17-04-2015 19:30 – L’esclavage et son carcan religieux : Les Erudits font tomber le masque

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L’Authentique – Après la Fatwa émise récemment par l’Association des Ulémas de Mauritanie, rendant désormais illicite les pratiques esclavagistes, plusieurs éminents érudits, dont Cheikh Mohamed Hacen Ould Deddew commencent à rétablir la vérité longtemps tue sur cette pratique. L’esclavage tel qu’il a été institué et codifié dans ce pays serait illégal depuis la nuit des temps.

C’est ce constat, remettant en cause beaucoup de convictions dogmatiques, qui redonne aujourd’hui toute sa valeur au combat d’IRA et à l’autodafé symbolique des livres de Fiqh qui avait valu à ses militants un lynchage médiatique sans précédent en 2012, de la part des mêmes érudits qui reconnaissent maintenant leur très long silence coupable.

Le coup de fourmilière porté à la question de l’esclavage, par la radicalité du combat et les succès diplomatiques à l’international, serait à l’origine du florilège d’actions tous azimuts menées par l’Etat mauritanien ces dernières années. La question de l’esclavage a été imposée, contre vents et marées, à l’aune de l’actualité chaude de la Mauritanie, depuis qu’un certain discours antiesclavagiste initié par le mouvement IRA a fait son apparition sur le terrain du combat religieux.

Ainsi, aux mesures institutionnelles prises avec frénésie par l’Etat mauritanien pour se débarrasser d’un mal devenu insoutenable, l’onction religieuse sans laquelle le combat sera vain, a tardé à réagir. La Fatwa émise le 26 mars 2015 par l’Association des Ulémas de Mauritanie pourrait dans ce cadre être considérée d’historique, même si elle a manqué de courage.

Elle a été cependant prise dans une gêne si terrible que des érudits sortent peu à peu de l’ombre pour avouer le caractère illégal de l’esclavage tel que pratiqué depuis des siècles en Mauritanie. Pour Cheikh Mohamed Hacen Ould Deddew « l’esclavage qui a toujours été pratiqué dans ce pays n’a jamais été légal ni légitime sur le plan religieux » a-t-il confessé. Pourtant, jusqu’ à une date encore récente, il niait jusqu’à l’existence du phénomène en Mauritanie.

Ces aveux qui commencent à sortir des lèves des gardiens du temple de l’érudition sonnent ainsi comme une trahison qui a longtemps permis, et pendant des siècles, à des hommes d’en posséder d’autres, avec la plus grande cruauté. Pourtant, ce sont les mêmes qui défendaient encore en 2012 la sacralité de l’institution esclavagiste, qui en réfutent aujourd’hui les soubassements les plus religieux.

Sur ce plan, le coup porté par le mouvement IRA à l’institution religieuse, à travers l’autodafé ouvrages de rite malékite, véritables livres de chevet des négriers, a été aussi salutaire. Ce fait symbolique qui avait fait trembler le socle de l’institution esclavagiste, et qui s’était ajouté aux combats de terrain troublant pour le sommeil des familles possesseurs d’esclaves, expliquent l’évolution rapide que l’éradication de l’esclavage a connu en Mauritanie.

A présent, les descendants d’esclaves qui représentent la frange la plus pénalisée dans l’histoire contemporaine du pays, sont en devoir de réclamer des réparations physiques et morales pour cette injustice historique aujourd’hui reconnue. A l’article 2 de la loi de 1981 qui exigeait la réparation des maîtres esclaves qui acceptaient de libérer leurs esclaves doit succéder un autre article dans la loi de 2007 modifiée, pour un devoir de mémoire et de réparation.

Comme les victimes de l’holocauste Nazie, les victimes de l’holocauste esclavagiste, dans toutes les communautés mauritaniennes, doivent avoir leur propre tribunal pour exiger de l’Etat mauritanien, cette juste réparation des torts commis par les anciens.

Cela passera sous la forme de projets de développement dans les zones de concentration de ces populations, la redistribution des richesses à travers le pouvoir régalien de l’Etat qui devra, au même titre qu’il a enrichi les aristocraties dominantes, de déployer les mêmes facilités d’accès au capital pour les franges issues des classes serviles.

Enfin, toutes ces déclarations et lois prises à la pelée ces dernières années doivent se matérialiser par des actes concrets, au risque de voir les efforts consentis se transformer en frustrations, porteurs de ressentiments et de révolte.

