Communiqué de presse du CIPACS suite aux accusations graves de Ahmed Khalifa NIASSE

​7 juillet 2016. Publié par Soninkara.

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Communiqué de presse du Centre Islamique pour l’Appel au Coran et à la Sounnah (CIPACS), Dakar le 7 juillet 2016

« Le Respect, rien que le Respect ! »
Dimanche 3 juillet 2016, l’émission « le débat africain » d’Alain FOKA sur RFI traitait du thème « Comment le Sénégal fait-il face à la menace djihadiste?« . L’un des invités M. Ahmed Khalifa NIASSE, pourtant (re)connu pour ses turpitudes, s’est distingué en franchissant un cap dans l’ignominie.

Il a affirmé qu’une mosquée sise Malick SY « à côté de la Cité Police » serait une « mosquée wahhabite ou salafiste qui prépare des terroristes ». Il a poursuivi en disant que « le président (de la République) cautionne en y priant ». Étant connu de longue date que M. NIASSE refuse de compter parmi l’Islam sénégalais celui se réclamant non confrérique alors qu’il existe depuis des temps immémoriaux. Il est donc exclut qu’il cible la Mosquée Omarienne ou la Grande Mosquée, toutes deux sont aussi sur l’avenue Malick SY. Le rappel de la participation exceptionnelle du président de la République à une prière hebdomadaire l’an dernier ne laisse pas de doute. Il désigne, sans la citer nommément, la Mosquée du Centre Islamique pour l’Appel au Coran et à la Sounnah (ci-après le Centre) également appelée Mosquée Soninké.

Malgré le triste pedigree de son auteur, les effets de tels propos dans un média international comme la RFI restent incalculables. Nous les ressentons chaque jour. Ils jettent l’opprobre et la suspicion sur notre honorable institution, sur ses milliers de fidèles et sur la Communauté Soninké en particulier. Devant l’effroyable accusation et l’émoi suscité, le Centre a décidé d’apporter une triple réponse : d’abord judiciaire, ensuite historique et enfin religieuse.

 

1. LA REPONSE JUDICIAIRE : CALOMNIE & INCITATION A LA HAINE

Il y a 48 heures, Mardi 5 juillet, nous avons saisi notre avocat afin de porter plainte contre M. NIASSE pour calomnie, diffamation, incitation à la haine et mise en danger de la vie d’autrui. Si le pire venait en effet à se produire prochainement au Sénégal, qu’Allah (SWT) nous en garde, notre mosquée et ses fidèles désignés par un irresponsable pourraient devenir de parfaits bouc-émissaires pour d’autres déséquilibrés. Un huissier a constaté les propos tenus sur RFI, une « sommation interpellative » doit parvenir incessamment à M. NIASSE, l’affaire suit son court. 
Mais le Centre Islamique interpelle M. Abdoulaye Daouda DIALLO Ministre de l’Intérieur et Me Sidiki KABA Ministre de la Justice sur les allégations tenues qui relèvent, selon nous, de trouble à l’ordre publique.
Le Centre va aussi directement saisir le Procureur de la République afin que M. NIASSE soit entendu et qu’il fournisse sans délai les preuves de ses graves et dangereuses élucubrations ou alors qu’il en réponde. Il serait inconcevable dans un Etat de droit comme le Sénégal que ses propos restent sans suite.

2. LA REPONSE HISTORIQUE: LES SONINKE DU 8EME SIECLE A NOS JOURS

Notre réponse historique est utile une fois de plus pour ceux qui ne nous connaissent pas et qui sont de bonne foi. Voilà pourquoi nous rendons publique, ci-après, les principales lignes de notre courrier, daté du 7 juillet 2015, afin que désormais nul n’en ignore. Il exprime notre infini gratitude à Son Excellence Macky SALL suite à sa venue à la Mosquée. Il rappelle surtout qui est la Communauté Soninké du Sénégal à l’origine du Centre et de la Mosquée dite Soninké. 
« (…) Vendredi 26 juin dernier, à l’occasion de la grande prière hebdomadaire et durant ce mois béni du Ramadan 2015-1436, vous avez joint le geste à la parole donnée suite à notre invitation. Vous êtes venus communier avec les fidèles musulmans de la Mosquée du Centre Islamique Pour l’Appel au Coran et à la Sounnah(CIPACS), sise rue Malick SY à la Médina, communément appelé «Mosquée Soninké ».
Votre geste est désormais gravée, en lettres d’or, dans le livre d’histoire de la communauté soninké. En 1956 déjà, à la veille de l’indépendance, l’illustre poète – futur Président de la République, Léopold Sédar SENGHOR usait de sa plume pour nous rendre un vibrant hommage. Dans le mémorable poème « Kaya – Magan » Roi de l’Or – il célébrait les vertus de ce 1er empire africain appelé WAGADOU ou GHANA. Il en appelait à une Afrique fière, indépendante et héritière de son glorieux passé. 
Votre auguste présence à nos côtés exprime toute la reconnaissance et l’égard que vous avez à notre endroit. Nous y sommes sensibles. Le Coran (49:13) dit d’ailleurs à ce propos : « …Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur. »
Vous nous rendez hommage ainsi qu’à ce trait distinctif de la communauté soninké : son rapport quasi-consubstantiel à l’islam. Au 8ème siècle déjà, l’Islam avait pleinement droit de cité dans l’empire du WAGADOU. Au 10ème siècle, c’est sous la dynastie des MANNA qu’il faisait son entrée au « Sénégal », dans le Royaume du TEKROUR. 
Excellence,
Notre rapport à l’Islam est donc ancien, savant et ouvert. Le Centre Islamique, entend rester fidèle à ses principes. Il propose, outre la mosquée, des enseignements, des conférences, de la recherche et des partenariats avec d’autres institutions islamiques du Sénégal et des pays frères de la Oumma. 
Les ressortissants à Dakar de chacun des villages de l’ensemble des provinces traditionnelles Soninké du Gajaaga, Guidimakha, Haire, Fouta, Boundou qui correspondent aux départements de Bakel, Kanel, Matam, Goudiry et Tambacounda notamment réunis autour de leur « Konpe Xoore » ou « Refuge villageois » respectif notamment à Niayes Thioker puis la Medina depuis 1880, ainsi que les ressortissants de la diaspora, de la France et de l’Afrique Centrale en particulier sont d’honnêtes travailleurs et commerçants, ils en assurent depuis 2002 et jusqu’à nos jours la totalité du financement.
En cela, l’appellation de « Mosquée Soninké » ou « Soninko Konpo Xoore » comme le lieu de convergence, d’identification et de refuge de l’ensemble du Soninkara à Dakar c’est-à-dire de tous les Soninke et de ceux qui vivent en harmonie avec eux depuis des siècles – peuls, wolofs, bambaras notamment – est une parfaite réalité. La portée de votre acte n’en est que plus symbolique. Il atteint tous les lieux d’origine et de migration de cette communauté pieuse et pacifique. Il fait vibrer son cœur. Il exalte sa fierté.
Une fierté républicaine car la République reconnait par là son apport cultuel et culturel à un Sénégal pluriel, ouvert et de paix. Elle connaissait déjà l’apport financier substantiel de cette communauté dont la diaspora – solidaire, travailleuse et patriote – participe pleinement par des colossaux transferts de fonds à l’édification de toute la nation et au développement sur ses fonds propres de ses terroirs d’origine en particulier.  »

