IRA-Mauritanie installe une section au Pays-Bas

​INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

IRA – Mauritanie:
Note d’information
 IRA-Mauritanie installe une section au Pays-Bas

Assemblée générale de constitution de IRA-Pays-Bas.
Le samedi 29 novembre 2016 à Eindhoven au Pays-Bas, s’est tenu l’assemblée générale constitutive de IRA-PAYS-BAS. Les militants venus de toutes les villes du Royaume du Pays-Bas, ont décidé á l’unanimité la création d’une section IRA dans ce pays pour contribuer en première ligne à la lutte contre le système obscurantiste, d’oppression des personnes d’ascendance africaine, d’esclavage et de stigmatisation des Hratin, de non-droit et de corruption généralisées en Mauritanie.

Les démarches pour cette initiative ont débuté au mois de Juillet dernier quand les membres de la communauté mauritanienne avaient pris contact avec la coordination européenne du mouvement pour demander la création de cette section. Le rendez-vous leur a été donné pour la tournée du président Biram Dah Abeid qui était attendu en Europe.

L’assemblée qui a eu lieu sous la supervision du président de IRA-Mauritanie, Biram Dah ABEID, a élu le bureau provisoire suivant:
Le président : Harouna Sala SY

Vice-présidente et trésorière : Leida FLORIJN

Secrétaire General: Bocar KONTE

Secrétaire Générale Adjoint : Fode Bakary DOUKOURE

Commissaire au compte: Fama KANE

Chargé de l’organisation et de la communication : Mamadou KELLY

Chargé de l’organisation et de la communication adjoint: Abdoulaye BA.

La Commission de communication

Nouakchott, le 30 Octobre 2016

27-10-2016 14:52 – Conférence de Biram Dah Abeid à Aix-en-Provence : « le pouvoir Mauritanien, acculé, ne sait répondre à la montée des revendications intérieures que par la répression »

IRA France Mauritanie – Le mardi 18 octobre 2016, dans le cadre du partenariat qui se noue entre IRA et la Clinique Internationale des Droits de l’Homme d’Aix-en-Provence, s’est tenue à la Faculté de Droit de l’Université d’Aix-Marseille une conférence à l’invitation du Professeur Hennebel au cours de laquelle Biram Dah Abeid a développé le thème : « Vaincre l’esclavage en Mauritanie : état des lieux ».

Cette conférence a réuni pendant plus de deux heures plus de 200 participants : des enseignants et étudiants de l’Université en droit humanitaire ou en droit international des droits de l’homme et des membres de nombreuses associations de défense des droits humains, dont IRA-France-Mauritanie qui a facilité l’organisation de cette conférence.

Devant un public qui découvrait pour partie la situation dramatique dans laquelle se trouve une partie importante de la population mauritanienne, M. Dah Abeid a développé les ressorts politiques, économiques, sociaux et raciaux qui sous-tendent le maintien de cette situation inacceptable que l’élite au pouvoir nie ou tente de légitimer par des arguments pseudo-religieux.

Par la description rapide de son parcours familial et de quelques situations judicieusement choisies, il a su donner vie aux humiliations et souffrances qui sont le lot quotidien de tant de Haratines à qui est niée toute dignité, jusqu’à la citoyenneté. Il a également dénoncé le traitement révoltant dont sont victimes les 13 prisonniers d’opinion d’IRA (procès inique, transfert illégal, tortures) et la brutalité avec laquelle sont traitées les personnes manifestant pacifiquement contre cet état de fait.

Il a montré comment le pouvoir Mauritanien, acculé, ne sait répondre à la montée des revendications intérieures et des pressions internationales sur ce thème que par la production de lois et la ratification de traités peu ou pas appliqués et la fuite en avant dans une répression accrue. Dans des contextes voisins, d’autres pays africains ont su dans le passé limiter les privilèges historiques d’une minorité pour entamer la construction d’une société plus juste et démocratique reconnaissant dans la loi et dans les faits l’égale dignité de tous les habitants du pays.

Les interventions émouvantes de quelques Mauritaniens installés en France rendant hommage à son combat augmentaient encore, si besoin était, la légitimité des propos tenus par l’intervenant, Prix des Droits de l’Homme de l’ONU 2013 pour son combat pacifique contre l’esclavage en Mauritanie. Il a été rappelé que cette situation est dénoncée également de façon continue par de nombreux rapports de grandes associations internationales de défense des Droits Humains telles que Amnesty International, Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Action des Chrétiens contre la Torture, Front Line Defenders, par le Parlement Européen, par la diplomatie américaine, par les Rapporteurs Spéciaux de l’ONU et par les propos très clairs de M. Ban Ki Moon après son voyage en Mauritanie.

