​Le vice-président d’IRA : Qui fait réellement de la question de l’esclavage un fonds de commerce ?

 Une évaluation rapide de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie.
Tout mauritanien a le droit, pour ne pas dire le devoir, de prendre part à l’effort de lutte contre l’esclavage et ses séquelles pour combler l’énorme fossé que les gouvernement ont favorisé entre les composantes nationales depuis la nuit des temps. Chacun a le droit de lancer son « initiative » et de se creuser les méninges pour sortir les meilleures idées mais il est inconcevable – pour ne pas dire immoral – d’ignorer le douloureux passé des hratins et, aussi, le combat mené par d’autres ainsi que leurs sacrifices. Des combats loin d’être suffisants, ou sans défauts, mais qui ont constitué tout de même le début d’un changement notoire.
Il est également inadmissible, voire ridicule, de commencer son entrée dans le monde du militantisme pour l’émancipation des hratins en utilisant le lexique dont usent et abusent les services de renseignements et les pseudos intellectuels craignant pour leurs privilèges bâtis sur la misère des autres et la falsification de l’histoire, pour qualifier l’action des antiesclavagistes de bonne foi.
Oui, il se peut que notre combat ait connu des insuffisances ou des erreurs mais personne ne peut nier les résultats tangibles auxquels nous sommes arrivés. Comme, par exemple, le fait que la Cause ait été portée sur tous les fronts et fini par ébranler les fondamentaux pseudos religieux et sociaux de l’Idéologie esclavagiste, éveiller les consciences, fait tomber les masques ; ce qui a fait peur aux propriétaires d’esclaves et mené certains d’entre eux en prison, malgré la protection que leur offre un pouvoir esclavagiste.  Notre combat a poussé certains à mentir, se mentir, et renier ce qui faisait hier leur fierté et le fondement de leur grandeur et suprématie présumée. L’esclavage est devenu une honte pour ceux qui le pratiquent mais aussi le tremplin pour certains hratins vers de grands postes, même s’il ne s’agit jusqu’à présent, que de cette nécessité de « colorer ». Un dosage que notre combat, nos privations et notre emprisonnement ont forcé.
La Mauritanie est aujourd’hui connue, selon Monsieur Google, comme « le pays le plus esclavagiste au monde » (ce qui est dommage) mais la faute revient au pouvoir et à tous ceux qui l’ont précédé qui, de l’indépendance à nos jours, ont préféré le déni à la reconnaissance du phénomène pour penser à l’éradiquer.
Tout ce qui a été réalisé jusqu’à ce jour au profit des hratins est le fait des années de sécheresse (1972-1980). La nature d’abord, puis le mouvement El Hor (Le libre), le MND (Mouvement national démocratique), le Parti Action pour le Changement (AC), SOS Esclaves et, enfin, IRA. Les efforts donc de personnes de différentes communautés dont certaines ne sont plus de ce monde, d’autres qui ont changé leurs positions ou attendent l’opportunité pour le faire !
Aucune personne de bonne foi ne peut nier les sacrifices d’IRA pour que la condition des hratins change en mieux et que le gouvernement appréhende les dangers qu’il y a à ne rien faire pour cela. Et elle continue à payer aujourd’hui le prix de son engagement.  Cela ne veut pas dire qu’il y a probablement des erreurs comme dans tout travail humain.
Quant à ceux qui ont tiré un profit matériel de ces efforts, qui ont construit des villas dans les quartiers chics de la capitale Nouakchott, et qui ont changé de peaux (croyant pouvoir changer de statut social) en contractant un mariage « secret » avec une « noble », ils ont tourné le dos à leurs noms, leur communauté et leurs origines quand le pouvoir a eu recours à eux pour les besoins du dosage, pas plus. Ils tirent profit aujourd’hui de l’engagement des militants ayant tout sacrifié pour la noble cause. Ces suceurs de sang ont pourtant le culot de parler à la télévision et à la radio pour débiter leurs mensonges, prix de leur ralliement.
Nous respectons l’avis de chacun et sa volonté de prendre part, d’une manière ou d’une autre, au combat irréversible que nous menons contre les forces du mal et les hommes sans honneur. Le terrain est le seul moyen de nous départager. Parce que ceux qui veulent nous écarter doivent être capables de faire plus que nous, en termes de réalisations et de sacrifices. Nous n’hésiterons pas à saluer ces efforts, et même à les rallier, si cela arrive un jour. Mais il faut d’abord que nous voyons des réalisations sur le terrain dans le domaine de l’éducation, de la santé, au profit de larges franges de la société qui n’ont connu jusque-là que les privations, et dont les enfants subissent toutes sortes de brimades, d’injustices de toutes sortes (procès iniques), etc.
Les positions peuvent changer mais la réalité amère est qu’on est dans un pays (encore) esclavagiste, une société obscurantiste et un pouvoir qui dit plus qu’il ne fait.

 BRAHIM BILAL RAMDHANE


Crédit source : Post Facebook de l’auteur 

​Abdallahi Matalla Saleck : « un homme avenant, jovial »


Par : THIAM MAMADOU

Grâce à son abnégation et à sa persévérance, la section IRA de Sebkha citée plusieurs fois en exemple, est l’une des plus dynamiques du mouvement abolitionniste. Son président Abdallahi Matalla Saleck ne se donne pas un temps de répit. «Vieux », pour les intimes, est un homme jovial. Il ne se départit  jamais de son sourire même lors des pires moments. Le public venu assister au procès des responsables de l’IRA a pu s’en rendre compte. 
Superbement habillé d’une chemise blanche assortie d’une cravate noire et d’un pantalon noir, en dépit de l’interdiction de cette tenue par les autorités,  Abdallahi déambulait dans le box des accusés  souriant et détendu, en dépit de la solennité du moment. « C’est son fort », déclare un de ses amis. « Abdallahi dispose d’une capacité de persuasion et sait atteindre son cible », renchérit le jeune Babou. « C’est un gentleman accompli».
Né le 31 août 1971 à Nouakchott,  Abdallahi Matala Saleck, chef garagiste, est porté sur la mécanique. Chaudronnier, tôlier, mécanicien, Vieux est aussi conducteur de gros engins. Pouvant aussi effectuer cinq soudure différente, son garage au cinquième ne désemplit. La clientèle satisfaite du fin travail afflue de partout. La rudesse du métier n’a pas affecté l’homme.
Vieux est aussi un sportif accompli. Il est à la fois ceinture noire 2 e dan de Karaté et ceinture marron de judo polyvalent taulier

« C’est un militant engagé, brave, modeste et sympathique », dit de lui le jeune Babou. «Malgré notre différence d’âge, Vieux et Pape m’ont adopté comme leur frère, leur neveu, leur ami et confident », ajoute-t-il. «C’est un homme sans problème», renchérit  Kaw Lo, membre de la section de Sebkha.
Papa Poule, Vieux est aujourd’hui l’absent le plus présent dans la concession familiale. Ses sept filles comptaient sur un père généreux, courtois et avenant pour solutionner leurs multiples besoins. Elles ont du  passer malgré elle  pour la première fois de leur vie la Tabaski sans ce père poule qui ne ménageait aucun effort pour satisfaire sa famille. Condamné à 15 ans de réclusion pour avoir exécuté avec Pape le plan ourdi par Diop Amadou Tidjane, selon l’accusation du parquet, Abdallahi est loin d’être affecté par une sentence qu’il considère «injuste» et «taillée sur mesure».
Les limiers de la police auraient vite fait le rapprochement entre la disparition du moteur du bus de la compagnie de police brûlé lors des affrontements à la «Gazra Bouamatou» avec le garage de Vieux, la boutique de vente de pièces détachées de Jemal Bleil  et la salle de peinture du cinquième. Mais cette thèse n’a jamais été prouvée.

