Communiqué de solidarité envers les étudiants mauritaniens.

Les sages hommes disent du savoir, qu’il est une arme. Il est désolant alors de voir que nos jeunes concitoyens dont l’unique crime est la recherche de ce savoir, se voient violentés par une police censée les protéger.

Nous exprimons par ce communiqué, notre soutien le plus sincère, à nos frères et sœurs dans leur réclamation de leur droit le plus fondamental, qui est celui à l’enseignement.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre, bien au contraire. Une société saine est une société où les gens apprennent et enseignent.

Nous condamnons par la même occasion, les violences policières à l’encontre de ces jeunes manifestants.

Association des Jeunes Mauritaniens en France

Paris, le 23/10/2019

©️ crédit source : Page officielle FB – AJMF du 23/10/19 https://www.facebook.com/352176678149178/posts/2802221209811367/

Mauritanie/ Politique : 《TENTATIVE DE SABOTAGE DE LA CVE》, Une analyse par Ciré KANE

TENTATIVE DE SABOTAGE DE LA CVE

🔹️QUAND L’HISTOIRE SE RÉPÈTE

Les audios échangés entre DIA Makhtar, résident en Espagne, et Alassane Hamady Sooma BA dit Balas, sont la preuve d’un travail de fractionnement de la CVE. Ce diviser pour régner veut éloigner l’aile dure de la coalition, symbolisée par les FPC et l’AJD/MR, et contrôler la CVE en cas de rencontre avec le Président ou de dialogue politique. C’est ce que laisse entrevoir le soi disant communiqué de la CVE du jeudi 17 octobre, date retenue par les deux hommes pour expulser les indésirables s’ils refusent de se fondre dans le parti unique qu’ils proposent. La réponse n’a pas tardé. C’est niet! Qui accepterait la monumentale connerie de transformer une coalition riche de sa diversité en un mollusque informe ?

L’histoire se répète car Balas n’est pas à son premier coup d’essai. En 2008, alors membre du bureau politique de L’AJD/MR, il avait effectué le même travail de fractionnement pour pouvoir livrer ce parti à Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce fut le motif de son exclusion, lui et ceux qu’il avait réussi à berner. Il avait usé de tous les mensonges et subterfuges pour inciter à soutenir le mouvement de la rectification.

Les exclus, avec à leur tête Balas et deux autres personnes que je ne citerai pas, rédigèrent un communiqué où ils s’engageaient à sillonner la vallée pour expliquer aux populations que Aziz était la solution. Ils furent les premiers à être officiellement roulés dans la farine de notre boulanger. J’ai appris qu’ils avaient reçu 5 millions pour leur trahison. Ce n’est pas cher payé! Pour être honnête, Balas n’a pas participé à la campagne de diffamation d’IMS lors de la campagne présidentielle de juillet 2009. Il a écrit quelques articles diffamatoires au début de la scission. Après il a lâché l’affaire. Un jour, je parlerai peut-être de ce vaste complot qui a fait tomber IMS. C’est une affaire jugée par Allah car certains alliés pour la basse besogne ont fini par se quereller sur le net.

🔹️BALAS, UN HOMME OBSEDE D’ETRE MINISTRE

Avant le coup d’État, Balas avait remué ciel et terre pour entrer dans le gouvernement de Waghef II.

Secrétaire National chargé des affaires économiques de l’AJD/MR, il se rêvait certainement Ministre de l’économie et des finances. Il s’engouffra dans la commission de désignation des critères pour être ministrable. Ayant entièrement équipé le Bureau du Président Sarr, payé le premier dîner du BE, il insista lourdement sur les contributions diverses en plus des cotisations. Son jeu ne trompait personne. Je le paraphrase en disant qu’on faisait semblant d’être naïfs.

Et ce fut la douche froide pour les opportunistes quand le Bureau Exécutif refusa d’entrer sans conditions au gouvernement, là où d’autres partis de l’opposition acceptèrent ce marché de dupes, qui finit par un coup d’État.

🔹️BALAS, UN GRIOT REDOUTABLE DES MESSIEURS 8%

Balas fut le griot de Ibrahima Moctar Sarr (IMS) après le score historique de 8% de mars 2007. Il est rentré au BE de l’AJD/MR sur le quota de Sarr. C’était la lune de miel entre les deux hommes et leurs bonnes relations avaient fini par rassurer tout le monde sur l’engagement de Balas.

Il me souvient d’un rassemblement à Sebkha où il parlait de l’homme en ces termes : « Avez- vous vu la vague déferlante de l’autre côté de l’Atlantique? Obama ? C’est ainsi qu’IMS balaiera tout sur son passage et présidera la Mauritanie. » Tonnerre d’applaudissements !!!

Balas échauffait les foules avant de passer le micro à son idole.

Ndeysaan aduna ! Aujourd’hui il traite IMS de tous les noms d’oiseaux et adule HBK, le nouveau 8%, après avoir adulé Biram, Aziz…Prochaine étape prévisible : cirer les pompes de Ghazouani.

🔹️UN HOMME AU PASSE SULFUREUX

J’ai été très vite convaincu que Balas n’est pas un homme politique. Dès novembre 2007, lors des journées de concertation sur les déportés et le passif humanitaire, il gaspilla le temps précieux de l’AJD/MR a parler de la…tijaniya! Il faisait les yeux doux au Président Sidioca. Décidément, il a un faible pour les Présidents de la République.

Pourtant, cet homme aux idées parfois farfelues, comme regrouper les noirs opposants et avec le pouvoir dans la même coalition, n’est pas un néophyte en politique.

Ancien flamiste, d’origine MPAM, il s’offusque d’être accusé de taupe, un agent de renseignement. Une réputation dont il a du mal à se défaire. Certains de ses compagnons de lutte trouvent suspect qu’il ait échappé aux arrestations et emprisonnements de 1986, après la publication du manifeste. Non seulement il est passé à travers les mailles du filet, mais il s’est beaucoup enrichi pendant la détention des flamistes. Cela ressemble fort à une récompense de services qu’il aurait rendu à l’Etat.

