Biram Dah Abeid présente la situation de la Mauritanie devant la coalition ivoirienne des droits de l’Homme

Le 12 juillet 2016, le président d’IRA-Mauritanie, au cours de sa tournée Africaine, a été reçu par la coalition ivoirienne des droits de l’Homme: CIDDH. La CIDDH est un réseau constitué de plusieurs organisations ivoiriennes de défense des droits humains, affiliée à la coalition de la société civile Ouest-Africaine et à la coalition panafricaine de la société civile et à la commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Les discussions entre Marthe-Pedan Coulibaly, présidente de la CIDDH et les présidents des ongs membres de la coalition d’une part, et le président d’IRA-Mauritanie d’autre part, se sont focalisées sur les thèmes suivants:

1- Répression et harcèlement des défenseurs des droits humains en Mauritanie, avec point focal sur la série d’arrestations et simulacres de procès des détenus d’opinion issus des mouvements IRA-Mauritanie, Le 25 février et Manicharigasoil.

2- L’esclavage sous toutes ses formes sévissant en Mauritanie, la discrimination raciale, les expropriations foncières et déplacements forcés, la torture; musèlement de la presse, des partis politiques d’opposition, obstruction à la liberté d’association et d’entreprise.

3- Les deux partie ont décidé une série d’actions communes contre l’Etat très critiques des droits humains et de la démocratie en Mauritanie à travers les canaux des institutions sous régionales, panafricaines et internationales d’alerte, d’interpellation et de sanctions.

En début de réunion, Biram Dah Abeid a introduit les débats par la communication suivante :

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Mauritanie, Numéro 1 de l’esclavage des noirs en Afrique

Réalité de la situation des défenseurs des droits humains

Note d’information pour la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits de l’Homme

Abidjan (CI), 12 Août 2016

En Mauritanie, depuis 1978 les pouvoirs militaires se succèdent mais l’exercice de l’Etat reste le monopole d’une composante de la population, aujourd’hui minoritaire ; la domination de ce groupe procède d’un système esclavagiste et anti-noir. Malgré la profusion de textes législatifs contre la servitude héritée, le racisme et l’exclusion, ainsi que des normes protectrices de l’enfants et des femmes, les autorités ont toujours assuré, aux esclavagistes, l’impunité totale ; parallèlement, elles couvrent, encore, les exécutions de masses extrajudiciaires de civiles et de militaires noirs mauritaniens, opérées, durant les purges ethniques de 1986-1991. Dans ce contexte historique, de ruse sur le droit et de diplomatie de la dissimulation, les gouvernements successifs s’évertuent à empêcher le fonctionnement normal des ONGs de défense de la dignité de l’Homme et de l’égalité des citoyens. Emprisonnés et réprimés avec violence, leur voix ne cesse de porter à l’intérieur et hors des frontières de la Mauritanie.

La Mauritanie, championne des ratifications de traités et de conventions internationales, répugne, en proportion inverse, à consentir l’effort requis pour honorer ses engagements, grâce à leur mise en œuvre. Le pouvoir ethno-tribal use de moyens substantiels et d’un zèle jamais démenti, afin de réduire au silence les défenseurs de droits de l’homme, mener des campagnes médiatiques et diplomatiques d’occultation de son passif et démentir, ainsi, l’existence de l’esclavage par ascendance, un fléau multiséculaire en Mauritanie, d’ailleurs légitimé selon une fausse interprétation de l’Islam.

Concernant l’esclavage et ses séquelles, lors de son dernier examen périodique universel (EPU) en novembre 2015 á Genève, la Mauritanie a reçu 40 recommandations sur un total de 200, contre 18, seulement sur 152, au précédent de 2010. Cette hausse démontre l’inefficacité des autorités dans la lutte contre l’esclavage mais confirme, surtout, le succès, des groupes abolitionnistes, à sensibiliser, la communauté internationale, sur les abus contre l’intégrité de la personne en République islamique de Mauritanie.

Le mouvement IRA-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été primés, par plusieurs distinctions internationales, en reconnaissance du combat contre l’esclavage traditionnel, l’usurpation foncière, l’exclusion des noirs et l’expropriation des terres arables dans la vallée du fleuve Sénégal. La réponse des autorités mauritaniennes a toujours consisté en l’usage de la violence, sur les militants désarmés, les arrestations arbitraires et les procès d’opinion, ponctués de falsifications de preuves à charge.

Dans sa stratégie de détruire IRA Mauritanie, le régime du General Abdelaziz a ordonné, en juillet 2016, l’arrestation de toute la direction du mouvement et ce juste quelques jours avant le dernier sommet de la Ligue arabe, tenu à Nouakchott.

Les événements douloureux de 1986-1991 illustrent, quant à eux, une tentative de génocide de l’ethnie Halpullar, sur la frontière avec le Sénégal. Le régime militaire avait déporté, par milliers, une partie de sa propre population noire vers les pays voisins d’Afrique subsaharienne et mené une campagne de dénégrification au sein des forces armées et de sécurité ; ainsi, des centaines de soldat et officiers furent torturés et exécutés, dans les casernes et camps de détentions, dont 28, pendus, la veille du 28 Novembre 1990, en célébration de la fête de l’Indépendance. Les tortionnaires et les commanditaires de ces atrocités sont toujours libres, vivent une retraite paisible ou décèdent de longévité quand ils n’occupent de hauts postes, protégés par une pseudo-amnistie, licence d’un Parlement composé de leurs proches, alliés et parents.

Exemples de violences physiques contre les membres de IRA-Mauritanie.

