​Cri Osé : Progressiste de forme et réac de fond…troublant non…!?

Un « progressiste maure….blanc évidemment » qui se proclame progressiste en « Mauritanien », peut être éloquent dans certain discours orienté meublant la politique politicienne, mais foncièrement réac s’il s’agit de l’éveil émancipateur entourant la redéfinition révolutionnaire des contours identitaires de la composante  Haratine. On voudrait maintenir l’ordre d’appartenance qui arrange l’ancien système. Ce dernier se voulant transcendant la « plaisanterie politicienne » qui anime les partis politiques acceptés et permis parce que respectant la matrice intouchable du pacte non écrit qui régit TOUT au fond. L’ancien système est protégé et entrenu à la fois par le pouvoir actuel et l’écrasante majorité du personnel politique ttes obédiences confondues, régulé selon certains critères admis naturellement par les uns et les autres. Ainsi le meilleur des Haratines pour un « progressiste maure », est celui qui fera abstraction de sa couleur de peau et admettra être proche d’un soudanais ou d’un Noir tunisien que son compatriote du Sud Mauritanien ( peul, soninké ou wolof) . On voudrait magnifier le Fait Arabe qui serait un honneur absolu par opposition aux cultures des autres communautés noirs. Il faut sincèrement et modestement  convoquer l’Histoire de notre sphère géographique, en admettant que les premiers « intellectuels modernes » issus des composantes Noires hors Haratines, avaient raté un épisode amer et ineffaçable dans le passé. Si l’indépendance et la fondation de cette Mauritanie expressément créée, avaient été conçues et préparées autour de la question Haratine (majorité tue et ignorée) déjà à l’époque, la marche de l’Histoire aurait été très différente . Les positions et les engagements qui devaient être pris en 1956, 1958 et 1960 par les lettrés issus des composantes peul, soninké et wolof sur les Droits Politiques et Sociaux des Haratines, sont portés vaillamment aujourd’hui par des braves gens (Amadou Tijane Diop, Balla Touré et d’autres emprisonnés aujourd’hui) qui ont compris et osent s’attaquer au coeur de l’ancien ordre. En « Mauritanien », tous ceux qui veulent tromper socialement, politiquement et même culturellement, essaient d’évacuer la question Haratine hâtivement en la prenant comme toutes les autres problématiques. S’il y a une seule composante sociale auprès de qui chacune des autres communautés doivent s’excuser pour le passé et le présent ,  ça serait la communauté Haratine. 
C’est mon avis..!!

-K.S-

​LETTRE OUVERTE A L’ATTENTION DES MES COMPATRIOTES : Par Mariame Kane Présidente AFMAF (Association des Femmes Mauritaniennes du Fleuve)

Chers compatriotes, permettez-moi de vous exprimer ma compassion devant le malheur que vive tout mauritanien dans son quotidien. Cette misère causée par la politique démagogique et prétentieuse de nos dirigeants. Une politique assoiffée de toute logique cartésienne et menant vers « l’impasse économique et socioculturelle ». Car elle est véhiculée par un discours théoriquement fertile, mais pragmatiquement pauvre et stérile. Une telle politique est indigne de quelqu’un qui a partagé, expérimentalement, le vécu quotidien des mauritaniens. Qui, parmi nos dirigeants, prétendrait-il ne pas connaître le boutiquier du coin ? Pensent-ils pouvoir nous tromper ? Alors qu’on est tous témoins de la misère des mauritaniens de Daddah à Maouyya en passant par Aziz. Et pour masquer leur incapacité, ils nous tympanisent avec des théories surchargées de slogans ridicules, oubliant ainsi la parole de leur maître qui disait : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit désormais de le transformer. »
Chers compatriotes, permettez-moi de décrier notre ras-le-bol, notre intransigeance, notre inclémence envers tous les monstres qui nous dirigent. Auraient-ils une pierre à la place du cœur ? Ou bien seraient-ils réellement des mauritaniens? Ce pays a toujours loué les valeurs de noblesse dont ils prônent, aujourd’hui, le contraire ::. Pourquoi accepteraient-ils d’être maîtres d’œuvres pour autant de destructions de notre chère patrie ?
Sur le plan de l’Education, l’Etat sabote. Il ne se soucie pas du niveau des enseignants qui ne cesse de dégringoler. La majeure partie ne sait même pas formuler une demande manuscrite correcte, sans compter des élèves et étudiants d’un niveau médiocre. On se pose la question : comment font-ils pour réussir leurs examens. Nos gouvernants savent-ils réellement que cette école a le rôle exclusif de former les futures élites chargées de prendre la relève.
Sur le plan sanitaire, la quasi-totalité de nos gouvernants prennent l’avion pour aller se soigner. Ceci est une preuve très nette de leur mauvaise politique de Santé. Chaque jour, on rencontre des cas dignes du moyen âge : des gens qui meurent dans la rue parce qu’ils n’ont pas d’argent pour payer le ticket d’hôpital ou parce qu’ils n’ont pas de quoi acheter les ordonnances prescrites après consultation. Et pourtant c’est sur le dos de ces misérables contribuables que nos dirigeants se payent les hôpitaux les plus chers d’Europe et d’Amérique pour leur santé et celle de leur famille.
Sur le plan social, les grèves récurrentes et sans solution des militants des droits de l’homme et de la société civile et autres montrent les limites du pouvoir. Une déclaration récemment faite par le le Ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement prouve encore que notre pays a un problème de leadership ; Quand ce dernier se permet de dire des données des informations mensongères dont il est le Seul  à en détenir le secret. C’est évident, une telle allégation est synonyme de fuite de responsabilité prouvant que le ridicule ne tue plus dans le pays des milles poètes. 
Sur le plan économique, les mots me manquent pour qualifier ce qui se passe en Mauritanie. Cependant des démonstrations, d’une rare pertinence, effectuées par nos valeureux compatriotes et autres devraient suffire. Et devant une telle pertinence, les terroristes financiers, ces pilleurs sans scrupule sont priés de se taire au lieu de se ridiculiser dans de faux chiffres et de slogans stériles et vides de contenus.
Sur le plan judiciaire, c’est comme si nos institutions sont réduites au pouvoir judico-exécutif qui est entre les mains du chef suprême. Du fait de cet imbroglio, certains sont en prison parce que le Président le veut, comme d’autres présumés délinquants sont libres sous ses ordres. En outre la carte de l’UPR semble éloignée de la prison certains d’entre eux. Dans une telle situation, on voudrait bien connaître le rôle des magistrats dans notre justice. Le juge bénéficie-t-il toujours de son droit de faire appliquer la Loi sur Tout citoyen ? De même, les parquetiers, connus sous la dénomination de maîtres des poursuites, ont-ils toujours le droit de poursuivre Tout présumé hors la loi ? Si la réponse à ces deux questions est « non ! », nous nous permettons de juger, sans parti pris : notre justice n’est pas indépendante. Et à ce point de vue, notre Président deviendrait dangereusement un vrai dictateur des temps anciens 

