Conférence – débat du 7 Mai 2016 à Paris : compte rendu.

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La rencontre organisée par l’association ARMEPES-FRANCE (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles) et le PHARE CITOYEN, s’est ouverte vers 14H25 dans la Salle Croizat au sein de la Bourse du travail. C’est Monsieur Baba Ould Jidou du Phare Citoyen, modérateur des échanges qui a ouvert le bal en présentant les différents intervenants qui sont Abdine Ould Merzough le coordinateur d’IRA en Europe, le Professeur Bâ Haïmout et le secrétaire général d’Armepes-France Gaye Traoré.
Après quelques mots introductifs du président en exercice de l’ARMEPES-France, Monsieur Ibrahim Diabakhate et du président d’honneur Dr Koné Makhan, Gaye Traoré a présenté la genèse de l’association et les actions qu’elle a menées depuis sa création contre l’ordre féodal qui sévit dans nos communautés en particulier dans le milieu soninké. Mr Traoré a précisé que l’association est ouverte à toutes les personnes sensibles à la défense des droits humains d’une manière générale. Il a réfuté le sobriquet utilisé par certains détracteurs du mouvement, le qualifiant comme “l’association des esclaves ” (Komo mfeddé). Il a expliqué que l’ARMEPES-France mène une campagne de communication pour sensibiliser sur les mentalités rétrogrades héritées de l’ordre esclavagiste et féodal. Plusieurs canaux et supports sont disponibles et utilisés pour diffuser le message, un site internet http://www.mauritanie-egalite.org dédié aux différentes contributions et une page interactive Facebook Gambanaxu Armepes Solutions sans oublier les interventions occasionnelles sur les webradios communautaires  (Radio Diaguilly et Radio Combandao).
L’intervention du représentant d’IRA Mr Merzough s’est axée sur l’activisme très  agissant du mouvement du président Biram Dah Abeid emprisonné depuis Novembre 2014 avec son vice-président Brahim Bilal Ramdhane. Il a noté qu’IRA est portée par une jeunesse motivée ayant une conscience citoyenne très développée. Il a estimé que la diplomatie militante de son mouvement à l’international porte ses fruits, car la problématique de l’esclavage est devenu un trou noir dans les relations de la Mauritanie avec certains pays puissants. Mr Abdine Ould Merzough a déclaré qu’IRA veut stimuler toutes les personnes victimes afin de sortir pour s’engager et dénoncer en demandant l’application du Droit. Il a par ailleurs réfuté tout communautarisme au sein d’IRA-Mauritanie en expliquant que seule la référence de la citoyenneté et le sérieux de l’engagement comptent pour porter l’idéal d’IRA-Mauritanie d’une Mauritanie Juste et Égalitaire. 
Quant au Pr Bâ Haïmout, il a exposé un bref historique de l’aspect juridique et législatif concernant l’esclavage en Mauritanie. Pour lui, le pays avait  adhéré aux conventions internationales depuis sa création mais dans les faits, les choses sont AUTRE CHOSE. Il a expliqué qu’on ignorait et recusait la citoyenneté des personnes sous l’ordre esclavagiste, et cela voulait dire que la LOI ne pouvait pas changer les réalités. S’agissant de la féodalité, Mr Bâ a expliqué qu’une nouvelle fois les textes législatifs avaient ignoré son emprise sur le réel dans les communautés notamment concernant le foncier sur lequel l’ordre traditionnel et coutumier régnait . Il a déclaré que l’engagement contre l’ordre féodal doit être entrepris par tous les citoyens et appele les personnes d’extraction sociale féodale de s’y mettre courageusement, car du courage il en faut pour braver les conséquences inévitables dans la communauté.
Le modérateur du débat, Baba Ould Jidou du Phare Citoyen a appelé la jeunesse mauritanienne dans son ensemble de s’engager contre toutes les injustices.
Il a expliqué que les mouvements pionniers du milieu haratine comme El Hor ont permis l’émergence d’une jeunesse haratine engagée et conscientisée d’une manière décomplexée contre l’ordre esclavagiste. Il a salué au passage les membres d’Armepes-France qui ont osé prendre en compte les séquelles esclavagistes de l’ordre féodal dans leurs communautés, dans l’engagement pour les Droits Humains en Mauritanie.
Parmi le public peu nombreux dû à un calendrier serré pour communiquer en amont, il faut noter certaines observations très pertinentes notamment celle d’un poids lourd de la diaspora Mr Ibnou Diagana. Ce dernier a signalé que le message devrait être traduit en langue soninké par rapport au nombre de gens présents ne comprenant pas le français. Une traduction résumée a été faite par le secrétaire général d’Armepes-France par la suite. Par ailleurs l’événement a été couvert par la webradio Combandao avec la présence de l’animateur et l’un des responsables Bouba Diakité. L’enregistrement des échanges a été diffusé dans la soirée du même jour.