C’est debout que les participants ont applaudi le conférencier, et le pot de l’amitié qui les a tous réunis a permis de prolonger longuement les échanges sur les différentes pistes dans lesquelles ce juste combat pourra être poursuivi.

Source médias : http://www.cridem.org

IRA-Europe : ​Note d’information


 

Colloque de IRA Europe á Bruxelles, siège de la Commission et du parlement de l’Union Européenne
Sous les auspices du Parlement de l’Union Européenne (UE), de l’Organisation des Nations et des Peuples non représentés (Organisation ayant statut d’observateur auprès de l’ONU dont IRA est membre au nom des Haratines de Mauritanie) et de Tulipe (Organisation néerlandaise des Droits de l’Homme), le Président de IRA Biram Dah Abeid et vingt-sept 27) dirigeants des Réseaux IRA Allemagne, Belgique, France, Italie, ont tenu du 20 au 23 octobre dans les locaux du siège de l’UE à Bruxelles un colloque sur le thème « plaidoyer des Droits de l’Homme auprès des Organisations internationales et des grandes ONG ».  L’évènement á débuté au parlement européen, ou les participants, parmi lesquels des parlementaires européens, ont aussi abordé des questions connexes telles que les mécanismes des Institutions de l’UE sur les Droits de l’Homme, le fonctionnement des institutions de l’UE, etc.…
En marge du colloque, le président de IRA et son coordinateur pour l’Europe ont eu des entrevues avec des parlementaires européens et des responsables de la Commission de l’UE. Les discussions ont porté sur les voies et moyens visant á renforcer les liens entre le Parlement Européen, la Commission de l’UE et IRA dans la protection et la promotion des Droits de l’Homme en Mauritanie.
Il est á rappeler que le Président de IRA avait entrepris, début aout dernier, une tournée de sensibilisation en Afrique sur les droits de l’Homme et la question de l’esclavage en Mauritanie. Il s’est ainsi rendu en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal. Arrivé début Octobre, il s’est entretenu avec de hauts responsables français á Paris. D‘autres rencontres auront lieu les semaines á venir avec des représentants de plusieurs gouvernements européens. Son périple africain se poursuivra mi-novembre prochaine, et le conduira en Afrique Centrale, Australe et de l’Est.

 

La Commission de communication

Nouakchott, le 23 Octobre 2016

​Communiqué de presse : Un prisonnier, membre d’IRA, dans un état de santé critique attend son évacuation.

Hier, Ahmed Hamar Vall a été admis en urgence à l’hôpital de Zouérat après une aggravation de son état de santé. Le médecin qui a pu l’ausculté a demandé son évacuation vers Nouakchott afin qu’il puisse être pris en charge dans  des conditions adéquates. Son transfert dépend aujourd’hui des autorités administratives.
Ahmed Hamar Vall faisait partie des 13 militants d’IRA  arrêtés début juillet. Ils sont accusés, à tord, par les autorités d’avoir participé aux événements du 29 juin 2016. Ils ont été jugés en première instance et condamnés à des peines lourdes, sans précédents, allant de 3 à 15 ans de prison ferme. Transférés sans raison du centre de détention de Nouakchott vers le bagne de Zouérat, à 700 km au Nord de la capitale, ils attendent d’être jugés en appel.
Selon les dernières informations reçues ce matin Ahmed attend toujours son évacuation vers Nouakchott ; les autorités ne semblent pour le moment pas prendre son état de santé au sérieux. 
IRA Mauritanie suit avec inquiétude le cas d’Ahmed Hamar Vall et exige son évacuation immédiate 

dans  les conditions particulières que nécessite son état de santé critique, en effet,  la distance entre les deux villes demandent des moyens de transports adaptés à la situation.
IRA Mauritanie met en garde les autorités sur les conséquences que pourraient entrainer toute négligence sur la santé d’Ahmed Hamar Vall et tient particulièrement à souligner l’absence d’infrastructures nécessaires et adaptés aux besoins médicaux des prisonniers incarcérés à Zouérat.
IRA Mauritanie lance un appel à l’opinion nationale et internationale pour attirer l’attention sur la situation de santé alarmante d’Ahmed Hamar Vall ainsi que sur celle des autres membres d’IRA soumis aux mêmes conditions de détention.