Actuellement, et ce depuis la fin du mois de juin 2016,13 membres dirigeants d’IRA-Mauritanie croupissent dans les geôles du pouvoir. Ces militants ont été d’abord interpellés, avec brutalité, par des policiers en habits civils et ce sans que ces derniers déclinassent leurs identités aux personnes arrêtées, ni les informer des motifs. Les agents, parfois masqués, placent une bande de tissu sur les yeux des activistes, pour les conduire dans des lieux impossibles à identifier. Parvenus à destination, les futurs prévenus sont déshabilles, jetés dans des cachots humides, nauséabonds et insalubres. Ils sont attachés par des menottes en fer, qui lient la main au pied, et dans des positions inconfortables, pendant plusieurs heures, avec renouvellement du supplice, par alternances des postures. Les policiers, en charge de la torture, actionnent le joug, à intervalle irrégulier, pour produire des maux aigus, surtout lors des interrogatoires.

Les auditions sous contrainte corporelle visent à obtenir des faux aveux de complaisance et de faux témoignages qui étayeraient la thèse des services de renseignement selon laquelle l’organisation IRA a planifié et exécuté les émeutes sur la scène du lieu-dit « Adabaye Bouamatou » le 29 juin2016. Pour extorquer le propos à l’appui de l’accusation, les policiers infligent d’anciennes recettes de sévices, de la police politique. Par exemple, ils ont enchaîné certains détenus comme Moussa Biram, Abdallahi Maatala Seck et Abdallahi Abou Diop, en nouant leurs mains aux pieds, par derrière. Les tortionnaires attachent et serrent douloureusement les prisonniers, par une corde et les suspendent, à distance du sol, sur des barres de fer. Les autres, entendent les cris de douleurs, ce qui contribue à affaiblir leur moral et les incite à « tout dire ».

D’autres, tel Amadou Tidjane Diop, ont été complètement déshabillés, insultés copieusement et menacés de mort s’ils n’acceptent d’avouer qu’ils ont participé á la violence contre la police. Leurs yeux et visages ont été bandés jusqu’au bord de l’asphyxie, incapable de respirer, leurs narines bouchées par un tissu. Sur plusieurs jours du Ramadan, les tortionnaires assoiffaient les détenus, leur refusant de l’eau et les affamaient tout le long de l’interrogatoire ; le peu de repas qu’ils recevaient a été mélangé à du sable et des déchets solides, en quantité variable, d’un détenu à l’autre. Les coups de cravache et de matraques constituaient le lot quotidien de certains parmi eux, en particulier durant les séances de questions. Les vagues de supplice s’étalent, en général, de 20 à 30 minutes, entre 2 et 7h du matin, sur plusieurs jours.

Perspective de la lutte

Il convient de rappeler le contexte de la répression du mouvement abolitionniste en Mauritanie, dès le lendemain du coup d’Etat militaire du 6 août 2008, contre le premier Président élu à la faveur d’un scrutin pluraliste, Sidi Mohamed Ould Cheilh Abdellahi. L’année suivante, le Général auteur du putsch, actuel Chef de l’Etat, se présente au suffrage universel direct qu’il remporte par la fraude, et avec le soutien de la France.

Réélu en 2014, par des opérations de fraudes massives, l’instrumentalisation des différents corps de l’Etat, ainsi que par l’usage des symboles et argent, publiques, il tend, depuis, à exacerber le communautarisme pour exciter la communauté arabo-berbère, celle des anciens maitres, à se souder, autour de lui, afin de faire barrage au prétendu péril démographique noir. Au travers des média, des mosquées, tribunaux et force de l’ordre, le message est ainsi dupliqué, diffusé, martelé : pour cette propagande officielle, les nègres, en particuliers, ceux descendants d’esclaves, incarnent une menace majeure à l’ordre et à la cohésion nationale, c’est-à-dire le statuquo, fruit de la domination ethno-tribale.

Les populations maures arabo-berbères, dans leur grande majorité, vivent dans le conditionnement par cette propagande ; celle-ci produit l’effet de les arrimer au noyau de l’hégémonie, qui se cristallise autour de son expression la plus immédiate, l’institution militaire, en somme le commandement des forces armées et de sécurité. Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’érige gardien et continuateur de ce lien social par la panique ; ses services de renseignement fabriquent et entretiennent, à l’usage des fils et petits-fils d’anciens maîtres, la crainte exagérée, démultiplié, dramatisée, de l’éveil des noirs à la citoyenneté.

En parallèle, les partis politiques, personnalités indépendantes, mouvements de jeunes et hommes d’affaires, issus du groupe dominant arabo-berbère, s’exposent à la persécution et à la spoliation, dès lors qu’ils osent se désolidariser de cet esprit de corps ou en déconstruire les ressorts idéologiques. Aujourd’hui, non sans courage et en dépit de leur nombre modeste, les maures progressistes se retrouvent emprisonnés, exposés à la diabolisation et, pour certains, réduits à l’exil.

Quelques témoignages des victimes de l’esclavage par ascendance

Dans le but d’aider le public à se faire une idée de la souffrance morale et physique, subie de génération à la suivante, par des descendants d’esclaves, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) recommande la lecture des témoignages joints à la présente note. Il est à noter que tous les cas, portés devant les autorités du pays, sont été classés, sans suite. La justice les relègue, toujours, au chapitre, soit des litiges familiaux soit des rapports de travail, car l’interprétation locale de Charia Islamique (l’unique source de référence légale, selon la Constitution) définit l’esclave comme propriété du maitre ; le dernier exerce, sur le premier, droit de vie et de mort.

Document produit 2013 par IRA-Mauritanie sur le cas de Mm Salma mint Meydouwa et sa famille.

Interview avec Mm Mbeyerka Vall Mint Mahmoud, publié par le journal Le Calame 2013 (http://www.lecalame.info/contenu_news.php?id=5701)

Communiqué de presse de IRA-Mauritanie de 2013 sur le cas de Mm Khdeija mint Dada et sa descendance qui avait vécu quatre générations sous le joug des pratiques d’esclavage domestique.

