Conférence – débat du 7 Mai 2016 à Paris : compte rendu.

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La rencontre organisée par l’association ARMEPES-FRANCE (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles) et le PHARE CITOYEN, s’est ouverte vers 14H25 dans la Salle Croizat au sein de la Bourse du travail. C’est Monsieur Baba Ould Jidou du Phare Citoyen, modérateur des échanges qui a ouvert le bal en présentant les différents intervenants qui sont Abdine Ould Merzough le coordinateur d’IRA en Europe, le Professeur Bâ Haïmout et le secrétaire général d’Armepes-France Gaye Traoré.
Après quelques mots introductifs du président en exercice de l’ARMEPES-France, Monsieur Ibrahim Diabakhate et du président d’honneur Dr Koné Makhan, Gaye Traoré a présenté la genèse de l’association et les actions qu’elle a menées depuis sa création contre l’ordre féodal qui sévit dans nos communautés en particulier dans le milieu soninké. Mr Traoré a précisé que l’association est ouverte à toutes les personnes sensibles à la défense des droits humains d’une manière générale. Il a réfuté le sobriquet utilisé par certains détracteurs du mouvement, le qualifiant comme “l’association des esclaves ” (Komo mfeddé). Il a expliqué que l’ARMEPES-France mène une campagne de communication pour sensibiliser sur les mentalités rétrogrades héritées de l’ordre esclavagiste et féodal. Plusieurs canaux et supports sont disponibles et utilisés pour diffuser le message, un site internet http://www.mauritanie-egalite.org dédié aux différentes contributions et une page interactive Facebook Gambanaxu Armepes Solutions sans oublier les interventions occasionnelles sur les webradios communautaires  (Radio Diaguilly et Radio Combandao).
L’intervention du représentant d’IRA Mr Merzough s’est axée sur l’activisme très  agissant du mouvement du président Biram Dah Abeid emprisonné depuis Novembre 2014 avec son vice-président Brahim Bilal Ramdhane. Il a noté qu’IRA est portée par une jeunesse motivée ayant une conscience citoyenne très développée. Il a estimé que la diplomatie militante de son mouvement à l’international porte ses fruits, car la problématique de l’esclavage est devenu un trou noir dans les relations de la Mauritanie avec certains pays puissants. Mr Abdine Ould Merzough a déclaré qu’IRA veut stimuler toutes les personnes victimes afin de sortir pour s’engager et dénoncer en demandant l’application du Droit. Il a par ailleurs réfuté tout communautarisme au sein d’IRA-Mauritanie en expliquant que seule la référence de la citoyenneté et le sérieux de l’engagement comptent pour porter l’idéal d’IRA-Mauritanie d’une Mauritanie Juste et Égalitaire. 
Quant au Pr Bâ Haïmout, il a exposé un bref historique de l’aspect juridique et législatif concernant l’esclavage en Mauritanie. Pour lui, le pays avait  adhéré aux conventions internationales depuis sa création mais dans les faits, les choses sont AUTRE CHOSE. Il a expliqué qu’on ignorait et recusait la citoyenneté des personnes sous l’ordre esclavagiste, et cela voulait dire que la LOI ne pouvait pas changer les réalités. S’agissant de la féodalité, Mr Bâ a expliqué qu’une nouvelle fois les textes législatifs avaient ignoré son emprise sur le réel dans les communautés notamment concernant le foncier sur lequel l’ordre traditionnel et coutumier régnait . Il a déclaré que l’engagement contre l’ordre féodal doit être entrepris par tous les citoyens et appele les personnes d’extraction sociale féodale de s’y mettre courageusement, car du courage il en faut pour braver les conséquences inévitables dans la communauté.
Le modérateur du débat, Baba Ould Jidou du Phare Citoyen a appelé la jeunesse mauritanienne dans son ensemble de s’engager contre toutes les injustices.
Il a expliqué que les mouvements pionniers du milieu haratine comme El Hor ont permis l’émergence d’une jeunesse haratine engagée et conscientisée d’une manière décomplexée contre l’ordre esclavagiste. Il a salué au passage les membres d’Armepes-France qui ont osé prendre en compte les séquelles esclavagistes de l’ordre féodal dans leurs communautés, dans l’engagement pour les Droits Humains en Mauritanie.
Parmi le public peu nombreux dû à un calendrier serré pour communiquer en amont, il faut noter certaines observations très pertinentes notamment celle d’un poids lourd de la diaspora Mr Ibnou Diagana. Ce dernier a signalé que le message devrait être traduit en langue soninké par rapport au nombre de gens présents ne comprenant pas le français. Une traduction résumée a été faite par le secrétaire général d’Armepes-France par la suite. Par ailleurs l’événement a été couvert par la webradio Combandao avec la présence de l’animateur et l’un des responsables Bouba Diakité. L’enregistrement des échanges a été diffusé dans la soirée du même jour.