Chers compatriotes, disons non à tous ces dérives dont nous serons les seuls à subir les conséquences désastreuses. Car ces bourreaux quitteront la Mauritanie dès la fin de leur mission.  Dites-moi où est parti Maouyya  après son départ du pouvoir ? 

Chers compatriotes, œuvrons ensemble pour l’indépendance totale de notre patrie. Ne soyons pas divisés. N’acceptons pas d’être corrompus. Sachons que nous demeurons les seuls piliers aptes pour développer la Mauritanie. Un pays très riche et prospère qu’on ne saurait laisser entre les mains de leaders peu ambitieux et corrompus. Dans un tel contexte, il serait très judicieux de rappeler les propos suivants : « Frères et sœurs mauritaniens, nous ne sommes pas pauvres, on nous appauvrit. »
Il nous faut une autre politique pour faire renaître une force de l’espoir. La force de l’espoir qui signifie un espoir pour tous et toutes sans distinction de couleurs, de langue ni d’appartenance d’orientation politique. Ainsi vous verrez que seul un don de soi pour la patrie peut faire naître ou renaître la force de l’espoir. Cependant pour des besoins de l’heure, nous sommes dans l’obligation de nous unir au nom de la patrie, notre chère patrie que nous aimons tant. 

Avec l’espoir du vivre ensemble dans une Mauritanie apaisée, les slogans ne seront pas seulement des mots vidés de leurs contenus, qu’on crie seulement haut et fort. Ils seront aussi un mode de vie pour un bien être de notre patrie : la Mauritanie.

Source crédit : Mail de Mariame Kane

Un Cri Osé : un progressiste maure qui « mord » ses incohérences. 


Quand un proclamé progressiste maure se découvre peu à peu.

Mon ex professeur d’anglais (matière ABS- American British Studies) , Ely Ould Sneiba dit Bacar se distingue depuis quelques temps par des posts très acerbes à l’endroit de la mouvance abolitionniste et tout ce qui a trait aux identités en Mauritanie. L’homme qui soutenait le candidat Mohamed khouna Ould Haidalla en 2003 , et soupçonné un temps de connivence avec les cavaliers du changement, symbolise un certain type d’opposants très particuliers à double face . Être opposant à un pouvoir politique en place au nom de la politique politicienne, élitiste et clanique, mais tout en défendant foncièrement par une réthorique ambiguë l’ordre établi d’une manière générale du système de domination qui sévit dans le pays. Par exemple, l’ex exilé de Dakar, trouve du bien à tous les « éléments dissidents » du mouvement abolitionniste IRA, qui se sont soumis aux « normes » de l’ordre établi pour vomir sur leurs anciens camarades de lutte. Pour lui, l’évidente traîtrise d’un Saad Louleid qui honnit les Noirs non Haratines,  serait du patriotisme honorable. Un autre ex-IRaniste qui se qualifie comme arabe parmi les ARABES , devient un sage doué car fidèle aux cases préétablies qui rassurent l’ordre dominant. Notre professeur broie du rouge quant à l’éventualité d’une communauté indépendante haratine qui exprime sa négritude ouvertement et osant revoir son identité culturelle particulière ne pouvant être AUTHENTIQUEMENT ARABE au sens arabe de l’identité. Certainement conditionné par les convenances tribales comme tout petit maure et politisé par l’idéologie panarabe, Mr Sneiba raisonne en peuple maure homogène  (blancs et noirs) majoritaire dans le pays, qui serait menacé par des extrémistes kworis (Noirs hors Haratines) soutenus par quelques Haratines « égarés ». Tout est bon pour  lui, même la fiction romanesque, pour insinuer que les Haratines ne doivent se définir qu’en étant dans la sphère maure car ils seraient rejetés ou lésés par les communautés kworis qui hiérarchisent entre eux déjà . Tellement obsédé par cette référence identitaire, l’auto-proclamé pourfendeur du régime du général Ould abdelziz, fait semblant d’ignorer les injustices vécues par les militants engagés pour la défense des Droits Humains d’une manière générale, de la part du même régime. La dernière machination de services étatiques pour sévir contre les responsables abolitionnistes , rentre dans une logique qui compte pour ceux qui croient en primauté à la tribu et à la communauté avant la CITOYENNETÉ PLEINE ET ENTIÈRE. Si notre professeur arrivait à la place de l’actuel président, rien de sensible ne changerait sans doute à l’ordre établi de fond qui est la source de tous les déséquilibres troublant l’émergence d’une NATION digne de ce nom. Au final, mon cher prof d’anglais porte le marqueur bien connu chez certain personnel militant et politique qui navigue dans les incohérences d’une échelle à une autre. Ainsi vouloir concilier le révolutionnaire ici avec le réactionnaire là bas dans une même conscience, la question de la BONNE FOI ou VOI(E)X des vraies motivations des uns et des autres, se posera inéluctablement. Bon…on dirait du classique en « Mauritanien ».

K.S

Un Cri Osé : L’Homme qui s’engage…


Son opinion, sa « vérité scientifique » est son arme unique..!? 