Biram Dah ABEID
Président de Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.
Crédit source : fr.essirage.net 

09-08-2016 18:45 – IRA – Mauritanie News Letter n°9 : Poursuite de la mascarade du procès des dirigeants d’IRA et des agressions physiques contre ses militants


IRA-Mauritanie – Pour sa deuxième semaine consécutive, les séances de la mascarade de procès intenté contre les militants d’IRA (13+10) pour des chefs d’accusation artificiellement liés aux événements dits de la « Gazra de Ould Bouamatou » (affrontements entre population en passe d’être expulsées du centre ville et forces de l’ordre) ont repris.

A travers ce grossier montage policier, l’Etat mauritanien tente de dissimuler sa véritable nature de machine d’exclusion raciste et esclavagiste dirigée contre les Hratine.

Il essaye de détourner la lumière des projecteurs de la répression systématique par laquelle il cible cette communauté en créant de toutes pièces cette diversion de procès contre IRA alors que cette dernière n’y est liée ni de près ni de loin. Aujourd’hui a comparu devant le juge d’instruction l’un des dirigeants les plus emblématique et les plus tenaces d’IRA à savoir Issa Ould Ali.

Au même moment, d’autres activistes continuent à mariner au fond de cellules sordides sans soins médicaux pour ceux qui en ont besoin, ni contact avec l’extérieur alors que de nouvelles arrestations sont opérées au fil des séances de la mascarade de procès.

Comme ce fut le cas le mercredi dernier, une pluie de coups d’une brutalité sadique s’est abattue sur tout militant ayant exprimé la moindre volonté d’exercer son droit à assister à ce procès censé être ouvert au public.

Aujourd’hui, 9 militants souffrent de douloureuses fractures aux bras, aux mains et aux pieds qui risquent de s’infecter et de connaitre de graves complications. Il s’agit de: Elhadj Ould Eliid, Cheikh Vall, Koumba Ndaw, Kamara Moussa, Sabbar Ould El Houssein, Ghamou Mint Achour, Jemal Mint Achour, Samba Diagana et Ahmedou Ould Kharrachi.

A ces blessures visibles s’ajoutent les nombreuses ratonnades sans justification qu’ont subies nombre de nos militants et militantes ces derniers jours, suivies ou précédées d’arrestations extrajudiciaires et d’incarcérations souvent dans des lieux inconnus pendant des durées inconnues.

Le procès a donc repris aujourd’hui pour voir le Collectif des avocats de la défense démonter, pièce par pièce, les irrégularités grossières qui l’ont entaché et ce depuis les arrestations des prévenus jusqu’à leur comparution en passant par les auditions par les enquêteurs (police) érigés en juges et parties. Malgré ces vices manifestes, la Cour a tenu à poursuivre la mise en scène de mauvaise qualité.

Nous, à IRA, tout en dénonçant la barbarie policière et la violence de la répression que nous subissons:

1- relevons avec regrets et incompréhension le silence assourdissant de l’opinion publique nationale face aux violations multiples des droits de l’homme et des libertés des personnes constatées depuis le début de ce procès. Personne ne s’étonne ou même de relève la disproportion du déploiement policier autour des bâtiments de la justice et dont l’objectif est d’empêcher les militants et les familles des prévenus d’assister à un procès qui doit être ouvert au public;

2- fustigeons avec véhémence les arrestations et les brutalités exercées à l’encontre des militants d’IRA tout en affirmant que leur multiplication ne fera que décupler notre détermination à combattre l’arbitraire et à défendre les prisonniers d’opinion;

3- demandons aux prévenus et à leur de défense de cesser d’interagir avec la Cour tant que la police continue à réprimer les militants d’IRA et leurs familles pour les empêcher de manifester pacifiquement devant le Palais de justice et de venir assister, à l’intérieur de la salle d’audience, au procès. Les militants d’IRA sont des prisonniers d’opinion et ont droit à un procès publique, juste et équitable.

Nouakchott le 8 août 2016
La Commission de Communication
Source crédit : http://www.cridem.com

​Il y’a la rhétorique pompeusement servie et il y’a les réalités têtues difficilement évitables. 


Ces mots alibis et paravents bien connus dans nos discours politiques et militants se voulant analytiques de la problématique de l’esclavage et ses manifestations sociétales : partage du travail, organisation sociale, le temps fera le changement, tout le monde trouve son compte, nos traditions, le système étatique serait le pire, le mal serait la discrimination raciale, nos valeurs culturelles, la liste est longue…!!
Une gymnastique bien connue chez nous et parmi nous, par laquelle le progressiste à l’échelle nationale s’avère être le réactionnaire acharné dans sa communauté d’origine. Le discours abolitionniste agissant est repoussé voire honni pour les mêmes raisons que l’on soit proche du pouvoir ou des certains mouvements politiques opposants dans le système et en dehors du système. 

