09-09-2016 15:10 – Esclavage en Mauritanie: ce silence coupable qui déshonore l’Afrique


Journal du Cameroun – Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas. L’information a fait la une des journaux à travers la planète.

La période estivale qui s’achève et les jeux olympiques au Brésil ne sauraient expliquer le silence des intellectuels africains et de leurs dirigeants face au destin scellé de la population noire martyrisée depuis des millénaires par la caste esclavagiste au pouvoir en Mauritanie. Ces combattants de la liberté croupissent dans les geôles chaudes, humides et infestées de moustiques de la prison de Nouakchott dans l’indifférence totale du monde extérieur.

Un silence lourd de conséquence a couvert la condamnation, au mois d’Aout, de treize militants de l’ONG anti-esclavagiste mauritanienne IRA. Ses membres dont le combat est juste, sont accusés de violence. La parodie de justice de cet état renégat est intolérable, injustifiée et immorale. Trois à quinze ans de prison ont été requis contre des hommes d’honneur.

Une honte que nous ne saurions couvrir

Le tort des combattants anti-esclavagiste est de poursuivre une lutte pour la liberté qui est droit fondamental des êtres humains. L’Onu qui garantit la souveraineté des états a toujours occulté la pratique étatique de l’esclavage en Mauritanie. Mais, que dire de l’Union Africaine qui condamne dans sa charte l’esclavage ? L’Union Africaine pourrait-elle se soumettre à l’expertise et à la critique sur l’esclavage des noirs en Mauritanie ? Une récurrence qui devrait interpeller l’Afrique toute entière mais dont les échos ne résonnent nulle part. Nous abandonnons à leur sort des enfants, des femmes et des hommes qui ont le tort d’être noirs dans un état islamiste et ségrégationniste. Tout cela se passe en Afrique. Un continent qui a lutté pour son indépendance et qui n’a pas conscience que ses enfants continuent à porter un joug au coup.

Nous croyons toujours révolues ces histoires qui se racontaient au coin du feu et qui diabolisaient les européens sur la traite des noirs. Aujourd’hui encore, les jeunes filles sont violées par des maîtres maures qui jouissent du droit d’en faire des esclaves sexuelles, des maitresses de l’ombre. Ces actes sont perpétrés devant leurs parents depuis des millénaires. La liberté si chère que nous revendiquons n’a jamais traversé les murs souillés de sueur des esclavagistes en Mauritanie.

Il serait illusoire d’ignorer le martyr séculaire des populations noires de ce pays. Cette vérité est évidente. Nous n’osons pas en parler. La honte n’est pas du côté de ces malheureux. La honte est dans notre camp.

En effet, les millions de dollars déversés par les pays arabes en Afrique pour la construction des mosquées, des écoles coraniques et pour l’enseignement de l’arabe font taire nos consciences stérilisées.
Par Michel Lobe, journaliste


Crédit source : http://www.cridem.org 

IRA-Mali une association régie par la loi malienne, Note d’information

Vendredi 2 septembre 2016 au siège de la Coordination Nationale de Veille Stratégique et Citoyenne du Réseau Joko Ni Maaya du Mali a été tenu l’assemblée général du bureau provisoire pour la fondation de l’Initiative de la Résurgence du

Mouvement Abolitionniste (IRA-Mali) était présent autour du Président de Réseau d’IRA Biram Dah Abeid :

PRENOMS & NOMS PROFESSIONS

Intazoumé Moussa Dicko Politologue

Maitre Dicko Aminata Traoré Juriste

Daouda Doumbia Membre de JOKO NI MAAYA

Mamadou Tambadou Membre de JOKO NI MAAYA

Méguelé Diallo Enseignant

Pérignama Sylla Professeur

Inamoud Ibmy Yattara Professeur

Moussa Bamba Juriste

Honorable Idrissa Sankaré Député

Cheick Oumar Dembélé Fonctionnaire Parlementaire

Mouaz Cissé Érudit Prêcheur

Messaoud Mohamed lahbib Ancien Ministre

Biram Dah Abeid Juriste

Ousmane Tandia Ambassadeur

Sbeyti Ag Akado Professeur

Dr Hadawa Yattara Universitaire

Dr Almoubade Azoum Universitaire

Mamadou Sangaré Manager Culturel

Alassane Cissé Attaché d’Administration

Kéka koné Chercheur Anthropologie Culturel

Hamada Touré Journaliste

Bocary Katioumbé Enseignant Animateur

Cheick Oumar Tidiani Diallo Membre de JOKO NI MAAYA

Madou Diallo Enseignant

A l’issu de l’assemblée a été décidé :
1. Création d’une Association d’IRA-MALI conformément au droit malien dont le Mandat et la lutte par les voies légales conforme au droit malien et au droit international contre l’esclavage, le racisme, l’oppression des personnes d’ascendance africaine et de toute autre violation de droit ou de la dignité humaine notamment en Mauritanie et Mali.


2. Création d’une commission technique dirigée par l’Honorable Idrissa Sankaré député au parlement Malien qui se chargera de la préparation du Statut et Règlement Intérieur de l’Organisation.

3. La désignation d’un Coordinateur provisoire El Hadj Tandina

– Un Responsable des affaires administratives Sbeyti Ag Akado

– un Responsable de la Communication Maître Dicko Aminata Traoré
Source crédit : Mouvance abolitionniste IRA. 

​COMMUNIQUE CONJOINT COALLITION LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE AU MALI-IRA


L’an deux mille seize et le 31 Aout s’est tenue au siège de Temedt à Bamako une rencontre entre la coalition de lutte contre l’esclavage au Mali regroupant une centaine d’associations et d’ONG de lutte pour les droits et une délégation de l’IRA conduite par son Président M. Biram Dah Abeid.

Les représentants de la Coalition après avoir écouté le Président de l’IRA qui a développé la situation des droits humains en Mauritanie a tiré les conclusions ci-après :

– Elle demeure sérieusement préoccupée par la situation des Défenseurs des Droits Humains en Mauritanie.

– Elle est particulièrement consternée par l’incarcération de 13 membres de l’IRA qui n’ont rien fait que de défendre suivant la loi de leur pays les victimes de l’esclavage.

La Coalition nationale de lutte contre l’esclavage au Mali réaffirme son soutien à l’IRA dans sa lutte contre l’Esclavage en Mauritanie et demande au Gouvernement mauritanien :

– De libérer sans délai les membres de l’IRA en prison.

– Mettre fin à toutes formes d’exaction, d’intimidations et de menaces contre les défenseurs des droits humains, singulièrement, ceux qui luttent contre l’esclavage.

