14-03-2017 07:45 – Mauritanie : « Le Coran, un prétexte pour l’arabisation forcée » (Chroniqueur)



Alakhbar – Selon le journaliste chroniqueur mauritanien Ahmeddou Wadya les Mauritaniens ont le choix d’un pays avec quatre langues officielles (Arabe, Poular, Soninké et Wolof) ou d’un pays avec l’Arabe comme langue officielle et le Français comme langue de l’Enseignement, de l’Administration et de travail.

Ahmeddou Wadya considère que cela pourrait faire éviter de laisser la Mauritanie aux mains de « pyromanes » qui prennent l’arabe « comme un prétexte pour reprendre les déportations, les exils forcés de Mauritaniens et les thèses: Arabes noirs ; Tirailleurs sénégalais, etc. ».

Lire le texte intégral:

Le Coran, prétexte de l’arabisation forcée

Depuis l’indépendance de la Mauritanie à nos jours, jamais un sujet n’a été abordé avec autant de partialité que celui de la langue. Un sujet dans lequel se confondent bien et mal, principe et intérêt, vérité et contrevérité, ignorance absolue et relative, volonté de dominer et d’exclure ou volonté de se barricader de se cacher dernière les sentiments, la communauté, la couleur de la peau ou l’ethnie.

La problématique de la langue – ce couteau à double tranchant. Ce bouclier humain pour camoufler le projet raciste, partisan et militariste – est de nouveau soulevée pour préparer le terrain vers un nouvel ordre national. Ainsi de retour le discours prônant l’arabisation forcée à plusieurs occasions, le plus souvent béni et soutenu officiellement.

Au Parlement, le discours d’arabisation a atteint : « Nous imposeront l’arabisation par le feu ». L’auteur de cette phrase choquante à l’égard de la langue arabe serait même le président de séance.

Nous – il faudrait l’admettre – vivons sous un régime dont le guide suprême est l’héritier de Saddam Hussein (Ould Breidleil) qui est défendu par le chef de ceux qui ont prêté allégeance à Ghaddafi (Khélil). Au-delà de ces qualités, l’homme est agrégé par l’héritier d’Abdenasser dans la répression (Al-Sissi) et appuyé par le représentant de Bechar Al-Assade (Ould Azizi).

Ceux-là continuent de heurter la conscience d’autres en profitant de la place de la langue du Coran. Ceux-là continuent de prôner l’exclusion, la marginalisation. Ils se moquent même des autres communautés nationales et de leurs langues islamiques en se servant de la langue arabe comme bouclier humain pour camoufler leur projet raciste, partisan et militariste.

Quelque soit l’écho de leur voix. Qu’ils tiennent même les rênes du pouvoir. Qu’ils soient des personnalités influentes (armée, sécurité, médias, Enseignement, etc.), ils ne pourront jamais aller au-delà de la réalité de cette nation à laquelle Dieu a accordé un bien (la diversité culturelle) qu’ils considèrent eux comme un malheur.

La Mauritanie est un pays de diversité culturelle. Il y existe des Beïdanes, des Harratins, des Peuls, des Soninkés et des Wolofs qui parlent différentes langues. Ils parlent Hassanya, Poular, Soninké et wolof. Et mêmes des élus – ne pourraient pas gommer cette réalité.

Déjà, plusieurs thèses ont échoué : « Arabes noirs » « Tirailleurs sénégalais ». Et l’avenir se dessine en faveur de celui qui admet cette diversité culturelle et linguistique et prône pour un projet de citoyenneté basé sur la légalité, la justice et la fraternité au sein d’un Etat de droit.

Pour conclure- Je pourrais parler fort ou chuchoter (Ajustez le volume) – Nous avons deux choix et non trois : le choix d’un pays avec quatre langues officielles l’Arabe, le Poular, le Soninké et le Wolof ou le choix d’un pays avec l’Arabe comme langue officielle et le Français comme langue de l’Enseignement, de l’Administration et de travail.

Ah, désolé. Il semble que je n’ai pas été précis. Il existe bel est bien un troisième choix : laisser aux pyromanes le soin de reprendre les déportations, les exils forcés et les thèses : Arabes noirs ; Tirailleurs sénégalais, etc.

Qui sait ? Cela pourrait être leur chance d’accéder rapidement au pouvoir et d’y pérenniser voire même d’y rester un temps plus long que nécessite le changement du drapeau et de l’hymne national. Ils y croient, vu leur idées arrêtées.



Source crédit : http://www.cridem.org 

La journée mondiale de la FEMME : un mot osé sur le mariage précoce en milieu rural soninké. 