K.S

Le cas de Hamedi Camara, l’exemple d’un « enfer » administratif de l’enrôlement biométrique controversé en Mauritanie.

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Il s’appelle Hamedi Camara. Il vit en France depuis 2009. Il est de Hassi Chagar, de la région du Guidimakha.  Il milite au sein de la diaspora en faveur des Droits de l’Homme depuis plusieurs années.  Il est aujourd’hui victime, comme bien des Noirs, du racisme de l’état Mauritanien. Il n’est pas recensé à ce jour. Il est loin d’être le seul. Il a accepté de sortir de l’anonymat pour permettre d’éveiller les consciences.

Depuis le 25 Mars 2013, date de début de l’enrôlement en France, il lutte pour garder sa citoyenneté Mauritanienne. La situation ne lui était pas favorable en cette période au vu des conditions qu’il ne pouvait pas remplir.

Il y a quelques mois, il a repris ses démarches auprès de l’ambassade de Mauritanie à Paris. Il est en possession de tous les documents requis. Toutefois, le jugement de décès de sa défunte mère qui présentait pourtant toutes les caractéristiques d’un document normal, administrativement parlant, fait l’objet d’un rejet incessant et sans fondement.  Mais hélas, au pays de AZIZ, l’administration se démarque le plus souvent du chemin qui mène à l’éthique. Il a été délivré à Hamedi Camara un jugement de décès qui ne porte pas son nom et prénom  mais qui porte tout de même sa photo ! A qui la faute ? Le comportement irresponsable et non professionnel, l’amateurisme prononcé et la négligence des administrateurs au sein des instances étatiques en Mauritanie sont à l’origine de ce genre de dérives. Cette fois-ci, en la présence de quelques membres du Comité de Soutien aux Détenus d’Aleg en France avec lesquels il se bat depuis l’arrestation de Biram Dah Abeid, président de IRA, on lui signifiera qu’il devra retourner le document en Mauritanie pour correction. Mais le problème majeur est tout autre maintenant : Le nom de Hamedi à disparu, comme par enchantement, de la base de données – Rappelons que lors de sa première visite, à la reprise de ses démarches, son numéro d’identification nationale avait fait l’objet de recherche fructueuse – Désormais, tous ses efforts ainsi que ceux des membres du comité, ceux-là même qui avaient exprimé une volonté de le soutenir et de l’aider à communiquer avec le personnel de l’administration de l’état civil demeurent, cependant, vains et le compteur est remis à zéro. Il doit retourner en Mauritanie pour se faire recensé, lui a-t-on dit.

Aujourd’hui, tout espoir de restituer à Hamedi Camara un droit à un enrôlement possible s’amenuise car non numéro d’identification  initialement en son nom est attribué à une autre citoyenne d’origine Beydane. N’est-ce-pas du déjà vu? C’est ce que cachait l’autre face de l’iceberg !

Ce jeune homme si engagé, si motivé, si juste, si intrépide, si « Mauritanien » est maintenant livré à lui-même en occident sans aucune identité. Il est devenu apatride. Il est une victime type de la politique d’exclusion et d’épuration ethnique sciemment initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ; une citoyenneté rejetée en Mauritanie, un droit au séjour refusé en France ! Que doit-il faire ? Rester en France ? Retourner en Mauritanie ? Dans son cas, il en existe pourtant des milliers !