– Permettre la jouissance totale du droit à la liberté d’association, de réunion, de manifestation, d’opinion et autres droits de l’Homme connexes à toutes les organisations, politiques y compris, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux de la Mauritanie.

Liste des Organisations membres Coalition nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

N° Structure Localité Contact

1 Temedt Bamako 76 39 90 05

2 UFMDD Bamako 76 47 38 87

3 CAFO Bamako 63 78 40 28

4 Confession Religieuse Bamako 76 23 74 85

5 Journal Le Républicain Bamako 76 41 94 08

6 APAFE MUSOW DEMBE Bamako 66 58 47 24

7 Radio Kayira, Bamako 76 03 40 82

8 AMDH Bamako 66 63 32 32

9 RJPRODH Bamako 66 55 08 27

10 CAD/Mali Bamako 66 71 42 85

11 LJDH Bamako 76 02 50 71

12 AJM Bamako 66 78 82 13

13 FECONG Bamako 66 71 26 24

14 Journal Info Matin Bamako 76 43 97 92

15 CNDH Bamako 66 81 90 38

16 FOSC Bamako 66 75 26 24

Bamako le 31 Août 2016

La Coalition Nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

​Indignations sélectives par Venance Konan, un célèbre journaliste ivoirien.

Il est entendu que l’esclavage est l’une des pires choses qui soient arrivées au continent africain. Nous frissonnons d’indignation chaque fois que nous pensons à tous ces êtres, nos ancêtres, arrachés à leur terre, notre terre, transportés dans des conditions inhumaines sur un autre continent où ils étaient ravalés à un rang pire que celui des animaux. Nous tremblons de colère en lisant le « Code Noir » édicté par la France sous le règne de Louis XIV, pour régir les esclaves et qui les considérait comme de simples objets. Oui, la traite négrière a vidé le continent africain de ses bras les plus valides et elle n’est pas pour rien dans la situation de pauvreté généralisée que vivent nos pays. Nous avons toutes les raisons d’en vouloir à l’Amérique et à l’Europe qui ont bâti leurs économies avec la force des bras de nos ancêtres. Aujourd’hui nous réclamons réparation en espèces sonnantes et trébuchantes pour le mal qui nous a été fait.

Ce qui est étrange est que notre colère n’est dirigée que contre l’Europe et l’Amérique, et nous oublions sciemment que l’esclavage fut aussi le fait de ceux que nous appelons nos cousins, lorsque nous partageons les mêmes galères en Europe, à savoir les Arabes. Notre cousinage s’arrête en Europe, lorsque nous sommes face au Blanc, mais il en est autrement lorsque nous sommes dans le monde arabe. De la Mauritanie au sultanat d’Oman en passant par le Maroc, la Tunisie, le Soudan, l’Arabie Saoudite, l’esclavage fut pratiqué à grande échelle pendant des siècles. Les séquelles de cette traite en sont la présence, de nos jours, d’importantes populations noires dans ces pays, et les discriminations dont elles sont toujours victimes. Le mot couramment utilisé pour désigner les Noirs Africains dans bon nombre de pays arabes signifie « esclave ». Dans un pays comme la Mauritanie, qui se trouve en Afrique de l’ouest, à côté du Sénégal, l’esclavage ne fut officiellement aboli qu’en 1981. Et en 2014, c’est-à-dire il y a deux ans, l’ONG Walk Free estimait qu’il y avait encore 4% d’esclaves, soit environ 150 000 personnes au sein de la population du pays. Il est vrai que le 13 août 2015, le parlement mauritanien avait adopté une loi considérant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Cependant, le 20 août 2015, c’est-à-dire une semaine plus tard, c’est Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte anti-esclavage qui était condamné à deux ans de prison, pour avoir réclamé la fin de l’esclavage. En 2000, au moment où Mouammar Kadhafi militait pour la création de l’Union africaine, les Noirs subsahariens qui vivaient dans son pays étaient victimes de terribles pogroms dans le silence assourdissant des chefs d’Etat et des intellectuels africains. Au moment de la chute de Kadhafi, les Noirs Africains qui vivaient dans son pays furent massacrés par les forces rebelles du pays. Et depuis que l’organisation terroriste Etat Islamique s’est emparée d’une partie du pays, c’est l’enfer pour les Noirs Africains qui y vivent. Et bon nombre d’Africains qui empruntent les bateaux de fortune pour tenter de traverser la méditerranée au péril de leur vie le font pour fuir cet enfer. Il y a quelques mois, ce sont tous les Noirs Africains d’une ville algérienne qui ont été victimes d’un autre pogrom. 

Toutes ces informations sont régulièrement données dans la presse, mais rien de tout cela ne nous émeut. Jamais nous n’avons organisé de manifestations pour protester contre l’esclavage qui est encore pratiquée dans un pays comme la Mauritanie. Malgré la pratique de cette abomination, ce pays fut membre de la CEDEAO jusqu’à ce qu’il décide lui-même de la quitter, pour rejoindre l’Union du Maghreb arabe. Il est toujours membre de l’Union africaine qui ne lui a jamais demandé de faire encore plus d’effort dans sa lutte contre l’esclavage. Nous n’avons jamais manifesté contre les discriminations dont sont victimes les Noirs dans les pays arabes, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid. On a l’impression que pour nous Africains, ce qui se passe dans ces pays arabes dont certains se trouvent sur notre continent est une sorte de folklore local dont il ne faut surtout pas se mêler. Il s’agit pourtant de la dignité d’êtres humains, de notre dignité à nous autres Africains, qui subissons aussi ces discriminations et vexations lorsque nous nous rendons dans ces pays. 

Nous ne doutons pas un seul instant de la volonté des gouvernements de ces pays de mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses profondément ancrées dans les mentalités. Nous les aiderions mieux en manifestant nous aussi de temps à autre notre indignation, en leur mettant la pression, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid en Afrique du sud. Mais je crois que la vérité est que notre indignation dépend de celle de l’occident. Quand il s’est indigné contre l’esclavage qu’il avait lui-même pratiqué, nous nous sommes aussi indignés. Et dans la foulée, nous lui avons réclamé un peu de sous, comme si nous reconnaissions que nous avions vendus nos aïeuls à un prix trop bas. Il en fut de même pour l’Afrique du sud. Nous avons accompagné l’indignation du monde occidental. Pour le moment l’Occident ne s’est pas encore indigné contre l’esclavage arabe. Les Arabes non plus. Nous attendons donc.

 Venance Konan, le directeur du journal Fraternité-Matin en Côte d’ivoire .

​Communiqué de presse: IRA-Mauritanie s’implante en Côte d‘ivoire.

A l’occasion de son passage en côte d’ivoire, le président Biram  Dah  Abeid,  invité  par  plusieurs organisations  ivoiriennes de droit de l’homme, supervise l’installation de la section de IRA-Mauritanie.

