Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec la Journaliste Mariya Ladji Traoré

Ci-dessous l’entretien avec une dame connue dans l’arène médiatique en Mauritanie. Institutrice de formation, Mme Traoré Mariya a été également technicienne à la Radio Mauritanie et y occupe depuis 2006 un poste au département de l’information . La native de Nouakchott âgée de 38 ans aujourd’hui, est active dans différents secteurs comme la Santé, les médias, le syndicalisme, droits de femmes et d’autres. Elle est la présidente de l’antenne Mauritanie de l’UPF (Union internationale de la Presse Francophone). La fille du doyen Ladji Traoré (député et une voix historique dans l’engagement pour les droits humains en RIM), assure être parmi les initiateurs de la création de l’UPF Mauritanie qui connait certains soubresauts autour de sa direction depuis quelques temps.

Question 1 : Bonjour, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, parcours et activités sociales et professionnelles ?

Mariya Ladji Traoré  : Je m’appelle Mariya Ladji Traoré, connue aussi sous le nom de Feinda Traoré, dont j’ai signé avec mes tout premiers articles dans le journal la Tribune. 

Je suis enseignante sortante de l’ENI de Nouakchott. J’ai fait ma formation comme institutrice et suivi en même temps un stage de formation comme  technicienne à la radio nationale. Après deux ans d’arrêt forcé à cause des classes , je suis revenue à Radio Mauritanie en fin 2006 pour rejoindre le département de l’information jusqu’à nos jours et j’ai aussi intégré la presse écrite en 2007 au sein de l’hebdomadaire La Tribune qui paraît actuellement de temps en temps. Je fus secrétaire générale adjoint au syndicat des journalistes mauritaniens (SJM), chargé de la presse privée francophone de 2014 à 2017, entre temps j’ai mis en place un bureau provisoire de L’UPF MAURITANIE grâce à des confrères de la presse publique, privée et des camarades du syndicat des journalistes mauritaniens. Après une première embrouille au sein du bureau exécutif provisoire juste après les assises internationales de l’UPF  à Conakry en novembre 2017 . Une mise au point a été faite et une assemblée générale constituante a été organisée en février 2018 au musée national pour élire le bureau exécutif de la section mauritanienne de l’Union de la presse francophone  , que je dirige depuis lors. Dans le cadre syndicale, bien avant le SJM, j’ai été à la confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM) comme membre du bureau exécutif du SNEP (Syndicat National de l’enseignement public ) que j’ai dirigé quelques années après comme secrétaire générale jusqu’en 2019 . J’ai été membre du groupe Stop Vedan Mauritanie initié par l’association AFCF, présidé par la grande militante des droits de l’homme madame Aminetou mint El Moctar, dans le cadre du projet financé par l’institut Panos « briser le silence, lever les tabous, parler des violences basées sur le genre » (VBG).

Je suis actuellement, chargée de communication de l’association Mieux vivre avec le cancer gynécologique en Mauritanie (AMVCG) dirigé par Madame Aissa Fall, syndicaliste, militante des droits de l’homme, chargée de la sensibilisation et de la santé au niveau de SOS-esclave, sage femme et professeur adjoint technique de la santé. Membre du réseau de lutte contre l’extrémisme violent initié par le mouvement citoyen « Mauritanie d’abord Citoyen modèle » . Actuellement , je suis chargée de la programmation et de la formation dans le réseau des journalistes amis de l’OMVS RJAO. Également 2ème Vice-présidente chargée de la presse francophone à L’UNION des Femmes des Médias de Mauritanie. Membre aussi du groupe des journalistes de l’éducation pour la santé.

Question 2 : Quelles sont vos analyses sur l’environnement médiatique (public et privé) en Mauritanie actuellement ?

MLT : Pour moi , le paysage médiatique mauritanien est sur le point de connaître de très grandes réformes pour ne pas dire une refondation aussi bien sur le professionnel que sur le plan des textes qui régissent la profession. Après la remise du rapport de la haute commission de réforme du secteur de la presse qui avait été nommée par le président de la République Monsieur Mohamed ould Cheikh Ghazouani, la nomination des journalistes issus de la presse privée à la tête d’institutions telles que la Haute Autorité de la presse et de l’Audiovisuel (HAPA), l’agence Mauritanienne d’informations (AMI), Radio Mauritanie S.A, Télévision nationale El Mouritania.

Bien que le problème de la presse publique diffère de celle de la presse privée ou indépendante comme la nomment certains. 

1. La presse publique: Elle souffre plus du problème des pigistes qui ne cessent d’augmenter machaAllah sans espoir d’être embauchés ou d’avoir des contrats, bref avoir un emploi décent qui puisse sortir les jeunes et vieux journalistes de la précarité et assurer aux femmes un congé de maternité comme les femmes d’autres secteurs. Des augmentations de salaires et aussi la révision du statut de certaines institutions. 

2 . La presse privée, elle c’est la précarité alarmante, le manque d’institutions de presse au vrai sens du terme , faibles moyens et revenus (le métier ne nourrit pas son homme), le manque de publicité ou de contrat d’abonnement bien que ces dernières années, la presse privée à bénéficié de subvention octroyée par la caisse d’aide à la presse privée et des subventions de la part du ministère de tutelle dans le cadre de la collaboration du département en charge de la communication avec les associations et regroupements de la presse.

Question 3 : Ces derniers temps, l’UPF Mauritanie, l’aile Pays de l’Union internationale de la Presse Francophone aurait connu quelques remous autour de sa direction, que pouvez-vous nous en dire?