Il faut toujours garder l’encrage analytique de son cadre de référence qui, quoique subjectif , permet de garder une certaine autonomie « intellectuelle » et d’éviter le suivisme trop tentant mais très inhibiteur au fond . À force de ressasser l’appel à un ESSENTIEL aux contours flous sur la VÉRITABLE SOURCE de nos MAUX multidimensionnels, on risque de taire L’ESSENCE qui prévaut dans nos contrées et prédispose irrémédiablement à des « ESSENTIELS PARTISANS ET ÉGOCENTRIQUES ». Par évidence, on soupçonnerait une TROMPERIE, si aucune réorganisation de notre régime coutumier et sociétal qui régit nos « rapports primaires » , n’est entreprise et qu’on s’évertue d’avoir une VOI(E)X UNIQUE sur le champ revendicatif national. Le joug inadmissible à défaire sur l’échelle nationale, s’est inspiré d’autres segments « régaliens » qui composent nos sociétés respectives. L’activisme pressant et honorable pour le DROIT à l’expression sans entraves de nos différences à l’échelle étatique, ne doit pas s’accompagner d’une indifférence « voulue » aux tares produites INTRA par ces mêmes différences défendues vaillamment. Sachant que les opinions révolutionnaires des uns ici sont mal vues par des réactionnaires assumés alors qu’en même temps ces derniers s’activent auprès des autres pour une unité révolutionnaire ailleurs, on ne peut naïvement confier l’expression de son opinion au premier arrivé auréolé de son supposé backgroud révolutionnaire. Quand on veut porter la casquette révolutionnaire tout en restant réac ailleurs, toute velléité de prioriser s’apparente amèrement à des incohérences qui feront désordre menant à la CASE DÉPART.

K.S

​L’honneur d’être solidaire pour les uns et honte d’avoir des solidarités pour les autres…!!!


Lors d’une interview accordée à la chaîne TV5 dans les jardins du palais ocre à Nouakchott il y a quelques années, notre Raïs considéré par les Occidentaux comme un pion clé du dispositif antiterroriste dans le sahel s’était autorisé une ingérence dans les affaires maliennes. Fier de sa posture d’un protecteur à poigne qui aurait écrasé ou bouté les extrémistes violents hors du champ d’action, Ould Abdelaziz s’était permis de donner des leçons aux autorités maliennes concernant les maliens du Nord. Il croit savoir que ces derniers sont oubliés par le gouvernement central du pays basé à Bamako. En langage diplomatique, on comprendrait que pour lui, les populations du Nord Malien se soulèvent contre l’autorité centrale à cause du traitement dont ils font l’objet. Rien d’étrange, car nous savons que des éléments rebelles touaregs sont présents chez nous et ils ne sont pas que des réfugiés inactifs. Certains milieux puissants dans notre pays se préoccupent plus pour ce qui se passe pour les Nord maliens que pour certains d’entre nous mêmes. Cette solidarité transnationale qui est basée sur une référence tribale et culturelle, fait partie d’un code d’honneur qui s’assume bruyamment même par ceux qui dirigent les affaires étatiques. De l’autre côté, les dirigeants sénégalais et maliens se cachent lâchement derrière le principe d’une fantomatique non-ingérence pour ignorer l’ostracisation veroce et perpétuelle d’une composante importante du peuple mauritanien par un ordre étatique à dominance monocolore. Il faut noter que plusieurs dirigeants africains se limitent dans les rapports d’État à État avec leurs homologues du Nord, alors que ces derniers les traitent toujours dans une position de subalternes qui ne peuvent pas donner de leçons. En dehors du niveau étatique, une société civile consciente du Sénégal notamment ose s’exprimer ouvertement sur ce qui se passe chez nous. Et aussi, le milieu panafricain de la jeune génération commence à réfléchir LARGE en faisant abstraction des frontières physiques, culturelles et religieuses qui sont devenus des outils de domination pour des régimes injustes et partisans. Je citerai en saluant le courage de l’activiste panafricaniste Kemi Seba qui ne cesse d’interpeller les africains sur ce qui se fait en Mauritanie aujourd’hui en 2016. 

Nous, de notre côté , il est temps qu’on fasse sauter nos chaînes psychologiques qui font qu’on n’assume pas d’où viendra notre voi(e)x de secours. Faire du lobbying auprès des peuples subsahariens concernant les injustices que nous vivons depuis des années, n’est en rien un acte anti-patriotique. On ne devient pas « ennemi » d’une nation hypocritement dite soudée et en parfaite cohésion sociale ressassée par certains profiteurs éphémères du VENTRE, si on part à Dakar ou à Abidjan pour exposer nos réalités tristes qui perdurent. S’il est honorable et digne de permettre l’activisme même subversif d’un Touareg malien ou un arabe malien à Nouakchott, au profit ses causes politiques et autres, il n’est pas non plus HONTEUX et INDIGNE qu’un abolitionniste ou un VRAI opposant soit accueilli et écouté à Bamako ou à Kigali. Être libre, c’est savoir choisir sans tenir compte des humeurs et des caprices inhibiteurs de l’Autre.

K.S

​Les abolitionnistes sont « SEULS »…face à  l’État et son « peuple élite »…!!!