3. LA REPONSE RELIGIEUSE : DE L’ABOMINATION DU MENSONGE

Notre réponse à ce propos ne sera pas longue, d’autres occasions plus solennelles serviront à informer les ignorants. Nous nous référons à un Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim car nous avons cru comprendre qu’il pose problème à certains.
D’après Abd ALLAH Ibn Massaoud Radia ALLAH Anhou, le Messager de DIEU (PSL) a dit : 
«Certes, le fait de dire la vérité conduit vers « al-birr » (l’obéissance), et « al-birr » conduit au Paradis. L’homme ne cesse de s’enquérir de la vérité jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès de DIEU parmi les véridiques. D’autre part, le mensonge mène au vice, et le vice mène en Enfer. L’individu qui ne cesse de forger les mensonges sera inscrit auprès de DIEU comme menteur.»
Que Dieu nous garde de figurer parmi les menteurs.

CONCLUSION : LE RESPECT RECIPROQUE

La Communauté Soninké, nous tenons à conclure par là et avec force, est une communauté pieuse, pacifique et de bons voisinages où qu’elle soit dans ses provinces Soninké d’origine, à Dakar et en particulier ici à la Médina ou dans les pays où son labeur l’a conduit en Afrique centrale, aux Amériques ou en Europe. Et c’est du fruit de ce labeur qu’elle a construit les centres de santé, écoles et autres mosquées de ses villages d’origine. C’est du fruit de ce même labeur de ses travailleurs et commerçants qu’elle construit sur ses fonds propres cette Mosquée dite Soninké et qu’elle en assure le fonctionnement sans un Franc CFA de la part d’un Etat étranger, de l’Etat du Sénégal ou de quelques autres organisations islamiques nationales ou internationales. 
Elle n’est ni moins sénégalaise ni moins musulmane que quiconque. Elle se garde d’entrer dans les affaires qui ne la concerne pas, parfois même à son propre détriment. Notre désignation par les autres ne doit rien au hasard puisque Sarakholé signifie en Soninké : personne qui ne fonctionne que sur des choses claires. 
Nous ne laisserons donc jamais personne, fusse-t-il dérangé mentalement, nous donner des leçons ou jeter en pâture notre dignité ou nous salir en nous faisant passer pour des extrémistes et des terroristes auprès de personnes qui ignorent tout de nous. Voilà la raison de notre réponse. Nous ne demandons rien de plus que le respect que nous accordons à chacun. A défaut nous saurons faire valoir nos droits. 
Face à l’abomination d’ôter ne serait-ce qu’une seule vie, a fortiori sur la base d’une divergence d’idées, le Centre Islamique est catégorique : la seule réponse est l’unité, la cohésion et la tolérance. La Oumma islamique sénégalaise dans sa diversité, courants confrériques et non-confrériques, doit donc être uni face à un ennemi commun. Il se nourrit de l’ignorance, de la division et de la stigmatisation. 
Enfin nous félicitons et encourageons nos autorités locales (Maire de la Médina, préfet et gouverneur de Dakar) et nationales (Président de l’AMS Aliou Sall, les Ministres Amadou Ba, Me. Sidiki Kaba et Seydou Gueye) pour leur confiance. Ils ont eu à prier avec nous, et en premier lieu Son Excellence, le président de la République, Macky SALL. Qu’il poursuive sa démarche de reconnaissance de tous les fils du Sénégal comme des citoyens à part entière, d’égale dignité, sans distinction religieuse, confrérique, ethnique ou géographique. Nous lui assurons notre plein soutien dans son combat républicain pour la sécurité et le développement du Sénégal.

Pr. Abdoulaye BA
Imam Ratib de la Mosquée
– Secrétaire Général (CIPACS)
Membre de l’Académie Royale à Amman

Sadio CISSE
Président du Centre Islamique Pour l’Appel au Coran et à la Sounnah (CIPACS)
Ancien Sénateur-Maire de Waoundé

Source crédit : http://www.soninkara.com

Émission TV en soninké, la problématique de l’esclavage et ses différentes implications sociétales.

NE LES OUBLIONS PAS : Gaye Silly Soumaré (1930 – 2012)

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Adrar Info – Gaye Silly Soumaré s’est éteint le mercredi 18 juillet 2012 à Nouakchott dans l’indifférence presque totale. Pourtant, l’homme fut un des acteurs majeurs de la construction de la Mauritanie.

Si les propositions relatives à la cohabitation nationale du comité paritaire qu’il a présidé en 1958, après le congrès d’Aleg, avaient été explorées et prises en compte par les politiques, notre pays aurait peut être fait l’économie des tragédies connues.

Homme d’Etat au parcours exceptionnel, un des premiers administrateurs civils mauritaniens, militant anticolonial dans sa jeunesse, Gaye Silly Soumaré mérite un hommage national.

Le contexte politique de son engagement
Né en 1930 à Wompou, au Guidimakha, il a effectué sa scolarité au collège de Rosso avant d’intégrer l’école Normale William Ponty au Sénégal où il a obtenu le baccalauréat en 1951, puis un Certificat d’Aptitudes Pédagogiques (CAP) en 1953. Il exercera le métier d’instituteur jusqu’en 1957.

Il fit ses premiers pas politiques, la même année, comme membre du bureau politique de l’Association de la Jeunesse Mauritanienne (AJM) fondée le 24 novembre 1955 à Rosso. L’AJM était animée par des jeunes comme Mohamed Ould Cheikh, Ahmed Baba Ould Ahmed Miské, Tiécoura Dembelé, Yacoub Ould Boumédiana…, en rupture de banc avec les adultes de la maison mère, l’Union Progressiste Mauritanienne.

