La tentative de coup d’Etat du 22 octobre 1987 : L’intention vaut-elle l’acte ? / Par le colonle (E/R) Oumar Ould Beibacar 29 October, 2015 – 10:10

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Le noyau concepteur du coup d’Etat est né fin 1986-début 1987. Il était composé de six lieutenants : Sarr Amadou, Diacko Abdoul Kérim, Boye Alassane Harouna, Bâ Abdoul Khoudouss, Bâ Seydi et Sy Saïdou. Le lieutenant Sarr Amadou en était le chef, l’animateur et le coordinateur. De multiples erreurs, fautes et dérives avaient fait que beaucoup de personnes s’étaient retrouvées embarquées dans cette affaire sans y être conviées.
Au départ, il s’agit donc d’un groupe restreint de six officiers, contaminés par le syndrome putschiste local, déjà endémique. Leur première option était de construire patiemment et progressivement une solide organisation militaire clandestine au niveau national, puis, le moment venu, envisager un coup d’État. La deuxième option, plus classique, celle d’agir en déclenchant immédiatement le putsch, l’emporta et aboutit aux résultats, que l’on sait.
Leur objectif était de prendre le pouvoir, en contrôler la réalité, jouer à fonds la carte de l’apaisement, rassurer le pays et les Mauritaniens, tout en préservant le pouvoir conquis. C’est dans ce sens que le colonel Mohamed ould Lekhal était pressenti pour occuper la fonction de chef d’État-major de l’armée nationale. Il avait été jugé que cet officier était intègre, qu’il avait de l’aura et qu’il pourrait, sous contrôle, incarner l’autorité nécessaire à la consolidation du nouveau pouvoir. Le principe du partage du pouvoir avec les arabo-berbères était retenu. Mais son contenu et ses modalités restaient à définir. Changer le nom du pays, le nom de la monnaie nationale, tout cela n’est que de l’affabulation. Des mensonges diffusés par les renseignements généraux pour diaboliser les conspirateurs, largement repris par Jeune Afrique à l’époque.

Victimes d’injustice

Au bout du compte c’est un commissaire de police, treize officiers dont deux capitaines et 11 lieutenants parmi lesquels deux de la gendarmerie, 21 sous-officiers comprenant cinq de la gendarmerie et deux de la Garde nationale, les brigadiers Djibril Ali Malik Sy dit Samuel Do et Kane Ibrahima qui seront reconnus coupables et condamnés par la cour spéciale de justice le 3 décembre 1987. Tous négro-mauritaniens, recrutés pour la plupart en pleine guerre du Sahara, issus, en majorité, de la féodalité toucouleur, victimes de beaucoup d’injustice et de discrimination dans leurs promotions, dans leurs avancements, dans leurs mutations, dans leur vie sociale et professionnelle de tous les jours. Ils avaient agi par orgueil, plus pour défendre leur dignité que pour autre chose.