D’aucuns s’entretiennent au sein de leurs girons communautaires sur l’immatériel et le matériel, par la promotion d’un ordre tribal ou féodal par lequel les Hommes ne se valent pas. L’état méchant qu’on décrit incessamment et qui est tant décrié, transpose un certain régime réactionnaire qui sévit dans nos sociétés respectives. Cet État est bien incarné aujourd’hui par le président actuel, mais j’ose parier les 5 doigts de ma main gauche, qu’une bonne dizaine de personnalités publiques qui comptent dans l’arène politique « NORMALE » ont la même approche des réalités de l’esclavage et ses manifestations sociétales dans le pays que le Raïs . Très souvent dans le passé les appareils politiques élitistes dans les milieux urbains essaient de développer un discours politique très différent de celui servi dans les milieux ruraux réactionnaires où la notion de citoyenneté est diluée dans l’ancien ordre. Le personnel politique d’extraction sociale ayant une certaine complicité ou ambivalence avec l’ancien ordre, s’est servi d’une manière plus ou moins assumée pour se donner du crédit d’une échelle à une autre (communautaire à nationale). Cette incohérence flagrante longtemps tue n’échappe plus à la nouvelle lecture du fait politique centré sur le CITOYEN. Dans un pays où des juridictions spécialisées pour les pratiques esclavagistes se créent , et les mentalités féodales s’expriment par le silence douteux et les indifférences sournoises, on ne fera pas la politique à la classique comme un autre pays. Tout parti politique d’aspiration noble de l’exercice, se doit de penser à l’édification de la NORME CITOYENNE d’abord afin d’éviter l’inévitable dévoilement par les hésitations et les discours creux dans les salons climatisés. Le jeu de la politique politicienne qui meuble le vide pour figurer en bonne entente tacite avec les gouvernants du moment, montrera ses limites à terme. Les programmes politiques qui appellent aux changements sortent de partout, mais ceux qui peaufinent tous ces beaux textes, sont parmi les premiers qui combattent le CHANGEMENT chez eux et parmi eux. On voudrait que l’autre change mais notre propre changement serait l’ordre d’une indignité affectant notre socle identitaire. Tout ce qui pourrait mettre en cause notre socle identitaire jalousement hérité, est rejeté du champ des aspirations réformatrices. Ainsi les ardeurs activistes s’estompent et le relativisme prend le dessus sur les convictions profondes prêchées ailleurs. 
Une réalité amère se constate entre la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste et certains mouvements opposants et revendicatifs à l’échelle nationale. Certains pensent que lanti-esclavagisme qui déborde à l’anti-féodalisme bien réel, serait malvenu parce que cela toucherait certains milieux dits alliés naturels dit-on . Ces derniers préfèrent l’anti-esclavagisme couplé à l’anti-racisme globalisant et binaire et veulent gommer le féodalisme latent qui inhibe tout autant l’expression citoyenne d’une frange importante du peuple du bas statut social. Parmi nous, il y en a qui nient l’existence de l’esclavage et ses conséquences socialisées dans leurs communautés, mais ils hésitent de participer à la lutte contre l’esclavage connu existant ailleurs, pire ils se permettent de torpiller les efforts de ceux qui agissent. On dirait que l’activisme abolitionniste et anti-esclavagiste par sa vitalité courageuse face à un régime répressif incarnant des pouvoirs multiformes au fond, dévoile un esclavagisme d’esprit et de mentalité  qu’on voudrait cacher quelque part. Le déni ressassé ne dissout pas les réalités dévoilées par nos incohérences devenues flagrantes jour après jour. 
K.S

07-08-2016 11:11 – IRA-Mauritanie : Résumé de la première journée du procès des cadres d’IRA (Bulletin d’information n°8)

IRA-Mauritanie – Serait-ce un hasard que le procès des militants d’IRA (13+10) se soit ouvert un 3 août, jour anniversaire du plus récent mais peut être pas le dernier des coups d’Etat du Général? Un autre coup d’Etat, cette fois contre les droits des gens et la morale politique?

La journée a commencé par le bouclage du périmètre du Palais de Justice par la Police. Toute personne dont on suspectait l’appartenance à IRA est proprement empêchée de s’approcher du bâtiment surtout si cette personne était habillée comme le sont les membres du Comité de la Paix.

Quand la foule de militants d’IRA a commencé à grossir, ordre fut donné aux forces de l’ordre de la repousser à l’Est jusqu’au carrefour Madrid, au Sud jusqu’à la CUN et à l’Ouest jusqu’à l’immeuble d’Afarco.

Là, loin des regards des caméras et notamment des caméras étrangères, les coups de bâtons, de matraques et de rangers ont commencé à pleuvoir sans justifications ni raisons apparentes. Rapidement on a commencé à relever les blessés, nombreux dont des femmes (Mariem Mint Cheikh, Toutou Mint Sidi…).

Parmi les blessés, on identifie Mohamed Lemine (fracture de la main), Mahfoudh (fracture du bras), Elhadj Ould Eliid, tombé dans le comma et transporté à l’Hôpital où aucun soin ne lui fut prodigué.

A l’intérieur de la salle d’audience, les jeunes cades d’IRA avaient pris place, dès 8 heures, dans le box des accusés assistés par leur Collectif de défense. On leur reproche d’avoir pris part aux événements de la Gazra. Ce n’est que trois heures plus tard, vers 11 heures, que la Cour fit son entrée et essaya d’ouvrir la séance dans une salle presque déserte où les quelques policiers en civil n’arrivent pas à tromper les observateurs étrangers venus assister au procès.

Très vite, la défense souleva cette question de l’absence du public qui constitue une condition essentielle à toute justice digne de ce nom. Finalement le Président accéda à cette requête et autorisa le Chef de file du Collectif, le Doyen Cheikh Ould Handy, et un autre avocat membre de ce même collectif, Maître Teyib Ould Mahmoud, à aller chercher le public en leur affirmant, comme le lui a soufflé le policier de service, que ce dernier ne s’était pas présenté! C’est ainsi, finalement, que les quelques rares supporters d’IRA, qui étaient parvenus à franchir la succession d’obstacles policiers et qui sont restés jusqu’à 11 heures, ont pu accéder à la salle. Parmi les obstacles, il y avait l’allégation que les badges étaient épuisés alors qu’en guise de badges, il s’agissait juste de simples feuilles blanches tamponnées!