Oui, les mariages précoces portent un coup fatal et rédhibitoire à un avenir radieux de la gent féminine dans certaines sociétés du monde. D’ailleurs dans ces dernières à travers pareil régime prématuré de mariage , les jeunes hommes peuvent être également victimes d’une sorte d’assignation qui est source d’innombrables écueils dans leur accomplissement multidimensionnel dans la VIE. Mon constat se veut un clin d’oeil osé et porté sur ma société d’origine soninké en l’occurrence par rapport à la condition féminine que je pense la décliner comme une certaine condition HUMAINE tout court.
Ainsi à l’occasion de cette journée mondiale de la FEMME ce 8 Mars 2017, j’essaie modestement de répondre à la sollicitude du réseau de blogueurs mauritaniens en gestation depuis quelques jours. J’espère axer cette brève contribution sur certaines réalités sociétales difficilement abordables mais très influentes sur le fait MARIAGE PRÉCOCE impactant très nagativement la vie des plusieurs Femmes dans la société soninké. Sans vouloir s’étaler sur une tranche de vie (logique de fréquentation entre jeunes gens de deux sexes avant mariage) particulièrement discutée, discutable, crainte et troublante moralement, il faut bien reconnaître que les mariages précoces deviennent l’une des solutions prisées pour caser des ADOLESCENTS et des JEUNES GENS dans l’ordre matrimonial admis religieusement et socialement.
Dans cette situation sensible dite « la vie de jeunesse » dans les localités rurales , les jeunes filles pour ne pas dire les petites filles pour certaines, deviennent une inquiétude de premier ordre pour leurs familles. Du risque de subir les conséquences d’un premier amour précoce et hasardeux, elles tombent dans les mailles d’un premier mariage programmé et arrangé avec un prétendant méconnu généralement. En milieu rural, rares sont les filles qui continuent les études au-delà de la 3ème année collège. Et très souvent l’événement du mariage marque la fin définitive de leur scolarité. Ainsi la gent féminine subit prématurément des coups rudes d’une société passablement prête face aux apports tourbillons d’un monde très agissant sur tous les domaines. La précocité du mariage assigne fatalement les filles qui deviennent pour beaucoup des futures femmes-mères fragiles ou atteintes physiquement et moralement au sein de la sphère sociale. Cette séquence déterministe qui régit la condition féminine en milieu rural soninké , pèse lourdement sur le développement humain d’une manière générale dans la société. Très souvent le mariage arrangé dans la précocité ne rime pas avec des liens sentimentaux forts. La jeune mariée sous les pesanteurs de l’ordre coutumier, subit parfois son sort conjugal fait d’amertume et des frustrations. Ses velléités rebelles seront domptées rapidement par l’épreuve du temps et surtout avec la bascule dans la case Maternité. Il serait juste également de pointer les contraintes subies aussi par certains garçons embarqués malgré eux dans ces mariages arrangés.
Généralement, dans tous les cas de figure, ce sont les filles qui subissent les soubresauts récurrents de cette vie matrimoniale au sein de la société. En plus du mariage précoce fait d’arrangement qui cause des blessures multiformes aux femmes, il faut y ajouter les secousses du régime de polygamie. Divers impératifs admis selon les traditions ancestrales et couvertes occasionnellement sous le fait religieux , prédisposent la gent féminine à subir docilement l’ordre polygamique. De ce dernier, certains hommes ayant épousé une femme pas docile à leur goût, pensent trouver l’aubaine d’une revanche pouvant être très amère pour celle qui a déjà accumulé des souffrances intérieures pendant plusieurs années. Dans un autre sens, ça pourrait être une conséquence inévitable d’un mariage arrangé subi par un homme. En toute responsabilité, ce dernier peut porter tous les soins nécessaires à la vie conjugale pour être à la hauteur des balises familiales et sociales , mais il ne peut taire définitivement les cris d’un cœur qui n’a jamais été comblé par une rencontre choisie et accueillante en toute liberté.
Encore une fois, quelle que soit la monture de cette organisation maritale, c’est bien toujours la gent féminine sous multiples pressions , qui est durement lésée sous différentes formes.
Pour atténuer l’impact de cet ordre qui assigne plus de la moitié des populations dans ces zones rurales, il faudrait mieux revoir les comportements laisser-faire dans « la vie de jeunesse » entre les garçons et les filles. Atténuer les logiques coutumières qui font de la jeune fille un objet au service des rapports familiaux dans lesquels le machisme est roi. Permettre aux jeunes filles mariées de poursuivre leurs études, ce qui passe nécessairement par une campagne de sensibilisation de grande ampleur au sein de la société. Il faudrait également une éducation rigoureuse sur le plan religieux de l’ordre polygamique. C’est-à-dire vulgariser le code religieux et civil sur le mariage pour l’ensemble des populations via différents canaux et supports facilement accessibles.
Kundu SUMAARE

​L’incident du dîner du CRIF : Mint M’Heiham s’enfonce dans la boue et emporte  avec elle le régime 


Selon des sources de presse, l’ambassadrice de Mauritanie en France, Aïchetou Mint M’Heiham a interpellé au téléphone, presque au bord des larmes, le ministre des Affaires Etrangères, Isselkou Izidbih pour lui demander de lui venir en aide. Elle s’est dite visée par une vaste campagne de dénigrement depuis sa participation au dîner du Conseil représentatif des institutions juives en France (CRIF). 
Depuis cet incident, selon elle, elle souffre dans son âme et se sent touchée dans sa conscience et dans son honneur. Pour toute réponse, Isselkou l’aurait conseillé d’ignorer ce qu’écrivent les journalistes et blogueurs mauritaniens, arguant qu’il s’agit de péroraison de gens sans crédibilité et dont les écrits n’ont aucune influence au sein de l’opinion. Mais pour elle, ses écrits ont bel et bien des effets désastreux dans la mesure où ils sont lus et repris  à travers le monde. 
Elle a réitéré son appel à l’aide, demandant à ce que le ministère des Affaires étrangères déploie une contre-campagne en expliquant les raisons de sa présence au CRIF. Dans ses récriminations, elle a même lancé, peut-être sans y prêter attention, une information de taille. Tous ses prédécesseurs et même des ministres mauritaniens ont toujours assisté au dîner du CRIF. Pourquoi elle serait la seule à être visée ? 
Donc, elle n’est pas la première. Seule la photo prise avec le président du CRIF et largement diffusée a permis de lever ce coin du voile. Sinon, comme les autres, sa présence au dîner des Juifs serait passé inaperçu.
Il y  eu beaucoup de réactions de la part des internautes après ses aveux.
Pour Ahmed Lemrabott : «plains-toi de tes longues jambes ! Pourquoi n’as-tu pas refusé d’assister à cette rencontre ! Tu devais prendre exemple sur le Père de la Nation (Mokhtar Ould Daddah) qui lui, avait refusé de serrer la main de Golda Mayer (ancienne Premier ministre d’Israël) lors d’une conférence internationale où ils s’étaient rencontrés. Il lui avait dit qu’il ne sert pas une main tâchée du sang des Palestiniens. Seule la cupidité et l’attrait de la fonction t’ont empêché ! Meurt dans ton chagrin ! Ton ministre ne te sera d’aucun secours ! Le regret ne te servira à rien. »

