​Discours du Président Biram Dah Abeid à l’occasion de son retour en Mauritanie


IRA-Mauritanie – Chers militants


Chères militantes


Chers IRAouis et IRAouies. Valeureuses masses Hratin, noble peuple mauritanien avec tes origines, tes langues, tes catégories diverses et variées, Je m’adresse à vous au bout de cette tournée qui me mena aux Amériques, en Afrique et en Europe.


Cette tournée qui fut l’occasion de consolider la lutte pour les droits des opprimés et vulgariser leur cause vient de s’achever. C’est pour moi l’occasion de me féliciter et de vous féliciter pour la réussite sur toute la ligne de cette tournée dont les fruits sont d’ores et déjà palpables sur le terrain.


Chers militants


Chères militantes


Les valeurs pacifiques et morales qui ont toujours sous-tendu notre combat nous dictent de continuer à réclamer nos droits et à défendre les plus démunis. Nous avons, pour arriver à ce but, alterné les séjours en prison, les actions sur le terrain et les tournées à l’étranger. Les tournées à l’étranger ont toujours été dans le but de mobiliser l’opinion internationale autour de nos nobles et légitimes causes. Jamais pour provoquer de quelconques heurts ou confrontations.


Aujourd’hui, je reviens de la petite scène que constitue l’international vers le grand théâtre des opérations que représente le terrain du combat et de la lutte en Mauritanie. Je reviens parmi les miens, pour épauler les miens et les accompagner sur le chemin de l’émancipation et de la liberté pour tous les Mauritaniens.


Chers militants


Chères militantes


Avec la franchise à laquelle je vous ai habitués, je le dis avec conviction, je renouvelle la main tendue à mes amis et frères pour un pardon mutuel et la ferme résolution de conjuguer nos efforts pour barrer la route aux petites manœuvres de division orchestrées par les services de renseignements des Autorités actuelles du pays. Avec une très mauvaise mise en scène, ces services essayent de faire croire à certains de mes compatriotes et frères en religion que je leur voulais du mal.


Mes frères et mes sœurs,


Je profite de cette occasion pour réfuter toutes les allégations mensongères qui visent à entacher la réputation de notre organisation et celle de ses dirigeants en leur attribuant l’inconcevable projet de diviser le pays ou de lui nuire par une supposée intelligence avec des puissances étrangères. De telles basses manœuvres ne trompent plus personne et manquent cruellement d’originalité. De nombreux autres opposants, gens de gauche, nationalistes arabes, islamistes…, en furent la cible avant nous.


Mes chers compatriotes


Les services de Sécurité (qui s’occupent de tout sauf de votre sécurité) cherchent, désespérément, à présenter IRA comme étant l’ennemie de l’Islam, des Uléma et de leur érudition. Or tel est loin d’être le cas. Nous avons, à maintes reprises, exprimé notre position à ce propos. J’avais moi-même, du fond de ma cellule de prison, exprimé mon attachement au Livre et à la Sunna et engagé nos militants et sympathisants à faire de même.


Par ailleurs, il est de notoriété publique que les ressortissants de la communauté Hratin sont, parmi les Mauritaniens, les plus assidus aux cercles des Uléma, les plus assoiffés de connaissances et de théologie. Qu’Allah nous préserve de toute tentation d’inscrire notre combat dans une voie en contradiction avec l’Islam ou avec les vrais Uléma musulmans. Notre combat a pour cible de simples personnes, des personnes qui se prétendent musulmanes ou alem tout en salissant l’Islam en lui attribuant la paternité de la pérennisation ou de la justification de l’oppression et de l’injustice.


Quant aux critiques que nous émettons de temps à autre contre certaines Fatawa, elles n’ont comme but que celui d’attirer l’attention sur certaines injustices et pour alerter les Ulema. Les préjugés et diffamations contre les Hratin et les Maalmin (Forgerons) ont pour unique origine des interprétations erronées et mal intentionnées de la Religion. C’est au nom de ces mêmes interprétations obscurantistes que les droits de ces communautés et leur honneur sont bafoués.


Les critiques émises par IRA sont dans cette droite ligne de combat contre l’injustice conformément à l’esprit et à la lettre de l’Islam. Nous en profitons d’ailleurs pour appeler les Ulema à procéder à un toilettage en profondeur du rite Malikite pour le débarrasser des scories de l’obscurantisme et de l’injustice.


Nous avons, à IRA, salué avec enthousiasme les courageuses et lumineuses Fatawa de notre frère Cheikh Ahmedou Habib Allah et de l’érudit Cheikh Ahmed Jiddou Ould Ahmed Bahi et nous engageons les autres Ulema, de toutes ethnies, à suivre leur exemple et à produire des Fatawa qui ôtent à l’abomination de l’esclavage tout vernis de légalité ou d’une quelconque conformité avec la Chariaa.


Chers Mauritaniens


Les objectifs de ce retour au pays et ses modalités versent tous dans le sens de la consolidation de l’unité nationale, de la paix sociale, de la justice et de l’égalité entre tous les Mauritaniens. Nous n’avons pas de patrie de rechange à la Mauritanie. Nous sommes fiers d’être mauritaniens et nous n’accepterons d’aucune façon de mettre l’intégrité de notre pays en danger. Toutes allégations nous accusant du contraire est pure fabulation et calomnie.


Nous croyons en la Mauritanie unie dans laquelle les Hratin constituent une composante importante au même titre que les Wolof, les Pular, les Soninké, les Bambara, les Arabes et les Berbères. Cette composante n’aspire qu’à recouvrer ses droits, les mêmes que celles des autres. Nous sommes ouverts à toutes et à tous et acceptons conseils et suggestions de toutes les bonnes volontés. Pour en avoir longtemps souffert, nous sommes opposés à toutes formes d’ostracisme et d’exclusion.