Après la déclinaison des identités de prévenus, la défense a soulevé un ensemble de vices de forme dont:

1- le fait que la police soit, dans cette affaire, juge et partie. La police prétend avoir été agressée et c’est cette même police qui mène l’enquête et signe les procès verbaux! En plus l’enquête a été menée sans instruction du Procureur de la République qui ne savait même pas qu’il y avait des détenus membres d’IRA;

2- Les prévenus ont été arrêtés et incarcérés sous l’accusation de flagrant délit relatif à l’affaire dite de la Gazra de Ould Bouaamatou. Or aucun d’entre eux ne fut arrêté le jour même du supposé délit ni sur les lieux de ce dernier! Pour un « flagrant » délit, cela pose question.

Après ces fortes objections de forme, la partie civile (Bilal Ould Dik, Nema Ould Ahmed Zeidane et Ahmed Vall Ould Barka) a avancé quelques vagues réponses un peu décousues et gênées aux entournures. Une autre bizarrerie de ce procès est le fait qu’au moins l’un des avocats de la partie civile avait signé aussi pour défendre les accusés!

A 19 heures, alors que le Procureur s’apprêtait à intervenir, la séance a été levée et rendez-vous a été donné le lundi 8 août à 10 heures.

Nos pronostics

S’il existait une justice sur terre, le procès serait annulé pour cause de l’impossibilité physique du flagrant délit. Un non lieu serait alors prononcé lundi 8 août et les prévenus seraient relaxés avec les excuses qui leur seraient présentées et le versement des dommages et intérêts pour préjudices moraux et matériels;

S’il n’y avait pas de justice du tout, le procès reprendrait par une reprise des auditions des prévenus mais cette fois par la gendarmerie en supposant que ce corps soit honnête et indépendant de celui de la police;

Si le procès était de pure forme, la Cour éluderait les objections soulevées par la défense pour prononcer le verdict déjà préparé par l’Exécutif à savoir la condamnation des prévenus pour des délits qu’ils n’auraient pu commettre et des accusations sans fondement aucun. La confrontation entre IRA et le Pouvoir continuerait alors et le Pouvoir perdra encore une fois et ce aussi bien au plan intérieur qu’au niveau de l’opinion internationale.

La Commission de Communication

Nouakchott le 04 août 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

Le soninké du Guidimakha profond et l’État : cet administré dompté devenu le citoyen effacé et insensible..!?

Chez nous depuis tout petit, l’État par son émanation locale (départementale ou régionale) est incarnée dans l’imaginaire collectif par une force répressive. Appelé en soninké ordinaire sommairement « FANKA » qui veut dire « FORCE » plutôt que « l’autorité » ou « FANKANSORO » (CEUX QUI DÉTIENNENT LA FORCE« , l’ordre étatique est craint et relève même de l’intimidation, et vaut mieux ne pas avoir affaire à lui. Une certaine représentation est faite de l’ordre étatique qui n’aura de toutes les manières que RAISON sur NOUS. Ainsi la peur du « FANKA » est incrustée dans la socialisation du jeune villageois. À une époque, le véhicule des gendarmes départementaux ou des gardes forestiers, représente le « monstre » à ne pas s’approcher. Cette auto-soumission inconsciente fait que les administrateurs locaux peuvent passer du zèle aux abus pendant des longues années sans aucune réclamation. Une situation fataliste s’instaure dans la conscience collective qui est disposée à accepter docilement le statut d’éternels fautifs jamais réclamants . Cet ordre peut même se retrouver au sein des centres médicaux et des établissements scolaires. L’infirmier d’état ou le directeur de l’école peut s’arroger certaines positions par des comportements scandaleux pendant plusieurs années sans crainte. Historiquement, nous croyons que ceux qui sont dépositaires d’un pouvoir quelconque affilié à l’État, ne sont jamais en tort. Pire leurs torts peuvent paraître comme leur travail que nous devons supporter comme des grands enfants. Nous sommes agriculteurs dans notre profond Guidimakha, à la saison des récoltes, les bergers arabo-berbères du Nord-Est sont souvent à l’origine d’innombrables affrontements. Il suffit de voir un dromadaire  qui saigne, c’est tout le village qui tremble quant à l’éventuel appel au FANKA par le berger propriétaire. Pourtant nous qui sommes les administrés locaux, nous croyons que les bergers nomades venus d’ailleurs seront plus écoutés et entendus par l’administration locale que nous. Soumis au diktat du pouvoir local sans rarement broncher, nous serons doublement lésés par d’autres concitoyens venus d’ailleurs  peut-être plus alertes sur leurs droits fondamentaux selon la législation en vigueur. Peu importe, la réalité est très amère quand on y prête attention. Ce conditionnement craintif peut relever de la psychologie qui rappelle le régime colonial appliquant l’indigenat. D’ailleurs, c’est pourquoi la conscience politique et citoyenne dans nos terroirs est loin d’être la plus vive du pays. Le type villageois surtout illettré de surcroît  assimile l’État  à une nébuleuse inaccessible et personnifiée par le gendarme départemental qui a toujours raison sur TOUT et qu’on lui doit obéissance passive. Dans un coin comme le département d’Ould Yengé ayant le chef-lieu du même nom, 90% des administrés Soninkés ne se sont jamais rendus dans cette ville très enclavée de sa partie Guidimakha mais plutôt ouverte vers Kankossa dans l’Assaba. 

