● Esclavage en Mauritanie, quand l’impunité devient un mode opératoire supervisé par l’Etat sous la pression des tribus [futureafrique]

Victime de propos esclavagistes et avilissants, Moussa Bilal, un ressortissant de Boutilimit était hors de lui, lors de la conférence de presse qu’il avait animée, lundi 11 septembre 2023, en compagnie du député et président de l’ONG IRA-Mauritanie, Birame Dah Abeid.


La personne contre laquelle il avait porté plainte, également natif de Boutilimit, Sid’Ahmed Ould Jeylani, fonctionnaire à l’Agence nationale des statistiques et des analyses démographiques et économiques (ANSADE), écroué le 23 août 2023 par le Parquet de la République pour injures à caractère esclavagiste, punies par l’article 19 de la Loi 031-2015 incriminant les pratiques esclavagistes, a bénéficié d’une liberté provisoire.

Selon Moussa Bilal, sa libération s’est déroulée dans une atmosphère de fête et magnifiée par des chapelets de louanges portés par des bloggeurs de la tribu qui l’ont magnifié en héros. En fait, selon Moussa Bilal, cette liberté provisoire est la victoire du système esclavagiste et tribal sur les institutions et les lois de la République.

Pourtant, selon Abdallahi Abou Diop, responsable des droits de l’homme au sein du mouvement IRA, non seulement l’accusé, Sid’Ahmed Jeylani, est sous la coupe d’une loi réprimant des crimes contre l’humanité, mais en tant que fonctionnaire, il est passible de l’article 19 de la loi 031-2015 qui stipule : « la qualité de fonctionnaire ou d’officier public, de dépositaire ou d’agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante ».

Pire, selon lui, l’accusé a été libéré sous la pression de sa tribu, notamment de ses députés et de ses magistrats, à l’image du député de Boutilimit, Abdoul Mawahab Mohamed Houcein, qui s’est particulièrement distingué dans sa lutte pour l’obtention de cette liberté provisoire, soutenu par des magistrats de la tribu, lesquels ont échangé des blogs magnifiant ce qu’il a fait.

Dans son intervention, Birame Dah Abeid, a relevé deux curiosités. D’abord, la Cour d’Appel avait refusé tout recours contre le billet d’écrou dressé par le Parquet contre l’accusé, avant que le juge chargé du dossier ne se rétracte sous la pression tribale et n’accorde la liberté provisoire à l’accusé.

Ensuite, il s’est étonné de voir un magistrat dévoiler les secrets de l’instruction judiciaire, dans la mesure, où il a continué à communiquer avec une tierce partie favorable à l’accusé sur les résultats satisfaisants des délibérés pour l’élargissement provisoire de l’intéressé. Et ces échanges étaient répercutés sur le groupe de réseaux sociaux des intéressés.

C’est en fait, ce vaste mouvement d’impunité sur l’ensemble des cas d’esclavages jugés et condamnés depuis l’adoption en 2015 de la loi incriminant l’esclavage en Mauritanie qui a été mis en exergue et dénoncé lors de la conférence de presse.

Selon Abdallahi Abou Diop, il est étonnant de constater qu’aucune des personnes poursuivies pour des crimes d’esclavage depuis 2015 ne se trouvent en prison, alors que des dizaines de cas ont été jugés ces dernières années.

Pire, Birame Dah Abeid a fustigé le caractère mensonger des déclarations du Commissariat aux droits de l’homme qui affirme que plus d’une cinquantaine de personnes accusées d’esclavage sont actuellement en prison. Selon lui, c’est un gros mensonge, aussi a-t-il demandé à l’actuel Commissaire, arrière-petit-fils de l’Emir du Trarza, Cheikh Ahmedou, de démissionner et de quitter l’antre de la falsification qu’est le département qu’il dirige.

Il faut noter que Moussa Bilal a affirmé, lors de la conférence, qu’il n’est pas membre du mouvement IRA, qu’il est plutôt dans la mouvance du président Ghazouani, mais qu’il est conscient qu’il s’agit de la seule organisation vers laquelle se tournent les victimes d’injustice, quelle que soit leur obédience.

Cheikh Aïdara

©️ Source en lien https://www.futureafrique.net/node/16163?fbclid=IwAR3kSI0OTjynosfsx93IsNzfPbEKsGVTETxb_WJ_gAPQb1x3o1ijnlhhlnM

● CAN 2023 : Stade d’Ebimpé, la pelouse de la honte !

La pluie qui s’est abattue lors de la rencontre amicale du 12 septembre 2023 entre la Côte d’Ivoire et le Mali a montré les limites du Stade Olympique Alassane Ouattara construit et rénové à coups de plusieurs millions d’euros.