J’écrivais une fois que ceux qui nous dirigent ne sont pas des colons. Ils viennent de nous et font beaucoup des choses comme nous. Ceux qui tiennent notre État honteux, ne croient pas à la primauté de l’état de DROIT sur nos normes tribales et communautaires. L’exécutif qui joue de la justice pour étouffer les voi(es)x abolitionnistes et anti-esclavagistes, suit une certaine logique malheureuse que tout Mauritanien sincère reconnaîtrait dans son for intérieur. L’État se sert d’un certain morcellement d’identification sur les différentes injustices qui traversent toutes les  communautés nationales . Il n’est pas étonnant que le mouvement IRA, soit le focus principal des attaques multiples d’un ordre étatique qui porte les desseins des plusieurs milieux réactionnaires ayant  des intérêts convergents (matériels et immatériels). Le corps militant et sympathisant transcommunautaire du mouvement abolitionniste, déroute tous les milieux communautaristes qui sont formés et conditionnés à ne prendre en compte les INJUSTICES que selon certains angles en concordance avec leurs convenances coutumières et sociales. Nos normes mentales et psychologiques font que notre SINCÉRITÉ est toujours DOUTEUSE en fonction des événements qui bousculent notre quotidien honteux et fataliste d’une échelle à une autre. Pour notre État, qui nous incarne finalement au fond, un Haratine exclusivement anti-esclavagiste et abolitionniste est sous contrôle stratégique s’il n’est suivi que par des Haratines communautarisés. Pour Nous autres (Noirs Hors Haratines) , si ce même Haratine est TROP abolitionniste et anti-esclavagiste de fond en débordant sur certaines manifestations socialisées de l’esclavage, il devient dangereux et irrespectueux des nôtres. De ce fait, son combat ne sera pas sincèrement et massivement le nôtre. L’État est honteux mais suit une certaine cohérence évidente, quant à nous, nous sommes à la fois HONTEUX ET INCOHÉRENTS. J’ai honte de reconnaître  de ne pas pouvoir mobiliser plus 150 personnes dans mon village d’origine au sein de mon Guidimakha natal pour manifester contre le verdict qui a frappé les leaders abolitionnistes d’IRA-Mauritanie  (de 3 à 15 ans de prison ferme) . Mais pourquoi..? 

Tout simplement, la cause abolitionniste et anti-esclavagiste ne porte pas chez moi et certainement dans plusieurs localités du Sud Mauritanien. J’ose parier que 95% de nos chefs traditionnels et leurs cours n’ont aucune sympathie pour les thèses abolitionnistes et anti-esclavagistes. Dans les milieux urbains également, on peut plus mobiliser une certaine frange Black pour la Palestine que pour les leaders abolitionnistes incarcérés. Je ne peux ne pas citer un échange avec un homme soninké dans la région parisienne, qui disait que Biram mourrait en Prison parce qu’il est violent et insultant envers tout le monde. L’anti-esclavagisme n’est pas combattu que par l’État seulement. Il y a en nous Autres, des prédispositions sociétales qui sont allergiques à l’abolitionnisme. Ce dernier serait même un critère anti-VALEURS culturelles selon notre code nobiliaire d’honneur. Certains parmi nous, sont contre l’esclavage par principe évidemment, mais ils ne supportent pas l’activisme agissant et “intrusif” des anti-esclavagistes. Reconnaissons-le humblement, notre État Honteux s’aligne sur l’écrasante majorité du « peuple élite » qui n’est pas forcément esclavagiste mais foncièrement et HONTEUSEMENT anti-abolitionniste. On dirait que les partis politiques classiques font eux aussi du minima sur cette affaire farfelue mise injustement sur les cadres d’IRA-Mauritanie. Rappelons nous de l’interpellation pendant quelques heures du colonel Ould Beibacar .
 Ce dernier par ses sorties courageuses sur certains événements douloureux du passé, avait été arrêté, et à la suite, lors d’une conférence de presse en présence des plusieurs voix qui comptent, un comité de soutien expresse avait été mis en place pour sa défense. Et là, la timidité de certains acteurs de la scène politique est étrange. Bref, les partis sont peut être un certain reflet de ce qui tient les tripes de nos sociétés. De ce point de vue, aucun parti n’est esclavagiste évidemment, mais ceux qui tiennent les partis politiques ne sont pas tous à l’aise avec le VRAI anti-esclavagisme et l’abolitionnisme.
K.S

​Il y’a la rhétorique pompeusement servie et il y’a les réalités têtues difficilement évitables. 


Ces mots alibis et paravents bien connus dans nos discours politiques et militants se voulant analytiques de la problématique de l’esclavage et ses manifestations sociétales : partage du travail, organisation sociale, le temps fera le changement, tout le monde trouve son compte, nos traditions, le système étatique serait le pire, le mal serait la discrimination raciale, nos valeurs culturelles, la liste est longue…!!
Une gymnastique bien connue chez nous et parmi nous, par laquelle le progressiste à l’échelle nationale s’avère être le réactionnaire acharné dans sa communauté d’origine. Le discours abolitionniste agissant est repoussé voire honni pour les mêmes raisons que l’on soit proche du pouvoir ou des certains mouvements politiques opposants dans le système et en dehors du système. 