En 1989 son supermarché sera saccagé et il demande pas moins de 241 millions d’ouguiyas en dommages et intérêts. Est-ce ses économies de simple professeur de français qui lui ont permis d’accumuler une telle fortune ?

Samba THIAM, en sortant de prison après la crise post électorale a dit qu’il y avait des taupes dans le Conseil des Présidents. Dans l’un des audios balancés par Balas, ce dernier se reconnaît! Et pourtant le Président des FPC n’a cité aucun nom. Le morveux s’est mouché?

Je ne finirai pas sans dire quelque bien sur ce personnage très intelligent à la manoeuvre pour obtenir ce qu’il veut. Il a été très remarquable dans le problème des terres à Donaye. Il a été l’un des premiers à se mobiliser pour l’unité des noirs, pour ne pas dire halpulaars. IMS et HBK avaient fait la sourde oreille car ce n’était pas politique pour des partis ouverts à toutes les ethnies.

J’ai aussi apprécié la rigueur et la transparence avec laquelle il a mis en place COPECO/RIM 89, un collectif d’opérateurs économiques victimes des événements de 89. En dehors de la politique, c’est un homme fort sympathique. Il est donc possible de continuer l’aventure CVE avec lui, même s’il pactise en secret avec le pouvoir. Oui, il y a des taupes au CVE, comme il y en avait au fndu, au rfd…

Nul n’ignore que nous sommes dans un Etat policier.

Ciré KANE

©️Crédit source : La Page Facebook de l’auteur (du 21/10/19 – https://www.facebook.com/251225971745282/posts/1192619460939257/)

《CVE : les audios de la discorde》 par Mr Diallo Saïdou

Je vais naviguer à contre courant, pas par esprit polémique, mais afin de porter un regard très real politic pour ne pas dire un peu machiavélique (dans le sens populaire).

Ma première observation mettra du plomb dans l’aile de la teneur de ma perception de cette affaire CVE. Ainsi je ne serai pas à une contradiction prêt.

Je trouve ceux qui ont échangé sur ses audios via whatsapp sont d’une naïveté déconcertante.
Parler de stratégie et de ligne politique par le biais de vocaux au lieu de s’asseoir (Nouakchott étant très petit) et d’échanger physiquement.
Dans les discussions de stratégie on ne nomme pas les gens, on ne s’identifie pas mieux on ne prends pas de traces écritures et encore moins une empreinte vocale.
D’autant que les propos sont très souvent teintés de légèreté, de fanfaronnades et de règlements de compte personnelles.
Rien dans la stratégie politique de fond.

Maintenant venons en au faits …

A mes connaissances, sympathisants ou militants de la CVE, j’ai envie de dire, bienvenue à monde réel, bienvenue dans la politique. Ici on est pas dans le monde des bisounours! Mais plutôt celui des alliances et contre alliances, des compagnonnages de circonstances, des trahisons et meurtre entre amis, avant la dislocation ou l’avènement d’une victoire.

La CVE est une Coalition conjoncturelle, qui se propose de régler des problèmes politiques structurelles, composée de partis politiques aux ambitions et stratégies différentes.
Donc la CVE, à priori, n’a pas vocation à survivre, dans sa forme initiale à l’élection présidentielle du 22 juin 2019.
En dehors des attaques contre Ibrahima Mokhtar Sarr et Samba Thiam qui sont à condamner, je reste persuadé que Ballas ne fait rien d’autre que de la Politique! Oui de la Politique , peut-être dans sa forme la plus abjecte. Mais elle demeure être de la Politique.

Nous savons tous qu’au sein des partis politiques, il y a ce qu’on appelle des tendances et des groupes qui se combattent férocement pour faire adopter une ligne politique.
L’AJD dont le président est cité dans les audios en a fait les frais, les FLAM en ont fais les frais aussi. Le dire n’est pas pour moi une volonté de dédouaner Ballas mais plutôt de faire comprendre au gens qui font semblant d’être surpris qu’on ne fait pas de la politique avec de bons sentiments.

Je suis d’autant plus étonné par la surprise des gens, car ils sont sensés connaître Ballas et ses accointances avec le pouvoir et sa duplicité.

La mort de la CVE a été actée au lendemain de l’élection présidentielle quand IMS et Samba Thiam n’ont pas assisté aux réunions ( au moins à deux reprises) de bilans.
Cette mort est confirmée encore une fois dans la teneur des communiqués de la CVE, de l’AJD-MR et des FPC.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur (Du 20/10/19)

