26-02-2015 07:00 – Aziz libère Biram et ses compagnons : Une injustice ne justifie pas une autre

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Kafer Naum – Aziz, il faut libérer Biram et ses compagnons dans les plus brefs délais. Par quelle justice veux-tu sanctionner un activiste des droits de l’homme, alors que tu aurais dû la subir depuis bien longtemps, toi activiste des coups d’Etat.

T’étant opposé au décret du Président de la République te limogeant et l’ayant destitué par la force sais-tu ce que le Procureur général aurait pu invoquer contre toi ? Les dispositions suivantes du code pénal mauritanien: ART. 182.

– Tout fonctionnaire public, agent ou préposé du gouvernement, de quelque état et grade qu’il soit, qui aura requis ou ordonné, fait requérir l’action ou l’emploi de la force publique contre l’exécution d’une loi ou contre la perception d’une contribution légale, ou contre l’exécution soit d’une ordonnance ou d’un mandat de justice, soit de tout autre ordre émané de l’autorité légitime, sera puni de la réclusion.

ART. 183. – Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, la peine sera le maximum de la réclusion.

ART. 189. – Tout fonctionnaire public révoqué, destitué, suspendu ou interdit légalement qui, après en avoir eu connaissance officielle, aura continué l’exercice de ses fonctions, ou qui, étant électif ou temporaire, les aura exercées après avoir été remplacé, sera puni d’un emprisonnement de six mois au moins et de deux ans au plus, et d’une amende de 5.000 à 40.000 UM.

Il sera interdit de l’exercice de toute fonction publique, pour cinq ans au moins et pour dix ans au plus à compter du jour où il aura subi sa peine, le tout sans préjudice de plus fortes peines portées contre les officiers ou les commandants militaires par l’article 87 du présent code.

Et voici les articles 87 et suivants qui te sont applicables :

ART. 87. – Ceux qui, sans droit ou motif légitime, auront pris un commandement militaire quelconque, ceux qui, contre l’avis du gouvernement, auront retenu un tel commandement, les commandants qui auront tenu leur armée ou troupe rassemblée après que le licenciement ou la séparation en auront été ordonnés seront punis des travaux forcés à perpétuité.

ART. 88. – Lorsque l’une des infractions prévues aux articles 83, 85, 86 et 87 aura été exécutée ou simplement tentée avec usage d’armes, la peine sera la mort. A ces dispositions s’ajoutent celles prévues par le code militaire pour la trahison, la rébellion et la prise des armes contre les autorités de commandement.

Alors Biram, pacifiste et défenseurs de ses droits est-il plus coupable que toi ? Toi, qui en Mauritanie occupe par la force les hautes fonctions de l’Etat et qui jette les citoyens en prison ?

Aziz, il faut libérer Biram, avant que ne se retourne contre toi, les affres de l’injustice qui se crée autour de toi. La permanence des dispositions du code pénal survit souvent aux régimes éphémères. Ceux qui sont en prison valent mieux que ceux qui t’applaudissent.

II y a une année lumière d’humanité entre ceux-là et ceux qui, dussent-ils croupir en prison, te disent :

– لا تسقني ماء الحياة بذلة**** بل فاسقني بالعز كأس الحنظل

ماء الحياة بذلة كجهنم **** وجهنـم بالعـز أطيـب منـزل

Toi, te croyant au-dessus des lois, tu veux punir les autres alors que tu aurais dû commencer par toi-même. Le peuple mauritanien plie sous la misère et tu entretiens un régime d’injustice.

لا تنه عن خلقٍ وتأتي مثله … عارٌ عليك إذا فعلت عظيم

Aziz, libère Biram et ses compagnons.

Pr ELY Mustapha

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24-02-2016 15:10 – Editorial de La Nouvelle Expression : Lô Gourmo avait raison…

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La Nouvelle Expression – Bonne année 2016. Avec beaucoup de retard ; mais pour l’humanité toute entière, je l’avais dit sans l’écrire. Mon souhait est un monde meilleur pour tous avec une Mauritanie juste parce que repensée et harmonisée. Je vais m’inviter au débat en cours, celui qui occupe et préoccupe certains d’entre nous : le dialogue politique.

L’opposition, comme le pouvoir, pense opportun cette méthodologie de gérer les affaires du pays. A mon sens, cette volonté du pouvoir de vouloir dialoguer sent le goût amer d’un non-dit ou de l’inachevé et donne raison au politique Lô Gourmo, un responsable du parti UFP, une formation de l’opposition mauritanienne.

Le Pr Lô avait déclaré, au lendemain de l’élection d’Abdelaziz pour son second mandat, que « l’élu ne l’aura été, avec 81,89 % des suffrages exprimés, que par 20% des Mauritaniens en âge de voter ». C’est à dire que 80% des Mauritaniens en âge de voter n’ont pas jugé utile de participer à ce scrutin.

