Points Chauds – Dans le cadre d’une enquête sur un réseau de passeurs clandestins de migrants, un gendarme et un policier en poste sur le ferry de Rosso ont été arrêtés pour leur implication présumée dans une tentative de faire transiter illégalement six étrangers vers Nouakchott.
Selon des informations concordantes, les autorités ont été alertées par des renseignements précis, déclenchant une opération menée par le Groupement de Réponse Rapide, de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GARSl).
Le gendarme a été interpellé à Nouakchott, tandis que son collègue policier est actuellement détenu au commissariat de Tékane, dans l’attente de la clôture des investigations.
Il vaut mieux ne pas être étranger de peau noire par les temps qui courent chez moi. Et pourtant, chez moi était réputé être terre de Bissimallah, Bissimillama, terre de merhebeu et de wekheryert jusqu’à adjonction de kebireu. L’hospitalité dans toute son expression et dans sa diversité culturelle.
Mais tout est en train de basculer. Pogrom, contrôles aux faciès et comme souvent avec un excès de zèle que la loi ne tolère point. C’est juste l’expression idéologique et politique du représentant de l’Etat. Un agent » imbu de sa naissance » de sa position et dont l’impunité est assurée à vie fait appliquer la loi à sa manière.
Étranger, ce vocable est ces derniers temps, en Mauritanie assimilé à une identite subsaharienne. Un Noir, noir de peau. Un clandestin ni plus ni moins. Un candidat potentiel à l’émigration. Un suspect. Un coupable . Un brigand. Un misérable. Un pestiféré.
Étranger, c’est juste un soupçon. Une appréhension. Un étranger, c’est juste un inconnu.
Chacun est inconnu quelque part. Chacun est étranger quelque part, parfois même au milieu des siens.
Étranger, le mot est jeté comme un projectile . Les rescapés du recensement biométrique, sont encore titillés. Blessés dans leur honneur par un compatriote qui se substitue à l’État, en traitant parfois des halogènes d’étrangers. Un amalgame et une confusion volontaires qui presagent de mauvais jours.
Étranger, vous l’êtes sans même décliner votre identité. C’est écrit sur votre front. Votre accent fait de vous chez vous un étranger.
Étranger, tout le monde est étranger. Chacun a déjà était appelé étranger. Étranger, ne saurait être une insulte. Étranger, n’est pas toujours un aventurier, un personnage errant .
L’étranger d’Albert CAMUS, n’était pas musulman à ce que je sache. Mais avait compris que la vie était absurde. Nous sommes de passage. Rien ne nous appartient ici bas. Tout est éphémère. Tout est finitude.
A-t-on oublié ce principe sacro-saint de l’islam. Aimons -nous le temps d’une vie. Cultivons l’amour et la fraternité. Nous sommes tous’Ici et d’Ailleurs.
Aujourd’hui, en Mauritanie, nous sommes pleinement conscients des défis complexes auxquels nous faisons face. Dans ce contexte, je ressens profondément la nécessité de souligner l’importance de la fraternité, du respect mutuel et de l’harmonie entre nos peuples. La Mauritanie et ses pays voisins ont une histoire commune, une culture partagée, et une tradition d’échanges qui remontent à des siècles. Les liens qui nous unissent sont bien plus forts que les désidératas de quelques-uns ou les incompréhensions qui peuvent surgir dans nos sociétés.
Il est vital de rappeler que la dignité humaine transcende les frontières, et que chaque citoyen, qu’il soit sénégalais, malien, guinéen, gambien, marocain, tunisien, algérien ou mauritanien, mérite de vivre dans la paix, la sécurité et le respect de ses droits fondamentaux. Lorsque des difficultés surgissent, surtout dans un contexte de flux migratoires, pour tout individu vivant en Mauritanie, il est crucial que nous nous engagions dans une réflexion collective, non pas pour diviser, mais pour construire ensemble un environnement plus juste et plus équitable.
De même, il est impératif que nous rejetions toute forme d’exclusion, de discrimination ou d’injustice. L’unité nationale ne se décrète pas : elle se construit par des actions concrètes, par des politiques inclusives et par une volonté sincère d’aller vers l’autre. L’histoire nous a montré que les nations qui prospèrent sont celles qui savent tirer leur force de leur diversité et faire de la solidarité un principe inébranlable.
Nous ne devons pas laisser le racisme, les préjugés ou les stéréotypes nous éloigner les uns des autres. Nous sommes tous des humains, et la diversité qui existe entre nous, qu’elle soit d’origine, de culture ou même de croyance, ne devrait jamais être une source de division mais un terrain d’enrichissement mutuel. La Mauritanie, à l’image de ses voisins, est un carrefour de cultures et de peuples, et il est de notre responsabilité collective de préserver cet héritage de dialogue et de solidarité.
Ainsi, tout en reconnaissant les défis qui existent, je fais appel à l’esprit de bienveillance et de compréhension pour résoudre les malentendus et les injustices, et pour promouvoir un environnement où chacun peut se sentir chez soi. C’est ensemble, en tant que voisins et frères africains, que nous pourrons avancer. L’unité est la clé pour bâtir une Mauritanie et une Afrique plus fortes, plus unies et plus solidaires. La solidarité africaine doit toujours primer.
Nos autorités doivent revoir leurs méthodes, appeler au respect des règles et faire respecter les lois, tout en protégeant la dignité de chaque individu présent sur notre sol. Il en va de la survie de notre société et de la qualité de nos relations de bon voisinage.
Avec tout le respect et la fraternité qui nous unissent, Un citoyen mauritanien, Souleymane Sidibé.
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