07-08-2016 11:11 – IRA-Mauritanie : Résumé de la première journée du procès des cadres d’IRA (Bulletin d’information n°8)

IRA-Mauritanie – Serait-ce un hasard que le procès des militants d’IRA (13+10) se soit ouvert un 3 août, jour anniversaire du plus récent mais peut être pas le dernier des coups d’Etat du Général? Un autre coup d’Etat, cette fois contre les droits des gens et la morale politique?

La journée a commencé par le bouclage du périmètre du Palais de Justice par la Police. Toute personne dont on suspectait l’appartenance à IRA est proprement empêchée de s’approcher du bâtiment surtout si cette personne était habillée comme le sont les membres du Comité de la Paix.

Quand la foule de militants d’IRA a commencé à grossir, ordre fut donné aux forces de l’ordre de la repousser à l’Est jusqu’au carrefour Madrid, au Sud jusqu’à la CUN et à l’Ouest jusqu’à l’immeuble d’Afarco.

Là, loin des regards des caméras et notamment des caméras étrangères, les coups de bâtons, de matraques et de rangers ont commencé à pleuvoir sans justifications ni raisons apparentes. Rapidement on a commencé à relever les blessés, nombreux dont des femmes (Mariem Mint Cheikh, Toutou Mint Sidi…).

Parmi les blessés, on identifie Mohamed Lemine (fracture de la main), Mahfoudh (fracture du bras), Elhadj Ould Eliid, tombé dans le comma et transporté à l’Hôpital où aucun soin ne lui fut prodigué.

A l’intérieur de la salle d’audience, les jeunes cades d’IRA avaient pris place, dès 8 heures, dans le box des accusés assistés par leur Collectif de défense. On leur reproche d’avoir pris part aux événements de la Gazra. Ce n’est que trois heures plus tard, vers 11 heures, que la Cour fit son entrée et essaya d’ouvrir la séance dans une salle presque déserte où les quelques policiers en civil n’arrivent pas à tromper les observateurs étrangers venus assister au procès.

Très vite, la défense souleva cette question de l’absence du public qui constitue une condition essentielle à toute justice digne de ce nom. Finalement le Président accéda à cette requête et autorisa le Chef de file du Collectif, le Doyen Cheikh Ould Handy, et un autre avocat membre de ce même collectif, Maître Teyib Ould Mahmoud, à aller chercher le public en leur affirmant, comme le lui a soufflé le policier de service, que ce dernier ne s’était pas présenté! C’est ainsi, finalement, que les quelques rares supporters d’IRA, qui étaient parvenus à franchir la succession d’obstacles policiers et qui sont restés jusqu’à 11 heures, ont pu accéder à la salle. Parmi les obstacles, il y avait l’allégation que les badges étaient épuisés alors qu’en guise de badges, il s’agissait juste de simples feuilles blanches tamponnées!

Après la déclinaison des identités de prévenus, la défense a soulevé un ensemble de vices de forme dont:

1- le fait que la police soit, dans cette affaire, juge et partie. La police prétend avoir été agressée et c’est cette même police qui mène l’enquête et signe les procès verbaux! En plus l’enquête a été menée sans instruction du Procureur de la République qui ne savait même pas qu’il y avait des détenus membres d’IRA;

2- Les prévenus ont été arrêtés et incarcérés sous l’accusation de flagrant délit relatif à l’affaire dite de la Gazra de Ould Bouaamatou. Or aucun d’entre eux ne fut arrêté le jour même du supposé délit ni sur les lieux de ce dernier! Pour un « flagrant » délit, cela pose question.

Après ces fortes objections de forme, la partie civile (Bilal Ould Dik, Nema Ould Ahmed Zeidane et Ahmed Vall Ould Barka) a avancé quelques vagues réponses un peu décousues et gênées aux entournures. Une autre bizarrerie de ce procès est le fait qu’au moins l’un des avocats de la partie civile avait signé aussi pour défendre les accusés!

A 19 heures, alors que le Procureur s’apprêtait à intervenir, la séance a été levée et rendez-vous a été donné le lundi 8 août à 10 heures.

Nos pronostics

S’il existait une justice sur terre, le procès serait annulé pour cause de l’impossibilité physique du flagrant délit. Un non lieu serait alors prononcé lundi 8 août et les prévenus seraient relaxés avec les excuses qui leur seraient présentées et le versement des dommages et intérêts pour préjudices moraux et matériels;

S’il n’y avait pas de justice du tout, le procès reprendrait par une reprise des auditions des prévenus mais cette fois par la gendarmerie en supposant que ce corps soit honnête et indépendant de celui de la police;

Si le procès était de pure forme, la Cour éluderait les objections soulevées par la défense pour prononcer le verdict déjà préparé par l’Exécutif à savoir la condamnation des prévenus pour des délits qu’ils n’auraient pu commettre et des accusations sans fondement aucun. La confrontation entre IRA et le Pouvoir continuerait alors et le Pouvoir perdra encore une fois et ce aussi bien au plan intérieur qu’au niveau de l’opinion internationale.

La Commission de Communication

Nouakchott le 04 août 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

Paris le 03 Août 2016 :Sit-in de soutien aux kidnappés abolitionnistes en Mauritanie. 

Bref photo-reportage 

Ce jour d’été dans le chic quartier du 16 ème arrondissement de Paris, certains engagés pour le respect des droits humains en Mauritanie se sont réunis devant la représentation de la Mauritanie en France. Ce 3 août 2016, s’ouvre à Nouakchott le procès des plusieurs piliers du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA-MAURITANIE. Le but du sit-in organisé par IRA-France auquel ont pris part plusieurs militants engagés, était d’alerter les autorités françaises et toutes les organisations sensibles au respect des droits humains, sur les arrestations arbitraires et le procès manipulé en préparation. En plus des éléments d’IRA-France en verve contre ces injustices , il faut noter la présence de certains cadors de la diaspora mauritanienne France, en la personne du grand pèlerin de la bonne cause et l’historique Ibnou Diagana de l’OCVIDH, de Madame Mariem Kane, de Mr Kaw Touré et MrHamadi Soh des FPC ex-Flam,  de l’infatigable Diabé Ndiaye dit Thomas Mag et d’autres irréductibles. Des slogans habituels ont été brandis contre le régime répressif qui sévit dans le pays. Les kidnappings qui ont touché les leaders abolitionnistes d’IRA ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste ) à partir du 29 juin dernier, ont été dénoncés avec vigueur. Une déclaration a été éditée et distribuée aux passants, et un exemplaire sera déposé au courrier de l’ambassade. 