L’histoire démontrera un jour que ces officiers étaient de braves guerriers, honnêtes, bons croyants, bons citoyens, fiers d’appartenir à cette Mauritanie et dépourvus de sentiments racistes ou ségrégationnistes quelconques. Ils ont été victimes malheureusement de cette redoutable et impitoyable justice d’exception, expéditive et aux ordres, qui a condamné puis exécuté à la hâte ce dimanche 6 décembre 1987, soixante-douze heures seulement après la lecture du verdict, trois officiers considérés comme les chefs de ce groupe, avec pour motif principal d’être les premiers à se réunir pour décider du projet du coup d’Etat.
En dehors du redoutable et téméraire lieutenant de la Marine, aucun des deux autres n’avait un commandement au moment de cette « tentative », le lieutenant Sarr Amadou était en mission d’inspection à Nouadhibou pour le compte de la direction du matériel et le lieutenant Sy Saidou, qui revenait d’Espagne où il effectuait un stage d’application, était encore à l’état-major de la Gendarmerie, en instance de mutation. Le reste du groupe a été condamné à des peines allant de la perpétuité à 5 ans de prison ferme. Seuls sept parmi eux dont le colonel ANNE Amadou Babaly, le taciturne, ont été reconnus non coupables. « Il suffit d’ajouter ‘’militaire’’ à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi, la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique, …», disait Clemenceau.
Certains putschistes accusent un officier de la gendarmerie servant hors de la garnison de Nouakchott, d’autres accusent un officier de la marine de les avoir dénoncés par le biais du BED ou du ministère de l’Intérieur. Mais l’hypothèse la plus vraisemblable accuse un sous-officier de la gendarmerie, de l’escadron de la sécurité présidentielle, qui aurait vendu la mèche par l’intermédiaire du commandant, directeur du cabinet militaire, qui aurait présenté l’intéressé directement devant le président du CMSN afin de déjouer la conspiration en procédant immédiatement à l’arrestation des meneurs.
Enorme bavure
Il semble que c’est cette vigilance exceptionnelle, qui a fait défaut aux différents services des renseignements des forces armées et de sécurité, Police, Armée, Gendarmerie et Garde qui n’ont rien vu venir malgré les moyens mis à leur disposition, qui est à l’origine de la propulsion de cet officier supérieur au poste de ministre des affaires étrangères, puis au poste de ministre de l’intérieur avant d’être chargé de conduire la démocratisation militaire, pour ne pas dire la tribalisation de la Mauritanie, qui aboutira au CMSN ère nouvelle, période qui va durer jusqu’au 3 aout 2005.
Si le projet de ces putschistes d’octobre 1987 avait été dénoncé, en dehors de la période d’exception, ils auraient été tout simplement traduits devant un conseil de discipline et rayés des contrôles des forces armées nationales. L’exécution de ces trois officiers constitue incontestablement, la plus grande bavure du régime d’exception. Il n’est pas évident que ce groupe d’officiers ait commis une quelconque infraction au code pénal car l’infraction se compose de trois éléments : un élément légal, un élément moral et un élément matériel.
Or dans leur cas, l’élément matériel et l’élément légal qui sont déterminants, sont absents. Il n’y avait pas eu d’élément matériel, dans la mesure où il n’y avait pas eu début d’exécution,car l’article 88 stipule : « Lorsque l’une des infractions prévues aux articles 83, 85, 86 et 87 aura été exécutée ou simplement tentée avec usage d’armes, la peine sera la mort. » ; tenter c’est commencer en vue de réussir. Il n’y avait pas eu de tentative puisqu’il n’y avait pas eu de commencement. Le 8 juin 2003, il y avait eu une tentative avec usage des armes, puisqu’il y avait eu début d’exécution.
Il n’y avait pas non plus d’élément légal, puisque les attentats ou complots objets des articles 83 à 87 du code pénal, ne sont considérés comme infractions contre l’autorité de l’Etat, que « quand ils sont dirigés contre des régimes constitutionnels ». Or le 22 octobre 1987, la Mauritanie était dirigée par un régime d’exception, usurpateur, qui avait dissout la constitution et qui gouvernait en maître absolu, comme dans un territoire conquis. Certes il y avait bien une intention de prendre le pouvoir par la force qui constitue l’élément moral mais il n’est pas suffisant pour constituer l’infraction.
L’exécution de ces trois officiers constitue donc un assassinat extrajudiciaire, assimilable à un accident de travail comme pour le cas, de deux de leurs compagnons, morts de mauvais traitements et de malnutrition dans le mouroir d’Oualata. Dans ce cas l’Etat mauritanien doit payer la diya aux ayant-droits, et les intéressés doivent tous figurer en bonne place sur la liste de nos martyrs. Les martyrs de la nation. Les autres victimes rescapées doivent aussi obtenir une juste réparation pour tous les malheurs qu’ils ont subis, y compris pour l’exil.
Les véritables acteurs, qui pouvaient agir efficacement ce 22 octobre et qui avaient échappé miraculeusement à la peine capitale, étaient le capitaine Sy Bocar, directeur adjoint du cabinet militaire et les lieutenants Ngaidé Aliou Moktar, commandant de l’escadron de sécurité présidentielle qui aurait eu pour mission de neutraliser le président du CMSN et ses proches collaborateurs, Dia Abdarrahmane, officier de permanence à l’état-major national, Kane Mamadou de la 6ème région militaire, et Diacko Abdoul Kerim du 1er BCP.
Le cas du colonel ANNE Amadou Babaly
Le colonel ANNE est un brillant intendant, l’un des pères fondateurs de l’armée nationale, réputé pour son intelligence, sa modestie, sa courtoisie et surtout pour son honnêteté intellectuelle. C’est lui qui, deux années auparavant presque jour pour jour, le 29 octobre 1985, avait décliné poliment l’offre du chef de l’Etat le nommant chef d’état-major national, en remplacement de son frère, feu le colonel Yall Abdoulaye, au prétexte qu’en sa qualité d’intendant il n’était pas le mieux indiqué pour commander l’armée nationale. Il avait proposé au président de nommer à sa place, le colonel Jibril Ould Abdallahi qui avait, selon lui, de meilleures prédispositions pour cet emploi. C’est ainsi que ce dernier avait été nommé le même jour, chef d’état-major national.
Cette réaction digne et spontanée, on ne peut plus correcte, faite dans le bureau du chef de l’Etat et en présence du colonel Jibril, démontre à elle seule que cet excellent officier n’avait aucune ambition pour prendre le pouvoir par la force, et qu’il n’était animé d’aucun sentiment sectaire ou ségrégationniste quelconque. Au contraire, ce comportement montre toute la noblesse de l’homme, sa très grande vertu, son sens élevé de l’honneur, du devoir, de la fraternité, de l’amitié, et son respect absolu de la déontologie de l’officier.
Aveuglé par le pouvoir, le président du CMSN avait oublié ce noble geste du 29 octobre 1985, et avait cherché en vain, à compromettre inutilement, son compagnon d’armes, dans cette désagréable aventure.
Ainsi, ce grand officier s’était trouvé en très mauvaise posture, devant une confrontation surréaliste, qu’on lui imposait avec de jeunes officiers dont la plupart pouvaient être ses enfants, et qui n’étaient liés à lui que par le respect dû à son rang, à son âge et à la considération réciproque, sentiments très appréciés en milieu poular. A l’issue de cette épreuve difficile, le colonel Anne était sorti grandi.
Le héros
Le lieutenant Bâ Seydi de la Marine Nationale condamné à mort, s’était particulièrement distingué par son orgueil, son courage et sa témérité depuis l’enquête préliminaire jusqu’au poteau d’exécution. Pendant la phase instruction, lorsqu’il avait été confronté avec certains de ses subordonnés, il avait dit au juge d’instruction : « Monsieur le juge, mon honneur d’officier m’empêche d’accepter d’être contredit par mes subordonnés, c’est pourquoi je vous demande de considérer comme vrai tout ce qu’ils vous disent me concernant ». Après le verdict, il avait dit à ses avocats : « On avait aucune intention de massacrer qui que ce soit, mais on avait bien l’intention de prendre le pouvoir par la force. Et si c’était à refaire, je suis prêt à recommencer. »
A quelques minutes de son exécution, on lui avait demandé, comme en pareille circonstance, s’il avait quelque chose à dire ou des souhaits à formuler. L’audacieux lieutenant a répondu sereinement à son avocat maître Mohamed Cheine Ould Mouhamadou, avant de regagner le poteau d’exécution: « Oui maître, j’ai deux commissions et un témoignage. La première commission concerne mes parents, ma mère et mon père. Ils sont venus de Boghé et ont beaucoup souffert en apprenant mon arrestation. Ils souffriront encore plus en apprenant mon exécution, je te demande d’aller les voir pour leur demander de me pardonner. La deuxième commission concerne mon frère qui travaille dans une banque de la place, il faut le voir pour qu’il paye une dette de 7000 ouguiya à mon créancier, un boutiquier aux environs de l’hôpital national. Quant au témoignage je voudrais vous prendre à témoins. » Puis il prononça la chahada en arabe: «J’atteste qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que Mohamed est son prophète. »
L’avocat lui avait promis de payer lui-même cette dette et qu’il ferait sa commission pour ses parents immédiatement.
Attachés tous les trois sur les poteaux d’exécution, tenus en joue par trois tireurs à une distance de six mètres, les trois officiers attendaient dignement la fin de leur vie qui ne tenait plus qu’à un ordre du chef du peloton d’exécution. Puis vint le moment fatidique:  » Feu. » Les trois premiers coups partirent, le tireur chargé de tuer le lieutenant BA Seidi le blessa à la hanche, l’officier aurait dit, selon plusieurs témoins, à son bourreau : « Tu m’as blessé, lève le tir, vise très bien ». Seidi BAH. Seidi BAH. Seidi BAH.
Par ce comportement exceptionnellement courageux, ce martyr originaire du Fouta, avait démontré qu’il existait en Mauritanie le 6 décembre 1987 à Nouakchott, des hommes qui avaient, devant l’épreuve de la mort, autant de témérité que le martyr Saddam Hussein exécuté par pendaison le 30 décembre 2006 à Baghdad. Enfin, les trois officiers rendirent leur dernier souffle en implorant Allah au cri d’Allah Akbar, Allah Akbar, Allah Akbar. LA ILAHA ILLA ALLAH MOHAMEDOUNE RASSOULOU ALLAH.
Puisse ALLAH le tout puissant, accueillir nos martyrs dans son paradis. Puisse-t-il faire que la Mauritanie se réconcilie un jour avec ses enfants du Fouta, du Walo et du Guidimagha

Source crédit: lecalame.info

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La limite du FAUX face au JUSTE à terme… !!!

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À observer de près, sous nos cieux, tout Homme public qui tient les discours d’un Homme d’État, sera difficilement célébré par son giron originel (communauté ou tribu). Le peuple mauritanien est imaginaire aujourd’hui, et à sa place, nos tribus et ethnies s’activent pour que leurs voi(e)x soient entendues comme tribales et communautaires d’abord au détriment d’une voi(e)x HUMANISTE, MUSULMANE et CITOYENNE. Alors que dans nos réalités actuelles, ceux qui croient sincèrement à cette voi(e)x doivent accepter et endurer le statut d’un « prophète banni » par les siens, et leur salut viendrait par les prêches auprès d’autres rares « prophètes bannis » ailleurs.

Comme qu’il n’y a pas de peuple mauritanien proprement dit pour un État moderne, point d’étonnement de voir le pouvoir central gérer l’Élément Public selon les références et les considérations tribalo-ethniques. Et si ceux qui combattent ce pouvoir en place, s’organisent sur les mêmes bases, la logique du « Sur Place » est un passage obligé vers le néant à terme.
Nos mouvements politico-associatifs sont rarement citoyens et nationaux, mais plutôt des compromis labelisés pour la communauté, la tribu ou la race.
Cet exercice primitif de la CHOSE POLITIQUE profite à ceux qui avaient raflé la mise au commencement de l »Histoire, c’est-à-dire pendant la préparation du départ de l’occupant colonisateur.
Le génie avait été de légitimer leurs tribus comme la première référence de la Nation et faire accepter aux autres qu’ils sont minoritaires. L’ossature pour la fondation de toutes les Nations Modernes, qui est l’éducation avait été l’outil efficace de défaire méthodiquement les références nationalistes transcommunautaires avant l’indépendance. La stratégie a été, il faut les rendre médiocres par des réformes de l’école d’une période à une autre, ainsi la domination s’affermit peu à peu et à long terme. L’imposition de l’Arabe comme langue officielle ayant primauté, avait été le coup fatal qui a écrasé l’idéal d’une Nation Juste. Si on vivait dans un ensemble territorial régi et dirigé par les vraies valeurs islamiques du temps de Oumar Ibn Khattab, tout le monde aurait choisi l’Arabe par choix d’office probablement. L’Arabe par/pour l’ISLAM passe bien même à l’échelle nationale , mais si elle est utilisée pour d’autres visées dans cette Mauritanie dite République Islamique alors que l’ordre régnant est foncièrement tribalo-communautriste, d’où le débat sur son vrai statut. Dans l’ordre actuel des choses, le Français, langue du colon est celle qui garantit au mieux la cohésion nationale, la justice entre citoyens et la bonne marche de l’administration générale de L’État.