Voici  une preuve vivante de la conséquence d’une politique qui contribue à la « Dé-Mauritanisation ». Hamedi Camara, par cet acte courageux, en décidant de lever le voile sur la situation qu’il vit, que beaucoup vivent, il souhaite alerter le monde entier sur l’existence d’un apartheid en Mauritanie qui ne dit pas son nom. Le rang des victimes ne cesse de grossir. Dieu seul sait combien de Mauritaniens noirs s’inquiètent pour leur avenir en pensant perdre dans les jours, les mois ou les années à venir ou en ayant déjà perdu ou même être dans l’impossibilité de s’octroyer leur droit à la résidence en France et à la citoyenneté à cause des conditions humiliantes du recensement.

L’affaire de ce jeune Hamedi Camara est l’affaire de tous. De loin ou de près, chacun est concerné par cette histoire. Elle demande le concours, l’engagement et la volonté de tous.  Il n’est pas normal qu’un recensement qui a commencé en Mai 2011 continue de faire des victimes au lieu d’avoir permis l’enrôlement de tous. Il n’est pas concevable qu’il ne soit pas fini depuis fort longtemps. Il n’est pas non plus normal et digne de laisser continuer cette mascarade nous pourrir notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas continuer de cacher que nous sommes malheureux. Mais dans la dignité, et seule dans la dignité, nous pouvons lutter pour nous libérer de nos malheurs.

La liberté d’un ensemble doit primer sur les libertés individuelles. Et le sentiment d’avoir trouver notre propre liberté ne garantit pas pour autant notre épanouissement et ne suffit pas pour assurer notre intégrité. Nous ne pouvons pas recouvrer notre liberté en toute sécurité dans une unité où tout le reste est maintenu par des chaines.

Source : repris d’un post Facebook de  Thomas Mag, un responsable de la diaspora.

Invitation : conférence – débat du 7 Mai 2016 à Paris.

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Conférence – débat

L’ARMEPES-FRANCE  (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles) et le PHARE CITOYEN vous convient à une conférence – débat qui aura le Samedi  7 Mai 2016 entre 12H30 et 17H00.

Lieu : Bourse du Travail, Salle Grande Croizat

3 Rue du château d’eau 75010 Paris

Accès : Métro République, lignes 3, 5, 8, 9 et 11 .
Bus 26, 46, 56 et 75.

LES THÈMES :

~ l’impact de la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste pour l’accomplissement de la citoyenneté .



~ les réalités de l’ordre féodal dans les communautés en Mauritanie.



~ le poids social et politique du système de castes,  l’exemple du milieu soninké.

Cellule organisatrice : contact 06 95 36 62 54 ou 06 67 89 56 97

Commémoration des déportations d’Avril 1989 en Mauritanie: Déclaration de la manifestation du 24 Avril 2016 à Paris

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Il y a 27 ans, sous le régime de l’ancien dictateur, le Colonel Maouya Ould Sidi Ahmed Ould Taya, nos mères, nos pères, nos sœurs, nos frères, tous ces êtres qui nous sont chers ont été privés de leur patrie au nom d’un racisme mortifère. Une chasse aux Noirs fut orchestrée au vu et au su du monde entier par un État entièrement dévoué à l’arabité exclusive de la Mauritanie au mépris de sa composition ethnoculturelle.
Réunis ce 24 avril 2016 pour commémorer les 27 années de déportation des nôtres au Sénégal et au Mali, Nous, Associations, Organisations, Mouvements et partis politiques représentés au sein du collectif des Mauritaniens en France, dénonçons le racisme et l’exclusion que continue de subir la communauté noire en Mauritanie.
Depuis 1989, date des déportations, les familles des négro-mauritaniens expulsées réclament justice. La junte actuellement au pouvoir n’ignore point la situation dramatique qu’a subie et continue de subir cette frange abandonnée de la population de la Mauritanie. Tous ses membres ont été, sans discontinuité, au cœur du dispositif sécuritaire tant central que local de la Dictature qui s’impose aux Noirs de Mauritanie depuis des décennies et qui fait de la répression brutale, le principal levier de commande du système. Certains de ces hauts gradés de l’armée sont à cet égard, les protagonistes de l’infamie raciste qui a marqué cette répression raciale sanglante.