Hamady Ould Lebhous , chargé de communication de IRA :  » Ma première fête sans Papa »

La maison de Hamady Ould Lebhous, sise au Poteau 17 d’Arafat à Nouakchott, est triste en ce jour d’avant-fête d’El Id. La petite Mama, 4 ans, dernière née de la famille, est encore inconsciente du drame dans lequel est plongée la famille. En l’absence du père, la mère de famille, Mâame Mint Saleck, épouse de Hamady, tente d’égailler sa petite maisonnée. Malgré une joie feinte qu’elle tente de plaquer sur son visage, la tristesse se lit dans ses yeux. Son homme du moment, son aîné Lehbouss, 25 ans, «Papis » pour les intimes, lui sert en attendant de rempart contre l’angoisse qui l’étreigne. Pour Mama, la toute dernière, «c’est la première fête sans Papa ! ». Sa grande soeur, Oumoulkheïry dite Mamy, 22 ans, et son autre grand-frère, Birame, 18 ans, sont parfaitement au courant du sort qui a été réservé à leur père. Ils pensent qu’il est en prison pour une noble cause, «défendre les droits de l’homme en Mauritanie et libérer les esclaves encore sous le joug des maitres ».
Paradoxalement, c’est à la sortie d’une conférence de presse organisée par IRA pour demander la libération de leurs amis emprisonnés dans ce qu’il est convenu d’appeler «Affaire Gazra Ould Bouamatou » que Hamady Ould Lehbouss a été arrêté dans la rue par des policiers en civil. C’était le 3 juillet 2016. Soit six jours après les évènements qui avaient opposé des populations d’un squat à une force de police venue les déguerpir par la force.
La première arrestation
Hamady Ould Lehbouss a été arrêté en même temps que Mohamed Ould Ahamdy, Trésorier de l’organisation, ainsi que Mohamed Jar. Le trio fut conduit au Commissariat de la Police Judiciaire (CSPJ) de Nouakchott. Jusqu’au 12 juillet, Hamady déclare avoir vécu le pire moment de sa vie. «Je ne pensais jamais qu’on pouvait nous traiter comme des criminels et nous faire dormir pendant des jours et des nuits dans des cellules nauséabondes, à même le sol, avec un trou comme toilettes à côté ! » témoigne-t-il. Il croît que ce traitement s’inscrit dans la même logique que celle que l’Etat mauritanien a toujours adopté vis-à-vis des militants et cadres de l’IRA. «Nous rappeler constamment qu’en luttant contre l’esclavage, nous devenons pire que le commun des criminels, assassins, violeurs et autres malfrats, qui sont souvent mieux traités que nous » renchérit-il.
Comme Diop Amadou Tijane dans son témoignage, Hamady a dit toute son émotion, lorsqu’aux environs de 4 heures du matin du 12 juillet 2016, ils furent conduits au tribunal pour leur première audition. Ils y découvrirent leurs avocats, qu’ils rencontraient pour la première fois. «Pourtant, la législation mauritanienne, notamment la loi sur la torture, exige la présence de l’avocat et d’un membre de la famille dès les premiers instants de l’arrestation » indique-t-il. Une présence qui les a fortement réconfortés, dira-t-il en substance. Celle d’un groupe de défenseurs en robe noire, bénévolement engagés à défendre leur cause et celle du droit, et qui n’ont pas hésité à interrompre leur sommeil à l’appel du devoir.
C’est surtout le comportement des policiers, lors de leur arrestation et tout au long de leur séjour en garde-à-vue, d’ailleurs prolongé bien au-delà du délai légal, qui a frappé Hamady, selon sa déclaration. «Ils nous insultaient, nous traitaient de toutes les insanités, comme si nous avions commis un crime abominable alors qu’au début de notre arrestation, nous ne savions même pas ce qui nous était reproché » témoigne-t-il.
Les souvenirs de l’interrogatoire lui semblent encore plus surréalistes. «Ils m’ont posé des questions sur les évènements de la gazra Bouamatou que je n’ai appris d’ailleurs que le soir en rentrant chez moi après le travail » a-t-il souligné. «Je suis écoeuré par tout ce faux et cette manipulation des faits pour nous faire porter le chapeau comme si enfin, l’heure de nous liquider en tant qu’organisation avait sonné » soupire-t-il.
Selon lui, malgré la perquisition opérée chez lui et dans son bureau, la saisie de ses trois ordinateurs, et de son téléphone portable, la fouille dans sa page facebook, son watsap et dans ses mails, la police n’a trouvé le moindre élément de compromission. «Alors, ils ont déclaré que je m’étais réuni la veille avec Balla Touré pour planifier les évènements du 29 juin 2016 ayant conduit aux terribles évènements, alors que je n’avais pas vu Balla depuis au moins une semaine » martèle-t-il. «Et quand je leur ai demandé de me donner la moindre preuve de leurs allégations, ils m’ont dit, que c’était comme ça et c’est tout ».
Il étai devenu clair pour Hamady et ses compagnons, que la police voulait coûte que coûte fabriquer un scénario pour les impliquer et leur faire porter la responsabilité de ce qui s’était passé dans ce squat du quartier Leksar à Nouakchott ;
«Au CSPJ, j’ai vu beaucoup de jeunes de la Gazra. Ceux qui acceptaient de coopérer avec la police et qui déclarent que c’est IRA qui a fomenté le coup était relâché et ceux qui refusaient de cautionner le faux était emprisonné, torturé et bastonné » a-t-il ajouté.
Pourtant, fait remarquer Hamady, les jeunes de la Gazra qui avaient assisté aux évènements, qui avaient lancé des pierres, participé au lynchage des policiers et brûlé le bus de la police, ont été acquittés. Une plainte a été même déposée contre la plupart d’entre eux par les propriétaires de la Gazra. Mais un arrangement a eu lieu entre leurs familles et les plaignants et ils ont été relâchés. «Par contre nous, contre qui aucune plainte d’un tiers n’a été déposée et qui n’étions même pas présents sur les lieux, on nous colle des condamnations de 3 ans, 5 ans et 15 ans de prison ! »
Très amer, Hamady soutient que ses camarades et lui continueront à maintenir le moral au beau fixe, persuadés qu’ils sont qu’ils ont été emprisonnés pour la simple raison que leur mouvement dérange le pouvoir esclavagiste et raciste en place. «Ce qui nous réconforte davantage, c’est que nous ne nous sentons pas seuls, beaucoup de personnes de bonne volonté, des amis, des proches, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, des organisations nationales et internationales, des institutions, nous soutiennent dans notre combat».
Hamady Lehbouss s’est dit encore plus révolté quant au septième jour de sa détention, il a vue certains de ses amis, comme Moussa Birame et Abou Sow, portant encore les stigmates des tortures qui leur ont été infligées. «J’ai vu leurs corps zébrés, leur visage ravagé, et j’ai eu du mal à concevoir que malgré la ratification de la Convention contre la torture, cette pratique est encore récurrente en Mauritanie ».
L’enfant de Jidrel Mohguen
C’est à Rosso, capitale du Trarza, que Hamady Ould Lehbouss a vu le jour, en 1964. Mais c’est à Jidrel Mohguen, là où se trouvent ses véritables racines et le jardin de sa première enfance, qu’il grandira. Son père, Lehbouss, était commerçant dans la ville sénégalaise de Dagana, là où deux de ses filles fonderont plus tard leur foyer. Dernier né d’une fratrie de six enfants, quatre filles et deux garçons, Hamady perdra son unique frangin, mort à bas âge. Depuis, il était le seul garçon de la famille.
C’est dans ce fief reculé du Trarza, que Hamady et Birame Dah Abeid, celui qui deviendra plus tard son compagnon de lutte, grandiront ensemble. Ils avaient le même âge et partageaient déjà une profonde amitié et une indescriptible complicité. Même parcours scolaire, école primaire et collège de Jidrel Mohguen, puis Lycée de Rosso.
En 1984, Hamady opte pour l’enseignement. Après une formation à l’Ecole des Instituteurs de Nouakchott, en 1987, il sert comme instituteur à Ouadane, puis dans plusieurs établissements scolaires à Nouakchott. En 1999, il est affecté à l’Institut Pédagogique National (IPN) où il sert jusqu’aujourd’hui.
Un farouche opposant
Hamady Ould Lehbouss a adhéré très jeune aux mouvements politiques, mais toujours du côté de l’opposition avec laquelle il a partagé la plupart des combats, depuis la liste beige de Messaoud lors des municipales de 1986, en passant par le FDUC, l’ancêtre de l’UFD qui sera la première force de l’opposition réunie qui se battra contre Ould Taya lors de la première présidentielle de l’ère démocratique en 1992. Plus tard, Hamady, militera au sein du parti AC (Action pour le Changement) que Messaoud Ould Boulkheir fondera après la dissolution de l’UFD, longtemps tiraillé entre UFD/A et UFD/B. Et enfin le mouvement IRA en 2008.