Sensibles aux luttes de libération dans les colonies, les jeunes militants de l’AJM s’étaient fixés comme programme : « réaliser l’unité de tous les jeunes mauritaniens sans discrimination…. en vue de contribuer à l’éducation culturelle et civique des populations , de réaliser les objectifs et les aspirations légitimes du peuple à la dignité, au savoir, à la liberté et à l’égalité sociale, de combattre le népotisme, l’ignorance, le régionalisme, les séquelles de l’impérialisme et les visées du néocolonialisme ». L’AJM ne survivra pas aux coups de l’UPM et donnera naissance à la Nahda.

Cette expérience forgera la future carrière de Gaye Silly Soumaré lorsque souffle le vent des reformes politiques instituées par la Loi – Cadre en 1957 (loi dite Defferre, adoptée le 23 juin 1956) accordant l’autonomie interne aux territoires d’Outre–mer. Il répondra en 1958 à l’appel de regroupement de Mokhtar Ould Daddah élu Vice – Président du Conseil de Gouvernement (premier gouvernement de Mauritanie) en Mai 1957.

L’existence de la Mauritanie, dans ses frontières actuelles, était menacée surtout par des visées territoriales du royaume chérifien qui avait trouvé un allié en la personne de Horma Ould Babana. Le président de l’Entente Mauritanienne, après sa défaite à la législative de 1956, trouva refuge au Maroc d’où il mena des attaques armées contre la Mauritanie jusqu’à la veille de l’indépendance.

Le Congrès d’Aleg qui lui a confié une mission de consolidation de l’unité nationale révèle un homme de dialogue et de consensus.

C’est dans ce contexte que fut convoqué et organisé le congrès d’Aleg du 2 au 5 mai 1958 pour préparer l’indépendance de la Mauritanie dans sa forme actuelle. Pour cela, Mokhtar Ould Daddah, chef du parti de l’Union Progressiste Mauritanie (UPM), pris soin d’inviter toute l’opposition intérieure – y compris ce qu’il reste de l’Entente Mauritanienne – à créer un rassemblement à travers sa formule restée célèbre « Faisons ensemble la patrie mauritanienne ». Ce congrès verra donc la participation de tous les poids lourds de la politique de l’époque qui optent pour :

– participer à la communauté française avec option pour l’indépendance

– créer un nouveau parti, le Parti du Regroupement Mauritanien (PRM), qui remplace l’UPM, et deviendra le Parti du Peuple Mauritanien (PPM)

– désigner un comité paritaire (quatre noirs et quatre maures) chargé de faire des propositions sur la cohabitation nationale, présidé par Gaye Silly Soumaré et Mohamed Ould Cheikh.

Les conclusions de ce comité sont restées lettres mortes, enfouies dans les tiroirs du PPM. La non application de ces recommandations, conjuguée à une volonté politique de non prise en compte la lancinante question de la cohabitation, eurent pour conséquences à court, moyen et long termes :

– La création en juillet 1959 et en 1960 de deux partis à assises régionalistes. D’un côté l’Union Nationale Mauritanienne (UNM) qui entendait « préserver les liens historiques avec la Fédération du Mali » et de l’autre l’Union Socialiste des Musulmans Mauritaniens (USMM), une formation politique plutôt implantée à Atar.

– En 1963, plusieurs cadres noirs, déçus de la suite réservée aux résolutions du congrès fondateur d’Aleg, regroupés au sein de l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS) écrivent en substance ceci au Président de la République « Nous ressortissants de la Mauritanie noire, adjurons le Congrès, le Parlement et le Chef de l’Etat de réviser immédiatement les structures de l’Etat, dans un sens Fédéral pour répondre à la volonté du pays ».
– En février 1966 c’est au tour de 19 cadres noirs de rédiger le manifeste dit des 19, un manifeste qui inspire un autre vingt ans plus tard ….. Puis 1986, 1989……..

Conscient de la situation, Gaye Silly Soumaré sera un des rares Maires à protester officiellement en 1989, en écrivant au Président de la République de l’époque pour dénoncer et demander l’arrêt des exactions commises contre ces administrés du village de Wompou.

Un homme d’Etat, à la carrière bien remplie, paradoxalement peu connu Ayant répondu à l’appel au rassemblement, Gaye Silly Soumaré fut nommé en mai 1958 chef de cabinet du Ministre de l’Urbanisme. Il a occupé depuis de hautes fonctions de l’Etat en rapport avec son diplôme de droit et d’administration publique (cadre des administrateurs civils) obtenu au tout début des années 60 à la prestigieuse Ecole Nationale de la France d’Outre–mer qui devient l’Institut des Hautes Etudes d’Outre–mer.

A son retour en Mauritanie, il exerce tour à tour dans l’administration territoriale les fonctions de :

– Chef de Subdivision (Préfet) de Boutilimit

– Commandant de Cercle (Gouverneur) du Trarza, du Brakna et du Tagant d’où il est rappelé pour avoir refusé d’exécuter certains ordres contre les 19 signataires du Manifeste cité plus haut. La sanction ne se fait pas attendre, il est affecté à l’administration judiciaire

Dans l’administration centrale, entre 1962 et 1969, il est nommé :

– Directeur de l’administration judiciaire

– Directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur et Directeur de l’Administration Territoriale

– Inspecteur Général de l’administration

– Inspecteur Général des Finances auprès de la Présidence de la République, un poste qui est devenu le Contrôle Général de l’Etat.

– Secrétaire Général du Ministère de la Défense puis du Ministère des Finances.

Il quitte l’administration centrale en 1971 pour entrer dans la diplomatie :

– Conseiller à Bonn, Allemagne, à ce titre, il représente la Mauritanie aux Assemblées Générales des Nations Unies.

– Ambassadeur en Tunisie (1973–1976) accrédité en Turquie, Grèce et Yougoslavie

– Ambassadeur en URSS (1975–1980) accrédité dans chacun des pays européens membres du Pacte de Varsovie.

Il mettra ses qualités de dialogue et de négociateur à nouveau au service de son pays en 1975-1976 comme membre de la délégation mauritanienne à la Cour Internationale de la Haye qui devait se prononcer sur le litige qui a opposé la Mauritanie au Maroc sur le Sahara Occidental.