Unissons nos efforts pour une Mauritanie prospère où tous les Mauritaniens jouissent de la totalité de leurs droits.


Biram Dah Abeid, Président d’IRA


Rosso le 15 janvier 2017

COMMUNIQUÉ D’ALERTE : Lettre adressée au commissariat des droits de l’homme  Nouakchott, New-York, Genève, Dakar.



Paris, le 14-01-2017




A Son Excellence, M. le Haut-commissaire des droits de l’Homme de l’ONU  Nouakchott Mauritanie.

Nous, Militants et Sympathisants de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste France,


On vous transmet nos salutations !


En tant que personnes qui croient en la démocratie, à la liberté de pensée et la liberté d’expression, nous sommes bien soumis au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIRDCP), 16 décembre 1966 – Résolution de l’Assemblée Générale des Nations unies 2200 A (XXI).


Le 15 janvier 2017 au matin  M. BiramDahAbeid (Président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie) passera la frontière Rosso Sénégal – Rosso Mauritanie pour  rejoindre le plus naturellement du monde, son pays, la Mauritanie (étant entendu qu’il n’est ce jour pas apatride).


Cependant, il y’a beaucoup de menaces qui pèsent sur l’intégrité de la personne de M.Biram Dah Abeid, sur ses libertés individuelles (arrestation et emprisonnement arbitraires, torture…) et ses libertés politiques (droits de réunions pacifiques…)

Son action s’inscrit aujourd’hui (et toujours…) dans l’effort qu’il demande « …à tous les militants, de rester vigilants, de ne pas céder à la provocation, de rester attaché à l’action pacifique, légale et reconnue par la Constitution mauritanienne ». « Je les adjoins d’être attentifs à l’infiltration de la part de personnes de mauvaise foi, pour pousser des militants non avertis à la violence. N’acceptez pas les infiltrations et le détournement de notre action pacifique ! »


Et parce que M. Biram Dah Abeid « invite aussi tous les observateurs, toutes les ONG et tous les partis politiques mauritaniens, à observer ce processus de retour, pour pouvoir témoigner »,

Nous, Militants et Sympathisants de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste France,

Nous Vous demandons, par la présente, d’être le témoin des atteintes graves, imminentesaux droits de l’homme en Mauritanie.

Et Nous Vous prions d’observer le retour de M. Biram Dah Abeid avec la plus grande vigilance.




Respectueusement !



Source crédit : Proche IRA-FRANCE 

​Communiqué de presse : Message de remerciements et de mobilisation du Président Biram Dah Abeid


 

Dakar, le 13 janvier 2017                                                                


Très chers amis, partenaires et compatriotes,


Au moment où je boucle une longue et fructueuse tournée internationale qui a duré de juin à décembre et qui m’a conduit aux États-Unis, Europe et en Afrique, je ne peux que me réjouir et vous remercier de votre accueil, de votre hospitalité et de votre engagement auprès de nous et avec le peuple mauritanien. Cette tournée n’aurait jamais abouti au succès éclatant que nous avons connu sans votre appui qui ne nous a jamais fait défaut.


Partout où je suis passé, j’ai été accueilli à bras ouverts par nos amis, nos partenaires et nos compatriotes. Tout au long de mon séjour, et partout, ces femmes et ces hommes, m’ont accompagné et m’ont ouvert leurs coeurs, pour laisser jaillir leur joie, leur sympathie et leur détermination à nous accompagner dans cette lutte d’IRA, une lutte qui est aussi la leur. J’aimerais donc, au nom d’IRA-Mauritanie, son leadership, et en mon nom personnel, vous remercier du fond du coeur. 


Je compte rentrer à Nouakchott par Rosso et par voie terrestre ce 15 janvier 2017. Fort de votre soutien, je réaffirme ma détermination á poursuivre notre mission commune.  Je vous prie de rester vigilants et de continuer à soutenir cette noble mission qui est la nôtre, à recruiter d’autres individus à vous rejoindre dans vos structures et dans vos efforts, et à être les voix des opprimés et surtout les voix de nos 3 amis encore détenus en Mauritanie. Merci et a bientôt!




Biram Dah Abeid,

Président, IRA-Mauritanie



Source crédit : Réseau IRA FB

12-01-2017 14:57 – IRA interdit !


L’Authentique
– Selon des sources confidentielles, le communiqué final du Conseil des ministres de ce jeudi 12 janvier 2017 comporte une décision individuelle.

C’est l’interdiction de toute manifestation et de toute activité du mouvement IRA sur l’ensemble du territoire national à compter de cette date.

Cette décision est prise alors que le président du mouvement, Birame Dah Abeid et sa vice-présidente, Mme Coumba Dado Kane s’apprêtent à rejoindre la Mauritanie le 15 janvier prochain après une absence de plusieurs mois.