D’aucuns s’entretiennent au sein de leurs girons communautaires sur l’immatériel et le matériel, par la promotion d’un ordre tribal ou féodal par lequel les Hommes ne se valent pas. L’état méchant qu’on décrit incessamment et qui est tant décrié, transpose un certain régime réactionnaire qui sévit dans nos sociétés respectives. Cet État est bien incarné aujourd’hui par le président actuel, mais j’ose parier les 5 doigts de ma main gauche, qu’une bonne dizaine de personnalités publiques qui comptent dans l’arène politique « NORMALE » ont la même approche des réalités de l’esclavage et ses manifestations sociétales dans le pays que le Raïs . Très souvent dans le passé les appareils politiques élitistes dans les milieux urbains essaient de développer un discours politique très différent de celui servi dans les milieux ruraux réactionnaires où la notion de citoyenneté est diluée dans l’ancien ordre. Le personnel politique d’extraction sociale ayant une certaine complicité ou ambivalence avec l’ancien ordre, s’est servi d’une manière plus ou moins assumée pour se donner du crédit d’une échelle à une autre (communautaire à nationale). Cette incohérence flagrante longtemps tue n’échappe plus à la nouvelle lecture du fait politique centré sur le CITOYEN. Dans un pays où des juridictions spécialisées pour les pratiques esclavagistes se créent , et les mentalités féodales s’expriment par le silence douteux et les indifférences sournoises, on ne fera pas la politique à la classique comme un autre pays. Tout parti politique d’aspiration noble de l’exercice, se doit de penser à l’édification de la NORME CITOYENNE d’abord afin d’éviter l’inévitable dévoilement par les hésitations et les discours creux dans les salons climatisés. Le jeu de la politique politicienne qui meuble le vide pour figurer en bonne entente tacite avec les gouvernants du moment, montrera ses limites à terme. Les programmes politiques qui appellent aux changements sortent de partout, mais ceux qui peaufinent tous ces beaux textes, sont parmi les premiers qui combattent le CHANGEMENT chez eux et parmi eux. On voudrait que l’autre change mais notre propre changement serait l’ordre d’une indignité affectant notre socle identitaire. Tout ce qui pourrait mettre en cause notre socle identitaire jalousement hérité, est rejeté du champ des aspirations réformatrices. Ainsi les ardeurs activistes s’estompent et le relativisme prend le dessus sur les convictions profondes prêchées ailleurs. 
Une réalité amère se constate entre la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste et certains mouvements opposants et revendicatifs à l’échelle nationale. Certains pensent que lanti-esclavagisme qui déborde à l’anti-féodalisme bien réel, serait malvenu parce que cela toucherait certains milieux dits alliés naturels dit-on . Ces derniers préfèrent l’anti-esclavagisme couplé à l’anti-racisme globalisant et binaire et veulent gommer le féodalisme latent qui inhibe tout autant l’expression citoyenne d’une frange importante du peuple du bas statut social. Parmi nous, il y en a qui nient l’existence de l’esclavage et ses conséquences socialisées dans leurs communautés, mais ils hésitent de participer à la lutte contre l’esclavage connu existant ailleurs, pire ils se permettent de torpiller les efforts de ceux qui agissent. On dirait que l’activisme abolitionniste et anti-esclavagiste par sa vitalité courageuse face à un régime répressif incarnant des pouvoirs multiformes au fond, dévoile un esclavagisme d’esprit et de mentalité  qu’on voudrait cacher quelque part. Le déni ressassé ne dissout pas les réalités dévoilées par nos incohérences devenues flagrantes jour après jour. 
K.S

Le soninké du Guidimakha profond et l’État : cet administré dompté devenu le citoyen effacé et insensible..!?

Chez nous depuis tout petit, l’État par son émanation locale (départementale ou régionale) est incarnée dans l’imaginaire collectif par une force répressive. Appelé en soninké ordinaire sommairement « FANKA » qui veut dire « FORCE » plutôt que « l’autorité » ou « FANKANSORO » (CEUX QUI DÉTIENNENT LA FORCE« , l’ordre étatique est craint et relève même de l’intimidation, et vaut mieux ne pas avoir affaire à lui. Une certaine représentation est faite de l’ordre étatique qui n’aura de toutes les manières que RAISON sur NOUS. Ainsi la peur du « FANKA » est incrustée dans la socialisation du jeune villageois. À une époque, le véhicule des gendarmes départementaux ou des gardes forestiers, représente le « monstre » à ne pas s’approcher. Cette auto-soumission inconsciente fait que les administrateurs locaux peuvent passer du zèle aux abus pendant des longues années sans aucune réclamation. Une situation fataliste s’instaure dans la conscience collective qui est disposée à accepter docilement le statut d’éternels fautifs jamais réclamants . Cet ordre peut même se retrouver au sein des centres médicaux et des établissements scolaires. L’infirmier d’état ou le directeur de l’école peut s’arroger certaines positions par des comportements scandaleux pendant plusieurs années sans crainte. Historiquement, nous croyons que ceux qui sont dépositaires d’un pouvoir quelconque affilié à l’État, ne sont jamais en tort. Pire leurs torts peuvent paraître comme leur travail que nous devons supporter comme des grands enfants. Nous sommes agriculteurs dans notre profond Guidimakha, à la saison des récoltes, les bergers arabo-berbères du Nord-Est sont souvent à l’origine d’innombrables affrontements. Il suffit de voir un dromadaire  qui saigne, c’est tout le village qui tremble quant à l’éventuel appel au FANKA par le berger propriétaire. Pourtant nous qui sommes les administrés locaux, nous croyons que les bergers nomades venus d’ailleurs seront plus écoutés et entendus par l’administration locale que nous. Soumis au diktat du pouvoir local sans rarement broncher, nous serons doublement lésés par d’autres concitoyens venus d’ailleurs  peut-être plus alertes sur leurs droits fondamentaux selon la législation en vigueur. Peu importe, la réalité est très amère quand on y prête attention. Ce conditionnement craintif peut relever de la psychologie qui rappelle le régime colonial appliquant l’indigenat. D’ailleurs, c’est pourquoi la conscience politique et citoyenne dans nos terroirs est loin d’être la plus vive du pays. Le type villageois surtout illettré de surcroît  assimile l’État  à une nébuleuse inaccessible et personnifiée par le gendarme départemental qui a toujours raison sur TOUT et qu’on lui doit obéissance passive. Dans un coin comme le département d’Ould Yengé ayant le chef-lieu du même nom, 90% des administrés Soninkés ne se sont jamais rendus dans cette ville très enclavée de sa partie Guidimakha mais plutôt ouverte vers Kankossa dans l’Assaba. 

Au final, un ressortissant de ces zones, ayant vécu ce cheminement d’une certaine soumission admise collectivement, sera difficilement concerné par l’engagement dans le militantisme politique et citoyen à l’échelle nationale. Ce syndrome originel suit certains parmi la diaspora mauritanienne soninké en France, pourtant très importante mais difficilement mobilisable en masse pour des légitimes revendications les concernant de près. Ces dernières années, la mobilisation bruyante autour de l’enrôlement biométrique controversé, a suscité des manifestations conséquentes contre certains critères fixés par l’état civil. Mais l’atmosphère revendicative s’est adoucie après quelques concessions timides de la part des autorités étatiques. Il n’en demeure pas moins que plusieurs ressortissants de ce Guidimakha profond, naviguent dans le flou total concernant la procédure de la double nationalité (française, espagnole ou d’autres) et surtout certains cas des personnes n’ayant pas été recensées en 1998. Notre peur bleue du FANKA aux villages va finir par notre élimination administrative sur le plan légal de nos terroirs. Imaginons un jour, si on arrivait à nous exiger des cartes de résidence sur nos terres ancestrales. 