Le président  de l’initiative de la résurgence du mouvement Abolitionniste  ( IRA Mauritanie)  a été  invité  par  plusieurs  cadres et  organisations de droit de l’homme en Côte d’ivoire  précisément à la capitale économique de la côte d’ivoire  Abidjan  pour  échanger sur certains thèmes concernant le respect de la dignité humaine  en Afrique de l’ouest en général et celle de la communauté haratine victimes de l’esclavage en particulier. 

1) Ces organisations de droit de l’homme, également ravie de la présence de Monsieur le président  d’Ira Mauritanie  Biram  Dah Abeid et son épouse  Leila  Ahmed Khliva,  n’ont pas raté l’occasion de le féliciter pour tous les efforts accomplis dans la lutte pacifique. Ensuite elles ont condamné les arrestations et les condamnations des militants d’Ira en République islamique de  Mauritanie  et demandé la libération  des détenus d’opinion dans le plus bref délais .

2) Le président Biram Dah Abeid a été  reçu par une forte délégation d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire venant des différentes villes ivoiriennes. A cette occasion Monsieur le président a adressé un discours à ses militants insistant sur la lutte pacifique en déclarant « c’est avec la non-violence que nous pouvons arriver au sommet, c’est-à-dire obtenir le but qui est bel et bien  une Mauritanie  unie sans discrimination et sans distinction pour tous les mauritaniens ». Ensuite il a échangé certains points essentiels  avec les militants d’Ira vivant en Côte d’ivoire,  comme  le cas des détenus  d’Ira en Mauritanie, que  tous les membres de la section de côte d’ivoire condamnent avec toute énergie. Les militants dénoncent  l’arrestation de leurs confrères en Mauritanie et demandent la libération de ceux derniers dans les plus brefs délais et sans condition.

3) Désormais  Ira Mauritanie ouvre son bureau en Côte d’ivoire. La visite de Monsieur le président Biram Dah Abeid a permis l’ouverture du nouveau bureau central  pour l’initiative de la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira)  en Côte d’ivoire composé  de dix membres. En plus un bureau de la sous-section à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a été installé vue l’importance de la présence d’une grande diaspora dans cette ville.  

En conclusion, les militants sont convaincus que Monsieur le président d’IRA Mauritanie est le seul homme qu’il faut pour la Mauritanie et que sous sa direction le mouvement d’Ira représente l’unique solution pour la Mauritanie.

Ira Mauritanie « yes we can », vive Ira Mauritanie pour une Mauritanie Juste. 

Version français édité par Laabad Ould El Waghere chargé de la communication. 

Version arabe édité par Moustapha  Bilal le président d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire.
Abidjan, le 14.08.2016

Biram Dah Abeid présente la situation de la Mauritanie devant la coalition ivoirienne des droits de l’Homme

Le 12 juillet 2016, le président d’IRA-Mauritanie, au cours de sa tournée Africaine, a été reçu par la coalition ivoirienne des droits de l’Homme: CIDDH. La CIDDH est un réseau constitué de plusieurs organisations ivoiriennes de défense des droits humains, affiliée à la coalition de la société civile Ouest-Africaine et à la coalition panafricaine de la société civile et à la commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Les discussions entre Marthe-Pedan Coulibaly, présidente de la CIDDH et les présidents des ongs membres de la coalition d’une part, et le président d’IRA-Mauritanie d’autre part, se sont focalisées sur les thèmes suivants:

1- Répression et harcèlement des défenseurs des droits humains en Mauritanie, avec point focal sur la série d’arrestations et simulacres de procès des détenus d’opinion issus des mouvements IRA-Mauritanie, Le 25 février et Manicharigasoil.

2- L’esclavage sous toutes ses formes sévissant en Mauritanie, la discrimination raciale, les expropriations foncières et déplacements forcés, la torture; musèlement de la presse, des partis politiques d’opposition, obstruction à la liberté d’association et d’entreprise.

3- Les deux partie ont décidé une série d’actions communes contre l’Etat très critiques des droits humains et de la démocratie en Mauritanie à travers les canaux des institutions sous régionales, panafricaines et internationales d’alerte, d’interpellation et de sanctions.

En début de réunion, Biram Dah Abeid a introduit les débats par la communication suivante :

_____________________

Mauritanie, Numéro 1 de l’esclavage des noirs en Afrique

Réalité de la situation des défenseurs des droits humains

Note d’information pour la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits de l’Homme

Abidjan (CI), 12 Août 2016

En Mauritanie, depuis 1978 les pouvoirs militaires se succèdent mais l’exercice de l’Etat reste le monopole d’une composante de la population, aujourd’hui minoritaire ; la domination de ce groupe procède d’un système esclavagiste et anti-noir. Malgré la profusion de textes législatifs contre la servitude héritée, le racisme et l’exclusion, ainsi que des normes protectrices de l’enfants et des femmes, les autorités ont toujours assuré, aux esclavagistes, l’impunité totale ; parallèlement, elles couvrent, encore, les exécutions de masses extrajudiciaires de civiles et de militaires noirs mauritaniens, opérées, durant les purges ethniques de 1986-1991. Dans ce contexte historique, de ruse sur le droit et de diplomatie de la dissimulation, les gouvernements successifs s’évertuent à empêcher le fonctionnement normal des ONGs de défense de la dignité de l’Homme et de l’égalité des citoyens. Emprisonnés et réprimés avec violence, leur voix ne cesse de porter à l’intérieur et hors des frontières de la Mauritanie.

La Mauritanie, championne des ratifications de traités et de conventions internationales, répugne, en proportion inverse, à consentir l’effort requis pour honorer ses engagements, grâce à leur mise en œuvre. Le pouvoir ethno-tribal use de moyens substantiels et d’un zèle jamais démenti, afin de réduire au silence les défenseurs de droits de l’homme, mener des campagnes médiatiques et diplomatiques d’occultation de son passif et démentir, ainsi, l’existence de l’esclavage par ascendance, un fléau multiséculaire en Mauritanie, d’ailleurs légitimé selon une fausse interprétation de l’Islam.

Concernant l’esclavage et ses séquelles, lors de son dernier examen périodique universel (EPU) en novembre 2015 á Genève, la Mauritanie a reçu 40 recommandations sur un total de 200, contre 18, seulement sur 152, au précédent de 2010. Cette hausse démontre l’inefficacité des autorités dans la lutte contre l’esclavage mais confirme, surtout, le succès, des groupes abolitionnistes, à sensibiliser, la communauté internationale, sur les abus contre l’intégrité de la personne en République islamique de Mauritanie.