Mauritanie/Politique : 《À propos de rumeurs》 par Boydiel Houmeid

A propos de rumeurs

Beaucoup de personnes m’ont contacté pour me demander, de bonne foi, ce qu’il en est des rumeurs faisant état de mon éviction du poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. Certains prétendent que je suis sorti fâché du bureau du président de l’UPR, parce que le président Ghazwani a donné instruction pour qu’on m’enlève de la vice-présidence de l’Assemblée.
Je rappelle que le bureau de l’Assemblée nationale, à l’exception du président, est renouvelable annuellement, conformément aux textes. En plus, l’UPR a pris la décision de changer cette année tout son quota, qui comprend les vices-pŕésidents, les présidents de commissions, le groupe parlementaire, les secrétaires, etc. Ce n’est pas la première fois que cela se passe ainsi, mais cette fois-ci cela a suscité des débats et des rumeurs dans une certaine presse et dans certains milieux politiques.
D’abord, je signale aux personnes qui ont évoqué cette question, visiblement avec de mauvaises intentions, que le dîner organisé par l’UPR n’est pas habilité à relever le vice-président, seule la plénière prévue pour lundi prochain a le pouvoir de changer les structures élues de l’Assemblée nationale.
En outre, depuis la dernière réunion du Comité provisoire de l’UPR dont je suis membre, je ne suis jamais venu au siège du parti, pas plus que je ne suis passé au bureau du président. La raison toute simple en est que je ne suis revenu du village que ce mardi. Le même jour, je fus reçu par le président Ghazwani avec qui j’ai discuté librement de toutes les problèmes nationaux, y compris bien sûr celui du bureau de l’Assemblée nationale. L’accord a été parfait sur toutes les questions abordées.
Je rappelle aux pêcheurs en eau trouble que Boydiel n’a jamais demandé une quelconque fonction, qu’il est élu député et maire de N’Diago. Çà les envieux n’y peuvent rien. Je serai plus libre à partir du lundi et j’aurai alors toute latitude pour parler de la situation politique et donner mon opinion sur tout ce qui se passe, n’étant plus ligoté par l’obligation de réserve et les responsabilités que m’avaient confiées mes collègues de l’Assemblée, Majorité et Opposition confondues.
En conclusion, Boydiel ould Houmeid reste député et maire, président du Comité du bassin du fleuve. La vice- présidence m’a été confiée sans que je ne la demande ; je crois avoir fait de mon mieux pour assurer la continuité quand le président était malade ou empêché. En tant que démocrate, j’accepte avec plaisir le principe de l’alternance, même si chez nous celle-ci se fait annuellement, alors qu’ailleurs elle est quinquennale ou décennale.
J’informe par la même occasion la TV du Sahel, qui demande depuis un mois à avoir un entretien avec moi, qu’à partir du lundi soir je serai à leur disposition pour une émission qui ne dépasse pas une heure de temps.

©️Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 18/10/19)

Mauritanie/Politique : (Tentative d’implosion de la CVE) par RMI-INFO

💼 Tentative d’implosion de la CVE 🐄

Des activistes relaient largement des enregistrements vocaux sur les réseaux sociaux dans lesquels le président du parti l’Arc-en-Ciel, Ba Mamadou Soma dit BALAS et Dia Mocktar Malal tentent de provoquer l’implosion la Coalition du Vivre Ensemble (CVE). Les deux personnalités politiques s’engagent dans une discussion où ils étalent leur stratégie d’infiltration de la CVE et de leur stratégie de barrer la route à certains leaders. Il apparaît également dans leurs échanges que l’objectif est l’instrumentalisation de la CVE afin de se repositionner dans l’échiquier politique. Balas et Mocktar Dia ne ménagent pas Ibrahima Mocktar Sarr, le président de l’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD/Mr ) et Samba Thiam du président des Forces Progressistes pour le changement. Selon Dia, il réussi d’infiltrer plusieurs formations politiques notamment le Mouvement pour la Refondation (MPR) présidé Kane Hamidou Baba, le candidat de la CVE à l’élection présidentielle du 22 juin 2019.

Tout au long de cette polémique sur la structuration, RMI publiera toutes les réactions pertinentes à son sujet.

***Publication Rectifiée
📺 RMI-info.com La #Mauritanie 🇲🇷 et ses actualités

©️Crédit source : Post Facebook – Page RMI-INFO (du 18/10/19)

Portrait | Moussa Khairy : Opticien de renom, promoteur sportif et mécène

Horizons – Il a tracé très tôt sa voie et a fini par percer dans le haut de gamme. Il, c’est Moussa Ould Khairy, un opticien mauritanien au parcours atypique et étonnant qui, à force de travail et de sérieux, rivalise aujourd’hui avec les comptoirs optiques étrangers les plus huppés.

Il a réussi, sans nul doute, à s’imposer dans le cercle très serré des opticiens de Nouakchott, un secteur resté longtemps une chasse gardée de l’étranger où, dans l’esprit de la plupart des Mauritaniens, nos compatriotes ne pouvaient être que sages employés subalternes et anonymes.

Pourtant, le pari de patron opticien, toute proportion gardée, Moussa optical dans le jargon du métier- beaucoup de gens confondent le patron et la boite et vice-versa-, l’a incontestablement gagné.

Et pour preuve, son comptoir flamboyant situé sur le tronçon Monotel-Stade olympique où l’on peut trouver des lunettes de tout genre et faire toutes sortes de montages. L’homme est incontestablement ambitieux et a déjà fait du chemin dans l’art comme l’atteste le matériel de pointe qu’il possède.

Dans une pièce contiguë, à l’arrière de sa boutique, il nous a donné les détails les plus précis sur un appareil de prise de mesure numérique multifonctionnel, des appareils électroniques de montage ou d’assemblage semi-finis de lunettes dotés d’une pompe à immersion, des perceuses électroniques, des raineuses pour tracer des sillons, des chaufferettes pour dilater les montures….tout cela pour dire que l’homme est tête d’affiche dans les vitrines optiques de notre capitale.

Professionnel jusqu’au bout des ongles, il opte sans hésiter en matière d’ingénierie et de machinerie pour les Américains, même si ses produits proviennent de France, d’Italie et de Tunisie, un pays dont il admire les performances dans le domaine.

Dans les vitrines de « Moussa Optical » – son établissement – l’offre est au top et transcende le temps et la mode : on peut y voir impeccablement exposées scintillantes, des lunettes de soleil, des lunettes pour hommes et femmes tendance pour ne pas dire à la mode tout comme des classiques. Tout cela est vérifiable dans son site web: http://www.moussaoptical.com. En matière de qualité, son label est irréprochable car il est certifié ISO 9002.

Pourtant, quand il a eu à 19 ans seulement, son premier job de simple technicien formé sur le tas dans un grand comptoir étranger de la place, Moussa ne soupçonnait pas un jour gagner à ce point des galons dans le métier et diriger un jour sa propre société. Mais comme, il le dit « seules la persévérance et la droiture payent »… « J’ai presque grandi dans une vitrine optique qui a été, pour moi, une bonne école ».

