La catégorisation de l’identité française: le rôle troublant de la sphère politico-médiatique.

image

Ces jours ci l’affaire de la possible d’échéance de la nationalité française pour les binationaux terroristes, a suscité beaucoup d’interrogations quand à l’efficacité d’une mesure n’ayant aucun effet dissuasif à propos. La politique politicienne a eu raison de l’exécutif français sous le président socialiste F.Hollande qui s’essaie au grand écart pour sa possible réélection dans une France largement à Droite.
Je pense que d’une manière générale, certains milieux français inconsciemment ou consciemment ont un « problème reflexe » avec certains binationaux ou supposés comme tels. À entendre certains, on dirait que le fait d’être musulman est une « Nationalité » à part entière, ce qui créerait un degré moindre dans sa qualité d’être Français.

Dans le milieu médiatique français, l’affaire prend toutes les tournures bizarres qui véhiculent la catégorisation des différents types de français. Le cas en cours d’un couple français à Montpellier, suspect de préparation d’actes terroristes , est traité d’une manière par certains médias qui ressortent incessamment  cette catégorisation.
Par exemple sur #RFI, on répète sans cesse que la jeune femme est une française convertie et que son époux un franco-tchadien d’un coup ou français d’origine tchadienne. On se refuse de le nommer comme un couple de jeunes français tout simplement, suspectés  d’activités terroristes. Le Tchad est un pays composé de musulmans majoritairement mais d’autres confessions (chrétiens en l’occurrence) existent aussi, et qui sait si le dénommé franco-tchadien n’était pas un converti lui aussi. En France, c’est un discours normalisé et tenu par différents milieux politiques et médiatiques, qui oppose systématiquement la qualité d’être Français et celle d’être Musulman ou supposé ayant des origines étrangères. Ce qu’on veut propager sournoisement au sein de l’opinion publique non avertie, est de faire croire que le ou la converti(e) qui est tombé dans l’islam ou l’islamisme , n’est qu’une victime française de « souche » sous l’influence d’un autre type de français de bas étage. Les réflexes paternalistes issus de l’ordre colonial qui ne reconnaissait que le statut d’indigènes pour les ancêtres de certains français d’aujourd’hui, pour certains et conjugués au militantisme athéiste allergique à toute expression religieuse pour d’autres, font que la qualité d’être Français soit manipulée et utilisée pour des fins populistes. Le travail de l’idéologie de l’extrême droite donne peu à peu de résultats et d’une manière inattendue. Les passions populistes font trembler les hommes politiques qui s’attaquent aux valeurs républicaines virant à légiférer les discriminations.

Condoléances aux familles éplorées.

image

À la suite de l’accident mortel survenu hier 22 décembre 2015 dans lequel deux jeunes compatriotes ont perdu la vie, notre blog Soninkidees-jose présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées. Les deux victimes sont un jeune journaliste Cheikh Oumar Ndiaye et un des fils du président Mauritanien du nom de Ahmed Ould mohamed Abdel Aziz, un engagé à la tête d’une fondation humanitaire.
Cet accident se serait produit aux environs de la ville de Tintane. Qu’Allah les Accueille au paradis et Donne réconfort et patience aux parents et familles de victimes. Ameen.

Inna lillahi wa Inna ileyi rajjihoun

22-12-2015 15:12 – Décès du fils du Président dans un accident dans les environs de Tintane

Alakhbar – Le fils du Président mauritanien Ahmed Ould Abdel Aziz a trouvé la mort mardi 22 décembre courant, dans un accident routier survenu dans les environs de Tintane, dans la wilaya du Hodh Gharbi.

Son décès a été annoncé après son arrivée au dispensaire de TIntane, capitale de la moughataa. Le journaliste Cheikh Oumar du journal « L’Authentique » a trouvé également la mort de ce terrible accident.

Ahmed Ould Abdel Aziz supervisait les activités de la Fondation Rahmaa de bienfaisance dont il est le Président, au niveau de certaines régions de l’intérieur du pays.

Traduit de l’Arabe par Cridem

Crédit source : http://www.cridem.org

Un cri osé: la victime de l’esclavage et ses diverses manifestations en Mauritanie est une Autre Victime.

image

Le compte à rebours depuis un certain 11 Novembre 2014, nous sommes au 403ème jour de  l’arrestation de Biram et ses compagnons.

Chez le « Mauritanien militant », l’un des éléments positifs avec l’émergence et la démocratisation de l’information 2.0 via divers supports sociaux, est de pouvoir démasquer la posture légendaire d’un bloc homogène des victimes et d’un autre bloc unicolore des méchants racistes, esclavagistes et exclusivistes.

L’approche binaire est trop facile pour décrire et fixer le statut d’une victime quelconque dans nos sables mouvants, de l’ordre villageois jusqu’au sommet de l’Etat en passant par la tromperie politicienne des partis dits politiques. Ainsi le black engagé en Occident ou à l’échelle nationale pour les droits humains, peut être celui-là qui défend avec véhémence l’ordre politico-féodal qui exclut et discrimine dans son giron tribalo-ethnique. Celui qui te voit citoyen mauritanien à Paris ou à Nouakchott, te voit « autre chose » dans son cadre de référence originel.