MLT : La section mauritanienne de l’Union de la presse francophone (UPF Mauritanie) connaît ces temps ci un grand mouvement de déstabilisation de la section au niveau national qui a suscité des prises de position claires et partisanes au sein de l’international sans le strict respect des textes. Ces textes régissant cette grande Organisation internationale qui a pu ces dernières années retrouvé une bonne réputation et une place respectable au niveau de ses partenaires. Une campagne acharnée contre ma personne sur base d’une plainte qui est constituée de fausses accusations et des mensonges flagrants de deux membres du bureau exécutif qui est constitué de 8 personnes. Bref je ne pourrais en dire plus car selon l’évolution de cette plainte diffamatoire, le dossier pourrait être porté à la justice et au plan international à la FIJ. De toute façon pourquoi se presser car en février prochain, je finis mon mandat et qui est renouvelable deux fois selon l’assemblée générale extraordinaire de 2019 à Yaounde au Cameroun. 

Question 4 : De par votre père le doyen et l’honorable député Ladji Traoré, vous avez des attaches dans la communauté soninké, avez-vous des commentaires à faire sur la persistance des séquelles esclavagistes et l’engagement abolitionniste enclenché en cours ?

MLT : En effet comme vous l’avez signalé, j’ai des attaches dans la communauté soninke du côté de mon père. Moi j’étais plutôt impliqué dans le milieu culturel que autres choses car je suis de la 2ème génération de la troupe artistique Yillenkare jusqu’en 1999. Le mouvement abolitionniste esclavagiste qui est en cours est une bonne chose car les plus hautes autorités de l’État sont pour l’abolition des pratiques esclavagiste et de ses séquelles dont la première cause est la pauvreté, les litiges fonciers et nos sociétés (maures, peuls, soninke wolof) qui sont fondées sur des bases inégalitaires, voire castées. Le mouvement abolitionniste violent et passionné doit revoir sa méthodologie pour atteindre son objectif.  Travailler sur le court et long terme car , il s’agit de changement de mentalités pour éradiquer la stigmatisation des victimes d’esclavage par descendance. Sortir les personnes qui présentent encore les séquelles de l’esclavage de la pauvreté, permettre à leurs enfants d’aller à l’école en les enrolant et leur procurent des documents d’état civil, seule garantie d’avoir un avenir. Mettre en place des moyens de financement, de formation, d’accompagnement et de suivi des femmes victimes d’esclavage ou de séquelles d’esclavage, car la violence aveugle ne règle rien. Sans le changement de mentalités et des mesures d’accompagnement adéquates aussi bien sur le plan juridique, économique et social , la lutte contre ce phénomène vile et inhumain est voué à l’échec. Il faut le reconnaître le problème de l’esclavage en Mauritanie est la source de beaucoup de contradictions , source d’enrichissement pour certains, de cause noble et droits de l’homme pour d’autres, de justice pour les victimes et d’ascenseur pour les opportunistes. Comme disent les soninke, il faut taper le tam-tam au milieu : acceptons de définir l’esclavage tel qu’il est pratiqué ou ses séquelles, ensuite main dans la main briser les tabous et éradiquer ce phénomène une bonne fois pour toutes .

Merci. 

Mariya Ladji Traoré, dite feinda Ladji.

5 avril 2021

Propros recueillis par KS pour le BLOG

Mauritanie | Une radio dénommée Reendo soumise à la Hapa

Le président de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (Hapa), Houssein Ould Meddou a tenu une réunion au cours de laquelle il a dévoilé la soumission d’une radio dénommée Renndo.

La Hapa a reçu deux demandes de licences Tv : Samko et Medina et 3 demandes de stations radio: Ecomedia, Renndo et Medina.

Sans plus de précisions, Ould Meddou a déclaré que les dossiers vont être étudiés pour leur éligibilité à l’octroi d’une licence de radio.

Rappelons que par les prérogatives de la Hapa c’est de veiller au respect du caractère pluraliste de l’expression des courants de pensée et d’opinion, de l’identité culturelle.

La Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA) a été créée en 2006 par l’ordonnance n° 34-2006 du 26 Octobre 2006.
La loi 026-2008 relative à la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel et la loi 045-2010 relative à la communication audiovisuelle fixent le statut et les missions de la HAPA.

La rédaction (RMI-Info)

©️ Crédit source : http://rmi-info.com/une-radio-denommee-reendo-soumise-a-la-hapa/

RMI-INFO.COM DIFFUSERA DESORMAIS DES CAMPAGNES PUBLICITAIRES

RMI-info.com est un média social créé en 2014 à Paris, par de jeunes mauritaniens de la diaspora. Informer et fédérer les mauritaniens et les mauritanophiles des quatre coins du monde tel est le créneau du média, d’où son slogan « La Mauritanie et ses Diasporas ».

Politique, économie, culture, technologie, sciences, média, diverses thématiques sont traitées à travers les émissions et les articles de presse du site internet RMI-info.com.

Une dizaine d’émissions existent aujourd’hui : Regards d’Ailleurs, Impacts Positifs, RIMes Croisées, Les entretiens de RMI, Zoom Entreprise et Actu des Réseaux Sociaux, Face à l’Actu, l’Heure des Questions, Parcours… Ces émissions (souvent en direct) sont suivies sur les réseaux sociaux par plus de 60 000 personnes et sont re-visionnables sur le site internet RMI-info.com. 

• DIFFUSION MAIS AUSSI ACCOMPAGNEMENT DANS LA CRÉATION ET LA RÉALISATION DES PUBLICITÉS 

Désormais RMI-info accompagne toutes formes de structures dans leurs campagnes publicitaires et la mise en avant de leur marque et produits, Il s’agit d’un accompagnement non seulement dans la stratégie de diffusion mais également dans la création ou la réalisation de la publicité pour les structures qui en ont le besoin.

©️ Crédit source: RMI-INFO.COM