Né en 1966 à Aioun El Atrouss, bon père de famille -qui place sa famille au dessus de tout – témoignent ses proches- Moussa qui parait plus jeune que son âge, frappe d’abord par sa modestie et sa facilité à communiquer dans la langue de Molière. De l’avis de beaucoup de gens, c’est un patron opticien d’un commerce facile.

Toutefois derrière son regard timide et fuyant se cache un entrepreneur dynamique impliqué dans beaucoup d’action de mécénat.

Méga sport : une académie de football estampillé moussa

Teint clair, regard jovial, costume impeccable, l’homme semble habitué au rythme trépidant de la vie en France où il a séjourné plusieurs fois, à l’occasion de stages de perfectionnement à l’EFOP (Etudes et Formations en Optique) de Toulon.

Debout tout le temps, il n’a pas encore perdu ses habitudes de manager général de l’entreprise où il s’est façonné et blanchi les harnais: il sait encore séduire et servir ces clients. Ces qualités se sont aussi confirmées en matière de sport : il pilote une équipe d’élite FC Tevragh Zeina, la preuve qui atteste une fois de plus qu’il est un vrai meneur d’homme rompu au maniement et la mise au pas des jeunes.

Ex vice-président de la FEDE (Fédération Nationale de Football), on lui attribue, dans le milieu sportif, une grande contribution dans l’essor qu’a connu, ces derniers temps, notre football national. Il continue à militer pour la promotion du sport en général : dans cette dynamique, il dispose à Nouakchott d’une boutique de prêt-à-porter vendant toute sorte d’équipements de sport, d’une académie de foot et d’hébergement dénommé Méga sport comprenant deux terrains de 1000 m et d’une capacité d’accueil de 47 lits.

Cette académie est un vivier incontestable d’où sont sortis beaucoup de joueurs de l’équipe national et nombre de stars qui évoluent dans des clubs au niveau mondiale et font aujourd’hui la fierté de notre pays.

Parlant de son itinéraire peu commun, il dit : « Aujourd’hui, je suis devenu opticien qualifié et pourtant, ma rencontre avec cet art et ses secrets esthétiques, est une longue histoire. Mais, quoi qu’il en soit, c’est pour avoir osé commencer quelque part que la passion est née chez-moi »…

« C’est aussi à force de ténacité et d’abnégation que j’ai pu tenir, non sans errements, le bon bout du métier ». Mais fort de l’expérience acquise au fil des années, Ould Khairy sentit le besoin de s’éclater en faisant cavalier seul. En décembre 2007, il décida d’être son propre employeur en s’installant pour son compte.

« C’était un peu un saut dans l’inconnu mais je me sentais à la hauteur car je connaissais le métier pour l’avoir pratiqué 22 ans durant ». Et pour mettre sur pied son projet qui ne démarrera effectivement qu’en mars 2008, il dut vendre sa maison et sa voiture et courir le risque de mettre « tous ses œufs » dans un seul panier dénommé « Moussa Optical », une boite où il s’érige aussi lunettier conseil. Mais à cause de sa réputation de compétence et ses qualités en marketing dans le domaine, les commandes ne tardèrent pas à pleuvoir et Moussa put démarrer son projet sur des chapeaux de roue.

Pour lui, tout bon citoyen doit privilégier le consommé local car, même les chancelleries étrangères n’hésitent pas à vendre leur pays là où elles se trouvent. « Nous n’avons pas encore atteint ce niveau mais je vois des prémices… Il faut oser entreprendre ».

Au sujet d’un appui éventuel de l’Etat, il dit n’avoir jamais essayé mais qu’il est du rôle de l’Etat de favoriser l’initiative privée ; tout comme il est du devoir des entreprises de payer leurs impôts et de s’acquitter de toutes leurs obligations vis-à-vis de l’Etat.

Parlant des banques, Moussa qui dit n’avoir jamais bénéficié de leurs services, avertit que tant que les crédits et les découverts ne se feront pas sur des bases objectives, tout prêt équivaudrait à jeter de l’argent par la fenêtre. Moussa aime aussi toujours rappeler que « le capital n’est rien, des hommes compétents créent leur capital ».

Sidi Moustapha Ould BELLAL

©️ Crédit source : repris via cridem.org (du 15/10/2019)

Communiqué de presse : Notre Soutien aux artistes (griots) (Mauritanie) par GANBANAAXU FEDDE

Ces derniers jours, nous avons eu écho d’une polémique abjecte autour de la composante sociale dite griote dans la communauté Beidane en Mauritanie. D’après les renseignements recueillis, c’est suite au décès Mr Siddaty Ould Abbe, un symbole légendaire et historique de la communauté d’artistes (Griots), qu’un discours nauséabond émanant d’un certain milieu religieux s’était distillé. Ainsi un audio attribué à un mystérieux faqih (jurisconsulte) non identifié, vise particulièrement cette communauté de Griots par des propos abjects et racistes tombant sous le coup de la Loi notamment celle portant sur les discriminations 2018 – 023.

– Nos condoléances à toute la communauté nationale et particulièrement à celle des artistes suite au décès de Mr Siddaty.

– Nous tenons à exprimer notre entière solidarité à la communauté des artistes (Griots).

– Nous estimons que les autorités publiques doivent tout faire pour identifier le faqih l’auteur des propos injurieux afin qu’il soit puni selon la loi dans toute sa rigueur.

16/10/2019

©️Pour la communication GANBANAAXU AILE MAURITANIE (Armepes et partenaires)

IRA-Mauritanie au chevet des prisonniers de Lexeiba

IRA Mauritanie – Le 08/10/2019, IRA – Mauritanie a envoyé une délégation à Kaédi pour s’enquérir de la situation des détenus Iraouis et autres, arrêtés arbitrairement depuis la crise postélectorale des dernières élections présidentielles de 2019.Les prisonniers avaient entamé une grève de la faim les 06/07 et 08/ Octobre 2019 après plus de trois mois de détention illégale.

