​Indignations sélectives par Venance Konan, un célèbre journaliste ivoirien.

Il est entendu que l’esclavage est l’une des pires choses qui soient arrivées au continent africain. Nous frissonnons d’indignation chaque fois que nous pensons à tous ces êtres, nos ancêtres, arrachés à leur terre, notre terre, transportés dans des conditions inhumaines sur un autre continent où ils étaient ravalés à un rang pire que celui des animaux. Nous tremblons de colère en lisant le « Code Noir » édicté par la France sous le règne de Louis XIV, pour régir les esclaves et qui les considérait comme de simples objets. Oui, la traite négrière a vidé le continent africain de ses bras les plus valides et elle n’est pas pour rien dans la situation de pauvreté généralisée que vivent nos pays. Nous avons toutes les raisons d’en vouloir à l’Amérique et à l’Europe qui ont bâti leurs économies avec la force des bras de nos ancêtres. Aujourd’hui nous réclamons réparation en espèces sonnantes et trébuchantes pour le mal qui nous a été fait.

Ce qui est étrange est que notre colère n’est dirigée que contre l’Europe et l’Amérique, et nous oublions sciemment que l’esclavage fut aussi le fait de ceux que nous appelons nos cousins, lorsque nous partageons les mêmes galères en Europe, à savoir les Arabes. Notre cousinage s’arrête en Europe, lorsque nous sommes face au Blanc, mais il en est autrement lorsque nous sommes dans le monde arabe. De la Mauritanie au sultanat d’Oman en passant par le Maroc, la Tunisie, le Soudan, l’Arabie Saoudite, l’esclavage fut pratiqué à grande échelle pendant des siècles. Les séquelles de cette traite en sont la présence, de nos jours, d’importantes populations noires dans ces pays, et les discriminations dont elles sont toujours victimes. Le mot couramment utilisé pour désigner les Noirs Africains dans bon nombre de pays arabes signifie « esclave ». Dans un pays comme la Mauritanie, qui se trouve en Afrique de l’ouest, à côté du Sénégal, l’esclavage ne fut officiellement aboli qu’en 1981. Et en 2014, c’est-à-dire il y a deux ans, l’ONG Walk Free estimait qu’il y avait encore 4% d’esclaves, soit environ 150 000 personnes au sein de la population du pays. Il est vrai que le 13 août 2015, le parlement mauritanien avait adopté une loi considérant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Cependant, le 20 août 2015, c’est-à-dire une semaine plus tard, c’est Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte anti-esclavage qui était condamné à deux ans de prison, pour avoir réclamé la fin de l’esclavage. En 2000, au moment où Mouammar Kadhafi militait pour la création de l’Union africaine, les Noirs subsahariens qui vivaient dans son pays étaient victimes de terribles pogroms dans le silence assourdissant des chefs d’Etat et des intellectuels africains. Au moment de la chute de Kadhafi, les Noirs Africains qui vivaient dans son pays furent massacrés par les forces rebelles du pays. Et depuis que l’organisation terroriste Etat Islamique s’est emparée d’une partie du pays, c’est l’enfer pour les Noirs Africains qui y vivent. Et bon nombre d’Africains qui empruntent les bateaux de fortune pour tenter de traverser la méditerranée au péril de leur vie le font pour fuir cet enfer. Il y a quelques mois, ce sont tous les Noirs Africains d’une ville algérienne qui ont été victimes d’un autre pogrom. 

Toutes ces informations sont régulièrement données dans la presse, mais rien de tout cela ne nous émeut. Jamais nous n’avons organisé de manifestations pour protester contre l’esclavage qui est encore pratiquée dans un pays comme la Mauritanie. Malgré la pratique de cette abomination, ce pays fut membre de la CEDEAO jusqu’à ce qu’il décide lui-même de la quitter, pour rejoindre l’Union du Maghreb arabe. Il est toujours membre de l’Union africaine qui ne lui a jamais demandé de faire encore plus d’effort dans sa lutte contre l’esclavage. Nous n’avons jamais manifesté contre les discriminations dont sont victimes les Noirs dans les pays arabes, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid. On a l’impression que pour nous Africains, ce qui se passe dans ces pays arabes dont certains se trouvent sur notre continent est une sorte de folklore local dont il ne faut surtout pas se mêler. Il s’agit pourtant de la dignité d’êtres humains, de notre dignité à nous autres Africains, qui subissons aussi ces discriminations et vexations lorsque nous nous rendons dans ces pays. 

Nous ne doutons pas un seul instant de la volonté des gouvernements de ces pays de mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses profondément ancrées dans les mentalités. Nous les aiderions mieux en manifestant nous aussi de temps à autre notre indignation, en leur mettant la pression, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid en Afrique du sud. Mais je crois que la vérité est que notre indignation dépend de celle de l’occident. Quand il s’est indigné contre l’esclavage qu’il avait lui-même pratiqué, nous nous sommes aussi indignés. Et dans la foulée, nous lui avons réclamé un peu de sous, comme si nous reconnaissions que nous avions vendus nos aïeuls à un prix trop bas. Il en fut de même pour l’Afrique du sud. Nous avons accompagné l’indignation du monde occidental. Pour le moment l’Occident ne s’est pas encore indigné contre l’esclavage arabe. Les Arabes non plus. Nous attendons donc.

 Venance Konan, le directeur du journal Fraternité-Matin en Côte d’ivoire .

​Antiesclavagiste : l’activité la plus criminelle en Mauritanie !

Il n’est pas bon d’être défenseur des droits de l’homme en Mauritanie. Il est encore plus dangereux d’être un défenseur des droits de l’homme antiesclavagiste. C’est le crime le plus élevé en Mauritanie. Pire que l’assassinat en série et à l’atteinte à la sûreté de l’Etat. Appartenir à une organisation comme IRA qui lutte contre l’esclavage, le racisme et la discrimination, c’est pire qu’appartenir à Al Qaïda au Maghreb Islamique, pire qu’être égorgeur en série au sein de Daech, Un dealer, trafiquant de drogue, un meurtrier multirécidiviste est un enfant de cœur à côté d’un militant d’IRA.

En Mauritanie, violer une fillette de 2 ans et l’étrangler à mort est mieux que lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination. Etre cambrioleur, braqueur de banque, faire l’inceste est encore mieux. Il est encore mieux de voler 12 milliards d’UM d’engrais et les remplacer par des ordures. Il est mille fois mieux encore de demander une rançon pour livrer un exilé politique réclamé par son pays pour le guillotiner. Il est enfin dix mille fois mieux d’utiliser les devises de la Banque centrale pour s’acheter des appartements au 18ème arrondissement à Paris, à Dubaï, à Casablanca et à Rabat, que de militer au sein d’IRA.

il est incroyable que d’un coup, tout le bureau politique d’une organisation reconnue pour sa lutte non violente, tombe dans le piège d’une manifestation où des policiers sont tabassés à mort et leur véhicule incendié. Mais le scénario  ficelé pour en finir avec IRA est si grossier que n’importe quel apprenti investigateur peut le sentir de loin.