Le mouvement IRA-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été primés, par plusieurs distinctions internationales, en reconnaissance du combat contre l’esclavage traditionnel, l’usurpation foncière, l’exclusion des noirs et l’expropriation des terres arables dans la vallée du fleuve Sénégal. La réponse des autorités mauritaniennes a toujours consisté en l’usage de la violence, sur les militants désarmés, les arrestations arbitraires et les procès d’opinion, ponctués de falsifications de preuves à charge.

Dans sa stratégie de détruire IRA Mauritanie, le régime du General Abdelaziz a ordonné, en juillet 2016, l’arrestation de toute la direction du mouvement et ce juste quelques jours avant le dernier sommet de la Ligue arabe, tenu à Nouakchott.

Les événements douloureux de 1986-1991 illustrent, quant à eux, une tentative de génocide de l’ethnie Halpullar, sur la frontière avec le Sénégal. Le régime militaire avait déporté, par milliers, une partie de sa propre population noire vers les pays voisins d’Afrique subsaharienne et mené une campagne de dénégrification au sein des forces armées et de sécurité ; ainsi, des centaines de soldat et officiers furent torturés et exécutés, dans les casernes et camps de détentions, dont 28, pendus, la veille du 28 Novembre 1990, en célébration de la fête de l’Indépendance. Les tortionnaires et les commanditaires de ces atrocités sont toujours libres, vivent une retraite paisible ou décèdent de longévité quand ils n’occupent de hauts postes, protégés par une pseudo-amnistie, licence d’un Parlement composé de leurs proches, alliés et parents.

Exemples de violences physiques contre les membres de IRA-Mauritanie.

Actuellement, et ce depuis la fin du mois de juin 2016,13 membres dirigeants d’IRA-Mauritanie croupissent dans les geôles du pouvoir. Ces militants ont été d’abord interpellés, avec brutalité, par des policiers en habits civils et ce sans que ces derniers déclinassent leurs identités aux personnes arrêtées, ni les informer des motifs. Les agents, parfois masqués, placent une bande de tissu sur les yeux des activistes, pour les conduire dans des lieux impossibles à identifier. Parvenus à destination, les futurs prévenus sont déshabilles, jetés dans des cachots humides, nauséabonds et insalubres. Ils sont attachés par des menottes en fer, qui lient la main au pied, et dans des positions inconfortables, pendant plusieurs heures, avec renouvellement du supplice, par alternances des postures. Les policiers, en charge de la torture, actionnent le joug, à intervalle irrégulier, pour produire des maux aigus, surtout lors des interrogatoires.

Les auditions sous contrainte corporelle visent à obtenir des faux aveux de complaisance et de faux témoignages qui étayeraient la thèse des services de renseignement selon laquelle l’organisation IRA a planifié et exécuté les émeutes sur la scène du lieu-dit « Adabaye Bouamatou » le 29 juin2016. Pour extorquer le propos à l’appui de l’accusation, les policiers infligent d’anciennes recettes de sévices, de la police politique. Par exemple, ils ont enchaîné certains détenus comme Moussa Biram, Abdallahi Maatala Seck et Abdallahi Abou Diop, en nouant leurs mains aux pieds, par derrière. Les tortionnaires attachent et serrent douloureusement les prisonniers, par une corde et les suspendent, à distance du sol, sur des barres de fer. Les autres, entendent les cris de douleurs, ce qui contribue à affaiblir leur moral et les incite à « tout dire ».

D’autres, tel Amadou Tidjane Diop, ont été complètement déshabillés, insultés copieusement et menacés de mort s’ils n’acceptent d’avouer qu’ils ont participé á la violence contre la police. Leurs yeux et visages ont été bandés jusqu’au bord de l’asphyxie, incapable de respirer, leurs narines bouchées par un tissu. Sur plusieurs jours du Ramadan, les tortionnaires assoiffaient les détenus, leur refusant de l’eau et les affamaient tout le long de l’interrogatoire ; le peu de repas qu’ils recevaient a été mélangé à du sable et des déchets solides, en quantité variable, d’un détenu à l’autre. Les coups de cravache et de matraques constituaient le lot quotidien de certains parmi eux, en particulier durant les séances de questions. Les vagues de supplice s’étalent, en général, de 20 à 30 minutes, entre 2 et 7h du matin, sur plusieurs jours.

Perspective de la lutte

Il convient de rappeler le contexte de la répression du mouvement abolitionniste en Mauritanie, dès le lendemain du coup d’Etat militaire du 6 août 2008, contre le premier Président élu à la faveur d’un scrutin pluraliste, Sidi Mohamed Ould Cheilh Abdellahi. L’année suivante, le Général auteur du putsch, actuel Chef de l’Etat, se présente au suffrage universel direct qu’il remporte par la fraude, et avec le soutien de la France.

Réélu en 2014, par des opérations de fraudes massives, l’instrumentalisation des différents corps de l’Etat, ainsi que par l’usage des symboles et argent, publiques, il tend, depuis, à exacerber le communautarisme pour exciter la communauté arabo-berbère, celle des anciens maitres, à se souder, autour de lui, afin de faire barrage au prétendu péril démographique noir. Au travers des média, des mosquées, tribunaux et force de l’ordre, le message est ainsi dupliqué, diffusé, martelé : pour cette propagande officielle, les nègres, en particuliers, ceux descendants d’esclaves, incarnent une menace majeure à l’ordre et à la cohésion nationale, c’est-à-dire le statuquo, fruit de la domination ethno-tribale.

Les populations maures arabo-berbères, dans leur grande majorité, vivent dans le conditionnement par cette propagande ; celle-ci produit l’effet de les arrimer au noyau de l’hégémonie, qui se cristallise autour de son expression la plus immédiate, l’institution militaire, en somme le commandement des forces armées et de sécurité. Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’érige gardien et continuateur de ce lien social par la panique ; ses services de renseignement fabriquent et entretiennent, à l’usage des fils et petits-fils d’anciens maîtres, la crainte exagérée, démultiplié, dramatisée, de l’éveil des noirs à la citoyenneté.

En parallèle, les partis politiques, personnalités indépendantes, mouvements de jeunes et hommes d’affaires, issus du groupe dominant arabo-berbère, s’exposent à la persécution et à la spoliation, dès lors qu’ils osent se désolidariser de cet esprit de corps ou en déconstruire les ressorts idéologiques. Aujourd’hui, non sans courage et en dépit de leur nombre modeste, les maures progressistes se retrouvent emprisonnés, exposés à la diabolisation et, pour certains, réduits à l’exil.

