● Crise des réfugiés au Soudan : « La guerre a détruit tous nos rêves » | [BBC Afrique]

Mariam Hussein est assise sur un tapis de sol dans sa modeste cuisine en paille, fixant la photo de son fils aîné Mohamed, qu’elle n’a ni vu ni entendu depuis sept ans.

Les larmes aux yeux, elle nous raconte la lutte désespérée de Mohamed pour atteindre l’Europe, croyant que cela changerait le destin de sa famille.

Il a quitté leur maison dans l’État du Darfour occidental, au Soudan, pour entreprendre le périlleux voyage à travers le désert du Sahara.

« Lorsqu’il est arrivé en Libye, il a été kidnappé deux fois », raconte Mariam.

En avril 2023, la guerre a éclaté entre les factions rivales de l’armée soudanaise, forçant Mariam à fuir vers l’est du Tchad avec son fils cadet, Ahmed.

Ils vivent désormais dans le vaste camp de Farchana, qui accueille environ 42 000 civils soudanais ayant fui deux époques de guerre – la deuxième guerre du Soudan au début des années 2000 et le conflit civil d’avril 2023.

Les huttes en bâche d’un blanc éclatant, nichées dans le paysage rocheux, ont peut-être permis d’échapper à la brutalité de la guerre, mais les mauvaises conditions de vie, la nourriture insuffisante et le manque d’opportunités désespèrent des jeunes comme Ahmed.

Lassé de vivre dans des conditions aussi horribles, il veut suivre les traces de son frère.

Il prépare un plan pour quitter Farchana avec ses amis et tenter le dangereux voyage vers l’Europe, en passant par la Libye et la Tunisie.

« Lorsque nous étions au Soudan, j’allais à l’université et je pouvais rêver de mon avenir. Mais à cause de la guerre, j’ai tout perdu », raconte-t-il en se remémorant ses années d’études en gestion d’entreprise.

Le pire cauchemar d’une mère
Mariam est maintenant confrontée au pire cauchemar d’une mère – le spectre redoutable de la perte de deux fils dans le désert du Sahara.

« Je lui ai demandé de ne pas partir parce que j’ai vu mon autre fils se perdre dans le processus, alors j’ai peur qu’il lui arrive la même chose », dit Mariam d’un ton pensif.

Mais Ahmed est catégorique, affirmant que ses perspectives d’avenir sont faibles s’il vit au Tchad.

« Oui, ma mère a refusé que je parte, mais je ne peux pas rester au Tchad. Il n’y a pas de programme d’éducation ou quoi que ce soit d’autre », explique Ahmed.

« La guerre a détruit tous nos rêves. Chaque fois que je parle avec mes amis, nous rions et nous jouons, mais lorsque nous regardons des programmes d’éducation à la télévision, sur Facebook et sur Instagram, nous voyons des personnes éduquées à l’université et cela nous fait nous sentir si mal. »

« Nous nous comparons à eux et nous voyons l’énorme différence… Je ne peux pas finir de cette manière. »

Sa déclaration souligne qu’Ahmed et ses amis ne sont pas différents de millions de jeunes à travers le monde, et constitue un rappel brutal de la détresse que la guerre a provoquée chez les civils soudanais.

Tentatives infructueuses
La frustration d’Ahmed trouve un écho profond chez Sidik, 28 ans, un autre réfugié soudanais qui vit à Farchana depuis deux décennies.

Il a tenté à trois reprises, sans succès, de passer en Europe depuis la Libye et la Tunisie.

« La situation ici est très difficile. Il n’y a pas de travail fixe pour moi, c’est la raison pour laquelle j’ai essayé plusieurs fois de passer par la Libye », explique-t-il.

Il a fui au Tchad avec sa famille alors qu’il n’avait que sept ans et a abandonné l’école en raison des ressources limitées. Comme Ahmed et de nombreux autres habitants de Farchana, il pense que cela vaut la peine de risquer sa vie pour que sa fille et son fils puissent avoir une vie meilleure.

« Le plan est en cours et nous ne nous arrêterons pas parce que nous ne pouvons pas continuer à vivre de cette façon », révèle-t-il.

Le désert du Sahara est considéré comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que 161 migrants sont morts en tentant la traversée vers l’Europe par cet itinéraire pour la seule année 2023.

L’OIM et ses partenaires internationaux ont mis en place des programmes de migration légale pour les réfugiés au Tchad.

Entre 2017 et 2019, ils ont facilité la relocalisation de près de 2 000 réfugiés du Tchad vers la France.

Ying Hu, Associate Reporting Officer au bureau du HCR à Farchana, indique que certains programmes de réinstallation peuvent devenir disponibles pour les réfugiés en fonction de la disponibilité des ressources.

« Nous avons également des programmes réguliers tels que les visas humanitaires, le regroupement familial, les programmes de bourses pour les personnes qui souhaitent poursuivre leurs études universitaires à l’étranger », révèle-t-elle.

Cependant, la plupart des fonds disponibles étant consacrés à l’aide vitale aux personnes déplacées par les combats en cours, les ressources disponibles pour les programmes de réinstallation sont limitées.

L’incertitude quant au temps qu’ils devront attendre pour que ces voies légales s’ouvrent à eux laisse Ahmed et ses amis rivés sur la périlleuse route du Sahara.

« Nous irons », dit-il avec détermination.

• Lien média https://www.bbc.com/afrique/articles/czjy333k90no?fbclid=IwY2xjawEn8n9leHRuA2FlbQIxMQABHWNU1ubiGck3JuzNabk6eBVg6chWLv6v-zPAirvEKzVHQzwLlahomXGcEg_aem_jYKtKhIUb8KRn0S8pyAMAA

● Sebkha souffre (encore) de coupures récurrentes d’eau

Le Calame – La pénurie d’eau qui secoue depuis deux semaines Sebkha et sa banlieue (Basra et Kouva notamment) demeure plus que préoccupante. Les populations continuent de manquer cruellement d’eau et cherchent le précieux liquide à longueur de journée… Ce sésame est encore aux abonnés absents!

A Sebkha, contrairement au reste des départements de Nouakchott notamment Tevragh Zeïna, Ksar ou Arafat, les problèmes d’eau sont cycliques et les habitants de cette moughataa particulièrement de Basra font face à de sévères pénuries depuis de nombreuses années.

En plus d’autres préoccupations, les populations sont confrontées régulièrement à ce problème récurrent de l’accessibilité de l’eau pour les ménages. Bizarre !

Aller à la borne-fontaine est devenu, pour de nombreuses personnes disposant pourtant de robinets et s’acquittant régulièrement de leurs factures d’eau qui tombent en dépit des grosses coupures, le seul moyen d’avoir de l’eau dans certains quartiers de Sebkha. Étrange ?

L’on se demande quel est le critère fixé par la Société Nationale de l’Eau (SNDE) pour la distribution du liquide dans les communes de Nouakchott. Face au mutisme de la SNDE, les populations qui ne savent plus à quand un retour à la normale, sont dans la désillusion.

Phénomène déplorable à Basra et Kouva, d’aucuns passent des nuits blanches pour chasser les précieuses gouttes d’eau du robinet. Les populations pensaient avoir conjuré le mauvais sort avec le retour dans la nuit du mercredi 7 août à 3 heures du matin, de l’eau. Joie de courte durée avant le retour à la triste réalité.

Avec un débit des plus faibles, la précieuse liquide n’a coulé que deux heures d’horloge. Depuis lors, plus rien en attendant un prochain lâchage !

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776638