Communiqué de presse : IRA-MAURITANIE

La section IRA – Mauritanie de Sebkha (quartier périphérique de Nouakchott) et UVDS (Union des Volontaires pour le Développement du Soninkara) ont accueilli le président d’IRA – Mauritanie et une partie de son cabinet. Le cheikh Demba Diarra, membre de l’UVDA, était à côté de Biram Dah Abeid au cours de cet important rassemblement constitué de dizaines de jeunes de la région du Guidimagha acquis à la cause.
Le président de l’UVDS, Yacoub Bakayoko, le Cheikh Demba Diarra ainsi que le sénateur Youssouf Sylla conseiller du président d’IRA – Mauritanie se sont relayés sur la tribune pour louer les résultats de la lutte d’IRA et inciter l’auditoire à accompagner par l’engagement et le sacrifice le président d’IRA – Mauritanie dans sa candidature pour la conquête du fauteuil présidentiel en république islamique de Mauritanie.
Biram Dah Abeid de son côté a remercié le public abolitionniste pour sa ferveur, il a rendu hommage au militantisme de l’UVDS et d’IRA ainsi qu’aux deux infatigables sexagénaires Demba Diarra et Youssouf Sylla. Biram Dah Abeid n’a pas manqué de souligner toute son admiration pour l’apport inestimable dans la lutte abolitionniste de cadres et de personnalités d’extraction serviles mais aussi nobiliaires issus du groupe Soninkés de Mauritanie. Il s’est félicité des victoires successives remportées par le mouvement abolitionniste contre l’esclavagisme, la féodalité et le système de caste en Mauritanie.
D’autre part l’ex et futur candidat aux élections présidentielles mauritaniennes (2014 et 2019) a promis à son auditoire la victoire dans la sérénité, dans la paix, dans l’ordre, le triomphe de l’opposition des droits de l’homme, l’opposition sociale et populaire en 2019.
Biram Dah Abeid a promis au groupe dominant d’extraction esclavagiste, la délivrance de leur aliénation, de leurs préjugés, des rapports nouveaux entre anciens maitres et anciens esclaves ; une gouvernance nouvelle au service de tous les mauritaniens, une nouvelle citoyenneté dans l’honneur pour tout le monde.
Nous allons remporter la bataille pour la démocratie, pour le fauteuil présidentiel et appliquerons une gouvernance de fraternité, d’équité et de conciliation.

Nouakchott, le 11 février 2018.
La commission de la communication

Crédit source: Proche IRA-MAURITANIE

Communiqué Répression de la marche pacifique d’IRA – Mauritanie

Mercredi 07/02/2018 une marche pacifique des militantes, et sympathisants d’IRA s’est ébranlée à partir du garage « Camara » à destination du préfet de Elmina (gigantesque département périphérique de Nouakchott). Cette marche pacifique organisée par le mouvement abolitionniste visait à exprimer pour les autorités mauritaniennes l’intenable situation des ménages mauritaniens face au dédoublement des impôts et patentes de l’état, la montée vertigineuse des denrées de première nécessité et la chute inox érable de la valeur de la monnaie nationale, l’Ouguiya ; les marcheurs ont buté sur plusieurs unités de la police occupant les principales artères de Elmina. Cette dernière comme à son habitude usa de la brutalité gratuite, de la violence indicible contre des manifestants pacifiques qui furent tabassés, battus avec des matraques et parfois des gourdins, roués de coups de pieds mais toute cette violence et les mauvais traitements n’ébranlèrent pas les militantes et militants abolitionnistes qui continuèrent leur protestation jusqu’aux locaux du préfet du département.
Enfin de compte plusieurs blessés au sein des manifestants ont été dénombrés et sept (7) activistes d’IRA – Mauritanie ont été arrêtés et conduits à une destination inconnue il s’agit de :

1- Sabar Houssein
2- Abdallahi Hindi
3- Abdallahi Homody
4- Amadou Traore
5- Bidine Mechinou
6- Dia Oumar
7- Zeiny Sidi

Face à cette situation IRA – Mauritanie :

– dénonce une fois de plus l’usage de la violence gratuite et disproportionnée contre des citoyens qui usent de leur droit constitutionnel à manifester pacifiquement.

– Rend les autorités responsables de tout ce qui adviendra aux sept militants abolitionnistes arrêtés arbitrairement et disparus depuis lors.

– Appelle la communauté nationale et internationale à se dresser contre cette dérive du régime qui criminalise le droit à manifester pacifiquement.

Nouakchott le 07/02/2018

La commission de communication

Affaire Ould Bouna : L’insolence de trop

Note de compassion avec le peuple mauritanien

A la fin du mois de décembre 2017, le poète Abdallahi Ould Bouna était interpellé par les autorités des Emirats arabes unis et remis à celles de la Mauritanie. Le détenu, aussitôt transféré à Nouakchott, au motif d’un séjour irrégulier dans son pays d’accueil, comptait parmi les orateurs les plus en vue dans l’entourage de certains émirs et non des moindres.

Auteur de libelles virulents contre le Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, il se distinguait par des enregistrements sur l’application WhatsApp où il incitait la population à refuser la libération du blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mkheitir. Certains de ces messages constituaient un appel à la haine et une excitation à la sédition. Le gouvernement mauritanien, jouant sur l’hostilité émiratie à toute la nébuleuse islamiste, n’eut trop de mal à obtenir la collaboration souhaitée.

Maintenu au secret depuis son arrivée dans la capitale, Ould Bouna ne donnait plus aucune nouvelle, jusqu’au matin du 30 janvier 2018 ; durant la journée et depuis, les réseaux sociaux s’échangeaient le son de sa voix au timbre singulier, récitant, sans doute de sa cellule, des vers laborieux, à la gloire du Mohamed Ould Abdel Aziz. Le lendemain, il recouvrait la liberté.