Nouakchott, le 16 Octobre 2016

La commission de communication

​Nouakchott 10 octobre 2016 : la manifestation abolitionniste réprimée encore et toujours. 

La manifestation a été organisée par les militants abolitionnistes du mouvement IRA-MAURITANIE ce lundi 10 octobre 2016 dans la capitale mauritanienne. Cette sortie populaire s’est insurgée pacifiquement pour demander la libération immédiate et sans conditions des leaders abolitionnistes arrêtés injustement et écroués arbitrairement par les services étatiques à la suite d’une manipulation honteuse et d’une machination judiciaire autour du domaine terrien bouamatou. Cela fait 103 jours que ces consciences libres sont privées de leurs familles et camarades . 

Comme dans le passé devenu sinistre , la police sous désordre s’est acharnée contre des paisibles manifestants. La répression a été rude et haineuse avec plusieurs arrestations . Nous dénonçons ces pratiques brutales d’une police inconsciente et utilisée par une machination politicienne d’un régime militaro-affairiste qui règne par la violence et la tromperie. Nous demandons au personnel politique et intellectuel dialoguiste du moment ou non de prendre leurs responsabilités par rapport à ce pouvoir foncièrement extrémiste qui menace l’existence du pays à terme.

K.S

IRA : L’interview du président Biram Dah Abeid dans l’émission Un jour dans le Monde de France Inter.

​https://www.franceinter.fr/emissions/un-jour-dans-le-monde/un-jour-dans-le-monde-03-octobre-2016
https://www.franceinter.fr/emissions/un-jour-dans-le-monde/un-jour-dans-le-monde-03-octobre-2016

La décapitation d’IRA ou la dans des esclavagistes!

Ils se frottent aujourd’hui tous la main…Les Ehel Bouh, les Ehel Abdallah, les Ehel Mohamed Salem, et tant de familles esclavagistes qui en ont toujours voulu à des mouvements, comme SOS Esclaves ou comme IRA, pour les avoir traînés pour la première fois devant les juridictions. Aujourd’hui, ils sont heureux de la revanche sur ces mouvements, servis par un Etat qui a décidé de mettre toute sa machine répressive et judiciaire au service de  l’ordre esclavagiste, assuré dorénavant de toute la plénitude de son pouvoir nocif.

En décidant de décapiter le mouvement IRA, en prenant en otage tout son bureau exécutif, le régime poursuit un scénario d’épuration qui vise à assurer à sa coterie esclavagiste la tranquillité de son ordre tutélaire. Et cela a demandé un véritable conseil de guerre avec pour exécutants, les renseignements généraux et le ministère de la justice qui coiffe une armée de procureurs et des juges mis au pas.
Comme il ne suffisait pas de condamner à de lourdes peines les militants d’IRA, on les éloigne aujourd’hui à plus de 1.000 Km de Nouakchott, loin de leurs familles, de leurs avocats, de leurs juges naturels, mais surtout de toute structure de santé. En plein désert, dans la prison de Bir-Moghreïn, ils purgeront une réclusion forcée, dans ce qui s’apparente à un nouveau mouroir pour opposants politiques. Ce qui augure déjà du verdict attendu à l’Appel. Un recours qui une fois de plus se passera hors de leur juridiction naturelle, c’est-à-dire Nouakchott. L’intention des autorités politiques, dont la justice n’est que la main armée, est désormais claire. Tuer le mouvement IRA et vouer son président à un exil forcé.
Les militants d’IRA vivent ainsi le drame d’un pays qui fait du surplace depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978. Un pays qui semble dénué de toute mémoire et qui porte son histoire comme Sisyphe porte son rocher. L’esclavage est un tabou que les régimes successifs en Mauritanie entretiennent comme un patrimoine culturel intangible dont les pourfendeurs sont voués aux fers et aux cachots.
Dans les années 80, ce sont les membres du mouvement El Hor qui ont été traînés devant les tribunaux pour avoir protesté contre la vente d’une esclave à Atar. En 1998, ce sont deux avocats, Me Brahim Ebetty et Me Fatimata MBaye, ainsi que deux défenseurs des droits de l’homme, le Pr.Cheikh Saad Bouh Kamara, président à l’époque de l’AMDH (Association mauritanienne des droits de l’homme) et l’architecte Boubacar Messaoud de SOS Esclaves, qui ont été mis aux bancs des accusés, alors qu’ils luttaient pour la promotion des droits de l’homme et l’éradication de l’esclavage. Ils ont été inculpés pour un documentaire diffusé sur France 3 parlant de l’esclavage en Mauritanie. Le magistrat qui avait jugé l’affaire, Sidi Ali Ould Bijaye, face à son refus d’entendre les deux femmes esclaves objets du reportage, Aïchana Beilil et MBarka, aura l’argument suivant : «pour moi, l’esclavage n’existe pas parce que la loi (1980) le dit. Il est inutile d’en parler. Ce dossier de l’esclavage est clos, il est définitivement réglé. La seule chose qui nous intéresse est de savoir s’il y a eu faux ou non…Vérifier si une femme est ou non, a été ou n’a pas été esclave, n’a aucune utilité. L’esclavage de toutes les façons, n’existe plus depuis son abolition en 1980.  Le problème est réglé une fois pour toutes. Nous, Magistrats, nous avons le devoir de sanctionner tous ceux qui sont déferrés devant nous et accusés d’esclavage. Mais en dehors de cette circonstance, nous, Magistrats, n’avons pas le droit de parler d’esclavage, parce qu’il n’y en a plus, par l’effet de la loi…Il est juridiquement interdit de parler de l’esclavage comme pratique existant » (In Lettre hebdomadaire de la FIDH de février 1998 – Benedicte Chesnelong, avocate et chargée de mission du bureau exécutif de la FIDH sur sa couverture du procès).
Seize  années plus tard, il fallait se rendre à l’évidence. Le système esclavagiste démontre qu’il reste inexpugnable, malgré une batterie de dispositions juridiques et institutionnelles, telle la loi de 2007 criminalisant l’esclavage et l’élévation du fléau comme crime contre l’humanité dans la Constitution. A défaut de mettre les maîtres esclavagistes au pas, ce sont les antiesclavagistes qui feront les frais de la répression judiciaire.