Admis à faire valoir ses droits la retraite en 1984, il se consacra aux siens, à son village, Wompou qui l’élit Maire en 1989 et en 1991. En 1994 puis en 1998, il est élu Sénateur, représentant les Mauritaniens de l’étranger (zone Europe). Gaye Silly Soumaré est parti comme il a vécu, discrètement. La patrie doit lui être reconnaissante.

A l’image de ses compagnons historiques, la Mauritanie doit se souvenir d’eux et inscrire dans la mémoire collective de nos concitoyens des hommes et des femmes qui ont construit notre pays, parti de rien. A ce titre, la Mairie de Nouakchott en association avec les autorités centrales qui ont hérité de son savoir faire, devrait consacrer une artère de la capitale à son nom. Que son âme repose en paix dans la terre de Mauritanie pour laquelle il s’est investi. Amine.

Août 2012

Ciré Bâ et Boubacar Diangana – Paris.

Source crédit : Page Mauritanie Facebook.

En exclusivité : l’entretien avec l’imam Abdoulaye Sarr, le secrétaire général de l’association Main Dans la Main

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Lors de la dernière rencontre annuelle des musulmans de France  (RAMF) organisée par l’UOIF du 13 au 16 Mai 2016, nous avons croisé notre compatriote,  l’imam Abdoulaye Sarr dans l’une des salles de conférence au Parc des Expositions Paris-Le-Bourget.  Il était invité à cette importance rencontre de la communauté musulmane de France, et ce samedi 14 Mai 2016, j’ai eu l’honneur de faire sa connaissance . Ainsi avant son départ,  il a accepté de nous accorder un entretien téléphonique pour le compte de notre blog Soninkidees-jose .
À lire ci après l’essentiel de nos échanges transcrits :

Soninkidees-jose : Bonjour Monsieur Sarr

Abdoulaye Sarr : Bonjour

S-jose : vous êtes secrétaire général de l’association Main Dans la Main, pourriez vous nous parler d’elle et vos activités en Mauritanie… ?

A.Sarr : effectivement , depuis 2011  je suis secrétaire général de l’association Main Dans la Main qui est une association socio-culturelle qui a but principal ; la fraternisation entre les communautés mauritaniennes. La création de l’association vise à reconstituer la fraternité islamique qui lie historiquement toutes les composantes de la population mauritanienne. Le slogan du mouvement est  « les musulmans ne sont que des frères » qui fait référence à un verset coranique. C’est dans ce cadre que nous faisons des activités culturelles et sociales . Pour l’aspect social, nous organisons des caravanes de fraternité composées de personnes issues de toutes les communautés . Ces personnes bénévoles, médecins , pharmaciens et d’autres forment la caravane en sillonnant les villages pour une assistance sanitaire avec des médicaments collectés . Nos caravanes se sont rendues au Trarza pendant 2 années, au Brakna 2 années aussi et au Gorgol ces 2 dernières années. Sur le volet culturel, nous organisons des conférences, des débats et des journées autour d’un thème principal qui est la FRATERNISATION. Nos invités intervenants sont des divers horizons en vu de trouver des solutions à nos problèmes à tous, et nous invitons n’importe qui à condition que son discours soit réconciliateur. L’activité phare de l’association c’est le colloque qui est une rencontre de grande envergure pendant 4 jours avec des ateliers dans lesquels tous les problèmes sont  discutés (racisme ou l’esclavage) dans le but de trouver des solutions. En plus d’une action de médiation , nous organisons une marche de la fraternité à la suite du colloque. Nous avons un événement appelé la rencontre de la fraternité sous format d’un camp de vacances pendant une semaine durant laquelle plus de 150 jeunes mauritaniens de toutes les communautés vont vivre ensemble dans le but de tisser des liens fraternels. Ces jeunes vont débattre et discutent ensemble, de fait les préjugés qui existent de part et d’autre vont tomber et ainsi créer un pont entre les personnes. Par ailleurs, nous organisons ce que nous appelons la Fraternisation entre différentes familles issues de communautés différentes. Nous leur donnons un programme concret de la fraternisation consistant à des visites mensuelles , des appels téléphoniques hebdomadaires et des cadeaux symboliques échangés. Ce processus est suivi par l’association Main Dans la Main qui démontre à l’état échantillon que la Mauritanie doit partir dans ce sens là. Aujourd’hui , nous constatons avec plaisir d’autres associations qui s’activent à  travers des concepts plus ou moins similaires. Nous sommes disposés à travailler avec tous ceux qui vont dans le sens de l’unité du peuple mauritanien. Notre cible principale est la jeunesse qui n’a pas vécu certains événements doulereux dans le passé que nous ne nions pas mais nous promouvons le pardon qui est nécessaire entre croyants.

En plus de notre bureau exécutif, nous avons un conseil d’administration nous permettant tous les 4 ans à l’occasion d’une assemblée générale, de voir l’impact de nos actions et ce qu’il faut revoir dans notre stratégie. Ce conseil d’administration reflète toutes les composantes nationales.

S-jose : les instances de votre association sont centralisées à Nouakchott où vous avez des pôles dans l’intérieur du pays… ?

A.Sarr : Sur ce point, nous avançons lentement mais sûrement. Aujourd’hui nous avons une section au Brakna à Boghé précisément, une autre est en place à Nouadhibou et celle de Zouérate est en projet. Dans notre stratégie de développement, nous espérons ouvrir d’autres sièges dans d’autres zones par la Grâce d’Allah. Je précise que nos actions sont destinées à d’autres zones dans lesquelles nous n’avons pas d’implantation pour l’instant .

S-jose : quels sont vos rapports avec les pouvoirs publics mauritaniens par rapport à vos différentes activités, un appui ou autre chose … ?

A.Sarr : Nous ne recevons rien de la part des autorités étatiques , aucune subvention et rien d’autre . Pourtant nos actions visent à réparer certaines erreurs relevant du pouvoir de l’État mais il n’y a pas de réaction de sa part. Ce sont nos propres moyens qui nous permettent d’organiser nos  activités culturelles et sociales ne demandant pas de gros financements . Je signale même qu’il nous arrive que l’État nous gêne à l’occasion de certaines de nos activités.

S-jose : vous participez ces jours ci à la rencontre annuelle des musulmans de France , vous y êtes à titre personnel ou en étant invité au nom de l’association Main Dans la Main… ?