La délégation était composée de :

Abdullah Abu Diop

– Cheikhani Ould Cheikh

– Samba Diagana

– Cheikh Babi

– Omar Diarra

Elle est arrivée à Kaedi à 11 heures le même jour afin de s’enquérir des conditions de détention des prisonniers qui sont dans leur troisième jour de grève de la faim pour exiger le règlement de leur situation qui entre dans son quatrième mois.Après leur arrivée, la délégation s’est rendue directement au Palais de Justice afin d’obtenir l’autorisation de rendre visite aux détenus.Ensuite elle s’est rendue à la prison civile pour rencontrer les détenus afin de leurs transmettre le message de salutations et soutien du président Biram Dah Abeid, ainsi que celui de tous les militants et militantes de IRA – Mauritanie et leurs manifester leur engagement à les soutenir et rester à leurs côtés et ne jamais les abandonner jusqu’a ce qu’ils recouvrent leur liberté.Par ailleurs, leur état de santé était très fragile, avec une fatigue notoire remarquable sur leurs états physiques. Cet état de fait a entraîné l’évacuation de certains d’entre eux à l’hôpital pour y être pris en charge (Demba kane) ; le deuxième jour de la grève, un autre prisonnier perd ses forces et a été évacué à l’hôpital ( Ismail Amadou).La grève de la faim des détenus de la prison civile de Kaedi constitue un grave danger pour la vie des prisonniers accentuée par l’état déplorable de la prison. La chambre carcérale a dépassé sa capacité d’accueil, trente mètres carrés pour plus de trente à quarante prisonniers, mais surtout aggravée par une forte chaleur.Suite à la détérioration de leur état de santé, au troisième jour de leur grève, le 08/10/2019 ils reçurent la visite du Procureur du tribunal du Gorgol dans l’objectif de les amener à suspendre leur grève de la faim.Des promesses vaines et des mensonges éhontés leurs ont été servi par ce représentant du ministère public, il leur a dit entre autre gros mensonges, que le retard du traitement du dossier est dû au manque de suivi et, à la négligence des avocats qui se disent chargés du dossier et que le 15 octobre 2019 leur dossier sera traité.Ces engagements pris par le Procureur ont conduit les détenus à suspendre leur grève de la faim à partir du 08 octobre 2019.

Liste des détenus :

1/Professeur Ghali Sall

2/ Youssef Abou

3 / Abdelkader Bokoum

4 / Demba Kane

5 / Sidi Ould Ibrahim

6 / Aibeu Ould Mohamed

7/Ismail Amadou Thiaw

8 / Amadou Dia

9 / Abou Modi Dione.

Après la visite des prisonniers, la délégation de IRA – Mauritanie s’est rendue au centre administratif de Lexeiba pour rendre visite aux familles des prisonniers en guise de solidarité avec elles.C’était une agréable surprise mêlée d’un sentiment de tristesse en même temps. Les femmes de deux des détenus avaient donné naissance chacune à une fille il y a de cela seulement quelques jours,( Ghali Sall, Abou Mody Dione ).Le matin du 09/10/2019, la délégation, les militants et militantes de IRA – Mauritanie ont organisé un sit in à Kaedi pour marquer leur solidarité avec les prisonniers détenus d’opinion de Lexeiba.Cette arrestation illégale est fabriquée par les services renseignements, leurs acolytes et leurs indicateurs après les élections frauduleuses qui ont confisqué la volonté populaire.Le sit in a enregistré la participation de la délégation de IRA – Mauritanie mandatée par le Président et député Biram Dah Abied, les membres du bureau de IRA Kaedi, de IRA Lexeiba et les parents des victimes.

Nouakchott le 14 Octobre 2019

La commission de communication

©️ Réseaux IRA-MAURITANIE

Communiqué de presse – GANBANAAXU FEDDE : le cas des détenus de Lixeiba

Nous , mouvement d’éveil citoyen et humaniste, GANBANAAXU FEDDE (Aile – Mauritanie), tenons à attirer l’attention des autorités mauritaniennes et l’opinion nationale et internationale sur le cas des détenus de Lixeiba dans la région du Gorgol. Arrestations survenues au cours des événements post-électoraux suite au scrutin présidentiel du 22 juin 2019. Depuis monsieur Sall Ghaly et ses camarades, annoncés membres de l’alliance politique ayant porté Mr Hamidou Baba Kane comme candidat , la CVE (Coalition Vivre Ensemble), croupissent derrière les barreaux dans des circonstances troublantes.

Ainsi, nous exprimons notre soutien fraternel et citoyen aux détenus et à leur entourage familial et militant.

Nous demandons aux autorités, à prendre toutes les mesures nécessaires afin de mettre fin au calvaire carcéral de ces compatriotes.
Avec le timide souffle de décrispation politique constaté et porteur d’espoir ces derniers temps avec les entrevues entre le président Ghazouani et certaines personnalités politiques, le cas en suspens de ces détenus nous paraît anormal et injuste.

9/10/2019

🔹️Pour la Communication GANBANAAXU FEDDE – Armepes (Aile – Mauritanie)

Mauritanie : Et, si le nouveau Ministre de la justice adopte la justice du XXIème siècle comme principe pour améliorer le quotidien des justiciables mauritaniens ?

