
Au Burkina Faso, 2 coups d’Ă©tat en dix mois Ă peine. Un capitaine qui dĂ©trĂŽne un colonel, on y arrive peu Ă peu, le prochain peut ĂȘtre un lieutenant de 25 ans qui va chasser le capitaine. Qu’on se l’avoue, si des motards enturbannĂ©s chĂ©tifs ensanglantent et rasent nos contrĂ©es saheliennes sans ĂȘtre Ă©radiquĂ©s durant ces nombreuses annĂ©es, c’est dĂ» Ă la faiblesse de nos forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ©. ArmĂ©es clanisĂ©es en bataillons et en unitĂ©s mĂ©fiants les uns envers les autres, l’Ă©lite hiĂ©rarchique embourgeoisĂ©e dans les villas sĂ©curisĂ©es trĂšs loin du terrain chaud n’a aucune emprise dĂ©cisionnelle efficiente sur les opĂ©rations menĂ©es au front. Ainsi les groupes terroristes fanatisĂ©s mĂšnent la danse parce qu’ils semblent mieux au point en vision opĂ©rationnelle. IlluminĂ©s par une idĂ©ologie takfiriste aveuglante, ils installent la terreur parmi des populations abandonnĂ©es. Ă force de vĂ©gĂ©ter dans cette terreur sans perspective d’espoir d’en sortir un jour par les forces de sĂ©curitĂ©, les populations affectĂ©es vont se rĂ©soudre Ă un laisser-aller compatible avec ce joug islamiste au jour le jour. Ces derniers temps, certains mĂ©dias annoncent que 40 % du territoire BurkinabĂ© est hors contrĂŽle des autoritĂ©s Ă©tatiques. Et la prioritĂ© se joue ailleurs entre les factions de l’armĂ©e. Cette armĂ©e par la faction du colonel Damiba qui a chassĂ© en janvier 2022 le prĂ©sident civil Ă©lu KoborĂ© (reprochĂ© d’ĂȘtre dĂ©passĂ© par l’insĂ©curitĂ© qui ronge le pays), est passĂ©e ces derniĂšres heures sous la coupe nette d’une autre faction dirigĂ©e par un jeune capitaine appelĂ© Ibrahim TraorĂ© (nĂ© en 1988). Encore quasiment les mĂȘmes reproches annoncĂ©s Ă l’encontre du dĂ©chu colonel Damiba comme lui mĂȘme avait fait au sujet de la gouvernance KoborĂ©. Toujours l’insĂ©curitĂ© et l’impossible mission Ă faire face sĂ©rieusement aux groupes terroristes qui baladent en motos. On dirait que c’est normal, car l’armĂ©e ne cesse d’ĂȘtre en guerres intestines trĂšs loin du terrain chaud. La faction la mieux Ă©quipĂ©e du moment ne va pas bousculer longtemps les terroristes fanatisĂ©s dans les profondeurs de zones occupĂ©es, et trouve aisĂ©ment l’alibi « entretenu » l’insĂ©curitĂ© pour dĂ©trĂŽner le gars en place dans la capitale. Au Mali, la bande GOITA tient et sĂ©curise son pouvoir mais peine Ă sĂ©curiser l’ensemble du territoire oĂč la conjugaison des efforts Fama-Wagner fait bouger certaines lignes. Et dans d’autres zones, les groupes terroristes marquent des points, ainsi retrouver l’intĂ©gritĂ© territoriale est un mirage aujourd’hui…
Du cĂŽtĂ© de Bamako, le rĂ©gime de la bande GoĂŻta risque l’installation d’un embourgeoisement avec les vagues d’une ferveur populiste consommatrice irrĂ©flĂ©chie d’un anti-impĂ©rialisme fourre-tout. Les affaires sĂ©rieuses de l’intĂ©rieur sont masquĂ©es par une certaine vĂ©hĂ©mence populiste en haut lieu contre des ennemis reprĂ©sentĂ©s dans l’imaginaire collectif par exemple la France qui serait Ă l’origine de tout, une approche trop simpliste bien sĂ»r. Les coups d’Ă©tat ne prĂ©viennent pas, et les masses fanatisĂ©es Ă la sauce simpliste et idĂ©aliste kemi-sebaĂ©nne d’aujourd’hui peuvent se retourner Ă tout moment quand d’autres arrivent Ă dĂ©trĂŽner ceux d’aujourd’hui pour rectifier….dit-on.

âą Et ces masses populaires trĂšs versatiles !
SĂ»rement les masses vues aujourd’hui 2 octobre 2022 autour de l’enceinte de RTB en soutien Ă la bande du jeune officier capitaine TraorĂ©, Ă©taient prĂ©sentes Ă l’Ă©crasante majoritĂ© dans les rues Ouagalaises dĂ©jĂ pour le colonel Damiba et ses hommes il y a 9 mois seulement. On peut parier si un lieutenant Ouedraogo fait chuter le capitaine TraorĂ© dans 3 mois, on verrait les mĂȘmes masses populaires en transe pareillement pour le nouvel homme fort. C’est ainsi, ça suit beaucoup dans l’instant et l’instinct euphoriques mais ça rĂ©flĂ©chit peu sur le long terme.
Ces masses populaires se gavent dâarguments simplistes dits panafricanistes boiteux via les rĂ©seaux sociaux et meublent occasionnellement un quotidien austĂšre et compliquĂ© autour. Une unitĂ© d’Ă©lite la mieux Ă©quipĂ©e de l’armĂ©e qui vient se loger au cĆur du pouvoir dans la capitale avec un capitaine « bĂ©bĂ© » en tĂȘte, quel autre bataillon ferait mieux sur le terrain des combats contre les groupes terroristes ?
Mais non, Ă©trangement on ne s’interroge pas, on applaudit mĂ©caniquement en masses tout en brandissant le drapeau russe et en haĂŻssant la France. Tout un symbole qu’une certaine indignation collective qui n’est pas synonyme de pertinence et de bonne orientation sociale et politique.
Si on mettrait Ă disposition de nos masses populaires 4 avions d’Ă©vacuation ouverte vers 4 destinations : Paris (France) , Le Caire (Ăgypte) , Durban (Afrique du Sud) et Moscou (Russie), on verrait vers quelle ombre il y aura du monde en bousculade…!
Une certaine opinion publique versatile et manipulĂ©e fait partie de nos multiples maux qui vont dĂ©truire le peu d’ordre Ă©tatique qui subsiste encore dans certains pays.
Arrivera un moment oĂč une mobilisation est nĂ©cessaire Ă partir de Capitales parmi les masses populaires fanatisĂ©es dites anti-impĂ©rialistes, pour aller affronter les groupes criminels qui massacrent les pauvres populations abandonnĂ©es dans certaines localitĂ©s. Type de la marche verte en 1975 de feu Roi Hassan II du Maroc sur le Sahara espagnol. Si 1 millions de BurkinabĂ© dĂ©terminĂ©s et encadrĂ©s par les forces de sĂ©curitĂ© se lancent sur les zones oĂč sĂ©vissent les groupes terroristes, tout sera nettoyĂ©. Ce serait plus efficace que l’appel au remplacement d’un ancien maĂźtre par un nouveau…n’est-ce pas !?
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