Tous musulmans et le Coran est en Arabe… Oui mais… !!!

Ibn Taymyya disait que l’état d’un territoire ne dépend pas seulement de la nature de l’ordre étatique, mais surtout de la situation des populations qu’y vivent. Chez nous, les non-arabophones ont compris que l’arabisation de l’ordre étatique ne se fait pas au nom de l’islam, mais pour des motifs hégémoniques au nom du panarabisme. Les arabophones s’accrochent à l’Arabe en l’imposant aux autres , pas comme canal de transmission des sciences Islamiques en premier lieu, mais il s’agit de figer définitivement le caractère Arabe de la Nation. L’extrémisme pour l’Arabité concerne les arabes et eux seuls, et l’extrémisme pour l’ISLAM est autre chose. Aujourd’hui, si on appliquait les principes fondamentaux de Justice et d’Équité de l’ISLAM, le Français s’imposait comme langue d’État surtout cet État hybride tribalo-ethnique plus qu’islamique. Le pire qui puisse arriver à une personne ou une entité dite musulmane, c’est de vouloir tromper au nom de l’islam. On sera confondu amèrement et le seul remède valable serait de revoir nos intentions premières.

Tout mauritanien se doit de méditer sur ses intentions premières concernant nos prêches sur tous les fronts.

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Regardez « olaadani avec Dramane Camara 16 10 2015 » sur YouTube

L’émission Olaadani en soninké :

À écouter attentivement l’intervention de Kamara Dramane, le membre de la commission des concours en Mauritanie.

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L’IRA, le vrai sens de son combat…. !!!

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On voudrait savoir ce que le Raïs Ould Abdel Aziz dira dans ses mémoires à propos d’IRA ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste)  de Biram Dah Abeid. Le général faisait l’irruption en 2008, à la tête de la Mauritanie par la voie la plus anticonstitutionnelle, c’est-à-dire un coup d’état en renversant un président civil élu démocratiquement ou coopté par les hommes obscurs de l’armée.
En 2008, L’IRA-Mauritanie voit le jour aussi et le coup d’état dit rectificatif soutenu finalement et bizarrement par les uns et les autres parmi la classe politique classique, scelle définitivement le cas SIDI. Depuis 2008 et la petite parenthèse calculée de mise à l’écart du général, il semble tout contrôler sauf IRA de Biram Dah Abeid et ses amis. L’une des facettes d’IRA qui fait vaciller les services du Raïs et ses soutiens complices parmi les milieux dominants, est celle d’être détribalisée, décommunautarisée et transcommunautaire. Le génie d’IRA-Mauritanie serait d’être clivante et transversale à la fois, les victimes sont humaines et musulmanes d’abord avant d’être d’une telle couleur, d’une telle tribu ou d’une telle communauté. Les hommes d’IRA ont interpellé les bonnes consciences que sous le label ressassé d’un pays 100% musulman vivant dans une cohésion sociale légendaire, certains livres centenaires qui chosifient l’Être Hmain continuent d’être étudiés et les contenus calqués sur les réalités sociales d’une large frange de la population.
Point de liberté sans se défaire du carcan tribalo-ethnique, et les hommes d’IRA ont su certainement le faire dans leur giron originel. Ils ont compris vaillamment que l’esclavage et ses différentes manifestations tiennent leurs racines à partir des convenances tribales et ethniques. Quelle tribu ou quelle ethnie s’est manifesté par une déclaration anti-esclavagiste ou en soutien aux abolitionnistes combattus par le pouvoir central. A-t-on entendu le moindre mot de la part d’un représentant de la tribu dite originelle du leader d’IRA Biram Dah Abeid primé aux Nations Unies en 2013…???

S’il était nommé ministre dans ce pays tribaliste et communautariste, il aurait été célébré en digne champion d’une tribu en concurrence avec une autre sur l’élément NATIONAL.
La logique d’IRA est la suivante; tous ceux qui subissent l’ordre injuste tribal, ethnique et étatique sont musulmans, et ceux qui tiennent les manettes des tribus, des ethnies et de l’Etat se disent également musulmans, d’où la nécessité de convoquer les différentes lectures faites de L’ISLAM jusqu’alors. Les milieux dominants soutiennent le clergé tribalo-ethnique qui dit défendre l’islam en TOUT et PARTOUT, tout en oubliant la condition historique de servitude que vivent les autres d’à  côté. Ce clergé tribalo-ethnique n’adhère qu’à l’islam à coloration tribale et ethnique, c’est-à-dire dire celui qui légitime les petits arrangements distordus et hérités d’avant l’islam. L’IRA croit à l’islam dépoussiéré de tous les arrangements de la tribu et de l’ethnie qui entretiennent le DÉTERMINISME et  conditionnent les faibles d’une génération à une autre à travers le temps et l’espace. Il faut bien laisser les Hommes devenir pleinement musulmans par l’islam tout court, sans les balises louches de la tribu ou de l’ethnie. Je ne m’évite de penser à l’approche du cheikh al-islam Ibn Taymyya au 13 siècle qui dénonçait l’accaparement des cerveaux de croyants par certains milieux dits soufis qui servaient les puissants dans la société.
L’histoire retiendra que l’idéologie d’IRA pour la place de l’Humain et le Musulman dans cette Mauritanie, est un tournant historique pour les JUSTES de tous bords.
HUMAIN et MUSULMAN avant d’être Bambara, Beydane, Peulh,  Haratine, Soninké ou Wolof, donc faire du mal à l’Homme Musulman dans un pays dit musulman, c’est faire du mal à TOUS finalement. Il faut bien l’accepter courageusement que ce sont bien nos tribus et les ethnies qui font du mal à l’Homme Musulman chez nous, et l’esprit de l’islam est libérateur pour l’Homme par essence, des ténèbres vers la lumière.
On oserait être sûrs que les détenus d’Aleg, Biram Dah Abeid, président d’IRA-mauritanie et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane, représentent une référence historique plus importante que même 10 mandats présidentiels dans cette Mauritanie.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Le pouvoir, c’est servir toute la JUSTICE d’abord….!!!

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Le pouvoir, c’est servir d’abord la justice et par la justice avant de se servir autrement sinon il sera naturellement contesté. Tout ce qui s’organise injustement à toute échelle doit s’attendre à être dénoncé à court terme et combattu à long terme. L’injustice crée elle même les conditions de son déclin à terme.

Un exemple d’exercice du pouvoir pour nos dirigeants arabo-musulmans d’aujourd’hui: Dans la série « Umar Ibn Khattab », un personnage (émissaire byzantin) venu rencontrer le deuxième calife à Médine et étonné de la sobriété qui entourait le chef d’une telle armée qui les a vaincus quelques temps avant disait : 《 un homme peut apprendre de son adversaire ce qu’il ne peut pas apprendre avec son ami》

En effet, il n’a trouvé aucun garde corps et ni cordon sécuritaire avant d’accéder au calife Umar (ras) qui était assis sur le sol sans siège particulier, l’émissaire disait :《 un dirigeant juste ne craint ni complots, ni trahison et encore moins une vengeance, alors que chez lui par leur faste démesuré, leurs rois injustes s’enferment dans des palais bien garnis craignant les complots de tout genre.》
#SérieOmar

Le système de castes: les Hommes ne se valent pas.

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En Mauritanie, la jonction possible de la problématique de l’esclavage  (couche haratine victime) et le système de castes régissant presque toutes les autres  communautés nationales , surgit fréquemment dans les débats à divers niveaux (réseaux sociaux, plateaux télé et d’autres). Et ceux qui se jouent en premier de ce rapprochement, trouvent aisément une échappatoire calculée afin de soulager leur conscience face aux conséquences de l’ordre esclavagiste et ses dérivés béants. Les seconds souvent se trouvant interpellés à vif, tentent expressément d’indexer la gravité de l’ordre esclavagiste affectant une frange de la communauté Haratine, et par un détour lisse et moins fouillé, le système de castes apparaît comme un modèle gentil avec des vertus enviées pour tous les segments de la société castée.