Il faut aussi rappeler le système de pot de vin bien connu dans le milieu administratif où pullulent d’innombrables marchands de sommeil du service qui font une interface lucrative entre les citoyens demandeurs d’un service et le corps administratif. Ceux qui sont « anormalement chanceux » de connaître un « bras long » sont servis sans trop de tracas, mais les autres sont condamnés de tourner en rond pendant plusieurs mois voire plusieurs années pour un simple acte de rectification d’un document d’état civil. Sinon, il faut du cash trébuchant pour l’intermédiaire sans statut légal administrativement parlant, qui connaîtrait quelqu’un qui à son tour connaîtrait l’agent du bureau responsable du service demandé. La peur puérile qu’on nous a distillée tôt  face au milieu administratif, fait de nous des proies faciles pour un système corruptif bien huilé  . Pressés, excédés et inquiets parfois par le facteur temps, nous ouvrons facilement nos portefeuilles pour ACHETER nos DROITS LÉGITIMES au grand bonheur d’un milieu corrompu et corruptible très vorace. Le pire est que notre inconscience citoyenne nous mène à une certaine illégalité plus ou moins assumée, en devenant des CORRUPTEURS qui assurent la survie d’un système érigé en mode de gestion . L’individualisme est un autre marqueur dans nos rangs. Nos multiples doléances peinent à être portées par un collectif légitime et bien étoffé qui fera abstraction de toute obédience politique ou communautaire afin d’exercer un lobbying conséquent et unitaire . L’avarice est également l’un de nos « péchés capitaux ». Les actions revendicatives au nom du collectif nécessitent un appui financier, mais peu de gens sont sensibles à ce volet et on dirait que tout est attendu gratuitement de part l’infime minorité active. 

Cependant d’autres problématiques affectent la situation socio-politique du pays, mais notre engagement ne semble pas être à la hauteur des enjeux portés vers l’émergence d’un État de DROIT en Mauritanie. Notre intérêt, c’est de participer en masse par une large prise de conscience de laquelle pourraient surgir des solutions justes, dignes et pérennes à nos multiples MAUX longtemps esquivés. 

Sur le plan politique, particulièrement en période électorale, l’écrasante majorité va succomber aux sirènes clientélistes de certains introduits politiciens orientés vers le communautarisme d’appoint au système étatique en place. Ainsi nous devenons des votants à conquérir sans efforts mais jamais des CITOYENS CONSCIENTS de notre qualité de CITOYEN au vrai sens. 

K.S 

Le Noir, ce “corps étranger” difficilement acceptable en milieu Arabe.

Disons le tout de suite, l’Islam ne fait pas l’Arabe, et l’Arabe ne fait pas non plus l’Islam . Je suis loin d’être animé par une idéologie extrémiste négrophile ou acculé dans une victimisation obsessionnelle du fait d’être Noir. L’islam comme religion universaliste admet et embrasse des larges diversités sur plusieurs domaines. Ainsi la dernière révélation donne un cadre général d’assainissement et de régulation contextuelle des différentes particularités (mode de vie, culture, politique et autres)  de ceux qui la confessent. Cependant, si l’islam règne et s’applique réellement parmi des communautés différentes, toute idée de racialisme qui conditionne au fond le RACISME idéologique et culturel disparaît en amont dans la formation des consciences collectives. Dans tout cadre collectif dénommé islamique ou pris comme tel, qui vit des turbulences politiques , intercommunautaires et intra-communautaires , on pourrait en déduire clairement qu’ AUTRE CHOSE a été mise en avant qui corrompt les objectifs fondamentaux de l’éthique fraternelle prêchée par le Sceau des Messagers Muhammad (PSL). 

Cette AUTRE CHOSE peut s’expliquer par l’interprétation politiquement idéologisante, culturellement communautariste et religieusement cléricale du MESSAGE. Le Noir qui a traîné bien avant l’avènement de l’islam, certaines thèses bibliques le frappant d’une damnation originelle, fut élevé au rang d’Homme digne croyant parmi les Autres au temps du prophète Muhammad (PSL). À cette époque (7 siècle) , ce statut révolutionnaire provoqua davantage  l’ire de l’aristocratie noblière arabe qui assimilait le Noir à l’esclave ou pire à un animal domestique très docile et serviable.

Après l’âge d’or de la période prophétique et une courte parenthèse califale, l’ordre sociétal et politique préislamique fut établi plus ou moins. Si on revisitait l’histoire de l’impérialisme arabe sous couvert du prêche de l’islam, on ne peut éviter de se poser des questions légitimes quant aux motivations profondes des uns et des autres d’une époque à une autre. La nouvelle religion révélée  du 7 siècle est bien arrivée au monde Noir par différents canaux (les échanges commerciaux mais aussi les conquêtes impérialistes). Certains porteurs sincères et dévoués au prêche du nouveau Message eurent diffusé les enseignements religieux aux nouvelles contrées, mais d’autres arrivants furent motivés par des visées impérialistes qui avaient saigné à vif certaines populations autochtones. 

Que représente le Noir dans l’imaginaire collectif arabe, je dis bien ARABE non MUSULMAN..?? 

La société arabe préislamique était esclavagiste comme beaucoup  d’autres sociétés du monde à cette époque, et la figure incarnant l’esclave est sans doute le Noir originaire d’Abyssinie.

Nous n’avons pas connaissance d’une source dans la littérature sociologique et historique de l’Arabie faisant écho d’une présence des tribus noires dont seraient issus Bilal et d’autres Noirs vivant sous le joug esclavagiste quand débuta la prédication du prophète Muhammad (PSL). 