L’humiliation et sa finalité ont choqué plus d’un mauritanien ; au-delà de l’instrumentalisation d’un appareil de police et de justice depuis longtemps orphelins de toute crédibilité, la violence symbolique du procédé atteste d’une crise de valeurs et de sens, si caractéristique des veille de rupture dans le temps d’une nation. Le pouvoir du moment, sans doute inconscient des conséquences d’une telle tribulation sur le moral et la pudeur de générations de compatriotes, contribue ainsi à amoindrir, aux confins du suicide, l’estime de soi, que tout peuple porte, même défait sur le champ de bataille.

La libération de Ould Bouna, dans de telles conditions de rapetissement et d’avilissement par la contrainte viennent saturer le cumul des signes de déconfiture d’un pays désormais à genoux, sans honneur ni espoir d’en retrouver. Or, d’où la présente mise en garde, c’est de telles dégradations qu’émerge et se répand la moins contrôlable des colères.

IRA – Mauritanie déplore l’irresponsabilité et l’inhumanité de la méthode et surtout la quasi-impossibilité de la réparer. La brutalité du geste aggrave le potentiel d’une incidence tragique sur le trop plein de frustrations endurées, par la masse de citoyens qui n’ont plus rien à perdre…

Nouakchott, le 1 février 2018
La commission de communication

3ème CONGRES ORDINAIRE d’IRA – Mauritanie DENOMME «Mère HOULEYE SALL » : Résolution finale

Au nom de Mère Houleye SALL, dont le fils unique Lieutenant Abdallahi Moussa Sall a été assassiné en 1990 à Inal ;mère Houleye, âgée aujourd’hui de quatre-vingt-douze ans, mène depuis lors le combat pour rétablir la vérité et la justice non seulement pour son fils unique, mais pour tous les martyrs disparus dans la tentative de génocide qui continue à marquer les mauritaniens.

I. Préambule

Au début de l’année 2018, le contexte international se caractérise par la conjugaison de trois nouvelles menaces à la paix, dont l’impact sur la Mauritanie reste inégal :

1. Après l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats unis d’Amérique, les errements de sa diplomatie en Palestine et sa polémique avec la dictature nucléaire de Corée du Nord, le monde entre dans une phase d’incertitude porteuse d’hypothèques graves sur la stabilité du consensus hérité des deux grandes guerres du 20ème siècle et de la décolonisation. La dissuasion atomique s’effrite au profit d’une prolifération accélérée. Du chantage du fort au faible, la polémologie moderne laisse entrevoir la crédibilité de la destruction réciproque.

2. Le défi du changement climatique, que les Etats Unis s’aventurent à nier, ajoute à la déstructuration des équilibres fondateurs de l’ordre international. L’explosion de la natalité en Afrique accentue les conséquences immédiates de la désertification à laquelle le Continent entier s’expose. Les migrations vers l’Europe résultent, à la fois, de l’attractivité du Monde libre mais aussi de l’échec de la gouvernance vertueuse au sud de la Méditerranée.

3. Le terrorisme islamiste achève de plonger l’avenir de l’humanité dans une logique de la régression, aux nuisances fortement sous-estimées. Le néonazisme de l’intolérance et de la brutalité n’en est qu’à ses prémices ; le monde musulman, gouvernements et praticiens du culte confondus, prétend endiguer le péril par une série d’approches trompeuses où prévaut le déni. La plupart des Etats de la communauté islamique se débattent dans la contradiction d’éradiquer l’extrémisme violent, tout en appliquant ses lois et son programme. Entre autres cas, la persécution des objecteurs ainsi que le calvaire des associations féministes en Afrique du Nord et au Moyen Orient soulignent la distorsion tragique entre les sociétés islamisées et la modernité.

II. La Mauritanie d’aujourd’hui

1. Dans cette configuration aléatoire, la Mauritanie et son environnement régional subissent déjà le faix des deux dernières hypothèques et ne paraissent y opposer une réponse, ni d’anticipation, ni de traitement empirique. Notre pays navigue à vue, faute de vision au sommet de l’Etat et d’alternative parmi sa frange lettrée. Le fatalisme, la souplesse morale et la paresse consumériste maintiennent l’élite d’antan dans une attitude de conservation des acquis, sans élan, dépouillée du rêve et de l’imagination fertile qui alimentaient l’instinct séculaire de survie au milieu d’une nature de désolation.

2. En ce contexte de crise de valeurs et de panne dans la faculté de concevoir un devenir fiable, s’enracine l’impératif de la relève historique. Ira Mauritanie, les organisations de défense de la dignité humaine et la minorité consciente au sein du bloc hégémonique incarnent cette alternance et en promettent l’avènement. Telle évolution équivaut à une fatalité de la physique élémentaire, quasiment de même nature que la loi de la gravitation.

III. Pourquoi la refondation ?

Le troisième congrès d’IRA – Mauritanie, après avoir examiné l’état général du pays, a retenu les principaux enjeux de la lutte, pour une citoyenneté inclusive :

1. Du legs honteux

Le Congrès réaffirme le caractère structurel de la poursuite des pratiques d’esclavage et des discriminations afférentes, en ce sens qu’elles dessinent l’identité intime de la domination. Produit d’une confusion originelle entre raison du plus fort et religiosité du plus retors, le racisme mauritanien crée la violence symbolique, les privations de libertés, l’usurpation de biens, l’humiliation et la torture. L’exclusion matérielle et l’inégalité de naissance en constituent la normalité, le fonctionnement rationnel. Les terres arables ou arides appartiennent toujours aux descendants de maîtres, malgré la réforme foncière et domaniale de 1981. Certes, la législation interne s’améliore dans son énoncé mais l’imposture perdure grâce à la volonté de ne pas appliquer le droit. L’adhésion aux instruments internationaux procède, aussi, d’un calcul de dissimulation. Mieux, lorsque la pression des victimes s’accentue, le pouvoir et les factions où il recrute recourent au bouclier de la religion, pour retarder, du moins intimider l’exigence de mieux-être, celle qui donne sens à l’existence. La posture de l’alibi perpétuel derrière le sacré relève, à présent, du réflexe, d’où son usure imminente sous l’effet de l’excès.