Les méchants ne sont pas que TOUS Blancs et les victimes TOUTES Noires d’un ordre à un autre.
La communautarisation de nos postures militantes et politiques s’explique en grande partie par cette gymnastique intellectuelle où certaines voix autorisées considèrent les tares évidentes de leurs communautés comme étant culturelles, tout en pleurant ailleurs comme étant discriminés par un système étatique à dominance arabo-berbère.

Nous ne les oublions pas.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Rendez-vous: Le sit-in de soutien aux détenus d’Aleg prévu pour Mercredi 23/12/2015 à Paris.

image

LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:

MERCREDI 23 DECEMBRE 2015

DE 13H A 17H
EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

                                    POUR EXIGER

-La libération sans condition de nos amis Biram Dah Abeid et Brahim Ould Bilal de IRA.

Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire de Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Crédit source: Thomas Mag du comité de soutien aux détenus d’Aleg.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Qui pourraient être ces suppôts criminels de l’ordre totalitaire dae »chien » en Occident…???

image

En France, cette année 2015 qui finit dans quelques jours, est marquée par les actes criminels de janvier et novembre. Au cours de ces attentats, plusieurs vies innocentes ont été fauchées gratuitement par des équipées sanguinaires, suicidaires et lâches qui croyaient agir au nom d’une entité dite « État Islamique ». Ce dernier s’était émergé dans une zone des turbulences historiques entre communautés ethniques et confessionnelles, qui est à cheval entre l’Irak et la Syrie. Ainsi un ensemble territorial à majorité Sunnite sur les deux pays, est tombé sous le contrôle d’un ordre takfiri* qui réinvente la norme politicienne de la religion sous couvert d’une immense imposture, c’est-à-dire la résurgence d’un semblant ordre califal.

En réalité, c’est bien une entité politico-religieuse et sanguinaire qui dirige un territoire semblable à la Grande-Bretagne, avec à peu près 10 millions d’habitants selon différentes sources. Ces millions d’habitants subissent ou agréent selon, l’ordre de cette autorité dite Islamique dirigé par un sunnite irakien et ancien prisonnier après l’invasion américaine de Mars 2003 pendant le règne de George W BUSH. Aujourd’hui cet État dit islamique à cheval entre l’Irak et la Syrie, est l’une des conséquences plus ou moins prévisibles d’un Irak sous le feu politique sectaire entre chiites et sunnites et d’une Syrie troublée à partir de 2011 avec à sa tête le despote Bachar El-assad de confession alaouite (une certaine version du chiisme).

Dans cette partie du monde arabo-musulman, depuis la fin de l’hégémonie du règne ottoman et sa mise sous tutelle des empires occidentaux (français et anglais) par la suite, la politique se fait au nom de la confession, et la confession s’exerce aussi par la politique. L’élément NATIONAL ou Nationaliste mis en avant par la très autoritaire mouvance baathiste, ne pouvait pas résister à la forte communautarisation des esprits.

Et sans rentrer dans les détails de facteurs exogènes qui ont envenimé cette poudrière, c’est ainsi que l’ordre Dae »chien » classé dans le giron sunnite s’est installé dans des zones majoritairement sunnites. Les dirigeants locaux (syriens et irakiens) de cette organisation totalitaire sont dans leur Élément politicien, c’est-à-dire la politisation confessionnelle ou la confessionnalisation politique. Les populations sunnites des zones sous influence de Dae »chiens », ont vraisemblablement préféré s’inscrire dans ce projet d’un califat utopique pour pouvoir se défaire de l’ordre étatique irakien ou syrien détenu ou dominé par les chiites.

Pour faire bref et aborder l’objet du titre de notre modeste contribution, il est évident pour les avertis qu’il serait mieux voire pertinent d’appeler l’ordre Dae »chien » comme une rébellion de confession sunnite et extrémiste à intégrer  au schéma troublé et troublant de la géopolitique régionale , et non comme un « État Islamique » ou encore moins un califat digne de ce nom.

Jusqu’alors en Occident les damnés qui ont tué ou voulu tuer au nom de l’ordre Dae »chien », des âmes innocentes par des équipées sanguinaires, suicidaires et lâches, sont issus pour leur grande majorité des populations musulmanes d’Europe. Très souvent des jeunes gens de deuxième ou troisième génération des migrants économiques issus de l’ancien empire colonial. À disséquer de près les parcours de chacun de ceux qui sont impliqués dans des actions terroristes, on constate qu’ils traînent tous des casseroles judiciaires liées au banditisme et l’inévitable case prison pour plusieurs.

Un élément manipulable et manipulé pour toutes les causes farfelues et extrémistes, est avant tout un cancre primaire à l’école qui donne sens à ses échecs en s’opposant à TOUT ce qui va Bien chez les Autres. Nous pensons à cette anecdote racontée par une maîtresse d’école sur une Radio interactive très écoutée en France, disant que dans certains quartiers banlieusards, le bon élève qui bosse bien est perçu comme un bouffon puisse qu’il se montre distant à l’effet rebelle du groupe notamment à l’endroit du personnel éducatif. C’est-à-dire on ne s’encourage pas pour la réussite par l’émulation, mais on peut s’inciter à la rébellion et aux troubles qui font le nid de la médiocrité et l’échec définitif à terme. Ce premier décrochage malheureux en abandonnant le système éducatif (l’instruction) très tôt , peut être le début d’un néant sur lequel le jeune d’origine musulmane voudrait s’accomplir par des raccourcis faciles qui mènent à un hybride identitaire bafouant toutes les règles de la communauté légale.