Quel est le postulat de départ : en finir avec IRA. Pourquoi ? Parce que cette organisation est active sur le terrain de la dénonciation aussi bien sur le plan intérieur qu’à l’extérieur. Elle est le cauchemar de l’Etat mauritanien devant toutes les commissions internationales des droits de l’Homme. Pire, ses dirigeants n’acceptent ni les villas, ni les postes cossus, ni les comptes garnis en banque pour renoncer à leur combat. Que faire ? La décapiter. Qui devra s’occuper de la tâche ? Un ancien génocidaire rompu dans les plans scabreux et, fort d’une expérience récoltée dans les bases militaires, transformées dans les années 90 en laboratoire pour des épurations ethniques. 

Voilà le scénario tel qu’il a été concocté pour en finir avec IRA. Las des défections et des dissidences fortement monnayées qui n’ont pas donné les résultats escomptés, on passe à la vitesse supérieure. On utilise un homme peu scrupuleux et on l’injecte à l’intérieur d’IRA, le temps qu’il s’imprègne de la machinerie d’IRA Cet homme joue bien son rôle et se montre encore plus radical que l’ensemble de ceux qui l’ont précédé au sein du mouvement. Sa mission achevée, il se met à déballer des révélations bien cousues en main que la presse à la solde du système sert de tribune. Puis, arrive l’heure H.  Un nombre restreint de personnes est impliqué, quelques administrateur et chefs de corps, avec l’aide de la Taupe. Il s’agit de provoquer les habitants d’un bidonville. La Taupe organise sa troupe, tous enturbannés. Ces derniers s’invitent sur le terrain de l’opération sise à la Gazra Bouamatou. Le reste est facile à deviner. «Les enturbannés blancs » visibles dans les photos publiées lors des émeutes, excitent les jeunes de la Gazra puis passent à l’action. Quelques policiers se laissent tabasser, abandonnent leur véhicule, un car antédiluvien tout bon pour la casse, pour que les «émeutiers » commandés puissent y mettre le feu. Puis, quelques policiers sont «internés à l’hôpital » le temps d’une prise d’images. Le soir, le Wali de Nouakchott-Nord, sort à la télé publique pour la deuxième partie du scénario. Face à une opinion indignée par ce qui vient de se passer, il désigne le mouvement IRA à la vindicte populaire. D’où tient-il ses preuves ? Mystère et boule de neige. Les jours suivant seront marqués par des vagues d’arrestation. Le hic, c’est qu’au lieu de cibler les militants d’IRA actifs sur le terrain de la protestation et dont l’appareil sécuritaire détient les identités, le couperet s’abat sur les membres du Bureau exécutif, des gens qui n’ont jamais investi le terrain. Diop Amadou Tijane, Hamady Lehbouss, Mohamed Hamar Vall, Balla Touré, Lô Ousmane, Anne Ousmane, n’ont jamais participé à des manifestations organisées par IRA. Qu’importe ! L’essentiel pour le pouvoir mauritanien, c’est de décapiter IRA en visant ses plus hauts cadres, n’importe le subterfuge qui sera utilisé.

Arrêtés sans mandat d’un juge, leurs domiciles et lieux de travail seront perquisitionnés. Ils subiront une garde-à-vue de plus de dix jours, dans des lieux autres que ceux fixés par la loi, c’est-à-dire dans des commissariats. Là, ils subissent les pires tortures, alors que la Mauritanie a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains dégradants ainsi que son Protocole. Mieux, elle a érigé la torture au rang de crime contre l’humanité inscrite dans sa Constitution et mis en place un Mécanisme national de prévention contre la torture dont les membres ont prêté serment.

La dernière partition de ce drame qui devait consacrer la fin du mouvement IRA, a été jouée jeudi 18 août 2016. Après quinze jours de débats stériles, marqués par les pires violations des procédures judiciaires, et en l’absence des avocats, la Cour pénale a décidé d’infliger des peines de 15 ans à cinq militants d’IRA, les autres écopant entre 3 et 5 ans. De pauvres pères de famille, dont le seul crime est d’avoir choisi de lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination raciale. Cette mascarade de procès doit être dénoncé par tous les hommes épris de justice. Encore une fois, c’est l’image de la Justice mauritanienne, de sa partialité et de son inféodation au pouvoir politique, qui est salie face au monde qui la regarde. Pas étonnant dans ces conditions que le capital international ait peu de confiance en ce pays et qu’il devient de jour en jour connu à l’étranger comme un Etat esclavagiste et raciste.

Crédit source : Posting Page Facebook du journaliste Cheikh Aidara 

​L’honneur d’être solidaire pour les uns et honte d’avoir des solidarités pour les autres…!!!


Lors d’une interview accordée à la chaîne TV5 dans les jardins du palais ocre à Nouakchott il y a quelques années, notre Raïs considéré par les Occidentaux comme un pion clé du dispositif antiterroriste dans le sahel s’était autorisé une ingérence dans les affaires maliennes. Fier de sa posture d’un protecteur à poigne qui aurait écrasé ou bouté les extrémistes violents hors du champ d’action, Ould Abdelaziz s’était permis de donner des leçons aux autorités maliennes concernant les maliens du Nord. Il croit savoir que ces derniers sont oubliés par le gouvernement central du pays basé à Bamako. En langage diplomatique, on comprendrait que pour lui, les populations du Nord Malien se soulèvent contre l’autorité centrale à cause du traitement dont ils font l’objet. Rien d’étrange, car nous savons que des éléments rebelles touaregs sont présents chez nous et ils ne sont pas que des réfugiés inactifs. Certains milieux puissants dans notre pays se préoccupent plus pour ce qui se passe pour les Nord maliens que pour certains d’entre nous mêmes. Cette solidarité transnationale qui est basée sur une référence tribale et culturelle, fait partie d’un code d’honneur qui s’assume bruyamment même par ceux qui dirigent les affaires étatiques. De l’autre côté, les dirigeants sénégalais et maliens se cachent lâchement derrière le principe d’une fantomatique non-ingérence pour ignorer l’ostracisation veroce et perpétuelle d’une composante importante du peuple mauritanien par un ordre étatique à dominance monocolore. Il faut noter que plusieurs dirigeants africains se limitent dans les rapports d’État à État avec leurs homologues du Nord, alors que ces derniers les traitent toujours dans une position de subalternes qui ne peuvent pas donner de leçons. En dehors du niveau étatique, une société civile consciente du Sénégal notamment ose s’exprimer ouvertement sur ce qui se passe chez nous. Et aussi, le milieu panafricain de la jeune génération commence à réfléchir LARGE en faisant abstraction des frontières physiques, culturelles et religieuses qui sont devenus des outils de domination pour des régimes injustes et partisans. Je citerai en saluant le courage de l’activiste panafricaniste Kemi Seba qui ne cesse d’interpeller les africains sur ce qui se fait en Mauritanie aujourd’hui en 2016. 