Au final, un ressortissant de ces zones, ayant vécu ce cheminement d’une certaine soumission admise collectivement, sera difficilement concerné par l’engagement dans le militantisme politique et citoyen à l’échelle nationale. Ce syndrome originel suit certains parmi la diaspora mauritanienne soninké en France, pourtant très importante mais difficilement mobilisable en masse pour des légitimes revendications les concernant de près. Ces dernières années, la mobilisation bruyante autour de l’enrôlement biométrique controversé, a suscité des manifestations conséquentes contre certains critères fixés par l’état civil. Mais l’atmosphère revendicative s’est adoucie après quelques concessions timides de la part des autorités étatiques. Il n’en demeure pas moins que plusieurs ressortissants de ce Guidimakha profond, naviguent dans le flou total concernant la procédure de la double nationalité (française, espagnole ou d’autres) et surtout certains cas des personnes n’ayant pas été recensées en 1998. Notre peur bleue du FANKA aux villages va finir par notre élimination administrative sur le plan légal de nos terroirs. Imaginons un jour, si on arrivait à nous exiger des cartes de résidence sur nos terres ancestrales. 

Il faut aussi rappeler le système de pot de vin bien connu dans le milieu administratif où pullulent d’innombrables marchands de sommeil du service qui font une interface lucrative entre les citoyens demandeurs d’un service et le corps administratif. Ceux qui sont « anormalement chanceux » de connaître un « bras long » sont servis sans trop de tracas, mais les autres sont condamnés de tourner en rond pendant plusieurs mois voire plusieurs années pour un simple acte de rectification d’un document d’état civil. Sinon, il faut du cash trébuchant pour l’intermédiaire sans statut légal administrativement parlant, qui connaîtrait quelqu’un qui à son tour connaîtrait l’agent du bureau responsable du service demandé. La peur puérile qu’on nous a distillée tôt  face au milieu administratif, fait de nous des proies faciles pour un système corruptif bien huilé  . Pressés, excédés et inquiets parfois par le facteur temps, nous ouvrons facilement nos portefeuilles pour ACHETER nos DROITS LÉGITIMES au grand bonheur d’un milieu corrompu et corruptible très vorace. Le pire est que notre inconscience citoyenne nous mène à une certaine illégalité plus ou moins assumée, en devenant des CORRUPTEURS qui assurent la survie d’un système érigé en mode de gestion . L’individualisme est un autre marqueur dans nos rangs. Nos multiples doléances peinent à être portées par un collectif légitime et bien étoffé qui fera abstraction de toute obédience politique ou communautaire afin d’exercer un lobbying conséquent et unitaire . L’avarice est également l’un de nos « péchés capitaux ». Les actions revendicatives au nom du collectif nécessitent un appui financier, mais peu de gens sont sensibles à ce volet et on dirait que tout est attendu gratuitement de part l’infime minorité active. 

Cependant d’autres problématiques affectent la situation socio-politique du pays, mais notre engagement ne semble pas être à la hauteur des enjeux portés vers l’émergence d’un État de DROIT en Mauritanie. Notre intérêt, c’est de participer en masse par une large prise de conscience de laquelle pourraient surgir des solutions justes, dignes et pérennes à nos multiples MAUX longtemps esquivés. 

Sur le plan politique, particulièrement en période électorale, l’écrasante majorité va succomber aux sirènes clientélistes de certains introduits politiciens orientés vers le communautarisme d’appoint au système étatique en place. Ainsi nous devenons des votants à conquérir sans efforts mais jamais des CITOYENS CONSCIENTS de notre qualité de CITOYEN au vrai sens. 

K.S 

04-08-2016 16:33 – L’éditorial de www.saheljournal.info: A Tariq Ramadan


Sahel Journal
– Cher Tariq, vous avez été expulsé de la Mauritanie. Vous étiez venu en Mauritanie pour débattre de l’extrémisme, sur invitation d’une organisation humanitaire.

Une organisation de partage, d’entre-aide et de lutte contre la pauvreté, animée par une jeunesse éprise de justesse et qui a de la pitié pour des milieux des pauvres mauritaniens cherchant à manger. C’est là l’une des raisons d’être de la « Marmite du Partage », une ambition musulmane.

Cher Tariq, sans doute, vous le savez, votre expulsion semble être un ordre de « l’international tyrannique ». L’exécution de cet ordre a commencé à l’aéroport de Casablanca. C’est à partir de cet aéroport qu’on a tenté de vous empêcher d’embarquer pour la Mauritanie.

Les marocains vous ont finalement laissé pour que les Mauritaniens exécutent la besogne. C’est un ordre de l’international tyrannique, de la pensée unique, d’une civilisation sclérosée et de la privatisation de l’islam.

On vous attendait.

Pour la belle culture islamique que vous représentez… pour un islam sans scories, un islam originel tel qu’édicté par le saint CORAN. Les autorités de ce pays, notre pays, qui vous ont refusé l’entrée sur leur territoire, excellent dans le paradoxe et le déni de l’humanisation de ses citoyens. Elles sont dans la promotion de l’esclavage, la féodalité, le racisme, l’intolérance… certains ingrédients de l’anti-islam, au moment où notre religion, la religion de l’Etat mauritanien, recommande la fraternité, la tolérance, le partage, la cohésion, la paix sociale…

On vous attendait pour l’action humanitaire de l’organisation « Marmite du Partage », une organisation d’une jeunesse qui croit à la Mauritanie. La Mauritanie pensée autrement, la Mauritanie de la justice, de l’égalité et du partage. Cette jeunesse qui combat la famine, a une ambition des droits de l’homme, d’entre-aide, de lutte contre la pauvreté ; n’est ce pas là une ambition musulmane ? !

On vous attendait (le peuple, les pauvres) en Mauritanie au moment où nos autorités s’activaient à recevoir une partie de la TYRANNIE de notre époque. Cette communauté des plus riches du monde qui se sont rencontrés à Nouakchott ont les populations et les coreligionnaires les plus misérables de la planète… victimes de la guerre, de la famine… et où dans plusieurs des pays qu’ils représentent l’incertitude du pain de demain est un quotidien amer connu de nous tous… la manifestation radicale de la pauvreté humaine. L’islam ne veut pas de cela.