Hybride identitaire, parceque avec un vocabulaire pauvre de 150 mots de français en moyenne, il ne va pas se retrouver ni dans son milieu d’origine vu comme bledard, et ni parmi le tissu social majoritaire du pays perçu comme mécréant. Et pourtant son papa illettré arrivé du Bled, a pu s’intégrer au système socio-économique par un boulot manuel avec dignité et responsabilité, alors que le jeune préfère s’essayer aux discours victimaires aux relents complotistes pour camoufler sa fainéantise en accablant des coupables tout près (le racisme, les discriminations et les services étatiques dits défaillants). En étant d’extraction religieuse musulmane, très souvent avec un savoir pauvre sur sa religion, on constate chez certains bouts perdus, un langage obscène dans lequel on peut jurer au nom d’Allah ou du Coran en enchaînant des insulte honteuses , du genre  » Sur le Coran de la Mecque, je vais ……  ta mère ». C’est ainsi un tel individu pensant que tout est bledard à la maison et tout est koufar (mécréant) dehors, ne va suivre que ses pulsions par les trafics, le vol et d’autres comportements illégaux dans une jungle des nullards qui est la rue. Dans un pays où la force est à la Loi encore, la case judiciaire est un passage obligé pour ces désoeuvrés qui se croient en mission contre le monde qui les entoure. Par leur bas niveau intellectuel sur la géopolitique mondiale d’aujourd’hui comme dans le passé, ils deviennent des proies idéales pour certains illuminés aux discours politico-religieux distordus et guerriers. Ces Cheikhs Google au passé obscur vont s’inventer un monde idyllique sur terre par la religion où ils excluent facilement et donnent le paradis aux uns et l’enfer aux autres. Ainsi après trois mois de repentir en s’essayant aux pratiques rituelles et à dompter leurs mauvaises habitudes, certains désorientés hors cadre légal d’hier se croiraient être au niveau des premiers compagnons du prophète Muhammad (PSL). Sans une dose minimale de sciences religieuses fiables, ils commencent à « raisonner » en Haram (interdit), Haram, Haram en Tout et partout. Une fois la semence d’une compréhension extrémiste, introduite en eux, le plus méritant des jihads pour un croyant, c’est-à-dire celui de dompter ses passions et pulsions malsaines, est remplacé par une « spiritualité » haineuse de l’excommunication dont le summum est le takfirisme chez les musulmans.

La mouvance takfiriste rend tout le monde mécréant sauf ses propres adeptes qui s’autorisent de voler et de prendre tout ce qui appartient aux « mécréants ».

Quand il est compris par les musulmans normaux que le Prophète Muhammad (PSL) est une Miséricorde pour l’humanité par son Message, les takfiris croient que ce sont eux qui sont chargés de réaliser le dessein Divin sur terre par des actes criminels exaltés en grandeur. L’ordre Dae »chien » attire certains de ces attardés sociaux et incultes qui seront manipulés dans un conflit relevant d’une confrontation géo-stratégique entre sunnites et chiites dans leurs zones d’influence géopolitique au Moyen-Orient. Imaginons un cas social né  en France et d’origine subsaharienne de confession musulmane qui s’engouffre dans cette aventure merdique, et une fois la normalisation faite sur le terrain, on aimerait bien savoir son avenir dans un environnement arabo-musulman où le black (kahlouch) est avant tout l’esclave ou l’ancien esclave d’une telle ou telle tribu. Les usurpateurs de l’ordre Dae »chien » visent ces faibles d’esprit qui auront tout raté par bêtise originelle et ceux qui veulent se rachèter d’un passé peu glorieux. Les uns comme les autres se limitent à des lectures simplistes de la géopolitique mondiale issue d’un passé pas assez lointain dans lequel le nationalisme arabe avait joué un certain rôle non négligeable entamant la décadence du monde arabo-musulman sur plusieurs domaines. Pour un jeune homme d’origine africaine, ayant eu la chance d’être né dans un pays dit développé, la pertinence serait de réussir ses études, réformer religieusement et socialement son entourage si nécessaire, et participer à la bonne marche de la communauté légale (pays de naissance). En effet par l’exercice démocratique en défendant ses opinions dans un cadre civilisé, étant organisé, on pourrait constituer un pôle de lobbying politique qui compte à l’échelle nationale et internationale . Et s’il y a lieu d’aller au « jihad » qui existerait , celui-ci serait dans ton Bled d’origine pour creuser un puits, construire une école, soigner les malades et aider les nécessiteux de tous bords, et Dieu sait qu’il n’y a manque pas. Pourquoi pas, si besoin participer à l’amélioration des affaires publiques et sociales de ton Bled d’origine majoritairement musulman où diverses INJUSTICES règnent en maître, tels que la corruption, les inégalités sociales , le clientélisme politique et surtout l’instrumentalisation hypocrite de la religion pour asseoir la domination des uns sur les autres.