 Il est à noter qu’en ce jour du procès, des militants du mouvement abolitionniste sont annoncés battus et dispersés par les forces du régime à Nouakchott. On interdirait le port de tenues par les hommes dévoués du comité de la paix d’IRA-Mauritanie. Ces hommes sont ceux assurent le service d’ordre autour de toutes sorties publiques du mouvement abolitionniste. Vêtus en chemises blanches, cravates noires et pantalons noirs, ils veillent également sur les responsables de l’organisation en public. Dignes et polis, on a l’impression qu’ils sont plus ordonnés et « professionnels » que certains éléments des forces de l’ordre souvent très provocateurs.

Cet acharnement notoire semble viser une éradication pure et simple de l’organisation abolitionniste. Connaissant la détermination et l’engagement du mouvement créé par Biram Dah Abeid et ses amis en 2008 (Toujours non reconnu par Nouakchott ), on peut parier que la stratégie du bâton répressif du régime mauritanien ne fera que fausse route par une suspecte fuite en avant par rapport aux questions essentielles du pays. L’IRA est loin d’être une expression stricto-communautariste, mais une voi(e) émergente trans-communautaire et citoyenne contre toutes les injustices. Leur concept est inédit en la matière et leur courage en est la clé. Ce mouvement qui est dans le viseur du régime et ses soutiens laudateurs réactionnaires parmi les milieux dominants, survivra aux temps électoraux des uns et aux intérêts convergents immatériels et matériels exclusivistes des autres. 

Notre blog Soninkidees-jose exprime sa totale solidarité aux détenus arbitrairement arrêtés ces derniers jours dans le pays. 

Seule la  vérité est révolutionnaire…!!!


Signé par K.S 

​Le Collectif de défense des dirigeants d’IRA accusés dans le cadre du dossier n° 558/2016



Communiqué

 

Suite aux événements survenus le 29/06/2016 entre des éléments des forces de l’ordre et les habitants du bidonville situé près de l’Hôpital Bouaamatou, un groupe appartenant à cette population, refusant d’être expulsés par la force, a été arrêté.

Un jour plus tard, treize membres dirigeants de l’organisation IRA ont été arrêtés puis déférés devant le Procureur de la République sous le coup de chefs d’accusation décrits comme étant du flagrant délit de rébellion, d’usage de la violence et d’appartenance à une organisation non reconnue.

 

Ces mesures ont été entachées d’un grand nombre d’irrégularités juridiques et d’atteintes aux libertés de nos clients dont nous citons les points suivants:

1- la garde-à-vue de nos clients s’est déroulée dans des taudis hors des commissariats de police qui sont les lieux habituellement destinés à ce genre de procédure. Pendant cette garde-à-vue, nos clients ont été privés de tous contacts avec les leurs et leurs avocats en violation flagrante de l’article 58 du code de procédure pénale. La durée de cette garde-à-vue a dépassé les 10 jours.

2- Les détenus ont été torturés, frappés, déshabillés et entravés sans que le Parquet général, lors de leur déferrement, n’accepta qu’ils soient examinés par un médecin  en vue de constater les traces de la torture qu’ils ont subie en violation manifeste des lois et conventions internationales qui font de la torture un crime contre l’humanité et que la Mauritanie avait ratifiées allant jusqu’à créer des commissions ad hoc pour les faire appliquer.

3- Le détenu Diop Amadou Tidjani qui souffre d’une maladie chronique du cœur a subi une crise aigue causée par les conditions de détention décrites plus haut et a été empêché de recevoir son traitement habituel.

4– Le flagrant délit, qui est la qualification retenue par le Parquet Général, se heurte aux faits que nos clients furent arrêtés à leur domicile ou sur leur lieu de travail respectifs donc loin du théâtre des affrontements et ce pendant les jours qui ont suivi ces mêmes affrontements, tout comme le fait de transférer leur dossier immédiatement à la Cour Pénale sans passer par le juge d’instruction. Cette qualification de flagrant délit, qui parait incohérente, touche au droit de nos clients à bénéficier d’un procès équitable et empêche la manifestation de la vérité qui doit être le fondement de toute action judiciaire.

5- Même après leur admission à la prison civile, nos clients ont continué à subir des mauvais traitements sans justification. Ils ont ainsi été entassés dans une cellule collective notoirement exigüe, ne répondant à aucun critère de salubrité  et loin de toute conformité aux exigences attendues pour les maisons d’arrêt telles que décrites dans les lois nationales et internationales.

Considérant tout ce qui précède, nous engageons l’ensemble des autorités judiciaires et administratives à interagir avec ce dossier conformément à la loi et avec respect de la dignité du citoyen. Nous exprimons notre espoir de voir la justice produire des preuves irréfutables des acquisitions proférées loin de toutes interférences notamment d’ordre politiques.

 

Nouakchott le 02/08/2016

Le Collectif de défense

Les autorités mauritaniennes continuent d’harceler les militants d’IRA


Communiqué de presse
Nous venons d’apprendre qu’une quinzaine de militants d’IRA Mauritanie a été arrêtée cet après-midi à Nouakchott sur la route du nouvel aéroport. Ces militantes et militants étaient venus accueillir le Vice-Président de l’organisation anti-esclavagiste, Brahim Bilal Ramdhane, lors de son retour à Nouakchott après un séjour de plusieurs semaines aux États-Unis durant lequel il était accompagné du Président de l’organisation, Biram Dah Abeid. 