Commémorer c’est rappeler ;

Commémorer c’est se souvenir ;

Commémorer c’est ne pas oublier ;

Nous condamnons avec fermeté, l’ignominie dont s’est rendu coupable l’Etat raciste mauritanien en déportant sur une base raciale et fasciste près de 200 000 Mauritaniens Haalpulaaren, Soninko, Bamara et Wolofs au Mali et au Sénégal
Si la chute de Moaouya Ould Sid’AhmedTaya augurait une lueur d’espoir dans le ciel assombri de la Mauritanie pour tous les mauritaniens épris de liberté, force est de constater que cet espoir a été vain. Le racisme demeure et il a pris une autre forme. L’actuel chef de l’Etat, Mouhamed Ould Abdel Aziz, loin d’avoir soldé les crimes racistes, persiste à rendre les rescapés des années de braise apatrides.
En effet, les engagements pris lors de la signature des accords tripartites le 12 Novembre 2007 entre le HCR et les gouvernements de la Mauritanie et du Sénégal n’ayant pas été respectés, nous condamnons avec la plus grande énergie les conditions inhumaines, dégradantes de misères et d’indignité qui constituent, hélas, le quotidien des rapatriés Négro-mauritaniens.

Depuis 2011, cette ignominie contre la population négro mauritanienne s’est mue à travers un enrôlement, censé doter l’Etat mauritanien d’un service d’état civil fiable et sécurisé, qui a été dévoyé afin d’exclure la population noire de Mauritanie. Au génocide physique des années 80 s’est substitué le génocide biométrique.
Nous ne cesserons de réaffirmer que la construction de la Mauritanie ne se fera qu’en réhabilitant l’ensemble des victimes du racisme dans leur droit légitime, que nulle tyrannie raciale ne peut altérer.
Nous, Collectif des organisations mauritaniennes en France:
Exigeons que le retour effectué soit officialisé par des actes et le rétablissement plein et entier, de tous ceux qui sont revenus, dans leur droit et une indemnisation de tous les préjudices subis.
Demandons à la communauté internationale d’user de tous les moyens en sa possession pour amener la Mauritanie, dès lors qu’elle a reconnu sa pleine responsabilité dans les déportations d’avril 1989, à assumer concrètement les engagements pris devant les communautés nationales et internationales.
Appelons tous nos compatriotes à un réel sursaut patriotique contre cette injustice qui n’a que trop duré.

Et disons:

Si le silence est complice, l’inaction est coupable
Agissons ensemble car l’heure est grave.
 
Le Collectif des organisations mauritaniennes en France
Paris, le 24 avril 2016

21-04-2016 09:12 – Mauritanie. Il faut annuler la condamnation à la peine capitale prononcée contre un blogueur

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Amnesty International – La Mauritanie doit annuler la condamnation à mort prononcée contre un blogueur déclaré coupable d’apostasie, et le libérer sans condition, a déclaré Amnesty International mardi 19 avril, avant son audience d’appel prévue pour le 21 avril dans la ville de Nouadhibou (sud-ouest du pays).

Mohamed Mkhaïtir, 33 ans, a été condamné à la peine de mort en décembre 2014, après avoir passé un an en détention provisoire, pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent l’islam pour introduire des discriminations à l’égard de certains groupes de la société. Mohamed Mkhaïtir est la première personne condamnée à mort pour apostasie depuis que la Mauritanie a accédé à l’indépendance en 1960.

« La condamnation de Mohamed Mkhaïtir à ce châtiment pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent la religion à des fins de discrimination est injuste. » Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International

« La peine capitale ne doit être utilisée sous aucune circonstance. La condamnation de Mohamed Mkhaïtir à ce châtiment, pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent la religion à des fins de discrimination, est injuste et montre jusqu’où les autorités mauritaniennes sont prêtes à aller pour essayer d’écraser la dissidence », a déclaré Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Les autorités mauritaniennes doivent annuler cette condamnation et libérer cet homme immédiatement et sans condition. »

Mohamed Mkhaïtir est un prisonnier d’opinion, uniquement emprisonné pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression. Amnesty International estime que le recours à des sanctions pénales dans le but d’imposer des convictions religieuses est une atteinte au droit international relatif aux droits humains, et en particulier à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, à laquelle la Mauritanie est partie.