A.Sarr : Depuis quelques années  nous recevons une invitation de l’UOIF pour participer à cette rencontre et j’y suis au nom de l’association . Nous voulons établir un pont avec l’UOIF et par ces occasions annuelle , nous pouvons accéder aux conférenciers francophones de renom en vu d’éventuelles invitations . Par ce partenariat de fait, l’UOIF nous permet d’acheter des livres à des prix modestes, qui sont transportés chez nous. Notre invitation au Bourget nous donne l’occasion d’apprendre en terme d’organisation , car nous comptons organiser une rencontre de grande envergure en Mauritanie un jour insh’Allah .

S-jose : Quel est votre ressenti après cette édition 2016 de la RAMF… ?

A.Sarr : Comme toujours, cette rencontre  a été très intéressante dont le slogan est  « Ensemble construisons l’avenir » qui doit nous inspirer, nous les mauritaniens. Je compte même proposer un slogan similaire au bureau exécutif . Ceux qui vivent ensemble sont condamnés à construire un avenir commun. Concernant les débats et les conférences, ça a été de haut niveau, une réussite tout simplement et j’ai été personnellement  satisfait.

S-jose : Certaines sources soupçonnent la main masquée du parti politique d’obédience islamiste Tawassoul derrière l’association Main Dans la Main, pourriez – vous dire un mot sur ce point. ?

A.Sarr : Vous savez, c’est facile d’accuser les gens mais prouver c’est difficile. L’association Main Dans la Main est une association socio-culturelle qui est apolitique . Je vous donne l’exemple de Maître Aly Kamara  (avocat décédé récemment) qui était avec Chbih, faisait partie du  conseil d’administration de l’association. L’association regroupe des gens  qui, en dehors comme tout citoyen, peuvent appartenir librement à des partis politiques.
À titre illustratif, aujourd’hui Mr Bâ Amadou Racine , un ancien ministre à l’époque de Taya et membre de l’UPR , est membre du conseil d’administration de l’association. Nous cherchons en Mauritanie toutes les bonnes volontés qui croient en l’unité nationale dans le cadre réel mais pas seulement comme un slogan. Nous évoluons au sein de la société civile hors du champ politique  et collaborons avec tout le monde sans à priori sur les appartenances politiques . Je peux vous citer notre collaboration avec Boubacar Ould Messoud du mouvement SOS ESCLAVES entre autres.
D’autre part, comme que je suis Imam de mosquée, les gens vont supposer des liens avec Tawassoul et d’ailleurs toutes les associations faisant référence à l’islam seront taxées à tort d’être pour ce parti. Je répète que nous sommes une association apolitique et en dehors de l’association, les membres sont libres de choisir leurs camps politiques. Au sein de l’association Main Dans la Main, on peut retrouver des jeunes qui combattent Tawassoul sur le champ politique.

S-jose : Auriez-vous un mot à l’endroit de la diaspora mauritanienne de France. ?

A.Sarr : Je vous souhaite bonne chance . Je souhaiterais à ce que vous vous intéressiez à ce qui se passe au pays et que vous fassiez tout ce que vous pouvez pour la Mauritanie. Le pays a besoin de tous ses fils notamment ceux de la diaspora .

Propos recueillis et transcrits par K.S pour  https://soninkideesjose.wordpress.com

30-04-2016 19:30 – Pr Toka Diagana : « Je dédie mon prix à la jeunesse mauritanienne»

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«Je suis très reconnaissant et remercie le COAS de Howard University de m’avoir désigné pour recevoir un de ses trois Prix Pour la Recherche. Je suis extrêmement touché par un tel grand honneur. Je dédie mon Prix à la Jeunesse Mauritanienne.»

C’est la réaction du Pr Toka Diagana, Enseignant-Chercheur à Howard University à Washington, qui vient de recevoir le « Faculty Research Award ». Ce prix récompense les performances du Pr Diagana en matière de recherche d’une façon générale (plus de 150 publications en mathématiques dont 6 livres, 8 Thèses de doctorats encadrés).

C’est aussi la récompense d’une année universitaire 2015-2016 au cours de laquelle, il a publié un nouveau livre intitulé : (« Non-Archimedean Operator Theory », Springer, New York) et 9 autres articles de recherche.

En plus des ces publications, le prix est un encouragement pour les activités du Pr : postes de « Visiting professor » (Professeur visiteur) et aussi participation à plusieurs Jurys de Thèses dans plusieurs universités dans le monde.

Il s’agit de : – Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, Paris, France (Professeur invité + Membre du Jury d’une Habilitation à diriger des recherches) – Université de Versailles, Paris, France (Membre du Jury d’une Habilitation à diriger des recherches) – University of Chile, Santiago, Chili (Professeur invité) – University of Cadi Ayyad, Marrakech, Maroc (Professeur invité + Membre du Jury d’une Thèse de Doctorat) – Université des Antilles et de la Guyane, Guadeloupe, France (Membre du Jury d’une Thèse de Doctorat) – King Fahd University of Petroleum & Minerals (KFUPM), Dhahran, Arabie Saoudite (Professeur Visiteur).

Pr Diagana est Lauréat 2006 du prix Chinguitti, du prix Emerging Scholar Award, « Elu membre » de l’Académie Africaine des Sciences (Novembre 2009). Il faut y ajouter la Médaille de la Reconnaissance nationale (Mauritanie) en 2011.

©Cridem 2016——-

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A Lire —- Portrait Pr: Toka Diagana, Un mathématicien au service du développement