JOB

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

IRA apprécie la position de Deddew par rapport à l’esclavage

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Ces derniers jours et ce, sans grande surprise, l’Association des Uléma Mauritaniens s’est fendue d’une déclaration qui légitime les pratiques esclavagiste en Mauritanie. En effet, nos éminents Uléma annonçaient, dans cet ersatz de Fetwa, que l’esclavage était, désormais illégal, comme si cette ignominie pouvait avoir été légale avant la date d’aujourd’hui. Dans une démarche très clairement commandée et rétribuée par les services d’un Etat aux abois, les Uléma autoproclamés, faisant l’économie de toute analyse historique ou recherche documentaire, ont exhumé l’ordonnance de 1981 pour asseoir leur Fetwa. Cette ordonnance, basée sur une autre Fatwa, réaffirmait que l’esclavage était légal puisqu’elle prévoyait l’indemnisation des maîtres d’esclaves, alors que ce sont ces derniers qui devraient être dédommagés des préjudices subis durant des siècles d’asservissement et de domination morale, matérielle et idéologique.
Mais, comme pour laver l’affront fait à notre sainte religion et rétablir sa vocation de source de libération des opprimés, le Cheikh Mohamed El Hassen Ould Deddew vient de publier, ce mardi 14 -04-2015 sur le site Essirage, une déclaration qui a le mérite, rare de nos jours, d’une très grande clarté et d’une portée considérable dans laquelle l’Erudit déclare “qu’il n’y a aucun fondement légal pour les pratiques esclavagiste en Mauritanie” et que notamment, “ces pratiques ne pouvaient avoir de lien avec celles relatives à la période de la révélation de l’Islam”. Il précise aussi que les auteurs de telles pratiques en Mauritanie sont dans un péché caractérisé dont ils répondront à coup sûr devant Allah le tout puissant le jour où ils auront à Lui rendre les inévitables comptes.
Tout en appréciant au plus haut point la position du Cheikh Deddaw qui est venue combler un vide jurisprudentiel dommageable en affirmant très nettement, contrairement aux précédentes Fetawa, qu’il n’y avait aucune filiation entre l’Islam et l’esclavage en Mauritanie, Initiative pour la Résurgence du mouvement Anti-esclavagiste (IRA) tient à souligner les points suivants:
1- nous apportons notre soutiens inconditionnel aux honorables Imams M’Barek Ould Bilal et Bilal Ould Semet ainsi qu’aux autres membres de l’association “El amrou bil maaroufi” (“Recommander des bonnes actions”) dans leur condamnation vigoureuse de la déclaration des Uléma qui nous a ramenés à la case départ;
2- nous engageons l’Etat mauritanien à adopter officiellement la Fetwa de l’Erudit Deddaw qui désigne clairement qui est victime et qui est coupable dans cette question de l’esclavage. Les victimes doivent être reconnues et traitées comme telles et les bourreaux dénoncés et châtiés pour leur forfaiture, sans complaisance ni faiblesse;
3- nous condamnons, avec la plus grande force, les déclarations de Cheikh Ould Saleh, Secrétaire général adjoint de l’Association des Uléma , qui dénigre les défenseurs des droits de l’Homme en les traitant, à longueur de diatribe, de tous les noms d’oiseaux, sans égards aux sacrifices qu’ils consentent pour la liberté du plus grand nombre. Est ce que ce personnage, sorti de nulle part, pourrait faire de telles déclarations, s’il n’était en service commandé et rétribué? Nous nous permettons de poser la question.
4- nous engageons les autorités actuelles à présenter des excuses, aux noms de l’Etat, en direction des esclaves et de leurs ayant-droits pour les préjudices et torts moraux commis à leur encontre durant des siècles par usurpation caractérisée de références à Allah et à Son Saint prophète. Une procédure adaptée d’indemnisation et de réparation doit être initiée par l’Etat en faveur des victimes de cette abomination;
5- nous renouvelons notre appel à l’ensemble des mouvements et organisations de droits de l’Homme, aux associations de la société civile, aux personnalités et groupements progressistes et à tous ceux et celles qui ont dénoncé la Fetwa des Uléma de Mauritanie à resserrer les liens et pousser l’Etat à vaincre les dernières réticences sur le chemin de la “lutte contre l’esclavage”. L’Etat doit dépasser le seul affichage à visée de communication extérieure et s’engager résolument sur la voie de l’exécution pratique de la Feuille de Route; une telle démarche ne pourra aboutir sans l’implication des défenseurs des droits de l’Homme et sans la levée des entraves qui limitent injustement et inutilement leur liberté de mouvement, d’association et d’expression.

La Commission de Communication Aleg le 17-04-2015

Source crédit: iramauritanie.org

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16-04-2015 11:11 – Les avocats de Mohamed Cheikh Ould M’Khaitir renoncent à sa défense !

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Elhourriya – M’Khaitir, accusé d’apostasie et de blasphème à l’égard du Prophète Mohamed PSL, ont décidé, pour des raisons particulières, de renoncer à sa défense. C’est la seconde fois, après la défense de Me Ichiddou, que des hommes de loi font marche arrière par rapport à cet épineux dossier judiciaire qui continue d’occuper le devant de la scène politique nationale et internationale, face à une affaire très complexe où l’Etat se trouve devant deux options aussi périlleuse l’une que l’autre.