IRA, un rêve de changer le monde
Membre fondateur de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et chargé de sa communication, Hamady Ould Lehbouss raconte que l’idée de créer un mouvement pour la lutte contre l’esclavage est née de longues discussions entre plusieurs cadres haratines. «A l’époque, moi je servais à l’IPN et Birame était à la Commission nationale des droits de l’homme » se rappelle-t-il. «Entre Birame et moi, c’était vraiment une convergence absolue de point de vue, quant à l’urgence de créer une organisation dont l’objectif principal est de déconstruire le système inique qui gouverne le pays » ajoute-t-il.
«J’ai vu naître, puis grandir IRA et j’ai vu beaucoup de personnalités le rejoindre, à l’image de Brahim Bilal Ramadan, Mohamed Jar, puis plus tard, Mohamed Amou Moustapha et bien d’autres » énumère-t-il. Par la suite, poursuit-il en substance, IRA est devenue cette grande tentacule populaire qui attire de plus en plus de masses, mais aussi une des forces qui fait l’actualité nationale et internationale depuis plusieurs années, par ses coups d’éclats, ses dénonciations, ses sit-in et marches, l’emprisonnement courant et permanent de ses militants et de ses leaders. Bref, selon Hamady «IRA est aujourd’hui la seule force qui inquiète les tenants de l’ordre établi et qui sait faire bouger la rue et les lignes ».
Hamady Ould Lehbouss est décrit comme un homme affable, très peu porté vers l’ostentatoire, un homme qui n’aime pas s’afficher, dont la discrétion n’a d’égale que son efficacité dans la communication médiatique des activités du mouvement. Très effacé et peu bavard, il fait l’unanimité au sein de l’IRA. «Il s’entend avec tout le monde, surtout les jeunes, même les ennemis d’IRA, les dissidents en particulier continuent à lui vouer un grand respect. S’il y a des faucons à IRA, Hamady est la Colombe du mouvement » témoigne Alioune Sow, son compagnon de lutte.
«Le toutou de Birame »
Beaucoup reproche à Hamady Lehbouss son alignement quasi légendaire sur tous les faits et gestes de Birame. C’est la critique que lui adressent souvent ses détracteurs. Ces derniers n’hésitent pas d’ailleurs à le désigner comme le «toutou de Birame ». Hamady se défend énergiquement de cette accusation. Il reconnaît avoir une convergence totale de point de vue avec Birame sur la lutte que mène IRA. «Je discute beaucoup avec Birame et je n’y peux rien, si nos idées se recoupent » se rebiffe-t-il.
Mais le plus virulent adversaire de l’IRA, Dr.Saad Ould Louleid est allé plus loin dans son attaque personnelle contre Birame et son entourage. N’a-t-il pas qualifié Hamady Ould Lehbouss de «coursier fidèle de Birame », l’accusant de trafics illicites de migrants ?
Une accusation que beaucoup de personnes très proches de Hamady Ould Lehbouss ont repoussé d’un revers de main, soutenant qu’IRA n’a jamais trempé dans un quelconque trafic de quelque genre qu’il soit. « Saad est-il plus intelligent ou plus renseigné que la Sûreté d’Etat mauritanienne ou les chancelleries occidentales ? Si ce trafic existait, l’Etat mauritanien qui n’a cessé de fouiller et de farfouiller dans les affaires des militants d’IRA et de ses cadres n’auraient eu la moindre peine de le dévoiler puis de le brandir comme un trophée, ce qui lui aurait permis de décapiter en toute légalité le mouvement qui lui cause le plus de problèmes au monde » confie-t-on.
Hamady Ould Lehbouss est père de six enfants, quatre filles et deux garçons. Lui-même est issu d’une famille de six enfants, quatre filles et deux garçons. Quelle coïncidence attend encore Hamady dans sa longue quête d’une Mauritanie juste, où tous les enfants naîtront dans l’égalité ?
Crédit Source : aidara.mondoblog.org 

09-09-2016 15:10 – Esclavage en Mauritanie: ce silence coupable qui déshonore l’Afrique


Journal du Cameroun – Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas. L’information a fait la une des journaux à travers la planète.

La période estivale qui s’achève et les jeux olympiques au Brésil ne sauraient expliquer le silence des intellectuels africains et de leurs dirigeants face au destin scellé de la population noire martyrisée depuis des millénaires par la caste esclavagiste au pouvoir en Mauritanie. Ces combattants de la liberté croupissent dans les geôles chaudes, humides et infestées de moustiques de la prison de Nouakchott dans l’indifférence totale du monde extérieur.