Salem Ahmed El Hadj : «Ce regret prouve que tu es de noble extraction. Si ta présence en ces lieux maudits aux yeux du peuple mauritanien est sur instruction du ministère des Affaires Etrangères, tu devais refuser, en présentant ta démission. Tu t’en serais sortie plus noble et plus grandie aux yeux de ton peuple. Maintenant, tu dois te repentir et demander Pardon à Allah. Ne refais plus la même chose et présente tes excuses au Peuple mauritanien pour avoir agi comme tu l’as fait »
Izidbih Abdati : «tu dois reconnaître ton erreur et présenter tes excuses au Peuple mauritanien. Tout ce que ton ministre des Affaires Etrangères peut faire, c’est insulter la presse nationale et les journalistes et blogueurs mauritaniens, avant d’entamer le processus de ton dégommage. En politique, on ignore la franchise. Il se peut que ce soit lui qui t’a mouillée d’une manière ou d’une autre. Autre alternative, assumer tes erreurs et te comporter en véritable dame de fer, en dévoilant tes cartes. Défends-toi et dénonce celui qui t’a mis dans cette situation en te jetant dans cette assemblée de la honte. Personne n’est aussi sale qu’un politicien.»
El Waled Khalifa : «en réalité la photo est dégueulasse en tout point de vue».

Source crédit : Post FB Cheikh AIDARA 

​Le raïs Ould Abdoul Aziz soucieux des autres pays mais négligeant ses problèmes internes.


« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer  les images »
L’homme de Nouakchott  est connu un dur contre les défenseurs des droits humains et aussi un protecteur d’un ordre esclavagiste et féodal, s’active pour la paix en Gambie. 

Abdoul Aziz s’est montré très intéressé  contre l’intervention militaire de la CEDEAO en Gambie ces dernières semaines. Alors derrière cette posture de colombe, d’aucuns voient une mission commando pour sauver son homologue ex-dictateur Yahya Jammeh au pouvoir depuis 1994.

Un montant de ‘’Plus de 11 millions de dollars manquerait dans les caisses de l’Etat de Gambie au moment où le président sortant s’envolait pour l’exil’’, rapporte un conseiller du nouveau président Adama Barrow.

L’activisme du général ex putschiste lui-même, contraste avec les réalités internes mauritaniennes où certains de ses concitoyens surtout Noirs subissent un enfer politique, administratif, social et économique. 

Ce 15 Janvier 2017, J’ai appris d’une  source sûre via certains   membres d’Union des volontaires pour le développement de soninkara en Mauritanie, a été marqué à Rosso par le retour de leader abolitionniste Biram Dah ABEID au terme d’une longue tournée en Afrique,  en Amérique et en Europe.  Accompagné de Coumba Dada KANE, le président d’IRA-Mauritanie a vu ses partisans repoussés et harcelés par les forces de l’ordre dépêchés en grand nombre par les autorités provocatrices. 
Après la journée tendue du 15 janvier, le show de provocation et d’intimidation s’est poursuivi à Nouakchott  le 16 janvier après-midi avec l’arrivée du président Biram et sa délégation. Gazés et pourchassés sans motifs, les partisans abolitionnistes ont été violemment dispersés avec des arrestations dans leurs rangs. Pourtant comme d’habitude, Biram a appelé au respect strict de l’ordre et au pacifisme qui sont les principes dorés de son engagement anti esclavagiste et contre le système  raciste de l’état sous la direction de l’homme qui s’est pris comme le chantre de la Paix dans notre  sous-région. 
Espérons qu’il sera animé par le même élan vers la paix au sein du corps citoyen mauritanien. L’ancien ordre par lequel les citoyens ne se valent pas, doit être défait à terme afin que la JUSTICE puisse TRIOMPHER UN JOUR CE PAYS qui traîne le qualificatif d’esclavagiste parmi les nations au 21ème siècle. 

Tribune signée par Mody BAGHAYOGHO


Source crédit : le mailing de l’auteur 

​Un Cri Osé : les dictatures s’imposent à travers nos « logiques » confuses et irrationnelles…!



À croire que certains néo anti-impérialistes frustrés sont sensibles pour la cause du dictateur #Jammeh , parce qu’il a sorti la Gambie du commonwealth (organisme composé en majorité des ex colonies britanniques). Ceux-là mêmes si l’Angleterre ouvrait ses portes, vont vouloir s’y bousculer avec toutes leurs communautés . Nous raisonnons par défaut en transposant nos humeurs circonstancielles sur des réalités têtues qui demandent une approche rationnelle. Une partie de l’opinion publique africaine tombe facilement dans des références analytiques par oppositions stériles et irréfléchies. Au lieu d’en vouloir aux puissances extérieures aux velléités impérialistes selon leurs intérêts, nous devons nous demander pourquoi nos dirigeants exploitent sournoisement nos faiblesses structurelles dans tous les domaines en nous maintenant dans l’éternelle situation d’être colonisable à tout moment. Les colons d’hier trouvèrent des failles ethnicistes parmi la mosaïque des peuples et des sous-peuples parmi nous, ce qui a facilité en partie leurs implantations par stratégies de discordes internes. Aujourd’hui encore, si les anciens colonisateurs sans écueils extérieurs , décident de refaire l’ordre d’antan, le processus pourrait être même plus rapide.  Parce qu’on constate un éveil plus large parmi nos entités identitaires, et cet élan de conscientisation favorise l’Homme tribal, ethnique et communautaire au détriment du patriote désintéressé  aspirant au statut d’Homme d’Etat. Aujourd’hui, dans un pays bien connu, quand une personne est promue ministre d’un état dit démocratique, c’est sa tribu ou sa communauté qui se considère honorée et promue. On peut même se permettre une fête tribale et ethnique à l’occasion. Ainsi l’échec ou le déclin est lu et vécu également selon cet ordre, aujourd’hui l’ethnie de Jammeh vit probablement son exil comme une humiliation , et nourrirait des ressentiments de revanche, alors qu’il n’était qu’un petit tueur accroc au pouvoir en confondant sa personne avec L’ÉTAT.



K.S

​Cri Osé : Nos grosses larmes de crocodile en Gambie..!