L’ordre esclavagiste se singularise par la chosification de l’Homme esclave qui est conditionné à lier le sens de son existence qu’en étant au service de son maître. Et ce dernier dénie implicitement à l’esclave toutes les références valeureuses en vigueur entre les gens normaux dans la société. Par cette flagrance, l’indexation d’un pareil système inique et injuste, est aisé car les deux univers (exploitant et exploité)  se distinguent de fait.

Quand au système de la hiérarchisation par castes sociales, l’approche classique le présente comme un régime de partage du travail et une régulation sociale et sociétale . Dans ce système, on croit lier le statut social et coutumier d’un individu au métier qu’il exerce, et de ce fait, si chacun occupait  sa place selon ses compétences pour la bonne marche du Tout interdépendant, tout serait presque parfait. Mais qui occupe quoi dans ce système dont certains parmi les voix autorisées qui appellent à un progressisme osé à l’échelle nationale de la part nos concitoyens arabo-berbères, peuvent citer aisément les différentes couches et leurs fonctions dites louables,  mais évitent sournoisement de nommer la caste d’extraction servile. En effet, on voudrait faire croire que  la caste griote par son statut coutumier , est une nécessité pour la transmission et l’entretien du prestige mémorial de ceux qui dirigent par l’ordre féodal sur le matériel et l’immatériel. Dans un magma primitif truffé des non-dits, l’ordre féodal règne en douceur à travers différentes manifestations et cérémonies à caractère sociétal et social, et surtout même improprement appelées « culturelles ». Ainsi la promotion dite culturelle d’une société castée ne peut échapper à une certaine réaffirmation du puzzle coutumier casant les uns et les autres pour le bon fonctionnement du système.

Il peut être admis aisément par tout observateur sincère parmi Nous (Noirs mauritaniens en premier et d’autres) , que nos sociétés hiérarchisées se composent d’une caste dite supérieure et d’une autre dite inférieure. En effet, la dite supérieure tient l’ordre du système en complicité généralement avec d’autres castes intermédiaires qui y tirent différents privilèges dans le temps et l’espace.

Et la caste dite inférieure et la citoyenneté dans ça…!!!???

Le système des castes se reconnaît facilement féodal, mais se refuse naturellement d’être esclavagiste de fait. Bien que le féodalisme et l’esclavagisme se définissent plus par un état d’esprit particulier  qui dépasse l’élément racial, les milieux féodaux et les esclavagistes veulent s’éviter en public. Et pourtant les uns et les autres peuvent avoir des affinités fines sur tout ce qui a trait à la direction des affaires communautaires, tribales, ethniques et même étatiques .

Dans le système des castes, le statut coutumier d’esclave existe et s’entretient sournoisement dans le temps et l’espace. La caste d’extraction servile est de loin la plus lésée et stigmatisée de la stratification sociale qui régule le socle d’identification de chacun d’entre nous. Par évidence la caste esclave ne subit pas l’esclavage proprement dit aujourd’hui , mais est appelée à se soumettre à un conditionnement faisant d’elle, la dévouée aux rôles sociétaux les moins enviables (danses, travaux physiques, langage grossier, et auto-dévaluation par rapport aux autres). Un type casté esclave doit savoir assumer ouvertement qu’il serait indigne d’accéder à certains cercles d’échanges et de responsabilité, et que son honneur dans le groupe dépend d’une subordination à la famille de son maître par ascendance matrilinéaire. Un tel casté abreuvé à cette « sauce » déterministe, pensera que même La Miséricorde d’Allah azzewejel envers les Hommes devrait respecter cet ordre foncièrement discriminant par déterminisme de naissance. Cependant la caste dite inférieure a pour fonction première de servir aux tenants du système, une référence d’indignité et une couche sociale de sang impur frappé d’une damnation éternelle parce que ayant subi l’ordre esclavagiste d’antan. Ainsi très souvent, le casté esclave n’est pas une victime comme les autres, car il se plaît étrangement dans un ordre qui nie explicitement sa Dignité d’Être et d’Avoir en fonction de ses capacités intellectuelles et physiques.

Comme dans un régime esclavagiste, les hommes ne se valent pas non plus dans une société où règne le système des castes. En effet, dans les deux  cas on accorde peu d’importance aux notions comme citoyenneté, droits humains,  démocratie et égalité. Sinon pour certains de nôtres, le prêche pour l’exercice de ces notions varie selon l’endroit concerné  (le village ou le pays). Certains peuvent dénoncer un ordre étatique dit à dominance beydane et en appelant à plus d’ouverture progressiste sur l’élément NATIONAL, mais s’avérer être des conservateurs zélés de l’ordre féodal qui sévit dans leurs TERROIRS. On croit être en droit légitime d’indexer le vrai-pouvoir dit Maure, et par une gymnastique d’esprit, nos villages sont considérés comme des principautés. Dans ces dernières où certains dont les ancêtres subirent l’ordre esclavagiste et ayant participé vaillamment à l’installation des sites villageois , sont frappés d’illégitimité éternelle sur le matériel et l’immatériel. Ainsi d’un ordre à un autre, ton voisin du village est perçu tantôt comme un citoyen conscient avec qui on doit lutter pour nos Droits politiques, et tantôt comme un élément perturbateur menaçant la dite cohésion tribalo-ethnique. En effet, il est pertinent de faire comprendre à ceux qui jurent par l’exclusivité du droit presque divin de la chefferie coutumière dans nos communautés féodales, que le contrôle quasi exclusif des leviers régaliens de l’État Mauritanien par la dite minorité arabo-berbère serait une norme respectant la logique des choses finalement. Dans ce pays dénommé Mauritanie, certains Maures conditionnés par l’idéologie panarabe et nationaliste, se servent des mêmes références  déterministes et exclusivistes que certains milieux féodaux sur la gouvernance des affaires publiques. C’est ainsi, être nés égaux en Droits et en Devoirs n’aura pas la même  saveur selon l’échelle nationale ou intra-communautaire. De ce fait, l’engagement pour les Droits humains, s’assume à la carte en fonction des échelles.

Certains milieux engagés pour l’émergence d’un État de droit en Mauritanie veulent minorer les écueils de l’ordre féodal basé sur le système de castes en vigueur. On voudrait admettre que la problématique de la féodalité serait un faux débat et une simple histoire de complexés. D’autres veulent assurer qu’ils auraient réglé et dépassé les injustices liées au système de castes , par des pièces théâtrales dans le passé, alors qu’aujourd’hui en 2015, beaucoup feignent d’éviter par une gêne inexpliquée et suspecte, tout débat sur la question. Il est beaucoup question de culturel ici et là, mais nous devons accepter humblement et courageusement que le culturel peut être source d’injustice et des stigmatisations pour les consciences de certains parmi nous. Il faut bien rappeler aux proclamés porte-étendards engagés de la sphère politique et de la société civile, qu’il faudrait un réflexe sincère d’empathie pour mener les engagements avec une COHÉRENCE tant souhaitée et nécessaire.

Kundu Sumare

SoninkIdees-J’ose by K.S

Drôle de dialogue :Les sables sont mouvants mais Tout est en équilibre… !!!