Un silence lourd de conséquence a couvert la condamnation, au mois d’Aout, de treize militants de l’ONG anti-esclavagiste mauritanienne IRA. Ses membres dont le combat est juste, sont accusés de violence. La parodie de justice de cet état renégat est intolérable, injustifiée et immorale. Trois à quinze ans de prison ont été requis contre des hommes d’honneur.

Une honte que nous ne saurions couvrir

Le tort des combattants anti-esclavagiste est de poursuivre une lutte pour la liberté qui est droit fondamental des êtres humains. L’Onu qui garantit la souveraineté des états a toujours occulté la pratique étatique de l’esclavage en Mauritanie. Mais, que dire de l’Union Africaine qui condamne dans sa charte l’esclavage ? L’Union Africaine pourrait-elle se soumettre à l’expertise et à la critique sur l’esclavage des noirs en Mauritanie ? Une récurrence qui devrait interpeller l’Afrique toute entière mais dont les échos ne résonnent nulle part. Nous abandonnons à leur sort des enfants, des femmes et des hommes qui ont le tort d’être noirs dans un état islamiste et ségrégationniste. Tout cela se passe en Afrique. Un continent qui a lutté pour son indépendance et qui n’a pas conscience que ses enfants continuent à porter un joug au coup.

Nous croyons toujours révolues ces histoires qui se racontaient au coin du feu et qui diabolisaient les européens sur la traite des noirs. Aujourd’hui encore, les jeunes filles sont violées par des maîtres maures qui jouissent du droit d’en faire des esclaves sexuelles, des maitresses de l’ombre. Ces actes sont perpétrés devant leurs parents depuis des millénaires. La liberté si chère que nous revendiquons n’a jamais traversé les murs souillés de sueur des esclavagistes en Mauritanie.

Il serait illusoire d’ignorer le martyr séculaire des populations noires de ce pays. Cette vérité est évidente. Nous n’osons pas en parler. La honte n’est pas du côté de ces malheureux. La honte est dans notre camp.

En effet, les millions de dollars déversés par les pays arabes en Afrique pour la construction des mosquées, des écoles coraniques et pour l’enseignement de l’arabe font taire nos consciences stérilisées.
Par Michel Lobe, journaliste


Crédit source : http://www.cridem.org 

​Moussa Bilal Biram dit Pape : «Affable et généreux dans l’effort ! » Par : THIAM Mamadou Thiam

Du haut de ses 2 mètres, Moussa Ould Bilal Ould Biram (Pape pour les intimes, Senseï, selon ses disciples) ne laisse personne insensible. Sportif accompli, Moussa est d’un tempérament plutôt calme et posé, affable et généreux dans l’effort, et profondément religieux. Né en 1967 à Keur Macène, Moussa est ceinture noire 4ème dan. Ce père de famille (cinq enfants  – 4 filles et un garçon) qu’il prenait en charge, ne cessait aussi de régler, par-ci et par-là, discrètement, quelques petits problèmes dans son fief, à Sebkha. « Il s’est toujours rangé du coté des faibles  et n’a cessé de ‘casser’ les classes d’âges», indique Babou, jeune militant de IRA et membre de la section de Sebkha.
Apprécié aussi bien par les jeunes, les femmes que les vieux, Pape a su tisser dans les différents quartiers de la Sebkha, de relations fécondes bâties sur une amitié sincère, un respect mutuel. « C’est un homme pacifique, engagé et fin stratège », souligne Kaw, son compagnon de lutte.
Des années glorieuses où ses affaires faisaient florès, Pape aura été l’un des distributeurs automatiques  du mouvement IRA qui finira au bout du compte par tomber en faillite. La politique coûte cher et fait couler des initiatives privées. La grande salle de peinture du cinquième et dojo de karaté la nuit, symbole de réussite, lui fileront entre les doigts. Le dojo, fréquenté par de nombreux sportifs de la Sebkha, finira par fermer. Il sera combattu par les dirigeants de la Fédération mauritanienne de karaté qui entendaient lui faire payer son « orientation politique ». 
Des policiers et même un préfet du département lui notifieront les décisions de fermeture de son dojo non affilié à la fédé avant de se raviser. Les rares fois qu’il aura accompagné la délégation officielle de budoka mauritanien, senseï Moussa n’en garda pas de bons souvenirs. En 2014 aux championnats d’Afrique, à Dakar, les athlètes mauritaniens ont du passer deux nuits à la belle étoile faute d’arriérés de cotisations. Pour avoir dénoncé cette situation, Moussa sera de nouveau combattu par ses propres congénères. Il sera mis encore sous embargo par la fédé de karaté. Mais, il n’en a cure ! 
Que de souvenirs chagrinant ses anciens adeptes. Croyant au bien-fondé de la lutte pour l’émancipation de sa communauté et de la défense des opprimés, Moussa Ould Biram, loin d’être ébranlé par cette faillite, dépense sans compter. Lors de la présidentielle de juin 2014, il n’hésitera pas une seconde à vendre sa voiture, une Mercedes 190 acquise sur fonds propres, pour financer la campagne de son candidat Biram Dah Abeïd, dans le département de Sebkha. Loin d’être ébranlé par cette perte et la défaite de son candidat, Moussa continue son militantisme en prenant part à toutes les manifestations initiées pour la libération des leaders du mouvement et contre l’enrôlement sélectif des populations noires.
Connu pour son dévouement au travail, le vice président de la section IRA de Sebkha, deviendra plus tard taximan, activité qu’il mènera jusqu’à son arrestation.  « Persévérant, Pape ne se laisse pas abattre », renchérissent ses camarades. « Moussa a été forgé par la nature et a connu toutes les épreuves de la vie », font-ils remarquer. « C’est Moussa qui est le concepteur de nos slogans. Il a de l’imagination  », révèlent Kaw et Babou. Lors des tournées de précampagne et de campagne, Moussa sera un renfort de taille pour la garde rapprochée du candidat Biram Dah Abeïd.
Ayant pris l’habitude de s’enchainer symboliquement à chaque manifestation de IRA, Moussa Biram a, se félicitent ses camarades, marqué les esprits et surtout celui du  Président de la République.

Lors de son  discours à Néma, Mohamed Ould Abdel Aziz avait laissé entendre que : « L’esclavage en tant que tel n’existe pas. Mais, il y a des gens qui s’enchainent qui se font passer comme esclaves et postent ça sur le net  et les télévisions. Et on ne peut rien contre ces gens ».
Accusé d’avoir pris part activement aux affrontements du 29 juin et d’avoir incendié le bus de la police, Moussa a été condamné, le 18 aout dernier, à 15 ans de réclusion criminelle. Acculé aussi bien  par le président de la cour criminelle que le procureur de la République, Moussa est resté flegmatique. Pape était dans la ligne de mire des autorités depuis un certain temps en attestent les conditions atroces de sa détention et les traitements cruels et dégradants dont il a été victime. 
On le soupçonne de former des combattants du mouvement abolitionniste aux techniques de combat dans l’optique de la mise en place d’une milice. « Il fallait qu’il en paie le tribut », souffle-t-on. Et ce fut cruel. A la barre, le budoka plaide non coupable et réfute les faits qui lui sont reprochés.
Relatant les conditions de son arrestation et de détention marquées, dit-il, par 72 heures de tortures affligeantes avec privation de nourriture et de possibilité d’aller aux toilettes.