SoninkIdees-J’ose by K.S

15-12-2015 09:12 – Mali : Festival international soninké : La 4e édition se tiendra à Bamako en février

image

Mali Actu – Après Kayes en 2011 et 2012, Nouakchott en 2014, Bamako accueillera le grand Festival international soninké (Fiso) du 25 au 28 février 2016. La cérémonie de lancement a eu lieu vendredi à la Maison de la presse, à Bamako.

Pour commémorer et magnifier l’esprit de leurs ancêtres, la communauté soninké organise depuis 2011 le Fiso qui regroupe les Soninkés à travers l’Afrique et la diaspora. La 4e édition de l’évènement, lancée le vendredi 11 décembre 2015, se tiendra dans la capitale malienne du 25 au 28 février 2016.

“L’ère culturelle du Fiso, faut-il rappeler, englobe la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée-Conakry, le Cap Vert, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la diaspora soninké. Notre festival s’est tenu successivement à Kayes en 2011 et 2012, puis à Nouakchott en Mauritanie en 2014. Du 25 au 28 février 2016, il aura lieu à nouveau au Mali, sous le parrainage de Modibo Niaré, patriarche de la famille soninké des Niaré, fondatrice du village de Bamako, devenue la capitale de notre pays”, a expliqué Mamadou Hamet Cissé, président du comité de pilotage de Bamako.

Cet événement, selon M. Cissé, a pour but de rassembler le plus grand nombre de population et communauté et autres festivaliers afin de raviver la culture soninké à travers langue, chants, danses, proverbes, symboliques. De partager avec tous les fondements d’une société qui en a engendré tant d’autres, montrer aux générations futures quelles furent les valeurs et repères des guerriers intrépides, maîtres du négoce, érudits religieux, etc. que furent ces hommes d’une autre civilisation qui refuse d’être ensevelie par les immondices des âges, etc.

Pour M. Cissé, ce festival aura, entre autres, contribué à éveiller les consciences sur l’intérêt que nous devons tous accordé aux fondements culturels fragilisés de nos sociétés surtout en cette phase difficile que connait notre pays et même la sous-région, du fait essentiellement de l’ébranlement de sons assises culturelles.

Des activités festives, des conférences débats et d’autres manifestations marqueront la rencontre de Bamako.

L’indicateur du Renouveau

Crédit source: http://www.cridem.org

SoninkIdees-J’ose by K.S

15-12-2015 10:35 – La Mauritanie esclave de son crime

image

LaLibre – La Mauritanie a annoncé la création par décret de trois cours criminelles spécialisées dans la lutte contre l’esclavage. En décembre 2013, elle avait déjà annoncé la création d’un tribunal spécial pour en juger.

N’est-ce pas beaucoup pour un pays où, selon son président, Mohamed Ould Abdel Aziz, « l’esclavage n’existe plus » (une déclaration du 6 mai 2015) ? « Seules subsistent des séquelles de ce phénomène, que nous faisons tout pour traiter », avait-il ajouté.

Traiter par le vide, assurément, puisque, cinq mois plus tôt, la justice mauritanienne avait condamné à deux ans de prison – dans des conditions particulièrement insalubres,qui menacent leur vie – trois militants antiesclavagistes mauritaniens, dont la peine a été confirmée en appel, en août dernier. Dix jours avant cette confirmation judiciaire, Nouakchott s’était doté d’une loi faisant de l’esclavage un « crime contre l’humanité ».

Crédit source: http://www.cridem.org

SoninkIdees-J’ose by K.S

ABDALLAHI OULD HORMATALLAH ET LES PENDUS D’INAL : AU NOM DE NOTRE COMPAGNONNAGE ET DE TON PARCOURS.

image

Cher ami,

C’est par le journal Le Calame (honneur à lui) que j’ai pris connaissance cette semaine d’une information glaçante selon laquelle tu niais les pendaisons d’Inal du 27 novembre 1990 pour « célébrer » d’une bien cruelle manière, l’indépendance de la Mauritanie.

Mon premier reflexe avait été de souhaiter un malentendu, un problème d’interprétation… Puis vint ton démenti (timide) qui me soulagea. Mais c’était avant que ne vienne cette vidéo qui dissipe tout malentendu d’un coup, éclaire tout le monde sans ambigüité. Je suis maintenant dans la situation de celui qui, face à ce genre de situations, doit réagir par l’indifférence (qui frise parfois le mépris) ; ou encore celle de la personne qui voyant un ami risquer de perdre pied, est tiraillé entre le désir de lui tendre la main et la tentation de lui tourner le dos pour ne pas se mouiller. Et parce que je te voue un profond respect forgé par un long compagnonnage et que je n’ai aucune envie de te laisser à ton sort, je m’en vais donc réagir à tes propos.