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Apparemment ces jours-ci , chez le « Mauritanien », on s’essaie au nom du dialogue pour un dialogue de nom. Il semblerait que presque tous ceux qui palabrent au nom de ce dialogue de nom, sont attachés à la personne du Raïs, mais divergent sur la nature et le partage du « BUTIN ». S’il y’a vraiment dialogue, s’il serait Tout sauf NATIONAL et INCLUSIF.
Il serait plutôt une conclave des soutiens du président qui a tout fait pour maintenir une opposition classique (FNDU) dans un cadre légal et piégé. Une opposition dite institutionnalisée ne peut s’éviter d’être contrôlée à distance.
Tous les moyens de pression qu’une opposition sérieuse et engagée doit avoir, sont en partie convenus avec le pouvoir en place. Une opposition qui boycotte mais s’entretient en même temps dans l’organe lucratif et reconnu par son statut, basé sur une direction tournante. La mouvance présidentielle est satisfaite d’une opposition qui évite la pression par la rue, mais fait de la « politique intra-muros » dans l’opposition classique. Cette derniere passe beaucoup de temps en manoeuvres à se faire incarnée par une figure, et quelques sorties seulement via des communiqués du « sur place ».
Vous imaginez une marche hebdomadaire de cette opposition dite institutionnalisée contre le péril multidimensionnel qui menace « l’élément NATIONAL »..???
Notre opposition classique paraît comme un régime à côté de l’autre et on dirait qu’ils sont dans un Jeu non compris par les non-avertis, où Vouloir le Changement est dit partout, mais tout tourne dans les discours sans actions concrètes sur le terrain à long terme.
Si c’était leur véritable dialogue au final, c’est-à-dire ayant le consensus que chacun respecte le régime de l’autre en attendant et pour le reste, on meuble par les discours plus ou moins balisés.

Des dialogues, mais pas d’un DIALOGUE de ce NOM.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Détenus d’Aleg :Un bref PhotoReportage sur la manifestation du 05 septembre 2015 à Paris

Une partie valeureuse de la diaspora mauritanienne en France, a participé à la manifestation organisée par le comité de soutien aux détenus d’Aleg, le président d’IRA-mauritanie Biram Dah Abeid, son vice-président Brahim Bilal Ramdhane et Djiby Sow, le président de KAWTAL élargi provisoirement.

Les manifestants se sont donnés rendez-vous à la place Trocadéro vers 14h heure française, avant de prendre le chemin vers la représentation diplomatique de la Mauritanie à Paris dans le 16 ème arrondissement.
Des slogans demandant la libération des détenus d’opinion et l’application du Droit en Mauritanie d’une manière générale. Il est à noter la présence honorable dans le cortège du vice-président de SOS RACISME, en la personne de Brahim Sorel Keita qui a pris la parole après la lecture de la déclaration par Mr Niang Souleymane, l’un des membres du comité de soutien. Une copie de la déclaration a été déposée dans la boîte courrier de l’ambassade, à la suite des vifs appels scandés par les participants dénonçant toutes les injustices multidimensionnelles qui sévissent en Mauritanie.

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La lecture de la déclaration par Mr Niang Souleymane, membre du comité de soutien.

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Prise de parole du vice-président de SOS RACISME, Mr Keita.

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Mr Brahim Ali d’IRA-France

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Mr Dieng Cheikh, membre du comité de soutien.

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Mr Yaya Mabeel en action.

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Mr Soumaré Moussa, le représentant du candidat Biram Dah Abeid au Guidimagha, pendant les présidentielles 2014.

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Merci à tous, seule la vérité est révolutionnaire… !!!

SoninkIdees-J’ose by K.S

En exclusivité, l’interview-vérité de la militante d’IRA-Mauritanie, Mariem Cheikh Dieng.

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Ce Mardi 30 juin 2015, notre blog Soninkideesjose.wordpress.com a rendez-vous avec la militante d’IRA-Mauritanie, Mariem Cheikh. L’entretien avec la native de la ville minière Zouerate a été très instructif. En effet l’ex-détenue abolitionniste nous a accueillis à quelques heures de son départ pour Bruxelles, au coeur de Paris pour l’interview qui suit… Bonne lecture. Seule la vérité est révolutionnaire.

Soninkidees-J’ose: Bonjour Madame Mariem Cheikh

Mariem Cheikh: Bonjour

S-jose: nous vous remercions d’avoir accepté notre rencontre, pourriez-vous parler brièvement de votre biographie ainsi que votre engagement abolitionniste en Mauritanie ?

MC: je m’appelle Mariem Cheikh samba Dieng, née en 1983 à Zouerate. J’ai des parents conscients de la condition des Haratines en Mauritanie, mon père militait dans le mouvement ElHor, l’ancêtre de tous les mouvements abolitionnistes et anti-esclavagistes, AC, S.O.S Esclaves et d’autres.
J’étais très tôt confrontée à certains comportements bizarres de mon maître en deuxième année de l’école primaire à Zouerate. La première bizarrerie était que les élèves de ma classe avaient été divisés en deux rangées, l’une composée de haratines et autres, et l’autre de arabo-berbères ( Maures) et en donnant comme motif la différence de niveaux . Notre maître de l’époque était arrivé en fin de premier trimestre de l’année scolaire.
La deuxième bizarrerie m’avait visée personnellement, un jour quand le maître rendait nos notes, il commença par ma note, la première de la classe, mais par mon Mariem Cheikh, il sembla être surpris me voyant lever la main. Il s’attendait que ce nom soit porté par une petite mauresque, et finalement ce jour les notes n’avaient pas été distribuées. Le lendemain, il donnait les résultats en m’attribuant la quatrième note de la classe. Je faisais appel à mon père qui était arrivé à l’école, chez le directeur pour constater mon cas. Cet incident causa un mini-tremblement parmi les enseignants, et notre maître arguant qu’il s’était trompé, subissait un coup d’alerte. Alors le temps passant , j’ai pris conscience que l’engagement devenait un impératif vital, tout en pensant à l’écrasante majorité des Haratines dont les enfants ont peu de chance d’aller à l’école par un suivi parental et consciencieux.
Ceux comme moi dont les parents très soucieux quant à l’avenir de leur progéniture, sont bloqués et brimés dans le système éducatif, les autres enfants déshérités vont se trouver dans le néant et resteront dans les mêmes conditions de dépendance vis à vis de leurs maîtres.

S-jose: Quelles sont les dernières nouvelles sur le cas judiciaire de prisonniers d’Aleg, le président Biram Dah Abeid, Brahim Bilal et Djiby Sow en Mauritanie…???

MC: je pense que vous êtes au courant que le camarade Djiby Sow souffrant , président de Kawtal a bénéficié d’un élargissement provisoire, pour le reste, le dossier judiciaire de nos leaders n’a pas suivi un circuit normal dès le départ après leur transfèrement à la prison d’Aleg pour des motifs obscurs. Le président Biram Dah Abeid est un homme du Droit, et ils refusent tout jugement en appel en dehors de la circonscription judiciaire d’origine, c’est-à-dire à Rosso ou Nouakchott.

S-jose: quel est l’objet de votre voyage en Europe ces derniers jours…. ???

MC: Mon voyage rentre dans le cadre de la sensibilisation des opinions européennes sur le cas de la Mauritanie en matière des droits humains .
À travers nos partenaires de la société civile et des humanistes soucieux, nous comptons interpeller les autorités européennes qui traitent avec la Mauritanie, afin d’allier leurs coopérations économiques aux problématiques des droits humains. J’estime que certains pays européens ne sont pas étrangers historiquement à ce qui se passe dans nos pays. Par exemple, la France coloniale avait bien pactisé avec les milieux dominants, qu’elle n’avait pas suffisamment oeuvrer pour une véritable abolition des pratiques esclavagistes dans les faits. En 1960, comme bien avant, les autorités coloniales savaient que l’écrasante majorité des Haratines était sous le joug esclavagiste arabo-berbère et nous vivons les conséquences directes de cette situation inhumaine aujourd’hui. Donc une certaine complicité de la France est à souligner dans ce sens, ce qu’on doit diffuser auprès de la société civile européenne.

S-jose: selon vous, pourquoi les autorités mauritaniennes refusent toujours d’écouter le discours de la mouvance abolitionniste dont IRA qui se proclame pourtant pacifiste… ???