2. De la nationalité au rabais

Le silence de l’Etat persiste, face à l’impunité des auteurs de crimes de sang, déportations et disparitions, exécutés aux motifs de la race et de la culture non-arabes. Le compromis à l’œuvre dans le pays tend à se consolider, sur la foi de cette immunité ; de surcroît, la majorité des forces politiques et religieuses y consent, désormais. Pourtant, au-delà de considérations éthiques, l’histoire de l’espèce humaine nous apprend que rien de stable ne s’élève sur le mal fait aux innocents. C’est cette triple injonction de la mémoire, du rappel et de la réparation qu’IRA – Mauritanie se doit de perpétuer, pour l’ambition de l’unité nationale. Il n’y a pas de cohésion, non plus de fraternité quand l’un opprime l’autre et lui enjoint d’oublier. Aliénés, en voie d’assimilation et leur sol usurpé, les compatriotes négro-africains mettront beaucoup d’années à sortir du statut de citoyens de troisième zone. Dans l’épreuve, leur pays ne sut leur témoigner la solidarité requise par l’âpreté de l’agression.

3. Des violations de l’intégrité du corps

Le recours à la torture – y compris en privé – et la banalisation des mauvais traitements durant la garde à vue et l’emprisonnement, atteignent un niveau tel que la Mauritanie figure en tête de la liste des rapports et enquêtes ad-hoc, d’experts des Nations unies. Le cas récent du dénommé Ethmane Ould Brahim le prouve assez, un noir en conflit avec la loi s’expose davantage aux sévices et lynchage, explicitement accompagnés d’insultes à caractère raciste. Le refus de ratifier des traités permissifs, l’inflation d’articles portant application de la peine de mort et l’aversion à la Cour pénale internationale (Cpi) participent d’un chauvinisme négrophobe, hostile à l’Occident et résolument fécondé par l’inclination à l’extrémisme violent. La Mauritanie d’aujourd’hui s’enfonce dans le fantasme de la pureté essentialiste et y dissout ses traditions, son âme et la tranquillité de ses habitants.

4. De la liberté rudimentaire

Sur un plan plus politique, même si une réelle faculté d’expression semble s’instaurer après des décennies de régime militaire, certaines période de crise favorisent les arrestations arbitraires et les détentions hors procès, de longues durée et au secret ; dans la plupart des situations observées jusqu’ici, le trouble à l’ordre public s’avérait mineur, donc en disproportion au châtiment. Souvent, la sanction visait à restreindre puis punir l’aspiration au droit de manifester. Les prisons de Mauritanie n’offrent, au détenu, fût-il de droit commun, les conditions minimales de salubrité et de santé. La personne s’y dégrade et son humanité s’estompe, pour le restant de ses jours.

A titre d’illustration, la séquestration de nos militants Moussa Bilal Biram, Abdallahi Maatala Saleck, du sénateur Mohamed Ould Ghadda et du sergent Mohamed Ould Mohamed Mbareck, autorise de sérieuses inquiétudes sur la détermination du pouvoir à les briser. Les poursuites, sous le régime de la liberté provisoire, n’épargnent des parlementaires, des journalistes ; des mandats d’arrêts contre des opposants à l’extérieur, tels Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi participent à compromettre le consensus national et la perspective d’une alternance apaisée en 2019, échéance du second et dernier mandat de l’actuel Chef de l’Etat.

5. Du détournement des institutions

La recrudescence des atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience érode la relative crédibilité du modèle de pluralisme en Mauritanie ; de facto, la gendarmerie, la police et le magistrat aux ordres disposent d’une marge de manœuvre en constante extension. A tout moment, ils peuvent interpeller, convoquer et mettre à l’écrou, sur la base d’une présomption à peine étayée. A ce potentiel d’abus s’ajoutent d’autres armes sans recours ni contrepoids ; envers le capital privé, le pouvoir du moment use du redressement fiscal et exerce, contre toute velléité d’indépendance chez le fonctionnaire, la menace du licenciement sec ou du contrôle de gestion. Pour accorder à cette prérogative, l’onction de l’acceptable, le cursus de cooptation ethno-tribale avait prévu le recrutement massif des médiocres et l’abolition conséquente du mérite. Retombée de la faillite de l’enseignement après le triomphe du populisme sous le régime des juntes, la culture du faux n’épargne les diplômes, les curriculum vitae et même la généalogie. Autant la fabrication de pseudo ancêtres infeste le champ du privé, mêmement la contrefaçon imprègne les divers échelons de la fonction publique et s’étend à la médecine. Hubris et trivialité tracent ainsi l’architecture d’un mode de vie sans cesse tiraillé, de la compétition pour l’excellence en tout à l’exercice permanent de la fraude. Le mauritanien contemporain excelle dans l’art de se mentir à lui-même. La schizophrénie devenant sa boussole sur un chemin de perdition dont il ne perçoit l’horizon, il s’adapte à tout, déjoue la rationalité et transmet, à sa progéniture, l’appétence du raccourci et la passion du court terme.

6. De la prévarication

La corruption ronge la sphère de l’Etat, réduisant ainsi l’efficience des politiques publiques mais il s’agit, in fine, d’un ensemble de normes antimorales et de pur ménagement, qu’exige la reproduction de l’hégémonie en cours. Loin de signifier une exception réformable en Mauritanie, voler le bien collectif, récompenser l’incurie et s’assurer une prébende sans effort, ressortissent des mœurs nécessaires à l’allocation préférentielle des ressources. Le dispositif ne saurait perdurer, encore moins continuer à entretenir ses milices gardiennes du statu quo ante, sous les seules auspices d’une République du droit. La paix dans l’injustice se paie en privilège, faveur et dérogation. Déjà, la découverte de gisements d’hydrocarbures en mer aiguise la tentation de s’éterniser au pouvoir et complique le lien avec le voisinage immédiat. La diplomatie de la Mauritanie se résume, maintenant, à une succession hystérique de susceptibilité et de crise de nerfs qu’accentue la propension infantile à changer d’alliance.