K.S

09-05-2016 08:29 – Note d’alerte publique : Quand Mohamed Ould ABDEL AZIZ devient dangereux

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IRA-Mauritanie – Le mardi 3 mai, devant une foule d’inconditionnels, d’ailleurs dressés à l’applaudissement durant des décennies de régime militaire, le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, tenait des propos d’une rare outrecuidance, envers les descendants d’esclaves ; par des mots dont l’irrespect et le mépris s’équivalent, il conjugue l’habituel déni de leur domination, à l’énoncé d’un néo-racisme de la démographie.

Affirmation point inédite dans sa bouche, il reprend, à son compte, la thèse dite des « séquelles ». Aussi, la pauvreté et le défaut de qualification et de savoir dont souffre cette souche de la population, résulteraient, seulement, d’une progéniture pléthorique.

A force de céder à leur libido et de s’adonner à la multiplicité des ménages, les Hratine se multiplieraient, pour leur plus grand malheur. Ce disant et malgré lui, le Président Ould Abdel Aziz :

1. Reconnait l’usurpation du pouvoir, par la minorité à laquelle il appartient et dont il défend la suprématie ; jamais aveu n’aura été plus cinglant.

2. Reprend, à son compte et de manière officielle, le fatras des préjugés de race dont découle la légitimation de l’esclavage et du système de caste arabo-berbère. L’inégalité de naissance a désormais son théoricien décomplexé. Le propos du Chef de l’Etat, en sus de sa médiocrité, l’expose au discrédit et s’effrite sous le poids de l’incohérence. Comment expliquer, donc, toutes les mesures prises, sur le plan institutionnel, au titre de l’éradication de l’esclavage, si ce dernier n’existe plus ?

3. La création de l’Agence Tadhamoune ;

4. Le durcissement des peines et l’élargissement du champ de la répression ; 5. L’innovation d’un tribunal spécial pour juger de tels crimes et l’installation de trois 3 cours spéciales, respectivement dans l’Est, à Nouakchott et au Nord; l’annonce revenait,en décembre 2015, au Ministre de la justice.

Toutes ces initiatives du gouvernement, sont menées, sur le long terme, en contradiction, nette, avec le lyrisme outrancier de Néma. Le Président de la République incarne, en une même personne, un dédoublement dangereux au sommet de l’Etat. Auquel des 2 Mohamed Ould Abdel Aziz serait-il prudent de se fier ? Lequel croire ?

6. Il est devenu limpide que le Mohamed Ould Abdel Aziz s’adresse, à présent, aux fractions les plus conservatrices de l’ensemble maure, afin de les mobiliser contre le péril Hratin, fantasmé, ici, en termes de surnatalité.

7. Il s’agit, à l’évidence, d’une rhétorique de conditionnement affectif de l’opinion, afin de la préparer à la mise en œuvre – soudaine ou graduelle – d’une épuration délibérée contre les descendants d’esclaves, groupe menaçant, dont il importe de casser la dynamique, pour en dissoudre les prétentions à diriger le pays.

Face à tant d’irresponsabilité et du danger induit, IRA – Mauritanie :

8. Appelle, le citoyen Mohamed Ould Abdel Aziz, à retirer les passages discriminatoires de son discours et présenter des excuses à l’ensemble de la communauté des victimes de l’esclavage; l’ignorance que dévoile la brutalité primitive de sa déclaration s’avère désormais incompatible avec l’exercice de la magistrature suprême.