Un Président qui n’est élu qu’avec plus de 80% de 20% des Mauritaniens en âge de voter est un Président mal élu, symptomatique d’une maldonne politique. D’où la nécessité de chercher à dialoguer avec la classe politique opposée. Une manière tacite de reconnaitre la crise qui plombe le pays sans que le pouvoir ne le dise clairement. Il est connu qu’en politique on parle de dialogue pour sortir d’une situation non souhaitée pour une autre situation souhaitée, d’une manière consensuelle. C’est-à-dire trouver une solution à la crise sous laquelle ploie la Mauritanie, à cause de la carence et de l’entêtement du pourvoir actuel. Un pouvoir qui se plait de mépriser et écraser ses administrés.

Le mépris… Comme le prétendent les tenants du pouvoir, tout va bien dans le pays, il n’a pas lieu de chercher à dialoguer avec un acteur qui s’est auto exclu du jeu politique parce qu’ayant boycotté. Mais la vérité est toute autre. La Mauritanie est gravement malade.

Sinon, quelqu’un qui affirme avoir gagné une élection dans la transparence et l’engouement populaire doit aller au bout de son devoir qui est de finir son mandat. Celui qui gagne haut la main une élection doit gouverner seul avec son camp, fort de sa légitimité. Mais le pouvoir d’Abdelaziz met à nu son illégitimité populaire, pour ne dire son « mal élu-ment ».

L’opposition va-t-elle se compromettre ? Une compromission qui passe par cette volonté de vouloir cogérer avec le pouvoir actuel, un pouvoir aux abois et qui accentue les maux de la Mauritanie et du Mauritanien. Un pouvoir qui suce, divise, instrumentalise…

Une opposition de la Mauritanie actuelle doit être préoccupée par la situation sociale du pays où le désarroi, la faim, l’injustice et le chaos se mauritanisent de jour en jour.

Une opposition de la Mauritanie d’aujourd’hui doit être une opposition citoyenne pour la construction d’un Mauritanien de droit et de devoir dans l’acceptation de l’autre.

Une opposition d’une Mauritanie de ce pouvoir héritier de l’ère Maouya doit être celle du refus de la collaboration malsaine.

Une opposition mauritanienne contre le pouvoir actuel, un pouvoir qui symbolise la perpétuation du système qui nous écrase depuis des décennies, doit être une opposition qui propose et milite fortement pour une Mauritanie réconciliée au lieu d’étaler à la face de tous sa volonté de participer à la gabegie insolente, à l’instrumentalisation et à la tyrannie…

La Mauritanie d’aujourd’hui a plus besoin d’une opposition d’action innovante que celle des réactions épidermiques face à un pouvoir qui a presque tout perdu et qui est en passe de tout faire perdre au pays.

Le problème de la Mauritanie est la négation de tout progrès dans le sens de l’avènement de la citoyenneté à part entière, et non d’une citoyenneté entièrement à part, qui suppose une Mauritanie qui finit avec les tares qui la minent, qui la tirent vers un trou sans fond.

Une fois cette Mauritanie pensée et décidée, on pourrait passer à l’aspect électoral…

Mais, tout exercice électoral avant la réalisation de cette Mauritanie-là ne produira qu’une copie biaisée de cette originale. Or, l’originale de cette Mauritanie-là ne fait pas rêver… une Mauritanie où perdurent racisme, irrédentisme ethnique, esclavage, exclusion, gabegie, mensonge, corruption, tribalisme, régionalisme.

Cette Mauritanie-là n’est pas une nation, n’est pas un pays. Cette Mauritanie-là n’est qu’un simple territoire, un espace de peuplement, un terrain vague…

Camara Seydi Moussa

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23-02-2016 18:45 – Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) : Vers un “IRA 1” et un “IRA 2” ?

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L’Authentique – On s’acheminerait vers la décapitation de IRA en isolant Birame Dah Abeid pour le remplacer par son vice-président et compagnon actuel de cellule, Brahim Bilal Ramadan. C’est ce que Dr.Saad Ould Louleid, ancien porte-parole du mouvement, accusé d’avoir été enrôlé par le pouvoir, a révélé lors de la conférence de presse qu’il a animée hier, à l’hôtel Chinguitty Palace à Nouakchott.

Dr.Saad Ould Louleid, ancien porte-parole du mouvement IRA, récemment exclu du mouvement, a animé dimanche à l’hôtel Chinguitty Palace, une conférence de presse dont le point essentiel était la mise sur pied d’un nouveau directoire d’IRA.

La démarche consiste dans le choix porté sur Brahim Bilal Ramadan, vice-président du mouvement et compagnon actuel de Birame Dah Abeid avec qui il partage la cellule. En fait, la démarche entreprise viserait à créer une dissension entre les deux hommes.

Le plan serait d’autant plus bien ficelé, selon les fidèles du mouvement IRA, que la conférence de presse animée par Dr.Saad Ould Louleid a connue une affluence massive de tous les anciens dissidents du mouvement. D’ex-leaders membres du bureau exécutifs d’IRA ont pris part à la conférence de presse.

Ce qui prouve, selon certains membres d’IRA, que le Système serait derrière cette initiative. « Toutes les taupes que l’Etat avait réussies ces dernières années à soutirer à IRA, par des promesses de nomination et autres avantages, ont été apparemment sommées de se joindre à Dr.Saad Ould Louleid pour porter une estocade définitive à notre organisation » a affirmé un membre du directoire.