J’avoue, cher ami, que j’ai eu mal ; mal pour toi. Parce que pour t’avoir côtoyé au plus fort de la résistance contre la dictature d’Ould Taya, je sais que tu fus un combattant sincère des causes justes et nobles, à l’université de Nouakchott pendant la grève de 1997, en France ensuite au sein de Conscience et Résistance et de SOS Esclaves. Le grand public ne le sait probablement pas : tu fus, avec les amis de Conscience et Résistance, à l’origine du colloque organisé à la Sorbonne les 31 mai et 1er juin 2002[1] par l’Association internationale de recherche sur les crimes contre l’humanité et les génocides (AIRCRIGE) avec le précieux concours de Catherine Coquio. Sans vous (les amis de CR et toi), Catherine Coquio ne se serait peut-être jamais intéressée à ce point à la Mauritanie. J’eus l’insigne honneur de produire le texte d’introduction sous le titre La Mauritanie sous la botte d’un tyran[2] ; texte qui reprenait les graves manquements aux droits de l’homme sous Ould Taya. Il y était question de pratiques esclavagistes et d’exécutions extrajudiciaires dont les pendaisons d’Inal. Au deuxième jour du colloque je faisais une communication qui portait sur l’impunité et la résistance[3] où je disais, entre autres, « Les évènements dont nous faisons état ne sont pas le fruit de l’imagination, fût-elle vagabonde et fertile, des militants que nous sommes. Nous ne faisons pas du militantisme-fiction. Nous ne demandons qu’à cesser d’en parler, mais pour cela, encore faut-il que les abus cessent. Si on en a déjà parlé il faut encore en parler. Pourquoi ? Parce que l’oppresseur, lui, n’en a pas assez d’opprimer. Il continue ses forfaitures, ou laisse, au moins, courir l’impunité. Il y a dénonciation parce qu’il y a violation des droits de l’homme. » Nous étions sur la même longueur d’onde toi et moi et tu écriras, presque exactement, avec tes mots, la même chose, dans le texte que tu publiais sur le site d’AIRCRIGE intitulé le Cri de l’esclave : mécanismes et enjeux d’une domination[4]. J’y reviendrai plus loin.

Je suis donc vraiment triste de te voir soutenir certains discours que tu avais si brillamment vilipendés il y a encore peu.

D’abord l’épouvantail FLAM
Pour avoir entendu souvent le régime Ould Taya se servir de cette ritournelle jusqu’à la nausée, je ne m’attendais pas à l’entendre dans ta bouche. Parce que plus que beaucoup de personnes, tu sais à quel point le régime d’Ould Taya a joué sur les peurs en se servant de la prétendue « menace FLAM » et du « péril noir » pour mobiliser les communautés mauritaniennes les unes contre les autres. Tu sais comment les services de renseignement avaient manipulé le Manifeste du négro-africain opprimé (document fondateur s’il en est des FLAM) pour justifier tous les crimes auxquels le régime de Taya allait se livrer de la façon que tu sais. Tu es aussi bien placé pour savoir que des personnes comme Tene Youssouf Guèye ont payé de leur vie sans jamais avoir été des FLAM. Et il y en eut beaucoup d’autres dans les camps de la mort comme à Inal (je te renvoie aux témoignages de Sy Mahamadou, auteur de l’enfer d’Inal qui fut aussi ton compagnon de lutte). Les FLAM pourraient, de même, t’objecter que leur retour (notamment celui de leur président Samba Thiam en septembre 2013) en Mauritanie a été, sinon encouragé, du moins facilité, d’une façon ou d’une autre, par le pouvoir que tu soutiens. Lequel Samba Thiam avait même été reçu à la présidence de la République (qui put l’imaginer il y a encore peu ?) ; singulier parcours que celui de cette organisation que tu qualifies de raciste ! Reprocherais-tu à Ould Abdel Aziz d’avoir reçu à la présidence de la république une organisation raciste ? Je ne le pense pas. Tu aurais même pu le mettre au crédit de ton camp. Mais n’étant pas membre des FLAM et n’ayant pas été mandaté, je ne vais pas m’improviser avocat ici. Elles (les FLAM) sont assez outillées pour le faire sans aide. Les faits, eux, la pendaison des militaires à Inal dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, ne souffrent aucune contestation. Plusieurs témoignages circonstanciés se recoupent et personne ne les a niés jusqu’ici ; pas même les présumés auteurs de telles abominations. Et pour avoir vécu dans les régions du sud de la Mauritanie au moment des faits, j’ai personnellement vu partir beaucoup de soldats qui ne sont jamais revenus pour savoir qu’il ne s’agit pas d’affabulations.