Une foule immense s’était aussi réunie au domicile du Président d’IRA, Biram Dah Abeid pour célébrer ce retour. La police a fait irruption pour harceler les militantes et militants, venus de tous les coins de la ville, et pour demander aux membres du Comité de Paix d’ôter leurs distinctives tenues. 
Ces nouvelles arrestations et ce harcèlement sont une continuité dans la chasse aux sorcières lancée contre IRA depuis le 30 juin dernier et qui a vu les kidnappings de plusieurs membres de l’organisation dont 13 sont toujours détenus et comparaitront devant le juge le 3 Août prochain dans la capitale mauritanienne.
IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté internationale à s’ériger contre ces agissements et à dénoncer ces arrestations arbitraires et cet harcèlement continu de ses membres. 
IRA Mauritanie appelle toutes ces militantes et tous ses militants à une mobilisation pacifique, massive et continue lors du procès de ce mercredi 3 Août et jusqu’à la libération de tous les détenus depuis le 30 juin, et au-delà, jusqu’à la fin de la pratique de l’esclavage et de la discrimination en Mauritanie.
La Commission de communication

Nouakchott, le 1 Août 2016                                                               
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English version
PRESS RELEASE
Mauritanian authorities continue to harass IRA’s militants
We were informed today that over a dozen of IRA Mauritanie militants have been arrested this afternoon in Nouakchott as they were on the way to the newly-built airport where they planned to welcome back IRA’s Vice President, Brahim Bilal Ramdhane, who was visiting the United States, along with IRA’s President, Biram Dah Abeid. 
A huge crowd had also gathered at Biram Dah Abeid’s residence to celebrate the return of the Vice President. The police rammed in to harass IRA’s militants and to force members of the Peace Committee to remove their identifying colors and uniforms. 
This new wave of arrests and harassment follows a previous wave that began on June 30 and that has resulted in the kidnappings of several members of the anti-slavery organization; thirteen (13) of whom are still detained and scheduled to be tried on August 3 in Nouakchott.
IRA-Mauritanie calls on all national progressive and peaceful forces of the civil society as well as the international community to stand up against these acts of terror and to denounce these arbitrary arrests and the on-going harassment of its members. 
IRA Mauritanie further calls on all its militants to peacefully mobilize for the trial on Wednesday August 3rd, 2016 and until all detainees are freed and slavery and discrimination are abolished in Mauritania.
Commission of Communication
Nouakchott, August 1, 2016

Déclaration IRA-Senegal: Le communiqué 


Lors d’une opération de déguerpissement d’un bidonville « Gazra » dans la capitale mauritanienne le 29 juin 2016, la police a rencontré une forte résistance de la part des habitants à déguerpir qui vivaient sur les lieux depuis presque 2 décennies.
Le lendemain de cette opération ratée le pouvoir a cherché à faire porter  a Ira-Mauritanie le chapeau en arrêtant des militants d’Ira-Mauritanie dont Diop Amadou Tijani le vice président à son domicile et les jours qui ont suivi il y’a eu plusieurs autres arrestations dont le secrétaire au relation extérieur Balla Touré, le trésorier Ahmed Hamar Vall, le conseiller à la communication Hamady Lehbouss.
Ces responsables et les militants qui ont été arrêtés en même temps qu’eux ont été maintenus une dizaine de jours sans aucune nouvelle, sans avoir eu la visite de leur famille ou de leurs avocats et pendant cette période ils ont été aussi torturés à plusieurs reprises par la police.
C’est le 12 juillet à 4h30 du matin que les 13 militants arrêtés  ont été entendus par un juge d’inscription qui a retenu contre eux le flagrant délit « de rébellion non armée » « d’appartenance à un mouvement interdit » et « d’agression sur des forces de l’ordre » et leur jugement est programmé le 3 Aout 2016 à Nouakchott.
Ira-Mauritanie Section Sénégal ayant constaté l’arrestation illégale et injustifiée de nos camarades à Nouakchott réclame leur libération immédiate et sans condition et dénonce avec vigueur les actes de tortures et de violences de la part de la police contre les militants des droits de l’homme.
Ira-Mauritanie section Sénégal appelle l’Union Africaine et les pays africains à intervenir sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie.
Le bureau exécutif

​APPEL URGENT -L’OBSERVATOIRE 


MRT 001 / 0716 / OBS 064

Arrestation arbitraire/

Détention au secret /

Torture / Mauvais traitements

Mauritanie

25 juillet 2016

 

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Mauritanie.

 

Description de la situation :

 

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention arbitraire de 13 membres de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie [1]), à savoir MM. Mohamed Daty, secrétaire général de la coordination de Nouakchott, Ousmane Anne, président du bureau de Tevragh Zeina, Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, Abdallahi Abou Diop, membre du bureau de Riadh, Amadou Tidjane Diop, deuxième vice-président national, Abdallahi Matala Seck, président du bureau de Sebkha, Balla Touré, chargé de relations extérieures, Jemal Samba Beylil, membre du bureau de Riadh, Moussa Biram, vice-président du bureau de Sebka, Hamady Lehbouss, conseiller du président et chargé de la communication, Ahmed Hamdy Hamar Vall, trésorier national, Mohamed Jarroullah, membre du bureau exécutif et Khatri Rahel Mbareck, coordinateur du comité de la paix.

 

Selon les informations reçues, entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés. Le 30 juin 2016, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck et Moussa Biram ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs par des policiers en civil, sans s’être vu présenter un mandat d’arrêt ou tout motif à leur arrestation. Ce même jour, Jemal Samba Beylil a été arrêté dans sa boutique de pièces détachées dans la commune du Ksar devant ses collègues. Le 1er juillet, Balla Touré a été arrêté à son domicile dans la matinée. Le 3 juillet 2016, alors qu’ils quittaient une conférence de presse organisée pour appeler à la libération de leurs collègues, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall et KhatriRahel Mbareck ont été arrêtés dans la rue par des policiers en civil. Le même jour, Mohamed Jarroullah a également été interpellé par des policiers en civil. Le 8 juillet, Mohamed Daty a été arrêté à la sortie du tribunal où il est greffier et Ousmane Anne et Ousmane Lo ont été arrêtés dans la rue. Enfin, le 9 juillet, Abdallahi Abou Diop a été arrêté sur son lieu de travail. A cette occasion, il a été frappé par les policiers.

 

Les 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés en relation avec une manifestation spontanée organisée le 29 juin 2016 contre l’expulsion forcée d’une vingtaine de familles installées dans un bidonville dans le quartier de Ksarn en périphérie de la capitale Nouakchott au cours de laquelle des scènes de violences ont été perpétrées [2]. Or, aucun des 13 membres n’avait participé à cette manifestation. De plus, l’IRA-Mauritanie n’a ni organisé, ni exprimé d’opinion, ni même participé à cet événement. Aucun des membres n’a été arrêté sur les lieux de la manifestation. L’un d’entre eux, Mohamed Jarroulah, se trouvait même à 1200 km de Nouakchott ce jour là.