9. Engage, les démocrates mauritaniens et à leurs amis, à lancer une vaste mobilisation, pour exiger et obtenir, de Mohamed Ould Abdel Aziz, une mise au point conforme à la Constitution qui protège, les citoyens, contre la ségrégation, d’ailleurs en vigueur, depuis des siècles d’hégémonie ethno-tribale.

10. Recommande, aux partenaires extérieurs, d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit de dirigeants actuels, dans leur rapport à la gestion du contentieux historique, notamment la question corrélée de l’égalité et de la réparation.

11. Presse, les Nations unies et l’ensemble de la communauté internationale d’inscrire la Mauritanie, parmi les pays éligible à la « responsabilité de protéger », précaution adoptée lors du sommet mondial de septembre 2005.

Nouakchott, le 08 mai 2016

Commission de Communication

Crédit source : IRA-Mauritanie

L’accident de Dafort : retour sur les faits et coup de semonce.

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Ce Jeudi 5 Mai 2016 marquait la première manche de la pêche annuelle de la mare dite Daawa Kharé située à l’Est du village. Chaque année sensiblement à la même période, les habitants de Dafort gros village de la commune du même nom, se donnent rendez-vous pour la chasse aux poissons dans cette mare faisant partie de l’histoire du village. Cette année lors de cette première manche, un accident s’est produit et plusieurs blessés sont à déplorer. En effet, un camion benne bondé des personnes s’est renversé au retour de la pêche juste à l’entrée du village, précisément à la sortie Nord-Est route du village de N’diewo . Selon nos sources dignes de foi, on compte une trentaine  de blessés dont 3 grièvement atteints et évacués vers Nouakchott à ce jour. Il y aurait comme blessures, des fractures, des pertes de dents et diverses contusions légères. On notera une prise en charge très rapide des blessés par le corps médical local secouru par les ambulances de Boully et Hassi Chagar pour l’évacuation des blessés vers le centre hospitalier de Sélibaby à 60 KM de Dafort.
D’après le témoignage du terrain , on a échappé de près à un carnage car le chauffeur qui s’est pris dans une excitation de course avec une autre voiture 4X4, a réagi à temps en évitant de s’enfoncer à vive allure dans le marigot en face. Selon la même source ce jour , le chauffeur du camion serait en garde à vue à Ould Yengé, le chef-lieu du département.
Historiquement, au retour de cet événement villageois très bruyant, une course entre chevaliers se faisait, et cette tradition s’est relayée aux charretiers qui, eux ont laissé la place aux véhicules motorisés  (motocyclettes et voitures) aujourd’hui. Ainsi un camion normalement destiné pour le transport des matériaux de construction et d’autres charges, est utilisé à l’occasion pour transporter des personnes en masse, ce qui s’explique par le contexte d’un laisser-faire intrépide dans nos contrées.
Le risque de chute  existait déjà avec les chevaux et les charretiers, mais aujourd’hui il s’est amplifié avec les véhicules pouvant être très dévastateurs en cas d’accident. On espère que l’accident d’hier du camion sera un cas d’avertissement pour les autorités locales afin de prendre des mesures strictes de prévention. Comme dit l’adage, vaut mieux prévenir que guérir.

K.S

À Néma, deux annonces dont une floue et une bourde essentialiste sur l’esclavage.