7. De l’urgence

Des attendus précédents, le Congrès constate la pertinence et l’utilité d’une rupture radicale d’avec une cité incapable d’assurer, à ses membres, le sentiment de participer à une œuvre commune; il est impensable que la Mauritanie prospère plus longtemps dans un tel degré de mépris à l’endroit de ses ressortissants, voire de l’étranger de passage. La misère, l’obscurantisme, le fanatisme et le repli réfractaire au reste du monde ont façonné une mentalité du pire dont la théocratie liberticide demeure l’unique perspective. Envers et contre la dérive, pour un pluralisme du partage, de l’équité, du bonheur terrestre et de la diversité dans le métissage, le Congrès atteste :

Compte tenu de la censure imposée aux courants de l’audace et du renouveau, Ira accorde, à ses adhérents et sympathisants, le bénéfice – extraordinaire – d’une autorisation à concourir en candidat indépendant, pour incarner une autre Mauritanie, lors des prochaines élections municipales, législatives, régionales et du Président de la république.

– Biram Dah Abeid reçoit mandat délié, aux fins de promouvoir une large concertation avec les partis, la société civile et le commandement des forces armées et de sécurité, en vue d’accélérer la réconciliation des mauritaniens, avant le vote et parvenir à une entente solide, sur les règles de l’impartialité, dans le strict respect de la Constitution.

Votée, à Nouakchott, le 28 janvier 2018

Communiqué de presse: L’interdiction frappe les activités à l’intérieur des foyers

Vers la fin de la première journée du congrès de IRA – Mauritanie, les autorités du département de Riyadh où se trouve le domicile du président Biram Dah Abeid, convoquèrent ce dernier et lui signifièrent que le ministre de l’intérieur a envoyé des pelletons de forces de police, lourdement armés, et minus d’un ordre d’attaquer l’assemblée à l’intérieur de la maison et d’exercer un droit de poursuite dans les maisons environnantes. L’utilisation de la violence leur est autorisée contre les personnes rassemblées dans les maisons, notamment l’usage de gourdins et de matraques, mais aussi les bombes assourdissantes ou à gaz lacrymogène. Le président d’IRA – Mauritanie questionna le préfet: est ce que vous avez constaté une occupation de la place publique , un tapage inapproprié, ou une contravention quelconque? Le préfet répondit non, mais ajoute que c’est une décision émanant d’en haut.
Tout de suite après, le président Biram Dah Abeid réunit le bureau exécutif, pour évaluer la situation et celui-ci constata ce qui suit:

1– depuis son retour au pays il y a quatre semaines, BDA a insufflé un espoir nouveau à tous les pôles de l’opposition mauritanienne, en instiguant des rapprochements, des rencontres et échanges, mais aussi en lançant une dynamique de concertation et d’unité qui vise l’éclosion, le raffermissement et la consacration d’un large front englobant classe politique et société civile, visant l’exigence pacifique et démocratique, d’une alternance constitutionnelle et paisible en Mauritanie en 2019. Aussi, la présence de Biram Dah Abeid sur le territoire national, revigore la dynamique des jeunes dans leur contestation pacifique de l’arbitraire à travers marches et sit-in et en guise d’exemples, nous pouvons citer les deux marches des jeunes et femmes qu’IRA – Mauritanie a organisé les 2 et 15 janvier 2018

2– Le pouvoir de Mohamed ould Abdelaziz, est désarmé face à la nouvelle donne qui le met face à une opposition dépassant ses particularités ethniques, sociale ou idéologique pour des objectifs prioritaires, une union autour des principes d’État de droit et de cohabitation, le respect des règles du jeu électoral et des lois constitutionnelles dans le but d’élections libres et transparentes et d’alternance apaisée en 2018-2019.
Le rôle éminent de Biram Dah Abeid dans cette dynamique de changement national, ne sied pas à ould Abdelaziz ce qui l’entraine dans une logique irresponsable de recherche d’une situation de crise capable de justifier sa soustraction à la compétition démocratique et aux respects des textes et délais constitutionnels.

3– IRA – Mauritanie maintient son agenda de dénonciation par le droit, les gestes et la parole pacifique, de la politique dictatoriale, gabegiste, raciste et esclavagiste du régime de ould Abdelaziz.

4– Refuse de céder à la manœuvre ignoble et exécrable du régime qui vise à inonder un quartier déshérité par une armée d’occupation à l’image de la police sous le régime d’Aziz; des enfants, des personnes âgées, des malades qui vont le plus en souffrir et peut-être perdre leurs vies.

5– IRA organisera, comme par le passé, ses marches et sit-in dans les places publiques et grands artères du centre ville, et sans aucun préjudice pour les personnes ou les biens publics ou privés.

6- IRA a déplacé le lieu de la séance de validation des travaux et résolutions de son 3eme congrès et transmettra à l’opinion publique nationale et internationale ainsi qu’aux médias les résolutions et les constitutions des nouvelles structures.

IRA remercie vivement les associations, partis politiques et médias pour avoir participé à la séance d’ouverture, remercie encore autant ceux des dirigeants de l’opposition politique et civile qui se sont déplacés au domicile du président en guise de solidarité suite à cette nouvelle violation de droit que constitue le suprême arbitraire de menacer de mettre tout un quartier déshérité à feu et à sang parce que des citoyens incorruptibles, militants d’une cause juste, sont tranquillement assis pour contribuer de manière pacifique, à l’édification de la justice, de la paix et du bien-être de leur peuple.

Nouakchott le 28/01/2018 La commission de communication

3ème Congrès ordinaire d’IRA – Mauritanie, 27-28 janvier 2018 Dénommé : Mère Houleye Sall ; Thème : « Pour une meilleure décentralisation du combat. »

Mesdames et messieurs les invités, militantes et militants d’IRA – Mauritanie, honorable assistance !