 

L’Observatoire craint que cet incident ne soit utilisé que comme prétexte pour harceler les membres de l’IRA-Mauritanie. L’Observatoire voudrait rappeler que le 30 juin 2016, l’IRA-Mauritanie a reçu le TIP Heroes Awards des mains du Secrétaire d’Etat Américain John Kerry à Washington, un prix qui salue l’action de cette ONG.

 

Le 12 juillet, entre 4h30 et 7h45, les 13 militants ont été interrogés par le Parquet au sujet de la manifestation. C’était la première fois depuis leur arrestation, qu’ils pouvaient s’entretenir avec leurs avocats.

 

En effet, les 13 militants ont été détenus au secret pendant trois à 12 jours. Pendant leurs gardes à vue, les 13 ont été transférés séparément dans des lieux inconnus, privés de moyens de communication avec leurs proches ou avocats. Ils ont été interrogés la nuit, privés de sommeil, d’accès aux sanitaires, aux douches ainsi qu’à un médecin. Selon les informations reçues, Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré, Moussa Biram et Amadou Tidjane Diop ont été victimes d’actes de torture et de mauvais traitements. Pieds et mains liés dans des positions douloureuses pendant des heures, suspendus par des cordes, les menottes trop serrées,  Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont été interrogés sur la planification et leur participation aux affrontements du 29 juin. De même, Amadou Tidjane Diop a été déshabillé, insulté, menacé de mort pendant son interrogatoire et s’est vu forcé de manger quelques repas agrémentés de sable sans pouvoir boire de l’eau.

 

De plus, selon les informations reçues, Amadou Tidjane Diop n’aurait pas eu accès à des soins médicaux nécessaires, et ceci malgré une pathologie cardiaque connue pour laquelle il possède une prescription médicale ainsi que des bulletins de consultation de cardiologie.  Ce n’est qu’après sa garde à vue qu’il a pu se rendre à l’hôpital mais les analyses prescrites n’ont toujours pas été réalisées. 

 

Selon nos sources, les commissaires principaux El-Hadi et Ahmed Baba Ahmed Youra, l’inspecteur de police Hassane Samba, les officiers de police Alioune Hassane et Lemrabott, le brigadier chef Didi ainsi que les brigadiers Ould Amar et Oumar Ndiaye auraient participé avec d’autres personnes non identifiées aux actes de torture à l’encontre des militants. De plus, M. Boubacar Ould Messaoud, membre du Mécanisme national de prévention (MNP) et président de l’association SOS-esclave, s’est vu refuser une visite malgré une demande officielle. En outre, les demandes de leurs avocats de faire expertiser les traces visibles des sévices ont été refusées.

 

Le 12 juillet, le procureur Cheikh Taleb Bouya Ahmed a ouvert une enquête de flagrance et a inculpés les 13 membres de l’IRA-Mauritanie pour « attroupement armé » (article 101 à 105 du Code pénal), « violences à l’égard d’agents de la force publique » (articles 213 et 214 du Code pénal), « rébellion » (article 191 du Code pénal) et « appartenance à une organisation non enregistrée » (articles 3 et 8 de la Loi de 1964 sur les associations). L’affaire a été renvoyée au 3 août 2016 devant la Cour criminelle de Nouakchott Ouest. Le tribunal devrait prochainement autoriser les familles à leur rendre visite pour la première fois depuis leur interpellation. Les 13 sont maintenant détenus à la Maison d’arrêt de Dar Naim.

 

L’Observatoire rappelle que l’IRA-Mauritanie et ses militants subissent un harcèlement régulier de la part des autorités en raison de leurs activités de défense des droits de l’Homme depuis longtemps[3].

 

De plus, l’Observatoire exprime ses plus vives préoccupations quant aux conditions de détention des activistes détenus et s’inquiète tout particulièrement de l’état de santé d’Amadou Tidjane Diop souffrant de problèmes cardiaques et nécessitant un suivi médical approfondi et régulier.

 

Finalement, l’Observatoire demande la libération immédiate et inconditionnelle ainsi que l’abandon des poursuites à l’encontre de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck, et de tout autre membre de l’IRA en ce que cela ne vise qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.

 

Actions requises :

 

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :

 

i. Garantir en toute circonstance l’intégrité physique et psychologique de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

ii. Libérer immédiatement et inconditionnellement MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que tout membre de l’IRA-Mauritanie détenu puisque leur détention ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

 

iii. Mener une enquête immédiate, indépendante et effective sur les allégations de torture et de mauvais traitements subis par les 13 défenseurs, afin d’identifier les coupables et de les sanctionner conformément à la loi ;

 

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de ces personnes ainsi qu’à l’ensemble des membres et sympathisants de l’IRA et, plus généralement, de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

v. Se conformer à la loi N° 049-15 sur la torture et à la loi N° 050/15 instituant un Mécanisme national de prévention, adoptées le 13 août 2015 par l’Assemblée Nationale mauritanienne.

 

vi. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement ses articles 1, 9.1 et 12.3 ;

 

vii. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie ;

 

Adresses :

 

• S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 85 52

• M. Ahmedou Ould Abdalla, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie, Fax : + 222 529 09 89; Email : mmelhadi@interieur.gov.mr ; leminesidi@yahoo.fr

• Brahim Ould Daddah, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 70 02

• Me. Irabiha Mint Adbel Weddoud, Présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme, Email : presidente@cndhmauritanie.mr

• S.E. Ambassadeur Mme Salka Mint Bilal Yamar, Mission permanente de la Mauritanie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Suisse. Fax : +41 22 906 18 41. Email : mission.mauritania@ties.itu.int

• Ambassade de la Mauritanie à Bruxelles, Belgique, Fax : +32 2 672 20 51, info@amb-mauritania.be

 

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Mauritanie dans vos pays respectifs

 

*** 

Paris-Genève, le 25 juillet 2016

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

 

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

 

 

Pour contacter l ’Observatoire, appeler La Ligne d ’Urgence:

·            E-mail: Appeals@fidh-omct.org

·            Tel et fax FIDH: + 33 14355 2518 / + 33 14355 1880

·            Tel et fax OMCT: +41 228094939 / +41 22 8094929

25-07-2016 00:00 – Lettre ouverte aux dirigeants des pays arabes


IRA-Mauritanie – La semaine prochaine, notre pays, pour la première fois de son histoire, sera l’hôte du sommet de la Ligue arabe. De nombreux dirigeants arabes y sont attendus. A cette occasion, nous, au sein de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), souhaitons la bienvenue à nos hôtes arabes et leur souhaitons un très bon séjour et un sommet réussi dans leur second pays, la Mauritanie.