Nous, de notre côté , il est temps qu’on fasse sauter nos chaînes psychologiques qui font qu’on n’assume pas d’où viendra notre voi(e)x de secours. Faire du lobbying auprès des peuples subsahariens concernant les injustices que nous vivons depuis des années, n’est en rien un acte anti-patriotique. On ne devient pas « ennemi » d’une nation hypocritement dite soudée et en parfaite cohésion sociale ressassée par certains profiteurs éphémères du VENTRE, si on part à Dakar ou à Abidjan pour exposer nos réalités tristes qui perdurent. S’il est honorable et digne de permettre l’activisme même subversif d’un Touareg malien ou un arabe malien à Nouakchott, au profit ses causes politiques et autres, il n’est pas non plus HONTEUX et INDIGNE qu’un abolitionniste ou un VRAI opposant soit accueilli et écouté à Bamako ou à Kigali. Être libre, c’est savoir choisir sans tenir compte des humeurs et des caprices inhibiteurs de l’Autre.

K.S

​Les abolitionnistes sont « SEULS »…face à  l’État et son « peuple élite »…!!!

J’écrivais une fois que ceux qui nous dirigent ne sont pas des colons. Ils viennent de nous et font beaucoup des choses comme nous. Ceux qui tiennent notre État honteux, ne croient pas à la primauté de l’état de DROIT sur nos normes tribales et communautaires. L’exécutif qui joue de la justice pour étouffer les voi(es)x abolitionnistes et anti-esclavagistes, suit une certaine logique malheureuse que tout Mauritanien sincère reconnaîtrait dans son for intérieur. L’État se sert d’un certain morcellement d’identification sur les différentes injustices qui traversent toutes les  communautés nationales . Il n’est pas étonnant que le mouvement IRA, soit le focus principal des attaques multiples d’un ordre étatique qui porte les desseins des plusieurs milieux réactionnaires ayant  des intérêts convergents (matériels et immatériels). Le corps militant et sympathisant transcommunautaire du mouvement abolitionniste, déroute tous les milieux communautaristes qui sont formés et conditionnés à ne prendre en compte les INJUSTICES que selon certains angles en concordance avec leurs convenances coutumières et sociales. Nos normes mentales et psychologiques font que notre SINCÉRITÉ est toujours DOUTEUSE en fonction des événements qui bousculent notre quotidien honteux et fataliste d’une échelle à une autre. Pour notre État, qui nous incarne finalement au fond, un Haratine exclusivement anti-esclavagiste et abolitionniste est sous contrôle stratégique s’il n’est suivi que par des Haratines communautarisés. Pour Nous autres (Noirs Hors Haratines) , si ce même Haratine est TROP abolitionniste et anti-esclavagiste de fond en débordant sur certaines manifestations socialisées de l’esclavage, il devient dangereux et irrespectueux des nôtres. De ce fait, son combat ne sera pas sincèrement et massivement le nôtre. L’État est honteux mais suit une certaine cohérence évidente, quant à nous, nous sommes à la fois HONTEUX ET INCOHÉRENTS. J’ai honte de reconnaître  de ne pas pouvoir mobiliser plus 150 personnes dans mon village d’origine au sein de mon Guidimakha natal pour manifester contre le verdict qui a frappé les leaders abolitionnistes d’IRA-Mauritanie  (de 3 à 15 ans de prison ferme) . Mais pourquoi..? 

Tout simplement, la cause abolitionniste et anti-esclavagiste ne porte pas chez moi et certainement dans plusieurs localités du Sud Mauritanien. J’ose parier que 95% de nos chefs traditionnels et leurs cours n’ont aucune sympathie pour les thèses abolitionnistes et anti-esclavagistes. Dans les milieux urbains également, on peut plus mobiliser une certaine frange Black pour la Palestine que pour les leaders abolitionnistes incarcérés. Je ne peux ne pas citer un échange avec un homme soninké dans la région parisienne, qui disait que Biram mourrait en Prison parce qu’il est violent et insultant envers tout le monde. L’anti-esclavagisme n’est pas combattu que par l’État seulement. Il y a en nous Autres, des prédispositions sociétales qui sont allergiques à l’abolitionnisme. Ce dernier serait même un critère anti-VALEURS culturelles selon notre code nobiliaire d’honneur. Certains parmi nous, sont contre l’esclavage par principe évidemment, mais ils ne supportent pas l’activisme agissant et “intrusif” des anti-esclavagistes. Reconnaissons-le humblement, notre État Honteux s’aligne sur l’écrasante majorité du « peuple élite » qui n’est pas forcément esclavagiste mais foncièrement et HONTEUSEMENT anti-abolitionniste. On dirait que les partis politiques classiques font eux aussi du minima sur cette affaire farfelue mise injustement sur les cadres d’IRA-Mauritanie. Rappelons nous de l’interpellation pendant quelques heures du colonel Ould Beibacar .
 Ce dernier par ses sorties courageuses sur certains événements douloureux du passé, avait été arrêté, et à la suite, lors d’une conférence de presse en présence des plusieurs voix qui comptent, un comité de soutien expresse avait été mis en place pour sa défense. Et là, la timidité de certains acteurs de la scène politique est étrange. Bref, les partis sont peut être un certain reflet de ce qui tient les tripes de nos sociétés. De ce point de vue, aucun parti n’est esclavagiste évidemment, mais ceux qui tiennent les partis politiques ne sont pas tous à l’aise avec le VRAI anti-esclavagisme et l’abolitionnisme.
K.S

18-08-2016 01:30 – La Mauritanie, mon pays, cet enfant métis arabisé Par Abdoulaye Oiga, ancien DG de la CNSS


Le Quotidien de Nouakchott
– La Mauritanie est composée des trois types de populations :

1) Des noirs agriculteurs, chasseurs, autochtones qui étaient là au temps du néolithique vers 6000 ans avant-J-C au moment où le Sahara était humide. Ces populations sont des Soninké, des Sérères, Peuls, Wolof et Bambara. C’est de ces populations que sont issus les haratines.

2) Les berbères Sanhaja venus du Yemen aux environs de 380 avant J-C. composés de plusieurs tribus appelées Lemtoma en maure.

3) Des arabes qui ont rejoint ces berbères entre le 13ème et 14ème siècle qu’on appelle les béni-Hassan.

Ces trois groupes vivaient ensemble sur cette terre, des siècles durant. Ils formèrent des alliances et des contre-alliances, se combattirent et finissent par se marier et donner naissance au pays métis que nous sommes aujourd’hui.

La Mauritanie est donc un pays arabo-négro-berbère au lieu de pays arabo-africain. Le qualificatif arabo-africain est une manière subtile de faire disparaître de sa population la composante négro-mauritanienne parce que tous les pays arabes situés sur le continent africain, à commencer par le plus peuplé de tous l’Egypte, la Lybie, le Soudan, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, le Djibouti, les Comores et la Somalie sont arabo-africains.

La Mauritanie est un enfant métis dont le père est le monde arabe et la mère l’Afrique noire. Ce métissage de la Mauritanie trouve sa justification dans le fait qu’il n’existe aucune tribu maure qui n’a de sang négro-mauritanien qui circule dans ses veines, et qu’il n’existe aucune communauté négro-mauritanienne qu’elle soit Peul, Soninké ou Wolof qui n’a de sang maure qui circule dans ces veines.