En effet, exécuter Ould M’Khaitir pour un droit d’opinion, signifie porter un coup dur à la démocratie et aux libertés, tandis que son acquittement expose le pays à la loi des fanatiques qui continuent d’exiger son exécution.

Ould M’Khaitir a été condamné à mort pour apostasie le 24 décembre 2014 par le tribunal de Nouadhibou, dans le nord-ouest de la Mauritanie. En décembre 2013, il avait mis un article en ligne sur le site du quotidien en ligne Aqlame qui avait plus tard été retiré car il était considéré comme blasphématoire à l’égard du prophète Mahomet.

Cet article était adressé aux membres de sa catégorie sociale, les moualamines (forgerons), et critiquait ceux qui utilisent la religion pour marginaliser certains groupes dans la société mauritanienne.

Traduit de l’Arabe par Cridem

Source crédit :cridem.org

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Appel au SIT-IN du comité de soutien aux détenus d’Aleg

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LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:
                         JEUDI 23 AVRIL 2015 DE 13H A 17H

             EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

Voilà plusieurs mois que les camarades Djiby Sow, Biram Dah Abeid, Prix onusien 2013 pour les droits de l’Homme et Brahim Bilal sont incarcérés à la prison d’Aleg. D’autres militants des droits humains sont aussi détenus à la prison de Nouakchott. Leur crime: avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers alors que les motifs de ces arrestations et incarcérations restent infondés. 
Transférés en-dehors de leur circonscription judiciaire d’origine, le parquet, en violation flagrante des textes en vigueur, a décidé d’engager dans les plus brefs délais le procès en appel dans la juridiction incompétente d’Aleg dont les magistrats sont connus pour leurs soumissions aveugles au diktat de l’exécutif.
En outre, Djiby SOW souffre de maladies diverses depuis la grève de la faim entamée le 23 février 2015 et les autorités entravent tout traitement médical conforme aux recommandations du médecin traitant.
Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire d’Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Le comité de soutien aux détenus d’Aleg France.

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15-04-2015 20:46 – Des étudiants mauritaniens condamnés à payer 17000 euros à l’Ambassade de Mauritanie à Paris

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Le Calame – Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce 15 avril, sa décision concernant l’affaire des treize étudiants mauritaniens.

Pour rappel, des étudiants mauritaniens entendaient protester contre la dispersion violente par la police de la marche de 300 km des rapatriés mauritaniens.

Pour ce faire, ils avaient occupé le 7 mai 2014, pendant quelques heures les locaux de l’Ambassade de Mauritanie de Paris. L’institution avaient alors porté plainte contre eux pour dégradation volontaire en réunion de biens privés.

Ce matin, la sentence est tombée. Elle serait lourde pour des étudiants qui n’ont même pas une bourse d’études.

Au civil, le tribunal condamne les étudiants à verser la somme de 17000 euros de dommages-intérêts à l’Ambassade de Mauritanie de Paris qui réclamait 62000 euros.

Au pénal, les étudiants doivent payer une amende avec sursis de 2500 euros par partie. Cela veut dire que d’ici cinq ans (jusqu’en 2020), si les étudiants faisaient l’objet des mêmes accusations, ils payeront chacun 2500 euros.

A la suite de ce jugement, une des parties fera-t-elle appel? Pas sûr: l’ambassade n’aurait pas de preuves supplémentaires et les étudiants ont d’autres chats à fouetter.

Cependant, après la date anniversaire de la condamnation, les treize pourraient faire une requête en b2 (demander la suppression de l’inscription au casier judiciaire de la condamnation).

Dans l’histoire de la Mauritanie, c’est la première fois qu’une ambassade emmène des étudiants devant la justice. Alors, l’Ambassade de Mauritanie de Paris a-t-elle gagné le procès contre ses fils? Les étudiants seront-ils muselés et menottés par cette peine au moins pendant cinq ans?

Source:dioumibrahima.canalblog.com

Source crédit :cridem.org

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16-04-2015 07:45 – Projet de loi remplaçant la loi de 2007 sur l’esclavage : Ce que les nouvelles dispositions apportent de nouveau

L’Authentique – Le conseil des ministres du le 2 avril 2015 a adopté un projet de loi abrogeant et remplaçant la Loi 2007-048 du 3 septembre 2007 qui criminalisait l’esclavage et réprimait ses pratiques en Mauritanie. Cette loi, qui a été vivement contestée à l’époque par les associations des droits de l’homme actives sur le terrain de l’abolition qui lui reprochaient une définition non précise et non exhaustive de l’esclavage entre autres, avait pêché dans l’exécution.

Elle n’a jamais été appliquée sauf une fois, dans le cas du jeune Yarg et de son frère au Brakna. Le maître reconnu coupable à l’époque avait été condamné à 2 ans de prison fermes, mais sortira de prison au bout de trois mois. Tous les autres cas portés devant la justice, n’ont jamais été jugés.