L’organisation s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quelles que soient la nature ou les circonstances du crime commis. Ce châtiment viole le droit à la vie tel qu’il est proclamé par la Déclaration universelle des droits de l’homme et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

Source : Amnesty International

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Le fils du Président, les fils du pays

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Il  était une fois…

« L’affaire Raya » du nom de la fille victime d’un tir de pistolet attribué au fils du Président de la République continue de défrayer la chronique. Les salons, la presse électronique et les tabloïds se sont emparés de l’affaire. « Le fils du Président a tiré au pistolet sur une jeune femme !! », entend-on partout.
Tir à balles réelles sur un individu, c’est un homicide. Il n’y a pas une autre façon de le qualifier. Le coupable doit payer. Qu’il soit Président, fils du Président ou rejeton du vendeur d’à-côté, un criminel est un criminel ; tout comme un chat est un chat.
En pareil cas, la police se doit de faire son travail dans l’impartialité totale et le respect des droits des uns et des autres.
La Favela c’est au Brésil, un habitat des pauvres, une zone de non-droit où des hommes accros à la drogue règnent en maîtres. Ces hommes qui sèment la mort et répandent la peur dans la Favela ont comme référents la drogue, les armes et la violence ; en somme, toutes les tares qui déshumanisent l’homme. Ces tyranneaux, dans leur pays, vivent de l’autre côté du monde éduqué et civilisé.
Là-bas, c’est là-bas et ici c’est ici, la Mauritanie. Mais quand là-bas et ici tendent à devenir comparables, le paradoxe devient saisissant car on serait arrivé à une translation de décor où se meuvent banditisme, crime et racket ; la kebba se muant en Favela. Lieux maudits où la pauvreté absolue côtoie le dénuement laid et le manque de pitance l’impossibilité de fréquenter l’école. Règne de l’illégal et des oiseaux de nuit dont le repère est la faillite sociale et le refuge la citadelle du silence (la prison).

Sommes-nous tombés bien bas pour que le Mauritanien, hier connu pour son humilité et la verticalité de sa morale, montre aujourd’hui deux visages si différents : le vertueux qui rase le mur et le brigand qu’on applaudit. On se reproduit bien mal dans ce pays ! Le monde des civilisés et des riches enfante une majorité de canailles nourries à la déchéance culturelle et au surdimensionnement de l’égo dans des cercles où l’autorité parente a failli, où tous les tabous ont été repoussés dans des remises non bornées.
Le phénomène « kascadi » (cascadeurs) d’hier des fils à papa bien imbus de leur personne se « bonifie », faisant passer ces marmots de l’herbe du diable au flingue avec silencieux après un petit détour chez les filles, la drogue et l’alcool. Ce n’est même plus un secret de polichinelle tant les marmailles nanties exhibent leur « valeur » à la face d’un monde qui fustige peu et bat les pattes sur tous les plans.

Cette nouvelle Mauritanie de l’opulence, victime d’on ne sait quelle malédiction, nous perdra tant la crise morale affecte nos mœurs qu’elle dissout et l’illicite, qui tend vers la règle, gangrène notre corps qui se défend mal.
Le comportement de bien des Mauritaniens ne relève même plus du manque de civisme et du déficit de responsabilité, il est devenu une plante qui se cultive dans un pays où la sécheresse ne frappe plus le sol, la faune et la flore mais a atteint le cœur et l’esprit des habitants de cette contrée où le faux se le dispute à la magouille et l’arnaque à l’impunité.
L’humilité précède la gloire et l’orgueil précède la chute. Qui dira qu’il n’a pas été averti de ce que le chemin emprunté mène à des horizons incertains ? L’éducation de nos enfants était notre trésor et leur avenir notre préoccupation, mais quand le présent d’un pays épouse les courbes de la confusion, son futur ne pourrait alors se décliner qu’en termes de passifs honteux et de passés honnis.
Ressaisissons-nous !!