Quelques témoignages des victimes de l’esclavage par ascendance

Dans le but d’aider le public à se faire une idée de la souffrance morale et physique, subie de génération à la suivante, par des descendants d’esclaves, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) recommande la lecture des témoignages joints à la présente note. Il est à noter que tous les cas, portés devant les autorités du pays, sont été classés, sans suite. La justice les relègue, toujours, au chapitre, soit des litiges familiaux soit des rapports de travail, car l’interprétation locale de Charia Islamique (l’unique source de référence légale, selon la Constitution) définit l’esclave comme propriété du maitre ; le dernier exerce, sur le premier, droit de vie et de mort.

Document produit 2013 par IRA-Mauritanie sur le cas de Mm Salma mint Meydouwa et sa famille.

Interview avec Mm Mbeyerka Vall Mint Mahmoud, publié par le journal Le Calame 2013 (http://www.lecalame.info/contenu_news.php?id=5701)

Communiqué de presse de IRA-Mauritanie de 2013 sur le cas de Mm Khdeija mint Dada et sa descendance qui avait vécu quatre générations sous le joug des pratiques d’esclavage domestique.

Biram Dah ABEID
Président de Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.
Crédit source : fr.essirage.net 

​Trump(eur) ou Clinton II : Rendez-vous Novembre 2016.

L’élection présidentielle américaine attendue en fin d’année, donnera un(e) président(e) élu(e) qui ne relèvera pas de l’ordinaire dans notre monde. Si ça sera un Trump, ce monsieur à la personnalité imprévisible qui a su « trumper » ou tromper le monde républicain aux primaires , qui gagnera, on craindra un Bushisme amateur et populiste qui pourrait virer dans des aventures belliqueuses très hasardeuses à l’international. L’ex magna de l’audiovisuel, est connu comme manipulateur et adepte des joutes verbales du sensationnel. Une fois élu, s’il reste fidèle à sa « trumpery » ou sa tromperie qui lui a permis d’étouffer tous les cadors potentiellement attendus du côté républicain lors des primaires, il aura intérêt à se mettre sous tutelle en sous main, pour éviter une éventuelle destitution au cours de son mandat. D’ici là, le chemin sera long pour « trumper » et tromper une majorité de l’électorat américain et rafler la mise devant Madame Clinton. Si la « Trumpery » ou la tromperie sera dévoilée et contenue à temps, on aura un deuxième Clinton à la Maison Blanche à Washington. Ainsi la parenthèse Bush-Clinton de l’histoire politique américaine réapparaîtra après la coupure OBAMA. Ainsi la séquence Bush père, Mr Clinton, Bush fils, (OBAMA) , Madame Clinton prendra le relais aux destinées de la première puissance mondiale.
Ah oui…une Dame à la présidence américaine est plus que jamais plausible aujourd’hui. Si un Clinton II au féminin arrive au pouvoir avec Hillary, ce couple très politique rentrera davantage dans les annales de l’histoire politique américaine. Hillary Clinton présidente entourée d’un cabinet classique dans le bureau ovale, fera une présidence classique suivant les lignes directrices de la politique américaine à l’international. L’Amérique fera de l’américain, veiller sur ses intérêts économiques liées à un certain ordre géopolitique mondial à maintenir en état depuis 1945. Pour le reste, dans les premières heures, le monde rêveur sera envahi par une Hillarymania au nom d’un féminisme désuet politiquement dans un sens la concernant,  comme l’avait été la Obamamania en 2008 au nom du blackisme. À vrai dire en la matière dans certaines hautes sphères politiques et économiques, la référence pigmentaire ou sexiste importe peu, car la classe sociale étanche et bien codifiée gomme certains traits d’appartenance physiques au profit d’autres qui nous dépassent, NOUS les petites gens. Nous qui nous les représentons dans nos aspirations puériles et innocentes par différentes positions sur TOUT ce qui se fait et se défait dans notre Monde sans Nous finalement.
K.S

Déclaration IRA-Senegal: Le communiqué 


Lors d’une opération de déguerpissement d’un bidonville « Gazra » dans la capitale mauritanienne le 29 juin 2016, la police a rencontré une forte résistance de la part des habitants à déguerpir qui vivaient sur les lieux depuis presque 2 décennies.
Le lendemain de cette opération ratée le pouvoir a cherché à faire porter  a Ira-Mauritanie le chapeau en arrêtant des militants d’Ira-Mauritanie dont Diop Amadou Tijani le vice président à son domicile et les jours qui ont suivi il y’a eu plusieurs autres arrestations dont le secrétaire au relation extérieur Balla Touré, le trésorier Ahmed Hamar Vall, le conseiller à la communication Hamady Lehbouss.
Ces responsables et les militants qui ont été arrêtés en même temps qu’eux ont été maintenus une dizaine de jours sans aucune nouvelle, sans avoir eu la visite de leur famille ou de leurs avocats et pendant cette période ils ont été aussi torturés à plusieurs reprises par la police.
C’est le 12 juillet à 4h30 du matin que les 13 militants arrêtés  ont été entendus par un juge d’inscription qui a retenu contre eux le flagrant délit « de rébellion non armée » « d’appartenance à un mouvement interdit » et « d’agression sur des forces de l’ordre » et leur jugement est programmé le 3 Aout 2016 à Nouakchott.
Ira-Mauritanie Section Sénégal ayant constaté l’arrestation illégale et injustifiée de nos camarades à Nouakchott réclame leur libération immédiate et sans condition et dénonce avec vigueur les actes de tortures et de violences de la part de la police contre les militants des droits de l’homme.
Ira-Mauritanie section Sénégal appelle l’Union Africaine et les pays africains à intervenir sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie.
Le bureau exécutif

​APPEL URGENT -L’OBSERVATOIRE 


MRT 001 / 0716 / OBS 064

Arrestation arbitraire/

Détention au secret /

Torture / Mauvais traitements

Mauritanie

25 juillet 2016

 

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Mauritanie.

 

Description de la situation :

 

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention arbitraire de 13 membres de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie [1]), à savoir MM. Mohamed Daty, secrétaire général de la coordination de Nouakchott, Ousmane Anne, président du bureau de Tevragh Zeina, Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, Abdallahi Abou Diop, membre du bureau de Riadh, Amadou Tidjane Diop, deuxième vice-président national, Abdallahi Matala Seck, président du bureau de Sebkha, Balla Touré, chargé de relations extérieures, Jemal Samba Beylil, membre du bureau de Riadh, Moussa Biram, vice-président du bureau de Sebka, Hamady Lehbouss, conseiller du président et chargé de la communication, Ahmed Hamdy Hamar Vall, trésorier national, Mohamed Jarroullah, membre du bureau exécutif et Khatri Rahel Mbareck, coordinateur du comité de la paix.