La Gambie, une bande de territoire au coeur du Sénégal s’est libérée ce soir de son dictateur fétichiste #Jammeh grâce à une conjonction de plusieurs facteurs. Le premier de ces derniers et le plus actif reste le choix osé et décomplexé du PEUPLE GAMBIEN. Et la suite n’est qu’un entêtement calculé du charlatan président battu sèchement pour trouver un gîte provisoire en espérant échapper à tout retour sur son passé humainement trouble voire tâché de sang. Finalement dans ses derniers soupirs de fin de partie annoncée par les forces de la CEDEAO , un autre ex putschiste s’est activé tardivement pour un sauvetage , et ce dernier a été rejoint par le président guinéen Alpha Condé pour soigner une sortie devenue inévitable. 

L’intrigue de ce film qui marque la fin du régime #Jammeh commencé en 1994, pour nous mauritaniens, est l’activisme intéressé de notre raïs vu et considéré comme un conciliateur colombe à l’opposé d’autres dirigeants de la sous-région qui ont accompagné sincèrement le processus post-vote en rassurant le président élu A. Barrow. 

Bravo à tous les INTERVENANTS pour cette issue arrangée qui évite les coups de feu qui allaient coûter des vies bêtement. 


Après,  on se permet une autre lecture par un décodage minutieux en comparant nos réalités intérieures en Mauritanie avec les manoeuvres agissantes du président pour la cause gambienne ou plutôt la cause Jammehienne. Notre général qui serait  préoccupé par la situation politique d’un pays frère, oublie étrangement en ostracisant sur plusieurs domaines une partie importante de son peuple. Si c’était  une autre partie expatriée du peuple en Gambie qui aurait motivé l’implication du raïs via un lobby pour éviter des perturbations de son business . Dans un pays où les rafles racistes visent les étrangers noirs principalement sans qu’il n’y ait le moindre mot officiel en aucun moment, on se demande comment les bons sentiments du président puissent être  largement généreux extra-muros. Le Sénégal démocratique de Macky Sall accueille le président élu, et tient un discours ferme face à Jammeh, et notre pouvoir habituellement tourné vers l’horizon arabe, s’est trouvé subitement  une « fraternité douteuse » à l’endroit de la zone d’Afrique noire. On se préoccupe pour les gambiens en Gambie alors que certains de notre propre peuple qui ressemblent aux gambiens physiquement, sont traités comme des intrus et humiliés socialement, économiquement et politiquement. Si notre président pouvait secourir avec le même punch tous les « damnés » victimes de l’enrôlement biométrique à l’intérieur comme l’extérieur, ça serait louable  .  Et un élément compte également, à Banjul, le mouvement IRA n’a pas créé une structure à ma connaissance , le contraire aurait certainement  impacté l’intérêt du raïs pour ce pays, connaissant son acharnement contre la diplomatie militante IRAOUIE.

En résumé, on est inquiets pour le sort d’un « peuple ami » alors qu’à l’intérieur on fait semblant d’ignorer les humiliations quotidiennes vécues par l’écrasante majorité de son propre peuple. Au final, la fraîchement « ministrée » comme dirait mon ex prof de lycée Sneiba, qui a versé les larmes de crocodile au sein de l’assemblée nationale pour les palestiniens, était sur la même ligne sentimentale que son parrain président. 

Notre modeste devoir est de constater et  surtout faire remarquer en guise de TÉMOIGNAGE DES CONSCIENCES.


K.S








Interview exclusive de Biram Dah Abeid, président de l’IRA : 《 Mon rôle se joue en Mauritanie, pas ailleurs, que je sois en liberté ou en prison》


«Certains segments du pouvoir cherchent à m’éliminer physiquement. Mon rôle côtoie le risque. Je vis avec le risque. Pour mon combat, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice. »

Après une absence de près de huit mois et une campagne internationale en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe pour dénoncer ce qu’il considère être «la situation catastrophique des droits de l’homme en Mauritanie, notamment l’esclavage, la discrimination et le racisme », Birame Dah Abeid, président du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) s’apprête à rentrer en Mauritanie. Ce sera le 15 janvier 2017 par le bac de Rosso. Une date et un lieu symbolique, car c’est à Rosso, le 15 janvier 2015, qu’il a été condamné à 2 ans de prison fermes par le tribunal régional, en compagnie de son vice-président Brahim Bilal Ramadan et Djiby Sow, président de Kawtal, après une Caravane contre l’esclavage agricole. Il nous a accordé cette interview exclusive, à quelques jours d’un retour à haut risque que l’opinion nationale et internationale va suivre avec la plus grande attention.



En dehors d’un certain symbolisme, pourquoi avez-vous décidé de revenir en Mauritanie maintenant à cette date précise, au moment où beaucoup pense que vous risquez d’être arrêté dès votre arrivée ?