Les auteurs d’actes esclavagistes malgré la protestation des organisations des droits de l’homme passaient entre les mailles de la justice, et ce fut toujours sur les militants des droits de l’homme que s’abattaient la répression et les exactions de l’appareil d’Etat.

Cette loi est sans conteste, le fruit d’un combat acharné mené par ces organisations des droits de l’homme, aussi bien sur le plan national qu’international. SOS Esclaves et IRA en premiers lieux, mais aussi, El Hor, AHME en France et d’autres organisations, comme l’AFCF ont mené ce combat qui fera de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie, le point de mire de toute la communauté internationale.

En 2014, sous l’égide des Nations Unies, la Mauritanie signa une Feuille de route pour l’éradication de l’esclavage en 29 points. Il était évident que le caractère flou, incomplet et laxiste de la loi 2007-048 ne pouvait continuer à servir d’outil de lutte efficace.

Conscient de l’obligation à laquelle il était tenu de se débarrasser d’une tare, l’esclavage, qui le marquait au niveau international, et sous la pression de plus en plus forte des militants de la cause, l’Etat mauritanien était contraint de remodeler l’ancienne loi pour produire un nouveau texte plus acceptable aux yeux des organisations militantes et de la communauté internationale.

Ainsi, par rapport à l’ancienne loi qui ne comptait que 17 articles, le nouveau texte en comporte 26. Il introduit des changements majeurs. Il prend en compte la nature imprescriptible des infractions liées à l’esclavage, conformément aux conventions internationales en la matière.

Il aggrave les sanctions, dérisoires dans l’ancienne loi, mais corsées dans les nouvelles dispositions. Ensuite, le nouveaux texte est plus clair et plus précis dans sa terminologie et en facilitera très certainement l’application par les juges.

Autres nouveautés, le projet de loi abrogeant et remplaçant l’ancienne loi, institue des tribunaux régionaux spécialisés dans les crimes et infractions de type esclavagiste. Il s’agit de formations collégiales qui donnent le droit à tout magistrat membre du collège de prendre, sous le sceau de l’urgence, toute mesure conservatoire nécessaire à l’encontre des auteurs présumés chaque fois qu’il est informé d’un cas d’esclavage et ce, pour garantir le droit des victimes.

Le nouveau texte introduit surtout en son article 22, une disposition qui satisferait à moitié les associations des droits de l’homme, à savoir le droit de dénoncer et de porter à la connaissance des autorités tout cas avéré d’esclavage et d’assister les victimes.

Seulement, les associations réclament toujours leur droit à se porter partie civile dans pareilles occasions. Ce que les autorités mauritaniennes semblent encore leur refuser, d’où des difficultés persistantes à cueillir les retombées attendues de ces nouvelles dispositions.

Le projet de loi en question prévoit cependant, et ce serait l’un des rares cas, une assistance judiciaire complète à l’égard des victimes d’esclavage qui seront dispensés de tout frais judiciaire. Cette contrepartie sera payée par l’auteur incriminé si sa culpabilité est établie.

Le rôle du juge est aussi clarifié dans le traitement des dossiers relatifs à l’esclavage, dans la mesure où la loi l’oblige à préserver les droits des victimes, lesquels deviennent exécutoires, même en cas d’opposition au jugement ou d’appel.

L’ancienne loi 2007-048 promulguée par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le gouvernement de Zeine Ould Zeidane, s’articulait autour de quatre chapitres, les dispositions générales, crime et délits d’esclavage scindés en deux sections, les dispositions communes et les dispositions finales.

L’avant-dernier article de la loi 2007-048 abrogeait toutes les dispositions antérieures, en particulier l’article 2 de la Loi 81-234 du 9 novembre 1981 qui stipulait l’indemnisation des maîtres. Pourtant, c’est à la base de cette loi de 1981 que les Ulémas fondent la Fatwa des qu’ils viennent récemment d’émettre.

Dans l’ancienne loi, les peines allaient rarement au-delà de 2 ans d’emprisonnement, pour des amendes dérisoires, qui allaient de 5.000 UM, 50.000 UM dans la plupart des cas, et dépassaient rarement 1 million d’UM, sauf dans un seul cas, l’apologie de l’esclavage par une personne morale où l’amende allait jusqu’à 5 millions. Dans la nouvelle loi, la peine minimale encourue est de 5 ans de prison et la peine maximale 20 ans, avec des amendes se situant entre 250.000 et 5 Millions d’UM.