Nous voudrions aussi, à cette occasion, attirer l’attention de nos illustres hôtes sur ce que vit notre peuple en termes d’injustice et de marginalisation sur des critères raciaux et de clan particulièrement caractérisés.

En Mauritanie, notre cher pays, se pratique encore l’esclavage sous ses formes les plus archaïques et les plus traditionnelles. Pire, l’esclavage s’y pratique au nom de notre sainte religion, au mépris manifeste du caractère foncièrement égalitaire et libératoire que revêt l’Islam.

Au moment où la plupart des pays arabes ont aboli avec courage et volontarisme cette tare qu’est l’esclavage, les autorités mauritaniennes continuent à le couver et à le perpétuer par une politique de déni systématique et de fuite en avant en maintenant dans la misère et la marginalisation la communauté musulmane des Hratine aux origines négro-africaines et à la culture arabe.

En Mauritanie, l’esclavage a été criminalisé, pour la première fois, en 2007 par une loi que notre parlement avait votée à une très large majorité. Mais cette loi est restée lettre morte. Le déni de l’existence de l’esclavage, pratiqué par le gouvernement, donne aux fonctionnaires chargés d’appliquer la loi (juges, administrateurs, officiers de police judiciaire, juge d’instruction…) un parfait alibi pour classer sans suite les dossiers de cas d’esclavage que notre organisation (IRA) et SOS-esclaves déposent devant la justice.

Au lieu d’appliquer la loi criminalisant l’esclavage en inquiétant les criminels qui la bafouent, ce sont, bien souvent, les défenseurs des droits de l’homme qui sont jetés en prison sans autre forme de procès.

Nous venons de sortir des prisons mauritaniennes il y a moins de deux mois après y avoir séjourné presque deux années sans raison avouable autres que notre appel à l’application de la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Aujourd’hui, alors que vous vous apprêtez à vous réunir à Nouakchott, 13 membres de notre organisation croupissent en prison pour des raisons fallacieuses et complètement infondées.

A cette occasion et en conformité avec la volonté qui est la nôtre d’œuvrer dans le sens de l’apaisement et la réconciliation, nous tenons à attirer l’attention de nos frères et hôtes arabes sur la nécessité de demander des comptes à l’Etat mauritanien et de le sommer à renoncer à faire perdurer des pratiques honteuses qui défigure notre sainte religion et se heurte aux traités et conventions que notre pays a souverainement ratifiés.

Nous sommes persuadés que de grands pays arabes jouissant d’une notoriété internationale reconnue ne pourraient passer sous silence cette injustice caractérisée que pratique l’Etat mauritanien. Cette question de l’esclavage est une bombe à retardement dont l’explosion est programmée pour souffler les fondements de la Mauritanie mais elle constitue aussi une tache indélébile qui éclabousse et défigure notre religion à tous.

Nous exhortons les dirigeants arabes réunis en sommet à Nouakchott d’exercer toutes les pressions utiles sur le gouvernement mauritanien pour l’amener à libérer les prisonniers d’opinion membres d’IRA et d’autres organisations de défense des droits humains.

Pour qu’ils amènent l’Etat mauritanien à permettre aux organisations de défense des droits de l’homme et des partis politiques, d’exercer leurs activités dans un cadre légal en conformité avec les exigences de la modernité. La persistance de l’esclavage en Mauritanie est une ignominie qui poursuivra, s’ils ne cherchent pas à la contrer, tout Etat ou gouvernement, arabe ou musulmans, qui ne cherchera pas à la combattre.

Nous avons exprimé ces doléances à son excellence Salah Ahmed Sarhan, ambassadeur et président de la mission de la Ligue des pays arabes, à Washington. Qu’il soit chaleureusement remercié pour l’accueil et la qualité de l’écoute qu’il nous a réservés lors de notre dernière rencontre et ce malgré ces très nombreuses occupations.

New York le 24 Juillet 2016

1 – Le president :

Biram Dah Abeid / candidat aux elections presidentielles 2014 / prix des Nations unis pour les droits de l’homme 2013 / prix TIP Heros du département d’Etat Americain 2016 ….

2- Le vice president :

Brahim Bilal Ramdhane / prix TIP Heros du departement d’Etat Americain 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

22-07-2016 13:12 – Mauritanie – Arrestations, détentions arbitraires et torture de défenseurs des droits de l’homme



Le Calame
– Monsieur le Rapporteur spécial,
Nous avons l’honneur de porter à votre attention la présente communication relative au cas de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Beylil, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram, Abdallahi Abou Diop et Mohamed Jaroullah, militants au sein de l’ONG « Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste » (IRA), organisation de lutte contre l’esclavage fondée en 2008.

Nous nous référons à :

M. Amadou Tidjane Diop, né le 16 février 1969, arrêté le 30 juin 2016 ; M. Abdallahi Matallah Seck, né le 31 août 1971, et résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Moussa Biram, né en 1967, arrêté le 1er juillet 2016 ; M. Jemal Samba Beylil, né en 1982, résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Balla Touré, né le 18 avril 1970, résidant à Nouakchott, arrêté le 1er juillet 2016 ;

M. Khatri Rahel M’Bareck, né en 1983, arrêté le 3 juillet 2016 ; M. Hamady Lehbouss, né en 1964, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016; M. Ahmed Hamdy Amarvall, né en 1966, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016 ;

M. Mohamed Daty, né en 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Anne, né le 6 août 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Lô, né en 1963, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Abdallahi Abou Diop, né en 1986, résidant à Nouakchott, arrêté le 9 juillet 2016 ;

M. Mohamed Jaroullah, né le 12 janvier 1973, arrêté le 3 juillet 2016 ;

De plus, nous avons reçu des informations crédibles selon lesquelles 40 autres personnes membres de la communauté haratine[1] ont été interpellées dans le cadre de la même vague d’arrestations. Il apparait que ces personnes n’ont pas été en mesure de contacter un avocat et nous n’avons de la sorte pas pu connaître leurs noms et leur situation actuelle.

Contexte général

Malgré la promulgation en 2007 d’une loi criminalisant l’esclavage, celui-ci a continué d’être pratiqué dans le pays, et une certaine impunité subsiste[2]. C’est dans ce contexte que l’IRA est devenue l’une des organisations principales dans la lutte pour une abolition effective de l’esclavage en Mauritanie.