Il y a six années, dès mars 2012, vous me confiez, au cours d’une assemblée pareille, de présider et conduire notre organisation, en vertu du mandat que vous vous êtes tracé. La feuille de route comportait, en première ligne, une lutte sans atermoiement ni concession, par le droit et l’expression non-violente, contre toutes les violations des droits humains en Mauritanie ; les crimes et délits d’esclavage et de racisme coiffaient la liste de vos priorités ; sans avoir besoin de le préciser, vous me chargiez de porter l’indignation et l’espérance du peuplement noir dans notre pays, et les déshérités issus de la communauté dominante, pour accélérer leur marche vers l’émancipation et l’accès aux leviers du pouvoir dont des siècles d’exploitation et de mépris le privaient.

Cette recommandation était doublée d’une autre qui stipule la pratique de la subversion idéologique. Déconstruire la matrice de légitimation morale des inégalités de naissance requerrait, de nous, une attaque frontale et multiforme, contre la religiosité où se bricole le mensonge de l’esclavage comme expression d’une volonté de Dieu. Nous avons mené et réussi l’offensive contre la version travestie du Figh des hommes, qui constitue, à la fois la source et le foyer de reproduction des injustices, de race et de caste, notamment au sein de la société maure.

Ce faisant, grâce à l’audace que porte toute conviction juste, nous réussissions, tous, à enraciner dans le quotidien de nos compatriotes, l’image d’un mouvement de droits civiques et de dissidence intellectuelle ; sa visibilité et la prégnance de son action favorisent la dynamique globale vers la citoyenneté, certes non sans accrocs et sacrifices.

Le troisième axe, troisième et guère des moindres, comportait une patiente œuvre de vulgarisation à l’échelle du monde, par les voies de la diplomatie, de la communication de masse et aux travers de la présence sur les forums internationaux ; hors du pays, nous diffusions, avec succès, l’objection et la réfutation à la parole de l’Etat de Mauritanie qui associe occultation, déformation et mensonge, sur la réalité des pratiques de racisme et d’esclavage et leurs implications quotidienne dans la conduite des politiques publiques. Nous démontrions alors combien le gouvernement et ses relais du bloc ethno-tribal mentent, fraudent et contrefont la réalité, à contresens des instruments du droit international qu’ils s’empressent de signer et/ou ratifier, pour mieux en retarder l’application. C’est sans doute sur cet aspect de divulgation que notre effort produit les résultats les plus décisifs. La reconnaissance et la crédibilité du mouvement s’appuie sur une série de distinctions dont le prix des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, en 2013.

Au cours du mandat qui expire, suivant votre orientation, nous avons popularisé les sit-in, marches et grèves de la faim, afin d’accentuer la pression sur le centre de pouvoir et l’isoler dans la posture de la coercition. Nos rassemblements et marches pacifiques ont souvent contraint les autorités judiciaires, de sécurité et de l’administration territoriale, à poursuivre les contrevenants aux lois et conventions qui pénalisent l’esclavage, le racisme et l’usage de la torture. Nos différentes sections sur l’étendue du territoire ont assisté et libéré, directement ou par ricochet, des mineurs et majeurs des deux sexes, la plupart des femmes, filles et fillettes. Indirectement, l’activisme de l’IRA participe de la dynamique nationale d’éveil aux droits humains et de prise de conscience politique parmi les cadets sociaux.

L’essor de la contre-culture, que l’esclave rebelle arbore désormais sur son front fier, atteignait son point d’orgue, en avril 2012, dans l’acte salvateur d’incinération assumée, du code négrier. Oui, cette ignominie écrite, des générations de religieux, artisans ou complices de crime contre l’humanité, l’érigeaient (toujours) en dogme infaillible et se transmettent l’enseignement, comme une relique révérée. L’insurrection par les mots et le geste a raffermi les rangs des abolitionnistes et stimulé leur désir de frapper la domination, au cœur. Il nous appartient de conforter l’offensive, par une campagne d’enrôlement massif à l’état-civil, en témoignage de notre soustraction volontaire à l’anonymat qui aliène et maintient l’échine courbée.

De cette fortune retentissante, il nous arriva aussi de récolter le fruit d’amertume : en plus de la torture de nos militants et de leur emprisonnement répétitif, nous dûmes subir de sporadiques défections dans nos rangs, qu’un flot d’adhésion constant venait combler. Nous avons survécu à un environnement très hostile où la compétition et l’hostilité des segments conservateurs, croisaient, souvent, les ambitions et faiblesses de certains de nos membres. A maintes reprises, les renseignements généraux nous enlevèrent certains de nos membres ou tirèrent profit de notre baisse de vigilance pour nous infiltrer et dresser contre nous, nombre de nos alliés objectifs. Aujourd’hui, nous apprenons de nos erreurs et tirons, de cet aveu autocritique, la force de nous réformer et concentrer sur les objectifs principaux du combat, loin des diversions, de l’orgueil individuel et de l’improvisation. Certains des camarades qui nous ont quittés ou avec lequel le lien organique s’est distendu à la suite d’un malentendu, restent des nôtres, s’ils sont toujours sincères et acquis aux principes de notre lutte. Je vous demande de renouer avec eux le fil de la discussion et de la collaboration sur le terrain, en prélude à leur retour.

Nous rendons ici hommage à toutes les militantes et militants, compagnons de route et sympathisants de l’ombre qui ont commencé ce parcours à nos côtés ou le rejoignent, à ceux décédés avant d’assister à la consécration, ni même voir se réaliser des victoires ponctuelles sur la société et l’Etat, je promets l’abnégation et la patience dans l’épreuve. Qu’il me soit permis, enfin, de rendre l’hommage de la solidarité internationaliste et de l’humanisme engagés, à toutes les sections IRA en Afrique, Europe, Amérique du Nord et Asie, avec un accent de gratitude aux amis étrangers sans qui nous ne serions aujourd’hui si audibles.

