
La sĂ©quence 1 de l’annĂ©e du dĂ©marchage UE s’est dĂ©roulĂ©e lors d’un dĂ©placement remarquĂ© du premier espagnol, le socialiste M. Pedro Sanchez et la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne Mme Ursula Von der Leyen Ă Nouakchott dĂ©but fĂ©vrier. Une rencontre avait eu lieu avec les hauts officiels mauritaniens conduits par le prĂ©sident M. Mohamed Cheikh El-Ghazouani. Selon une communication diffusĂ©e via euronews, un montant 210 millions d’euros est annoncĂ© pour la Mauritanie en vue de la lutte contre l’immigration illĂ©gale vers le territoire europĂ©en. Lire davantage https://fr.euronews.com/2024/02/09/lue-va-verser-210-millions-deuros-a-la-mauritanie-pour-la-lutte-contre-limmigration-illega . Ainsi, on a constatĂ© une levĂ©e de boucliers contestataire par une certaine opinion publique avisĂ©e et alerte (mouvements politiques, porteurs d’opinions, blogueurs) principalement du milieu arabophone (ou hassanophone), contre ce qui semble ĂȘtre un mĂ©canisme de sous-traitance du phĂ©nomĂšne de l’immigration clandestine. L’UE est coutumiĂšre de la sorte pour se barricader, on peut noter comme cas d’exemple, ses accords avec la Turquie dâErdogan au cours de la dĂ©cennie. L’instance politique europĂ©enne arrose en fric et le pays accepte d’ĂȘtre une arriĂšre-cour tenue comme une terre de chute des vagues migratoires. Dans cette affaire aux causes profondes trĂšs complexes, tout pays de transit ne peut supporter socialement, Ă©conomiquement et sĂ©curitairement ce que la Turquie se permet. Et surtout pas le nĂŽtre disons-le clairement.
Acte 2, l’arrivĂ©e Ă Nouakchott (la capitale mauritanienne) d’une dĂ©lĂ©gation europĂ©enne et la signature d’une dĂ©claration commune avec des ministres mauritaniens dans la journĂ©e du 7 mars 2024, lire https://ami.mr/fr/archives/241653 . CĂŽtĂ© mauritanien, la communication officielle laisse entendre que l’accord ne revĂȘt rien de contraignant. Alors que la tonalitĂ© est tout autre du cĂŽtĂ© europĂ©en, il s’agirait bien un accord pour contrĂŽler et contenir les vagues migratoires vers les Ăźles espagnoles par les cĂŽtes mauritaniennes. On peut implicitement comprendre que la Mauritanie comme pays de transit et de dĂ©part Ă©galement (il faut le noter) par ces accords signĂ©s, serait un espace verrou partiel pour les frontiĂšres Sud de l’UE. Et si on portait une attention particuliĂšre sur un Ă©lĂ©ment mĂ©diatique du site Al akhbar repris par la plateforme francophone d’information Cridem . Il y est titrĂ© « l’UE et la Mauritanie d’accord pour rapatrier les mauritaniens en situation irrĂ©guliĂšre en Europe » , lire https://cridem.org/C_Info.php?article=773108 . Est-elle une clause dans le package contractuel signĂ© entre les 2 parties ?
Ce qu’il faut savoir Ă propos, ce sont d’autres mauritaniens en quĂȘte d’existence de vie normale (Ă©conomiquement, socialement et politiquement) qui pourront subir une rĂ©plique grave provoquĂ©e par ces accords aux contours flous selon l’angle d’apprĂ©ciation de l’un ou de l’autre contractant. Un sans-papier mauritanien apprĂ©hendĂ© par X motifs Ă Bruxelles, Ă Almeria (en Espagne) ou Ă la Gare du Nord (Paris) peut ĂȘtre facilement expulsable vers son pays. Une grave Ă©ventualitĂ© qu’il faut dĂ©noncer, un citoyen contraint d’affronter certaines prĂ©caritĂ©s loin de ses terres originelles pour subvenir aux besoins vitaux de ses proches ne mĂ©rite pas d’ĂȘtre fragilisĂ© davantage. Avant d’ĂȘtre sans-papier dans cette Europe aux feux clignotant xĂ©nophobie et extrĂȘme droite toute, ce citoyen mauritanien a quittĂ© cette Mauritanie gĂ©nĂ©ralement via des canaux extrĂȘmement dangereux, ici on n’oserait pas croire d’ĂȘtre exhaustif sur les causes profondes qui poussent cet exode qui vide nos terroirs de sa force vive (la jeunesse). Cependant, il faut bien noter et relever les carences bĂ©antes de la gouvernance publique en matiĂšre de dĂ©veloppement multidimensionnel. Un systĂšme de gouvernance boutiquier oĂč le nĂ©potisme est Ă©rigĂ© en traitement Ă diffĂ©rentes strates. D’une aide sociale Ă l’accession d’un emploi, il faut ĂȘtre « relationnĂ© » par affinitĂ©s parentales, clientĂšlisme Ă©lectoral, griotisme social et d’autres mĂ©canismes bien nĂ©buleux…
La situation est comme telle dans certaines zones desquelles viennent des vagues candidates Ă quitter (Guidimagha Sud mauritanien) : la dĂ©mographie croĂźt, les services (l’Ă©cole principalement…) faillent, la vie sociale imbibĂ©e plus que jamais dans un suivisme folklorique et un court-termisme affreux. Les pouvoirs publics doivent revoir profondĂ©ment leurs pratiques de traitement Ă tous les niveaux. Savoir occuper la jeunesse par des politiques efficientes en matiĂšre d’Ă©ducation, de formation et d’employabilitĂ©. Le marchandage contractuel fait sur la situation administrative irrĂ©guliĂšre de quelques nationaux dans l’UE est une faute morale et mollement stratĂ©gique. Et Ă©galement trĂšs marginal pour rĂ©gler nos problĂšmes de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique.
đKS pour le BLOG
