, Abidine Matalla, membre du bureau exécutif de l’IRA-Mauritanie, Samba Diagana et Hassane Mahmoud, membres du Comité de la paix de l’IRA-Mauritanie, et Mohamed Yacoub, membre de l’IRA-Mauritanie, M. Dah Boushab, président de la section d’Arafat de l’IRA Mauritanie, ainsi que M. Djiby Sow, ont lancé une caravane sillonnant le pays afin de dénoncer « l’esclavage foncier et les expropriations foncières », un système qui contraint les membres de la communauté Haratine à devenir des travailleurs agricoles sur leurs terres ancestrales.

M. Biram Ould Dah Abeid a été arrêté le 11 novembre 2014, alors qu’il venait de rejoindre la caravane à l’entrée de la ville de Rosso. Les neuf autres organisateurs ont également été arrêtés ce jour-là.

Le 12 novembre, la police a fermé le siège de l’IRA à Nouakchott. L’IRA-Mauritanie qui n’avait jamais reçu d’autorisation officielle en dépit de ses demandes répétées était sous la menace d’une telle interdiction à tout moment, ce que le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme en Mauritanie dénonce comme « une application arbitraire de la loi »[1].

Le 14 novembre 2014, MM. Biram Ould Dah Abeid, Brahim Ould Bilal Ramdane, Khattri Rahel, Cheikh Vall, Abidine Matalla, Samba Diagana, Hassane Mahmoud, et Mohamed Yacoub ont comparu devant le procureur de Rosso puis devant le juge d’instruction, qui les a inculpés pour « attroupement et rébellion », d’« incitation à la révolte » et de « refus d’exécuter les ordres des autorités administratives »[2]. Ces derniers ont été transférés à la prison de Rosso, tandis que MM. Djiby Sow et Dah Boushab ont été placés sous contrôle judiciaire.

Le 24 décembre 2014, le parquet de Rosso at requis cinq ans de prison ferme contre Biram Ould Dah Abeid et 8 autres militants de l’IRA-Mauritanie pour « appartenance à une organisation non reconnue » et « rassemblement non autorisé ». M. Djiby Sow, était lui aussi poursuivi pour « rassemblement non autorisé ».

Le 15 janvier 2015, la Cour correctionnelle de Rosso a condamné à deux ans de prison MM. Djiby Sow, Biram Ould Dah Abeid et Brahim Ould Bilal Ramdane, pour « appartenance à une organisation non reconnue » et « rassemblement non autorisé ». Les sep autres inculpés ont été acquittés et libérés ce jour là.

Malgré l’appel interjeté par les avocats des défenseurs, aucune date de procès n’a été fixé à ce jour.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :

i. Garantir en toute circonstance l’intégrité physique et psychologique de MM. Djiby Sow, Biram Ould Dah Abeid et Brahim Ould Bilal Ramdane, ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits humains en Mauritanie ;

ii. Libérer immédiatement et inconditionnellement MM. Djiby Sow, Biram Ould Dah Abeid et Brahim Ould Bilal Ramdane, car leur détention ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de MM. Djiby Sow, Biram Ould Dah Abeid, Brahim Ould Bilal Ramdane et des autres membres et sympathisants de l’IRA ;

v. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement :

– son article 1 qui stipule que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveau national et international » ;

– son article 9.1 qui énonce que « dans l’exercice des droits de l’homme et des libertés fondamentales, y compris le droit de promouvoir et protéger les droits de l’homme visés dans la présente Déclaration, chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de disposer d’un recours effectif et de bénéficier d’une protection en cas de violation de ces droits » ;

– et son article 12.3 qui prévoit que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, d’être efficacement protégé par la législation nationale quand il réagit par des moyens pacifiques contre des activités et actes, y compris ceux résultant d’omissions, imputables à l’État et ayant entraîné des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que contre des actes de violence perpétrés par des groupes ou individus qui entravent l’exercice des droits de l’homme et des libertés fondamentales. » ;

vi. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie.