Source crédit : http://www.cridem.org

​Mauritanie, un Etat-pyromane

Esclavage, obscurantisme, racisme et atteintes à l’intégrité corporelle

Le 5 janvier 2017, des militantes d’IRA-Mauritanie, organisent une station debout, à Nouakchott, la capitale, devant le Ministère de la justice en hommage et soutien à trois membres de cette organisation, arrêtés, torturés, condamnés et relégués à l’extrême nord du pays. 
Abdallah Matalla Saleck, Moussa Bilal Biram et Abdallahi Abou Diop, privés de soins, malgré les graves pathologies et traumatismes, survivent désormais à mille deux cents kilomètres de leurs familles et de la juridiction compétente, en  l’occurrence le tribunal de Nouakchott.
Au cours du rassemblement, les officiers de police, tortionnaires notoires et récidivistes, Beyrouk Lehbib, Abdel Vetah Hababa, Ahmed Meymoun, Mouhamed Mahmoud Ghary, Ould Moubarak et Mouhamed Moulaye, usèrent, au grand jour, de voies de fait délibérées, dans l’exercice de leurs fonctions: tous usèrent de molestation à mains nues, de coups de rangers et de coups de matraque, sur des personnes sans armes, ayant agi selon leurs droits civiques. 
Non contents de recourir à une brutalité disproportionnée, les officiers de police, procédèrent à l’interpellation de Sabar Hossein, Zoubeir Mbareck, Amadou Traoré, Elhaj Elid, Oumar Babou, Jemal Bleyil et Sidi Mohamed Tikobra – tous noirs et descendants d’esclaves – avant de les traîner dans les cachots insalubres des différents commissariats de police ; tous confirment leur exposition à des humiliations sévices, suivis d’une remise en liberté, sans inculpation, 12 heures plus tard. 
Ces excès,  sont commis au moment ou le ministre de la justice mauritanien, Brahim Ould Daddah niait, devant l’Assemblée nationale, les allégations d’actes de barbarie  appliqués, aux sympathisants d’IRA, du mouvement du 25 février, selon  le député du parti Tawasoul, Mohamed Ghoulam Elhaj Cheikh.
L’indignation de cet élu, contre la violation par le gouvernement mauritanien des lois nationales et des conventions internationales relatives à la préservation de la dignité humaine, tranchent d’avec le silence assourdissant des coalitions et partis de l’opposition en Mauritanie. Leur défaut de solidarité nous inspire perplexité et inquiétude.
Pourtant, IRA, acteur majeur et avant-gardiste de l’opposition sociale et populaire, représentative d’une majorité de la population – victimes d’esclavage, de racisme, de préjugés de caste ou de spoliation foncière – développe une dynamique de convergence, avec l’opposition traditionnelle issue  de la domination ; cette jonction constitue une étape d’importance, dans la réalisation d’un rapport de forces, de nature à favoriser une alternance socio-historique au sommet du pouvoir d’Etat. 
Aussi, pressons-nous, tous les segments de l’opposition civile et politique, à sortir de leur silence face à l’impunité de la torture et des vagues de répression de manifestations non-violentes. 

Il importe de souligner, en comparaison, la récurrence des appels à la haine et au meurtre, lancés contre des avocats et des activistes des droits de l’Homme, lors des marches de la mouvance salafiste ou sur des plateaux de chaines de télévision locales. Aucune ne suscite, pour l’instant, la moindre poursuite par un magistrat, comme si le gouvernement s’évertuait à se servir de l’extrémisme religieux pour neutraliser les aspirations aux réformes. 
Nous demandons aux amis de la démocratie et de la paix en Mauritanie, qu’ils soient étrangers ou ressortissants, de rapporter et de nous aider à publier, systématiquement, les actes de contrainte physique et de harcèlement moral, infligés aux civils désarmés. 
L’étape du témoignage documenté constituerait l’embryon d’un projet d’insurrection citoyenne, morale et judiciaire, pour mettre un terme définitif à l’emploi de la violence illégale, procédé compulsif et constant par quoi se reproduit l’hégémonie ethno-tribale et se consolide sa prédation sur les ressources du pays. 

Nouakchott le 10 janvier 2017 

Commission de communication

Source crédit : Proche IRA-Mauritanie 

Interview exclusive de Biram Dah Abeid, président de l’IRA : 《 Mon rôle se joue en Mauritanie, pas ailleurs, que je sois en liberté ou en prison》


«Certains segments du pouvoir cherchent à m’éliminer physiquement. Mon rôle côtoie le risque. Je vis avec le risque. Pour mon combat, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice. »

Après une absence de près de huit mois et une campagne internationale en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe pour dénoncer ce qu’il considère être «la situation catastrophique des droits de l’homme en Mauritanie, notamment l’esclavage, la discrimination et le racisme », Birame Dah Abeid, président du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) s’apprête à rentrer en Mauritanie. Ce sera le 15 janvier 2017 par le bac de Rosso. Une date et un lieu symbolique, car c’est à Rosso, le 15 janvier 2015, qu’il a été condamné à 2 ans de prison fermes par le tribunal régional, en compagnie de son vice-président Brahim Bilal Ramadan et Djiby Sow, président de Kawtal, après une Caravane contre l’esclavage agricole. Il nous a accordé cette interview exclusive, à quelques jours d’un retour à haut risque que l’opinion nationale et internationale va suivre avec la plus grande attention.



En dehors d’un certain symbolisme, pourquoi avez-vous décidé de revenir en Mauritanie maintenant à cette date précise, au moment où beaucoup pense que vous risquez d’être arrêté dès votre arrivée ?