Demain, dès la fin de ce congrès que nous dédions à une grande dame, Mère Houleye SALL compatriote exemplaire en son refus de l’impunité, se rappellent, à nous, les objectifs en souffrance ; je citerai l’adhésion de notre pays aux Statuts de Rome créant la Cour pénale internationale (Cpi), l’abolition de la peine de mort notamment pour les délits et crimes d’expression et de conscience. Notre code pénal est saturé de motifs à torturer et tuer ; en ce sens, il encourage les pratiques sociales de l’hypocrisie, du faux et de la dissimulation.

Vive IRA – Mauritanie,
vive l’alternative non violente en Mauritanie.

Sur la foi de l’avenir d’égalité et d’équité auquel nous tendons passionnément, sachons nous souvenir, toujours, qui nous sommes et d’où nous venons !!

Biram Dah ABEID

IRA-MAURITANIE : COCOMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dans la nuit du 22 janvier 2018, l’espace Rencontre et Fraternité, chez le président d’IRA – Mauritanie Biram Dah Abeid à Riyadh dans la banlieue Sud de Nouakchott, reçoit deux dirigeants de partis d’opposition mauritaniens, membre du G8. Il s’agit de Ahmed ould Daddah, président du RFD, opposant historique aux dictatures militaires en Mauritanie, redoutable challenger de leurs candidats depuis 1992, membre éminent de l’internationale socialiste. Abdessalam ould Horma, militant de première heure de la tendance nationaliste arabe baathiste de Mauritanie, universitaire et président du parti Sawab. Biram Dah Abeid a accueilli les deux présidents et leurs staffs ainsi que Mohamed Ali Yeslem Ethman, , secrétaire général du mouvement des jeunes: Touche pas à ma Constitution, membre du G8.
Abdessalam ould Horma avait ce soir la tâche délicate de répondre aux questions des blogueurs et blogueuses d’IRA-Mauritanie. Pendant deux heures d’horloge, Ould Horma doit apporter des réponses aux questions allant de l’implication présumée de son mouvement dans la tentative d’épuration ethnique en Mauritanie, l’inertie à propos de l’esclavage et la discrimination contre les hratin, passant par les moyens d’unir les différents compartiments de l’opposition au pouvoir du général Mohamed ould Abdelaziz, hétérogène dans ses valeurs et souvent divisée à l’instar de la société mauritanienne de nos jours, et allant jusqu’à l’alternance, quelle alternance pour la Mauritanie, en 2018-2019.
Ould Horma a réitéré son engagement contre l’esclavage sous toutes ses formes, sa position favorable sur le rétablissement dans leurs droits de toutes les victimes de la tentative d’épuration ethnique, des exécutions et déportations et s’est déclaré à œuvrer à partir de l’alerte que le président d’IRA – Mauritanie à fait parvenir à la société civile et aux partis politiques et qui vise à réunir toutes les oppositions dans un seul front pour une alternance pacifique, démocratique et constitutionnelle.
A la fin des échanges, le président du RFD, dont l’allocution a clôturé le débat, a salué la pertinence de l’initiative du président et des militants d’IRA – Mauritanie, qui a engagé, d’une manière nouvelle, les débats et échanges entre les factions de l’opposition, entre les franges de la société mauritanienne; c’est que les suspicions s’estompent, les méfiances se dissolvent et l’intégration de toutes les causes en une et une seule pour le peuple mauritanien. Le président du RFD a salué les réponses du chef du parti Sawab qui a étayé les manœuvres des différents régimes de dictatures, visant à trouver des boucs émissaires pour leurs propres exactions.
Ahmed ould Daddah a mis l’accent sur la nécessité pour la classe dirigeante mauritanienne, de répondre aux questionnements des jeunes, et de fonder son programme d’action à partir de ces questionnements incontournables.

Nouakchott le 23/01/2017 La commission de communication

Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE.

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Dans le cadre de recherche continue de consensus face aux défis pendants et prévisibles en Mauritanie, le Président Biram Dah Abeid vient d’entamer, avec ses pairs de l’opposition et de la société civile, une série de concertations. Celles-ci tendent, toutes, à favoriser, avant l’élection du Président de la république en  2019, les bases d’une alternance au sommet de l’Etat, afin de soustraire le pays, de manière structurelle et définitive, à l’hypothèque du gouvernement militaire. 

Ainsi, Biram Dah Abeid a-t-il rencontré :

– le 29 décembre 2017, Messaoud Ould Boulkheir, de l’Alliance Populaire Progressiste (APP). 

– le 30 décembre 2017, Ahmed Ould Daddah, du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD).
– le 2 janvier 2018, Lo Gourmo Abdul et d’autres membres dirigeants de l’Union des Forces du Progrès (UFP).


– le 4 janvier, Hamidou Baba Kane, du Mouvement Pour la Refondation (MPR)

– le 5 janvier, Mohamed Ould Dahane, de Touche Pas à ma Constitution (Tpmc,).



– le 7 janvier, Samba Thiam Forces Progressistes pour le Changement (FPC) Mr Samba Thiam.



– le 7 janvier, Mohamed Mahmoud Seyidi, du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul).
– le 8 janvier, Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah, de la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM).



– le 8 janvier, Ibrahima Moctar Sarr, de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD/MR).



– le 9 janvier, Mohamed Ould Maouloud, de l’Union des Forces du Progrès (UFP).



– Le 10 janvier, Samory Beye de Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM).



– Le 11 janvier, Le chef de file de l’opposition démocratique, Mr Hassane Ould Mohamed, le président du Forum des Organisations Nationales des Droits de l’Homme Mr Sarr Mamadou, la Coalition Action contre la Discrimination Raciale et l’Exclusion (CADRE), Mr Fara Oumar Ba, le président du parti WIAM, Mr Boidiel Houmeyd.