Ces dernières années, l’IRA a été victime de représailles de la part des autorités mauritaniennes qui ont constamment refusé d’accorder une accréditation à l’organisation et ont procédé à la poursuite et à l’arrestation de plusieurs de ses membres dans le passé y compris M. Dah Biram, président et fondateur de l’ONG le 11 novembre 2014[3].

Alkarama avait alors soumis son cas à l’attention du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme afin d’enjoindre aux autorités mauritaniennes de mettre un terme à cette détention. Il fut libéré le 19 mai 2016[4].

Arrestations

Entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, les membres de l’IRA ont fait l’objet d’une vague d’arrestations suite à des rassemblements en soutien aux habitants de la gazra Bouamatou – un quartier très défavorisé de Nouakchott – le 29 juin 2016 lors de l’expulsion de centaines d’habitants de ce quartier.

Des altercations entre des personnes venues soutenir les familles expulsées et les forces de sécurité avaient alors éclaté, et les forces de sécurité avaient procédé à des dizaines d’arrestation.

Dès le lendemain, des policiers en civil procédaient à des arrestations de membres de l’IRA, au motif qu’elles les soupçonnaient d’avoir participé à ces débordements, en l’absence d’éléments à charge ; ces personnes affirment ne pas s’être rendus à ce rassemblement, dont ils ignoraient même l’existence. Le 30 juin 2016 au matin, MM. Amadou Tidjane Diop, vice-président de l’IRA, et Abdallahi Matallah Seck, coordinateur de la section de l’IRA à Sebkha, étaient arrêtés chez eux.

Le vendredi 1er juillet au matin, M. Balla Touré, secrétaire aux relations extérieures de l’IRA, était arrêté à son domicile ; le même jour, M. Jemal Beylil, militant, était violemment arrêté dans sa boutique de la commune du Ksar, devant ses collègues, et M. Moussa Biram, militant également, était arrêté à son domicile dans la soirée.

Le dimanche 3 juillet, MM. Hamady Lehbouss – conseiller du président de l’IRA, Ahmed Hamdy Amarvall – trésorier de l’IRA – et Mohamed Jaroullah étaient arrêtés à leur tour par des policiers en civil, lorsqu’ils revenaient d’une conférence de presse chez M. Dah Biram, et alors même que M. Jaroullah se trouvait hors du pays le 29 juin 2016 lors des émeutes, et n’était rentré que le 1er juillet à Nouakchott.

Le même jour, au matin, la police avait procédé à l’interpellation de M. Khatri Rahel M’Bareck, coordinateur du comité de la paix, devant la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), avenue Gamal Abdel Nasser, à Nouakchott.

Le 8 juillet 2016, M. Mohamed Daty, greffier, était arrêté à la sortie du tribunal et MM Ousmane Anne et Ousmane Lô étaient interpellés ensemble, de nuit, dans la rue. Enfin, le lendemain, M. Abdallahi Abou Diop était arrêté sur son lieu de travail, devant ses collègues, et frappé par les policiers procédant à l’interpellation.

Durant leurs gardes à vue respectives, les activistes ont rapporté à leurs avocats avoir été détenus dans des conditions indignes, séparément, dans des lieux inconnus de leurs familles et de leurs avocats et sans pouvoir communiquer avec ceux-ci. Ils ont par ailleurs fait l’objet de divers transferts d’un lieu de détention inconnu vers un autre, les yeux bandés.

Interrogés la nuit, privés de sommeil et d’accès à des sanitaires et à des douches, ils n’ont pas eu la possibilité de consulter un médecin. M. Amadou Abou Diop qui souffre d’une pathologie cardiaque grave n’a pas pu suivre son traitement durant la garde à vue. Lorsqu’il a finalement été emmené à l’hôpital, il s’est vu prescrire des analyses qui n’ont toujours pas été réalisées.

MM. Abdallahi Mataala Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont subi des actes de torture physique durant la période de garde à vue. Afin qu’ils avouent la planification et la participation aux affrontements du 29 juin 2016, MM Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Abdallahi Abou Diop devaient rester mains et pieds attachés dans le dos, dans des positions douloureuses, durant plusieurs heures consécutives, ou attachés et suspendus par des cordes ; les agents conduisant les interrogatoires serraient les menottes au maximum, si bien qu’à l’issue de la garde à vue, ces trois détenus présentaient des lésions aux mains et aux poignets. M. Moussa Biram présentait également des traces de coups sur les pieds et les mains.

Lors des interrogatoires, M. Abadou Tidjane Diop a été entièrement déshabillé, insulté et menacé de mort s’il n’avouait pas sa participation aux affrontements contre la police. Au cours des rares repas qui lui ont été servis, sa nourriture était mélangée à du sable, et les agents refusaient de lui donner de l’eau.

Les demandes d’expertises formulées par leurs avocats ont néanmoins été rejetées par le procureur, alors même que les sévices auraient été infligés selon les victimes, par des commissaires de police, un officier de la Direction de la sûreté de l’Etat et des brigadiers du commissariat.

Les familles des victimes ont tenté d’obtenir des informations sur les raisons de leurs arrestations et sur leurs lieux de détention mais se sont heurtées à des refus systématiques de la part des autorités et ont été informées qu’elles subiraient des représailles si elles s’entretenaient avec des organisations non-gouvernementales ou des medias étrangers.

De même, des membres du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) institué par la loi 034/2015 sont entrés en contact avec la Direction régionale de la sûreté de Nouakchott Ouest et le commissariat de police Ksar I, afin de procéder à des visites des lieux de détention, conformément à leur mandat ; ils ont ensuite saisi par écrit le Procureur de Nouakchott Ouest. Les autorités n’ont donné aucune suite à leurs requêtes.

Etat actuel de la procédure

Après avoir été détenus au secret pendant des périodes allant de deux à 12 jours, les 13 victimes et dix des autres personnes arrêtées suite aux altercations du 29 juin ont été présentées au Procureur dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 juillet 2016, aux alentours de 4h du matin. A cette occasion, elles ont pu s’entretenir avec leurs avocats respectifs pour la première fois depuis leur arrestation.

Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête de flagrance, alors qu’aucun des prévenus n’était présent lors du rassemblement litigieux. Les 13 activistes sont à présent détenus à titre préventif à la maison d’arrêt de Dar-Naïm et devraient être jugés le 3 août des chefs d’attroupement armé (art. 101 à 105 du Code pénal), de violences à l’égard d’agents de la force publique (art. 213 et 214 du Code pénal), de rébellion (art. 191 du Code pénal) et d’appartenance à une organisation non enregistrée, l’IRA.