Cheikh Aidara

Source crédit : aidara.mondoblog.org 

30-09-2016 18:00 – L’IRA annonce une investigation de l’UE sur les présumées tortures sur ses militant (Président)


APS
– Le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Dah Abeid, a annoncé, jeudi à Dakar, le lancement d’une investigation par l’Union européenne (UE) sur les tortures dont auraient été victimes 13 de ses membres en Mauritanie.

« L’Union européenne a amorcé de manière solennelle, une investigation sur la torture qui a été infligée aux 13 membres du mouvement de IRA qui ont été incarcérés ces dernier temps et condamnés à des lourdes peines de prisons », a-t-il déclaré au cours d’un point de presse.

« Nos membres, a-t-il rappelé, ont été condamnés […] pour délit d’opinion […] à des lourdes peines, allant de 3 à 15 ans de prison ». Il a déploré ainsi le fait que « tous ceux qui franchissent la ligne rouge tracée par le pouvoir sont inquiétés par beaucoup de représailles ».

Ces militants non pas seulement été torturés mais transférés à Bir-Moghein, dans l’extrême nord du pays.

« Nous avions entamé une démarche de crimes contre l’humanité et nous sommes très avancés dans la compilation du dossier, que nous allons présenter aux instances judiciaires internationales », a-t-il annoncé.

Il a expliqué que sa démarche consiste à pousser la société civile africaine à mener des combats visant à amener les Etats à prendre les décisions qu’il faut pour mettre fin à la situation en Mauritanie.

Pour le représentant de la RADDHO, Aboubacry Mbodj, cette situation ne doit pas laisser insensible l’opinion. D’où l’initiative de son organisation de porter le combat que mène l’IRA au niveau international.

« Nous allons continuer le combat même au niveau des Etats africains et lutterons pour que ces crimes ne restent pas impunis », a-t-il poursuivi.
AMN/ASG
Crédit source : http://www.cridem.org 

​Mauritanie : Bannissement de militants antiesclavagistes en septembre 2016

Note d’information 1

1. Les motifs

À l’aube de ce mercredi 28 septembre 2016, l’autorité afrophobe, qui dirige la République islamique de Mauritanie, a décidé d’envoyer, nuitamment, les militants anti-esclavagistes, membres de l’organisation Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira), dans le bagne de Bir Moghrein à l’extrême nord du pays. Condamnés, pour délit d’opinion, dans un simulacre de procès, à des peines de 3 à 15 ans de prison, tous ont enduré des privations et des sévices,  physiques et psychologiques. Finalement, l’ordre a été modifié, sur instruction personnelle du Général Président Mohamed Ould Abdel Aziz ; les 13 détenus ont passé la nuit dans le centre minier de Zouérate, à  450 km de leur destination finale. Ils pourraient y demeurer quelques jours, le temps d’assister à leur procès, bâclé, en appel. 