Il avait nommément  cité  ses tortionnaires et évoqué non seulement le refus du procureur de la République de prendre en compte sa plainte contre ses bourreaux et de le faire bénéficier d’une réquisition, de manière à lui permettre d’être ausculté  par  un médecin.
Source : aidara.mondoblog.org

​QUI EST BALLA Balla Touré ?      Par : I.BADIAN


L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie) vient d’être frappée par la condamnation, le 18 août dernier, de 13 de ses membres et non des moindres accusés d’appartenance à  une organisation non reconnue, incitation à la violence et attaque d’autorités publiques dans l’exercice de leurs fonctions. Parmi ces 13 détenus, figure Balla Touré, un ingénieur agro-environnementaliste, considéré comme l’un des éléments le plus important, un activiste de première heure d’IRA. Une force tranquille du mouvement abolitionniste. On dit de lui qu’il est l’antidote de tous les virus  dévastateurs d’IRA Mauritanie. Portrait.
Il y a des hommes qui ont la conviction de leur action dans le cœur et la révolution dans leurs veines. Ceux-là ne reculent devant rien, pour rien au monde. La justesse de leur combat est un sacerdoce. Balla Touré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fait partie de ces hommes. Fils d’une famille soninké de Gorgol, le père – paix à son âme – fut un grand commerçant qui a sillonné l’Afrique centrale et l’Asie. Balla Touré, né en 1970 à Djéol, un village situé à quelques kilomètres de Kaédi, est  un leader et fervent militant du mouvement IRA -Mauritanie dès sa création.

Cet enfant de Djéol a fait ses études primaires dans ce village, et le secondaire à Kaédi. Après le Baccalauréat en 1988, il franchit les portes de l’Université de Nouakchott. Un an après, précisément en 1989, Balla Touré prend le chemin de la Russie pour étudier l’agronomie. Après quatre ans d’études, il obtint son Bachelor, puis son Master en agronomie, avant de faire des études  en environnement.

Après avoir obtenu de hauts diplômes et fait deux années de stages dans un centre de recherches, cet agro-environnementaliste quitte la Russie en 1995 pour rejoindre sa Mauritanie natale. Sans tarder, il intègre, de Juin 1997 à fin 1999, le Programme d’insertion des agronomes à Foum Gleita. Dans la même année 99, Balla Touré retourne à Nouakchott pour  travailler comme consultant sur des questions de développement et des programmes agropastoraux (production agropastorale, énergie et hydraulique principalement). Mais aussi il travaille sur l’environnement avec la gestion des ressources naturelles et des questions de changement climatique. 
En Juin 2000, avec un groupe d’amis ingénieurs, Balla Touré crée une ONG d’appui au développement dénommée « Population et Développement (POPDEV) ». Ce n’est pas tout, Balla Touré a initié et conduit des projets de développement rural avec l’appui des organisations communautaires de base (Associations villageoises, coopératives, GIE de développement); une activité que cet ingénieur agro-environnementaliste exerçait jusqu’à son arrestation le 1er Juillet 2016 alors qu’il était sur le chemin de son bureau. Balla Touré, marié, père de deux filles dont l’une porte le nom de la vice-présidente de l’IRA, Coumba Dada Kane, a, depuis 2008, adhéré à IRA où, avec quelques personnes, il s’est attelé à faire de ce mouvement anti-esclavagiste un moyen de combattre l’esclavage pour son éradication totale. 
Les objectifs de déconstruction du système de domination, le discours de vérité et la démarche pacifique l’ont incité à militer dans cette association. Dès sont entrée dans ce mouvement, Balla a été désigné pour assurer le poste de Secrétaire aux Relations Extérieures. Poste qu’il occupe jusqu’à présent. Doué dans l’organisation associative, compétent, déterminé et connu pour son sens inné de justice et d’équité, Balla Touré a contribué activement à la mise en place d’une vraie structure d’IRA qui fonctionnait auparavant avec un comité provisoire. On dit de lui et de son ami et compagnon de prison Hamady Lehbouss, qu’ils sont la base de données du Mouvement IRA-Mauritanie. 
Faut-il souligner au passage que cet  homme calme, intelligent, ce gentleman a milité aux FLAM (Forces de Libération des Africains de Mauritanie) bien avant de venir à IRA, entre 89 et 94 et au parti Action pour le Changement (AC) auprès de son oncle Touré Mamadou. Mais aussi, il fut militant et dirigeant de Conscience et Résistance avec son ami Jemal Ould Yessa. Aujourd’hui condamné à 5 ans de prison ferme pour les chefs d’inculpation cités ci-haut, Balla Touré, purge cette peine depuis le 18 août dernier. Une sentence qualifiée de lourde pour « des gens qui n’ont fait que défendre une juste cause », selon le collectif des avocats de la défense qui tenait une conférence de presse au moment de la délibération.
Pourtant, Balla n’en est pas à son premier séjour carcéral. En décembre 2010, il a été arrêté avec son compagnon de lutte Biram Dah Abeid dans l’affaire d’Arafat lorsque les leaders d’IRA avaient engagé une opération de libération de deux filles considérées comme esclaves d’une famille. C’est dire que ce fils de Djéol était déjà dans le viseur du système qui a fini par l’avoir dans son escarcelle.
Ce jeune homme de taille moyenne aime le sport, la lecture orientée sur la littérature engagée, les romans d’espionnage mais aussi la nature. Il aime s’entourer de sa famille ou des amis. Toutefois, il le faisait quand il avait le temps. Aujourd’hui, selon les amis du Djéolois  « quelque soit le jugement ou la condamnation, Balla ne baissera jamais les bras. Il continuera le combat pour une Mauritanie libre, juste et démocratique ».  Le journaliste-éditorialiste, Camara Seydi Moussa, qui est l’un de ses meilleurs amis, déclare : «Balla, c’est comme le soleil. Il brille pour tout le monde sans exception. Et ne change jamais de mouvement d’Est en Ouest ». Et d’ajouter «le Papa de Coumba et de M’Ma est un homme de paix et de sagesse qui frise l’exagération. Les valeurs des mots et des gestes envers les inconnus sont d’importance pour cet homme, ami de tout le monde. Balla, c’est l’anti-vulgaire dans les propos mais tenace dans ses convictions, parfois même têtu».
Source : Cheikh Aidara 

IRA-Mali une association régie par la loi malienne, Note d’information

Vendredi 2 septembre 2016 au siège de la Coordination Nationale de Veille Stratégique et Citoyenne du Réseau Joko Ni Maaya du Mali a été tenu l’assemblée général du bureau provisoire pour la fondation de l’Initiative de la Résurgence du

Mouvement Abolitionniste (IRA-Mali) était présent autour du Président de Réseau d’IRA Biram Dah Abeid :