S’agissant de l’esclavage
Dans ton brillant papier que j’ai mentionné plus haut, tu présentais la situation de l’esclavage en Mauritanie comme peu de gens avaient su le faire. C’est un texte actuel que je recommande vivement à tous ceux (j’espère que ce sera une minorité) qui aimeraient en savoir davantage sur cette pratique en Mauritanie, de sa genèse à son actualité. Tu y écrivais notamment qu’ « Au-delà de toute interprétation dogmatique ou propagandiste, il existe une réalité inaliénable, que certains expriment en parlant de « séquelles », de « survivances » ou de « plaies »… Or la réalité de ces traces d’un système ancien n’empêche pas l’esclavage pur et dur de persister. » Je relevais surtout dans ton texte ce passage qui pourrait être cruel : « On peut penser que tous ces mécanismes ne concernent que l’ancienne Mauritanie, la société rurale ou ce qui en reste. Malheureusement les choses n’ont pas changé, malgré le principe d’égalité proclamé par la Constitution de 1991 dans son Préambule, qui se réfère à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et à la Charte Africaine des Droits de l’Homme de 1951. L’évolution, depuis l’existence de l’Etat en Mauritanie, tend au contraire à enraciner ce mode de fonctionnement pour une raison simple, liée à l’impératif de reproduction des élites. Les descendants des maîtres d’hier assurent le maintien de ce système d’exploitation en exerçant leur nouvelle fonction : magistrat, homme d’affaires, directeur d’entreprise publique, officier supérieur de l’armée, avocat, enseignant, journaliste, leader politique, syndicaliste, diplomate, Imam…Un simple examen du rôle et du fonctionnement des institutions fait voir combien ce système cloisonné résiste à tout effort d’émancipation ». Parce qu’entre 2002 et aujourd’hui, toi et moi savons que même s’il y a eu des avancées incontestables, la copie est loin d’être propre. Et il suffirait de modifier un ou deux noms pour tenir le même discours aujourd’hui. Tu serais alors le meilleur avocat de la cause de l’émancipation des esclaves et des opprimés mauritaniens.

Mon cher Abdallahi,

Je ne serai pas de ceux qui te reprochent ton positionnement politique aujourd’hui aux côtés du pouvoir. C’est en vérité le propre de tout acteur politique/public que de vouloir se donner les moyens de mettre en œuvre ses idées. C’est même un honneur, dans certaines conditions, de servir son pays. Je pouvais juste espérer que compte tenu de ton intelligence politique, de ton parcours, du courage que je te connais, tu puisses mieux inspirer la politique que tu soutiens pour aller plus loin dans la réparation des torts dont, pour la plupart, il a hérité. A moins que ce régime ne les reprenne à son compte ; ce serait alors une autre histoire. De plus, même d’un point de vue tactique, tu avais tout intérêt à le faire au nom même des actes posés que tu as rappelés dans ton intervention. Tu en as les moyens intellectuels et politiques. Je pense, sincèrement, que c’est le combat que tu te dois d’épouser de là où tu es.

Je ne saurais terminer, cher ami, sans te recommander de reconsidérer tes propos dans cette émission. Il serait triste pour toi de tirer un trait sur ton long parcours au service des droits de l’homme et des opprimés. Aujourd’hui, il y a ce passage de quatre minutes d’une émission au cours de laquelle tu tiens des propos dans lesquels tes compagnons ont du mal à te reconnaitre. Il te suffirait de le reconnaitre avec humilité et de t’excuser auprès de ceux que tu as pu blesser. Ce ne serait pas une marque de faiblesse. Et tu pourrais alors espérer garder tout le mérite de ton engagement, le parcours de toute une vie, qui du coup, ne s’écrirait plus au passé. Et certainement, ceux qui te connaissent en public et en privé, comme moi, ne t’en tiendront pas rigueur. Parce que je crois sincèrement que tu es quelqu’un de bien et de foncièrement bon. A moins que ce ne soit un reniement. Ce serait alors, une autre histoire.

Abdoulaye DIAGANA

Crédit source: http://www.kassataya.com

SoninkIdees-J’ose by K.S

14-12-2015 06:18 – Libre Expression : Halte à la discrimination : Acte II

image

Amadou Tidjane Diop – Les massacres perpétrés durant les années 1989 constituent, à tous les égards, un génocide pur et simple résultant d’une volonté clairement exprimée par le régime raciste de l’époque de vider la Mauritanie de sa composante noire.

Toutefois, afin d’éviter tout amalgame et par soucis de clarté et d’objectivité, une clarification du terme « génocide » s’impose afin de lever le voile sur la réalité qu’il désigne.

Ainsi, le Larousse français définit le génocide comme une extermination systématique d’un groupe humain de même race, de même langue, de nationalité ou de religion par racisme ou par folie , alors Le Robert le désigne comme un crime extrême qui consiste en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, [….]

Que dire alors de la rude épreuve de 1989 subie par les négro-mauritaniens ? Si ce n’est que le résultat d’une action minutieusement réfléchie et planifiée du plus haut niveau de la pyramide de l’Etat par des idéologues égocentristes et/ou extrémistes arabes avant d’être exécutée à la base impliquant ainsi tout l’appareil d’Etat et son commandement tant militaire que civil.

En réalité, le génocide de 1989 ne peut faire l’objet d’une analyse juste sans considérer les événements qui lui ont précédés et suivis notamment la dérive judicaire sanctionnant la tentative de coup d’Etat de 1987 et toutes les exactions corolaires ; ainsi que les atrocités, les tueries, tortures et humiliations de 1990 perpétrées presque dans toutes les casernes militaires du pays.

Faut-il aussi se rappeler de la terreur, des humiliations, de la déportation dont ont été victimes les populations noires de la vallée comme ailleurs et partout dans le pays.