Ainsi, l’IRA-BIS comprendrait dans son directoire, en plus du Dr.Saad Ould Louleïd, l’ancien ministre Mohamed Ould Moine et d’autres anciennes personnalités du mouvement qui « ont tous émigré vers le clan du pouvoir », selon toujours, des membres de IRA fidèles à Biram qui soutiennent mordicus que « Birame restera toujours incontournable ».

Pour le moment, Brahim Bilal Ramadan du fond de sa cellule à la prison civile de Nouakchott n’a pas encore réagi. Un scénario évoqué n’écarte pas la possibilité que l’homme fasse amende honorable en regagnant le clan du pouvoir.

Selon Hamady Lahbouss, chargé de communication du mouvement IRA, « la ligne pour nous est claire. Ceux qui veulent rejoindre Dr.Saad, donc le régime de Mohamed Abdel Aziz, sont libres de le faire. Nous ne retenons personne.

IRA continuera son combat avec ceux qui partagent ses idéaux ». Selon Hamady, il est clair que la main de l’Etat est derrière la conférence de Saad. « la fait que Saad ait obtenu une autorisation de se produire dans un hôtel au moment où les partis du FNDU sont interdits d’organiser la moindre activité dans les hôtels – ou du moins, sont soumis à des grandes contraints pour réussir à se produire-, prouve amplement que le régime en place est derrière lui ».

Les observateurs notent que jamais organisation ou mouvement n’a été aussi combattu ces dernières années que le mouvement IRA. « Cela prouve en tout cas que personne ne peut nous accuser de marchandages ni de mercantilisme, sinon on aurait vendu nos convictions à un système rompu à l’achat des consciences » conclut Hamady.

Cheikh Aïdara

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IRA, sans fusils ni chars mais craint plus que tous les chefs militaires du pays…!!!

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Toutes les tentatives de scission et de décapitation orchestrées contre le mouvement IRA par les services de l’ordre étatique, échouent et renforcent son aura à l’intérieur comme à l’extérieur.

Si les manoeuvres de sabotage de Saad Louleid exclu récemment, se confirmaient à l’endroit d’IRA-Mauritanie, cet article en lien dans lequel nous avions exprimé certaines craintes, prendrait tout son sens aujourd’hui. Notre fameux Dr Saad Louleid semble avoir pris le chemin classique de la  normalisation par la communautarisation de l’engagement. Ce monsieur, s’il était d’extraction sociale servile, a subi la tribalisation idéologique de ses anciens maîtres qui lui ont défini les balises de sa liberté. Il ne défend pas une cause stricto haratine contre ceux qu’il appelle les kowri, mais il paraît choisir son engagement sous un certain patronage admis par l’ordre tribalo-féodal. L’avenir nous dira qu’il n’était pas contre toutes les injustices en Mauritanie, mais plutôt pour un engagement élitiste haratine au sein du giron beidano-beidane . Par ce fait, il est toujours dans le porte-bébé de sa tribu des maîtres qui légitimerait  son arabité. Il n’a pas compris que si L’IRA-Mauritanie a eu du succès par le langage de Vérité sans compromissions, c’est parce que les dirigeants fidèles du mouvement ont su se défaire de la prégnance de leurs références tribales et ethniques. Depuis toujours aucune tribu ou ethnie quelconque n’a eu la volonté d’aider ou de réformer la condition de leurs franges sociales victimes . Notre docteur finira dans l’escarcelle d’une dissidence pour une plus value de sa tribu d’origine de la part de l’ordre étatique. Le VRAI engagement trans-communautaire sera laissé aux BRAVES qui ne reconnaissent que des VICTIMES D’ABORD en dehors de tout déterminisme tribal et communautaire. L’esclave difficilement libérable est celui qui se définit selon les références et les balises concoctées par l’ordre dominant.

https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/01/10/la-sortie-du-docteur-saad-louleid-un-contexte-et-un-procede-regrettables-mais-un-fond-qui-interpelle-tout-de-meme/

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21-02-2016 13:51 – Suspension d’une émission d’une télévision privée en Mauritanie

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Star Africa – La Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel en Mauritanie (HAPA) a décidé la suspension, pendant un mois, d’une émission de la chaîne de télévision privée Al-Mourabitoune, a-t-on appris de source sûre vendredi à Nouakchott.

Dans cette émission intitulée « Vissamim » (dans le fond) diffusée en direct, le présentateur Ahmed Ould Wedia invite des personnalités politiques et des activistes de droits de l’homme qui analysent la situation dans le pays sans aucune limite.

La décision de suspension a été prise par le Conseil de la HAPA réuni sous forme de conseil disciplinaire, selon l’énoncé de la mesure.

Dans sa lettre de notification, la HAPA accuse la chaîne incriminée de « manque d’indépendance de la ligne éditoriale à travers le choix de segments spécifiques de l’opinion publique et d’une ligne politique donnée ».