Je citerai entre autres exemples les cas suivants :

– Cheikh Mohamed Vadel, Cheikh El Aïnina ont pour mère une peule qui s’appelle Khadijetou Bal, petite fille du grand marabout peul Thierno Souleymane Bal qui instaura l’Etat théocratique du Fouta.

– Abderrahmane ould Cheine dit Deïba, chef général des Talaba a une mère soninké de la famille Soumaré.

– L’émir du Tagant Abderrahmane ould Bakar ould Sid’Ahmed a sa mère Tileïla qui est une négro-mauritanienne.

– L’émir du Trarza Mohamed El Habib a épousé la princesse du royaume wolof du Walo qui s’appelle N’Djimbott Mbodj avec laquelle il a eu Ely Njimbott.

– Mohamed El Bambari, quatrième khalif des Lemtouna, a épousé la princesse peule du Toro qui s’appelle Fatimata Sall. Il a eu avec elle un garçon nommé Ahmed qui est devenu le roi du walo que les Wolofs appellent N’Diadiane N’Diaye.

– L’émir du Brakna, Sidi Ely a sa grand-mère paternelle qui est la grande sœur du grand père de Dieng Boubou Farba ancien Président du Sénat.

– L’émir Ehel Heïba ont une parenté avec les négro-mauritaniens.

– Cheikh El Avia ould Mohamed Khouna, ancien premier ministre également Talaba est peul d’origine.

– Mohamed Khoulé, l’ancêtre de la tribu Lakhlal a une mère Soninké qui s’appelle Kounda Cissé de la ville de Chinguetti. Chinguetti est une déformation du nom soninké « si-nguédé » qui signifie le « puits du cheval ». La mosquée de Chinguetti qui fait la fierté de tous les mauritaniens a été construite par un Soninké nommé Cheikh Namou Camara. Il y fut Imam, il est mort et enterré dans la mosquée sur le côté gauche en entrant.

– La famille des chérifs Ould Moulaye Zeine, ont leur ancêtre El Ghassem qui a une mère negro-mauritaniennne (Bambara) qui s’appelle Mariam.

– La tribu des Oulad Beri ont une fraction les Takarir qui sont des négro-mauritaniens d’autres descendent de Biry Kaba Diakhité, un soninké.

– Dah ould Teiss, ancien président de l’assemblée nationale de Mauritanie a une mère peule nommée Tacko Kane.

– Sidi El Mokhtar NDiaye ancien président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie a pour mère une Sbaï nommée Sokeïna mint kharchi.

– Mr Boudda ould Bousri et Ahmed Salem ould Adoud sont d’origine peule.

– La tribu des Deg-moli tous des peuls qui sont acculturés pour devenir des maures.

– Il y a des Kane, Ehel Modi Nalla qui sont d’origine maure, Lemtouna.

– La mère de Cheikhna Hamahoullah est une peule nommée Assa Diallo.

– Mohamed Lemine Tandia a épousé une peule Kaladio nommée Hawa Sy avec laquelle il a eu Tandia Cheikh Sidya actuel président de l’Association pour la Promotion et la Culture Soninké en Mauritanie. Ce même Mohamed Lemine Tandia a également épousé une Rgueïbatt qui s’appelle Boytir Mint Herbal.

– Monsieur Bouh El Moukdad Seck a épousé une femme de la tribu Oulad Ahmed Mine Demane.

– Cheikh Tourad Camara a épousé une femme de la tribu Idawaly etc.

Dans ce métissage, la composante haratine n’est pas en reste :

– Certains éléments sont des sérères faisant part des premières populations mauritaniennes qui ont été coupées de leur racine et sont devenues haratines.

– D’autres sont les victimes des razzias opérées par hordes de maure qui sont venus les voler au sud du pays pour en faire des captifs. Il faut ajouter à ceux-ci, les éléments qui ont été battus à la suite des guerres claniques et qui ont été vendus par les rois négro-mauritaniens.

– La dernière catégorie, ce sont les éléments des armées négro-mauritaniennes alliées de Bakar ould Sid’Ahmed. Ils étaient venus aider Bakar à conquérir le Tagant. Une fois la guerre achevée, ils se sont installés dans le milieu maure, et ces derniers les considèrent comme des haratines.

La composante haratine s’est métissée avec aussi bien les berbères Sanhaja qu’avec la communauté négro-mauritanienne dont elle est issue.

Par ailleurs, l’ardine, la Tidinite instruments de musique maure sont d’origine négro-mauritanienne. Le boubou, avec ses accessoires, le Tourqui, les babouches traditionnelles, ainsi que le dissa (Hawoli) est la tenue officielle que portent les ambassadeurs de Mauritanie pour la présentation de leurs lettres de créance. Cette tenue qui est fixée par décret comme tenue officielle est négro-mauritanienne. La structuration de la société maure en guerrier, marabout, forgeron, griot et captif vient de la société négro-mauritanienne puisqu’elle n’est pas arabe.

Vouloir gommer une telle réalité qui crève les yeux relève de la mauvaise foi.

Cet enfant métis qu’est la Mauritanie n’a pas été reconnu avant sa naissance par son père (monde arabe excepté la Tunisie du Président Bourguiba). Ce père a utilisé tous les moyens pour qu’il ne voit pas le jour, qu’il n’existe pas (revendications marocaines). Mais grâce à l’aide de ses oncles maternels (certains pays de l’Afrique noire en particulier le Sénégal) et l’appui de son tuteur (la France) l’enfant vit le jour. Il fit suivi, encadré puis accompagné jusqu’à son admission aux nations unies le 21 octobre 1961.

Les années passèrent, l’enfant grandit et prit de l’audience sur la scène internationale. Ses prises de positions en faveur des causes justes, la création de la monnaie nationale (l’Ouguiya), la nationalisation des mines de fer de Mauritanie (Miferma), la révision des accords avec la France lui valurent l’estime, la considération et le respect de la communauté internationale. C’est dans ce contexte que le père sentant son fils devenu un prodige, surgit pour enfin le reconnaître (1973).

La mère qui a tant souhaité cette reconnaissance, poussa un ouf de soulagement, mais s’inquiéta pour l’avenir de son fils dont le père avec cette reconnaissance risque d’être trop envahissant. Après une période courte de retrouvailles entre les deux parents où débuta l’épanouissement de l’enfant, commença la période de conflit dû au tiraillement entre les parents pour conserver l’enfant. L’enfant à qui il a manqué des années durant l’amour paternel, bascula dans le camp de son père pour combler son déficit en amour paternel mais sans renier sa mère.

Aussitôt après cette reconnaissance de l’enfant par son père, certains de ces oncles paternels (arabo-berbères) commencèrent à faire de lui un arabe et à le pousser à renier sa mère (les négros-mauritaniens).

Ses oncles paternels tenants de la thèse d’une Mauritanie où ne prévalent et ne prévaudront que la langue et la culture arabe à l’exclusion de celles des communautés Peul, Soninké et Wolof, sont une minorité d’idéologues civils et militaires de la composante arabo-berbère qui se sont imposés à l’ensemble du peuple mauritanien par la force des armes et qui se relaient au pouvoir depuis 1978.