MC: l’Etat mauritanien s’est construit autour d’un système Maure où ce sont les tribus qui s’approprient du Bien commun pour partager au nom d’un prestige familial. Ils sont extrêmement minoritaires mais détiennent le coeur fonctionnel du pays, et ils veulent s’accrocher à cette situation injuste à l’endroit des autres composantes comme la seule norme qui vaille. Tous ceux qui s’activent courageusement contre leur projet inique, par un discours de vérité sont taxés d’extrémistes. L’IRA paie par des sacrifices dans tous les domaines, son engagement pacifique, véridique et ferme. Les autorités veulent nous diaboliser mais, avec le temps tout le monde constate que c’est à partir des soutiens du système que le diable surgit, avec ces Ulémas qui sont bousculés dans leurs certitudes sur l’esclavage en Islam.
Je tiens à vous signaler un détail technique sur les nouvelles cartes d’identité dites biométriques, le document est en couleur sauf la photo, un détail qui n’est pas anodin. Les manœuvres de ceux qui pilotent le fichier démographique, sont entre autres de faire une confusion certaine sur le poids démographique des uns par rapport aux autres. En effet par les noms uniquement, on confond les haratines avec les arabo-berbères alors que la photo en couleur aurait pu les différencier facilement. C’est une manigance venant des milieux suprématistes arabo-berbères pour gonfler leur nombre à tort, car sur la carte d’identité issue du recensement de 1998, la photo était en couleur, pourquoi celle de 2010 est en noir et blanc…???

S-jose: quels conseils donnez-vous aux activistes de la diaspora mauritanienne en France… ???

MC: d’abord je salue votre courage avec les manifestations et les sit-in que vous faites ici. je ne suis pas d’avis de ceux qui pensent que l’engagement c’est sur le terrain au pays seulement, mais le travail fait par la diaspora compte énormément à l’international. Vous devez redoubler de motivation afin d’interpeller par vos contacts les ONG et les associations dans vos pays d’accueil. Vous devez éviter les clivages inutiles aux relents communautaristes qui ne profitent à personne finalement. Essayez de ne pas gratter l’histoire pour légitimer ou délégitimer en s’accusant les uns les autres pour le leadership, car Dieu sait historiquement, que chaque communauté peut titiller une autre sur quelque chose. Par exemple les haratines ont vécu l’esclavage depuis des siècles dans cette zone bien avant l’arrivée des colons, mais leur sort n’intéressait pratiquement personne afin de les défaire de ce joug psychologique et physique de l’esclavage. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire partout.

S-jose: une femme engagée a-t-elle des difficultés particulières dans la défense des droits humains en Mauritanie… ???

MC: au début avec l’émergence féminine dans l’activisme abolitionniste, les autorités nous ont visées par la violence physique lors des manifestations, cela nous a plus donné de la détermination. J’ai été emprisonnée après l’affaire de Rosso concernant nos leaders, le pouvoir pensait nous intimider par la force, mais peine perdue. Sur le plan professionnel, je paie sans doute mon activisme, car j’aurai peu de chance de trouver emploi même par concours d’état, et dans le privé même pas dans mes rêves.

S-jose: nous arrivons à la fin de notre interview, nous vous souhaitons un bon voyage et du courage.

MC: Merci, je vous remercie.

Propos recueillis par Kundu Sumare

Paris, le 30/06/2015
SoninkIdees-J’ose

LA FIERTÉ SONINKAAXU EN QUESTIONS

Connu pour être le peuple qui dirigea l’empire du Ghana (wagadu) entre 5ème et 11ème siècle, les soninkos se trouvent principalement dans 4 pays Ouest-africains (La Mauritanie, Le Mali, LeSénégal et La Gambie).En dehors de ces pays d’origine, des fortes diasporas sont présentes dans plusieurs pays (En Europe, En Amérique et En Afrique centrale). Islamisés depuis plusieurs siècles, les soninkos s’accrochent à leurs coutumes et traditions ancestrales qui régissent leur vivre-ensemble.
Par ce fait, dans l’imaginaire collectif soninké, on peut constater une fierté quasi hautaine par la qualité d’être soninke.Notre modeste travail de réflexion consistera de disséquer cette fierté Soninkaaxu dans son aspect culturel, social-politique et religieux.

Nous tenterons d’apporter un éclairage réfléchi sur certains termes (promouvoir la culture, le mariage, la solidarité et la fraternité) et leurs réalités concrètes dans la société soninké. A la naissance d’un bébé soninké, nos félicitations et nos salutations vont aux parents avec passion et dévouement. Au jour du baptême du bébé, notre invocation-prière la plus répandue à l’endroit du nouveau-né et ses parents est la suivante : Qu’Allah le rende meilleur que ses parents dans le bien évidemment.. !!! Dans l’imaginaire collectif soninké, cette prière porte l’espérance que le nouveau-né soit fraternel, respectueux, solidaire et en tout un bon soninké épousant son milieu passivement selon les règles, les us et les conditions en place. Cette logique de vouloir conditionner l’être humain dès son bas âge constitue les premiers jalons du système des castes. Quiconque comprend le système des castes, aura compris une grande partie de ladite fierté Soninkaaxu.Ce système se base sur une hiérarchisation bien entretenue des différents groupes qui composent les soninkos. Cette hiérarchisation sociale est perçue différemment selon le groupe auquel l’individu appartient. En effet l’individu peut la subir ou la faire subir aux autres. Dans ce cadre spécial se forment des groupes spécifiques où l’individu quel que soit ses capacités physiques et intellectuelles innées est soumis à un déterminisme par naissance selon les bonnes convenances Soninkaaxu.

Qui sont ces différents groupes qui forment ce système quasi divinisé par la fierté Soninkaaxu. ??? 
Nous distinguons 4 castes distinctes et nous verrons brièvement le détail de chacune d’elles et leurs places dans cette stratification sociale.

•        Les Horo ( les nobles féodaux selon les lieux)

Le système est conçu généralement par eux et fonctionne pour eux dans leur promotion de presque droit divin. Dans ce groupe, l’individu est né Horé et il s’arroge selon les bonnes convenances Soninkaaxu le pouvoir politique (chefferie traditionnelle voire plus). Il doit veiller sur le dispositif pour que le système perdure le plus longtemps possible. L’imaginaire sociologique et collectif de ce groupe veut et conditionne qu’il soit le meilleur dans bien des choses en tout lieu par rapport aux autres. Ils peuvent être identifiés par des noms de famille en fonction des espaces géographiques. A ce groupe, on peut assimiler les Mangou qui jouent des rôles d’intermédiaireDe nos jours, certaines familles issues de ce groupe s’enorgueillissent d’avoir des esclaves inconditionnels. Certaines personnes se considèrent comme les seules légitimes à occuper certaines positions honorifiques dans le milieu soninké.

•        Les Modini ( marabouts religieux)

Ce groupe tient un double rôle consistant à cautionner religieusement le bien fondé du système et ses travers et de bénéficier d’avantages par son statut. Le déterminisme par naissance cité plus haut veut qu’un individu de ce groupe soit l’instruit en sciences religieuses et le seul légitime quelque soit son niveau d’études à diriger certaines cérémonies religieuses ou autres.Anciennement les MODINI initient les membres de tous les groupes à l’instruction basique et élémentaire du savoir-faire (prières et autres) de l’islam. Par leur compréhension plus que discutable des principes juridiques de l’islam, ce clergé ethnique n’hésite pas à transposer la fierté-SONINKAAXU (les coutumes ancestrales soninkés) sur les préceptes de l’islam en adaptant ces derniers.

 •        Les Niaxamalani (griots, forgerons et autres)

Composé de plusieurs sous-groupe, ce groupe est sensé détenir la mémoire collective. Ces gens peuvent être des médiateurs sociaux efficaces pour régler les conflits à divers niveaux de la société , mais ils jouent aussi par leur statut un rôle complice pour le maintien du système.Ils estiment que toute ouverture à cette stratification sociale en place serait une régression par rapport au passé soi-disant glorieux de Soninkaaxu. Leur versant moderne se voit par le fait de vanter les fortunes de riches des différents groupes par rapport à leur alter ego moins généreux. Ce groupe est solidaire dans bien des cas avec les deux premiers groupes ( Horo et Modini).