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Mardi 3 Mai à Néma, ville de l’Est mauritanien, le Raïs mauritanien Ould Abdel Aziz a tenu un discours diversement commenté. À son arrivée, comme à l’accoutumée dans pareilles circonstances, il a eu droit à une parade folklorique dans cette capitale régionale où la prégnance tribale a joué sa partition clientéliste comme il se doit. Ensuite, le tombeur de sidioca  (Sidi Ould cheikh Abdallahi) dernier président civil élu démocratiquement en 2007, s’est exprimé aisément devant son public .
Parmi ses annonces, on retiendra la suppression du sénat par voie référendaire et la création des conseils régionaux. Le sénat serait une chambre superflue et inutile dans notre fonctionnement institutionnel pour tout le monde sauf les sénateurs. Ces derniers profitent d’un traitement lucratif et légal mais difficilement justifiable dans un pays dit pauvre. L’autre annonce concernant le projet de régionalisation, semble être vaguement émise, on attendra les critères de sa faisabilité et ses contours juridiques. Propose t-il la régionalisation selon le concept avancé par les ex-Flam (aujourd’hui  FPC) non reconnues aux dernières nouvelles..? Ou bien un processus de diversion et des divisions  qui meubleraient le microcosme politique au niveau local. Ce qu’on peut admettre facilement est que pour une fois un chef d’état mauritanien semble reconnaître comme bonne au moins dans le principe, une idée émise par les éléments d’un mouvement non reconnu et historiquement diabolisé. En étant sceptique et réservé sur le fond du concept proposé par M. Thiam Samba et ses amis , j’ai hâte de savoir s’il faut s’attendre à une  (r)évolution démocratique ou la fin d’une certaine Mauritanie, par celui proposé par le Raïs à Néma. Chez Mr Thiam, j’ose comprendre que le problème de la Mauritanie serait résolu par l’institutionnalisation des ensembles homogènes qui sous-entend de fait l’acuité de la prégnance tribalo-ethno-communautaire d’une manière décentralisée. De ce fait un régime de grands électeurs serait instauré sur la base de l’ordre tribalo-féodal qui régit officieusement toutes les communautés nationales , exception faite de la composante haratine pouvant être lésée concrètement alors qu’elle est la plus importante à l’échelle nationale. Croire à une Mauritanie juste et égalitaire pour les citoyens devrait avoir la primauté sur l’identification communautariste sur un territoire quelconque. S’il faut décentraliser, qu’il le soit comme mode de gestion d’un État central démocratique des citoyens et non des communautés et des tribus qui sont tout sauf démocratiques et égalitaires. Et si cet état azizien crée des conseils régionaux, on ne peut éviter le clientélisme politicard déjà bien rodé chez les élus locaux et les chefs coutumiers qui roulent dans leur écrasante majorité pour l’hôte du palais ocre à Nouakchott . Ainsi l’expression citoyenne par le Droit et le Choix sera noyée par les ayant droits par naissance sur le matériel et l’immatériel. Pour une régionalisation digne de ce nom, il faut avoir du contenu à la hauteur qui serait la plénitude de la CITOYENNETÉ d’abord.

La bourde présidentielle qui allait venir…!!

Encore à Néma, le Raïs a dit qu’il n’y a aucun prisonnier d’opinion dans le pays, en faisant allusion aux leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes Biram Dah Abeid, président d’IRA-mauritanie et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane derrière les barreaux depuis bientôt 2 ans. Et hop, la glissade sur la problématique de l’esclavage en Mauritanie, notre  sociologue de président du jour se hasarde en comparaison troublante. Désormais l’approche contratictoire entre le déni de l’esclavage et l’instauration de tribunaux spécialisés pour les faits d’esclavage, ne tient plus la route, et ses propres conseillers doivent être entendus enfin.

À Néma, il fallait trouver un autre angle d’attaque contre les esclaves et ceux qui vivent les conséquences de l’esclavagisme dissimulé dans les rapports sociaux. Le général pense que l’esclavage serait lié à une certaine forme d’irresponsabilité de certains qui font beaucoup d’enfants sans pouvoir les éduquer faute de revenus suffisants. On peut déduire que pour lui, les esclavagistes ont droit de conditionner à l’esclavage certaines personnes issues de milieux pauvres. Sa sortie hasardeuse sous cet angle clarifie le camp du pouvoir actuel entre ceux qui profitent de la misère sociale et les damnés se trouvant sans défenseurs. Nos cousins haratines savent qu’ils sont les cibles principales de la joute présidentielle. Dieu sait que nous ne sommes pas en 1916 mais en 2016, il y aura du répondant et il saura qu’il s’était trompé par cette bourde essentialiste sur ceux qui ont vécu et vivent une déstructuration de la part d’un ordre dominant qui peine à reconnaître ses torts. À Néma pour le président , l’existence de l’esclavage en Mauritanie est lié aux enfants non pris en charge par une couche sociale bien identifiée et qui en fait trop.
Notre prophète Muhammad (psl) n’a t-il pas dit qu’il suffit au musulman de minimiser son frère pour être dans le Mal”.