Le refus par ces idéologues dont le cercle s’agrandit de jour en jour, du développement de la langue et de la culture des populations négro-mauritaniennes vient de ce complexe de vouloir être arabe qui est né à la suite de la défaite humiliante qui leur a été infligée par les Beni Hassan lors de la guerre Charbaba (1640-1666) à l’issue de laquelle il leur a été interdit le port du pantalon (Sirwal) tant qu’ils ne deviendront pas arabes et de ne plus parler berbère mais plutôt le Hassanya la langue dialectale des Béni Hassan.

Pour remplir les conditions imposées par les Beni-Hassan, nous constatons aujourd’hui que dans leur majorité ils ont honte de ce qu’ils sont (berbères) au point de supprimer de leur état-civil les mots Ould et Mint pour devenir arabe. Puisque tel est leur choix respectons-le. Mais nous espérons que ce choix ne changera en rien le caractère métissé et multiculturel du peuple mauritanien.

La situation des communautés négros-mauritaniennes a atteint un tel degré de gravité que ni les concertations du dialogue, ni le débat sur la cohabitation, l’exclusion et l’unité nationale ne serviront si ce n’est que de cautionner la politique d’extinction de ces communautés.

L’objectif affirmé de ces idéologues étant d’assimiler les populations peul, soninké et wolof à défaut les exterminer, pour ce faire ils devront déplacer le pays pour aller l’installer dans le Golf arabique et permettre ainsi à deux républiques sœurs l’une le Mali d’être désenclavée et avoir accès à la mer et l’autre l’Algérie d’avoir une ouverture sur l’Atlantique.

Au terme de cet article, je voudrais lancer un appel pressant aux forces militaires, politiques et aux acteurs de la société civile en particulier la jeunesse mauritanienne dans toutes ses composantes afin que cet enfant métis puisse réconcilier ses deux parents pour sa survie.

C’est l’aider à assumer cette responsabilité historique que j’invite l’ensemble de mes compatriotes.

Nouakchott, le 15/08/2016

Abdoulaye Ali OIGA

Ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de sécurité sociale

17-08-2016 15:10 – L’éditorial de saheljournal : La police et moi



Sahel Journal
– Une interpellation ? Peut-être pas ? Mais une séance de questions incongrues et inopportunes, oui ! Et quelques heures de flottement pour savoir ce qu’il faut faire de moi.

Allait-il une fois encore grossir le rang des prisonniers non coupables ? Des coups de fils au patron … Mon identité ? Elle a été prise trois fois. C’est là le scenario de mes quelques heures avec la police que je m’autorise à écrire à mon ami Balla Touré, en prison pour avoir aimé sa patrie.

Cher Balla, tes deux petites fillettes se portent bien et ont compris l’absence de Papa. Tu les avais bien préparées. Mais ces visages innocents et pleins de vie réclament parfois Papa. Elles me demandent quand est-ce que tu vas venir et pourquoi on veut toujours te garder ?

Car toi à ton tour tu ne le feras jamais subir cela à quelqu’un. J’ai dis à M’Ma que tu es parti contribuer à requinquer l’image de la Mauritanie par la vérité et la sincérité des mots que tu utilises pour chaque personne, pour chaque action et à chaque occasion. M’Ma, sous le regard médusé de Coumba, demande pourquoi tu restes si longtemps si la Mauritanie ne veut pas t’entendre… l’innocence sensée des deux fillettes à la recherche d’un papa entre les griffes de l’oppresseur.

Mon ami, j’ai reçu votre message et je l’ai exécuté à la lettre.

1- prendre les clés de ton bureau, le siège de POPDEV que les policiers attribuent à IRA Mauritanie l’organisation dans laquelle tu es chargé des relations extérieures. Heureusement, ta maison tu l’as construite avant la création de IRA, sinon nos vaillants flics l’attribueront aussi à ce mouvement, comme ils qualifient tout opposant noir d’appartenir aux FLAM.

2- payer la facture d’électricité au gérant de l’immeuble. Cher ami, j’ai ouvert le bureau, ce vendredi 12 août 2016 au jeune et sympathique planton qui avait manifesté le désir de venir dépoussiérer le local qui est resté longtemps fermé. Je suis parti vaquer à mes occupations tout en lui promettant un retour rapide, ou, si je restais un peu longtemps, qu’il me fasse signe dès qu’il termine pour que je vienne le libérer.

Comme promis, je suis revenu sur le lieu. A la sonnerie, c’est d’autres personnes qui m’ont ouvert la porte. Je n’ai pas compris. Mais sachant que je ne me suis pas trompé de porte, j’ai avancé vers ton bureau au ralenti avec les poings fermés (référence à mes quelques leçons de wushu et wing chun… merci Maître Wagué). J’ai aperçu un homme basané et une femme en voile… Je me suis alors demandé si le jeune n’avait pas eu la visite d’un couple.

J’ai subitement aussi aperçu deux têtes que je connaissais : un commissaire et un brigadier-chef. Et la femme était une policière, secrétaire du commissariat Tevragh-Zeina I. Les autres individus en civil, je ne les connais pas. Ainsi, je venais de réaliser que ce comité d’accueil n’était autre que les éléments du commissariat Tevragh-Zeina I et de la DSE venus investir ton bureau. Ils m’attendaient.

Mon premier reflexe était d’envoyer un message à mon épouse pour lui dire que ce 12 août 2016 pourrait être le premier jour de mon arrestation avec comme délit «l’amitié». Tu me connais cher ami (je suis plus courageux que toi), avec sérénité et sans qu’il ne m’y invite, j’ai pris place en face du commissaire. En plus de la police, j’ai trouvé le jeune planton très secoué et hagard accompagné d’Alioune MBarka Vall venu faire photocopier la carte d’identité de sa femme et qui avait croisé le jeune sous l’immeuble.

Le commissaire a commencé par me demander ce que je faisais sur les lieux et surtout comment j’ai trouvé les clés ? A ces questions simples des réponses simples. « Mon commissaire, ici c’est le bureau d’un ami et frère (Balla Touré) et pour avoir les clés (les doubles), un coup de fil au planton avait suffi ». Combien de fois êtes-vous venu ici ? «Deux, trois, ou quatre fois je pense. J’ai pas une souvenance exact du nombre».

Le commissaire revient à la charge avec une question bizarre. A savoir ce que j’ai pris ou transféré du bureau. Je lui ai répondu : rien. Car je ne vois pas ce que je peux transférer de ce bureau et pour quelle utilité car j’ai tout ce qu’il faut dans mes bureaux.

Il demanda ma carte d’identité, nota mes numéros de téléphones et prit toute ma filiation. Il appelle son directeur et échange avec lui…

Auparavant, cher ami et frère, le commissaire s’est étonné de notre lien de fraternité, avec comme prétexte nos noms de famille. Et il pense aussi que nous n’appartenons pas à la même communauté, c’est dire que la police ne te connait pas et pourtant c’est elle qui t’accuse de choses que tu n’as pas faites. Ce n’est pas la police, c’est une main invisible que la police elle-même ne contrôle pas qui t’en veut ! Notre police est victime d’une robotisation ou de fixation sur certains hommes et femmes de ce pays pour les nuire.