Les 13 militants de l’IRA et sept autres détenus partagent actuellement une même cellule au sein de la maison d’arrêt de Dar Naim. Depuis les interpellations, les familles n’ont pu leur rendre visite qu’une seule fois, à l’issue de leur garde à vue.

Requêtes

S’agissant en tout état de cause d’une situation relevant de votre mandat, et conformément à la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies n° 53/144 du 9 décembre 1998 et à la Résolution 2000/61 de la Commission des droits de l’homme, nous avons l’honneur de vous demander, Monsieur le Rapporteur Spécial, de bien vouloir intervenir d’urgence auprès des autorités mauritaniennes.

L’arrestation et l’actuelle détention de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Bleyile, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Mohamed Zarouhoullah ont pour but de les empêcher d’exercer leurs activités de défense des droits de l’homme et s’inscrivent dans une campagne générale d’entrave et de répression des autorités mauritaniennes à l’égard des militants antiesclavagistes. Elles contreviennent par voie de conséquence à la responsabilité et au devoir de l’Etat de protéger, promouvoir et rendre effectifs tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales[5].

Dès lors que les faits donnant lieu aux poursuites ne sont étayés par aucun élément matériel, et que ces activistes sont arbitrairement détenus et ont subi des actes de torture pour des activités tombant sous leur droit à la liberté d’association, prévu à l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, nous vous demandons d’exhorter les autorités mauritaniennes à abandonner les poursuites et à les libérer immédiatement.

Nous vous demandons également de rappeler aux autorités mauritaniennes leurs obligations de cesser tout acte de persécution à l’encontre des militants qui appellent au respect des libertés civiles et politiques dans le pays, et d’apporter des clarifications sur le sort des quarante autres personnes arrêtées suite aux mêmes évènements.

Nous avons donc l’honneur de vous soumettre le présent cas qui relève de votre mandat et vous prions, Monsieur le Rapporteur spécial, de croire à notre haute considération.

Me Rachid Mesli,

Directeur juridique

M. Michel Forst

Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme

Haut Commissariat aux droits de l’homme

Office des Nations Unies à Genève

8-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

EMAIL : urgent-action@ohchr.org, defenders@ohchr.org, sr-torture@ohchr.org, srslavery@ohchr.org

Copie à : Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et conséquences ; Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Genève, le 21 juillet 2016

Appel Urgent

[1] Les Haratines, ou « Maures noirs », sont les principales victimes de la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Historiquement réduits en esclavage par les Maures blancs (arabo-berbères), ils avaient été progressivement affranchis suite à une loi de 1905, mais ont continué d’être victimes de discrimination, de marginalisation et d’exclusion car ils étaient toujours perçus comme appartenant à la caste servile.

[2] Conseil des droits de l’homme, 15e session, Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, Mme Gulnara Shahinian – Mission en Mauritanie, 24 août 2010, A/HRC/15/20/Add.2, §11.

[3] Comment on Mauritania by Rupert Colville, Spokesperson for the UN High Commissioner for Human Rights, http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16341&LangID=E (consulté le 21 juillet 2016).

[4] Alkarama, Mauritanie : Libération des militants antiesclavagistes Biram Ould Abeid et Brahim Ould

Bilal Ramdane, 20 mai 2016, http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-militant- antiesclavagistes-biram-ould-dah-abeid-et-brahim-ould-bilal-ramdane (consulté le 21 juillet 2016)

http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-… (consulté le 21 juillet 2016).

[5] Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, A/RES/53/144, 8 mars 1999, articles 1, 2, 5 et 6.
Source crédit : http://www.cridem.org 

17-07-2016 14:30 – Vidéo: Le porte- parole IRA-Mauritanie tire la sonnette d’alarme, DR Ousmane Sy à 2STV

IRA-Mauritanie – Le porte- parole IRA-Mauritanie tire la sonnette d’alarme, DR Ousmane Sy à 2STV dans l’émission « ça me dit mag » du Samedi 16 Juillet 2016 avec Pape Alé Niang.

Nous nous battons pour qu’il y ait un état de droit, un état démocratique, juste, égalitaire débarrassé de ces vices comme l’esclavage, le racisme, l’exclusion et le pouvoir mauritanien s’évertue à construire une dictature militaire de premier ordre, soutiendra-t-il.

Ces arrestations ne décapiteront pas IRA-Mauritanie parce qu’IRA est une émanation du peuple Mauritanien, nous sommes la vision qui représente le peuple mauritanien actuellement, quelque soit le nombre de personnes qu’ils arrêteront, il y aura d’autres qui viendront défendre la vision d’IRA et le peuple au sein de l’ONG.

Dr Ousmane Sy rappelle à l’opinion que le président Biram et son vice-président ont été arrêtés durant 19 mois, IRA organisait deux manifestations par semaine sans avoir commis aucun acte de violence pendant ces 19 mois.

Il est ridicule que les autorités Mauritaniennes viennent les accuser d’auteurs de violences au lendemain des heurts dont les autorités mauritaniennes sont les seules responsables qu’elles avaient imposé aux pauvres, qui sont complètement étrangers à IRA pour décapiter leur mouvement.

Le pouvoir a toujours tendu la perche de la violence à IRA Mauritanie mais l’ONG répond par des actes pacifistes conformément à sa lutte non violente.