Généralement dans le département du Ministère de la justice, ceux qui réussissent ce ne sont pas les praticiens du droit encore moins les techniciens du droit mais plutôt les théoriciens du droit. Tel est le cas de Mme la ministre de la justice française, garde des sceaux (Nicole Belloubet), professeure de droit constitutionnel. Comparaison n’est pas raison, le Ministre mauritanien de la justice est également un théoricien du droit (qui a enseigné le droit depuis plus de 20 ans sur la planète terrestre), et qui connait particulièrement le département du Ministère de la justice et ces rouages. Car avant d’être nommé ministre de la justice, il fut chargé de mission dans ce même département depuis fort longtemps. Nous pensons qu’il est en mesure de reformer le droit mauritanien dans son ensemble afin d’adopter la justice « postmoderne », pouvant contribuer à améliorer le quotidien des justiciables mauritaniens. Car, que l’on soit riche ou pauvre, la justice d’une manière générale demande une économie : Une économie humaine, une économie financière, une économie de temps, une économie relationnelle, et une économie de paix sociale.
En effet, toute société a besoin d’une justice garante des libertés, efficace et impartiale : efficace pour garantir la sécurité des gens, impartiale pour que vive le système de valeurs commun. Quand le doute s’installe, la société tout entière peu à peu se déchire (B. Deffains, 2015). Cette insatisfaction à l’égard de la justice est au cœur de nombreux débats partout dans le monde, particulièrement en Mauritanie. Les justiciables expriment, en effet, un sentiment de défiance envers une justice qu’ils qualifient plus souvent de « lente, partiale, onéreuse, complexe, formaliste et peu accessible » tandis que les professionnels du droit, en particulier les magistrats, se plaignent fréquemment de la surabondance des affaires à traiter.
Qu’est-ce que la justice du XXIème siècle ?
La crise de la justice partout dans le monde invite à une gestion plus rationnelle de l’institution judiciaire en même temps qu’elle dissuade les justiciables d’y recourir afin d’échapper aux coûts financiers et aux délais du traitement juridictionnel de leurs conflits (L. Cadiet et TH. Clay, 2018). C’est dans ce sens que les grandes démocraties sont en train de basculer vers un modèle de justice plus « soft », moins couteux, plus humain et calqué sur la paix sociale. La justice du XXIème, c’est les modes alternatifs de règlement des conflits (MARC) ; c’est la préservation de la paix. La justice sans la paix est-elle encore la justice ? Le rapport à l’autre, c’est-à-dire la justice (Levinas).
Avec le développement des MARC, la justice alternative est devenue un « droit postmoderne » et un « droit pragmatique » sous-tendu par une volonté d’action sur le réel. Les MARC, s’inscrivent dans une volonté de négocier ses propres solutions aux conflits, de passer de l’imposé au négocié, de maitriser le traitement du conflit et d’arriver à une solution amiable. C’est une justice plus rapide, moins couteuse et qui prend en compte le lien social. L’expression justice alternative désigne, « l’ensemble des pratiques ou procédures, le plus souvent informelles, de résolution des conflits, impliquant habituellement l’intervention d’un tiers qui, à l’aide de techniques non juridictionnelles, permet de parvenir au règlement d’un conflit opposant deux ou plusieurs parties ». Il s’agit donc une forme de justice qui, dans le contexte d’un droit étatique, entend réagir contre le formalisme de la justice publique ou, hors de ce contexte, permet la résolution des conflits par des voies plus ou moins spontanées qui privilégient le retour à la paix (S. Kerneis, 2012).
Les vertus de la justice du XXIème siècle dans une société en crise
L’idéologie de la modernité soutient essentiellement que le droit est uniquement rattaché à l’Etat politique (centralisme) ; qu’il ne peut y avoir qu’un seul ordre juridique correspondant à un seul espace géographique (monisme) ; et que le droit est toujours le produit d’une activité explicite d’institutions telles que le législateur (positivisme) (R-A. Macdonald, 2002). Ni l’une ni l’autre de ces trois perspectives idéologiques n’est soutenable aujourd’hui comme hypothèse pour penser le droit dans une société pluriethnique, comme celle de la Mauritanie. A ce titre le droit n’existe comme phénomène normatif que dans la mesure où il est reconnu par les citoyens. Le droit est une construction sociale basée sur les interactions humaines.
Pour les anthropologues du droit, le droit est une composante des activités humaines marquée, comme toutes les activités humaines, par la culture et par les formes d’organisation de chaque société. C’est une réalité sociale. En effet, la justice n’est plus incarnée exclusivement par les tribunaux. Il existe aujourd’hui une autre manière de rendre la justice : C’est la justice alternative. Cette justice est à la fois humaine et humaniste qui prend en compte le cordon familial, social et sociétal dans un pays qui, depuis toujours cherche un modèle de justice bien adapté à son tissu social multiethnique. Les modes alternatifs de résolution des différends s’entendent d’un nombre non limité de procédés qui ont pour objet de régler un conflit en recourant à une solution non juridictionnelle voulue par les parties. Les parties décident de leur accord, seules ou avec l’aide d’un tiers indépendant, neutre et impartial.
La pratique de la justice alternative en Mauritanie, permet d’éviter la surcharge des tribunaux, qui entraîne leur paralysie. Ce fardeau excessif accentue également sur le plan qualitatif, la décadence de la qualité des procédures et des décisions judiciaires. A l’heure du numérique, l’image du juge « technicien du droit » est dépassé. Les MARC, s’engagent à réduire les inégalités sociales générées par la pauvreté, l’ignorance, l’analphabétisme, les injustices et le sous-développement et participer activement à la construction de la cohésion sociale. La justice « postmoderne » permet au pays l’accession à un certain niveau de développement et contribuer à garantir la cohésion du tissu social et la quiétude entre les communautés. Un pays qui n’est pas sur les rails de la paix sociale demeure fragile et expose à toutes les secousses politiques, sociales, économiques et judiciaires.
Les MARC correspondent à un changement profond des mentalités face à l’absence de réponse judiciaire adaptée et au développement massif de certains contentieux, à la pénurie des effectifs et au désert judiciaire. En Mauritanie, on dénombre en moyenne, un magistrat pour 50.000 habitants et un auxiliaire de justice pour 70. 000 habitants. Pour remédier cette situation, la Mauritanie a tout intérêt de faire appel aux MARC. L’engorgement des juridictions face à un contentieux de masse rencontre l’insatisfaction des justiciables de voir l’affaire de leur vie traduite en termes uniquement juridiques et dépouillée de sa substance, de son origine même. Humaniser le traitement des conflits, trouver des solutions pérennes et adaptées, procurant un bénéfice mutuel devient primordial pour les grandes démocraties du XXIème siècle.