« Votre chaîne s’emploie à choisir des évènements à soumettre aux invités et à les amplifier dans le but de créer des tensions dans le corps social », peut-on lire dans cette lettre.

Al-Mourabitoune est une chaîne réputée proche des islamistes du parti Tawassoul.

Il lui a été également reproché de « ne pas respecter le pluralisme en accordant la plupart du temps d’antenne dans les émissions de débats et d’information à certains courants politiques représentés par leurs responsables ».

Selon la HAPA, la chaîne est accusée, « de façon générale, d’incitation active à l’atteinte à l’ordre et à la sérénité publics et de faire la propagande des manifestations politiques ».

Signature : APA

Copyright : © APA

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L’Édito de RMI : Le déclin institutionnel en Mauritanie/ Première partie

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Lorsque dans un régime, les institutions étatiques sont dans l’incapacité de remplir pleinement leurs fonctions, il faut se préparer au déclin. On le constate quand tous les pouvoirs décisionnels sont concentrés entre les mains d’un seul homme. L’usage des forces coercitives, la manipulation des masses et l’exclusion systématiques des adversaires politiques demeurent le seul recours au sein de ce régime.

Parmi les signes avant-coureurs d’un état affecté par le déclin institutionnel, il y a l’inefficacité des dirigeants, l’éclatement des scandales publics et le pourrissement politique. Il n’est pas nécessaire d’être un grand spécialiste de la bonne gouvernance pour constater la dégringolade institutionnelle en Mauritanie. Et curieusement, nous avons capitalisé, et de loin, toutes les faiblesses gouvernementales reprochées à l’époque au président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.

La sécurité malade de ses hommes

Le pays est plus que jamais menacé par des attaques terroristes. Les attentats de Bamako, de Ouagadougou et d’autres projets déjoués ça et là par les forces armées de la mission de Barkhane sont autant des motifs de crainte pour notre sécurité. L’opinion publique risque d’être tragiquement surprise lorsque s’ébranlera comme un château en carton le mythe de la sécurisation de la Mauritanie. Le jour où déguerpiront les garants du pacte de non-agression acté avec les plus influents réseaux jihadistes du Nord Mali, le pays deviendra inévitable une cible. Finalement on se rendra compte que le discours autour de la réhabilitation de nos forces armées n’est qu’un argument démagogique post-putsch.

La démonstration de notre quincaillerie militaire lors du 28 novembre dernier ne nous nous immunise guère en cas d’attaque. Car aujourd’hui, plutôt que d’être dirigés par de véritables militaires, nos casernes sont tenues par des idéologues rompus aux théories racistes et communautaristes. Si ceux qui devraient consacrer leur vie pour la sécurisation de nos frontières se vautrent à Nouakchott pour se partager les budgets des bataillons, il y a lieu de s’interroger sur l’avenir de notre institution militaire.

De l’intérieur, la population vit dans l’insécurité. Si ce n’est pas les délinquants qui agressent, assassinent ou violent, le danger arrive du coté de ceux qui étaient censés assurer la sécurité. Le cas de l’agression du jeune Salif Mbaré Diop devant son domicile familial à El-Mina au début d’année en est une malheureuse illustration. Et comme le cabinet d’avocats qui prend en charge son dossier ne veut rien céder, un autre groupe de gardes a investi le quartier, comme pour laver l’affront. Dans la nuit du 13 février, une patrouille organise une descente dans le même secteur. Ciblés puis arrêtés, Ablaye Bâ et Mamadou Niasse ont été atrocement violentés avant d’être conduits au commissariat le même soir.

Sans oublier les chantages auxquels certains « hommes de tenues » se livrent dans des quartiers habités majoritairement par des noirs. Ils dénoncent continuellement l’état de siège.

Bâ Sileye

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FISO 2016 : Un Cri Osé aux Fiso’valiers de Bamako.

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La grande messe de l’international Soninkara se profile à l’horizon. Prévue fin février 2016 dans la capitale malienne, cette rencontre dite culturelle regroupera le monde soninké de par le monde. Comme à Nouakchott en 2014, les festivités seront marquées par diverses manifestations de ce qui semble être l’identité de l’élément soninké. En effet, les descendants des maîtres de l’empire du Ghana connu sous le nom de Wagadou, par eux mêmes, se sont lancés depuis un certain temps, dans divers préparatifs au sein notamment de la diaspora soninké de France. Et nous, notre contribution s’est voulue sous la forme d’une lettre ouverte à l’international Soninkara, se préparant à moult divertissements plus ou moins folkloriques.
Des rappels nostalgiques à un passé révolu, certaines activités liées à la promotion de la langue soninké et un éveil communautariste de l’élément politique dans différents pays.
Ce festival plus politisé que l’on pourrait le croire, dans lequel l’exercice et l’esprit de l’ordre féodal est fêté et même soigné en amont, met en lumière  des cérémonials qui sont censés revivifier l’âme de la cité soninké.
La stratification sociale est le marqueur génétique de la communauté dont une certaine « élite »  issue des milieux dominants, admet que la vraie soninkaxxu doit sa survie au respect strict des balises inébranlables du puzzle sociétal. D’un regard extérieur, on pourrait croire que cette communauté telle qu’elle est définie, est sensiblement moins introduite dans l’arène politique, sauf qu’en réalité elle en fait beaucoup mais AUTREMENT.
Si la politique peut se définir comme la gestion d’une cité, on dirait que toute entité soninké est régie par un régime princier ayant toutes les strates  d’un régime féodal. Chaque individu comme « élément politique » du puzzle coutumier, obéit à un déterminisme lui attribuant son « appartenance politicienne » dès la naissance. En effet, le premier grand ensemble qui s’apparente à un courant politique inné,  est le Clan Féodal qui est d’ailleurs transnational et pouvant s’allier à d’autres clans féodaux à une autre échelle en fonction des convenances tacites dans le temps et dans l’espace . Ce Clan féodal est tenu par une caste dirigeante dite noble et ses alliés qui sont bien lotis  (castes de marabouts, de griots, de forgerons, et d’autres intermédiaires). L’autre caste dite « inférieure » composée de descendants d’anciens esclaves, qui malgré tout peut avoir un poids numérique très conséquent, reste à leur égard insignifiant qualitativement.