La communauté internationale et l’opinion nationale, ont dénoncé l’ensemble de ces atteintes aux droits élémentaires de la personne : (exposer, dessous, en liens hypertexte, l’intégralité des déclarations)

2. Qu’est-ce Bir-Moghrein ?

Ce lieu de relégation, de sinistre notoriété, se situe au milieu d’un no man’s land désertique, d’accès ardu, dont la traversée ne manque de périls, à un peu moins de 1200 km de Nouakchott, autour s’étend un désert, lieu prédilection des groupes terroristes et autres milices de criminalité transnationale, à la croisés des  trafics de drogue, d’armes et d’êtres humains, de contrebande de cigarettes et de carburant. 

Le transfèrement injustifié et illégal du point de vue du droit mauritanien, inflige, aux détenus, la double peine du bannissement, loin du lieu de commission présumée de leurs délits, en l’occurrence la capitale, Nouakchott. 

3. La portée de la sanction

Définitivement coupés de leurs familles avocats et médecins, les prisonniers du système de domination ethno-tribale s’exposent, dès lors, à un degré paroxystique de vulnérabilité aux maladies et à la destruction morale. Il est  impossible, aux proches et défenseurs, d’atteindre le périmètre où s’exerce l’autorité carcérale, sans hélicoptère ou véhicule 4×4, ce dernier sous bonne escorte et guide en renfort. De tels moyens, au service d’un déplacement de plusieurs jours  à travers le Sahara, excèdent les faibles ressources dont disposeraient d’éventuels visiteurs ; les parents et amis des 13 prisonniers noirs africains, tous d’extraction modeste,  représentent la masse déshéritée de la Mauritanie, celle qui gémit, depuis des siècles, sous le faix du racisme ou de l’esclavage. 

4. Les risques immédiats

Il convient de le rappeler, ici, les médecins parvenus au chevet des détenus d’Ira constatent, chez la plupart, plusieurs déficits sanitaires dus à une longue période de torture durant la garde-à-vue, par la police; certains souffrent de pathologies antérieures, dont des troubles cardiaques, des complications pulmonaires ou hépatiques, lesquelles requièrent, sans interruption, des soins et une observation, quotidiens. 

5. Observations provisoires
– En violation du droit interne, des lois et conventions internationales, de la présomption de morale et du degré le moins élevé de l’empathie entre les humains, le Général-président Mohamed Ould Abdel Aziz, projet quasi abouti de réincarnation en Pieter Botha des sables, semble déterminé à défier,  dans leurs tombes,  les pères et martyrs des luttes anti-esclavagistes, anti-racistes et anti-Apartheid. Ainsi, insulte-t-il les Nations Unies et leur Charte, les pères fondateurs de l’organisation mondiale, de l’Union africaine (Ua), Martin Luther King, Mandela et ses compagnons valeureux. 

– Les partenaires de la Mauritanie que sont l’Union européenne (Ue), les Usa et L’Ua une sauraient ignorer une aussi nette interpellation de conscience.  Le Chef de l’Etat mauritanien et sa faction militaro-tribale, incarnent le projet de reproduction  d’une extrême-droite arabo-berbère,  suprématiste,  afrophobe, prédatrice de bien public et tacitement acquise aux thèses du salafisme le plus outrancier. 

– Les institutions et ensembles du Monde libre, dotés de chartes et de constitutions à visée universaliste, pousseront-elles, encore, le dogme de la coopération, jusqu’au  silence connivent et coupables avec le diable, en y sacrifiant leurs âmes? 

– Avant leur embarquement pour le bagne, les héros mandelistes de Mauritanie ont fait le serment collectif, de vivre ou mourir, en toute loyauté aux principes et objectifs d’Ira.
Commission communication IRA-MAURITANIE.
Nouakchott, 29 septembre 2016
Crédit source : Mouvance abolitionniste Réseau Social FB

Ahmed Hamar Vall Hamdi : Après sa condamnation, nul n’est plus à l’abri de l’arbitraire

S’il y a un cadre au sein du mouvement IRA dont la condamnation constitue une honte pour l’appareil judiciaire mauritanien, c’est bien lui, Ahmed Hamar Vall Hamadi. L’homme est connu par sa pondération, sa probité et son extrême respect de l’Etat et de ses symboles. Il est l’interlocuteur respecté par les officiers de police et de la garde dans tous les cas où des militants d’IRA étaient en prison ou dans les cellules des commissariats.