Je vous remercie pour cette interview qui arrive à point nommé. Je n’ai jamais dit que j’ai quitté la Mauritanie pour ne jamais y revenir. J’ai quitté la Mauritanie au lendemain de ma libération de prison pour recevoir le Prix Heroes pour la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes que le Département d’Etat américain, par le biais de John Kerry, devait me remettre à moi et à mon vice-président Brahim Bilal Ramadan qui m’accompagnait. C’est en ce moment que nous avions appris l’arrestation de 13 membres du bureau exécutif de l’IRA, suite à une manifestation manigancée par le pouvoir et ses tentatives forcenées de décapiter notre mouvement. Cela, en utilisant tous les moyens, la torture, l’instrumentalisation de la justice et des médias publics et privés. Suite à la mise en place d’un comité de crise que nous avons créé d’urgence pour faire face à cette énième agression,  des discussions se sont engagées entre les membres. J’avais opté pour un retour immédiat au pays, mais j’ai été mis en minorité par la majorité qui a opté pour une contre-offensive et une stratégie de riposte à partir de l’extérieur. Riposte à travers tous les leviers de la communauté internationale, ONGs, missions diplomatiques, organismes internationaux, Etats démocratiques, mais aussi médias internationaux du monde libre et différentes organisations des droits de l’homme en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, mais aussi en Australie.
Sur un autre front non moins important, il fallait mobiliser la logistique, d’abord au profit des détenus (nourriture, bien-être) mais aussi au profit de leurs familles et aux militants du mouvement, sauvagement torturés et blessés par les forces de l’ordre. Nous avons dû subvenir à leurs soins et à la prise en charge des familles des prisonniers, mais aussi des prisonniers eux-mêmes. Tout cela, nous l’avons mobilisé à partir de l’extérieur.
J’avais dit à mes amis que le jour où l’enquête sur l’affaire «Edebaye Bouamatou » sera clôturée par le pouvoir judiciaire inféodé au pouvoir politique mauritanien, et que je serais cité comme accusé, je débarquerais à Nouakchott. C’était la décision sur laquelle le Comité de crise a trouvé le consensus. J’ai initié et dirigé l’offensive à partir de l’extérieur, avec la présidente Coumba Kane, Bakary Tandian, Sikam Sy et Abidine Merzough. Nous avons commencé à mettre en place notre dispositif d’attaque pour déconstruire les mensonges du gouvernement mauritanien sur une prétendue orchestration de la violence par IRA à «Edebaye Bouamatou ». Moi-même j’ai présidé aux contacts et à la coordination avec la société civile et politique mauritanienne, avec le barreau. Ce qui a abouti à la constitution d’un front large et compact au niveau national contre les mensonges du gouvernement à propos de cette affaire. Cette action a été renforcée par la grande mobilisation que nous avons pu drainer sur le plan international, englobant les grands Etats démocratiques du monde, les organisations internationales, les Nations Unies, les Etats Unis, l’Union européenne, la Commission africaine des droits de l’Homme, mais également les ONG internationales des droits de l’homme, ainsi que les médias internationaux.
J’ai continué sur une tournée internationale très réussie, et très médiatisée y compris sur le plan national. C’était une bataille rangée entre nous et le gouvernement mauritanien, une bataille diplomatique dans laquelle le pouvoir a subi des défaites retentissantes et cuisantes. Les revers qu’il a subis en Afrique, que nous sillonnions pour la première fois, pour prêcher la cause des victimes d’esclavage, de racisme et du manque de démocratie en Mauritanie.
Nous avons aussi réussi à obtenir de la Commission africaine des droits de l’homme, durant sa session d’octobre 2016 à Banjul, une condamnation de la Mauritanie, pour la première fois, sur les pratiques de l’esclavage et la connivence du pouvoir mauritanien avec les criminels de l’esclavage.
Nous avons également réussi à obtenir la condamnation inédite et lourde de conséquences pour la Mauritanie, quand les sept rapporteurs des Nations Unies, dans une position commune, ont condamné la Mauritanie et lui ont demandé des comptes à propos des pratiques des pouvoirs judiciaires et policiers contre les détenus d’IRA et contre le mouvement. Nous avons aussi obtenu la même condamnation de tous les gouvernements du monde, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe. Il s’agit de victoires sans précédent de l’IRA, victoires que j’ai personnellement dirigé et coordonné avec mes amis ainsi que les partenaires du mouvement.
A la fin de cette mission hautement réussie, j’ai décidé le 17 décembre passé, lors d’une conférence de presse de clôture à Paris, de rentrer au pays. Cette rentrée est symbolique bien sûr, car il y a beaucoup de menaces qui fusent de la Mauritanie à mon égard, promesses qui, s’ils ne proviennent pas du pouvoir, viennent de milieux qui lui sont très proches. Des menaces sensées faire peur à Birame de ne pas rentrer au pays. Mais mon rôle et ma place sont en Mauritanie, que je sois libre ou en prison. Mon rôle, je le joue en Mauritanie, pas ailleurs, je l’ai toujours dit. J’ai terminé ma mission, j’ai clôturé ma tournée et rempli le mandat qui m’a été délégué par le Comité de crise de IRA au lendemain de l’emprisonnement de nos camarades. Maintenant, je rentre au pays.
Avant de venir, ceux qui veulent préparer pour Birame ce qu’ils prétendent préparer, eh bien, je suis sur le chemin de retour. Le 15 janvier 2017 le matin, je quitterais Rosso Sénégal pour rejoindre par le Bac, Rosso Mauritanie, le plus naturellement du monde.
Je saisis cette occasion pour dire à tous les militants, de rester vigilants, de ne pas céder à la provocation, de rester attaché à l’action pacifique, légale et reconnue par la Constitution mauritanienne. Je les adjoins d’être attentifs à l’infiltration de la part de personnes de mauvaise foi, pour pousser des militants non avertis à la violence. N’acceptez pas les infiltrations et le détournement de notre action pacifique. J’invite aussi tous les observateurs, toutes les ONG et tous les partis politiques mauritaniens, à observer ce processus de retour, pour pouvoir témoigner.

Ne craignez-vous pas pour votre vie ? L’assassinat politique est en vogue de nos jours. Un suicide maquillé ou un meurtre commandité, n’est pas à exclure. Vous n’avez pas peur ?



 

Des rumeurs me sont déjà parvenues, qu’il y a une faction du pouvoir dominant, fraction politique et sécuritaire, qui milite pour une élimination physique, maquillée, comme vous l’avez nommé. J’en ai déjà fait part à certaines personnes représentatives d’institutions internes et externes à la Mauritanie. Ceci est une grosse aventure, une aventure diabolique vers laquelle tire le segment le plus dangereux des groupes au pouvoir. Néanmoins, je pense qu’il y a un minimum de responsabilité qu’on peut escompter de la part des autres segments de ce même pouvoir. Je pense aussi que les uns et les autres ne manqueront pas de réaliser les conséquences extrêmement graves pour l’avenir, l’existence et l’unité de ce pays en cas de pareille action. Quant à moi, je suis dans mon rôle et ce dernier n’a jamais été exempt de risques. Mon rôle côtoie le risque. Mon devoir est de jouer ce rôle jusqu’au bout, avec le maximum de précaution pour la vie et la sécurité des citoyens mauritaniens, pour la paix entre les citoyens mauritaniens, et par de-là la Mauritanie, pour la paix dans le monde. Pour cet engagement, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice.