Le fonctionnement de l’ordre féodal fait de ces derniers des subalternes dévoués aux fonctions peu enviables mais surtout un faire-valoir pour le Prestige et la Mémoire du clan féodal. Cette manœuvre légitimée dans le milieu soninké, au nom d’un impératif dit organisationnel, imprègne toute cérémonie  régie selon des pratiques tacites où ressortent systématiquement cet ordre quasi-vénéré. L’argument de l’Impératif organisationnel devient caduc, voire inopérant, et les masques tombent lorsque l’on constate que ces même féodaux voient leurs visages s’illuminer devant la proclamation de leurs statuts par les « dits » esclaves. A contrario, les visages s’assombrissent lorsqu’ils constatent la moindre velléité des castés esclaves qui menacent directement la pérennité de cet ordre coutumier préétabli.

Cet ordre politique qui s’exerce en interne avec rigidité régule le conditionnement déterministe et psychologique des uns comme des autres. Et les plus lésés sont de loin, les castés esclaves qui s’auto-disqualifient sur le champ de la DIGNITÉ et de l’HONNEUR .
Certes, l’esclavage de fait ne se pratique plus en milieu soninké. Néanmoins, on y trouve des « gens » qui se déclarent esclaves et aspirent à se faire traiter comme tels pour le plus grand bonheur du Système qui a une prégnance plus importante sur l’individu que l’ordre étatique moderne n’en a sur ces propres concitoyens.
Nous espérons que les voix portantes parmi les Fiso’valiers de Bamako oseront aborder ce conditionnement psychologique d’un complexe d’infériorité et de supériorité des uns par rapport aux autres. Si seulement le but d’une telle messe communautaire était d’éveiller et de régénérer un « dit » honorable particularisme soninké d’antan, il est plus que nécessaire qu’on y aborde les sujets qui fâchent.

Au 21ème siècle dans un monde devenu un  «gros» village, on ne construira rien de consistant si lappel à l’idéal de la Vraie Justice, de la Vraie Fraternité, de la Vraie Égalité, de la Vraie Liberté et de la Vraie Dignité, est taxé comme subversif et nuisible à la grandeur jalousement tenue et proclamée du Fait Soninké. Il faut une alerte fraternelle aux consciences sélectives parmi nous, qui peuvent être outrées et choquées par la xénophobie et le racisme venant de certains milieux  dans nos pays d’accueil  (la France en particulier). C’est-à-dire, ce qu’on dénonce bruyamment chez les autres, se pratique entre nous mêmes et avec des relents plus sournois et mesquins.
Notre FISO (Festival International Soninké) qui semble revenir tous les 2 ans, ne peut pas que se soucier du culturel et de certains « dits » principes et valeurs soninkés, tout en ayant moins d’allant sur les Droits Humains.

Peut-on au nom du « culturel », dans notre cas basé sur des références ancestrales et  primitives, accepter qu’un Homme de « 2016 » se  proclame fièrement esclave en  y trouvant  une audience complice ?  Il est lieu de se poser des questions sur le cadre sociétal et social qui le permet.
Festival rime avec festivités et divertissements , et celui de l’édition 2014 à Nouakchott en Mauritanie, nous avait gâtés sur ce plan avec tous genres de défilés et d’expositions folkloriques. Très souvent, le succès de ces événements à caractère « culturel » se mesure par les prestations artistiques, les déclamations des hommes de la PAROLE, l’exotisme soninké transnational, et une représentativité des pays soninké par clans féodaux. Ainsi l’ordre politique en vigueur dans chaque contrée féodale apparaît en fond d’écran dans une conclave princière qui ne dit pas son nom. N’est-il pas temps de s’interroger sur le bien-fondé de ce régime féodal   qui a l’exclusivisme sur le matériel et l’immatériel dans nos contrées plus ou moins lointaines..??
Pensons-nous que la légendaire soumission psychologique des milieux dominés dans ce système de castes  au sein duquel les Hommes ne se valent pas, tiendra pour toujours à travers le temps et l’espace..??