– Le 12 janvier, le président de SOS esclaves, Mr Boubacar Messaoud



La dynamique se poursuivra en vue de s’élargir à  l’ensemble des acteurs, bien au-delà des clivages et distinctions observés jusqu’ici entre opposition « radicale », « boycottiste », « dialoguiste » et/ou « participative » ; de même dépassera-t-elle la diversité associative, qu’elle soit porteuse d’alternative socio-économique ou dans le domaine des droits humains. 
Est-il besoin de le rappeler,  il ne s’agit, ici, de la requête d’une personne ou d’une entité spécifique mais d’un processus fécond qui doit s’épanouir pour imposer la faculté du changement démocratique, dans la transparence, le respect de la légalité et le primat du suffrage universel direct sur le chantage des armes et l’influence de l’argent.
L’objectif ne consiste à susciter la révolte, la confrontation ni même la compétition de deux camps ; non, la présente démarche vise à créer et asseoir, par la négociation du cadre préalable, les règles d’un jeu pacifié et juste où le dernier mot reviendrait au verdict des urnes. Grâce à un minimum d’entente sur les conditions formelles du pluralisme et la nécessaire impartialité du gouvernement sortant, la Mauritanie s’économiserait bien des épreuves et une dépense inutile d’énergie, sous peine, sinon, d’endurer l’épuisement fatal, au terme d’une décennie de déconfiture. 

Nouakchott, le 18/01/2018      

La Commission de communication
Crédit source: MILIEUX PROCHES IRA. 


Conférence de presse d’IRA-Mauritanie du 16 janvier 2018

La liste des militants d’IRA-Mauritanie, arrêtés suite à  la marche contre l’impunité et les détentions arbitraires le 15 janvier 2018.

1- Samba Sidi

2- Youssouf Mohamed 

3-Sabbar Moussa

4-Mama Ahmed

5-Lalla Kory

6-Aicha Biram

7-Cheikh Samba

8-Sidi Mohamed Salem

9-Mohamed Hamidine

10-Abdallahi Abou Diop

11-Abdallahi Hemmett

12-Abbass Ely

13-Mohamed Lemine Rabi
Communiqué

IRA-Mauritanie, déterminée à jouer pleinement son rôle d’organisation généraliste des droits humains et avant-gardiste, a organisé une marche pacifique de protestation contre l’impunité des crimes de sang et les disparitions forcées  qui continuent de prolonger le deuil de centaines de mauritaniennes et de mauritaniens, veuves, mères ou orphelins; contre  les poursuites judiciaires à caractère politique et la détention arbitraire. A cette occasion et pour ces thèmes, les photos des martyrs d’Inal étaient arborées ainsi que celles des militants d’IRA – Mauritanie  incarcérés à Birmogrein ou du sénateur Mohamed ould Ghadda. Les slogans étaient scandés contre l’impunité, l’arbitraire, le racisme ou l’esclavage, des maux que le régime de Mohamed ould Abdelaziz ne cesse d’aggraver et d’alimenter.

Les bataillons de la police, très nombreux et lourdement armés, avec à leur tête, un inspecteur de police, tortionnaire notoire, du nom de Mohamed Lemine ould Sidi, se lancèrent à l’assaut des manifestants pacifiques utilisant une violence gratuite, disproportionnée et indicible. Et, malgré le nombre élevé de militants arrêtés, et les blessures très graves, notamment celles des militants Abdallahi Abou Diop (section IRA de Riyadh) et Abdallahi Hemmet (section IRA de Arafat); les deux blessés graves, transportés aux urgences de l’hôpital national de Nouakchott, se sont vus refuser la délivrance par la police de la réquisition sanitaire qui leur permet d’être soignés aussitôt et de  s’en prévaloir devant la loi. Cette obstruction à un droit élémentaire, relève de la pratique hors-la-loi des éléments tortionnaires qui gangrènent les différents corps sécuritaires en Mauritanie.

Néanmoins, IRA – Mauritanie se réserve le droit de poursuivre devant les juridictions nationales et internationales toutes les personnes impliquées dans ces crimes et délits.

IRA – Mauritanie  réitère aux tenants du régime, sa ferme détermination à continuer la lutte pour défaire le régime et obliger Mohamed ould Abdelaziz à respecter la loi et céder le pouvoir  à la date constitutionnelle de 2019.

IRA – Mauritanie convie la société civile et politique en Mauritanie, à rompre avec la résignation, la peur et la démission pour inaugurer des actions légales et pacifiques, de militantisme, à l’image de IRA – Mauritanie, car seule cette option pourra redonner l’initiative au peuple face à un pouvoir qui prospère sur le silence, la peur et l’inertie des élites et des populations.

IRA – Mauritanie  interpelle la communauté internationale pour qu’elle observe minutieusement, les comportements, les pratiques et les moyens, illégaux et prohibés, mis en œuvre par le régime de Mohamed ould Abdelaziz pour réduire toutes tentatives d’expression légale et pacifique, par le droit de manifester, de s’associer ou de s’exprimer.

IRA – Mauritanie convie toutes ses militantes et ses militants, à continuer la mobilisation, par l’expression de leur solidarité avec les détenus,  pour démystifier le pouvoir de l’oppression et de la contrefaçon.