Toutes les études déjà réalisées dans ce sens par les chercheurs et les anthropologues nous précisent en effet que les MARC répondent à des objectifs variés : Rétablir le dialogue entre les protagonistes, maintenir les relations, garantir la paix sociale, etc. Les MARC contribuent également à réduire le coût social du fonctionnement de la justice (réduction de l’encombrement, des délais et des coûts de la justice).
Approche juridique et anthropologique des MARC
Les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC) ou Modes Amiables de Résolution des Litiges (MARL), qui prend l’acronyme, Alternative Dispute Resolution (ADR), dans les pays Common Law. L’Alternative Dispute Resolution, qui prend son essor aux Etats Unis et dans les pays de Common Law, plaide pour une justice informelle, débarrassée des contingences de l’Etat : il faut rapprocher la justice des citoyens et favoriser leur participation au règlement des litiges (S. Kerneis, 2015). Les MARC sont d’origine contractuelle pour les juristes. Comme le souligne Professeur Cadiet, « la contractualisation du procès » ou « la processualisation du contrat » (L. Cadiet, 1999). Depuis longtemps le contrat a été un mode de solution du litige, qui n’a rien d’extraordinaire. Il s’agit de la justice dans le contrat et la justice par le contrat. C’est dans ce sens que le Doyen Carbonnier, souligne que « toutes les relations juridiques se nouent, se déroulent et se dénouent à l’amiable ».
Pour les anthropologues du droit, le droit ne vient pas principalement de l’Etat, ni des acteurs savants, ni des tribunaux, mais de la société elle-même (N. Rouland, 1991). Comme le souligne Etienne Le Roy, « dis-moi comment tu traites tes conflits, je te dirai quelle société tu es en train de bâtir pour tes enfants ». Les MARC impliquent de prendre actes des attentes de l’autre partie, de son regard porté sur le conflit, sans renoncer à ses propres attentes, à son propre regard. L’approche de la justice, tant à travers ses formes cardinales que ses alternatives plus ou moins institutionnalisées, est déterminée par le type de société qu’on entend promouvoir. La justice alternative, associée à la maitrise des individus, la relation homme –homme permet à la société de se perpétuer et de faire face aux conflits et aux tensions, soit en restaurant l’équilibre initial, soit en trouvant un nouveau : c’est la « justice participative ou restaurative ». Le droit trouve sa source non pas dans la coercition qu’impose le pouvoir politique mais plutôt dans les interactions humaines.
La Mauritanie et les MARC : une réalité très ancienne
Les modes amiables de règlement des conflits ont toujours été pratiqués dans la société africaine avec une absence totale de formalisme. Dans le souci primordial de préserver et de maintenir l’équilibre social, la Mauritanie, a longtemps préféré l’harmonie à la notion d’ordre tirée du principe technique de la règle générale et abstraite qui prévaut dans les pays occidentaux. La structure précoloniale de la Mauritanie ne la prédestinait pas à l’organisation d’un système judiciaire centralisé de type moderne. Composée de tribus et d’ethnies connues pour leurs sédentarismes et leurs migrations chroniques, elle avait institué un modèle de justice simplifié. Les litiges étaient réglés dans le cadre d’une justice coutumière. La justice coutumière est générée par une société essentiellement communautaire, dans laquelle le groupe est la référence première, où l’individu est très fortement intégré dans les structures familiales ou claniques (H. Ramdan, 2009). La règle de droit émane du groupe par consensus pour y être intériorisée et pratique ; le droit a pour fonction de maintenir la paix sociale.
La Mauritanie, avait privilégié la justice amiable avant même son accession à l’indépendance. Comme le souligne Robert Arnaud, « En Mauritanie, se trouvait auprès de chaque émir un cadi chargé en principe de régler toutes les affaires litigieuses ou criminelles. Chaque tribu de marabouts avait elle-même son cadi investi de véritables fonctions d’arbitrage » (R. Arnaud, 1906). De surcroit, les MARC trouvent un fondement religieux dans le Coran (Sourate, An-nisa-Les femmes, verset :35, 58 et 65). Car le droit musulman a énoncé des règles prévoyant différents modes amiables de résolution des conflits issus de la Sunna du Prophète Muhamed (PSL) et du Coran. Il connait ainsi de l’arbitrage « tahkim », de la conciliation « solh » et de la médiation « wassata ». Si l’on en croit les historiens du droit musulman, la justice négociée est une institution qui remonte à la Jahiliyya ou période de l’ignorance antérieure à l’islam. Contrairement aux Empires romains et perses, fondés sur la notion d’Etat. Le succès de cette justice négociée s’explique par sa vocation pacificatrice des relations sociales et familiales.
Le retour des MARC dans le système judiciaire mauritanien :
Les signes évidents du manque de confiance des justiciables en une justice étatique en déliquescence sont nettement perceptibles dans une enquête d’opinion effectuée par Afro-Baromètre en mars 2017. Cette enquête a concerné 53.935 personnes, ressortissants de 36 pays africains dont la Mauritanie fait partie. L’étude indique qu’au nombre de ces personnes, près de la moitié, soit 43%, n’ont pas confiance en la justice. Ces chiffres inquiétants ne pouvaient laisser les pouvoirs publics sans réactions. En Mauritanie, des nombreuses actions ont été entreprises depuis la première organisation judiciaire issue de la loi n° 61. 123 du 27 juin 1961, pour réformer la justice étatique, en changeant de système judiciaire, totalement ou partiellement, il apparait que ces actions ont été inefficaces, voire insignifiantes. Il fallait imaginer d’autres modes de règlement des litiges
Le Code de procédure civile, commerciale et administrative de 1962, avait consacré un chapitre au droit d’arbitrage, mais l’ordonnance n° 84. 164 du 9 juillet 1984 avait ignoré cette institution. Il a fallu attendre janvier 2000 pour que la Mauritanie, légifère une loi portant code de l’arbitrage. Depuis 2000, à travers la loi n° 2000-06 du 18 janvier 2000 portant Code de l’arbitrage, le législateur mauritanien a intégré le modèle alternatif dans la judiciaire mauritanienne, car il y voit une opportunité pour la résurgence ou le retour en arrière sous une forme moderne de la justice amiable. La loi de 2000 a été abrogée et remplacée par une nouvelle loi n° 2019-019 du 29 avril 2019 portant code de l’arbitrage. Cette disposition a posé le cadre législatif du droit mauritanien de l’arbitrage interne et international. Ainsi, nous assistons une série des législations dans le domaine de la justice alternative : la loi n° 2019. 008 sur la « médiation judiciaire » et la loi n° 2019-020 dont son titre II porte sur la « médiation conventionnelle ». La loi 2000/04 du 17 janvier 2000 portant Statut de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Mauritanie, a permis en 2018, la création d’une institution permanente dénommée le Centre International de Médiation et d’Arbitrage de Mauritanie (CIMAM). Le développement des MARC en Mauritanie révèle, en réalité, une mutation profonde du système juridique contemporain. Cette mutation recouvre le passage d’un droit imposé à un droit négocié. L’ère de l’Etat tout puissant est révolue, nous vivons à l’heure actuelle dans une société qui fait plus de place au contrat. La justice alternative permet un pluralisme juridique et facilite l’accès à la justice pour tous les mauritaniens.