Un coût global de 219 millions d’euros et plus de 30 millions d’euros supplémentaires pour refaire la pelouse pendant deux ans de 2021 à 2023. Résultat, toujours rien. La pelouse du Stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé a flanché le mardi 12 septembre 2023 après une forte pluie. Le match amical entre la Côte d’Ivoire et le Mali était interrompu à la mi-temps (0-0). Seulement, le déluge qui s’est abattu sur toute la ville d’Abidjan n’a pas permis de reprendre la partie. Ce qui a plongé le peuple ivoirien dans le désarroi. Les autorités également.

Des milliards engloutis pour rien

Sport News Africa a joint des spécialistes pour comprendre ce qui se passait. « J’avais prévenu. J’ai même rencontré certains responsables pour leur montrer mon projet de pelouse. On ne m’a pas écouté. Le système de drainage de ce stade n’est pas bon. Il y a une nouvelle technique qui n’a pas été utilisée. Il fallait confier tout ça aux Turcs après, avoir snobé les Ivoiriens. J’observe tout ça de loin désormais », a confié Claude Blatilde, expert jardinier et fondateur d’une entreprise dans le domaine. Lors de la fermeture du Stade d’Ebimpé le 14 juin 2021, une nouvelle pelouse de dernière génération avait été annoncée au début des travaux en décembre de la même année. Des images montraient même des experts la dérouler. Aujourd’hui, tout cela ressemble plus à de la mise en scène plus qu’autre chose.

« Ce n’est pas la première fois qu’il pleut en Côte d’Ivoire. On a été dans une grosse période de pluie il y a tout juste un mois. Les gens ont juste caché la vérité aux Ivoiriens. Ils ont envoyé une pelouse d’occasion », a-t-il terminé notre entretien. C’est la colère partout, au Stade, où même les couloirs et les salles sont inondés ainsi que sur les réseaux sociaux.

Des responsabilités à situer, des poste en danger

« Il faut une bonne fois pour toutes que les responsabilités soient situées et que les responsables soient sanctionnés conformément à la loi. Le contribuable ivoirien ne peut pas débourser plus de 200 millions d’euros pour la construction et la rénovation du Stade d’Ebimpé et après 2 ou 3 matches, se retrouver avec ça ! C’est inadmissible. Il faut qu’on arrête de toujours trouver des excuses et de faire passer les défaillances à pertes et profits juste pour se protéger ou protéger des gens. Et c’est pareil partout (routes, stades, etc). Des milliards dépensés, pour des résultats pareils », fustige Nasser Eddy Nicolas, consultant sur la chaîne privée ivoirienne NCI.

Au moment où nous mettions sous presse, une réunion urgente se tenait. « Le ministre va se prononcer sous peu », nous a informé une source au ministère des Sports. Au milieu de la cohue, les arbitres ont arrêté le match. Et pour le ministère des Sports et donc l’ONS, le bruit de l’éjection se fait pressant à une journée du Conseil des ministres le 13 septembre 2023. Tous se savent sur la sellette pour ces millions d’euros jetés à l’eau.

Séverin SANH

©️ Source en lien https://sportnewsafrica.com/news-football/can-2023-stade-debimpe-la-pelouse-de-la-honte/

● Inondations : en Libye, 10 000 personnes ont disparu

Dimanche 10 septembre, la tempête Daniel s’abattait sur la Libye. Deux jours après le drame, le bilan fait état de 10 000 morts et de milliers de disparus.
Sur une vidéo diffusée par une agence de presse turque, la ville de Derna (Libye) est totalement dévastée. Dimanche 10 septembre, la tempête Daniel a touché de plein fouet cette ville côtière de 10 000 habitants. Ces terribles images semblent confirmer le bilan extrêmement lourd avancé par les autorités qui gouvernent la partie orientale du pays. « Rien que dans la ville de Derna, il y a plus de 2 000 morts », annonce Ahmed al-Mormari, le porte-parole des forces armées basées à l’est, qui déplore de nombreux disparus.

Des opérations de sauvetage délicates
Selon les autorités, l’effondrement de deux barrages explique l’ampleur de la catastrophe dans cette ville. Du côté de la Croix-Rouge, dont l’antenne libyenne est déjà à pied d’œuvre, l’estimation du nombre de victimes est tout aussi alarmante. « Le nombre de morts est vraiment énorme et pourrait atteindre des milliers. Le nombre de personnes disparues s’élève à 10 000 », indique Tamer Ramadan, un membre de la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Sur place, les routes sont coupées. Les éboulements et glissements de terrain compliquent l’arrivée des secours.

©️ Source en lien https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/libye/inondations-en-libye-10-000-personnes-ont-perdu-la-vie_6058665.html