Je vous remercie pour cette interview qui arrive à point nommé. Je n’ai jamais dit que j’ai quitté la Mauritanie pour ne jamais y revenir. J’ai quitté la Mauritanie au lendemain de ma libération de prison pour recevoir le Prix Heroes pour la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes que le Département d’Etat américain, par le biais de John Kerry, devait me remettre à moi et à mon vice-président Brahim Bilal Ramadan qui m’accompagnait. C’est en ce moment que nous avions appris l’arrestation de 13 membres du bureau exécutif de l’IRA, suite à une manifestation manigancée par le pouvoir et ses tentatives forcenées de décapiter notre mouvement. Cela, en utilisant tous les moyens, la torture, l’instrumentalisation de la justice et des médias publics et privés. Suite à la mise en place d’un comité de crise que nous avons créé d’urgence pour faire face à cette énième agression,  des discussions se sont engagées entre les membres. J’avais opté pour un retour immédiat au pays, mais j’ai été mis en minorité par la majorité qui a opté pour une contre-offensive et une stratégie de riposte à partir de l’extérieur. Riposte à travers tous les leviers de la communauté internationale, ONGs, missions diplomatiques, organismes internationaux, Etats démocratiques, mais aussi médias internationaux du monde libre et différentes organisations des droits de l’homme en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, mais aussi en Australie.
Sur un autre front non moins important, il fallait mobiliser la logistique, d’abord au profit des détenus (nourriture, bien-être) mais aussi au profit de leurs familles et aux militants du mouvement, sauvagement torturés et blessés par les forces de l’ordre. Nous avons dû subvenir à leurs soins et à la prise en charge des familles des prisonniers, mais aussi des prisonniers eux-mêmes. Tout cela, nous l’avons mobilisé à partir de l’extérieur.
J’avais dit à mes amis que le jour où l’enquête sur l’affaire «Edebaye Bouamatou » sera clôturée par le pouvoir judiciaire inféodé au pouvoir politique mauritanien, et que je serais cité comme accusé, je débarquerais à Nouakchott. C’était la décision sur laquelle le Comité de crise a trouvé le consensus. J’ai initié et dirigé l’offensive à partir de l’extérieur, avec la présidente Coumba Kane, Bakary Tandian, Sikam Sy et Abidine Merzough. Nous avons commencé à mettre en place notre dispositif d’attaque pour déconstruire les mensonges du gouvernement mauritanien sur une prétendue orchestration de la violence par IRA à «Edebaye Bouamatou ». Moi-même j’ai présidé aux contacts et à la coordination avec la société civile et politique mauritanienne, avec le barreau. Ce qui a abouti à la constitution d’un front large et compact au niveau national contre les mensonges du gouvernement à propos de cette affaire. Cette action a été renforcée par la grande mobilisation que nous avons pu drainer sur le plan international, englobant les grands Etats démocratiques du monde, les organisations internationales, les Nations Unies, les Etats Unis, l’Union européenne, la Commission africaine des droits de l’Homme, mais également les ONG internationales des droits de l’homme, ainsi que les médias internationaux.
J’ai continué sur une tournée internationale très réussie, et très médiatisée y compris sur le plan national. C’était une bataille rangée entre nous et le gouvernement mauritanien, une bataille diplomatique dans laquelle le pouvoir a subi des défaites retentissantes et cuisantes. Les revers qu’il a subis en Afrique, que nous sillonnions pour la première fois, pour prêcher la cause des victimes d’esclavage, de racisme et du manque de démocratie en Mauritanie.
Nous avons aussi réussi à obtenir de la Commission africaine des droits de l’homme, durant sa session d’octobre 2016 à Banjul, une condamnation de la Mauritanie, pour la première fois, sur les pratiques de l’esclavage et la connivence du pouvoir mauritanien avec les criminels de l’esclavage.
Nous avons également réussi à obtenir la condamnation inédite et lourde de conséquences pour la Mauritanie, quand les sept rapporteurs des Nations Unies, dans une position commune, ont condamné la Mauritanie et lui ont demandé des comptes à propos des pratiques des pouvoirs judiciaires et policiers contre les détenus d’IRA et contre le mouvement. Nous avons aussi obtenu la même condamnation de tous les gouvernements du monde, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe. Il s’agit de victoires sans précédent de l’IRA, victoires que j’ai personnellement dirigé et coordonné avec mes amis ainsi que les partenaires du mouvement.
A la fin de cette mission hautement réussie, j’ai décidé le 17 décembre passé, lors d’une conférence de presse de clôture à Paris, de rentrer au pays. Cette rentrée est symbolique bien sûr, car il y a beaucoup de menaces qui fusent de la Mauritanie à mon égard, promesses qui, s’ils ne proviennent pas du pouvoir, viennent de milieux qui lui sont très proches. Des menaces sensées faire peur à Birame de ne pas rentrer au pays. Mais mon rôle et ma place sont en Mauritanie, que je sois libre ou en prison. Mon rôle, je le joue en Mauritanie, pas ailleurs, je l’ai toujours dit. J’ai terminé ma mission, j’ai clôturé ma tournée et rempli le mandat qui m’a été délégué par le Comité de crise de IRA au lendemain de l’emprisonnement de nos camarades. Maintenant, je rentre au pays.
Avant de venir, ceux qui veulent préparer pour Birame ce qu’ils prétendent préparer, eh bien, je suis sur le chemin de retour. Le 15 janvier 2017 le matin, je quitterais Rosso Sénégal pour rejoindre par le Bac, Rosso Mauritanie, le plus naturellement du monde.
Je saisis cette occasion pour dire à tous les militants, de rester vigilants, de ne pas céder à la provocation, de rester attaché à l’action pacifique, légale et reconnue par la Constitution mauritanienne. Je les adjoins d’être attentifs à l’infiltration de la part de personnes de mauvaise foi, pour pousser des militants non avertis à la violence. N’acceptez pas les infiltrations et le détournement de notre action pacifique. J’invite aussi tous les observateurs, toutes les ONG et tous les partis politiques mauritaniens, à observer ce processus de retour, pour pouvoir témoigner.

Ne craignez-vous pas pour votre vie ? L’assassinat politique est en vogue de nos jours. Un suicide maquillé ou un meurtre commandité, n’est pas à exclure. Vous n’avez pas peur ?



 

Des rumeurs me sont déjà parvenues, qu’il y a une faction du pouvoir dominant, fraction politique et sécuritaire, qui milite pour une élimination physique, maquillée, comme vous l’avez nommé. J’en ai déjà fait part à certaines personnes représentatives d’institutions internes et externes à la Mauritanie. Ceci est une grosse aventure, une aventure diabolique vers laquelle tire le segment le plus dangereux des groupes au pouvoir. Néanmoins, je pense qu’il y a un minimum de responsabilité qu’on peut escompter de la part des autres segments de ce même pouvoir. Je pense aussi que les uns et les autres ne manqueront pas de réaliser les conséquences extrêmement graves pour l’avenir, l’existence et l’unité de ce pays en cas de pareille action. Quant à moi, je suis dans mon rôle et ce dernier n’a jamais été exempt de risques. Mon rôle côtoie le risque. Mon devoir est de jouer ce rôle jusqu’au bout, avec le maximum de précaution pour la vie et la sécurité des citoyens mauritaniens, pour la paix entre les citoyens mauritaniens, et par de-là la Mauritanie, pour la paix dans le monde. Pour cet engagement, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice.

Au cas où vous ne serez pas inquiété et que vous rejoindrez Nouakchott en toute quiétude, comment comptez-vous vous y prendre pour remobiliser des troupes longtemps démobilisées par votre longue absence ?