Dieu sait que le Message Coranique aux principes généraux libérateurs, promeut l’Honneur inaliénable et la Dignité spécifique singularisant le statut de l’Homme parmi toutes les Créatures du DIVIN. Par Sa Sagesse sublime, le DIVIN par l’intermédiaire de son Messager aux meilleurs caractères pleins de rectitude, Prescrit des directives saines qui devaient corriger une société arabe orgueilleuse et ignorante. C’est ainsi que la société prophétique a su régler les cas sociaux d’esclaves qui subissaient un sort irréversible. Ce processus parfait qui allait être un modèle idéal et révolutionnaire de rétablissement de la Dignité de l’Homme, fut corrompu et dévié vers une idéologie qui institua bizarrement l’esclavage au nom de l’islam. L’Homme Noir d’aujourd’hui subit toujours les contrecoups de ce virage idéologique développé et entretenu par les milieux savants tout au long de l’histoire arabo-musulmane. On ne peut ne pas vous inviter à porter une attention sur le célèbre film “LE MESSAGER”. Commençons par le générique du film sorti à la fin des années 70, dans lequel il a été précisé que le contenu du film avait eu l’accord de l’université d’Alzhar au Caire et celui d’une institution Chiite libanaise avant sa diffusion. L’université égyptienne connue pour être la voix idéologique du sunnisme historique du monde et l’institution chiite basée au Liban présentée comme une autorité de l’idéologie du chiisme arabe , furent consultés à propos du message que devait véhiculer le film. On admettra que les objections des uns et des autres avaient été prises en compte par les promoteurs du film afin d’éviter tout parti pris idéologique semble t-il. Finalement ce film comme objet culturel et éducatif qui a traversé plusieurs générations, ne peut se prévaloir d’une neutralité absolue du message porté, parce qu’ayant subi une forme de censure politico-confessionnelle des deux branches idéologiques de l’islam. Dans le fil du film, l’Homme Noir symbolise l’esclave et sa place pitoyable et non enviable dans cette Arabie du 7 siècle. L’affranchissement de Bilal et sa promotion parmi les rapprochés du prophète Muhammad (PSL) peut être un épisode salutaire et instructif pour le public d’un côté . De l’autre côté, plusieurs générations d’arabes et d’autres seront formatées idéologiquement et en préjugés que l’esclave est Noir d’abord et que le Noir musulman serait l’ancien esclave affranchi . Mêmes les peuples Noirs islamisés n’ont pas été à l’abri de ce formatage plus psychologique que strictement idéologique. Le cas de l’esclave Noir dénommé par le sobriquet wahchi, le lanceur d’épée commandé par la noble mecquoise Hind pour viser Hamza, l’oncle chéri du prophète Muhammad  (PSL), révèle une autre transmission du “MAL NOIR” dans la conscience collective des plusieurs générations. Les effets de ces épisodes historiques ne seront pas démolis pour demain, et le film y est pour beaucoup dans le grand public. 

Si le monde Noir de la Oumma à l’époque du film, avait une voix particulière portante , le cheminement factuel de l’Histoire aurait été atténué dans la reproduction cinématographique. Aujourd’hui, dans le monde arabe, un certain passif historique mis sur l’Homme Noir, explique une certaine répugnance à l’endroit du peuple black. Ce dernier même islamisé, se doit d’accepter d’être assimilé à l’ARABITÉ  par l’histoire de l’esclavage transsaharien d’un côté et par forcing politique et idéologique de l’autre. 

Quelques faits saillants de notre époque, tirés d’une simple et modeste observation personnelle de la RÉALITÉ :


1
– En Mauritanie, une minorité arabo-berbère détient tous les leviers sensibles du POUVOIR ( Économique, Militaire, Politique, Médiatique et Judiciaire). La frange Haratine (acculturée beidane) considérée comme anciennement esclave pour l’écrasante majorité, subit l’ordre tribal et culturel issu de l’impérialisme esclavagiste de la minorité arabo-berbère. Les Haratines Noirs de peau représentent la communauté la plus nombreuse du pays, et sont considérés comme des arabes selon le régime assimilationniste très POLITIQUE mais socialement TROMPEUR en vigueur dans plusieurs pays arabes. Dans ce pays qui accueille le sommet de la Ligue arabe ces jours ci, une forte minorité des Noirs mauritaniens hors haratines, très diverse culturellement (peulhs, Soninkés et Wolofs) et ayant l’islam comme religion, subit un écrasement idéologique et politique au nom du panarabisme structuré et érigé en NORME ÉTATIQUE. L’exemple parlant selon divers témoignages très sérieux, est cet effacement pur et simple de toute autre expression culturelle que celle arabo-berbère se voulant plus arabe que l’Arabe de l’Arabie , dans le village culturel installé au sein du stade olympique de Nouakchott. On rappelle une fois encore l’enrôlement biométrique aux visées suspectes des populations mauritaniennes . Les populations noires sont victimes d’une multitude de tracasseries administratives qui menacent à terme leurs droits légitimes de citoyens à part entière. Sur le volet de l’anti-esclavagisme en Mauritanie,  rien d’étonnant si les leaders abolitionnistes n’ont pas d’écho auprès des pays majoritairement arabes, car un Noir anti-esclavagiste engagé dans une société arabe est une ANOMALIE CERTAINE . Imaginons une télévision algérienne ou tunisienne faire un reportage de terrain sur l’esclavage et ses diverses manifestations en Mauritanie auprès des mouvements abolitionnistes. Du rêve pour l’instant. 

2
– Lors d’un prêche hebdomadaire d’un vendredi  (Khutba), un imam sincère et véridique d’origine tunisienne, indexait les comportements racistes anti-noirs au sein des sociétés majoritairement arabes. Dans cette mosquée en région parisienne, ce jour, l’imam révélait l’existence d’une communauté noire en Arabie Saoudite sans état civil officiel.

Dans ce même royaume saoudien, l’un des petits fils du patriarche Abdelaziz Ibn Saud, le prince Bandar ben Sultan ben abdelaziz al saoud serait traité illégitime à la succession au trône saoudien un jour. Le motif évoqué de cette mise à l’écart selon une source d’un article du journal Jeune Afrique, est que sa mère était une concubine à la PEAU NOIRE ( http://www.jeuneafrique.com/140549/politique/arabie-saoudite-bandar-ibn-sultan-prince-des-espions/). 