Si l’article 2 de l’ancienne loi donnait une définition succincte de l’esclavage, ne prenant en compte que la possession physique, l’article 3 de la nouvelle loi donne une définition plus exhaustive, en ce qu’il ajoute à la possession physique, toute capture, acquisition, cession d’un individu pour le réduire en esclavage, le vendre ou l’échanger, toute forme de travaux forcés, tout acte de transport d’esclaves, tout placement en vertu duquel une femme, sans qu’elle ait le droit de refuser, est promise, donnée en mariage moyennant une contrepartie en espèce ou en nature versée à ses parents, tuteur, famille ou toute autre personne ou groupe de personnes, le cas du mari d’une femme ou de sa famille qui la cède ou tente de la céder, à titre onéreux ou autrement, à une tierce personne.

La nouvelle loi interdit le Sororat, le Lévirat, l’exploitation des enfants par qui que ce soit, y compris leurs parents, mais aussi le sevrage si fréquent dans les zones rurales, ainsi que la servitude pour dettes. Il punit les agressions sexuelles pour motif esclavagiste et donne le droit à la femme mariée de force de dissoudre le mariage, les enfants issus de cette union porteront le nom du mari.

Cheikh Aïdara

Source crédit :cridem.org

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15-04-2015 07:45 – Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie : Nous refusons de comparaître à Aleg !

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IRA-Mauritanie – Le 15 janvier 2015, le Prix 2013 de l’ONU pour les Droits de l’Homme, président d’IRA, Biram DAH ABEID, son adjoint Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW, président de l’ONG Kawtal ngam Yellitaare ont été condamnés à deux (2) années de prison ferme sur la base de l’Article 193, aliénât 2 : « rébellion non-armée et manquement au respect dû à l’autorité ».

L’article du Code pénal ne comporte qu’un seul alinéa et ne traite que de la rébellion non-armée. Le juge a fait preuve d’amateurisme léger et de manque de rigueur technique dans sa prise de décision, en ce sens que son avis ne reflète les débats mais relève de l’exécution d’une instruction reçue.

Il a tenu, vaille que vaille, à se conformer à la volonté du Chef de l’Etat, celle du Premier Ministre et du Ministre de la justice, tendant à faire condamner les militants abolitionnistes – position maintes fois exprimée, à travers des médias, par ces derniers, à rebours du sacro-saint principe de séparation des pouvoirs.

Les prisonniers, par la voix de leur défense, ont fait appel du jugement dès l’annonce du verdict. Le dossier, relevant de la cour d’appel de Nouakchott, leur transfèrement en catimini au bagne d’Aleg (250 Km de Nouakchott), constitue, donc, une entorse à la lettre même du droit.

En effet, par le biais du Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), le Procureur général a fait parvenir à Biram DAH ABEID, Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW un message selon lequel leur procès en appel se tiendra, à Aleg et ce en dépit de la Constitution et du Code de procédure pénale.

Cette série de transgressions, appliquées aux détenus d’IRA – Mauritanie dénote une volonté manifeste, par les autorités, de nuire aux prisonniers d’opinion, sans aucun égard pour l’ensemble des textes en vigueur, les conventions, accords et traités pertinents auxquels la Mauritanie a adhéré.

Le pouvoir judiciaire, dans sa crainte de désobéir aux ordres du Chef de l’Etat et du gouvernement, directives exprimées par le Ministre de la justice, ne peut qu’obtempérer aux instances de l’Exécutif, afin de ne pas subir le sort du juge Mohamed Lemine Ould El Moctar, radié après son refus de céder à de telles injonctions. Toute volonté d’indépendance est sanctionnée, avec rigueur. L’on se le rappelle, durant les six (6) dernières années, le Chef de l’Etat Mohamed OULD ABDEL AZIZ, au mépris de l’indépendance de la justice, limogeait, à trois (3) reprises, des magistrats qui ont refusé d’obéir aux ordres. Et l’on comprendrait aisément la tendance fâcheuse de ces praticiens, désarmés, à aliéner leurs autonomie et conscience et « monnayer » leur docilité.

IRA – Mauritanie, en vertu de son engagement pour la dignité, contre l’esclavage et le racisme et malgré toutes les formes de persécution et de répression dont sont victimes ses militants :

– Prend l’opinion à témoin de cette dérive, attestée en sa récurrence, quand elle implique la violation de la législation interne et des engagements internationaux auxquels la Mauritanie est partie ;

– Annonce, de ce chef, à l’opinion nationale et internationale, le refus, par les prisonniers Biram DAH ABEID, Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW, d’assister à toute audience organisée à Aleg ou dans un tout autre endroit ne relevant pas de la cour d’appel de Nouakchott, seul lieu de compétence à ce stade de la procédure.

– Dénonce l’instrumentalisation et le détournement du droit, par l’Exécutif et appelle les mauritaniens à se dresser contre la dérive ; en effet, aucun citoyen ni ressortissant étranger n’est désormais à l’abri de l’arbitraire, dès lors qu’il se confronte à l’appareil judiciaire de la Mauritanie.