Mon frère, à toi et aux lecteurs, je vais vous faire l’économie de certains détails de cet épisode incongru et bien fâcheux. Il y a eu à un moment de l’électricité dans l’air avec l’intrusion d’un élément de la DSE dans le bureau avec une question-insulte. Ma riposte fut, sans équivoque, ne s’était pas fait attendre. Mais le commissaire a calmé la situation. Toutefois, mon vis-à-vis d’apparence était plus fort. Et il est policier. L’histoire de la torture de Moussa Birane et encore là pour nous faire réfléchir quand on est face à ces gens-là.

De ce qui précède, cher ami, il ressort que la police cherche encore « la chose » pour laquelle elle vous a arrêté. Et le juge sauf surprise (toi et tes codétenus) vous condamnera pour cette chose qui n’existe pas. Le juge en le faisant veut, dit-on, se rattraper après le jugement rendu sur une affaire où l’exécutif n’était pas content et l’avait fait savoir par l’envoi d’une inspection.

Peut-on trouver quelque chose qui n’existe pas ? Et les inventions du parquet ne peuvent résister aux arguments du beau et compétent collectif d’avocats qui a en charge ce dossier.

Mon ami, pourquoi les policiers ne peuvent pas comprendre que ce que je peux transférer de ton bureau, tu l’as emportés avec toi à la prison de Dar Naim : c’est ton engagement, ta conviction et ta détermination de servir des causes justes pour une Mauritanie de tous et pour tous.

Mon ami, tes compagnons d’infortune et toi pourront être condamnés et cela ne surprendra personne. Car on vous accuse de flagrant délit dans un dossier où vous avez été (pour beaucoup d’entre vous) arrêtés quelques jours après les faits incriminés. Mieux, vous avez tous appris cet incident sur les réseaux sociaux. L’audition du propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne, ne voyant la main d’aucune organisation dans cette affaire. Et ce, contrairement à ce que la police lui avait attribué. La coupe est pleine… Pourquoi la police fait tout ça pour ça… ?

Ce sont vos convictions, vos engagements et votre détermination à servir et militer pour une Mauritanie juste qui vous valent ce séjour à la citadelle du silence. Ici et là en Mauritanie pour le système qui nous asservit aujourd’hui, les vertus et valeurs d’un bon citoyen c’est d’applaudir et d’accepter tout et son contraire. Sinon, c’est des privations de toutes sortes, y compris celle de la liberté. Et cela tu le vis depuis plusieurs années, mais malgré tout, tu es resté humble et droit dans tes babouches.

Cher frère et ami, ta petite famille t’embrasse et te dit à bientôt. A toi, à Lô Ousmane et à tous les autres, je réitère mon amitié avoir espoir qu’un jour pas lointain le peuple vous sera reconnaissant.

Camara Seydi Moussa


Crédit source : http://www.cridem.org 

​Il y’a la rhétorique pompeusement servie et il y’a les réalités têtues difficilement évitables. 


Ces mots alibis et paravents bien connus dans nos discours politiques et militants se voulant analytiques de la problématique de l’esclavage et ses manifestations sociétales : partage du travail, organisation sociale, le temps fera le changement, tout le monde trouve son compte, nos traditions, le système étatique serait le pire, le mal serait la discrimination raciale, nos valeurs culturelles, la liste est longue…!!
Une gymnastique bien connue chez nous et parmi nous, par laquelle le progressiste à l’échelle nationale s’avère être le réactionnaire acharné dans sa communauté d’origine. Le discours abolitionniste agissant est repoussé voire honni pour les mêmes raisons que l’on soit proche du pouvoir ou des certains mouvements politiques opposants dans le système et en dehors du système. 

D’aucuns s’entretiennent au sein de leurs girons communautaires sur l’immatériel et le matériel, par la promotion d’un ordre tribal ou féodal par lequel les Hommes ne se valent pas. L’état méchant qu’on décrit incessamment et qui est tant décrié, transpose un certain régime réactionnaire qui sévit dans nos sociétés respectives. Cet État est bien incarné aujourd’hui par le président actuel, mais j’ose parier les 5 doigts de ma main gauche, qu’une bonne dizaine de personnalités publiques qui comptent dans l’arène politique « NORMALE » ont la même approche des réalités de l’esclavage et ses manifestations sociétales dans le pays que le Raïs . Très souvent dans le passé les appareils politiques élitistes dans les milieux urbains essaient de développer un discours politique très différent de celui servi dans les milieux ruraux réactionnaires où la notion de citoyenneté est diluée dans l’ancien ordre. Le personnel politique d’extraction sociale ayant une certaine complicité ou ambivalence avec l’ancien ordre, s’est servi d’une manière plus ou moins assumée pour se donner du crédit d’une échelle à une autre (communautaire à nationale). Cette incohérence flagrante longtemps tue n’échappe plus à la nouvelle lecture du fait politique centré sur le CITOYEN. Dans un pays où des juridictions spécialisées pour les pratiques esclavagistes se créent , et les mentalités féodales s’expriment par le silence douteux et les indifférences sournoises, on ne fera pas la politique à la classique comme un autre pays. Tout parti politique d’aspiration noble de l’exercice, se doit de penser à l’édification de la NORME CITOYENNE d’abord afin d’éviter l’inévitable dévoilement par les hésitations et les discours creux dans les salons climatisés. Le jeu de la politique politicienne qui meuble le vide pour figurer en bonne entente tacite avec les gouvernants du moment, montrera ses limites à terme. Les programmes politiques qui appellent aux changements sortent de partout, mais ceux qui peaufinent tous ces beaux textes, sont parmi les premiers qui combattent le CHANGEMENT chez eux et parmi eux. On voudrait que l’autre change mais notre propre changement serait l’ordre d’une indignité affectant notre socle identitaire. Tout ce qui pourrait mettre en cause notre socle identitaire jalousement hérité, est rejeté du champ des aspirations réformatrices. Ainsi les ardeurs activistes s’estompent et le relativisme prend le dessus sur les convictions profondes prêchées ailleurs. 
Une réalité amère se constate entre la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste et certains mouvements opposants et revendicatifs à l’échelle nationale. Certains pensent que lanti-esclavagisme qui déborde à l’anti-féodalisme bien réel, serait malvenu parce que cela toucherait certains milieux dits alliés naturels dit-on . Ces derniers préfèrent l’anti-esclavagisme couplé à l’anti-racisme globalisant et binaire et veulent gommer le féodalisme latent qui inhibe tout autant l’expression citoyenne d’une frange importante du peuple du bas statut social. Parmi nous, il y en a qui nient l’existence de l’esclavage et ses conséquences socialisées dans leurs communautés, mais ils hésitent de participer à la lutte contre l’esclavage connu existant ailleurs, pire ils se permettent de torpiller les efforts de ceux qui agissent. On dirait que l’activisme abolitionniste et anti-esclavagiste par sa vitalité courageuse face à un régime répressif incarnant des pouvoirs multiformes au fond, dévoile un esclavagisme d’esprit et de mentalité  qu’on voudrait cacher quelque part. Le déni ressassé ne dissout pas les réalités dévoilées par nos incohérences devenues flagrantes jour après jour. 
K.S

Le soninké du Guidimakha profond et l’État : cet administré dompté devenu le citoyen effacé et insensible..!?