K.S

03-05-2016 08:29 – Obligation de licence pour les orpailleurs de Mauritanie

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APA – Le gouvernement mauritanien vient de mettre en place une législation régissant la prospection individuelle de l’or, jusque là absente dans le code minier du pays, en dépit de l’existence de riches gisements du métal précieux en cours d’exploitation.

Cette nouvelle législation a été rendue nécessaire par la ruée anarchique constatée dernièrement dans la région de l’Inchiri, au nord-ouest de Nouakchott, à la recherche de présumées quantités superficielles d’or.

L’histoire a commencé il y a quelques mois lorsqu’une rumeur persistante a fait état de personnes campant dans ladite zone et explorant l’or à l’aide d’équipements légers, avec des résultats souvent positifs.

Cette rumeur a eu l’effet immédiat de provoquer un mouvement massif vers le lieu indiqué de jeunes entrepreneurs ou de chômeurs engagés par des hommes d’affaires disposés à risquer des pertes tout en espérant gagner des bénéfices potentiels.

En effet, l’aventure nécessite un minimum d’investissement préalable, surtout en termes d’équipements et de logistique.

Il faut obligatoirement une machine d’exploration qui coûte au bas prix 1,8 million d’ouguiya (5.200 dollars américains) et un véhicule 4X4 dont le prix de location a atteint 40.000 ouguiyas (116 dollars) par jour.

A cela, il convient d’ajouter les outils de creusage et les salaires des manœuvres, sans compter les dépenses de camping (tente, nourriture et eau), avec des prix grossis sans cesse en raison de la rareté des denrées dans une région caillouteuse hautement aride, marquée par un soleil brûlant et des vents chauds et secs soufflant quasi permanemment.

En dépit de telles conditions, des vagues humaines ont pris d’assaut cette zone sans aucune forme de réglementation ni d’ordre, l’appétit étant aiguisé par les résultats rapportés par tel ami ou tel proche.

A en croire les dires jamais certifiés, les équipes de recherche trouvent, selon le degré de chance, des grains d’or de l’ordre de quelques grammes à une petite profondeur et qui, rassemblés, constituent une fortune.

A Nouakchott, le prix courant du kilogramme d’or avoisine les 10 millions d’ouguiyas (29.000 dollars). C’est face à cet engouement incontrôlé vers des zones où existent beaucoup de permis de recherche et d’exploitation miniers, y compris pour l’or, que les autorités mauritaniennes ont institué la nouvelle réglementation.

Il est désormais obligatoire de se faire octroyer un permis de recherche pour une durée de 4 mois avant de pouvoir mener une quelconque activité de recherche, a précisé le directeur des mines au ministère mauritanien du pétrole, des mines et de l’énergie, Ahmed Ould Taleb Mohamed.

Aussi, la zone allouée à cette activité a été définie et ne saurait être dépassée. En plus de cela, tous les appareils d’exploration individuelle doivent être dédouanés à hauteur d’environ 300.000 ouguiyas (874 dollars).

Des mesures qui rapporteront une importante manne financière au trésor public si l’on sait que les demandeurs de licence sont déjà plus de 17.000 et sont en croissance continue.

Nonobstant les résultats obtenus par les orpailleurs au terme de leurs recherches, l’activité elle-même, exclusive aux Mauritaniens, s’est fait sentir positivement sur les marchés qui souffraient d’un marasme avéré depuis quelque temps.

MOO/od/APA

Source : http://www.cridem.org

Le cas de Hamedi Camara, l’exemple d’un « enfer » administratif de l’enrôlement biométrique controversé en Mauritanie.

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Il s’appelle Hamedi Camara. Il vit en France depuis 2009. Il est de Hassi Chagar, de la région du Guidimakha.  Il milite au sein de la diaspora en faveur des Droits de l’Homme depuis plusieurs années.  Il est aujourd’hui victime, comme bien des Noirs, du racisme de l’état Mauritanien. Il n’est pas recensé à ce jour. Il est loin d’être le seul. Il a accepté de sortir de l’anonymat pour permettre d’éveiller les consciences.

Depuis le 25 Mars 2013, date de début de l’enrôlement en France, il lutte pour garder sa citoyenneté Mauritanienne. La situation ne lui était pas favorable en cette période au vu des conditions qu’il ne pouvait pas remplir.