Au cas où vous ne serez pas inquiété et que vous rejoindrez Nouakchott en toute quiétude, comment comptez-vous vous y prendre pour remobiliser des troupes longtemps démobilisées par votre longue absence ?


Je ne pense pas que nos troupes aient été à un quelconque moment démobilisées. Je crois que les troupes sont toujours mobilisées et ont toujours démontré leurs capacités à persévérer dans leurs contestations populaires, légales et pacifiques face à l’arbitraire en Mauritanie. Durant l’incarcération de nos camarades à nos jours, il y a eu des manifestations pacifiques, de nombreuses personnes, femmes et jeunes, dont les pieds et les bras ont été brisés par les forces de l’ordre ; il y a les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, sur les interfaces des sites d’information, sur ceux des organisations nationales et internationales des droits de l’homme. Les images montrent la poursuite des manifestations par les militants d’IRA et les répressions féroces auxquelles ils font face.
Il y a cette violence indicible qui se déchaîne chaque fois que nos militants manifestent pacifiquement. La plus récente il y a deux jours devant le ministère de la justice. Il y a eu passage à tabac et agressions injustifiés de militants, certains ont été conduits dans des cachots et torturés par la police mauritanienne. Cette option est une vieille option qui ne nous poussera pas à la violence.
Moi je vais retourner au pays et ce sera les retrouvailles avec les militants. Nos actions se poursuivront avec les yeux rivés vers le bagne de Bir-Moghreïn où sont encore incarcérés nos militants, Moussa Birame, Abdallahi Diop et Abdallahi Maatala Saleck.
D’autre part, quand je rentrerai au pays, j’ai une plateforme de propositions pour le sursaut national, un plan de sauvetage du pays que je vais proposer à des membres de la société civile et politique mauritanienne représentative de ceux qui sont au pouvoir, mais aussi de ceux qui sont dans l’opposition. Le contenu de cette plateforme est le fruit de beaucoup de réflexion et d’échanges avec plusieurs personnes attachées à l’unité et à la paix dans ce pays, mais aussi à l’alternance pacifique et paisible du pouvoir en Mauritanie. Ce contenu sera divulgué aux médias quand les conditions le permettront et selon la réaction et l’intérêt qu’il suscitera auprès des parties concernées.

Le pouvoir n’est-il pas parvenu à vous détourner de votre combat contre l’esclavage en vous mobilisant d’une façon quasi-permanente autour de manifestations pour la libération de dirigeants ou de militants emprisonnés ?



Je pense que le ciblage de plus en plus grossier, à la fois systématique, récurrent et continue de l’IRA, est une preuve suffisante de l’impact très certain et fort du mouvement aussi bien au niveau national qu’international. Il est le résultat du très fort déploiement diplomatique de l’IRA sur le plan international. Ce qui lui a permis de remporter les différents duels contre le pouvoir. L’impact de l’IRA est aussi celui d’avoir remporté tous ses procès contre le pouvoir. Il n’y a pas un seul procès, parmi les nombreux procès intentés contre le mouvement depuis sa naissance, où le pouvoir mauritanien est sorti victorieux, malgré l’inféodation du pouvoir judiciaire et son instrumentalisation. Ce qui a permis à IRA de démontrer sa supériorité morale sur le pouvoir, sa capacité de résistance et celle de ses militants. Il est très rare que des membres du mouvement sortent de prison, en faisant allégeance au pouvoir ou en se soumettant à lui. Ils en sortent souvent encore plus engagés et plus déterminés dans leur combat, avec le moral intact et toujours debout, malgré les sévices et les brimades. Cette ténacité est rare dans notre paysage politique. Ténacité face à la peur et à la corruption.
Ces batailles judiciaires pour la décapitation ou la démobilisation du mouvement IRA, que le pouvoir nous assigne à longueur d’année, c’est le pouvoir qui y perd sa légitimité, sa crédibilité et tout simplement sa face. Ces emprisonnements de militants et dirigeants d’IRA sont pour nous de grandes tribunes de plaidoyer pour dénoncer les grands maux dont souffre la Mauritanie et qui ont pour noms, l’esclavage, le racisme, l’exclusion, la discrimination, la gabegie, etc.

Que pensez-vous de la reconnaissance par le pouvoir du parti de Daoud Ould Ahmed Aîcha et celui de Saad Ould Louleïd ?



Cette reconnaissance est un non évènement. Elle va dans le sens de l’agitation qu’orchestre le pouvoir pour désinformer l’opinion. Le régime insinue que l’avènement de l’IRA Mauritanie, qu’il considère comme une organisation extrémiste et sectaire, a suscité d’autres extrémismes. Mais l’extrémisme et le racisme sont les instruments de domination du pouvoir. Nous, nous luttons justement contre ce racisme institutionnalisé et mortel, qui traverse et gangrène toutes les institutions civiles, militaires et sécuritaires du pays, y compris les institutions financières, religieuses et même éducatives. C’est le racisme d’Etat mauritanien qui a été aiguisé par l’extrême droite arabo-berbère que représente le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils ne peuvent pas détourner le regard de la communauté nationale et internationale qui observe et dénonce l’arbitraire et le sectarisme du pouvoir. Cette manœuvre qui consiste à chercher à détourner le regard de l’enracinement du racisme au sein des institutions et du pouvoir mauritanien vers d’autres personnes, dont les propos et les actes n’ont aucun impact sur la vie des populations, cette manœuvre ne peut pas nous tromper. Nous continuerons quant à nous à lutter contre le racisme institutionnalisé et le sectarisme perpétré par des personnes et des institutions qui symbolisent l’Etat mauritanien, à savoir le Chef de l’Etat, le gouvernement, le parlement, les tribunaux, les institutions judiciaires, les institutions sécuritaires. C’est ça le racisme qui menace la paix civile et les droits des Mauritaniens dans leur intégrité physique et morale.
Ce monsieur, Daoud Ould Ahmed Aïcha, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. S’il est raciste, son racisme est individuel et n’a aucune incidence sur la chose publique. Un seul juge ou un seul policier peut s’en occuper, il va se calmer. Le premier jugement et la première garde-à-vue suffiront à le remettre à sa place. Je pense et j’ai des preuves, c’est quelqu’un qui a eu un mandat de la part des services de renseignement pour jouer au trouble-fête, pour permettre au pouvoir de l’utiliser comme expiatoire, pour détourner les regards du véritable racisme d’Etat qui sévit de manière multiforme contre les populations. Mais ça ne marchera pas avec IRA.