Ce faisant, qualifiée de « softl Law », la justice du XXIème siècle est aujourd’hui en train de prendre la place de la justice étatique, au point que l’on se demande si le juge étatique n’est pas devenu le mode alternatif du règlement des litiges. Le développement des MARC répond à un nouveau besoin de régulation sociale, qui dépasse très largement le champ ordinaire de l’activité juridictionnelle. Les mécanismes traditionnels des modes amiables de règlement des conflits, dans la société traditionnelle mauritanienne sont alors envisagés comme piste de solution et source de paix. La légitimité de principe de ces processus amiables ne saurait être contestée. Il est au moins un argument, valable pour résoudre les conflits et défendre l’unité du groupe. Dans la mesure où la justice amiable remplit une fonction de pacification des conflits, elle contribue également à l’harmonie de la société et à la fraternité. Il est toujours possible en Mauritanie, de repenser le lien social afin qu’il puisse être l’expression de la reconnaissance solidaire entre les mauritaniens.
Le législateur mauritanien a renforcé le soutien du droit au règlement alternatif pour les litiges internes comme pour les litiges internationaux. En combinant les avancées du droit international avec celles du droit interne mauritanien ayant été récemment réformé, même s’il reste encore beaucoup des choses à améliorer, notamment dans le domaine de l’homologation de décisions contractuelles par le juge étatique. A ce titre, nous nous plaidons pour une réforme judiciaire plus efficace et garante des libertés contractuelles, qui donnera plus des garanties aux parties et renforcera l’homologation des décisions amiables. Il faudrait renforcer également les principes directeurs de la justice alternative (indépendance, impartialité, neutralité, confidentialité et loyauté), mais aussi donner une formation de qualité aux médiateurs et aux arbitres afin d’éviter le soupçon de dépendance et de partiale.
B. Deffains, « Les modes alternatifs de règlement des litiges – analyse économique », in P. CECCHI-DIMEGLIO et B. BRENNEUR, Manuel interdisciplinaire des modes amiables de résolution des conflits, LARCIER, 2015 ;
E. LE ROY, « Le jeu des lois. Une anthropologie dynamique du droit », Lgdj, 1999,
H. Ramdan, « Le fonctionnement de la justice dans les pays en voie de développement : le cas de la Mauritanie », L’Harmattan, 2009 ;
J. Carbonnier, « Flexible droit. Pour une sociologie du droit sans rigueur », 10eme édition, Lgdj, 2014
J. Chevalier, « Vers un droit postmoderne », in J. CLAM et G. MARTIN (dir), Les transformations de la régulation juridique, Lgdj, 1998 ;
L. Cadiet et TH. Clay, « Les modes alternatifs de règlement des conflits », Puf, 2018
L. Cadiet, « Les jeux du contrat et du procès », Mélanges offerts à G. FARJAT, édition, Frison-Roche, 1999
N. Rouland, « Aux confins du droit », éditions, Odile Jacob, 1991
R. Arnaud, Pays maures de la rive droite du Sénégal, Précis de politique musulmane, Tome I, 1906
R-A. Macdonald, « Normativité, pluralisme et sociétés démocratique avancées. L’hypothèse du pluralisme pour penser le droit », in C. YOUNES et E. LE ROY (dir), Médiation et diversité culturelle Pour quelle société ?, Karthala, 2002.
S. Kerneis, « Aspects anthropologiques des MARC », in P. CECCHI-DIMEGLIO et B. BRENNEUR, (dir), Manuel interdisciplinaire des modes amiables de résolution des conflits, Larcier, 2015
S. Kerneis, « Les modes alternatifs de résolution des conflits. Droit pénal, histoire et anthropologie », 2012, disponible : http://www.academia.edu.

M. Boubou BA
Doctorant-Chercheur en Droit à Paris
Membre du Centre de recherches en Histoire et en Anthropologie du Droit (CHAD)
A l’Université de Paris 10-Nanterre