Je ne pense pas que nos troupes aient été à un quelconque moment démobilisées. Je crois que les troupes sont toujours mobilisées et ont toujours démontré leurs capacités à persévérer dans leurs contestations populaires, légales et pacifiques face à l’arbitraire en Mauritanie. Durant l’incarcération de nos camarades à nos jours, il y a eu des manifestations pacifiques, de nombreuses personnes, femmes et jeunes, dont les pieds et les bras ont été brisés par les forces de l’ordre ; il y a les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, sur les interfaces des sites d’information, sur ceux des organisations nationales et internationales des droits de l’homme. Les images montrent la poursuite des manifestations par les militants d’IRA et les répressions féroces auxquelles ils font face.
Il y a cette violence indicible qui se déchaîne chaque fois que nos militants manifestent pacifiquement. La plus récente il y a deux jours devant le ministère de la justice. Il y a eu passage à tabac et agressions injustifiés de militants, certains ont été conduits dans des cachots et torturés par la police mauritanienne. Cette option est une vieille option qui ne nous poussera pas à la violence.
Moi je vais retourner au pays et ce sera les retrouvailles avec les militants. Nos actions se poursuivront avec les yeux rivés vers le bagne de Bir-Moghreïn où sont encore incarcérés nos militants, Moussa Birame, Abdallahi Diop et Abdallahi Maatala Saleck.
D’autre part, quand je rentrerai au pays, j’ai une plateforme de propositions pour le sursaut national, un plan de sauvetage du pays que je vais proposer à des membres de la société civile et politique mauritanienne représentative de ceux qui sont au pouvoir, mais aussi de ceux qui sont dans l’opposition. Le contenu de cette plateforme est le fruit de beaucoup de réflexion et d’échanges avec plusieurs personnes attachées à l’unité et à la paix dans ce pays, mais aussi à l’alternance pacifique et paisible du pouvoir en Mauritanie. Ce contenu sera divulgué aux médias quand les conditions le permettront et selon la réaction et l’intérêt qu’il suscitera auprès des parties concernées.

Le pouvoir n’est-il pas parvenu à vous détourner de votre combat contre l’esclavage en vous mobilisant d’une façon quasi-permanente autour de manifestations pour la libération de dirigeants ou de militants emprisonnés ?



Je pense que le ciblage de plus en plus grossier, à la fois systématique, récurrent et continue de l’IRA, est une preuve suffisante de l’impact très certain et fort du mouvement aussi bien au niveau national qu’international. Il est le résultat du très fort déploiement diplomatique de l’IRA sur le plan international. Ce qui lui a permis de remporter les différents duels contre le pouvoir. L’impact de l’IRA est aussi celui d’avoir remporté tous ses procès contre le pouvoir. Il n’y a pas un seul procès, parmi les nombreux procès intentés contre le mouvement depuis sa naissance, où le pouvoir mauritanien est sorti victorieux, malgré l’inféodation du pouvoir judiciaire et son instrumentalisation. Ce qui a permis à IRA de démontrer sa supériorité morale sur le pouvoir, sa capacité de résistance et celle de ses militants. Il est très rare que des membres du mouvement sortent de prison, en faisant allégeance au pouvoir ou en se soumettant à lui. Ils en sortent souvent encore plus engagés et plus déterminés dans leur combat, avec le moral intact et toujours debout, malgré les sévices et les brimades. Cette ténacité est rare dans notre paysage politique. Ténacité face à la peur et à la corruption.
Ces batailles judiciaires pour la décapitation ou la démobilisation du mouvement IRA, que le pouvoir nous assigne à longueur d’année, c’est le pouvoir qui y perd sa légitimité, sa crédibilité et tout simplement sa face. Ces emprisonnements de militants et dirigeants d’IRA sont pour nous de grandes tribunes de plaidoyer pour dénoncer les grands maux dont souffre la Mauritanie et qui ont pour noms, l’esclavage, le racisme, l’exclusion, la discrimination, la gabegie, etc.

Que pensez-vous de la reconnaissance par le pouvoir du parti de Daoud Ould Ahmed Aîcha et celui de Saad Ould Louleïd ?



Cette reconnaissance est un non évènement. Elle va dans le sens de l’agitation qu’orchestre le pouvoir pour désinformer l’opinion. Le régime insinue que l’avènement de l’IRA Mauritanie, qu’il considère comme une organisation extrémiste et sectaire, a suscité d’autres extrémismes. Mais l’extrémisme et le racisme sont les instruments de domination du pouvoir. Nous, nous luttons justement contre ce racisme institutionnalisé et mortel, qui traverse et gangrène toutes les institutions civiles, militaires et sécuritaires du pays, y compris les institutions financières, religieuses et même éducatives. C’est le racisme d’Etat mauritanien qui a été aiguisé par l’extrême droite arabo-berbère que représente le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils ne peuvent pas détourner le regard de la communauté nationale et internationale qui observe et dénonce l’arbitraire et le sectarisme du pouvoir. Cette manœuvre qui consiste à chercher à détourner le regard de l’enracinement du racisme au sein des institutions et du pouvoir mauritanien vers d’autres personnes, dont les propos et les actes n’ont aucun impact sur la vie des populations, cette manœuvre ne peut pas nous tromper. Nous continuerons quant à nous à lutter contre le racisme institutionnalisé et le sectarisme perpétré par des personnes et des institutions qui symbolisent l’Etat mauritanien, à savoir le Chef de l’Etat, le gouvernement, le parlement, les tribunaux, les institutions judiciaires, les institutions sécuritaires. C’est ça le racisme qui menace la paix civile et les droits des Mauritaniens dans leur intégrité physique et morale.
Ce monsieur, Daoud Ould Ahmed Aïcha, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. S’il est raciste, son racisme est individuel et n’a aucune incidence sur la chose publique. Un seul juge ou un seul policier peut s’en occuper, il va se calmer. Le premier jugement et la première garde-à-vue suffiront à le remettre à sa place. Je pense et j’ai des preuves, c’est quelqu’un qui a eu un mandat de la part des services de renseignement pour jouer au trouble-fête, pour permettre au pouvoir de l’utiliser comme expiatoire, pour détourner les regards du véritable racisme d’Etat qui sévit de manière multiforme contre les populations. Mais ça ne marchera pas avec IRA.