Source crédit : http://www.cridem.org

Selibaby: Un professeur abuse de son pouvoir depuis des décennies

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Touré Mamadou Moussa est professeur de mathématiques au Lycée de Selibaby. Il est arrivé dans cet établissement en 1992 et ne l’a plus jamais quitté.
M. Touré a donc eu en charge, pendant près d’un quart de siècle des milliers de jeunes de la région du Guidimakha. Plusieurs d’entre eux donnent  à l’homme de Boghé, comme il aimait se faire appeler , le titre de plus mauvais enseignant qu’ils n’ont jamais eu. Ils décrivent son cours comme une narration où l’homme, Touré est toujours le héros.
Le professeur fier passe la moitié de chaque séance de cours à vanter son parcours d’ancien élève plus intelligent que les autres. Et lorsque le plus téméraire de ses élèves demandait pourquoi Touré n’a pas eu la bourse pour continuez ses études à l’étranger après le bac, il répondait: à l’époque, on gardait les meilleurs en Mauritanie.
L’homme de Boghé pouvait aussi passait son temps à parlait de sa famille « nous sommes beaux et intelligents, nous avons une tète bien faite » disait-il. Certains anciens élèves ont même eu la chance d’admirer les photos de l’épouse de monsieur Touré que lui même décrit comme étant une très belle femme.
Depuis 1992, le temps a passé, monsieur Touré a eu des enfants et ils ont grandis. Donc l’heure est à leurs éloges. Ainsi Monsieur Touré répète sans cesse à ses élèves que ses enfants sont les meilleurs. Son garçon a eu le bac l’année dernière, tant mieux pour lui qui est innocent dans cette affaire.
L’autre pratique qui a fait et fait des ravages chez les élèves et anciens élèves de Touré, est sa notation particulière. Vous avez beau réussir l’interrogation, vous n’aurez que 3/20. Si vous n’êtes pas contents, la seule chose à faire est de s’inscrire au cours à domicile de monsieur le prof, meilleur mathématicien qui n’a pourtant jamais crée une formule mathématique.
Très ingénieux dans l’escroquerie, Mamadou Moussa s’est toujours arrangé à prendre en charge la dernière année du collège (3eme année à l’époque et 4eme actuellement), les orientations vers les séries littéraires et scientifiques se faisant à ce stade des études. Cela oblige les élèves voulant faire la série D ou la série C du lycée à faire des cours particuliers avec le maitre à bord Touré.
Les pratiques de Touré Mamadou Moussa montrent que ce professeur manque de professionnalisme et qu’il a un comportement immoral. Il a depuis tout ce temps qu’il exerce, ruiné beaucoup de familles, brisé beaucoup de carrières et causé beaucoup de mauvaises orientations. Tout cela n’a que trop duré. Donc aujourd’hui, les élèves et anciens élèves (devenus pour certains des parents d’élèves) du Lycée de Selibaby souhaitent le départ de celui qui a tout été sauf un bon professeur.
Touré Mamadou Moussa est toujours enseignant au Lycée de Selibaby et cerise sur le gâteau, il est le directeur d’études de cet établissement.

Source crédit : Repris d’un post Facebook de Cheikh Dicko.

05-04-2016 07:45 – Imam sarr : «l’Islam autorise l’espacement des naissances»

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Essirage – Imam Sarr, c’est comme ça que l’appelle la plus part des fideles ou personnes qui le côtoie. Parfois aussi on entend la mosquée d’Imam Sarr, une façon précise d’indiquer à ceux qui ne connaissent pas la Mosquée « Elkhayr », qu’il dirige plus de 15ans. Son vrai Nom est Abdallahi Banda Sarr.

En plus de ses études en théologie avec des grands savants comme Imam Nagi Ould Abdi, feu Abdoul Aziz Sy, Imam Sarr est également titulaire d’une maitrise en philosophie à l’université de Nouakchott. Donc un intellectuel pluridimensionnel, qui s’implique un peu partout pour apporter sa contribution, qui ne passe pas inaperçu.

En tant que leader religieux et associatif, Imam Sarr est engagé dans la sensibilisation sur la planification familiale à travers l’angle « Espacement des naissances », comme la ratifié la Mauritanie à Wagadougou.

Nous l’avons rencontré dans son bureau au sein de l’Association Main dans la Main, qu’il dirige depuis 2010, comme secrétaire Général et malgré son emploi de temps chargé, Abdallahi Banda Sarr a voulu nous accorder cette interview. Qu’il en soit remercié.

Essirage.net: Vous êtes imam de la mosquée El Kheir à Sebkha et secrétaire général d’une association, qui est membre d’une coalition pour la planification familiale. Qu’est ce que cela vous inspire?

Imam Sarr : Louange à Allah, seigneur des Mondes, que la prière et la Paix soit sur son Prophète Mohamed (saw). Pour moi ce n’est pas contradictoire d’être imam et secrétaire Général d’une association et le fait que notre association soit dans une coalition pour la planification familiale dans le cadre de la sensibilisation. Et quand j’ai assisté aux réunions de la coalition pour la Planification familiale, c’était positif compte tenu du fait que notre association a un rôle à jouer comme les autres associations.

Essirage.net : La planification familiale ou l’espacement des naissances soulève beaucoup d’interrogations sur sa légalité ou non dans l’islam. En tant que imam et intellectuel quelle est votre position dans ce sens ?

Imam Sarr : par rapport à la planification familiale ou communément appelé en Mauritanie « espacement de naissance » compte tenu que la Mauritanie n’a ratifié dans le cadre du PF que l’aspect sur lesquelles l’islam est d’accord. C’est-à-dire l’islam est contre la limitation de naissance. L’islam est contre la stérilisation c’est-à-dire le fait qu’une femme décide de ne pas avoir d’enfants. Et l’islam autorise l’espacement des naissances.

C’est pourquoi les lois sur lesquelles la Mauritanie a ratifié c’est l’espacement des naissances. Et sur cette action là en tant que imam compte tenu que l’islam l’autorise, il est du devoir de l’Imam de participer à l’éveil, au fait d’aider les femmes à comprendre, qu’elles ont le droit d’espacer les naissances et de le dire aux hommes.

En tant que imam il est de mon devoir aujourd’hui de faire comprendre aux hommes que la femme qui a un problème, qui a des risques d’avoir un enfant tous les ans, ou qui a un problème avec l’éducation de ses enfants en plein accord avec son mari, ils ont le droit d’espacer les naissances. Et la date limite n’a pas été fixé mais la femme peut se repose un an ou deux ans avec l’accord de son mari.

Et quand l’islam a demandé à ce qu’on fasse beaucoup d’enfants, et ça beaucoup de musulmans doivent le comprendre, c’est d’avoir de bons enfants. Ce n’est pas qu’une femme fasse tous les deux ans un enfant mais que l’éducation des enfants importe peu. Non. On sait que les évocations dans le cadre islamique s’est d’avoir des bons enfants, qui ont une bonne éducation, une bonne carrure et qui ont tétés le lait de leur mère durant deux ans.

Et c’est dans ce cadre là, que pour moi c’est un combat et pour l’imam et pour le secrétaire Général de Main dans la Main. Compte tenu du fait qu’on s’est rendu compte sur le terrain que beaucoup de femmes ne savent pas qu’elles ont le droit d’espacer les naissances.

Beaucoup d’hommes pensaient que ce n’est pas légale et il faillait leur donner des arguments islamiques pour leur dire qu’à l’époque du prophète Mohamed (psl), les hommes utilisaient une méthode de contraception, c’est « Al Azl ou coït interrompu». Mais aujourd’hui on peut revenir sur les formes ou les méthodes qu’on utilise pour l’espacement des naissances.