 

Selon les informations reçues, entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés. Le 30 juin 2016, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck et Moussa Biram ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs par des policiers en civil, sans s’être vu présenter un mandat d’arrêt ou tout motif à leur arrestation. Ce même jour, Jemal Samba Beylil a été arrêté dans sa boutique de pièces détachées dans la commune du Ksar devant ses collègues. Le 1er juillet, Balla Touré a été arrêté à son domicile dans la matinée. Le 3 juillet 2016, alors qu’ils quittaient une conférence de presse organisée pour appeler à la libération de leurs collègues, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall et KhatriRahel Mbareck ont été arrêtés dans la rue par des policiers en civil. Le même jour, Mohamed Jarroullah a également été interpellé par des policiers en civil. Le 8 juillet, Mohamed Daty a été arrêté à la sortie du tribunal où il est greffier et Ousmane Anne et Ousmane Lo ont été arrêtés dans la rue. Enfin, le 9 juillet, Abdallahi Abou Diop a été arrêté sur son lieu de travail. A cette occasion, il a été frappé par les policiers.

 

Les 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés en relation avec une manifestation spontanée organisée le 29 juin 2016 contre l’expulsion forcée d’une vingtaine de familles installées dans un bidonville dans le quartier de Ksarn en périphérie de la capitale Nouakchott au cours de laquelle des scènes de violences ont été perpétrées [2]. Or, aucun des 13 membres n’avait participé à cette manifestation. De plus, l’IRA-Mauritanie n’a ni organisé, ni exprimé d’opinion, ni même participé à cet événement. Aucun des membres n’a été arrêté sur les lieux de la manifestation. L’un d’entre eux, Mohamed Jarroulah, se trouvait même à 1200 km de Nouakchott ce jour là.

 

L’Observatoire craint que cet incident ne soit utilisé que comme prétexte pour harceler les membres de l’IRA-Mauritanie. L’Observatoire voudrait rappeler que le 30 juin 2016, l’IRA-Mauritanie a reçu le TIP Heroes Awards des mains du Secrétaire d’Etat Américain John Kerry à Washington, un prix qui salue l’action de cette ONG.

 

Le 12 juillet, entre 4h30 et 7h45, les 13 militants ont été interrogés par le Parquet au sujet de la manifestation. C’était la première fois depuis leur arrestation, qu’ils pouvaient s’entretenir avec leurs avocats.

 

En effet, les 13 militants ont été détenus au secret pendant trois à 12 jours. Pendant leurs gardes à vue, les 13 ont été transférés séparément dans des lieux inconnus, privés de moyens de communication avec leurs proches ou avocats. Ils ont été interrogés la nuit, privés de sommeil, d’accès aux sanitaires, aux douches ainsi qu’à un médecin. Selon les informations reçues, Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré, Moussa Biram et Amadou Tidjane Diop ont été victimes d’actes de torture et de mauvais traitements. Pieds et mains liés dans des positions douloureuses pendant des heures, suspendus par des cordes, les menottes trop serrées,  Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont été interrogés sur la planification et leur participation aux affrontements du 29 juin. De même, Amadou Tidjane Diop a été déshabillé, insulté, menacé de mort pendant son interrogatoire et s’est vu forcé de manger quelques repas agrémentés de sable sans pouvoir boire de l’eau.

 

De plus, selon les informations reçues, Amadou Tidjane Diop n’aurait pas eu accès à des soins médicaux nécessaires, et ceci malgré une pathologie cardiaque connue pour laquelle il possède une prescription médicale ainsi que des bulletins de consultation de cardiologie.  Ce n’est qu’après sa garde à vue qu’il a pu se rendre à l’hôpital mais les analyses prescrites n’ont toujours pas été réalisées. 

 

Selon nos sources, les commissaires principaux El-Hadi et Ahmed Baba Ahmed Youra, l’inspecteur de police Hassane Samba, les officiers de police Alioune Hassane et Lemrabott, le brigadier chef Didi ainsi que les brigadiers Ould Amar et Oumar Ndiaye auraient participé avec d’autres personnes non identifiées aux actes de torture à l’encontre des militants. De plus, M. Boubacar Ould Messaoud, membre du Mécanisme national de prévention (MNP) et président de l’association SOS-esclave, s’est vu refuser une visite malgré une demande officielle. En outre, les demandes de leurs avocats de faire expertiser les traces visibles des sévices ont été refusées.

 

Le 12 juillet, le procureur Cheikh Taleb Bouya Ahmed a ouvert une enquête de flagrance et a inculpés les 13 membres de l’IRA-Mauritanie pour « attroupement armé » (article 101 à 105 du Code pénal), « violences à l’égard d’agents de la force publique » (articles 213 et 214 du Code pénal), « rébellion » (article 191 du Code pénal) et « appartenance à une organisation non enregistrée » (articles 3 et 8 de la Loi de 1964 sur les associations). L’affaire a été renvoyée au 3 août 2016 devant la Cour criminelle de Nouakchott Ouest. Le tribunal devrait prochainement autoriser les familles à leur rendre visite pour la première fois depuis leur interpellation. Les 13 sont maintenant détenus à la Maison d’arrêt de Dar Naim.

 

L’Observatoire rappelle que l’IRA-Mauritanie et ses militants subissent un harcèlement régulier de la part des autorités en raison de leurs activités de défense des droits de l’Homme depuis longtemps[3].

 

De plus, l’Observatoire exprime ses plus vives préoccupations quant aux conditions de détention des activistes détenus et s’inquiète tout particulièrement de l’état de santé d’Amadou Tidjane Diop souffrant de problèmes cardiaques et nécessitant un suivi médical approfondi et régulier.

 

Finalement, l’Observatoire demande la libération immédiate et inconditionnelle ainsi que l’abandon des poursuites à l’encontre de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck, et de tout autre membre de l’IRA en ce que cela ne vise qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.

 

Actions requises :

 

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :

 

i. Garantir en toute circonstance l’intégrité physique et psychologique de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

ii. Libérer immédiatement et inconditionnellement MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que tout membre de l’IRA-Mauritanie détenu puisque leur détention ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

 

iii. Mener une enquête immédiate, indépendante et effective sur les allégations de torture et de mauvais traitements subis par les 13 défenseurs, afin d’identifier les coupables et de les sanctionner conformément à la loi ;

 

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de ces personnes ainsi qu’à l’ensemble des membres et sympathisants de l’IRA et, plus généralement, de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

v. Se conformer à la loi N° 049-15 sur la torture et à la loi N° 050/15 instituant un Mécanisme national de prévention, adoptées le 13 août 2015 par l’Assemblée Nationale mauritanienne.