Chez nous depuis tout petit, l’État par son émanation locale (départementale ou régionale) est incarnée dans l’imaginaire collectif par une force répressive. Appelé en soninké ordinaire sommairement « FANKA » qui veut dire « FORCE » plutôt que « l’autorité » ou « FANKANSORO » (CEUX QUI DÉTIENNENT LA FORCE« , l’ordre étatique est craint et relève même de l’intimidation, et vaut mieux ne pas avoir affaire à lui. Une certaine représentation est faite de l’ordre étatique qui n’aura de toutes les manières que RAISON sur NOUS. Ainsi la peur du « FANKA » est incrustée dans la socialisation du jeune villageois. À une époque, le véhicule des gendarmes départementaux ou des gardes forestiers, représente le « monstre » à ne pas s’approcher. Cette auto-soumission inconsciente fait que les administrateurs locaux peuvent passer du zèle aux abus pendant des longues années sans aucune réclamation. Une situation fataliste s’instaure dans la conscience collective qui est disposée à accepter docilement le statut d’éternels fautifs jamais réclamants . Cet ordre peut même se retrouver au sein des centres médicaux et des établissements scolaires. L’infirmier d’état ou le directeur de l’école peut s’arroger certaines positions par des comportements scandaleux pendant plusieurs années sans crainte. Historiquement, nous croyons que ceux qui sont dépositaires d’un pouvoir quelconque affilié à l’État, ne sont jamais en tort. Pire leurs torts peuvent paraître comme leur travail que nous devons supporter comme des grands enfants. Nous sommes agriculteurs dans notre profond Guidimakha, à la saison des récoltes, les bergers arabo-berbères du Nord-Est sont souvent à l’origine d’innombrables affrontements. Il suffit de voir un dromadaire  qui saigne, c’est tout le village qui tremble quant à l’éventuel appel au FANKA par le berger propriétaire. Pourtant nous qui sommes les administrés locaux, nous croyons que les bergers nomades venus d’ailleurs seront plus écoutés et entendus par l’administration locale que nous. Soumis au diktat du pouvoir local sans rarement broncher, nous serons doublement lésés par d’autres concitoyens venus d’ailleurs  peut-être plus alertes sur leurs droits fondamentaux selon la législation en vigueur. Peu importe, la réalité est très amère quand on y prête attention. Ce conditionnement craintif peut relever de la psychologie qui rappelle le régime colonial appliquant l’indigenat. D’ailleurs, c’est pourquoi la conscience politique et citoyenne dans nos terroirs est loin d’être la plus vive du pays. Le type villageois surtout illettré de surcroît  assimile l’État  à une nébuleuse inaccessible et personnifiée par le gendarme départemental qui a toujours raison sur TOUT et qu’on lui doit obéissance passive. Dans un coin comme le département d’Ould Yengé ayant le chef-lieu du même nom, 90% des administrés Soninkés ne se sont jamais rendus dans cette ville très enclavée de sa partie Guidimakha mais plutôt ouverte vers Kankossa dans l’Assaba. 

Au final, un ressortissant de ces zones, ayant vécu ce cheminement d’une certaine soumission admise collectivement, sera difficilement concerné par l’engagement dans le militantisme politique et citoyen à l’échelle nationale. Ce syndrome originel suit certains parmi la diaspora mauritanienne soninké en France, pourtant très importante mais difficilement mobilisable en masse pour des légitimes revendications les concernant de près. Ces dernières années, la mobilisation bruyante autour de l’enrôlement biométrique controversé, a suscité des manifestations conséquentes contre certains critères fixés par l’état civil. Mais l’atmosphère revendicative s’est adoucie après quelques concessions timides de la part des autorités étatiques. Il n’en demeure pas moins que plusieurs ressortissants de ce Guidimakha profond, naviguent dans le flou total concernant la procédure de la double nationalité (française, espagnole ou d’autres) et surtout certains cas des personnes n’ayant pas été recensées en 1998. Notre peur bleue du FANKA aux villages va finir par notre élimination administrative sur le plan légal de nos terroirs. Imaginons un jour, si on arrivait à nous exiger des cartes de résidence sur nos terres ancestrales. 

Il faut aussi rappeler le système de pot de vin bien connu dans le milieu administratif où pullulent d’innombrables marchands de sommeil du service qui font une interface lucrative entre les citoyens demandeurs d’un service et le corps administratif. Ceux qui sont « anormalement chanceux » de connaître un « bras long » sont servis sans trop de tracas, mais les autres sont condamnés de tourner en rond pendant plusieurs mois voire plusieurs années pour un simple acte de rectification d’un document d’état civil. Sinon, il faut du cash trébuchant pour l’intermédiaire sans statut légal administrativement parlant, qui connaîtrait quelqu’un qui à son tour connaîtrait l’agent du bureau responsable du service demandé. La peur puérile qu’on nous a distillée tôt  face au milieu administratif, fait de nous des proies faciles pour un système corruptif bien huilé  . Pressés, excédés et inquiets parfois par le facteur temps, nous ouvrons facilement nos portefeuilles pour ACHETER nos DROITS LÉGITIMES au grand bonheur d’un milieu corrompu et corruptible très vorace. Le pire est que notre inconscience citoyenne nous mène à une certaine illégalité plus ou moins assumée, en devenant des CORRUPTEURS qui assurent la survie d’un système érigé en mode de gestion . L’individualisme est un autre marqueur dans nos rangs. Nos multiples doléances peinent à être portées par un collectif légitime et bien étoffé qui fera abstraction de toute obédience politique ou communautaire afin d’exercer un lobbying conséquent et unitaire . L’avarice est également l’un de nos « péchés capitaux ». Les actions revendicatives au nom du collectif nécessitent un appui financier, mais peu de gens sont sensibles à ce volet et on dirait que tout est attendu gratuitement de part l’infime minorité active. 

Cependant d’autres problématiques affectent la situation socio-politique du pays, mais notre engagement ne semble pas être à la hauteur des enjeux portés vers l’émergence d’un État de DROIT en Mauritanie. Notre intérêt, c’est de participer en masse par une large prise de conscience de laquelle pourraient surgir des solutions justes, dignes et pérennes à nos multiples MAUX longtemps esquivés. 

Sur le plan politique, particulièrement en période électorale, l’écrasante majorité va succomber aux sirènes clientélistes de certains introduits politiciens orientés vers le communautarisme d’appoint au système étatique en place. Ainsi nous devenons des votants à conquérir sans efforts mais jamais des CITOYENS CONSCIENTS de notre qualité de CITOYEN au vrai sens. 

K.S 

04-08-2016 16:33 – L’éditorial de www.saheljournal.info: A Tariq Ramadan


Sahel Journal
– Cher Tariq, vous avez été expulsé de la Mauritanie. Vous étiez venu en Mauritanie pour débattre de l’extrémisme, sur invitation d’une organisation humanitaire.