Peu loquace, Ahmed est l’un des soldats les plus convaincus de la cause antiesclavagiste, une cause dont il est l’un des pionniers.

Né en 1966 à MBallal, Ahmed Hamar Vall, y a fait le primaire avant de poursuivre ses études secondaires puis jusqu’à la terminale en 1986, à Rosso,. Il abandonnera l’école pour aider son père, Hamar Vall, qui possédait des stations à essence et cela jusqu’en 2002, quand il décida de se mettre à son propre compte. Il se lança alors dans le commerce des matériels de communication, secteur dans lequel il a évolué jusqu’à son arrestation le 3 juillet 2016, en compagnie de Hamadi Ould Lehbouss et Mohamed Jarallah. 

Ahmed Hamar Vall Hamadi ne soupçonnait pas en effet, ce jour où il venait d’assister à la conférence de presse d’IRA destiné à réclamer la liberté pour ses compagnons d’armes, qu’il allait être mêlé  une affaire qui s’est déroulé quatre jours auparavant. Il s’agit des émeutes de la Gazra Bouamatou, véritable cheval de Troie pour un régime, qui aurait utilisé un clash entre des squatters opposés à un déguerpissement forcé et des éléments de la police, pour liquider tout le bureau exécutif du mouvement. Jugé avec douze autres membres d’IRA, il a été condamné à 3 ans de prison.
Ce père de 5 enfants a déjà connu les affres de l’emprisonnement. En effet, Ahmed Hamar Vall  a été arrêté en 2012, suite à l’autodafé des livres à Riadh. Il partagea avec le président Birame Dah Abeid et d’autres membres d’IRA, la même cellule à la prison civile de Nouakchott.
C’est dans une tristesse partagée de colère que ses enfants, Aly (26 ans) et Papa (22 ans), issus d’un premier mariage, vivent aujourd’hui l’incarcération injuste de leur père. Un père qu’ils décrivent comme un exemple de rectitude et de loyauté. Mais ceux qui souffrent le plus, ce sont ces derniers enfants, Marième dite Beyah (11 ans), Hamar Vall (9 ans) et Mohamed (5 ans), mais surtout son épouse, Youma Mint Mohamed, sa compagne qui l’a toujours soutenu dans son combat pour la libération des esclaves et l’instauration d’une Mauritanie égalitaire et juste.
C’est en 1980, alors qu’il était au collège de Rosso, qu’Ahmed Hamar Vall fera la connaissance de Birame Dah Abeid. Adolescents à l’époque, ils étaient obnubilés par la situation des esclaves, une institution sociale fortement ancrée dans le Trarza. Mais ce n’est qu’en 2007, devenus adultes et intégrés dans la vie active, qu’ils mûriront davantage leur projet. Ils décidèrent de mettre sur place une organisation dont l’objectif est de lutter contre l’esclavage. L’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) vit ainsi le jour en 2008 avec sept signataires. Pourtant, une soixantaine de personnes avait assisté à la naissance de cette ONG des droits de l’homme qui fera beaucoup parler d’elle dans les années à venir. 

Dénonciations, sit-in, marches de protestations, solidarités avec les victimes de l’esclavage, firent connaître aux Mauritaniens le mouvement IRA qui hantera le régime de Mohamed Abdel Aziz. Tandis que les rares maîtres esclavagistes que la justice acceptait aux bouts des lèvres de condamner s’en tiraient avec le minimum de dégâts, les abolitionnistes d’IRA devinrent quant à eux la marchandise la plus prisée par les commissariats et les tribunaux du pays, mais aussi par les hôpitaux. La lutte que mena Ahmed Hamar Vall aura ainsi permis d’acculer le régime jusque dans les tribunes internationales.
Ahmed Hamar Vall, trésorier du mouvement IRA, chargé de récolter les maigres cotisations et dons versés par les membres ou quelques mécènes, fut de toutes les campagnes du mouvement. Il s’illustrera surtout dans l’affaire des 5 esclaves de Ehel Khanvour à Aïn Varba. Une affaire dans laquelle, les antiesclavagistes furent jugés à la place des maîtres esclavagistes.
Crédit source : Cheikh Aidara