Ne devrons nous pas être alarmés du quasi niveau  d’illettrisme d’une majorité de la jeunesse soninké candidate à l’immigration..?? Nous constatons aisément à l’international et en particulier en France, terreau de la diaspora soninké, que le niveau de qualification est à déplorer. Mais l’essentiel de nos préoccupations est fixé sur 《la dite》 noblesse de sang au détriment de la noblesse de la compétence et du comportement. L’écueil de la caste est un frein bien connu au vrai développement de tout ce qui s’entreprend de progressiste dans la communauté. Car le déterminisme issu d’une fierté mal placée des uns n’accorde aux autres qu’un statut d’éternels suiveurs au « sang impur » avec qui l’union matrimoniale serait une déchéance par l’indignité.

En plus du mal du pays que certains exilés ressentent, nous sommes contraints de nous relayer en majorité aux tâches les plus pénibles et les plus ingrates (ouvriers non qualifiés dans la restauration, le nettoyage et le bâtiment).

Après l’identification de l’ordre politique qui régit toute cité soninké, il est intéressant d’analyser comment un individu soninké obéissant à la suprématie féodale, s’exerce à la vie politique moderne de son pays.
Généralement, la prégnance de l’ordre féodal prédispose l’homme politicien soninké à un prisme communautariste de l’élément politique à l’échelle nationale. En effet, la vie politique moderne qui porte l’idéal d’un régime des droits et des devoirs égaux pour tous les citoyens sur le matériel et l’immatériel, prend un coup dur face aux réalités internes de la société stratifiée.
Notre choix illustratif porte sur la Mauritanie, pays hôte du dernier FISO. Ce pays symbolise par essence la transposition d’un certain ordre tribalo-communautaro-féodal sur les affaires politiques nationales. Ainsi, le clientélisme politicard est un tronc commun à tous les mouvements politiques qui soignent diversement les caprices de chaque communauté au détriment du CITOYEN.
Le pouvoir mauritanien s’était précipité de soigner sa clientèle politique soninké, par le  parrainage d’un événement folklorique de quelques jours alors qu’au même moment sur le plan national une politique d’épuration biométrique visait la composante negro-mauritanienne. Quand tous les chefs coutumiers et leurs subalternes mettaient le cap vers Nouakchott, plusieurs milliers de Soninkés immergés en France vivaient un enfer administratif pour se faire recenser. De même,  durant cette période, d’autres mauritaniens binationaux seront traqués et ceux qui avaient le malheur d’être sans papiers d’un point de vue purement matériel perdent toutes opportunités de régularisation faute d’avoir  un passeport.

Comme à l’accoutumée, nos dirigeants tribalistes savent que le festif pèse dans nos priorités, et ils l’instrumentalisent à bon escient pour faire oublier L’ESSENTIEL. Ainsi le FISO 2014 de Nouakchott a été pour le monde soninké du pays, ce que l’artiste peulh sénégalais Baba Maal était pour la communauté Halpulaar. Ce chanteur nommé ambassadeur de la culture peulh a été parrainé à la hauteur d’un million d’Ouguiya par le général président mauritanien, pour fêter le trentième anniversaire de son groupe au stade olympique de Nouakchott. Nos dirigeants savent que la fibre de l’émotivité peut inhiber l’essentiel en Nous, et comptent fidéliser leur clientèle électorale à l’échelle communautaire par ce biais.
On ne peut éviter de rappeler la zizanie créée au sein de la communauté politique soninké, presque un an après ce fameux FISO 2014.
En effet, après la sortie médiatique d’un mouvement progressiste transpartisan, le CRSM (Conseil Représentif de Soninkés de Mauritanie), pour commenter et dénoncer le verdict du procès des leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes dont Biram Dah Abeid (prix onusien 2013) pour son combat anti-esclavagiste. Ce communiqué du CRSM avait été très mal pris par le Raïs mauritanien et ses soutiens communautaristes Soninkés. Ces derniers s’étaient mis dans un activisme de légitimation en nommant leur conclave comme la « Grande Famille soninké » proclamant leur fidélité au pouvoir en place.
Ainsi, un chef coutumier coopté dans des circonstances obscures, s’était rendu au palais ocre pour réitérer leurs positions de fidélité au président mauritanien. La dite grande famille soninké ne semble pas se soucier de l’épineuse question de l’esclavage et ses différentes manifestations dans la société mauritanienne dans son ensemble. En octobre 2014, le président d’IRA-Mauritanie, Biram Dah Abeid emprisonné depuis le 11 Novembre 2014, avait dénoncé les pratiques féodales de certains milieux dominants dans toutes les communautés noires lors d’une réunion publique, et il avait subi les tirs croisés  du monde bien pensant allergique aux critiques sur ce qui se fait dans nos contrées. Et des Soninkés issus du milieu féodal aux mentalités rétrogrades en premier, qui n’avaient pas digéré qu’un jeune mouvement anti-esclavagiste (UVDS) ait pu oser s’allier à IRA-MAURITANIE. L’Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara (UVDS) composée majoritairement des jeunes Soninkés de la caste esclave  (Komo), se défait du légendaire complexe psychologique pour contester ouvertement l’ordre féodal en vigueur dans nos contrées sur le matériel et l’immatériel.  Ils ont décidés de revendiquer leurs Droits Humains qui doivent primer sur tout autre statut social ou coutumier obsolète et exclusiviste. L’initiative de ces engagés Soninkés provoqua l’ire des milieux dominants du régime féodal. Par l’acharnement constaté parmi certains de ces derniers, il semblerait que le statut de soninké (soninkaxxu) ait été contesté pour les castés esclaves (Komo) dans le milieu soninké.
Les réalités rigides de la féodalité en milieu soninké, vehiculent une idéologie foncièrement stigmatisante basée sur une hiérarchisation sociale qui s’oppose de fait à une citoyenneté pleine et entière. À l’occasion de ce FISO 2016, nous espérons que les milieux intellectuels très soucieux du FAIT SONINKÉ notamment de la langue soninké, feraient une communication sur ce qu’est un Soninké  au 21ème siècle. Cela devrait s’entendre par certaines notions; L’HUMANITÉ,  LA POLITIQUE, LA DÉMOCRATIE, L’ÉGALITÉ, L’UNITÉ et surtout LA FRATERNITÉ MUSULMANE en interne comme en externe.