Ils prônent l’Islam et pourtant entretiennent et alimentent l’anti-islam : la dictature, l’individualisme, l’intolérance et surtout l’insouciance. Insouciants des sorts des Palestiniens sous les bombes d’un diktat, des Syriens meurtris dans l’inefficience des actions de nature à les extirper de l’enfer et de l’indifférence ; que dire des Libyens, des Irakiens, des Somaliens et bien de citoyens d’autres pays…

Chez moi, où on vous a refusé l’entrée, on ploie sous le fardeau de l’improvisation, de l’archaïsme et de la honte comportementale.

Ici, en Mauritanie, les musulmans naissent différents, meurent différents dans l’indifférence de la construction d’une nation mauritanienne. Car, il y a longtemps qu’on a perdu la cohésion, le sens du vivre ensemble dans l’échange et la fraternisation. C’est le mode d’emploi des tenants du pouvoir : diviser pour mieux régner, pérenniser un système qui abêtit la Mauritanie.

Chez moi on cultive l’incivisme… Le citoyen, comme un mendiant acculturé, fait le pied de grue devant les maisons et les bureaux de nos politiques qui nous réduisent au statut de vulgaires hères sans droits.

Chez moi, où tout le monde est musulman, on se confond avec le vol, le mensonge et l’intolérance. Chez moi, où on vous refuse l’entrée, un érudit a offert le Saint CORAN au Président Taya en ces termes : « Excellence, veuillez accepter ce modeste cadeau ! ». Et on sacralise Khlil… SOUBHANALLAH

Chez moi où le peuple vous attendait et où les gouvernants vous refoulent, l’islam est privatisé. Car chez moi, on nait Imam on ne le devient pas, du fait d’une instruction islamique évidente. Chez moi où on (le régime) ne veut pas de vous, on a menacé de transformer les mosquées en boulangeries. Chez moi, on tue et déporte des citoyens impunément.

Chez moi, on est atypique et particulièrement particulier. Car chez moi, il y a aussi des saints et des citoyens justes et tolérants mais sans voix ni «voie»…. Très cher Tariq Ramadan, à bientôt dans cette Mauritanie en devenir qu’on aime tant…

Camara Seydi Moussa


Source crédit : http://www.cridem.org 

Paris le 03 Août 2016 :Sit-in de soutien aux kidnappés abolitionnistes en Mauritanie. 

Bref photo-reportage 

Ce jour d’été dans le chic quartier du 16 ème arrondissement de Paris, certains engagés pour le respect des droits humains en Mauritanie se sont réunis devant la représentation de la Mauritanie en France. Ce 3 août 2016, s’ouvre à Nouakchott le procès des plusieurs piliers du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA-MAURITANIE. Le but du sit-in organisé par IRA-France auquel ont pris part plusieurs militants engagés, était d’alerter les autorités françaises et toutes les organisations sensibles au respect des droits humains, sur les arrestations arbitraires et le procès manipulé en préparation. En plus des éléments d’IRA-France en verve contre ces injustices , il faut noter la présence de certains cadors de la diaspora mauritanienne France, en la personne du grand pèlerin de la bonne cause et l’historique Ibnou Diagana de l’OCVIDH, de Madame Mariem Kane, de Mr Kaw Touré et MrHamadi Soh des FPC ex-Flam,  de l’infatigable Diabé Ndiaye dit Thomas Mag et d’autres irréductibles. Des slogans habituels ont été brandis contre le régime répressif qui sévit dans le pays. Les kidnappings qui ont touché les leaders abolitionnistes d’IRA ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste ) à partir du 29 juin dernier, ont été dénoncés avec vigueur. Une déclaration a été éditée et distribuée aux passants, et un exemplaire sera déposé au courrier de l’ambassade. 

 Il est à noter qu’en ce jour du procès, des militants du mouvement abolitionniste sont annoncés battus et dispersés par les forces du régime à Nouakchott. On interdirait le port de tenues par les hommes dévoués du comité de la paix d’IRA-Mauritanie. Ces hommes sont ceux assurent le service d’ordre autour de toutes sorties publiques du mouvement abolitionniste. Vêtus en chemises blanches, cravates noires et pantalons noirs, ils veillent également sur les responsables de l’organisation en public. Dignes et polis, on a l’impression qu’ils sont plus ordonnés et « professionnels » que certains éléments des forces de l’ordre souvent très provocateurs.

Cet acharnement notoire semble viser une éradication pure et simple de l’organisation abolitionniste. Connaissant la détermination et l’engagement du mouvement créé par Biram Dah Abeid et ses amis en 2008 (Toujours non reconnu par Nouakchott ), on peut parier que la stratégie du bâton répressif du régime mauritanien ne fera que fausse route par une suspecte fuite en avant par rapport aux questions essentielles du pays. L’IRA est loin d’être une expression stricto-communautariste, mais une voi(e) émergente trans-communautaire et citoyenne contre toutes les injustices. Leur concept est inédit en la matière et leur courage en est la clé. Ce mouvement qui est dans le viseur du régime et ses soutiens laudateurs réactionnaires parmi les milieux dominants, survivra aux temps électoraux des uns et aux intérêts convergents immatériels et matériels exclusivistes des autres. 

Notre blog Soninkidees-jose exprime sa totale solidarité aux détenus arbitrairement arrêtés ces derniers jours dans le pays. 

Seule la  vérité est révolutionnaire…!!!


Signé par K.S 

​Le Collectif de défense des dirigeants d’IRA accusés dans le cadre du dossier n° 558/2016



Communiqué

 

Suite aux événements survenus le 29/06/2016 entre des éléments des forces de l’ordre et les habitants du bidonville situé près de l’Hôpital Bouaamatou, un groupe appartenant à cette population, refusant d’être expulsés par la force, a été arrêté.