Addresses :

• S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Ministère du Secrétariat Général à la Présidence, B.P.184- Nouakchott, Tél : 00 222 525 70 29/ 4525 20 10 ; Fax : 00 222 525 85 52

• M. Mohamed Ould Mohamed Raré, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie : BP 195 – Nouakchott – Mauritanie – Téléphone : + 222 525 15 84 ; fax : + 222 529 09 89 mail : mmelhadi@interieur.gov.mr ; leminesidi@yahoo.fr

• Sidi Ould Zeïne, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, B.P.350- Nouakchott, Tél : 00222 5258204/7002, Fax : 00 222 525 70 02

• M. Cheikh Tourad Ould Abdel Malick, Directeur des droits de l’Homme, Commission nationale des droits de l’Homme, Email : ctmohamed2000@yahoo.fr

• S.E. Ambassadeur Mme Salka mint Yamar, Mission permanente de la Mauritanie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Rue de l’Ancien-Port 14, 1201 Genève, Suisse. Fax : +41 22 906 18 41. Email : mission.mauritania@ties.itu.int

• Ambassade de la Mauritanie à Bruxelles, Avenue de la Colombie 6, 1000 Bruxelles, Belgique. Fax : +32 2 672 20 51, info@amb-mauritania.be

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Mauritanie dans vos pays respectifs

*** Paris-Genève, le 19 juin 2015

[1] Rapport de la Mission d’établissement des faits du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme en Mauritanie, 15-16 novembre 2014.

[2] M. Khattri Rahel a par ailleurs été accusé de « résistance à la force publique dans l’exercice de ses fonctions ».

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21-06-2015 16:51 – L’esclavage en Mauritanie: dimension traditionnelle et moderne

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Huffingtonpost – Le samedi 13 juin 2015, l’Alliance Against Modern Slavery a tenu à Toronto sa 5e conférence annuelle. En marge de cette rencontre, Martin Klein, professeur de l’Université de Toronto, et moi-même avons exposé les différentes facettes de l’esclavage en Mauritanie et des actions entreprises par des mouvements abolitionnistes, notamment l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA).

Son fondateur, Biram Dah Abeid, est actuellement retenu dans les geôles d’Aleg avec ses codétenus Djiby Sow et Brahim depuis janvier 2015, en raison de leur volonté d’éliminer définitivement la servilité en Mauritanie et dans lemonde.

Le combat de l’IRA: question de méthode

Le combat de l’IRA s’inscrit certes dans la même continuité que les mouvements comme El Hor (libre) des années 1970 et SOS-Esclaves de 1995, mais il diffère avec ces derniers sur le plan méthodologique, c’est-à-dire dans la manière de poser le problème.

D’abord, l’IRA s’interroge sur les aspects religieux du phénomène pour comprendre sa portée sur la domination du maître sur les esclaves, la vente et l’achat des esclaves et la disposition sexuelle des femmes esclaves à leur maître. Ensuite, il contextualise les textes du droit musulman en Mauritanie qui datent des 12e et 13e siècles, pour démontrer que leurs interprétations pour justifier l’esclavage ne tiennent pas, du fait de leur caractère littéraliste.

Enfin, il analyse l’environnement géopolitique de la Mauritanie avec une certitude que notre pays, par sa position géographique de trait-d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, favorise la pratique, la transit et la destination des esclaves obtenus par kidnapping.

L’IRA et la délégitimation de l’esclavage en Mauritanie

La façon de poser la problématique de l’esclavage permet de comprendre les aspects traditionnels de la servilité en Mauritanie, notamment le caractère héréditaire de l’esclavage, l’attachement psychologique et mental de l’esclave à son maître, l’endoctrinement religieux qui a convaincu la grande majorité d’entres eux d’accepter sans révolte leur sort, qui émanerait directement de la volonté divine.

En Mauritanie, à côté de l’esclavage moderne, il existe l’esclavage sexuel, l’esclavage domestique, l’esclavage foncier et l’expropriation des terres. C’est pourquoi, au-delà des actions politiques de libération des esclaves, l’IRA mène un combat de délégitimation religieuse, des manifestations pacifiques, des grèves de la faim, de l’éducation et la formation professionnelle des esclaves, des conférences et un partenariat avec les Organisations non gouvernementales.

Ainsi, ce combat à la fois méthodique et pacifique a valu au président Biram plusieurs prix en guise de reconnaissance partout dans le monde, y compris celui des Droits de l’homme aux Nations unies en 2013. Après Nelson Mandela, il est la deuxième personnalité en Afrique noire à recevoir cette distinction.

L’esclavage en Mauritanie et les décennies d’abolition sans conséquence

La Mauritanie a connu plusieurs décennies d’abolition, notamment en 1905 avec la colonisation française, en 1960 avec la première Constitution qui réaffirmait la primauté des droits et libertés, en 1981 avec la gouvernance des militaires, et en 2007 avec la loi qui criminalise l’esclavage au plan formel, mais qui n’est jamais suivies d’actes concrets en raison de la connivence entre les tenants du pouvoir politique et les maîtres esclavagistes d’origine arabo-berbère. Raison pour laquelle le combat contre l’esclavage sera long est difficile face à un système raciste et esclavagiste qui ne cesse de mobiliser les moyens de répression pour pérenniser ses avantages.