Signée par Assa Konate, Juriste et Kundu Sumare, blogueur et militant abolitionniste .

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28-01-2016 07:00 – Libre Expression. Guidimakha : De l’esclavagisme à l’esclavagisme moderne

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Youba Cissokho – Les choses les plus cruelles que les maîtres avaient fait aux esclaves ont été de détruire la mémoire de ce qu’ils avaient avant leur contact et de les diviser en sous-groupes. Hérités souvent de leurs grand-parents comme tout autre bien, ces asservis avaient comme tâches, tous les travaux pénibles et durs et n’avaient jamais le temps de s’occuper de leurs femmes ou de l’éducation de leurs enfants.

Historiquement, après le décès de l’un d’entre eux, ses descendants s’étaient fait confisquer tous ses biens et dépourvus d’héritage. Livrés à eux même sans indemnité de licenciement,ces derniers représentent aujourd’hui la couche la plus pauvre, quant aux anciens maîtres détenteurs des richesses et d’une bonne éducation, ils ont mal aidé pour leurs insertions dans la vie active.

Cette conjonction de facteurs défavorables, près de cinquante ans après l’indépendance, explique les malheurs actuels de la seule couche qui voit augmenter le nombre de ses analphabètes.

Certains anciens maîtres continuent de profiter de cette situation honteuse et prennent des fillettes de leurs anciens esclaves pour des travaux domestiques et des activités commerciales (vente de l’eau glacée ou des bissâps devant les cours des écoles) à la place des leurs envoyées à l’école.

Ces filles domestiques surexploitées par certaines familles, ont comme « récompense » après des années de dur labeur, une valise dite de mariage qui est un ramassis des tissus bariolés et d’autres vêtements.

Les victimes choisies sont souvent des proies faciles, les fillettes issues des milieux défavorisés. Ceux ou celles qui se sont enrichis sur les dos de ces pauvres ou qui ont éduqué leurs enfants en foulant aux pieds l’éducation de ces innocentes, se le disent bien, ils n’inspirent aucun respect aux esclaves de la région.

Nous ne pouvons jamais obtenir notre liberté en faisant appel au sens moral de ces gens qui nous oppriment, nous devons nous battre jusqu’à l’obtention totale de nos droits. Nous devrons quitter cette peur enfantine qui fait qu’on est gêné dès qu’on est traité d’être esclave et défendre nos idées, qu’elles ressemblent ou non à celles de nos maîtres d’hier.

Nous devrons prendre en mains le destin de nos enfants en se sacrifiant pour leur éducation si nous voulons vraiment changer notre situation, cette dernière est notre seul moyen pour se débarrasser de cette situation.

Ce combat doit être mené d’une manière pacifique et dans le respect des droits des autres car certains d’entre eux se battent régulièrement d’une maniéré ou d’une autre avec nous pour la même cause.

L’état de son côté doit intégrer des opprimés dans ces structures de lutte contre l’esclavagisme et mettre en place des nouvelles lois qui condamnent avec détermination et fermeté ces pratiques criminelles pour qu’elles soient abolies dans leur totalité.

Youba CISSOKHO, Militant social

Crédit source : http://www.cridem.org

L’émission OLAADANI : l’interview vérité d’un journaliste soninké

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26-01-2016 10:36 – Mauritanie: « Les négro-africains sont liquidés», Samba Thiam-FPC

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Alakhbar – «…Le deuxième type de tension que le découpage de la Mauritanie en quatre régions pourra résoudre c’est la question ethnique. Aujourd’hui les négro-africains sont liquidés, ils n’existent plus dans le gouvernement. Or si on assoie la décentralisation sous cette forme-là les négro-africains se sentiront moins frustrés. La tension interethnique va être limitée», a déclaré Samba Thiam, président des Forces Progressistes. (Interview).