Un jour plus tard, treize membres dirigeants de l’organisation IRA ont été arrêtés puis déférés devant le Procureur de la République sous le coup de chefs d’accusation décrits comme étant du flagrant délit de rébellion, d’usage de la violence et d’appartenance à une organisation non reconnue.

 

Ces mesures ont été entachées d’un grand nombre d’irrégularités juridiques et d’atteintes aux libertés de nos clients dont nous citons les points suivants:

1- la garde-à-vue de nos clients s’est déroulée dans des taudis hors des commissariats de police qui sont les lieux habituellement destinés à ce genre de procédure. Pendant cette garde-à-vue, nos clients ont été privés de tous contacts avec les leurs et leurs avocats en violation flagrante de l’article 58 du code de procédure pénale. La durée de cette garde-à-vue a dépassé les 10 jours.

2- Les détenus ont été torturés, frappés, déshabillés et entravés sans que le Parquet général, lors de leur déferrement, n’accepta qu’ils soient examinés par un médecin  en vue de constater les traces de la torture qu’ils ont subie en violation manifeste des lois et conventions internationales qui font de la torture un crime contre l’humanité et que la Mauritanie avait ratifiées allant jusqu’à créer des commissions ad hoc pour les faire appliquer.

3- Le détenu Diop Amadou Tidjani qui souffre d’une maladie chronique du cœur a subi une crise aigue causée par les conditions de détention décrites plus haut et a été empêché de recevoir son traitement habituel.

4– Le flagrant délit, qui est la qualification retenue par le Parquet Général, se heurte aux faits que nos clients furent arrêtés à leur domicile ou sur leur lieu de travail respectifs donc loin du théâtre des affrontements et ce pendant les jours qui ont suivi ces mêmes affrontements, tout comme le fait de transférer leur dossier immédiatement à la Cour Pénale sans passer par le juge d’instruction. Cette qualification de flagrant délit, qui parait incohérente, touche au droit de nos clients à bénéficier d’un procès équitable et empêche la manifestation de la vérité qui doit être le fondement de toute action judiciaire.

5- Même après leur admission à la prison civile, nos clients ont continué à subir des mauvais traitements sans justification. Ils ont ainsi été entassés dans une cellule collective notoirement exigüe, ne répondant à aucun critère de salubrité  et loin de toute conformité aux exigences attendues pour les maisons d’arrêt telles que décrites dans les lois nationales et internationales.

Considérant tout ce qui précède, nous engageons l’ensemble des autorités judiciaires et administratives à interagir avec ce dossier conformément à la loi et avec respect de la dignité du citoyen. Nous exprimons notre espoir de voir la justice produire des preuves irréfutables des acquisitions proférées loin de toutes interférences notamment d’ordre politiques.

 

Nouakchott le 02/08/2016

Le Collectif de défense

Les autorités mauritaniennes continuent d’harceler les militants d’IRA


Communiqué de presse
Nous venons d’apprendre qu’une quinzaine de militants d’IRA Mauritanie a été arrêtée cet après-midi à Nouakchott sur la route du nouvel aéroport. Ces militantes et militants étaient venus accueillir le Vice-Président de l’organisation anti-esclavagiste, Brahim Bilal Ramdhane, lors de son retour à Nouakchott après un séjour de plusieurs semaines aux États-Unis durant lequel il était accompagné du Président de l’organisation, Biram Dah Abeid. 

Une foule immense s’était aussi réunie au domicile du Président d’IRA, Biram Dah Abeid pour célébrer ce retour. La police a fait irruption pour harceler les militantes et militants, venus de tous les coins de la ville, et pour demander aux membres du Comité de Paix d’ôter leurs distinctives tenues. 
Ces nouvelles arrestations et ce harcèlement sont une continuité dans la chasse aux sorcières lancée contre IRA depuis le 30 juin dernier et qui a vu les kidnappings de plusieurs membres de l’organisation dont 13 sont toujours détenus et comparaitront devant le juge le 3 Août prochain dans la capitale mauritanienne.
IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté internationale à s’ériger contre ces agissements et à dénoncer ces arrestations arbitraires et cet harcèlement continu de ses membres. 
IRA Mauritanie appelle toutes ces militantes et tous ses militants à une mobilisation pacifique, massive et continue lors du procès de ce mercredi 3 Août et jusqu’à la libération de tous les détenus depuis le 30 juin, et au-delà, jusqu’à la fin de la pratique de l’esclavage et de la discrimination en Mauritanie.
La Commission de communication

Nouakchott, le 1 Août 2016                                                               
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English version
PRESS RELEASE
Mauritanian authorities continue to harass IRA’s militants
We were informed today that over a dozen of IRA Mauritanie militants have been arrested this afternoon in Nouakchott as they were on the way to the newly-built airport where they planned to welcome back IRA’s Vice President, Brahim Bilal Ramdhane, who was visiting the United States, along with IRA’s President, Biram Dah Abeid. 
A huge crowd had also gathered at Biram Dah Abeid’s residence to celebrate the return of the Vice President. The police rammed in to harass IRA’s militants and to force members of the Peace Committee to remove their identifying colors and uniforms. 
This new wave of arrests and harassment follows a previous wave that began on June 30 and that has resulted in the kidnappings of several members of the anti-slavery organization; thirteen (13) of whom are still detained and scheduled to be tried on August 3 in Nouakchott.
IRA-Mauritanie calls on all national progressive and peaceful forces of the civil society as well as the international community to stand up against these acts of terror and to denounce these arbitrary arrests and the on-going harassment of its members. 
IRA Mauritanie further calls on all its militants to peacefully mobilize for the trial on Wednesday August 3rd, 2016 and until all detainees are freed and slavery and discrimination are abolished in Mauritania.
Commission of Communication
Nouakchott, August 1, 2016