– Appelle la communauté internationale et singulièrement les partenaires au développement, à exiger, des autorités, le respect des normes internes et des engagements internationaux protecteurs de la dignité de la personne et de l’habeas corpus;

– Déclare, enfin, que les peines de prison, la persécution et la torture de ses militants n’affectera en rien sa marche pacifique mais irrésistible vers l’avènement d’une Mauritanie de l’égalité où la majorité jusqu’ici résignée, imposera l’abolition définitive du privilège de la naissance et du racisme.

Nouakchott, le 14 avril 2015

La Commission de communication

Source crédit :cridem.org

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14-04-2015 15:10 – Mauritanie-Arabie Saoudite : Spoliations des terres et pièges de l’Investissement

Le Calame – L’axe Nouakchott-Riyadh revigoré. Le président Ould Abdel Aziz vient d’achever une visite de trois jours à Riyadh, du 7 au 9 avril, sur invitation du roi Selmane ben Abdel Aziz Al Saoud dont le royaume dirige la coalition arabe qui pilonne les sites d’El Houthiyine, au Yémen, et s’apprête à une intervention des troupes au sol, rapporte une source émiratie, si Abid Rabou Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite, en fait la demande.

Trois jours durant, l’hôte du gardien des Lieux Saints s’est entretenu avec les ministres saoudiens de la Défense, des Mines et de l’Agriculture… en l’absence de leurs homologues mauritaniens ! Est-ce en sa qualité de Chef suprême…. des armées qu’il a paraphé un protocole d’accord militaire avec le royaume wahhabite en quête d’une légitimité internationale, dans sa guerre au Yémen ?

En tant que membre de la Ligue Arabe qui a donné, pour la première fois de son histoire, le feu vert à une intervention militaire dans un pays-membre, pour en « restaurer la légalité », la Mauritanie va-t-elle contribuer au besoin, de plus en plus pressant, d’une force multinationale dans cette péninsule ? Pourtant, plusieurs régimes arabes élus démocratiquement ont été déposés et leurs institutions bafouées, sans que cette même Ligue Arabe ne pipe mot !

Dans cet ordre de bataille, le pays du million de poètes a envoyé des contingents, sous l’égide des Nations Unies, non pas au Mali voisin mais en Côte d’Ivoire et en République Centrafricaine. Allez savoir pourquoi…

Pendant qu’Ould Abdel Aziz est à Riyadh, le docteur Khalid Souleymane El Mellah, directeur du Bureau exécutif du Groupe Errajihi, est à Nouakchott… pour relancer le très controversé projet d’investissement saoudien en Mauritanie ; particulièrement dans l’agro-alimentaire. Un projet qui a soulevé des vagues, après que les populations de la vallée se sont révoltées contre une nouvelle forme de spoliation de leurs terres, au profit, non plus de nationaux, mais de ce conglomérat de pétrodollars saoudiens.

Une affaire que le pouvoir de Nouakchott a tenté, en vain, de régler à l’amiable, en envoyant, à l’époque, des émissaires – Dia Adama, ex-chef d’état-major particulier du Président ; Thiom Diombar, ancien ministre des Finances et plusieurs autres cadres négro-mauritaniens – pour convaincre les populations de « l’opportunité » d’abandonner leurs terres agro-pastorales au profit du Groupe Errajihi.

Durant la même première dizaine de ce mois d’Avril, le conseil des gouverneurs des banques centrales et autres institutions financières arabes a nommé, au cours de sa 40° session tenue au Koweït, le ministre mauritanien des Affaires économiques et du développement, Sidi ould Tah, au poste de DG de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), détenue, à majorité, par les Saoudiens qui possèdent, donc, les clés de ce poste.

Ce partenariat gagnant-gagnant – ou gagnant-perdant, c’est selon – remet, au goût amer du jour, la problématique du foncier et la volonté du pouvoir de Nouakchott d’exproprier des nationaux de leurs terres agricoles et pastorales, pour les rétrocéder ou vendre à des Saoudiens, sous prétexte d’exploitation « plus rationnelle ».

Piège de l’investissement dont on n’est loin, d’ailleurs, d’avoir perçu tous les tenants et aboutissants. N’entend-on pas murmurer, en effet, que, sous les Saoudiens, se cacheraient un projet d’envergure planétaire, visant à imposer, au Monde, la culture des transgéniques, si controversée en des régions où la démocratie n’est pas totalement un vain mot ?

Moustapha Ould Béchir

Source crédit : cridem.org

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14-04-2015 11:11 – Soninké : la féodalité freine l’ascension des descendants d’esclaves

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Dune Voices – Connues et surtout médiatisées en milieu maure, les séquelles de l’esclavage ont tout le temps existé dans les diverses communautés mauritaniennes (Maure, Hal poular, Soninké, Wolof). En milieu Soninké, elles sont masquées, voire déguisées. Les ambitions des descendants d’esclaves font face à une résistance de la chefferie traditionnelle, religieuse, souvent en connivence avec les élus politiques, véritables leviers de la féodalité.