Seydi Moussa Camara

APPEL A MANIFESTER LE DIMANCHE 24 AVRIL 2016 A LA PLACE DU TROCADERO A PARTIR DE 14H POUR NOS DÉPORTÉS MAURITANIENS.

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Il y a 27 ans que nos mères, sœurs, pères, frères et oncles, ces êtres chers, ont été chassés de notre pays au nom d’un racisme chauvin, et parce qu’ils n’étaient pas Arabes mais Noirs. Une chasse aux Noirs orchestrée au vu et au su du monde entier par un État entièrement dévoué à l’arabité exclusive de la Mauritanie.

Nous-nous en souvenons!

Nous sommes le 24 avril 1989: à Nouakchott, Nouadhibou, Aleg, Boutilimit, Zouerat, Akjoujt, Atar, Kiffa, Aïoun, Guérou, Tikjikja, Moudjeria, Kaédi, Sélibaby, Maghama, Gouraye, Ould Yengé, KankossaTéhiane, Patoukone,… des hordes bien quadrillées par une police, une gendarmerie et une armée triées sur une base strictement raciale se sont adonnées à une chasse à l’homme bien particulière, celles des franges importantes des Bambaraa, Haalpulaaren, Soninko et des Wolofs ; pourtant des plus authentiques mauritaniens.

En deux mois, ce sont plus de 200 000 Noirs mauritaniens qui vont être déportés vers le Sénégal et le Mali par l’armée, la gendarmerie et la police mauritaniennes aidées en cela par des milices à la solde de l’état.

Nous, Collectif des Organisations Mauritaniennes de France, appelons à une grande mobilisation le DIMANCHE 24 AVRIL 2016 A PARTIR DE 14 au Parvis des droits de l’Homme pour commémorer cet événement.

Rejoignez-nous pour dire :
– Non au racisme d’état en Mauritanie.
– Non à l’oubli et à l’impunité.
– Oui à la traduction des coupables   devant la justice.
– Plus jamais d’événements similaires à ceux de 89.

Source crédit : collectif des organisations mauritaniennes de France.

Le concept inédit de L’association Main Dans la Main:

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Ces derniers jours, peu auront raté les activités multiformes d’une association dénommée « Main Dans la Main » . De Nouakchott où s’est tenue leur rencontre de cette année, nous qui sommes loin du terrain, avons pu suivre le déroulé du programme via les réseaux sociaux notamment par leur page Facebook et les posts de certains chanceux participants. L’affiche de ce colloque, le 3 ème du nom est sans équivoque : LE COLLOQUE DE FRATERNITÉ. Le slogan en gras est « POUR UNE GÉNÉRATION DE FRATERNITÉ ». L’islam admis communément comme la religion de l’ensemble de la population mauritanienne, apparaît  en filigrane comme l’élément central qui inspire les motivations intimes des têtes pensantes de l’association. Et rien d’étonnant, car ce pays aux milliers d’ Ulémas, se définit comme une république islamique dont les enseignements islamiques seraient l’inspiration de tout ce qui se fait ou se défait à toutes les échelles. Sauf que connaissant cette Mauritanie sous l’angle politique, économique, sociale et culturelle, les appartenances tribales, ethniques, communautaires et statutaires par castes sont les vraies références exclusivistes au détriment des valeurs fraternelles promues par l’Islam. Habituellement, ce dernier est mis à toutes les sauces réthoriques tenues par certains milieux politiques, intellectuels et religieux croyant que le Dire fait magiquement le Vivre. C’est ainsi que certains mots-notions bien connus dans le langage du politico-religieusement correct, comme la Concorde, la Cohésion, l’Entente ou la Cohabitation, qui sont automatiquement eux aussi suivis de deux qualificatifs spéciaux, Social et Historique. De ce fait, toutes les revendications légitimes réclamant fermement plus de Justice sociale et politique en dehors des schémas habituels admis par le tribalo-féodal, tombent sous l’anathème de voix autorisées. Le paradoxe est saisissant entre le Réel vécu et les discours policés et bienveillants tenus au nom de la religion commune.
Conscients très certainement de cette situation ambivalente et ambiguë, les responsables de l’association « Main Dans la Main » peuvent être crédités d’une sincérité par leurs initiatives inédites. Cette association décide de faire Vivre les valeurs islamiques au delà du simple Dire. À suivre de l’extérieur, j’ose affirmer qu’elle ne s’active pas que par du symbolique, car des séances de fraternisation se font au sein de la base militante parmi laquelle toutes les composantes nationales sont présentes. Nous avons vu au cours de ce colloque plusieurs intervenants très divers sur la tribune qui est à  l’image du public. On constate l’absence de l’effet élitiste autour d’une figure politique ou religieuse, mais la seule Star serait la diversité qui fraternise en VRAI et par la VÉRITÉ dite sur nos réalités. Tout le monde a eu ses MOTS (MAUX) à dire afin d’interpeller les Consciences des uns et des autres. De l’humanitaire engagé au poète en passant par le responsable abolitionniste, sans oublier le Cheikh auteur d’une Fatwa invalidant « l’esclavage mauritanien » , le journaliste patriote, l’intellectuel désintéressé, la compatriote engagée dans la sphère sociale et surtout l’imam sincère, on aura vu en quelques jours que les murs invisibles entre nous sont franchissables . Tout gouvernant soucieux du bien de son peuple pourrait s’inspirer d’un tel procédé à l’échelle nationale sans le carcan pollué policard, afin de fonder un État-nation. Dans ce colloque, tout formalisme religieux ne semble pas prendre le pas parce que la Valeur fraternelle et tolérante permet l’échange facile et libre. Je dirais que sur cette lancée, cette association pourrait participer amplement à l’édification d’une Mauritanie plus mauritanienne par la plénitude du DROIT et moins tribalo-féodale par le clientélisme politicard.