PRENOMS & NOMS PROFESSIONS

Intazoumé Moussa Dicko Politologue

Maitre Dicko Aminata Traoré Juriste

Daouda Doumbia Membre de JOKO NI MAAYA

Mamadou Tambadou Membre de JOKO NI MAAYA

Méguelé Diallo Enseignant

Pérignama Sylla Professeur

Inamoud Ibmy Yattara Professeur

Moussa Bamba Juriste

Honorable Idrissa Sankaré Député

Cheick Oumar Dembélé Fonctionnaire Parlementaire

Mouaz Cissé Érudit Prêcheur

Messaoud Mohamed lahbib Ancien Ministre

Biram Dah Abeid Juriste

Ousmane Tandia Ambassadeur

Sbeyti Ag Akado Professeur

Dr Hadawa Yattara Universitaire

Dr Almoubade Azoum Universitaire

Mamadou Sangaré Manager Culturel

Alassane Cissé Attaché d’Administration

Kéka koné Chercheur Anthropologie Culturel

Hamada Touré Journaliste

Bocary Katioumbé Enseignant Animateur

Cheick Oumar Tidiani Diallo Membre de JOKO NI MAAYA

Madou Diallo Enseignant

A l’issu de l’assemblée a été décidé :
1. Création d’une Association d’IRA-MALI conformément au droit malien dont le Mandat et la lutte par les voies légales conforme au droit malien et au droit international contre l’esclavage, le racisme, l’oppression des personnes d’ascendance africaine et de toute autre violation de droit ou de la dignité humaine notamment en Mauritanie et Mali.


2. Création d’une commission technique dirigée par l’Honorable Idrissa Sankaré député au parlement Malien qui se chargera de la préparation du Statut et Règlement Intérieur de l’Organisation.

3. La désignation d’un Coordinateur provisoire El Hadj Tandina

– Un Responsable des affaires administratives Sbeyti Ag Akado

– un Responsable de la Communication Maître Dicko Aminata Traoré
Source crédit : Mouvance abolitionniste IRA. 

Série ​des biographies des 13 détenus d’IRA : Diop Amadou Tijane, Vice-président de IRA

«Au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat »
Le dicton dit qu’un «con qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis». L’évolution du monde s’est bâtie à coups de sacrifices pour un idéal qui transcende l’humain. Diop Amadou Tijane est, d’après ses amis et proches, «de la trame de ses intellectuels qui ont fait de la lutte pour les droits humains un sacerdoce, troquant la tranquillité d’une chaire d’Université aux rudesses d’une cellule de prison à Dar Naïm ». Condamné à 15 ans de prison le 18 août 2016 pour son implication présumée dans des troubles sociaux à Nouakchott (Affaire de la Gazra Bouamatou), Diop Amadou Tijane, qui est vice-président d’une organisation antiesclavagiste IRA,  «rejoint ainsi le Panthéon des grands combattants de la liberté et des causes justes » selon ses partisans. Mais pour le ministère public et la justice mauritanienne, «sa condamnation est amplement justifiée par son implication en tant que planificateur des violences dans l’affaire Bouamatou ». Parmi ses anciens amis d’IRA qui ont fait défection, notamment Dr.Saad Ould Louleid, «il fait partit de l’aile flamiste qui s’est emparée d’IRA pour déstabiliser la Mauritanie». 
Professeur à l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises (ISCAE) et au Sup Management ISIKOUMINIK de Nouakchott et ISI de Dakar, cadre auditeur de plusieurs institutions financières mauritaniennes et sénégalaises, Diop Amadou Tijane est membre de plusieurs ordres d’experts fiscaux, doctorant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et détenteur de plusieurs diplômes supérieurs, dont un DEA en droits des affaires économiques, un diplôme spécialisé en Ressources Humaines, un DESS en Audit comptable fiscal et financier et un DESS en gestion option Finances, après une maîtrise en Analyse économique décroché à l’Université de Nouakchott.

Le combat politique



Diop Amadou Tijane a entamé le combat politique sur les bancs des universités pour avoir été plusieurs fois délégués des étudiants, puis vice-président de l’AMESE (Amicale des étudiants en Sciences économiques en 1996), président de l’association JEUN (Junior entreprise université de Nouakchott en 1997) et puis, président de la Commission d’organisation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2000.

C’est en 2003, que Diop Amadou Tijane se lancera dans la politique informelle, en présidant le Collectif pour le Changement et l’Alternance (CCA), un mouvement de cadres mauritaniens pour le soutien de la candidature de Mohamed Khouna Ould Haïdalla. Durant cette présidentielle de 2003, il fera partie du directoire de la campagne de la jeunesse du candidat. En 2007, il co-préside en tant que vice-président, le Mouvement pour la Réconciliation Nationale (MRN) pour le soutien du candidat Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de la première transition démocratique en Mauritanie.

C’est d’ailleurs au cours de la même année qu’il entrera d’une manière plus formelle dans le combat politique, en devenant vice-président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie-Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) que Sarr Ibrahima venait de créer, lors de son 1er congrès des 17 et 18 août 2007. L’année suivante, il est élu président de la Commission nationale d’implantation du parti.

Du combat politique aux droits sociaux



Délaissant le terrain de la lutte politicienne, Diop Amadou Tijane s’engage dans le combat pour les droits sociaux. Il rejoint le mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) un peu après sa création, en 2009, en intégrant le premier bureau exécutif du mouvement en tant que Secrétaire chargé des relations avec la diaspora. 

«Au moment de la création de l’IRA, j’étais vice-président de l’AJD/MR » raconte-t-il, soulignant avoir adhéré à ce mouvement par conviction. «C’était l’organisation qui me paraissait à l’époque la seule à répondre à mes exigences de lutte contre toute forme de discrimination et qui de surcroît véhicule le message de mon idéal pour la Mauritanie, un pays débarrassé de toute forme d’injustice et d’exclusion » fait-il remarquer. En plus, Diop Amadou Tijane ajoute que IRA «recoupait une de mes vertus car j’ai l’habitude de dire que j’ai trois vertus : je crois en Allah, je crois en l’amitié et aux valeurs humaines, j’ai horreur de l’injustice et de la discrimination». Ainsi, pour lui, «au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat».

Ce n’est qu’en 2014, que l’opinion publique nationale découvre Diop Amadou Tijane. Il avait pris en main la Direction nationale de la campagne du candidat Birame Dah Abeid à la présidentielle boycottée à l’époque par l’opposition. Il termina en 2ème position, juste derrière le Chef de l’Etat sortant, créant la surprise.

Depuis lors, Diop Amadou Tijane est à l’avant-garde du combat mené par le mouvement IRA contre l’esclavage, les discriminations et les injustices sociales. Invité plusieurs fois sur les plateaux des télévisions privées, «il a su déployer un talent d’orateur hors pair, avec la modération et la retenue propre à l’intellectuel qu’il est » reconnaît ses amis d’IRA.