Que pensez-vous du rôle que joue Saad Ould Louleïd, accusé par certains de vouloir déstabiliser le mouvement IRA ? Quel regard portez-vous sur le personnage ?


Je ne suis pas très porté à faire des jugements sur des personnes. Je pense que lorsque Saad était avec nous, il était engagé à nos côtés. Comme il nous a quittés, moi je n’ai pas l’habitude de commenter les actes et les paroles des gens qui ont quitté IRA.

Quel regard portez-vous sur la situation politique en Mauritanie ?


Je pense que la scène politique mauritanienne, comme la société civile et le cercle des droits de l’homme, est malheureusement minée. Il y règne un climat très malsain parce que le pouvoir en place a agi de la sorte en essayant de dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, dans une démarche non conventionnelle ni politique, dans un dressage ethnique, sectaire et religieux. Le pouvoir manipule les sentiments religieux des Mauritaniens pour leur dire, «Je suis avec Dieu et l’opposition est avec le Diable », pour leur dire aussi «Je suis avec l’Islam et les défenseurs des droits de l’Homme sont contre l’Islam». Je pense que nous sommes en train de filer tout droit vers le mur, si cette bombe n’est pas désamorcée. Il y a la fanatisation grandissante d’une partie des Mauritaniens contre d’autres, la fanatisation d’un certain segment religieux, social, politique et ethnique contre d’autres. Le pouvoir à mon avis a agi avec beaucoup d’irresponsabilité ces dernières années, en instrumentalisant le sentiment religieux à chaque occasion et en menant des propagandes qui peuvent conduire à des surenchères de non-retour. Il est temps que les segments responsables au sein du pouvoir en Mauritanie se ressaisissent et que le Chef de l’Etat revienne à la raison, qu’ils sachent tous qu’on ne peut pas prospérer sur ce genre de manipulation extrêmement dangereux et sensible. Le pouvoir doit reconnaître que l’Islam est la religion de tous les Mauritaniens et que toute la population est musulmane. S’il y a des différences et des oppositions, ce n’est pas entre pro-Islam et anti-Islam. C’est un faux débat. C’est un dangereux débat. Un débat irresponsable. Je pense que l’élite politique a déserté le terrain pour laisser la place à une élite ethniciste qui défend l’idée erronée selon laquelle un prétendu danger menacerait l’Islam en Mauritanie. Cette théorie du complot nous éloigne de l’objectivité et de la raison tout court. Je peux illustrer ces propos à travers la position adoptée par le vice-président du parti Tawassoul et député à l’Assemblée nationale, Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh. Un homme qui n’a jamais caché son antipathie pour le combat d’IRA, mais qui, convaincu de la torture subie par les militants du mouvement en prison, s’est levé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour interpeller le ministre de la Justice et dénoncer des pratiques qui selon lui «n’existent même pas dans les geôles d’Israël » réputés pour leur férocité. La grande partie des réactions, exprimées par des personnes sensées comme lui défendre l’intégrité physique et morale de citoyens mauritaniens, abstraction faite de leur appartenance idéologique, prouve que l’amalgame est déjà très grand. Beaucoup ont reproché à Mohamed Ghoulam d’avoir dénoncé la torture, tout simplement parce que les personnes concernées appartiennent au mouvement IRA. Ce qui est extrêmement grave. Je salue au passage et je rends hommage à l’objectivité de ce député, bien que nous ne défendions pas les mêmes convictions politiques. Il suffit que nous partagions ensemble les mêmes valeurs, comme l’intégrité physique et morale des personnes et que nous condamnions toute forme de torture.

Quels sont vos projets à quelques encablures d’une transition politique très attendue en 2019 ?



Mes projets, et celui du mouvement IRA, est de participer dans les premières lignes à ce que les Mauritaniens puissent réaliser une transition démocratique et une alternance politique apaisée. Pour cela, nous allons continuer à nous adosser au droit national et au droit international. Nous continuerons à jouer le rôle de soldat vigilant de la société, à veiller au respect des lois individuelles et collectives, au respect des procédures juridiques et démocratiques constitutionnelles, basées sur l’état de droit. Nous continuerons à donner le sacrifice nécessaire pour que la Mauritanie sorte sans dégâts du marasme et des crises multiformes qui la taraudent.
Nous lançons dans ce cadre un appel à l’opposition dans ses différents compartiments, associations civiles et politiques, afin qu’elle s’unisse dans un climat démocratique et dans un sursaut national, afin de prémunir le front de l’opposition des dissensions et des phagocytages qui la menacent à la veille de ce processus de transition encore incertain et périlleux. Nous lançons un appel à l’opposition politique traditionnelle et l’invitons à faire les concessions nécessaires à l’opposition sociale, celle des droits de l’homme, afin de répondre à l’espoir et à l’adhésion des larges pans de la population mauritanienne victimes d’esclavage, de racisme, de paupérisation, et d’exclusion sociale et économique. Nous lançons le même appel à l’opposition sociale, dont IRA est la plus représentative. Le ticket gagnant est la jonction entre ces différentes oppositions. Nous à IRA nous allons consentir à toutes les concessions qui ne touchent pas à nos principes et à nos engagements. En deuxième point, nous lançons un appel au pouvoir et à ses segment qui ont usé de tous les simagrées pour s’offrir des privilèges indus, en les invitant à se ressaisir et à s’inscrire dans le repentir et le rachat de conscience face à leur peuple. Je lance un appel à tous les ponts civils et militaires qui sont capables de revenir à la raison et d’agir en toute responsabilité, car le recyclage est encore possible, à travers des discours ou des actions solennelles. Tout cela ne  fera que consolider la paix et la concorde. Le Chef de l’Etat lui-même, Mohamed Ould Abdel Aziz, peut être utile en cette période, s’il accepte sans rancœur, sans regret et en toute humilité, de se comporter en ancien Chef d’Etat responsable de son peuple et de la situation qu’il va lui léguer, en garantissant une transition démocratique et paisible susceptible de conduire à une alternance politique réussie.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara

 

Source crédit : aidara.mondoblog.org 

​MAURITANIE: DES SEMPITERNELS POURQUOI.