•        Les Komo ( anciens esclaves et reconnus comme tels dans SONINKAAXU) 

Leur statut d’esclaves n’a aucune source islamique valable dans l’histoire ancienne comme récente des soninkos. Ils sont majoritaires presque dans toute entité de groupement soninké. Anciennement possédés par les Horo, les Modini et certains Niaxamalani à travers une exploitation esclavagiste, ces personnes sont les véritables victimes des clichés de la fierté-Soninkaaxu d’aujourd’hui. Le système est conçu contre eux et sur eux, et dans l’imaginaire collectif selon les bonnes convenances soninké, toute promotion dans tous les domaines serait illégitime pour eux. Ils sont bien vus par les autres, s’ils acceptent d’être d’éternels subalternes prédisposés à certains comportements peu enviables (danses, langages vulgaires et autres). Des nos jours l’exploitation esclavagiste n’existe pas dans les faits mais par des séquelles tenaces, les Komo sont liés très souvent à des familles d’anciens maitres qui semblent entretenir leur fierté d’antan.Les KOMO se sont émancipés économiquement et intellectuellement dans le monde moderne devenu un gros village, mais le système Fierté-Soninkaaxu continue d’exercer une influence négative rappelant leur passé et leur statut d’inférieur. En effet cela est marqué par les relations coutumières appelées Laadalamaxu qui organisent tous les rapports sociaux et politiques dans le milieu soninké.Toutes pensées et réflexions qui osent mettre en question ce dispositif vicieux sont taxées de malveillantes à l’endroit de Soninkaaxu.

À ce groupe Komo, on peut rajouter un sous-groupe appelé Dionkourounko, et les personnes de ce sous-groupe se sentent supérieurs aux Komo anciens esclaves qui cultivaient pour les familles féodales. Certains membres du groupe sont marqués psychologiquement et n’osent même pas réfléchir sur le système qui les déprécie tant dans leur dignité humaine.

Après ce court descriptif qui résume à notre sens l’exercice concret de la Fierté-Soninkaaxu à travers les groupes composants, nous nous poserons les questions suivantes :

Comment peut-on promouvoir ce système Soninkaaxu décrit qui sélectionne les honneurs, les fiertés et les dignités de ses membres qui sont tous musulmans… ????? 

En toute sincérité, l’homme soninké s’accrochant à cette stratification sociale peut-il être humainement accompli et ouvert dans ce monde du 21ème siècle… ??? 

Quel sens donnons-nous aux termes Alliés, Solidaires, et Fraternels, si le mariage censé tisser et brasser les peuples du monde dans la paix est proscrit entre nos différents groupes d’une même ethnie… ????

De nos jours, les initiatives par tout type d’associations sont nombreuses dans Soninkara en tout lieu pour la promotion de la culture soninké. Le constat est que les actes réformateurs courageux sont rares pour revoir les rapports entre les différents groupes. On peut même assister à une réaffirmation de cette stratification sociale par certains cercles qui voient par là le socle de l’identité Soninkaaxu. Dans cette optique, promouvoir c’est faire comprendre aux membres de chaque groupe qu’ils doivent entretenir leurs statuts et le faire hériter à leurs descendances.Par une approche contraire, nous définissons « promouvoir Soninkaaxu » par tenir un discours de vérité à nous-mêmes pour construire des bases saines et justes sur lesquelles émergera un nouveau type de « soninké ». Ce nouveau soninké doit se libérer de toutes les convenances hypocrites et mensongères qui fixent le passé accidentel d’un individu stigmatisé à vie par générations.

Le passé d’un individu ou d’un peuple ne s’efface pas, mais il se discute et se critique pour reformer son présent afin d’espérer parfaire son futur.

 Promouvoir le Soninkaaxu en 2013, c’est revivifier la langue soninké, dénoncer les fiertés mal placées basées sur le déterminisme par naissance des uns par rapport aux autres et enfin travailler les mentalités des masses pour l’abandon des raccourcis langagiers qui portent atteinte aux dignités et blessent les consciences de certains parmi nous.
Faire en sorte que l’identité soninké puisse épouser la dignité de l’espèce humaine et la fraternité de la communauté musulmane. 
Notre prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : « le musulman est le frère du musulman, il ne doit pas le tromper ni le trahir. Tout ce qui appartient au musulman est sacré pour le musulman : son honneur, ses biens et son sang. La crainte d’Allah se trouve ici (il dit ceci en indiquant son cœur). Le seul fait de mépriser son frère musulman suffit pour que la personne sombre dans le mal ». Ô chers soninko, ce hadith de notre bien aimé paix et salut sur lui peut nous être très instructif pour revoir la qualité d’être musulman chez nous.

La mixité par le mariage est-ce possible dans soninkaaxu… ???

Par nos convenances coutumières, les castes sociales ne se valent pas, et le mariage source d’alliance, de mélange et de brassage des peuples est proscrit entre certains groupes et d’autres. Nous allons axer notre travail sur le mariage pouvant concerner un individu soi-disant de lignée noble et un autre issu des anciens esclaves.Le mariage, un acte humainement, civilement et religieusement honorable et recommandé est instrumentalisé par la fierté-Soninkaaxu pour sauvegarder la discutable noblesse des familles féodales par rapport aux anciens esclaves. Le pire qui puisse arriver aux gens féodaux, c’est qu’un de leurs se lie par le mariage avec un ancien esclave.Les rapports extraconjugaux déshonorants humainement et interdits(HARAM) par islam sont préférables et même tolérables dans l’hypocrisie qu’un éventuel mariage légal sur tous les domaines (civiques et religieux) .On s’autorise le blâmable indigne et par grandeur imaginaire mal placée, on s’interdit l’honorable, le franc, et le juste. 
Face à cette situation contradictoire née d’un orgueil aveugle, nos religieux sont rares à dénoncer cette fuite en avant, par des avis clairs et tranchants qui choquent.
Et nous nous referons au hadith prophétique suivant d’après Abu Hurayra( Qu’ALLAH l’agrée),le messager d’Allah( paix et salut sur lui) a dit : « lorsque se présente à vous pour une demande de mariage, celui dont vous êtes satisfaits en ce qui concerne sa religion et son comportement moral, mariez-le ! Si vous ne le faites pas, cela engendrera le désordre sur terre et une large corruption. » Pour beaucoup d’entre nos religieux coutumiers, sans analyser les sources de l’esclavage dont il est question en islam, ils héritent et transposent passivement les traditions esclavagistes des arabes, sur leurs semblables de race, de religion et d’ethnie. Certaines jurisprudences conçues par des penseurs arabes, codifient l’esclavage en l’islamisant même, mais par hasard il ne s’applique qu’aux autres peuples non-arabes mêmes musulmans.

Le marabout du Guidimaxa qui légifère sur ses frères taxés d’anciens esclaves ou d’esclaves serait considéré comme un esclave dans l’imaginaire collectif du monde arabe musulman. Dans ce cas, la logique veut que nos penseurs, nos savants et nos étudiants en sciences religieuses reconsidèrent leurs positions de suiveurs passifs de certaines doctrines disant islamiques mais plus que traditions arabes qu’autre chose. Nous constatons un espoir inattendu qui émerge au sein des communautés musulmanes en Europe ; il est plus fréquent de rencontrer un couple mixte « négro-africain et arabe » en région parisienne que dans toute la Mauritanie. Ces jeunes musulmans nés en occident ont compris que l’islam a une philosophie de l’Homme qui ne hiérarchise pas les peuples en fonction d’une prétendue supériorité filiale mais sauf le degré de foi compte en islam.Dans un autre registre moins rassurant, nous remarquons dans certains forums sur les réseaux sociaux ( facebook) où d’autres jeunes soninké cherchant un futur conjoint mettent en avant leur caste sociale parmi les critères de choix au sein de la communauté. On voit par là que la transmission de cette stratification sociale fonctionne au sein des familles soninkés en occident mais en même temps on assiste à des déchirures familiales pour les jeunes qui enfreindraient à la règle.

Paradoxalement, cette donnée caste sociale qui freine et pose problème à la mixité intra-communautaire par le mariage, devient moins problématique pour la famille quand il s’agit d’un projet de couple avec un étranger à la communauté. Dans ce dernier cas, les familles s’intéressent à la religion de la personne étrangère (Musulmane ou pas), ses origines sociales ne sont pas scrutées.
On comprend pourquoi le système des castes est un vice assumé dans la société soninké qui ne tiendra pas dans le futur.