Nouakchott le 16 janvier 2018              La commission de communication

MAURITANIE : COMMENT TORTURER UN NOIR ET S’EN VANTER 

Note d’alerte 

I. LES FAITS 

1. Le 11 janvier, les réseaux sociaux mauritaniens, notamment les groupes de discussion  WhatshApp et Facebook, diffusaient deux vidéo d’une séance de torture infligée, par des maures, aux voix jeunes, à un  descendant d’esclave, un Hartani, prénommé Ethmane. Les circonstances, la cause, le lieu et la date restaient indéterminés. L’échange verbal, entre les protagonistes, laisse entrevoir la probabilité d’une expédition punitive, suite à une tentative de larcin ; les tortionnaires, qui filment la scène et s’y expriment distinctement, non sans l’agonir la victime d’insultes et exigent l’identité de son complice. Hamza, l’un des assaillants, réclame, en réparation du préjudice allégué, que le présumé voleur lui cède son épouse, pour une nuit. Ethmane, ensanglanté, y compris à l’entrejambe, supplie, demande pardon et sanglote ; des soufflets  pleuvent sur sa tête, bandée au niveau des yeux. Dans le second film, d’à peine quelques secondes, le visage tuméfié témoigne de coups et blessures portés en réunion. Tout le dialogue se déroule en Hassaniya, l’Arabe vernaculaire du Sahara.  
2. La famille de Ethmane Ould Brahim prétend que ses assaillants l’ont interpellé, en soirée du dimanche 7 janvier, à proximité d’un restaurant de la commune de populaire de Dar Naïm, pour lui demander du feu, avant de se mettre à le ruer de coups. Dans l’enregistrement audio que Hamza envoie à son ami, le premier raconte plutôt l’histoire d’une intrusion chez lui, tard dans la nuit, à 3h30 mn. Il aurait alors poursuivi et maîtrisé l’inconnu qui fuyait pour escalader le mur ; après une empoignade entre les deux, le présumé voleur, muni d’une épée, aurait été neutralisé, par un une entaille de tournevis aux côtes. Des proches, appelés en renfort, accourent, grâce à appel téléphonique ; ils décident, ensemble, de le conduire, dans la malle arrière d’un véhicule, à la plage de Nouakchott, située 7 kilomètres plus loin. Là, toujours selon la voix, ils le molestent copieusement à plusieurs et éteignent des mégots de cigarettes dans son anus. Le témoin précise : 

« nous n’avons pas voulu filmer cette scène à cause d’éventuels ennuis ». Sur le ton de la moquerie et l’accent du sarcasme, des mots d’insultes à l’endroit des « nègres esclaves » ponctuent le récit.  
3. L’ouvrage achevé, les exécutants jettent leur proie inanimée dans le Commissariat de police de  Dar Naïm I, au lever du jour. Hamza dit être rentré chez lui pour s’endormir. Ismaël Ould Brahim, le frère de Ethmane, apprend l’évènement dès le 8 janvier mais ne parvient à le rencontrer que le lendemain. Le vendredi 12, il se rend au bureau du Procureur près le tribunal de Nouakchott-nord et lui montre la vidéo de la séance de torture ; ce dernier promet de diligenter une enquête.  Parmi le groupe de tortionnaires, sont formellement reconnus un gendarme dénommé Cheikhna Ould Issaoui, Hamza Youssouf et, ironie du sort, un Saddam ; l’un d’eux exercerait le métier de médecin.  

Le 14 janvier, Ethmane, présenté par une partie de la presse comme un délinquant multirécidiviste, poursuivait sa garde-à-vue ; à la même date, les lyncheurs jouissaient d’une entière liberté.  

 

II. L’ENVIRONNEMENT 

2. Le racisme, en Mauritanie, ne constitue en rien une nouveauté. Il relève d’une banalité sociale dont témoignent des siècles d’esclavage et deux décennies de persécution des ethnies négroafricaines du Sud. L’insolite, ici, réside, dans  l’usage assumé de sévices, relevant de la privatisation de la justice, par des auteurs peu enclins à l’anonymat ; leur volonté de se donner en exemple, au travers de l’image, témoigne d’une certaine sérénité. Pour parvenir à un tel degré d’assurance, il fallait, aux apprentis suprématistes, la certitude de l’impunité.  

3. Certes la Mauritanie dispose de lois exemplaires en matière de promotion de l’égalité et de répression des atteintes à l’intégrité du corps mais elles ne servent, in fine, qu’à occulter la permanence des crimes prétendument combattus. Une juridiction spécialisée dans les pratiques serviles et le trafic de personnes, une loi contre la stigmatisation, un mécanisme de pénalisation des traitements inhumains et dégradants se soldent, jusqu’ici, par l’absence de condamnation. Pourtant, comme l’attestent plusieurs rapports internationaux, le pays s’immerge dans la violation de la dignité des gens ; plus l’arsenal du droit s’enrichit, davantage s’aggravent les situations visées. Les partenaires extérieurs, quelquefois par  naïveté, souvent en vertu du cynisme de la patience, misent sur « les engagements », le « renforcement des capacités », la ratification des conventions et traités et autres diversions à l’épreuve desquels les oligarchies du Tiers-monde excellent.  

4. Déni officiel et complaisance extérieure se conjuguent, alors, au nom de la non-ingérence, pour perpétuer des pouvoirs de prédation et de brutalité. La Mauritanie confirme l’usage ; bien plus qu’ailleurs, l’étranger diplomate risque, assez vite, d’y succomber aux cadeaux et sirènes de l’hospitalité vicieuse ; en contrepartie d’un regard flou sur le présent et les perspectives d’un système de domination voué à se reproduire par la violence à la fois symbolique et physique, il recueillera bien des faveurs. Aujourd’hui, l’hégémonie ethno-tribale bénéficie d’une quasiconnivence dans le reste du monde. Or, évidence du paradoxe, l’essence « racialiste » de l’oppression s’appuie sur un potentiel d’extrémisme religieux en diffusion accélérée dans la sousrégion. La République islamo-arabiste de Mauritanie, projet de Talibanie incrustée entre de l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, n’a pas encore épuisé ses ressources d’inhumanité. Le pire arrive.  

III. QUE FAIRE ? 
5. Il ne s’agit plus de dénoncer, encore moins d’argumenter, tant l’itération de telles bavures jalonne la lutte pour une Mauritanie émancipée des privilèges de naissance, sur le chemin de la rationalité et en adéquation au cours de l’histoire. L’effort de la non-violence, vers la rupture, suivra sa nature conflictuelle parce qu’aucune construction sociale ne consent d’elle-même à renier l’iniquité qui la fonde et en garantit la reproduction. Dans cet espace d’ignominie où torturer un noir, en 2018, tient de la distraction, il n’y a désormais de communauté de destin, non plus d’avenir en commun. L’immunité des uns produit la révolte des autres. Ainsi évolue le genre humain.  

Nouakchott, le 15 janvier 2018 
Conscience et Résistance (Cr, association social-démocrate, écologiste et laïque, non autorisée).  

 

Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira, association anti-esclavagiste, non autorisée).