Lors de l’emprisonnement et la condamnation de Birame Dah Abeid et de son vice-président Brahim Bilal Ramadan le 15 janvier 2015, suite à la «Caravane contre l’esclavage foncier », il participa sans ménagement au combat pour leur libération, animant toutes les conférences de presse à côté du collectif des avocats de la défense. Il fut l’un des rares cadres du mouvement IRA qui n’a jamais intéressé les limiers du pouvoir, jusqu’à ce fatidique 29 juin 2016.

Son arrestation telle qu’il la raconte



«La journée du 29 juin, j’étais en train de travailler dans mon bureau jusqu’à ce qu’on m’apprenne par un coup de fil d’un ami, Thierno Barro, que quelque chose se passait en face de l’hôpital ophtalmologique Bouamatou. Je suis resté dans mon bureau jusqu’à 16 h 30 mn avant d’aller donner mon cours à ISIKOUMINIK. Je n’étais pas véritablement informé des événements dont m’avait parlé mon ami Barro. Le lendemain à 8 h sans mandat, six personnes vêtues en civils font irruption dans ma maison et me demandent de les suivre puisque je suis en état d’arrestation. Avant de me conduire vers une prison secrète conçue spécialement pour des terroristes. Une fois dans ma cellule, mes pieds étaient ligotés par des chaines et cadenas et 3 portes blindés se refermèrent derrière moi ».

«Plus magistral fut son intervention devant la Cour, pendant ces deux semaines de procès au cours desquelles, tant de procédures furent bafouées et tant de compromission furent dévoilées » fera remarquer son ami Wane. Le verdict du 18 août 2016 était pour lui bien clair. «Il est dicté par l’Exécutif qui commande le judiciaire dans tous les procès politiques ». Ce verdict, selon lui, vise «à entraver la liberté d’action du mouvement IRA et limiter la portée de sa légitimité politique ». Peine perdue, relève-t-il en substance, «car lui et ses camarades de cellule, sont déterminés à poursuivre leur combat et que rien ne saurait compromettre notre détermination à le poursuivre» dira-t-il.
Ce Rossossois d’origine Maghaméen



C’est le 16 février 1969 que Diop Amadou Tijane a vu le jour à Rosso. Son père, Diop Abou Demba, y servait comme instructeur au centre de formation militaire. Après sa retraite en 1974, la famille rejoignit son terroir d’origine, Maghama à l’autre bout du Fleuve Sénégal, pour s’y établir définitivement. Le petit Diop Amadou Tijane, comme tout bon Foutanké devait suivre l’apprentissage du Coran dans l’école de Thierno Saidou Ourdougal (Paix à son âme).

L’année suivante, il fit son entrée à l’école primaire de la ville tout en continuant ses études coraniques pendant sept ans, jusqu’à son entrée en 1ère année de collège. Dans la filière technique du lycée de Maghama, il sort major de tout le département.

Diop Amadou Tijane a toujours été fier de son père, Diop Abou Demba qui avait servi avec loyauté et abnégation son pays, la Mauritanie. Né en 1930 à Maghama, Diop Abou Demba s’était engagé à l’âge de 20 ans dans l’armée française. Après sa formation à Dakar Bango à Saint-Louis du Sénégal, il sera embarqué vers la France et participa à la campagne du Vietnam dans les années 1954. De retour en Mauritanie, il servit au sein de l’armée nationale, à Bir-Moghreïn puis à l’Etat-major des forces armées, surtout au centre de formation militaire de Rosso comme instructeur spécialisé en artillerie lourde. Plusieurs générations d’officiers et de sous-officiers sont ainsi passés entre ses mains, à l’image du colonel Cheikh Sid’Ahmed Babamine qui le remplacera plus tard dans son poste.

L’adjudant-chef Diop Abou Demba sera brutalement frappé de cécité et sort des rangs alors qu’il n’avait que 44 ans. Il fut admis d’office à la retraite. Parmi ses promotionnaires de l’armée nationale, le colonel Anne Amadou Babaly, dont Diop Amadou Tijane porte d’ailleurs le nom, mais aussi Yall Abdoulaye, Souedatt, Niang Ibrahima…D’autres parmi ses promotionnaires ont trouvé la mort durant la guerre du Sahara. Au niveau africain, Diop Abou Demba a eu comme promotionnaires de futurs Chefs d’Etat, comme Moussa Traoré du Mali, Aly Seybou et Seyni Kountché du Niger, André Collimba et Jean Bedel Bokassa de Centre Afrique ou encore Mathieu Kerekou du Bénin. 

Diop Amadou Tijane est décrit par ses amis et ses collègues comme un patriote qui aime son pays, d’où son refus de succomber aux sirènes de l’expatriation alors que son back-ground lui offre grandes ouvertes les portes des universités à l’étranger. Ce père de deux enfants, a toujours été écartelé entre son idéalisme politique et son rigorisme scientifique. Du haut de ses 1,80 mètre, «ce grand garçon à l’air toujours jovial est plus présent sur le terrain de la réflexion et du management que sur celui de l’action » selon ses proches. «C’est un ouvrier de l’ordre social qui ne met pas directement la main à la pâte, mais conçoit l’architecture à bâtir» souligne son ami Konté. De là à associer Diop Amadou Tijane à une quelconque action violente, tous les avis sont unanimes. Sow Alioune, son camarade de combat au sein de l’IRA est formel, «Diop Amadou Tijane n’est pas un homme de terrain, et tout comme les membres de notre organisation IRA, notre combat s’est toujours inscrit dans la non-violence et l’action pacifique ».

La thèse des détracteurs



Les détracteurs du mouvement IRA sont nombreux et les plus hargneux sont, paradoxalement, leurs anciens amis qui ont fait défection. Ces derniers considèrent que le mouvement IRA a été récupéré par les Halpulaars flamistes pour d’une part, en faire un subtil tremplin pour leurs candidats à l’émigration et d’autre part, pour en faire une arme de vengeance contre les Maures. Ces derniers sont tenus comme responsables à leurs yeux des épurations ethniques qui ont particulièrement visé leur communauté durant les années de braise. Diop Amadou Tijane est ainsi cité par ses détracteurs comme l’un «des Flamistes, artisans du complot visant à déstabiliser l’Etat mauritanien en préparant les terreaux de la guerre civile sur la base des tensions ethno-communautaires en se servant du mouvement IRA comme cheval de Troie». 

Dr.Saad Ould Louleid, ancien porte-parole du mouvement IRA, a publié plusieurs diatribes sous forme de déballage, révélant ce qu’il considère être «les secrets coupables du mouvement IRA ». Pour prouver le double jeu du mouvement sur le plan international et sur le plan national, il a personnellement accusé Diop Amadou Tijane d’avoir perçu lors de la campagne présidentielle de 2014 un montant de 7 millions d’UM versés par des proches du pouvoir pour soutenir la campagne de Birame Dah Abeid. 

Durant son réquisitoire pendant le procès sur «l’affaire de la Gazra Ould Bouamatou » qui a valu à Diop Amadou Tijane une peine de 15 ans de prison, le Ministère Public accuse ce dernier d’avoir été l’un des planificateurs des troubles ayant conduit à l’attaque contre les policiers, attaque qui s’est soldée par la blessure de plusieurs policiers (dont certains dans un état grave) et l’incendie de leur véhicule.  