C’est pourquoi, à notre sens, qualifier de « génocide » cette terrible épreuve qui tant marqué la Mauritanie dans son existence, ne souffre d’aucun équivoque. De plus, le concept de «passif humanitaire », qui aujourd’hui fait objet d’usage et largement admis surtout dans le vocabulaire des ONG de défense des droits de L’homme, n’existe nullement dans le jargon des institutions à vocation internationales œuvrant pour la protection et la défense des droits humains.

En effet, l’expression résulte d’une pure imagination intellectuelle qui, au passage met en doute son interprétation et réduit considérablement la portée symbolique de son contenu. Le choix de cette expression serait, je l’imagine, lié à une mesure de méfiance afin de n’être assimilé à l’extrémisme radical.

La clarification étant consommée, venons-en maintenant au prétendu règlement de ce qu’il convient d’appeler désormais « le génocide Mauritanien ».

Alors, serait-il toujours la peine de rappeler, ne serait-ce que par devoir moral, de respect de la vie humaine, que l’on ne doit jamais préconiser à quelqu’un qui a perdu une personne chère de l’oublier même cet être cher est victime d’une mort naturelle.

Ne constituant pas un cas isolé, la Mauritanie dans une perspective d’une résolution de ces crimes ne peut se déroger à entreprendre ou la voie judiciaire ou celle de la réconciliation à l’amiable. Toujours est-il dans l’un ou l’autre cas, il existe un minimum de conditions dont l’inobservation est sans équivoque frappée par la nullité de la procédure.

Et que l’on soit dans le domaine du droit moderne ou dans l’univers de la charia, qui a d’ailleurs inspiré la législation Mauritanienne dans sa grande partie, il ne peut pas y avoir entame de processus d’un quelconque règlement avant l’établissement d’un rapport régulièrement constitué qui puisse au moins retracer les atrocités dans leur contexte d’exécution et déterminer, par ailleurs, les auteurs et complicités en charge de commettre ces forfaitures, ainsi que leurs commanditaires.

Maintenant cette option pourrait être entreprise selon les cas par des juges d’instruction lorsqu’on prétendrait à un règlement issu d’une voie judiciaire ou par une commission ad hoc lorsqu’ on veut entrevoir une solution de compromission à l’amiable souvent mis en œuvre, car susceptible de constituer un prélude à toute réconciliation nationale comme c’est fut le cas en Afrique du Sud à la fin des années 1990 ou au Rwanda en 1998.

Tout de même, cette option requiert, en plus des conditions précédentes, une marge de précaution qui consiste à placer en avant de tout processus les victimes et leurs ayants droits.

Cependant, les différents régimes qui se sont succédés après cette période cruelle à l’exception du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a semé les germes d’une réconciliation pour au moins avoir osé enclencher le processus de retour des déportés, aucun n’a voulu entreprendre, sans complexe, une telle démarche politique pour en venir à bout de ce problème crucial.

Ceci pouvait se comprendre si les tortionnaires n’étaient plus de ce monde. Non ils sont tous là ! vivants pour la plupart d’entre eux. Ce refus entretenu par ces régimes politiques confirme notre hypothèse que l’Etat qui avait planifié et commandité les actes ne pouvait jamais prétendre à poursuivre ces criminels. Au contraire, il leur doit puisqu’ayant dignement accomplis la mission, et c’est pourquoi ils ont tous été promu aux rangs très élevés dans la hiérarchie militaire ou dans les hautes fonctions diplomatiques.

Un moyen de faire profil bas peut-être en vu d’effacer progressivement les traces et chercher à anéantir à l’international par des contre-campagnes à l’action des ONG des droits de l’homme qui réclament sans cesse leur jugement …

Nous disons que le terrain est perdu d’avance. Sans se replier sur la communauté internationale puisque nous croyons à notre détermination et seulement à notre détermination, nous rappelons tout de même que celle-ci désormais ne plaide plus à certaine pratique et violations des droits de L’homme même si la logique de l’intérêt amène souvent les puissances étrangères à développer des attitudes contradictoires, des mutismes incompressibles voir des neutralités équivoques.

Si maintenant le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz se livre à des actes impertinents allant soit disant à la « prière des morts » organisée en 2010 à Kaédi à la controverse relative aux indemnisations faites à certaines personnes de la partie civile entrainée dans une erreur monumentale et l’ignorance pour prétendre au règlement d’un génocide, c’est peine perdue.

Cela n’a rien à avoir avec les exigences du droit ou de la charia dont l’application obéit à un minimum d’observations de règles de fond et de forme. D’ailleurs l’indemnisation demeure a priori la dernière étape dans le processus de règlement judicaire en matière de droit pénal, car elle constitue le résultat d’une mesure à la proportionnelle et au prorata des dommages en cause lors d’une infraction.

Devrons-nous nous interroger sur la raison d’être de ces organisations de veuves et d’orphelins qui réclament toujours la manifestation de la vérité sur les assassinats de leurs siens jusque-là en vain si le dossier était définitivement réglé ?

Non ! Régler le génocide est une obligation pas en tant que condition pour une réconciliation entre les dignes fils de notre chère Mauritanie, mais en tant qu’exigence morale et devoir de justice si l’on veut fonder les bases d’un Etat de droit.