J’y crois fermement. Insh’Allah.

Salam.

K.S

Sit-in du 7 Avril 2016 à Paris : La déclaration du comité de soutien aux détenus d’ALEG.

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Le 11 novemebre 2014, trois défenseurs des Droits humains, Biram Dah Abeïd, Président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) en Mauritanie, Lauréat du prix des droits de l’Homme des Nations unies 2013, Brahim Bilal  vice-président du même mouvement, et Djiby Sow, Président de Kawtal Ngam Yellitaare, ont été mis aux arrêts. D’autres militants des Droits humains sont toujours sous la menace de  la justice sous les ordres du général Aziz, à Nouakchott. Leur crime ? Avoir initié une caravane contre les expropriations des terres  et l’esclavage fonciers dans plusieurs localités du  Sud mauritanien. 
Le 15 janvier 2015 à Rosso, à la suite d’un procès que d’aucuns jugent politique et expéditif, Biram Dah Abeïd, Brahim Bilal et Djiby Sow ont été condamnés d’abord à 2 ans de prison, faisant ainsi fi de l’appel introduit par la défense de ces porte-voix des sans voix. Pis, le 12 mai 2015, grande a été la surprise de voir le Commissaire de Police de la ville d’Aleg signifier, à l’insu du collectif d’avocats de la défense, la décision prise la veille par la Cour suprême, dessaisissant de facto la Cour d’appel de Nouakchott du dossier des détenus au profit de celle d’Aleg. Cet acte constitue une tentative vaine de régularisation, après coup, des incarcérations arbitraires depuis le 15 janvier 2015 à la prison d’Aleg, loin de la juridiction naturelle qui est la Cour d’Appel de Nouakchott dont relève le tribunal de Rosso,  seule formation juridictionnelle connaissant le dossier.
Nous, le Comité de soutien aux détenus d’Aleg :

-Exigeons la libération immédiate et sans conditions des défenseurs des Droits humains en Mauritanie, Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie ainsi que son vice-président, Brahim Bilal.

-Alertons l’opinion nationale et internationale sur la mise en sommeil inadmissible de leur dossier par les autorités sous ordres de l’exécutif, car ayant constaté un blocage empêchant une suite judiciaire au niveau de la cour suprême;

-Exigeons la cessation de toute sorte de harcèlement commis par les autorités pénitentiaires sur les dirigeants antiesclavagistes Biram Dah Abeid et Brahim Bilal détenus en prison arbitrairement depuis plus d’une année.