Mais la vérité, c’est qu’en Mauritanie une minorité gouverne la majorité. Mais une telle domination n’a pas d’avenir, dans la mesure où le réveil populaire est une marche, vu la volonté des femmes et des hommes de mener, à l’instar de président Biram, la lutte pacifique dans le but de débarrasser la Mauritanie de ce système d’un autre temps.

Ainsi, notre liberté est indéniablement liée. Nous avons intérêt à vivre dignement dans le respect mutuel, sinon la Mauritanie court un risque d’effondrement. Comme le disait Nelson Mandela: «J’ai vu qu’il n’y avait pas que ma liberté à être réduite, il y avait aussi celle de tous ceux qui me ressemblaient. […]. C’est alors que ma faim de liberté personnelle est devenue faim de liberté pour mon peuple. C’est ce désir de liberté pour que mon people vive sa vie dans la dignité et la fierté qui a transformé un jeune effrayé en quelqu’un d’audacieux, qui a conduit cet avocat respectueux des lois à devenir un criminel, qui a transformé un mari aimant sa famille en errant, qui a obligé un homme amoureux de la vie à vivre en moine. […]. La liberté est indivisible, les chaînes que portait un de mes compatriotes, tous les portaient, les chaines que tous portaient, je les portais aussi ».

Conclusion

L’arrestation et l’emprisonnement arbitraire de Biram ne sont que des dissuasions de la part d’un système raciste pour inciter à abandonner le combat contre l’esclavage.

Mais dans la vie des grands hommes, rares sont ceux que la prison a détourné de la mission dont ils sont investis. Au contraire, Biram et ses codétenus souffrent certes d’une privation de liberté, mais ils sortiront renforcés, avec une parole à la dimension prophétique pour libérer l’opprimé et l’oppresseur en Mauritanie. Ainsi, Biram, un homme au destin exceptionnel par son courage, sa bravoure et son sens du sacrifice pour une Mauritanie juste, mérite sa place auprès des personnages mythiques tels que Nelson Mandela en Afrique du Sud, Martin Luther King aux Etats-Unis, Mahatma Gandhi en Inde et Thomas Sankara au Burkina Faso.

Ardo Dia

Auteur et chercheur du Groupe analyse politique et stratégique (GAPS)

Source crédit :cridem.org

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Charleston en Caroline du Sud, l’Homme Noir est fragile.

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Début avril 2015, qui se rappelle aujourd’hui quand un flic blanc vidait son arme de fonction sur Monsieur Walter Scott qui était de dos..???
Ce dernier, un père de famille avait été abattu par un policier de 33 ans, qui falsifia son rapport sur l’événement, mais une vidéo hasardeuse était apparue quelques jours après balayant la version officielle.

Ces derniers jours, dans la même ville de ce même État, un jeune blanc est parti abattre 9 fidèles NOIRS dans une église appelée NOIRE, et les médias ont traîné plusieurs heures en débat HYPOCRITE, pour savoir s’il était pertinent de qualifier la tuerie de terrorisme au pas. Chez le pays de l’oncle Sam, la technologie pointue leur permet de tuer via des drones à plusieurs milliers de kilomètres, mais on ne semble pas détecter et anticiper les criminels racialistes qui pilulent dans certains états anciennement confédérés. La confédération du Sud américain sécessionniste fut vaincue, il y’a plusieurs siècles, mais l’idéologie suprématiste qui anima les confédérés d’hier, est toujours vivante. Hier les confédérés du Caroline du Sud, étaient esclavagistes et ne supportaient pas qu’on puisse considérer les Noirs (esclaves) comme étant égaux aux blancs. Ces derniers jours, on semble découvrir que le jeune tueur blanc de l’église, venait du milieu suprématiste local et qu’il exprimait ses convictions sur différents supports. On voudrait savoir, quel statut ont les Noirs dans ces anciens terroirs confédérés, car ces blancs suprématistes qui les tuent, ne croient pas tuer des citoyens américains comme eux, encore moins des humains ayant une âme noble. Le choix de l’église Noire a du sens pour ces racialistes suprématistes desquels est issu le jeune blanc tueur. En effet, la religion peut être très importante chez les suprématistes, mais ils pensent que l’Homme NOIR est indigne et impur de s’approcher d’un Dieu. Leur idéologie nocive et racialiste n’admet pas que les Noirs importés comme du bétail pendant la traite nègrière, puissent aspirer à une Humanité pleine égale à la leur. Pour eux, plus il y a une promotion sociale et civique pour les Noirs autour d’eux, cela équivaudrait à un marqueur de déclin et de souillure de leur société blanche et idéalisée ayant une âme saine.