C’est pourquoi nous sommes convaincu qu’un jour ou l’autre, la justice tranchera et la vérité sera rétablie d’autant plus en droit Mauritanien le crime contre l’humanité n’est pas limité par la prescription conformément à la loi criminalisant l’esclavagisme.

Au demeurant, nous rappelons qu’une loi d’amnistie avait été votée à l’Assemblée nationale. Ce qui suppose juridiquement que le dossier du génocide est clos. Alors, pourquoi le président Ol Abdel Aziz revient là-dessus. Ce fait justifie que l’Etat lui-même ne croit pas que le dossier est clos.

Du reste, nous nous étonnons du silence des parlementaires qui avaient voté cette loi? Pourquoi n’ont ils pas interpellé le président pour le rappeler que le dossier du génocide est clos? De notre point de vue, ces derniers eux-mêmes assimilables aux criminels et partagent désormais la même responsabilité pour avoir voulu couvrir des coupables de ces crimes monstrueux.

De plus, au moment où s’impose le débat de reconnaissance ou non d’un règlement des problèmes de tueries extrajudiciaires, puisque le Président a fait allusion à cela dans sa dernière sortie à Nouadhibou, un vulgaire ignorant sortant «on ne sait où », passe à la télévision pour nier les tueries et exactions commises avant d’accuser les FLAM d’être à l’origine de ce mensonge.

Ce geste est similaire à la signature de sa mort politique qui n’était d’ailleurs qu’embryonnaire. Si non il est à la limite humiliant pour son président qui doit, sans doute déshonorer, sa sortie puisqu’il se targue d’avoir résolu le problème dont il reconnait donc de facto ; pour sa formation politique qui doit regretter de l’avoir en ses rangs, et pour tout le peuple Mauritanien qui doit le bannir.

La politique n’est pas comme tu le penses un tremplin pour se frayer un chemin de la fortune ou se hisser à la haute sphère du pouvoir, c’est plus une idéologie, une lutte des idées avec laquelle il faut accepter de mourir car fondée sur une conviction.

Cette conjugaison de facteurs ne serait être de nature à créer les germes de l’apaisement ; pendant que le président de la république prétend à un règlement du génocide, ses acolytes nient même l’existence de celui ci et se contredisent entre eux. Non !

Il faut prendre son courage en main et traduire sans complexe l’expression sincère d’une volonté politique si l’on aspire véritablement à quelque chose de sérieux d’autant plus que la Mauritanie est loin de sortir de l’ornière. En effet, un problème très grave est entrain de produire ses effets, je veux parler de l’enrôlement biométrique.

D’ailleurs, nous estimons que le refus systématique du système d’apporter une solution au génocide Mauritanien traduit une volonté politique manifeste que le processus d’épuration des négros Mauritaniens déjà amorcé en 1989 est loin d’être achevé.

En effet, depuis quelques mois la gendarmerie nationale appuyée par la police et des éléments de GSSR procèdent à une campagne de contrôle d’identité qui ne vise pas uniquement les étrangers mais aussi tous les noirs qui ne soient pas munis d’une pièce d’identité.

Or, face aux pratiques discriminatoires caractérisant l’enrôlement biométrique dont les victimes sont pour la plupart les négros Mauritaniens et les harratins, de toute évidence beaucoup de Mauritaniens ne sont pas encore enrôlés et n’ont pas par conséquent encore bénéficié de nouvelles pièces d’état civil.

De plus, le centre national d’état civil n’a pas encore bouclé les cinq ans prévu pour enrôler tous les Mauritaniens. En principe, il doit y avoir une phase consacrée aux cas particuliers, des Mauritaniens en situation impossible de prouver leur « Mauritanité » et qui demeurent pourtant de «vrais » Mauritaniens.

Bref, il est facile de convaincre que nombreux sont les Mauritaniens, majoritairement noires, sont encore en situation d’irrégularité susceptibles d’être épinglés par les patrouilles quotidiennes et faire objet d’expulsion.

Ayant compris l’objectif inavoué du système de domination et d’exclusion dont nous sommes victimes, des mouvements comme « Touche pas ma nationalité » ont mené partout dans le pays des sit-in de dénonciation violemment réprimés faisant parfois des morts. A Maghama, ma ville natale le jeune, Lamine Mangane, a été assassiné lors d’une manifestation et son assassin n’est nullement inquiété.

Pour finir, nous devons noter que les opérations routinières de contrôle d’identité ne sont pas réellement dictées par le souci de pousser les étrangers à être en situation régulière pour le besoin de la sécurité nationale.

Ce qui serait juste et à appréciable. Mais, hélas, le contrôle ne vise pas tous les étrangers : les ressortissants du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie, de la Syrie et j’en passe, ne sont pas inquiétés.

Ce qui nous fortifie dans l’idée que ces opérations ne visent pas véritablement les étrangers, mais les noirs tout court. Par conséquent, tirons sur la sonnette d’alarme et lançons un appel à tous les Mauritaniens victimes de l’injustice de la cohabitation de rompre avec leur naïveté et d’œuvrer pour éviter de revivre les événements de 1989 sous autre format

Crédit source: http://www.cridem.org

SoninkIdees-J’ose by K.S