Le drôle d’affranchissement

Dans le milieu soninké, le statut islamisé d’esclave existe se basant sur certaines jurisprudences héritées des arabes. Les tenants acharnés du système des castes ont instrumentalisé ces jurisprudences controversées sur l’esclavage, pour donner un caractère légal à leurs actes.Par exemple des nos jours, une femme de caste komo qui perd son époux ne doit observer que la moitié de la durée légale de deuil pour une femme libre. Certains de nos religieux semblent cautionner ces faits et cela légitime plus le système en place. Il est à noter quelques exceptions ; Mr Madiakho Tandjigora du Sénégal, un cheikh penseur soninké s’est engagé depuis plusieurs années dans un travail de déconstruction par des écrits, des supports audio-visuels dénonçant et contestant le bien-fondé de l’esclavage et ses travers au nom de l’islam.

On constate dans cette logique légaliste sur la base de l’islam, des cas d’affranchissement des esclaves et avec la complicité mesquine et ridicule des certaines personnes issues de la caste komo. Ces personnes qui se laissent faire dans cette procédure d’affranchissement, ne s’humilient plus davantage en se croyant supérieures à leurs frères de sang. Pire encore, elles n’ont aucune chance de se marier avec les membres de la caste Horo, ni d’atteindre un quelconque statut honorifique.

Que pouvons-nous faire pour déconstruire à la racine ce système des castes dans lequel les différentes castes ne se valent pas ???

On est tous victimes dans un sens ou l’autre. Les tenants obsédés du maintien risquent de tomber dans l’orgueil primaire lié à une soi-disant lignée élue à préserver et en contradiction avec la morale et la fraternité musulmanes. Il est connu qu’en Islam, le frère de religion prévaut sur le frère de sang de culte différent.Le conseil salutaire pour ces gens est tout simplement ; si l’on devenait musulman en prévalant dignement sa qualité de musulman sur celle d’un statut coutumier obsolète.

Le musulman ne déshonore pas ses semblables, ne stigmatise pas ses proches et n’humilie pas ses frères en religion sur des bases peu avouables.Les gens qui subissent les injustices du système doivent revoir leurs comportements qui suscitent les stigmatisations et les mépris à leur égard. Ils doivent apprendre, chercher et parler librement sans tabous sur le mal que constitue cette stratification sociale pour eux. Il leur faut défier certaines convenances coutumières ( Ladalamaxu) qui perpétuent le système dans une version paisible à l’apparence mais vicieuse au fond en liant différentes familles. Ces attaches qui lient des familles de caste Horo et d’autres de caste Komo pourraient être fraternelles et enrichissantes par des possibles mariages dans la dignité humaine et musulmane.
Nous faisons un appel pressant à nos instruits et intellectuels dans toutes les disciplines (religieux et autres) pour des prises de positions courageuses et libérées de toutes les convenances du milieu originel. Ils doivent sortir des contradictions intellectuelles dans leurs réflexions ouvertes au monde d’aujourd’hui, le combat pour la dignité et l’honneur de l’homme il n’y peut avoir de zones intouchables. A une échelle étatique, voire mondiale, on se verrait victime du racisme de la part d’autres peuples, mais en même temps on oublie que sa propre caste sociale stigmatise et déshonore d’autres castes sociales dans le même groupe ethnique.

Le relativisme n’est pas admis dans les luttes contre les injustices touchant l’essence de l’Homme, il nous est demandé un engagement sérieux et juste quel que soit l’échelle dans laquelle nous évoluons ; dans notre monde, dans notre pays, dans notre ville, dans notre village et même dans notre famille.Une ouverture en droit aux chefferies traditionnelles doit être envisagée en sortant d’une exclusivité à une seule caste, des nos jours il est inadmissible qu’une personne plus âgée dans notre milieu soit illégitime à la chefferie à cause de sa caste sociale quelconque.Les jeunes issus de la caste Horo doivent avoir le recul et le discernement nécessaires pour admettre qu’une personne de même âge que leurs parents se doit d’avoir les mêmes honneurs et considérations selon les normes nobles de notre culte islamique qui est juste par essence.

Comment peut-on s’estimer honoré quand le vieux de 60 ans doit se déplacer vers toi, jeune de 40 ans pour la gestion des affaires communautaires.. ??? 

Nous devons mettre en avant les compétences des personnes sans disqualification par statut social dans la gestion de toutes nos affaires (religieuses et autres), par exemple on devrait être Imam par savoir-faire reconnu et non par héritage dû d’office.Nos frères se reconnaissant dans la caste Niaxamala doivent revoir leur rôle dans la société en mettant en avant la vérité sur notre passé avec critique constructive et en abandonnant les fables légendaires qui ne tiennent pas. Ils doivent œuvrer pour une réconciliation digne et responsable basée sur des principes islamiques et des valeurs humaines qui ne sélectionnent pas les dignités par caste.Une contribution positive sera demandée à nos artistes dans leurs productions, pour inciter et encourager cette nouvelle donne qui nous grandira en tant que peuple du 21ème siècle.Nous devons saluer des initiatives courageuses, comme le cas d’un journaliste soninké Camara Seydi Moussa qui est connu pour l’engagement progressiste de sa plume. Ce natif de Dafort dans le Guidimaxaa mauritanien est le responsable du journal La Nouvelle Expression à Nouakchott. Il est un observateur avisé des mouvements abolitionnistes mauritaniens dont l’IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) de Biram Dah Abeid qui a inspiré le récent réveil de l’engagement anti-esclavagiste en Mauritanie depuis 2008. Monsieur Camara Seydi Moussa a marqué son auditoire à l’occasion d’une conférence à Massy (Région parisienne) le 30 Mars 2013 en dénonçant les stigmatisations dont sont victimes les anciens esclaves négro-mauritaniens de nos jours. Il a illustré par le cas soninké qu’il connait bien par une prise de position inédite en la matière dans le milieu soninké où souvent tout se fait et se sait mais rien ne se dit ouvertement.
Nous appelons toutes les personnes déterminées de rejoindre l’ARMEPES-France(Association de Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques de l’Esclavage et ses Séquelles)pour en finir avec ces tares du système chez nous avec méthode et intelligence et non par une approche accusatrice sur des individus particuliers. Elle est une association créée par les personnes issues de caste Komo et ouverte à toutes et tous (voir http://www.mauritanie-egalite.org) dont le but est de conscientiser le monde négro-mauritanien voire négro-africain sur les séquelles esclavagistes qui persistent par les comportements et les mentalités.Des actions ont été réalisées depuis sa création, par exemple une conférence en 2011 animée par Cheikh AbdoulayeTraore de Tistayé du Guidimaxaa mauritanien, l’un des membres fondateurs de l’association. 
Objectif premier est d’évacuer le caractère tabou du sujet et de préparer les consciences et les mentalités à une nouvelle approche des termes comme Égalité, Justice, Honneur, Dignité et Fraternité entre les Hommes et en particulier entre les musulmans. Il nous faudra cette synergie pour changer les mentalités et les comportements dans nos rapports respectifs en tous lieux. Par cette voie, nous sommes convaincus qu’un nouveau soninke émergera et il serait plus humaniste et musulman au sens noble et moins coutumier et orgueilleux au sens sectaire. 

oui, oui, oui :

Soninkaaxu rime grandeur si

Notre faiblesse originelle a pris fin par l’islam

l’Islam a pris place sur l’ignorance du Bida malheur

Bida malheur de Wagadu sans l’Islam

l’Islam libère l’homme de Wagadu des obscures douleurs

Des poches d’obscurité entachent Soninkaaxu de l’homme

L’homme soninké d’aujourd’hui se laisse gêner par les stigmates nocifs du Wagadu malheur

Alors que l’Islam compris et appliqué soigne tout malheur chez l’homme

Soninkaaxu choisit enfin Islam bonheur.. !!!

K.S

Soninkidees-J’ose