Devenir un élu politique, imam ou chef de village semble poser problème pour un descendant d’esclave dans la communauté soninké. Certes, l’esclavage au sens propre du terme n’existe plus dans la communauté. Mais, ses séquelles empoisonnent les ambitions des descendants d’esclaves.

Des familles soninkés sont privées d’accéder à des rangs politiques et sociétaux, à cause de leur origine. Leurs noms auraient une connotation d’ascendance servile. Même si la règle n’est pas toujours établie. C’est le cas de «Sanokho», «Bakhayoko», «Sakhanokho», «Coulibaly», «Traoré», «Camara », «Diarra», «Sidibé», «Keita». Ces noms sont parfois considérés comme soit «nobles» soit « esclaves » au Guidimakha, Djeol ou Kaédi alors qu’ils sont de véritables « nobles »au Mali.

Nourou Ibrahima Sanokho, président de la Ligue Mauritanienne des Sans Voix(LMSV) est victime directement de cette féodalité. Il est membre fondateur du parti au pouvoir. Il est par ailleurs membre de sa section de Sebkha (Nouakchott). Mais, son origine de descendant d’esclave bloquerait ses ambitions politiques. Il n’arrive pas à accéder à un poste important dans le parti au niveau de sa région. «Il y a une main cachée, un lobbying interne avec la complicité de l’Etat. Avant l’indépendance, la classe était donnée aux nobles. Ce privilège continue toujours à peser dans tout son ensemble » affirme le président du LMSV. « Nous faisons 70% de ces gens-là comme entre les Beïdanes et les Harratines. Ceci n’a jamais été pris en compte!» dit-il.

Samba Coulibaly, transporteur, est victime aussi de son ascendance d’esclave. Il était amoureux d’une fille noble du nom de M. D., dans la région de Sélibaby. Ils sont sortis ensemble en cachette pendant un an environ. Mais un jour, M.D. est mariée à son cousin par ses parents. Samba restera abattu pendant des jours avant de se remettre. Depuis lors le transporteur maudit cette féodalité qui gangrène sa société. « Toutes les personnes sont égales. Il n’y a pas de supériorité, ni d’infériorité » martèle-t-il. « C’est anormal qu’on considère les descendants des esclaves comme des animaux » ajoutera-t-il.

Aboli en 1981, l’esclavage est resté une pratique vivace en Mauritanie. Pour y mettre un terme, une loi criminalisant les pratiques esclavagistes est promulguée le 13 décembre 2007. En 2013, la loi mauritanienne requalifie de «crime contre l’humanité» toute pratique esclavagiste.

« La société soninké est plus conservatrice que toute autre société »

Ladji Traore, Secrétaire Général de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) et conseiller de l’Association pour l’Eradication de l’Esclavage en Milieu Soninké (l’AMES), estime que « la structuration de la société beïdane est un peu calquée sur la communauté soninké parce que, dans aucun pays arabe vous ne trouverez cette stratification sociale».

Selon lui, il n’y a depuis 1961 qu’un seul député soninké issu des milieux des anciens esclaves. Il portait le nom de Coulibaly. Sa fille est actuellement sénatrice du parti Tawassoul pour Nouakchott. Elle serait la seule sénatrice soninké de nom à connotation d’origine esclave.

Le conseiller lance : « Il faut bannir de notre pays ce système abject, cette conception arriérée qui fait honte à tout le peuple mauritanien. La société soninké est plus conservatrice que toute autre société » constate-t-il.

«Les anciennes familles esclavagistes ou chefferie sont propriétaires de la plupart des terres dans et autour des localités. Un descendant d’esclave en milieu soninké ne peut pas aujourd’hui avoir de terres qui sont généralement accaparées par les anciennes familles féodales» estime Balla Touré, chargé des relations extérieures de l’Initiative de la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), membre du mouvement FLERE-Mauritanie (Mouvement de lutte contre l’esclavage, le racisme et la discrimination dans toutes les communautés composantes de la Mauritanie).Touré pense que «dans la République, il ne devrait pas y avoir une place à la discrimination, la ségrégation et à la féodalité».

« L’imamat est une question de compétences. »

Pour Abdoulaye Sarr dit Imam Sarr, Secrétaire Général de l’Association Main dans la Main, «Il n’y a aucun texte coranique qui incite, encourage ou recommande aux gens d’avoir des esclaves. Là où on cite l’esclavage dans les textes coraniques, on met à côté les moyens de l’éradiquer».

Selon l’imam, « il est inconcevable que des musulmans veuillent s’agripper à la question d’esclavage». Il poursuit: « La majorité des imams de la deuxième génération, après le prophète (PSL), sont des ex-esclaves. Dans toutes les cités islamiques, c’étaient eux les Imams. Navae, est issu d’une famille d’anciens esclaves. C’est à lui que l’on doit la version courante en Mauritanie du Coran. Bilal, qui était esclave affranchi à l’âge de 25 ans, était nommé gouverneur. A l’époque l’imam est plus important que tout, sauf le calife ».