Alakhbar : Vous avez dit, en conférence de presse, que le Ministre de l’Intérieur n’a pas répondu à la lettre de la Cour suprême relative à votre recours après le rejet de la demande de reconnaissance des FPC. Comment expliquez-vous ce silence ?

Samba Thiam : Le Ministère de l’intérieur n’a pas répondu à l’injonction de la Cour suprême parce que tout simplement il manque d’arguments. Le Ministère n’a pas suffisamment d’arguments solides et crédibles pour étayer sa thèse. À moins que l’Etat ne se sente pas comme tel et que le plaignant, quel qu’il soit et en tant que citoyen, est écrasé.

Alakhbar: Aujourd’hui, vous retournez vers la Cour suprême pour qu’elle tranche le contentieux. Avez-vous confiance en cette Cour?

Samba Thiam : Nous accordons le bénéficie du doute à la Cour suprême, même si nous savons le degré de rapport entre notre justice et le pouvoir exécutif. La Cour suprême droit trancher entre les deux parties: les FPC et le Ministère de l’Intérieur. L’une a suivi normalement et régulièrement les textes. L’autre a transgressé les textes. Il faut que la Cour suprême tranche le contentieux. C’est ce que nous demandons. Rien de plus.

Pourquoi les FCP parlent de « deux poids deux mesures » après la reconnaissance par le Ministère de l’Intérieur d’un nouveau parti: Alliance Nationale Démocratique ?

Samba Thiam : Pour ce qui est de la demande de reconnaissance des FPC, le Ministère de l’Intérieur a donné sa réponse de manière voilée à travers deux articles. L’article 6 de l’ordonnance qui régit les partis politiques et l’article 11 de la Constitution pour dire que les FPC ne répondent pas aux dispositions de parti politique.

En deux mots, ils veulent dire que nous sommes un parti ethnique. Mais comment peut-on expliquer les images de ce nouveau parti diffusées à la télé et qui n’ont montré que des Arabo-berbères. On n’a pas vu de Négro-africains. Et puis, nous, les FPC, avons nos propres arabes dans notre parti. Le ministre de l’Intérieur l’a constaté dans le dossier.

Alakhbar: N’êtes-vous pas un parti ethnique ?

Samba Thiam : Pas du tout. Toutes les formations politiques mauritaniennes sont des partis à dominante. Voilà la réalité. Le RFD, Tawassoul et ADIL sont des partis à dominante arabo-berbère. Et le MPR, et l’AJD/MR sont à dominante négro-africaine tout comme les FPC. Oui, on peut retrouver des Arabes et des Négro-africains au sein des partis politiques mauritaniens, mais les dominantes restent un peu la manière dont ces partis sont constitués.

Hier, ce parti nouvellement l’a montré de manière pire ! On n’a pas vu de Négro-africains avec eux. On nous accuse, nous, d’être atteints de gale et d’autres individus qui montrent les mêmes signes les mêmes symptômes ne sont pas frappés et sont reconnus.

En vérité, le régime du Président Ould Abdel Aziz veut saper l’opposition crédible. Toute opposition qui veut être une vraie opposition il n’en veut pas; il faut la casser. En revanche, il accorde et crée toute opposition prête à le soutenir. Vous avez l’exemple du parti des jeunes, un parti satellite à l’image de cette nouvelle formation politique que le Ministère de l’Intérieur vient de reconnaitre.

Alakhbar : Monsieur Thiam, on ne vous entend plus parler d’autonomie. Cela était-il une simple idée passagère ?

Samba Thiam : C’est notre position. Nous continuerons à la maintenir et à la préconiser. C’est dans l’intérêt de la Mauritanie. Le découpage du pays en quatre grandes régions règlera deux types de tension. La première: c’est au niveau tribal chez les Arabo-berbères.

Toutes les tribus veulent être au gouvernement, ce qui n’est pas possible. Mais en leur donnant un espace où elles pourront s’exprimer on réduira les frustrations. Le deuxième type de tension que ce découpage pourra résoudre c’est la question ethnique. Aujourd’hui, les négro-africains sont liquidés, ils n’existent plus dans le gouvernement.

Or si on assoie la décentralisation sous cette forme-là les négro-africains se sentiront moins frustrés. La tension interethnique va être limitée. Parce que nous aurons notre propre région à gérer. Donc l’autonomie est une solution, de mon point de vu, pour pacifier et développer la Mauritanie.

Alakhbar : mais « autonomie » ne veut-elle pas dire « indépendance du sud de la Mauritanie », comme vous accusent certains ?

Samba Thiam : Pourquoi ce ne serait pas l’indépendance d’Atar plutôt que celle du sud de la Mauritanie ! Cela est un non sens. C’est plutôt un projet qui couvre l’ensemble du territoire qui permettra en même temps à la Mauritanie de préserver son unité.
Aussi, le gouvernement central restera unique et gardera les attributs de souveraineté comme l’armée, les relations internationales, les télécommunications, etc. le reste sera généré au niveau des régions.

Crédit source : http://www.cridem.org