Encore mieux, les cadres arrêtés sont accusés du flagrant délit d’agression des forces de l’ordre alors qu’ils ont été tous arrêtés chez eux, dans leur lieu de travail ou dans la rue vaquant à leur préoccupation quotidienne.
Source crédit : http://www.cridem.org 

L’éditorial: Quand l’USA fait décapiter IRA


Freiner l’élan de solidarité internationale à la lutte d’IRA-Mauritanie : les trois prix Américains semblent être l’objet de l’ire des tenants du pouvoir mauritanien. Amateurisme ? Un système aux abois manquant toujours d’imagination et d’idées contre ses opposants qui dérangent réellement ? En tout cas, la quasi totalité du bureau exécutif du mouvement abolitionniste IRA est concerné par les dernières interpellations.
Une opération de décapitation d’IRA. Pour ce faire, le système qui triture la Mauritanie et les Mauritaniens a pensé, animé, manipulé, entretenu une rixe entre la police et des squatteurs. Ces squatteurs, populations pauvres et très démunies, occupaient le terrain d’un homme d’affaires, un spéculateur « terrien » connu pour avoir fait sa fortune dans ce domaine.
Les terrains de cet homme proche de certains officiers supérieurs sont en général jumelés et comparables à un quartier, en tout cas de véritables domaines, comme à l’image des appartements où se trouvent ses bureaux jouxtant une clôture immense, qui est sa propriété, située géographiquement à l’ouest du siège de la Délégation européenne…
Il est désormais connu que le prétexte de libérer par la force le domaine de l’homme d’affaires ami du système des pauvres qui cherchent là où habiter avait pour principal objectif d’enterrer IRA-Mauritanie qui, contrairement aux Américains (une organisation américaine) qui viennent de lui décerner un prix de lutte de non violence contre l’esclavage, n’est qu’un groupe de violents selon la thèse du pouvoir.
Comme d’habitude, c’est, cette fois, le wali de Nouakchott-ouest qui est le porte-parole du système pour cette mise en scène. Il passe à la TVM pour accuser 5 personnes d’être les meneurs de la bagarre entre les pauvres hères (des pauvres abandonnés par leur Président) qui veulent être fixés et déterminés sur leur sort et les forces de l’ordre venues les déguerpir. Ces pauvres qui craignaient de grossir les rangs des oubliés et laissés pour compte essayaient de résister à leur déguerpissement. Ils ne peuvent continuellement souffrir du fardeau des promesses non tenues et accepter d’être jetés dans les dunes loin de la ville et de la vie…
Ceux que le wali accuse (que Dieu le pardonne) ont en commun leur appartenance à IRA Mauritanie, le mouvement non violent à l’image de Martin Luther King, mais auquel le pouvoir impute des violences le jour même où deux derniers prix américains sont décernés aux leaders de ce mouvement : (2016 TIP Heroes Awards) les héros 2016 prix TIP par John Kerry, le chef du département d’Etat au nom du gouvernement américain.
Et pourtant, il est connu que les militants d’IRA ont été de tout temps réprimés par la police sans riposter, et envoyés aux hôpitaux pour des fractures (c’est le cas, la semaine passée, de Khamou et sa sœur). Certains des accusés du wali n’ont été informés de la bagarre où la police a, pour cette fois-ci, abandonné ses grenades et boucliers de défense aux manifestants et utilisé ses jambes pour se sauver, que par les réseaux sociaux. Cette partie de catch qui a valu aux militants d’IRA l’accusation de «rébellion, utilisation de la force contre les autorités administratives et judiciaires et appartenance à une organisation non reconnue» ne ressemble pas aux pratiques du mouvement IRA.
La bagarre où la police mauritanienne s’est fait bastonner avant de fuir devant les manifestants sent le goût amer d’une manipulation grossière, comme ce fut le cas contre le mouvement du 25 Février. La police mauritanienne (compagnies) est d’une méchanceté légendaire quand il s’agit de réprimer. Et les Mauritaniens ont de tout temps montré leurs talons contre les bombes lacrymogènes et les balles blanches. Ce mensonge d’Etat aussi n’a pas été bien réfléchi. Triste pays. Triste système. Pauvres citoyens. C’est le fait d’être administré par des derniers devenus premiers alors qu’ils ne s’y attendaient. Mais apparemment, ce pouvoir ne comprend pas encore que la Mauritanie a amorcé l’inévitable virage qui annonce l’apogée du système.
Inéluctablement, les Mauritaniens et la Mauritanie veulent écrire une nouvelle page de leur histoire, celle là positive. Une page qui va finir avec l’improvisation, la répression, la gabegie, le tribalisme, le communautarisme, le régionalisme, l’exclusion, l’impunité, l’esclavage et le mensonge… sève nourricière du racisme d’Etat. C’est dans ce pays où un sénateur est élu dans un département avec plus de dix fois de grands électeurs au même titre qu’un autre département qui envoie à son tour un sénateur. Où est la légalité citoyenne ?
Il y a deux choses sur lesquelles les Mauritaniens se rivalisent le mieux, deux choses contraires à notre religion, l’Islam : le mensonge et la peur. Deux choses qui commandent notre destin, destin d’un pays réellement perdu. Mais pourquoi refusons-nous de comprendre que nous partirons et la Mauritanie restera. Une Mauritanie une et indivisible.
Cette gifle consistant à embastiller les responsables de IRA et de simples militants ; cette gifle qui est plus destinée aux Américains qu’aux militants et sympathisants d’IRA Mauritanie ne distraira pas les Mauritaniens justes. Et ces Mauritaniens ne cultiveront pas la peur des autres comme le veut le système. La Mauritanie se fera avec ses blancs et ses noirs. L’Afrique en miniature.
Dieu pardonnera le wali comme la police mauritanienne, ils ne sont que des victimes comme ceux qu’ils affublent de tous les noms d’oiseaux, qu’ils répriment, torturent, arrêtent et gardent au secret avant de les déposer à la citadelle du silence (Dar Naim). Le wali et la police le savent, IRA est devenue plus une philosophie qu’un simple mouvement de quelques personnes qu’on peut faire disparaitre par de sordides montages d’une époque que l’on veut passée.
Le contexte est inapproprié, le prétexte mal pensé et le texte grossièrement ridicule car décousu. Un mensonge peu intelligible et pas du tout intelligent.
IRA Mauritanie, TPMN, Mouvement du 25 février et Mani chaari gasoil … sont des réactions contre l’injustice qui a trop duré dans ce pays. Des réactions pour une Mauritanie juste pour tous ses fils, y compris les éléments de cette police qui réprime et torture (le cas de Moussa Birane), elle-même victime, et ce wali qui, comme un aveugle-sourd-muet, se complaît dans l’exécution des ordres d’un guide qui ne lui sera d’aucun secours devant le tribunal de Dieu et celui de l’histoire.
La Mauritanie nous survivra et ces pauvres citoyens que ce pouvoir prive de liberté aura certainement le dernier mot devant ALLAH, Le Juge. L’inévitable JUGE sur lequel ces victimes peuvent compter. Son jugement est juste et sans recours. Devant LUI chacun de nous répondra de ses actes. Que Dieu nous garde d’être du camp des menteurs et des poltrons de ce bas monde.

Camara Seydi Moussa

Source crédit : saheljournal.info