Peut-on revendiquer une solidarité Noire internationale… ???

L’homme Noir avait été disloqué par différents événements douloureux dans le passé. Et à travers le monde, certains de nôtres ont été conditionnés à admettre la normalité de notre condition peu enviable. Nous admettons facilement que l’Autre se doit d’être notre supérieur modèle sur lequel on se définit dans la forme comme dans le fond. Notre conscience collective semble trop docile à la domination de l’Autre, mais ceux d’entre Nous qui se faisaient accepter par stratégie passagère dans le giron du maître, essayeront de se soustraire pour de bon. Ceux-là sont les premiers à broyer du rouge, si on leur rappelait l’Afrique, notre gîte originel. Victimes des clous académiques dans les universités aux visées troublantes et orientées, certaines élites Noires sont une abomination pour la Cause Noire. Elles sont formées pour servir l’Autre et pour ce dernier, on est seulement bien formé que si les balises intellectuelles sont respectées selon ses envies égoïstes.
L’Afrique Noire de l’union africaine, comme toutes les institutions mondiales, croit l’Humanité harmonieuse par des procédés hypocrites qui faussent l’essentiel.

Les Noirs du monde entier doivent se méfier des convenances de façade, les victimes de l’église Noire à Charleston, le sont parce-que étant Noires seulement. Leur americanité et leur chrétienté ne participent en aucune manière au motif incitatif du crime. Il est urgent pour les officiels Noirs de par le monde et leurs petits peuples de manifester leur indignation saine face à la banalisation du Fait Noir.
Nos marcheurs Noirs de Paris venant de l’Afrique pour Charlie, ont aussi leur place auprès de la communauté Noire de Charleston. Pourtant Ils ont les moyens matériels d’y aller, mais le Mal Noir Rêveur et puéril face à la marche de l’humanité, pourrit leur Sens de priorité.

Tous les autres sont solidaires, et c’est presque le sens même de leur honneur, mais Nous, on nous a inculqué que c’est de l’extrémisme ou du radicalisme.
On se rappelle de quelques hommes politiques mauritaniens et arabophones qui étaient partis voir et soutenir Bachar le syrien honni par ses anciens parrains aujourd’hui, et ils s’y étaient en étant plus arabes que musulmans. D’autres exemples symboliques à travers le monde peuvent nous édifier.

Nous, on croit s’honorer par la lâcheté intellectuelle pour l’éloge du maître et la prostitution identitaire et d’identification.

NOIR A (À) MAL…!!!

SoninkIdees-J’ose

Bon Ramadan à tous… !!!

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À l’occasion de ce début de ramadan 2015 (1436 H), notre blog Soninkideesjose.wordpress.com vous souhaite un mois plein de piété dans nos oeuvres apparentes et cachées. Qu’Allah Agrée nos actes et Pardonne nos manquements.

Ameen.

SoninkIdees-J’ose

15-06-2015 16:33 – La lutte contre le racisme et l’esclavage en Mauritanie : Un délit en Mauritanie.

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Jeunesse Mauritanienne – Le 11 novembre 2014, trois défenseurs des Droits humains, Biram Dah Abeïd, président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie, lauréat du prix des droits de l’homme des Nations unies 2013, Brahim Bilal vice-président du même mouvement, et Djiby Sow, président de Kawtal Ngam Yellitaare, ont été mis aux arrêts.

D’autres militants des Droits humains sont toujours sous la menace de la justice sous les ordres du général Aziz, à Nouakchott. Leur crime ? Avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers dans plusieurs localités du Sud mauritanien.

Le 15 janvier 2015 à Rosso, à la suite d’un procès que d’aucuns jugent politique et expéditif Biram Dah Abeïd, Brahim Bilal et Djiby Sow ont été condamnés d’abord à 2 ans de prison, puis envoyés dans une autre juridiction ensuite incarcérés par la justice mauritanienne, faisant ainsi fi de l’appel introduit par la défense de ces porte-voix des sans voix.