Que pensez-vous du rôle que joue Saad Ould Louleïd, accusé par certains de vouloir déstabiliser le mouvement IRA ? Quel regard portez-vous sur le personnage ?


Je ne suis pas très porté à faire des jugements sur des personnes. Je pense que lorsque Saad était avec nous, il était engagé à nos côtés. Comme il nous a quittés, moi je n’ai pas l’habitude de commenter les actes et les paroles des gens qui ont quitté IRA.

Quel regard portez-vous sur la situation politique en Mauritanie ?


Je pense que la scène politique mauritanienne, comme la société civile et le cercle des droits de l’homme, est malheureusement minée. Il y règne un climat très malsain parce que le pouvoir en place a agi de la sorte en essayant de dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, dans une démarche non conventionnelle ni politique, dans un dressage ethnique, sectaire et religieux. Le pouvoir manipule les sentiments religieux des Mauritaniens pour leur dire, «Je suis avec Dieu et l’opposition est avec le Diable », pour leur dire aussi «Je suis avec l’Islam et les défenseurs des droits de l’Homme sont contre l’Islam». Je pense que nous sommes en train de filer tout droit vers le mur, si cette bombe n’est pas désamorcée. Il y a la fanatisation grandissante d’une partie des Mauritaniens contre d’autres, la fanatisation d’un certain segment religieux, social, politique et ethnique contre d’autres. Le pouvoir à mon avis a agi avec beaucoup d’irresponsabilité ces dernières années, en instrumentalisant le sentiment religieux à chaque occasion et en menant des propagandes qui peuvent conduire à des surenchères de non-retour. Il est temps que les segments responsables au sein du pouvoir en Mauritanie se ressaisissent et que le Chef de l’Etat revienne à la raison, qu’ils sachent tous qu’on ne peut pas prospérer sur ce genre de manipulation extrêmement dangereux et sensible. Le pouvoir doit reconnaître que l’Islam est la religion de tous les Mauritaniens et que toute la population est musulmane. S’il y a des différences et des oppositions, ce n’est pas entre pro-Islam et anti-Islam. C’est un faux débat. C’est un dangereux débat. Un débat irresponsable. Je pense que l’élite politique a déserté le terrain pour laisser la place à une élite ethniciste qui défend l’idée erronée selon laquelle un prétendu danger menacerait l’Islam en Mauritanie. Cette théorie du complot nous éloigne de l’objectivité et de la raison tout court. Je peux illustrer ces propos à travers la position adoptée par le vice-président du parti Tawassoul et député à l’Assemblée nationale, Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh. Un homme qui n’a jamais caché son antipathie pour le combat d’IRA, mais qui, convaincu de la torture subie par les militants du mouvement en prison, s’est levé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour interpeller le ministre de la Justice et dénoncer des pratiques qui selon lui «n’existent même pas dans les geôles d’Israël » réputés pour leur férocité. La grande partie des réactions, exprimées par des personnes sensées comme lui défendre l’intégrité physique et morale de citoyens mauritaniens, abstraction faite de leur appartenance idéologique, prouve que l’amalgame est déjà très grand. Beaucoup ont reproché à Mohamed Ghoulam d’avoir dénoncé la torture, tout simplement parce que les personnes concernées appartiennent au mouvement IRA. Ce qui est extrêmement grave. Je salue au passage et je rends hommage à l’objectivité de ce député, bien que nous ne défendions pas les mêmes convictions politiques. Il suffit que nous partagions ensemble les mêmes valeurs, comme l’intégrité physique et morale des personnes et que nous condamnions toute forme de torture.

Quels sont vos projets à quelques encablures d’une transition politique très attendue en 2019 ?



Mes projets, et celui du mouvement IRA, est de participer dans les premières lignes à ce que les Mauritaniens puissent réaliser une transition démocratique et une alternance politique apaisée. Pour cela, nous allons continuer à nous adosser au droit national et au droit international. Nous continuerons à jouer le rôle de soldat vigilant de la société, à veiller au respect des lois individuelles et collectives, au respect des procédures juridiques et démocratiques constitutionnelles, basées sur l’état de droit. Nous continuerons à donner le sacrifice nécessaire pour que la Mauritanie sorte sans dégâts du marasme et des crises multiformes qui la taraudent.
Nous lançons dans ce cadre un appel à l’opposition dans ses différents compartiments, associations civiles et politiques, afin qu’elle s’unisse dans un climat démocratique et dans un sursaut national, afin de prémunir le front de l’opposition des dissensions et des phagocytages qui la menacent à la veille de ce processus de transition encore incertain et périlleux. Nous lançons un appel à l’opposition politique traditionnelle et l’invitons à faire les concessions nécessaires à l’opposition sociale, celle des droits de l’homme, afin de répondre à l’espoir et à l’adhésion des larges pans de la population mauritanienne victimes d’esclavage, de racisme, de paupérisation, et d’exclusion sociale et économique. Nous lançons le même appel à l’opposition sociale, dont IRA est la plus représentative. Le ticket gagnant est la jonction entre ces différentes oppositions. Nous à IRA nous allons consentir à toutes les concessions qui ne touchent pas à nos principes et à nos engagements. En deuxième point, nous lançons un appel au pouvoir et à ses segment qui ont usé de tous les simagrées pour s’offrir des privilèges indus, en les invitant à se ressaisir et à s’inscrire dans le repentir et le rachat de conscience face à leur peuple. Je lance un appel à tous les ponts civils et militaires qui sont capables de revenir à la raison et d’agir en toute responsabilité, car le recyclage est encore possible, à travers des discours ou des actions solennelles. Tout cela ne  fera que consolider la paix et la concorde. Le Chef de l’Etat lui-même, Mohamed Ould Abdel Aziz, peut être utile en cette période, s’il accepte sans rancœur, sans regret et en toute humilité, de se comporter en ancien Chef d’Etat responsable de son peuple et de la situation qu’il va lui léguer, en garantissant une transition démocratique et paisible susceptible de conduire à une alternance politique réussie.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara

 

Source crédit : aidara.mondoblog.org 

LE COÛT DE L’ENGAGEMENT, Par GUEYE CHEIKH TIJANI. 

JEUDI 29 DÉCEMBRE 2016

  

L’apparition d’une figure centrale comme Biram DAH sur la scène politique mauritanienne a poussé nombre de citoyens, les jeunes notamment, à se mobiliser et s’engager en faveur de la «cause haratine». Par un engagement ferme et sans concession, ceux-ci ont rompu avec un immobilisme ambiant qui, jusqu’à très récemment, caractérisait une frange de la population mauritanienne. S’ils sont parfaitement conscients de la difficulté que constitue toute remise en cause de l’esclavage, s’ils sont également conscients que la défense de la cause haratine butera inévitablement sur les intérêts et les privilèges de groupes dominants, ces jeunes mobilisés maintiennent malgré tout leur engagement, et bien souvent au détriment de leur vie sociale et professionnelle. Il faut dire qu’en Mauritanie, de manière générale, les «porteurs de causes », défenseurs de droits humains, subissent en permanence intimidations et répressions de la part des autorités politiques et militaires. Les militants de la cause haratine n’échappent pas à cette règle. 
Les autorités locales usent de divers moyens destinés à décourager le maintien d’engagements associatifs et politiques ancrés dans des revendications subversives, mais aussi à dissuader les jeunes mauritaniens désireux de soutenir concrètement ces revendications. Etant jeunes, beaucoup de militants voient leur parcours professionnel hypothéqué, compromis du fait de leur prise de position. Aujourd’hui, ceux qui en payent le prix fort sont les militants de premier plan. Balla TOURE, membre du bureau exécutif et chargé des relations extérieur d’IRA nous confiait dans un entretien que nombre de cadres du mouvement se voyaient systématiquement refusés des postes malgré leurs compétences avérées.
Porter des causes comme celle de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie engage des sacrifices, avec sa cohorte de contraintes et pressions aux conséquences désastreuses. L’enjeu est autant pour les jeunes demandeurs d’emploi qui peinent à s’insérer que pour ceux qui sont fonctionnaires. Les autorités locales opèrent davantage par des formes contournées, des stratégies qui peu à peu conduisent le militant à recourir à la « défection » ou à la « sortie ». Le cas de LEHBOUSS, premier conseiller de Biram, est édifiant. Fonctionnaire de l’Etat depuis 18 ans, il n’occupe aujourd’hui aucun poste de responsabilité dans le service au sein duquel il a pourtant occupé différents postes auparavant, contribuant à son rayonnement. Son engagement au sein d’IRA lui a valu «une mise en quarantaine», un isolement que l’intéressé interprète comme une punition, une sanction de la part des autorités politiques et administratives. 

Aussi, le prix de l’engagement déborde le sacrifice individuel et prend souvent des proportions difficiles à assumer. Un prix que nombre de militants payent avec douleur. 
L’incompréhension des siens, le regard réprobateur de la société, l’isolement sont autant d’éléments qui viennent s’ajouter au temps lourdement chargé de crispations. Un des cadres du mouvement ne dit pas autre chose lorsqu’il rappelle le caractère chronophage et total d’un engagement dont il est conscient qu’il pourrait déboucher sur la prison si ce n’est la disparition pure et simple. Des propos prémonitoires qui allaient se concrétiser quelques mois après notre séjour en Mauritanie. Entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, alors que les deux premiers dirigeants du mouvement (Biram Dah, président d’IRA et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane) parachevaient leur tournée aux Etats-Unis, treize militants, dont de nombreux membres du Bureau Exécutif d’IRA, furent arrêtés et mis en détention en des lieux tenus secrets sous le fallacieux prétexte d’avoir organisé illégalement une manifestation le 29 juin 2016, dénonçant l’expulsion massive des habitants d’un Kebba situé dans un quartier périphérique de Nouakchott (« Edebaye Ould Bouaamatou »).
Si la prison est perçue comme le degré ultime du sacrifice que peut potentiellement vivre le militant, il convient aussi de constater d’autres formes de préjudices directs et indirects liés à l’engagement : perte de certaines amitiés, d’un emploi, mise au placard, incompréhension et pression familiale, etc., autant d’épreuves que les porteurs de causes vivent de manières différenciées. 

Gueye Cheikh Tijani

IRA : ​Communiqué de presse


Le président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, vient de clôturer, ce samedi 17 décembre à Paris, une série de trois tournées au cours desquelles il a sillonné trois continents à savoir, dans l’ordre chronologique, l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. A  chaque station de ce long périple, le leader abolitionniste, malgré les contremesures prises par l’Etat et la diplomatie mauritaniens, a été l’objet d’attentions et d’égards particuliers de la part de chefs d’Etats, de présidents, de responsables de partis mais aussi de dirigeants des organisations de la société civile et des faiseurs d’opinions des pays visités.