-Protestons contre les propos racistes et infamants prononcés par le Colonel Khattry O. Mohamed M’Bareck, chef d’état-major adjoint de la Garde Nationale, à l’encontre de nos dirigeants antiesclavagistes.

-Mettons en garde les autorités politiques contre ces violations et les complots qu’elles manigancent contre IRA-Mauritanie et ses dirigeants.

-Alertons l’opinion nationale et internationale sur l’état de santé de Biram Dah Abeid.

-Dénonçons les répressions aveugles contre les militants et sympathisants pacifiques d’IRA Mauritanie.

-Dénonçons le racisme dont ont été victimes les élèves de l’école NASSIBA à Nouakchott ayant conduit au refus catégorique par l’état de leur participation à une compétition au Qatar parce qu’ils sont noirs et non araboberberes.

-Alertons l’opinion publique internationale sur cette volonté de torpiller la constitution mauritanienne affichée afin de faire réélire Ould Abdel pour un troisième mandat.

-Appelons tous ceux qui sont épris de justice de tous horizons à soutenir la cause des Droits Humains en Mauritanie.

-Refusons avec vigueur l’instrumentalisation de la justice à des fins bassement politiciennes.

-Dénonçons les manœuvres obscures d’une supposée Ligue des Ulémas mauritaniens émettant une étrange Fatwa rendant illicite l’esclavage le 26 Mars 2015, ainsi que celles du parlement qui a adopté le jeudi 13 Août 2015 à l’unanimité une nouvelle loi incriminant davantage l’esclavage, tout en faisant fi du sort des militants abolitionnistes, dont les 2 ans d’emprisonnement ont été confirmés par la cours d’appel d’Aleg le 20 Août 2015.

-Exigeons une enquête et la traduction immédiate en justice de tous les responsables de la traite négrière à destination de l’Arabie Saoudite.

-Rappelons que le recensement biométrique en cours en Mauritanie commencé en mai 2011, s’apparente à un système sophistiqué d’exclusion des populations noires via des procédés obscures. 

Le Comité  de Soutien aux Détenus d’Aleg en France             Fait à Paris le 07 Avril  2016

29-03-2016 19:30 – Vidéo. Me Fatimata MBAYE reçoit à Washington un prix des mains de John Kerry [PhotoReportage]

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L’avocate mauritanienne, Me Fatimata MBAYE, a reçu mardi matin à Washington le Prix international Femme de courage 2016 du Département d’État. Le trophée lui a été remis par le Secrétaire d’État américain, John Kerry qui a salué dans son discours l’engagement de ces femmes qui luttent pour les droits de l’Homme dans leurs pays. « Il y’a beaucoup de barrières qui ont été cassées entre les hommes et les femmes et cela a été rendu possible grâce au combat des femme », a rappelé M. Kerry.

« C’est un agréable moment », a déclaré Mme Mbaye lors de la cérémonie de remise du Prix qui s’est déroulé, à Washington, au Département d’État américain. Treize (13) autres femmes ont reçu également le prix, dont une soudanaise.

La cérémonie de remise des prix a été retransmise en direct à Nouakchott en présence de personnalités politiques, de la société civile et activistes dans le domaine des droits de l’Homme.

« C’est une amie que j’apprécie beaucoup pour son courage, sa persévérance dans le domaine des droits de l’Homme. Ce prix nous honore tous. Elle le mérite », a déclaré Me Ebetty, qui a assisté à la retransmission de l’évènement.

Créé en 2007 par la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice, le Prix international Femme de courage est un prix américain décerné chaque année par le Département d’État américain aux femmes du monde entier qui ont fait preuve de leadership, de courage, d’ingéniosité et de volonté de se sacrifier pour les autres, en particulier pour une meilleure promotion des droits des femmes.

Me Fatimata Mbaye devient ainsi l’unique femme mauritanienne à recevoir le Prix international Femme de courage.

Par Babacar Baye NDIAYE
©Cridem 2016

Source crédit : http://www.cridem.org

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