Essirage.net : Dans quelle circonstance la législation islamique autorise-t-elle ou permet-elle au couple de pratiquer la PF ?

Imam Sarr : Je l’ai dit tout à l’heure et je reviens là-dessus. La planification familiale selon ce qu’on nous dit c’est à trois niveaux. C’est-à-dire c’est la limitation des naissances. L’islam ne permet pas qu’on limite les naissances surtout par peur la pauvreté ou je ne sais quoi.

Le Coran est très clair là-dessus «Ne tuer pas vos enfants par peur de la pauvreté ». ET « ne tuer pas vos enfants a cause de la pauvreté ». Donc l’islam a parlé dans le cadre préventif. « KHachiyat Imlagh » c’est à dire ayant peur de la pauvreté et « min imlaagh » quand il ya la pauvreté, compte tenu que c’est Dieu qui nourrit les gens.

Pour ce qui est de l’espacement des naissances, l’islam l’autorise. Tous les couples qui veulent espacer leur naissance, l’islam leur ouvre cette porte et c’est au couple de tomber d’accord sur la durée si c’est un an ou deux ans. Pour ce qui est de la sterilisation, qu’un couple reste sans enfant, l’islam est contre le principe et le prophète Mohamed (psl) a recommandé à ce qu’on fasse des enfants.

Essirage.net : la législation islamique autorise-t- elle la liberté pour les deux conjoints à limiter la procréation pour mieux éduquer les enfants ?

Imam Sarr : par rapport à la limitation, ici nous tous on doit se rendre contre d’un fait. Qu’aujourd’hui quelqu’un qui a un enfant, c’est-à-dire s’il limite et que cet enfant meurt !!! Il faut qu’on réfléchisse à long terme et non à court terme. Et quand on observe objectivement on se rend compte qu’Allah a fait une limitation.

Quand on lu le passage qui est dans la sourate Choura, Dieu nous a dit qu’IL donne a qui IL veut des filles et IL donne à qui IL veut des garçons, et IL donne à qui IL veut également des garçons et des filles et IL rend stérile qui IL veut.

Donc la planification existe déjà. Maintenant par cas par cas, la limitation ne se fait que quand il y à risque. L’islam ne permet de limiter des enfants que quand il ya risque : Une femme qui a fait la césarienne deux fois, et bien cela l’islam pour peur de la santé de la mère autorise à ce qu’on limite compte tenu qu’il y a risque. Mais si il y a pas ce risque là, l’islam n’autorise pas qu’on limite.

Aujourd’hui, on peut avoir deux enfants, et ne pas avoir finalement la bonne éducation. Car pour les enfants ce n’est pas nous qui décidons de leur devenir, ils ont leur nature, leur milieu naturel où ils vivent. Donc l’islam nous autorise d’espacer les naissances pour mieux éduquer nos enfants. Mais l’islam ne nous autorise pas de le limiter compte tenu du fait que la femme va arriver à un âge où elle ne pourra plus avoir des enfants… Et aujourd’hui la plus part des parents n’ont plus eux même le temps d’éduquer leurs enfants.

Donc il y a des structures, qui existent ou on peut mettre les enfants. Les photos qu’on voit, on nous montre un couple qui a deux enfants, qui sont bien portant, bien habillé, nourrit et lotis etc. mais ça c’est une façade, au fond ce n’est pas un fait établis que deux enfants vont être bien éduqués mieux que trois, mieux que quatre, mieux que cinq.

Et en Afrique, la plus part de nos enfants sont bien éduqué et dans les familles il ya 6 ou 7 enfants en moyenne et les enfants dans l’ensemble ont reçu une bonne éducation. Donc que c’est dans cette philosophie que l’islam ne veut pas qu’on limite les enfants mais l’islam autorise pour les parents qui ont un problème de déficit dans le cadre de l’éducation, d’espacer tout simplement. Mais la limitation elle-même l’islam ne l’autorise pas.

Essirage.net: En Mauritanie, on a l’impression que les imams, les leaders religieux ne sont pas trop engagés sur cette question de PF. Comment expliquez-vous cela pour un pays musulman et avec un taux de naissance très élevé ?

Imam Sarr: Je pense que par rapport aux imams, aux leaders et aux savants, leurs engagements est limite sur les questions nouvelles. Il y a quelques temps on parlait de sida, les imams ont commencé à s’engagé et tout d’un coup stop on ne parle plus de sida. Maintenant on nous amène la planification familiale, il faut du temps pour qu’ils comprennent et qu’ils s’impliquent.

Moi je l’ai dit à Wagadougou, et on le disait tous, qu’aujourd’hui il faut sensibiliser les imams d’abord sur la planification familiale. Les imams ont besoins qu’on les sensibilise sur la question. Maintenant quand ils prennent conscience que nos autorités ont acceptés d’opter pour l’espacement des naissances, il est donc de leur devoir de s’impliquer. Et il ya une autre donnée, en Mauritanie il y a la prolifération des imams, ce qui demande une sensibilisation permanente de ces derniers.

Je discute souvent avec les gens du Burkina, du Mali et du Sénégal. Ils ont des imams standards connus. Le renouvellement des imams chez eux n’est pas comme ce qui existe en Mauritanie. Donc on passe plus de temps en Mauritanie à sensibiliser les imams sur la PF, avant qu’ils ne s’impliquent.

Mais il faut reconnaitre que l’association des imams est très impliquée dans la sensibilisation, avec des ONGS. C’est-à-dire l’association des imams en tant qu’entité n’as pas de programme dans le cadre de l’espacement des naissances. Mais il ya le FUNUAP par exemple et quelques ONGs, qui ont des programmes de sensibilisation dans ce sens et qui les impliquent.

Parce que les gens se sont rendu compte que le discours religieux est plus écouté que les autres discours. Donc un imam qui vient parler d’un sujet quelconque, l’auditoire est beaucoup plus sensible à ce que dit cet imam que ce que disent les autres. Il faut souligner qu’il y a quand même quelques imams qui sont engagé dans la sensibilisation de l’espacement des naissances.

Ce qui explique les documents que j’ai vu avec le FNUAP qui ont été faits par des imams et érudits mauritaniens. Et ce document sur l’espacement des naissances est illustré par des passages du Coran et l’enseignement du prophète Mohamed (psl). Les imams doivent s’impliquer plus parce qu’ils ont un auditoire hebdomadaire obligatoire a tous les fideles.