Selon Imam Sarr, si on relit les textes de l’islam, on se rendrait compte que tout ça,« c’est nous qui l’avons forgé et on s’agrippe sur ça pour des intérêts non avoués. L’imamat est une question de compétences. Elle est dévolue à celui qui connait mieux le Coran parmi nous » précise-t-il.

« En milieu soninké, on n’imagine pas à avoir une Mahadara (école coranique) tenue par un descendant d’esclaves. Il y a de grands intellectuels musulmans d’origine esclave qui font le déplacement entre les villes pour prêcher l’islam et parfois un islam rigoriste, un islam extrémiste. Mais, chez eux, ils n’ont pas le droit de diriger une prière dans une mosquée, ni celui d’avoir une Mahadara » affirme le Conseiller Traoré.

« Les pratiques esclavagistes sont en train de cancériser la société»

De son côté, le professeur Sow Samba, sociologue, anthropologue et philosophe, estime que si on veut parler des pratiques esclavagistes à un public non initié, il y a des clés qui permettent de décoder la société esclavagiste et ses manifestations. « Il faut commencer par la stratification sociale » invite-t-il.

Selon lui, nous sommes dans une société – celle des Soninkés – où le rang social de l’individu, ses prestiges, sa position au sein de la société, son métier est déterminé par la naissance. Il s’agit d’une hiérarchie traditionnelle dans laquelle on retrouve trois catégories de statuts sociaux : Horrés (les nobles), Niakhamalas (les artisans) et Komous (les esclaves). «On est dans des sociétés féodalo-esclavagistes où l’esclave porte l’empreinte de sa naissance, de sa vie jusqu’à sa mort, qui n’a rien à voir avec la condition sociale » constate-t-il. «De par sa naissance, l’individu est déjà archivé » estime-t-il l’anthropologue.

Le professeur Sow remarque que « les leviers des charges sont entre les mains des familles aristocratiques». Il rappelle que «comme il n’y avait pas de démocratisation au niveau de l’école, la question ne se posait pas. Dans les années 60, le gouvernement de la Mauritanie comptait beaucoup de gens originaires de Boutilimit et quelques éléments de Kaédi, parce que ce sont les premiers à être allés à l’école coloniale. Mais aujourd’hui, en 2015, combien de fils d’esclaves enseignent à l’Université ou sont cadres dans l’Armée ou la police ?» s’interroge-t-il. Il ajoute : « dès qu’il s’agit de fonctions sacrées ou de prestige, telles que l’Armée, le gouvernorat, diriger une prière ou être ministre, on dit qu’ils ne sont pas nés pour gouverner ou pour diriger la prière!» précise-t-il.

Selon lui, «c’est une entorse à l’éthique, c’est une entorse à la démocratie et une violation flagrante des droits de l’homme. Les pratiques esclavagistes sont en train de cancériser la société mauritanienne» conclut M. Sow.

Source crédit :cridem.org

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14-04-2015 07:45 – L’esclavage historique pratiqué en Mauritanie n’était pas légal, dit Cheikh Deddew

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Essirage – L’Erudit Cheikh Mohamed El Hacen Ould Deddew affirme que l’esclavage historiquement pratiqué en Mauritanie n’est pas l’asservissement légalisé par l’Islam. 

Le célèbre théologien mauritanien estime dans une interview accordée au confrère Essirage qui sera publiée ce mardi 14 avril courant, que l’esclavage prévalent en Mauritanie n’est pas bienséant, qu’il est légalement inacceptable, précisant qu’il n’est pas celui, cité dans le Saint Coran et la Sunna.

« L’esclavage mentionné dans le Saint Coran et la Sunna dispose de règles précises, de pratiques et de droits clairs, d’éthique limpide » a-t-il dit, citant : « ne dites pas mon esclave homme ou femme, mais mon fils et ma fille, vos frères qu’Allah vous a donnés comme il peut en faire vos maîtres. Celui qui possède des frères, doit les nourrir de ce qu’il mange et les habiller de ce qu’il porte et ne pas exiger d’eux plus qu’ils ne peuvent, sinon les aider » a-t-il dit.

Et d’ajouter : « La charia a apporté beaucoup de choses que nous n’avons pas vues pratiquer dans les rapports existants chez les esclavagistes dans ce pays. »

L’Erudit conclut en précisant ne criminaliser personne, affirmant qu’Allah est l’Unique à juger les ancêtres, indiquant que les victimes n’auront rien à craindre, qu’elles recouvreront leurs droits entiers, que les auteurs des injustices, s’ils ne sont pas expiés, payeront leurs abus. 

Traduit de l’Arabe par Cridem 

Source crédit :cridem.org

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