L’événement a pris la forme d’une conférence de presse, organisée par IRA-France dans une salle parisienne qui refusa du monde, tellement l’affluence fut importante. Lors de cette conférence, le Président Dah Abeid, accompagnés du Dr Ahmed Amou Ould Moustapha et du Pr Mohamed Baba, tous deux membres du Bureau Exécutif d’IRA, et devant des centaines de coordinateurs, d’adhérents et de sympathisants de toutes les sections d’IRA en Europe, a présenté les principaux résultats de cette tournée internationale, précisé le positionnement d’IRA sur la scène politique mauritanienne et tracé les perspectives du combat qui attend les Mauritaniens et les militants abolitionnistes dans les semaines et mois à venir.

Pour le bilan, la tournée a permis de réaffirmer le rôle de lanceur d’alertes que la communauté internationale, à travers les multiples distinctions et marques de reconnaissance qu’elle lui a décernées, a décidé de confier à IRA-Mauritanie dans le domaine de la défense des droits humains. Ce sont là, précise le Président, autant de coups de boutoir  assénés au régime de Ould Abdel Aziz. Une quatrième tournée, cette fois au sein du monde arabo-musulman, sera organisée après le retour du Président au Pays, retour programmé dans les prochains jours.

Pour le positionnement d’IRA, il est sans équivoque possible et de façon résolue, aux avant-gardes de l’opposition au régime de Ould Abdel Aziz. Ce système dont la justification première est le parrainage et la protection des esclavagistes et des racistes les plus endurcis doit être abattu et ses fondements déconstruits jusqu’à la dernière pierre d’angle. IRA appelle ses partenaires dans l’Opposition à adopter la lutte pour la dignité humaine et notamment l’abolition effective de l’esclavage, qui sévit dans toutes les communautés nationales, et la lutte contre le racisme d’Etat, dont les Négro-africains sont les principales victimes,  comme causes structurantes du combat politique en Mauritanie. Elle appelle à la libération immédiate de tous les détenus d’opinion à savoir les trois abolitionnistes qui sont à Zouerate et le militant du Mouvement du 25 février, injustement détenu à Nouakchott.

Le Président a précisé que le combat contre l’esclavage et les injustices sociales mené par l’IRA est un combat universel et n’est pas l’apanage de Mauritaniens à plus forte raison d’une communauté  plus qu’une autre. Le seul adversaire de l’IRA, a précisé Dah Abeid, est le système féodal esclavagiste et les forces rétrogrades qui tentent de le couvrir et de le perpétuer, quelle que soit la communauté.

Pour mener à  bien ce combat, IRA s’adresse à tous les Mauritaniens et tend la main à tous les acteurs politiques qui partagent sa vision d’une Mauritanie juste égalitaire et réconciliée.

Prenant la parole Mrs Mohamed Baba et Ahmed Amou Ould Moustapha ont abondé dans le même sens et ont appelé tous les Mauritaniens à ne pas se tromper d’adversaire, à s’unir et à éviter de tomber dans le piège des manœuvres de diversion du Système qui s’efforce de retarder l’avènement d’une Mauritanie pour tous, pour se maintenir.

Les semaines et mois à venir seront décisifs pour la Mauritanie. Déboussolé par les échecs de ses tentatives successives et pathétiques d’entrainer les partis de l’Opposition dans la voie de sa légitimation, Ould Abdel Aziz commence à désespérer une frange importante de sa majorité. IRA appelle à l’empêcher, par tous les moyens légaux et pacifiques, de procéder au moindre tripatouillage de la Constitution quel qu’en soit le motif.

Nouakchott  le 18  décembre 2016

 La Commission de communication

20-12-2016 07:00 – Transfert des prisonniers abolitionnistes à Bir Moghreïn


Le Calame
– Les autorités pénitentiaires du Tiris Zemmour ont décidé de transférer les trois prisonniers abolitionnistes condamnés en novembre dernier, en appel à deux ans de prison ferme à l’encontre de Moussa Bilal Biram et Abdallahi Matalla Saleck et à un an d’emprisonnement dont six mois fermes à l’égard de Abdallahi Abou Diop.

Les trois militants d’IRA Mauritanie sont arrivés ce lundi 19 décembre en début d’après midi à la prison civile de Bir Moghreïn.

Cette mesure est perçue comme s’inscrivant dans le cadre de représailles après la diffusion sur le net des photos accablantes montrant les cicatrices résultant des séances de tortures que Moussa Biram a subies durant sa longue période de détention. Signalons que les trois abolitionnistes qui ont subi de graves tortures sont restés en prison : le temps d’effacer toutes traces.

Pour rappel, le parquet s’était pourvu en cassation. Ce 20 décembre, la Cour Suprême devra examiner la recevabilité de cet appel. Ces derniers mois des grincements de dents se sont fait sentir à la prison de Bir Moghrein.

Les pensionnaires se lamentent des souffrances endurées, dénonçant du coup la dureté des conditions d’incarcération et appelant les autorités à leur venir en aide.

Dans leur lettre, les détenus révèlent que les criminels endurcis et les chefs de gangs des prisons de Dar Naim, d’Aleg de la prison civile de Nouakchott et de celle de Nouadhibou font la loi dans ce pénitencier, prennent des redevances sur les nouveaux arrivants et sur les étrangers, et introduisent tous les produits prohibés au vu et au su de l’administration, et en connivence avec les gardes en faction.

Crédit source : http://www.cridem.org 

Regardez « Biram Dah Abeid en conférence à Paris » sur YouTube

L’intervention en vidéo du président d’IRA-MAURITANIE lors de la conférence du 17 décembre 2016 à Paris.