Une organisation de partage, d’entre-aide et de lutte contre la pauvreté, animée par une jeunesse éprise de justesse et qui a de la pitié pour des milieux des pauvres mauritaniens cherchant à manger. C’est là l’une des raisons d’être de la « Marmite du Partage », une ambition musulmane.

Cher Tariq, sans doute, vous le savez, votre expulsion semble être un ordre de « l’international tyrannique ». L’exécution de cet ordre a commencé à l’aéroport de Casablanca. C’est à partir de cet aéroport qu’on a tenté de vous empêcher d’embarquer pour la Mauritanie.

Les marocains vous ont finalement laissé pour que les Mauritaniens exécutent la besogne. C’est un ordre de l’international tyrannique, de la pensée unique, d’une civilisation sclérosée et de la privatisation de l’islam.

On vous attendait.

Pour la belle culture islamique que vous représentez… pour un islam sans scories, un islam originel tel qu’édicté par le saint CORAN. Les autorités de ce pays, notre pays, qui vous ont refusé l’entrée sur leur territoire, excellent dans le paradoxe et le déni de l’humanisation de ses citoyens. Elles sont dans la promotion de l’esclavage, la féodalité, le racisme, l’intolérance… certains ingrédients de l’anti-islam, au moment où notre religion, la religion de l’Etat mauritanien, recommande la fraternité, la tolérance, le partage, la cohésion, la paix sociale…

On vous attendait pour l’action humanitaire de l’organisation « Marmite du Partage », une organisation d’une jeunesse qui croit à la Mauritanie. La Mauritanie pensée autrement, la Mauritanie de la justice, de l’égalité et du partage. Cette jeunesse qui combat la famine, a une ambition des droits de l’homme, d’entre-aide, de lutte contre la pauvreté ; n’est ce pas là une ambition musulmane ? !

On vous attendait (le peuple, les pauvres) en Mauritanie au moment où nos autorités s’activaient à recevoir une partie de la TYRANNIE de notre époque. Cette communauté des plus riches du monde qui se sont rencontrés à Nouakchott ont les populations et les coreligionnaires les plus misérables de la planète… victimes de la guerre, de la famine… et où dans plusieurs des pays qu’ils représentent l’incertitude du pain de demain est un quotidien amer connu de nous tous… la manifestation radicale de la pauvreté humaine. L’islam ne veut pas de cela.

Ils prônent l’Islam et pourtant entretiennent et alimentent l’anti-islam : la dictature, l’individualisme, l’intolérance et surtout l’insouciance. Insouciants des sorts des Palestiniens sous les bombes d’un diktat, des Syriens meurtris dans l’inefficience des actions de nature à les extirper de l’enfer et de l’indifférence ; que dire des Libyens, des Irakiens, des Somaliens et bien de citoyens d’autres pays…

Chez moi, où on vous a refusé l’entrée, on ploie sous le fardeau de l’improvisation, de l’archaïsme et de la honte comportementale.

Ici, en Mauritanie, les musulmans naissent différents, meurent différents dans l’indifférence de la construction d’une nation mauritanienne. Car, il y a longtemps qu’on a perdu la cohésion, le sens du vivre ensemble dans l’échange et la fraternisation. C’est le mode d’emploi des tenants du pouvoir : diviser pour mieux régner, pérenniser un système qui abêtit la Mauritanie.

Chez moi on cultive l’incivisme… Le citoyen, comme un mendiant acculturé, fait le pied de grue devant les maisons et les bureaux de nos politiques qui nous réduisent au statut de vulgaires hères sans droits.

Chez moi, où tout le monde est musulman, on se confond avec le vol, le mensonge et l’intolérance. Chez moi, où on vous refuse l’entrée, un érudit a offert le Saint CORAN au Président Taya en ces termes : « Excellence, veuillez accepter ce modeste cadeau ! ». Et on sacralise Khlil… SOUBHANALLAH

Chez moi où le peuple vous attendait et où les gouvernants vous refoulent, l’islam est privatisé. Car chez moi, on nait Imam on ne le devient pas, du fait d’une instruction islamique évidente. Chez moi où on (le régime) ne veut pas de vous, on a menacé de transformer les mosquées en boulangeries. Chez moi, on tue et déporte des citoyens impunément.

Chez moi, on est atypique et particulièrement particulier. Car chez moi, il y a aussi des saints et des citoyens justes et tolérants mais sans voix ni «voie»…. Très cher Tariq Ramadan, à bientôt dans cette Mauritanie en devenir qu’on aime tant…

Camara Seydi Moussa


Source crédit : http://www.cridem.org 

​Trump(eur) ou Clinton II : Rendez-vous Novembre 2016.

L’élection présidentielle américaine attendue en fin d’année, donnera un(e) président(e) élu(e) qui ne relèvera pas de l’ordinaire dans notre monde. Si ça sera un Trump, ce monsieur à la personnalité imprévisible qui a su « trumper » ou tromper le monde républicain aux primaires , qui gagnera, on craindra un Bushisme amateur et populiste qui pourrait virer dans des aventures belliqueuses très hasardeuses à l’international. L’ex magna de l’audiovisuel, est connu comme manipulateur et adepte des joutes verbales du sensationnel. Une fois élu, s’il reste fidèle à sa « trumpery » ou sa tromperie qui lui a permis d’étouffer tous les cadors potentiellement attendus du côté républicain lors des primaires, il aura intérêt à se mettre sous tutelle en sous main, pour éviter une éventuelle destitution au cours de son mandat. D’ici là, le chemin sera long pour « trumper » et tromper une majorité de l’électorat américain et rafler la mise devant Madame Clinton. Si la « Trumpery » ou la tromperie sera dévoilée et contenue à temps, on aura un deuxième Clinton à la Maison Blanche à Washington. Ainsi la parenthèse Bush-Clinton de l’histoire politique américaine réapparaîtra après la coupure OBAMA. Ainsi la séquence Bush père, Mr Clinton, Bush fils, (OBAMA) , Madame Clinton prendra le relais aux destinées de la première puissance mondiale.
Ah oui…une Dame à la présidence américaine est plus que jamais plausible aujourd’hui. Si un Clinton II au féminin arrive au pouvoir avec Hillary, ce couple très politique rentrera davantage dans les annales de l’histoire politique américaine. Hillary Clinton présidente entourée d’un cabinet classique dans le bureau ovale, fera une présidence classique suivant les lignes directrices de la politique américaine à l’international. L’Amérique fera de l’américain, veiller sur ses intérêts économiques liées à un certain ordre géopolitique mondial à maintenir en état depuis 1945. Pour le reste, dans les premières heures, le monde rêveur sera envahi par une Hillarymania au nom d’un féminisme désuet politiquement dans un sens la concernant,  comme l’avait été la Obamamania en 2008 au nom du blackisme. À vrai dire en la matière dans certaines hautes sphères politiques et économiques, la référence pigmentaire ou sexiste importe peu, car la classe sociale étanche et bien codifiée gomme certains traits d’appartenance physiques au profit d’autres qui nous dépassent, NOUS les petites gens. Nous qui nous les représentons dans nos aspirations puériles et innocentes par différentes positions sur TOUT ce qui se fait et se défait dans notre Monde sans Nous finalement.
K.S