Un certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.

 

Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple syrien, palestinien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent. On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.

 
– Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère dans sa majorité (pas toute bien sûr) exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple syrien, palestinien, irakien depuis toujours, pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid et de l´esclavage en Mauritanie ?

 
– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des quêtes en faveur des enfants Syriens, Palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de déportés Noirs Mauritaniens au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?

 
– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste entre 1986 et 1990 ?

 
L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?

 
– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?

 

– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?

 

Qu’est-ce qui nous importe au fait ?

 

C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.

 

Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence. 

La lutte continue!
Post FB     Kaaw TOURÉ

Le cas ​Mkheitir questionné : Quand nos vraies intentions nous rattrapent..!!

Nous l’aimons et chérissons. Nous invoquons les Prières du Dieu Tout Puissant en sa faveur au minimum 10 fois dans une journée rituelle normale. Nous reconnaissons et proclamons qu’il est d’un caractère sublime et meilleur de la Créature. Nous admettons suivre son modèle en TOUT…oui en TOUT peut-être…!?

Nous croyons que Sa Vie est une grande leçon pour nous et que son apparition parmi l’humanité est une Miséricorde pour les Mondes. 
Mais tristement, certains parmi nous qui s’arrogent presque l’exclusivité de son patronage spirituel et savant, se sont formés en ordre clérical légitimant nos organisations sociales qui sont aux antipodes de la société prophétique révolutionnaire du 7ème siècle. Au cours de ce dernier, un ordre social MIRACLE permit à un Noir fraîchement délié du joug esclavagiste, d’être accepté et introduit dans la tribu Koreichite par le lien matrimonial. Ainsi cette société bâtie sur une CORDE INÉBRANLABLE qui est la FOI, fit du délaissé et dénigré par l’ancien ordre arrogant et ignorant, UN DIGNE qui s’opposera avec ÉNERGIE aux conditions qui furent les causes premières de son statut d’antan. Dans cette même société du 7ème siècle , le fils adoptif du LOUÉ méritant les louanges innombrables, épousa la cousine de ce dernier. Ce fils adoptif, qu’on admet d’être issu d’un statut subalterne, eut déjà et aussitôt la possibilité d’être dans la famille très proche de Celui qui sans doute ne l’avait jamais traité comme « esclave » selon nos références à nous dans nos sociétés dites musulmanes d’aujourd’hui.  

Il faut avoir le COURAGE de dire que nos sociétés majoritairement musulmanes ne peuvent en aucune manière se mesurer à cet ordre social presque idéal du 7ème  siècle qui regissait les rapports humains dans la DIGNITÉ et la NOBLESSE de caractères. Nous, aujourd’hui, le formalisme est devenu une référence des conventions sociétales par lesquelles les anciennes considérations du temps du paganisme, sont entretenues et mises en avant. Nos sociétés sont hiérarchisées en « purs » et « impurs » au 21ème siècle , presque 15 siècles après la RÉVOLUTION POUR L’HOMME HUMBLE au coeur du Hedjaz d’Arabie. Aujourd’hui pour démasquer le mimétisme fait du paraître, aller voir un chef religieux pilier de l’ordre social de son milieu, s’il accepte de suivre l’exemple du Prophète en intimant une proche d’épouser un homme d’ascendance « servile ». On dirait que c’est encore tôt, il faut mieux attendre le changement des mentalités dans le futur. Bilal , le compagnon habashi de l’ordre social prophétique, ne fut pas recalé dans une condition inférieure en attendant plusieurs générations pour une éventuelle préparation de mentalités. La réalité aujourd’hui chez nous, est que tout s’organise en aclamant bruyamment notre SUPER AMOUR au Prophète (PSL) tout en haïssant foncièrement son Modèle Communautaire. Notre tri sélectif est flagrant , on voudrait apparaître comme une communauté par les hysteries collectives de circonstances et sans véritable fond, alors que chacun d’entre nous urge à référer à l’héritage de ses ancêtres d’abord quand on appelle au modèle sociétal promu il y a  plusieurs siècles par Celui qu’on défend avec zèle  même par l’appel ouvertement au meurtre d’un parmi nous. 

En ce début de l’année 2017, notre jeune compatriote risque toujours la peine de  mort en Mauritanie. L’appareil étatique qui utilisait au départ l’affaire du jeune blogueur , semble être dépassé par un magma diffus d’hommes et de femmes qui veulent se faire du forgeron. Ceux qui par remontrances pour le regard de l’international musulmanisme, veulent le châtier, oublient que si le modèle de société mis en place et légué par le Prophète  (PSL) au 7ème siècle, était suivi ou avait inspiré nos références communautaires, Mr Mkheitir le mualem « impur » n’aurait pas probablement eu la réflexion polémique. Nous vivons dans une certaine ambiguïté comme croyants, on se rappelle mutuellement pour invoquer la Miséricorde de la Verticalité alors qu’on se refuse entre nous les Rapports Dignes sur l’échelle horizontale. Le cas Mkheitir est une ÉPREUVE PROFONDE pour nos sociétés dites musulmanes et surtout pour l’ordre clérical tribalo-ethnique. Apparemment pour l’instant les passions obscurantistes ont eu raison sur les urgentes leçons à tirer de cette ÉPREUVE. 
Posons en toute simplicité et en toute sincérité…UNE SEULE QUESTION, Pourquoi Mr Mkheitir s’est plaint du statut de forgeron dans nos sociétés dites musulmanes…? 

L’épreuve est finalement pour chaque CONSCIENCE…RÉFÉRENCE PROPHÉTIQUE  ou références ancestrales..? ??

K.S

Regardez « L’érudit Soninké Abdoulaye Traoré auteur de deux livres,  dénonce l’esclavage  » sur YouTube

Source crédit : Militant abolitionniste Diko Hanoune