Thèse que la défense a balayé d’un coup de toge, estimant que non seulement, les preuves de telles accusations étaient inexistantes mais aussi que la Cour a commis deux fautes de procédure, en violant d’abord l’article 278 du Code des procédures pénales qui interdit l’introduction de tout matériel photo ou audiovisuel en salle d’audience, et ensuite, de n’avoir pas pris les dispositions prévues par la loi sur la torture, en refusant de prendre en compte les plaintes déposées par Diop Amadou Tijane et ses compagnons pour sévices et traitements cruels inhumains dégradants.

Crédit Source : Cheikh Aidara, journaliste via la page Facebook les 13 détenus d’IRA 

​COMMUNIQUE CONJOINT COALLITION LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE AU MALI-IRA


L’an deux mille seize et le 31 Aout s’est tenue au siège de Temedt à Bamako une rencontre entre la coalition de lutte contre l’esclavage au Mali regroupant une centaine d’associations et d’ONG de lutte pour les droits et une délégation de l’IRA conduite par son Président M. Biram Dah Abeid.

Les représentants de la Coalition après avoir écouté le Président de l’IRA qui a développé la situation des droits humains en Mauritanie a tiré les conclusions ci-après :

– Elle demeure sérieusement préoccupée par la situation des Défenseurs des Droits Humains en Mauritanie.

– Elle est particulièrement consternée par l’incarcération de 13 membres de l’IRA qui n’ont rien fait que de défendre suivant la loi de leur pays les victimes de l’esclavage.

La Coalition nationale de lutte contre l’esclavage au Mali réaffirme son soutien à l’IRA dans sa lutte contre l’Esclavage en Mauritanie et demande au Gouvernement mauritanien :

– De libérer sans délai les membres de l’IRA en prison.

– Mettre fin à toutes formes d’exaction, d’intimidations et de menaces contre les défenseurs des droits humains, singulièrement, ceux qui luttent contre l’esclavage.

– Permettre la jouissance totale du droit à la liberté d’association, de réunion, de manifestation, d’opinion et autres droits de l’Homme connexes à toutes les organisations, politiques y compris, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux de la Mauritanie.

Liste des Organisations membres Coalition nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

N° Structure Localité Contact

1 Temedt Bamako 76 39 90 05

2 UFMDD Bamako 76 47 38 87

3 CAFO Bamako 63 78 40 28

4 Confession Religieuse Bamako 76 23 74 85

5 Journal Le Républicain Bamako 76 41 94 08

6 APAFE MUSOW DEMBE Bamako 66 58 47 24

7 Radio Kayira, Bamako 76 03 40 82

8 AMDH Bamako 66 63 32 32

9 RJPRODH Bamako 66 55 08 27

10 CAD/Mali Bamako 66 71 42 85

11 LJDH Bamako 76 02 50 71

12 AJM Bamako 66 78 82 13

13 FECONG Bamako 66 71 26 24

14 Journal Info Matin Bamako 76 43 97 92

15 CNDH Bamako 66 81 90 38

16 FOSC Bamako 66 75 26 24

Bamako le 31 Août 2016

La Coalition Nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

L’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA Mauritanie) (Section France)


Déclaration

Depuis que la Mauritanie a pris l’engagement d’organiser le sommet arabe les 26 et 27 juillet 2016 à Nouakchott, les autorités ont lancé une campagne d’embellissement de la ville pour impressionner ses hôtes arabes. Et comme à l’accoutumée, les victimes sont les populations les plus vulnérables du pays. Ces populations ont été la cible d’une campagne violente des forces de l’ordre le 29 juin, au cours de laquelle des centaines de familles haratin ont été expulsées de la ville et jetées dans des lieux enclavés, sans toit et sans point d’eau. Des dizaines des personnes, toutes Haratin, victimes de la discrimination économique et sociale, ont été arrêtées et emprisonnées jusqu’à maintenant et sans qu’aucune voix ne s’élève pour dénoncer leur sort.

Le lendemain, le 30 juin, IRA a reçu à Washington une distinction prestigieuse (2016 TIP Heroes Awards) des mains du Secrétaire d’État américain, John Kerry, pour saluer et honorer les actions d’IRA-Mauritanie auprès des populations vulnérables soumises à l’injustice, à l’esclavage et au racisme. Depuis cet événement, les autorités de Nouakchott ont entamé une chasse à l’homme contre les militants d’IRA, une chasse qui s’est soldée par plusieurs arrestations des membres du Bureau Exécutif.

Le 17 août 2016, après une parodie de procès, ces responsables de l’organisation IRA ont été injustement condamnés de trois à quinze années d’emprisonnement. Ce procès a été dénoncé comme « politique » par l’ensemble de la communauté internationale.
·

Les prisonniers d’opinion ont été torturés par les forces de police entre le moment de leur arrestation et le début du procès.

IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des
droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté
internationale à s’ériger contre et à dénoncer ces condamnations iniques et injustifiées,
orchestrées par l’Etat mauritanien . IRA Mauritanie appelle toutes ses militantes et tous ses
militants à une mobilisation pacifique, massive et continue jusqu’à la libération
de tous ces militants des Droits de l’Homme victimes de la politique répressive de l’Etat mauritanien.

IRA Mauritanie demandera que les responsables de ces tortures soient poursuivis juridiquement.

IRA-Mauritanie rappelle que les coups de déstabilisation menés contre notre
mouvement par le régime du General Aziz ne servent qu’à nous rendre encore
plus déterminés pour faire échouer les campagnes de diabolisation auxquelles il nous a habitués.

Notre mouvement, pacifique, s’est fortement développé ces dernières années au sein de la population mauritanienne discriminée, ce qui explique les efforts croissants du régime pour éliminer les cadres du mouvement.

La liste des dirigeants condamnés est la suivante :

1-Amodou Tidjane Diop vice-président d’IRA Mauritanie, 15 ans de prison

2-Hamady Lehbous, conseiller du président, chargé de la communication, 5 ans de prison.

3-Bala Toure, chargé des relations extérieures, 5 ans de prison.

4-Ahmed Hamar Vall, Trésorier, 3 ans

5-Mohamed Jarroulah, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

6-Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

7-Mohamed Daty, secrétaire général coordination IRA de Nouakchott, 3 ans de prison

8-Khatri Mbarack, président du comité de la paix d’IRA, 3 ans de prison

9-Ousmane Anne, président du bureau IRA Tevragh Zeina, 3 ans de prison

10-Abdallahi Matala Seck, président du bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

11-Moussa Biram, vice-président bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

12-Jemal Bleyil, membre du bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

13-Abdallahi Abou Diop, membre bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

Avec eux, sept habitants de « Edebaye Bouamatou » tous haratines,se voient infliger des peines similaires.

IRA France-Mauritanie

Paris le 24 Août 2016

Association IRA France-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste)
Le Laval, Route de Cucuron 84160- Cadenet Courriel : 

irafrance.mauritanie@yahoo.fr