Essirage.net : Quelle est le regard de l’islam par rapport aux techniques de contraception utilisées dans les centres de santés (stérilet, comprimé, brin etc )

Imam Sarr : pour ce qui est de cette question également, l’islam est très clair. De tous ces moyens qu’on utilise l’islam exige deux choses: Que ca soit des moyens permis c’est à dire que ca soit des choses que l’islam autorise et qui ne nuis pas à la santé. Si aujourd’hui et il ya les pullules ou le stérilet, ou autres, l’islam dit quelle sera les effets secondaires sur la personne ?. Donc il faut utiliser les moyens de contraceptions les moins nuisibles sur l’homme.

J’ai entendu le cheikh Mohamed El Hacen Dedew dire qu’il ya des moyens de contraceptions qu’on utilise et qui peuvent à long terme rendre la femme stérile. Mais le principe même il est accepté islamiquement. Car à l’époque du prophète Mohamed (psl) on utilisait le coït interrompu. C’est-à-dire un homme avait des rapports sexuels avec son épouse avant la sortie du sperme, il arrête l’acte sexuel.

Il est entrain d’utiliser une forme de contraception. A leur époque c’était ça et aujourd’hui il faut voir les moyens que nous avons, les étudier, et prendre des médecins musulmans crédibles et leur dire voila le stérilet ou autre qu’est ce que vous en pensez. Et un compagnon relate qu’ils pratiquaient le coït interrompu (AZL) à l’époque du prophète Mohamed (psl) alors que la révélation descendait et il ne l’a pas interdit.

C’est vraiment une remarque pertinente parce que Dieu savait et le prophète la savait mais aucune révélation n’est venue l’interdire. Donc le principe lui-même est bon mais maintenant il faut voir le contenu. C’est-à-dire le matériel que l’on utilise, qui s’il ne nuit pas à notre santé il n y a pas de problème.

Pour la contraception il faut que le couple tombe d’accord. L’islam n’autorise pas à ce que les gens qui forniquent, ou les gens qui font l’adultère utilisent la contraception. Compte tenu que l’islam n’encourage pas la formication et l’adultère. Et pour le couple l’islam dit « voila il vous est permis d’espacer vos naissance. Maintenant cherchez le moyen le plus adéquat pour cela. » Et Allah est le plus savant.

Essirage.net : votre dernier mot

Imam Sarr : je voudrais dire que de la même façon que les imams ont une grande responsabilité par rapport à la sensibilisation sur l’espacement des naissances. Il est du devoir des journalistes, des enseignants, de tous les musulmans de sensibiliser nos femmes. Vous en avez parlé tout à l’heure du taux élevé des natalités, et bien il faut qu’on sensibilise les gens qu’on leur dise « voila, l’islam veut bien que vous ayez beaucoup d’enfant mais l’islam veut que vous vous occupiez de votre santé et de l’éducation de vos enfants.

Donc faites en sorte qu’il y ait un équilibre entre votre santé, le nombre d’enfant que vous faites et l’éducation de vos enfants ». Et si on prend conscience de tout cela on doit tous s’impliquer dans la sensibilisation aussi bien les imams, les associations et les journalistes.

Essirage.net : Merci

Entretien réalisé par Oumar Amadou M’baye

Source crédit : repris sur http://www.cridem.org

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28-03-2016 16:33 – Guidimakha/Quatre communes font leurs déclarations publiques d’abandon de MGF à Gouraye

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Essirage – L’excision ou mutilation génitale féminine (MGF) est l’une des formes de violations et d’atteintes aux droits humains qui ruine la santé et le bien-être d’environ de 3 millions de filles chaque année dans le monde

Cette pratique concentrée au moyen orient et dans plusieurs pays d’Afrique rend plus de 70% des femmes victimes en Mauritanie en les faisant subir une forme quelconque.

La localité de Gouraye a été choisie en ce dimanche 27 Mars 2016 pour abriter les festivités marquant les déclarations publiques d’abandon de cette pratique néfaste après deux ans d’intenses activités de sensibilisation menées par l’ONG Actions ,un des partenaires de l’Unicef, du FNUAP et du MASEF dans la région du Guidimakha.

C’est dans ce cadre donc que l’hôtel de ville de Gouraye a servi de cadre aux travaux consacrés à cette déclaration publique marquée par la présence des autorités administratives, des partenaires de l’ONG ACTIONS.

Prenant la parole le chef d’arrondissement de Gouraye a souligné les efforts du gouvernement en matière de protection des couches vulnérables dont les femmes et les petits enfants pour dire que les MGF sont des formes d’atteintes aux droits des femmes et qu’il est de la responsabilité de tous de les combattre.

Dans son mot de bienvenue et de remerciement à l’ONG action et partenaires que sont les acteurs nationaux et internationaux pour le choix de sa commune, Madame Hadji Ba la Maire a souligné la nécessité de mobilisation et de sensibilisation contre cette pratique aux conséquences nuisibles Après ce fut le tour de l’iman de la localité de Gouraye de prendre la parole pour dire que rien ne justifie sur plan religieux l’existence de cette pratique dans nos sociétés. Et de dire il est de la responsabilité de tout le monde de travailler pour éradiquer cette injustice dont souffrent les femmes.

Prenant la parole au nom de l’ONG Actions, grâce a qui cette journée de déclarations est rendue possible, Yakarou soumaré a remercié les populations pour leur mobilisation et les partenaires pour leurs soutiens aux activités visant à endiguer ce phénomène.

Au représentant de l’Unicef parlant au nom des partenaires de souligner que cette pratique est source de complications urinaires, menstruelles et obstétricales et cause d’hémorragies, infections et décès. Et d’ajouter que son organisation salue les efforts du Gouvernement et autres partenaires avant de réitérer le soutien de son organisation aux différents acteurs.

Au nom du MASEF, un des conseillers du ministère a remercié les populations de la commune à la frontière avec le Sénégal et celles qui se sont mobilisées pour prendre part à cette déclaration. En fin des jeunes et d’exciseuses se sont succédé pour déclarer l’abandon de MGF au nom des communautés de Boully, Gouraye, Daffort et Lahraj.

En un mot ACTIONS et partenaires mènent un combat sans merci contre les MGF au Guidimakha.

Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Source crédit : http://www.cridem.org

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Regardez « Ousmane Timera – Un prophète africain ? » sur YouTube

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Regardez « soninkara PR Abdoulaye BA N°4 – 1991.mov » sur YouTube

Une question claire et une réponse nette.

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