Pis, le 12 mai 2015, grande a été la surprise de voir le Commissaire de Police de la ville d’Aleg signifier, à l’insu du collectif d’avocats de la défense, la décision prise la veille par la Cour suprême, dessaisissant de facto la Cour d’appel de Nouakchott du dossier des détenus au profit de celle d’Aleg.

Cet acte constitue une tentative vaine de régularisation, après coup, des incarcérations arbitraires depuis le 15 janvier 2015 à la prison d’Aleg, loin de la juridiction naturelle qui est la Cour d’Appel de Nouakchott dont relève le tribunal de Rosso, seule formation juridictionnelle connaissant le dossier.

Par ailleurs, le président de KAWTAL, Monsieur Djiby Sow, est atteint d’une grave maladie nécessitant une opération d’urgence. Sciemment retardée par les autorités, elle aura finalement lieu le 17 Juin 2015 après une détérioration de l’état de santé du détenu.

Ces mêmes autorités, après avoir opposé un refus catégorique quant à son admission dans un service hospitalier spécialisé, refusent aujourd’hui la prise en charge totale des traitements et soins liés à l’intervention, une prise de position qui va à l’encontre de l’article 24 de l’ensemble des principes des Nations-Unis pour la protection des détenus, adopté par l’assemblée générale dans sa résolution 43/173 du 9 Décembre 1988, qui stipule que «Toute personne détenue ou emprisonnée se verra offrir un examen médical approprié dans un délai aussi bref que possible après son entrée dans le lieu de détention ou d’emprisonnement; par la suite, elle bénéficiera de soins et traitements médicaux chaque fois que le besoin s’en fera sentir.

Ces soins et traitements seront gratuits ». Conscients de l’impérieuse nécessité de porter assistance à ces militants infatigables des Droits humains, nous, associations, organisations, partis politiques mauritaniens de la diaspora en France, constitués en Comité de soutien aux « détenus politiques et d’opinion » :

– alertons pour une énième fois l’opinion nationale et internationale sur l’état de santé de l’un des prisonniers Djiby Sow , qui s’aggrave jour après jour,

– appelons tous les épris de justice de tous horizons à soutenir la cause des Droits Humains en Mauritanie,

– dénonçons les arrestations et les détentions arbitraires des défenseurs de la cause anti- esclavagiste et anti-raciste en Mauritanie,

– refusons avec vigueur l’instrumentalisation de la justice à des fins bassement politiciennes,

– dénonçons les manœuvres obscures d’une supposé ligue des Ulémas mauritaniens émettant une étrange Fatwa rendant illicite l’esclavage le 26 Mars 2015, tout en faisant fi du sort des militants abolitionnistes emprisonnés,

– interpellons le général Ould Abdel Aziz et sa clique complice qui s’adonnent à des tournées folkloriques à l’intérieur du pays, alors que l’expression la plus élémentaire du Droit est contestée pour l’écrasante majorité du peuple mauritanien,

– et exigeons la libération immédiate et sans conditions des défenseurs des Droits humains en Mauritanie.

Le comité de soutien des détenus d’Aleg Fait à Paris le 14 Juin 2015

SoninkIdees-J’ose

Appel au SIT-IN du 17 Juin 2015

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LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:

MERCREDI 17 JUIN 2015
DE 13H A 17H
EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

     « DJIBY SOW SE MEURT A PETIT FEU »

Voilà plusieurs mois que les camarades Djiby Sow, Biram Dah Abeid, Prix onusien 2013 pour les droits de l’Homme et Brahim Bilal sont incarcérés à la prison d’Aleg. D’autres militants des droits humains sont aussi détenus à la prison de Nouakchott. Leur crime: avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers alors que les motifs de ces arrestations et incarcérations restent infondés.

Transférés en-dehors de leur circonscription judiciaire d’origine, le parquet, en violation flagrante des textes en vigueur, a décidé d’engager dans les plus brefs délais le procès en appel dans la juridiction incompétente d’Aleg dont les magistrats sont connus pour leurs soumissions aveugles au diktat de l’exécutif.

En outre, Djiby SOW souffre de maladies diverses depuis la grève de la faim entamée le 23 février 2015 et les autorités entravent tout traitement médical conforme aux recommandations du médecin traitant. Par conséquent, l’aggravation de son état de santé nécessite une opération d’urgence qui aura finalement lieu le 17 Juin 2015, sciemment retardée par ces mêmes autorités qui s’opposent aujourd’hui à une prise en charge totale des traitements et soins liés à l’intervention.

Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire d’Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Cellule communication. 

Paris, le 13/06/2015

SoninkIdees-J’ose