 

vi. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement ses articles 1, 9.1 et 12.3 ;

 

vii. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie ;

 

Adresses :

 

• S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 85 52

• M. Ahmedou Ould Abdalla, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie, Fax : + 222 529 09 89; Email : mmelhadi@interieur.gov.mr ; leminesidi@yahoo.fr

• Brahim Ould Daddah, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 70 02

• Me. Irabiha Mint Adbel Weddoud, Présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme, Email : presidente@cndhmauritanie.mr

• S.E. Ambassadeur Mme Salka Mint Bilal Yamar, Mission permanente de la Mauritanie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Suisse. Fax : +41 22 906 18 41. Email : mission.mauritania@ties.itu.int

• Ambassade de la Mauritanie à Bruxelles, Belgique, Fax : +32 2 672 20 51, info@amb-mauritania.be

 

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Mauritanie dans vos pays respectifs

 

*** 

Paris-Genève, le 25 juillet 2016

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

 

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

 

 

Pour contacter l ’Observatoire, appeler La Ligne d ’Urgence:

·            E-mail: Appeals@fidh-omct.org

·            Tel et fax FIDH: + 33 14355 2518 / + 33 14355 1880

·            Tel et fax OMCT: +41 228094939 / +41 22 8094929

22-07-2016 13:12 – Mauritanie – Arrestations, détentions arbitraires et torture de défenseurs des droits de l’homme



Le Calame
– Monsieur le Rapporteur spécial,
Nous avons l’honneur de porter à votre attention la présente communication relative au cas de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Beylil, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram, Abdallahi Abou Diop et Mohamed Jaroullah, militants au sein de l’ONG « Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste » (IRA), organisation de lutte contre l’esclavage fondée en 2008.

Nous nous référons à :

M. Amadou Tidjane Diop, né le 16 février 1969, arrêté le 30 juin 2016 ; M. Abdallahi Matallah Seck, né le 31 août 1971, et résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Moussa Biram, né en 1967, arrêté le 1er juillet 2016 ; M. Jemal Samba Beylil, né en 1982, résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Balla Touré, né le 18 avril 1970, résidant à Nouakchott, arrêté le 1er juillet 2016 ;

M. Khatri Rahel M’Bareck, né en 1983, arrêté le 3 juillet 2016 ; M. Hamady Lehbouss, né en 1964, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016; M. Ahmed Hamdy Amarvall, né en 1966, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016 ;

M. Mohamed Daty, né en 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Anne, né le 6 août 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Lô, né en 1963, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Abdallahi Abou Diop, né en 1986, résidant à Nouakchott, arrêté le 9 juillet 2016 ;

M. Mohamed Jaroullah, né le 12 janvier 1973, arrêté le 3 juillet 2016 ;

De plus, nous avons reçu des informations crédibles selon lesquelles 40 autres personnes membres de la communauté haratine[1] ont été interpellées dans le cadre de la même vague d’arrestations. Il apparait que ces personnes n’ont pas été en mesure de contacter un avocat et nous n’avons de la sorte pas pu connaître leurs noms et leur situation actuelle.

Contexte général

Malgré la promulgation en 2007 d’une loi criminalisant l’esclavage, celui-ci a continué d’être pratiqué dans le pays, et une certaine impunité subsiste[2]. C’est dans ce contexte que l’IRA est devenue l’une des organisations principales dans la lutte pour une abolition effective de l’esclavage en Mauritanie.

Ces dernières années, l’IRA a été victime de représailles de la part des autorités mauritaniennes qui ont constamment refusé d’accorder une accréditation à l’organisation et ont procédé à la poursuite et à l’arrestation de plusieurs de ses membres dans le passé y compris M. Dah Biram, président et fondateur de l’ONG le 11 novembre 2014[3].

Alkarama avait alors soumis son cas à l’attention du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme afin d’enjoindre aux autorités mauritaniennes de mettre un terme à cette détention. Il fut libéré le 19 mai 2016[4].

Arrestations

Entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, les membres de l’IRA ont fait l’objet d’une vague d’arrestations suite à des rassemblements en soutien aux habitants de la gazra Bouamatou – un quartier très défavorisé de Nouakchott – le 29 juin 2016 lors de l’expulsion de centaines d’habitants de ce quartier.

Des altercations entre des personnes venues soutenir les familles expulsées et les forces de sécurité avaient alors éclaté, et les forces de sécurité avaient procédé à des dizaines d’arrestation.

Dès le lendemain, des policiers en civil procédaient à des arrestations de membres de l’IRA, au motif qu’elles les soupçonnaient d’avoir participé à ces débordements, en l’absence d’éléments à charge ; ces personnes affirment ne pas s’être rendus à ce rassemblement, dont ils ignoraient même l’existence. Le 30 juin 2016 au matin, MM. Amadou Tidjane Diop, vice-président de l’IRA, et Abdallahi Matallah Seck, coordinateur de la section de l’IRA à Sebkha, étaient arrêtés chez eux.

Le vendredi 1er juillet au matin, M. Balla Touré, secrétaire aux relations extérieures de l’IRA, était arrêté à son domicile ; le même jour, M. Jemal Beylil, militant, était violemment arrêté dans sa boutique de la commune du Ksar, devant ses collègues, et M. Moussa Biram, militant également, était arrêté à son domicile dans la soirée.

Le dimanche 3 juillet, MM. Hamady Lehbouss – conseiller du président de l’IRA, Ahmed Hamdy Amarvall – trésorier de l’IRA – et Mohamed Jaroullah étaient arrêtés à leur tour par des policiers en civil, lorsqu’ils revenaient d’une conférence de presse chez M. Dah Biram, et alors même que M. Jaroullah se trouvait hors du pays le 29 juin 2016 lors des émeutes, et n’était rentré que le 1er juillet à Nouakchott.

Le même jour, au matin, la police avait procédé à l’interpellation de M. Khatri Rahel M’Bareck, coordinateur du comité de la paix, devant la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), avenue Gamal Abdel Nasser, à Nouakchott.

Le 8 juillet 2016, M. Mohamed Daty, greffier, était arrêté à la sortie du tribunal et MM Ousmane Anne et Ousmane Lô étaient interpellés ensemble, de nuit, dans la rue. Enfin, le lendemain, M. Abdallahi Abou Diop était arrêté sur son lieu de travail, devant ses collègues, et frappé par les policiers procédant à l’interpellation.

Durant leurs gardes à vue respectives, les activistes ont rapporté à leurs avocats avoir été détenus dans des conditions indignes, séparément, dans des lieux inconnus de leurs familles et de leurs avocats et sans pouvoir communiquer avec ceux-ci. Ils ont par ailleurs fait l’objet de divers transferts d’un lieu de détention inconnu vers un autre, les yeux bandés.