Il y a quelques mois, il a repris ses démarches auprès de l’ambassade de Mauritanie à Paris. Il est en possession de tous les documents requis. Toutefois, le jugement de décès de sa défunte mère qui présentait pourtant toutes les caractéristiques d’un document normal, administrativement parlant, fait l’objet d’un rejet incessant et sans fondement.  Mais hélas, au pays de AZIZ, l’administration se démarque le plus souvent du chemin qui mène à l’éthique. Il a été délivré à Hamedi Camara un jugement de décès qui ne porte pas son nom et prénom  mais qui porte tout de même sa photo ! A qui la faute ? Le comportement irresponsable et non professionnel, l’amateurisme prononcé et la négligence des administrateurs au sein des instances étatiques en Mauritanie sont à l’origine de ce genre de dérives. Cette fois-ci, en la présence de quelques membres du Comité de Soutien aux Détenus d’Aleg en France avec lesquels il se bat depuis l’arrestation de Biram Dah Abeid, président de IRA, on lui signifiera qu’il devra retourner le document en Mauritanie pour correction. Mais le problème majeur est tout autre maintenant : Le nom de Hamedi à disparu, comme par enchantement, de la base de données – Rappelons que lors de sa première visite, à la reprise de ses démarches, son numéro d’identification nationale avait fait l’objet de recherche fructueuse – Désormais, tous ses efforts ainsi que ceux des membres du comité, ceux-là même qui avaient exprimé une volonté de le soutenir et de l’aider à communiquer avec le personnel de l’administration de l’état civil demeurent, cependant, vains et le compteur est remis à zéro. Il doit retourner en Mauritanie pour se faire recensé, lui a-t-on dit.

Aujourd’hui, tout espoir de restituer à Hamedi Camara un droit à un enrôlement possible s’amenuise car non numéro d’identification  initialement en son nom est attribué à une autre citoyenne d’origine Beydane. N’est-ce-pas du déjà vu? C’est ce que cachait l’autre face de l’iceberg !

Ce jeune homme si engagé, si motivé, si juste, si intrépide, si « Mauritanien » est maintenant livré à lui-même en occident sans aucune identité. Il est devenu apatride. Il est une victime type de la politique d’exclusion et d’épuration ethnique sciemment initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ; une citoyenneté rejetée en Mauritanie, un droit au séjour refusé en France ! Que doit-il faire ? Rester en France ? Retourner en Mauritanie ? Dans son cas, il en existe pourtant des milliers !

Voici  une preuve vivante de la conséquence d’une politique qui contribue à la « Dé-Mauritanisation ». Hamedi Camara, par cet acte courageux, en décidant de lever le voile sur la situation qu’il vit, que beaucoup vivent, il souhaite alerter le monde entier sur l’existence d’un apartheid en Mauritanie qui ne dit pas son nom. Le rang des victimes ne cesse de grossir. Dieu seul sait combien de Mauritaniens noirs s’inquiètent pour leur avenir en pensant perdre dans les jours, les mois ou les années à venir ou en ayant déjà perdu ou même être dans l’impossibilité de s’octroyer leur droit à la résidence en France et à la citoyenneté à cause des conditions humiliantes du recensement.

L’affaire de ce jeune Hamedi Camara est l’affaire de tous. De loin ou de près, chacun est concerné par cette histoire. Elle demande le concours, l’engagement et la volonté de tous.  Il n’est pas normal qu’un recensement qui a commencé en Mai 2011 continue de faire des victimes au lieu d’avoir permis l’enrôlement de tous. Il n’est pas concevable qu’il ne soit pas fini depuis fort longtemps. Il n’est pas non plus normal et digne de laisser continuer cette mascarade nous pourrir notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas continuer de cacher que nous sommes malheureux. Mais dans la dignité, et seule dans la dignité, nous pouvons lutter pour nous libérer de nos malheurs.

La liberté d’un ensemble doit primer sur les libertés individuelles. Et le sentiment d’avoir trouver notre propre liberté ne garantit pas pour autant notre épanouissement et ne suffit pas pour assurer notre intégrité. Nous ne pouvons pas recouvrer notre liberté en toute sécurité dans une unité où tout le reste est maintenu par des chaines.

Source : repris d’un post Facebook de  Thomas Mag, un responsable de la diaspora.