Pourtant, le prince Bandar connu pour être un diplomate chevronné qui occupait la stratégique représentation diplomatique saoudienne aux États-Unis pendant les événements du 11 Septembre 2001, était un élément clé dans l’appareil étatique du royaume pétrolier pendant plusieurs années. Il y’a  quelques mois, le cas de la pilote Noire saoudienne Nawal-Hawsawi, exposait le racisme ordinaire visant l’Homme Noir dans les sociétés majoritairement arabes. 

3
– Ceux de nos nôtres qui ont eu à séjourner pour des motifs économiques ou universitaires dans certains pays arabes, rapportent le mépris incessant de certains autochtones à l’endroit du kahlouch (énième sobriquet du Noir). Par exemple, en Libye du défunt Kaddafi, le faux converti africaniste trompeur, certains mauritaniens noirs pouvaient avoir un semblant traitement de faveur grâce à leurs passeports mauritaniens. Et les ressortissants subsahariens issus des pays non arabes subissaient des traitements dégradants de la part d’une population pas trop avenante au Noir. Sans oublier, les sévices subis par certaines travailleuses domestiques noires dans certains pays majoritairement arabes, dont nous avons des échos médiatiques régulièrement. 

4
– À l’exception du Soudan d’Omar El-bechir, composé d’une grande majorité des Noirs arabisés qui sont maîtres de leur pays, plusieurs pays dits arabes disposent d’une forte minorité des Noirs plus ou moins assimilés et contenus dans le moule arabesque. Ces populations noires ont peu ou pas du tout une expression politique et économique conséquente pour peser  dans les affaires publiques de leurs états. Les “vrais arabes” qui détiennent les  pouvoirs dans ces pays, les considèrent comme des arabes dans la rhétorique politicienne et culturelle, mais en vrai ils restent ces déracinés historiques de l’ordre esclavagiste d’antan dont le prolongement généalogique s’accroche à tort à une tribu arabe esclavagiste.  

5
– En résumé, la conscience collective du monde arabe assimile le Noir à l’esclave d’hier et le symbole du dominé à dominer et à assimiler par tous les procédés possibles aujourd’hui. 

K.S

Bac-barrage, à qui profite le pourrissement du système éducatif…!? 

Ce système éducatif qui se singularise par un très faible taux de réussite au baccalauréat année après année, devrait être une des principales préoccupations du monde politico-associatif et religieux dans son ensemble. Si chacun d’entre nous essayait un petit décompte dans son environnement proche, on verrait que plusieurs candidats ajournés cette année encore, l’ont été pour une 2 ème, 3 ème fois voire plus. Il est lieu de s’interroger sur l’amont du bac, car ces 5% ou 10% d’admis sur le plan national reflètent un dysfonctionnement plus profond qui doit interpeller TOUS CEUX qui aspirent à la commande des affaires publiques un jour. Le baccalauréat, ce diplôme charnière qui ouvre vers des multiples opportunités académiques et professionnelles à la suite, ne peut continuer d’être ce tamis sélectif et quasi luxueux. Les recalés plusieurs fois finiront par abandonner, et Dieu sait qu’ils sont de loin les plus nombreux. Ces derniers subiront l’ordre hasardeux et fataliste d’un tissu économique et social trop formel qui peine à caser mêmes les diplômés. Diplômés, oui il en faut en grand nombre, car ce sont eux qui sont susceptibles par un background intellectuel et politique issu de leurs instructions universitaires, d’être un éventuel facteur mobilisateur et d’éveil pour le CHANGEMENT un jour. Le système du « bras-longuisme » en vigueur pour le recrutement dans le secteur public comme privé, fait partie de l’ordre général de Non-Droit que seuls les diplômés chômeurs peuvent constituer un lobby d’une expression politique sensible à l’endroit de nos dirigeants. Dans nos contrées, les citoyens ne se valent pas sur le matériel et l’immatériel en fonction de leurs niveaux d’études. Ainsi ce système éducatif à la traîne sacrifie plusieurs générations de femmes et d’hommes qui verront leur « valeur politique et citoyenne » en baisse et condamnés à la soumission professionnelle chez des particuliers appartenant à la caste dirigeante. Cette dernière fait de la politique et sa position de patron-employeur inhibe les droits civiques de certains de leurs employés. Toute une stratégie politicienne sévit dans des rapports de subordination entre le boss et ses employés-domestiques. Généralement les intérêts économiques du chef sont liés à son obédience politique . Sans une application du code du travail dans les faits, les employés deviennent des obligés sans secours, et leurs droits sociaux et politiques vont en pâtir logiquement. Le domaine éducatif fait partie d’un ordre politique qui promeut une certaine reproduction élitiste. Les bien lotis minoritaires savent faire échapper leurs descendants à l’ordre amateur et fataliste du système qu’ils contrôlent et manipulent par ailleurs. Certains fortunés très conscientisés s’accrochent par leurs facilités financières pour mettre leur progéniture à l’abri. Pour le reste, l’écrasante majorité subit les méandres du système qui broie irrémédiablement tous les crédules rêveurs comptant sur un utopique État protecteur et égalitaire. Il serait naïf d’espérer un système éducatif de qualité accessible à la masse dans un pays où l’ordre politique s’exerce d’une manière injuste et inégalitaire. Un fin politicien au sens sournois et cynique, est celui qui  craint plus les têtes bien faites en masse que des multiples mutineries militaires dans les casernes. Le militaire conditionné tient à son poste lucratif de l’instant jusqu’à sa retraite alors qu’un citoyen averti digne de ce nom, réfléchit en droits et devoirs à long terme qu’on ne peut brader. Une bonne instruction générale se doit de définir la communauté légale pour l’apprenant-citoyen qui sera ainsi immunisé de toutes velléités d’exploitation et de manipulation d’une classe sociale donnée sur autre moins lettrée. La devise qui accompagne l’emblème étatique n’a de sens si elle est étudiée , comprise et vécue par NOUS et parmi NOUS TOUS. 

HONNEUR – FRATERNITÉ – JUSTICE , il faut s’y  référer un JOUR en pensant à la catastrophe perpétuelle du BAC…!!! Inch’Allah 
K.S