Interrogés la nuit, privés de sommeil et d’accès à des sanitaires et à des douches, ils n’ont pas eu la possibilité de consulter un médecin. M. Amadou Abou Diop qui souffre d’une pathologie cardiaque grave n’a pas pu suivre son traitement durant la garde à vue. Lorsqu’il a finalement été emmené à l’hôpital, il s’est vu prescrire des analyses qui n’ont toujours pas été réalisées.

MM. Abdallahi Mataala Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont subi des actes de torture physique durant la période de garde à vue. Afin qu’ils avouent la planification et la participation aux affrontements du 29 juin 2016, MM Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Abdallahi Abou Diop devaient rester mains et pieds attachés dans le dos, dans des positions douloureuses, durant plusieurs heures consécutives, ou attachés et suspendus par des cordes ; les agents conduisant les interrogatoires serraient les menottes au maximum, si bien qu’à l’issue de la garde à vue, ces trois détenus présentaient des lésions aux mains et aux poignets. M. Moussa Biram présentait également des traces de coups sur les pieds et les mains.

Lors des interrogatoires, M. Abadou Tidjane Diop a été entièrement déshabillé, insulté et menacé de mort s’il n’avouait pas sa participation aux affrontements contre la police. Au cours des rares repas qui lui ont été servis, sa nourriture était mélangée à du sable, et les agents refusaient de lui donner de l’eau.

Les demandes d’expertises formulées par leurs avocats ont néanmoins été rejetées par le procureur, alors même que les sévices auraient été infligés selon les victimes, par des commissaires de police, un officier de la Direction de la sûreté de l’Etat et des brigadiers du commissariat.

Les familles des victimes ont tenté d’obtenir des informations sur les raisons de leurs arrestations et sur leurs lieux de détention mais se sont heurtées à des refus systématiques de la part des autorités et ont été informées qu’elles subiraient des représailles si elles s’entretenaient avec des organisations non-gouvernementales ou des medias étrangers.

De même, des membres du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) institué par la loi 034/2015 sont entrés en contact avec la Direction régionale de la sûreté de Nouakchott Ouest et le commissariat de police Ksar I, afin de procéder à des visites des lieux de détention, conformément à leur mandat ; ils ont ensuite saisi par écrit le Procureur de Nouakchott Ouest. Les autorités n’ont donné aucune suite à leurs requêtes.

Etat actuel de la procédure

Après avoir été détenus au secret pendant des périodes allant de deux à 12 jours, les 13 victimes et dix des autres personnes arrêtées suite aux altercations du 29 juin ont été présentées au Procureur dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 juillet 2016, aux alentours de 4h du matin. A cette occasion, elles ont pu s’entretenir avec leurs avocats respectifs pour la première fois depuis leur arrestation.

Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête de flagrance, alors qu’aucun des prévenus n’était présent lors du rassemblement litigieux. Les 13 activistes sont à présent détenus à titre préventif à la maison d’arrêt de Dar-Naïm et devraient être jugés le 3 août des chefs d’attroupement armé (art. 101 à 105 du Code pénal), de violences à l’égard d’agents de la force publique (art. 213 et 214 du Code pénal), de rébellion (art. 191 du Code pénal) et d’appartenance à une organisation non enregistrée, l’IRA.

Les 13 militants de l’IRA et sept autres détenus partagent actuellement une même cellule au sein de la maison d’arrêt de Dar Naim. Depuis les interpellations, les familles n’ont pu leur rendre visite qu’une seule fois, à l’issue de leur garde à vue.

Requêtes

S’agissant en tout état de cause d’une situation relevant de votre mandat, et conformément à la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies n° 53/144 du 9 décembre 1998 et à la Résolution 2000/61 de la Commission des droits de l’homme, nous avons l’honneur de vous demander, Monsieur le Rapporteur Spécial, de bien vouloir intervenir d’urgence auprès des autorités mauritaniennes.

L’arrestation et l’actuelle détention de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Bleyile, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Mohamed Zarouhoullah ont pour but de les empêcher d’exercer leurs activités de défense des droits de l’homme et s’inscrivent dans une campagne générale d’entrave et de répression des autorités mauritaniennes à l’égard des militants antiesclavagistes. Elles contreviennent par voie de conséquence à la responsabilité et au devoir de l’Etat de protéger, promouvoir et rendre effectifs tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales[5].

Dès lors que les faits donnant lieu aux poursuites ne sont étayés par aucun élément matériel, et que ces activistes sont arbitrairement détenus et ont subi des actes de torture pour des activités tombant sous leur droit à la liberté d’association, prévu à l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, nous vous demandons d’exhorter les autorités mauritaniennes à abandonner les poursuites et à les libérer immédiatement.

Nous vous demandons également de rappeler aux autorités mauritaniennes leurs obligations de cesser tout acte de persécution à l’encontre des militants qui appellent au respect des libertés civiles et politiques dans le pays, et d’apporter des clarifications sur le sort des quarante autres personnes arrêtées suite aux mêmes évènements.

Nous avons donc l’honneur de vous soumettre le présent cas qui relève de votre mandat et vous prions, Monsieur le Rapporteur spécial, de croire à notre haute considération.

Me Rachid Mesli,

Directeur juridique

M. Michel Forst

Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme

Haut Commissariat aux droits de l’homme

Office des Nations Unies à Genève

8-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

EMAIL : urgent-action@ohchr.org, defenders@ohchr.org, sr-torture@ohchr.org, srslavery@ohchr.org

Copie à : Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et conséquences ; Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Genève, le 21 juillet 2016

Appel Urgent

[1] Les Haratines, ou « Maures noirs », sont les principales victimes de la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Historiquement réduits en esclavage par les Maures blancs (arabo-berbères), ils avaient été progressivement affranchis suite à une loi de 1905, mais ont continué d’être victimes de discrimination, de marginalisation et d’exclusion car ils étaient toujours perçus comme appartenant à la caste servile.

[2] Conseil des droits de l’homme, 15e session, Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, Mme Gulnara Shahinian – Mission en Mauritanie, 24 août 2010, A/HRC/15/20/Add.2, §11.

[3] Comment on Mauritania by Rupert Colville, Spokesperson for the UN High Commissioner for Human Rights, http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16341&LangID=E (consulté le 21 juillet 2016).

[4] Alkarama, Mauritanie : Libération des militants antiesclavagistes Biram Ould Abeid et Brahim Ould

Bilal Ramdane, 20 mai 2016, http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-militant- antiesclavagistes-biram-ould-dah-abeid-et-brahim-ould-bilal-ramdane (consulté le 21 juillet 2016)

http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-… (consulté le 21 juillet 2016).

[5] Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, A/RES/53/144, 8 mars 1999, articles 1, 2, 5 et 6.
Source crédit : http://www.cridem.org