Biram Dah Abeid : “Ce que vivent les sénégalais, gambiens, ivoiriens et guinéens en Mauritanie”

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«La vérité sur l’esclavage en Mauritanie»

  Il est sans conteste la figure de proue de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Biram Dah Abeid, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un militant des droits humains, homme politique mauritanien, qui mène depuis des années, un combat farouche, mais pacifique, contre cette pratique qu’on croyait révolue depuis des siècles.

Incarcéré pour avoir incinéré en public le «Code noir», composé de livre qui, dit-il, légitiment cette pratique tout en la drapant d’un voile islamique, Biram, comme l’appellent affectueusement ses proches, vient fraîchement de sortir de prison. Il s’est entretenu avec Seneweb sur cette épineuse question de l’esclavage dans la société mauritanienne.

Qui est Biram Dah Abeid ?

Je suis le Président d’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une organisation militante des droits humains en Mauritanie qui place au centre de ses activités, la lutte contre l’esclavage, toujours pratiqué chez nous. En Mauritanie, 20 % de la population, c’est-à-dire entre 500.000 et 800.000 personnes, continuent à pâtir de l’esclavage domestique, suivant une gradation inégale, compte-tenu de la géographie, du milieu de naissance et du degré d’éloignement des grands centres urbains. Au moins 50% des mauritaniens subissent, toute leur vie durant, les effets psychologiques et symboliques de l’infériorité raciale, car il s’agit aussi de cela, de cette propriété exercée sur un être humain par son vis-à-vis, il résulte que la majorité relative des mauritaniens naissent esclaves, ils sont attachés à la famille de leurs maîtres qui ont sur eux, le droit de vie et de mort. Nombreux travaillent sans repos, sans salaires au profit de leur maître. Ils n’ont pas le droit à l’éducation, de se déplacer, de voyager ou de se marier, sauf avec l’assentiment de leur propriétaire. Le maître aussi a le droit de cuissage sur toutes les filles ou femmes esclaves. Par exemple, un maître qui a 100 femmes esclaves filles, peut en abuser sexuellement, sans restriction de nombre ni d’échéance. Il en a le droit, entre guillemets, c’est-à-dire le Droit Mauritanien, le Droit édicté par le code d’esclavage de la communauté dominante mauritanienne, les arabo berbère. Ils l’appellent le livre islamique, mais nous, nous l’appelons le livre esclavagiste, le livre anti islamique. C’est cette littérature de la honte que moi, personnellement, j’ai incendié, en public, dès le mois d’avril 2012.

Quel message vouliez-vous lancer en incinérant publiquement ce livre ?

C’était un message en deux temps : Le message concerne d’abord la communauté des esclaves, ensuite la communauté des esclavagistes, c’est-à-dire, respectivement, les Hratins ou Maures noirs pour certains, et qu’on appelle au Sénégal les «Naar bou nioul» et la communauté arabo berbère qu’on appelle ici «les naar ganar» ou “naar bou khess”.

Aux descendants d’esclaves, j’ai souhaité dire que cette prose n’a rien d’islamique. Ils sont assujettis par ces sources qui décrètent d’abord l’inégalité entre humains, entre la femme et l’homme, entre le musulman noir et le musulman blanc. Elles autorisent aussi la vente des esclaves, c’est-à-dire le négoce des êtres humains, musulmans et Hratins mauritaniens. Qu’ils soient gagés, cédés ou loués, il a été créé, au service de cette infamie, un prétendu «droit musulman», que nos écoles et université islamiques enseignent encore. Les auteurs autorisent aussi la castration des esclaves.

Quand un Hratin se distingue par sa beauté ou tout autre attrait physique, le maître arabo berbère pouvait le castrer pour éviter un mélange de sang, afin que les femmes ou les filles du maître ne soient tentées par des aventures sexuelles constitutives de mésalliance, voire source de dégradation de la généalogie. Ces références rendaient aussi licites les châtiments corporels très durs, comme la torture, l’amputation des esclaves s’ils essayent de s’évader. De même, le droit de cuissage comportait la légalisation du viol des femmes et filles esclaves, par leur maître.  La fille esclave est l’objet d’apprentissages sexuels des enfants du maître, un objet de désir du maître, du cousin du maître et même de l’étranger, hôte de passage chez le maître. Elle est sujette à la concupiscence, taillable et corvéable à merci. Les licences et principes établis dans ces documents ont été confectionnés pour assujettir des êtres humains, du fait de leur ascendance noire ; ils permettent de couvrir l’esclavage d’un voile d’Islam et de sacralité. A cause de cette tricherie séculaire, nous, nous avons voulu porter un coup contre le dogme, démanteler la doctrine, exposer nûment la légitimation de l’esclavage et l’islamisation de l’eugénisme arabo-berbère.

Votre message au monde extérieur ?

Bien entendu, il s’agissait de montrer, à la communauté internationale, que même si la Mauritanie a ratifié toutes les conventions internationales sur les droits humains, elle n’a jamais respecté ses engagements, elle applique des livres qui vont en contresens de la déclaration universelle des Droits de l’homme. Nous avons voulu délivrer un message aux autres musulmans pour leur dire que la Mauritanie est un pays membre de l’Organisation de la Conférence islamique, mais qu’elle applique les pratiques les plus «jahilistes», les plus antéislamiques et anti islamiques. Enfin, nous nous employons – et ce n’est pas tâche ardue – à démontrer combien ces pratiques illicites violent la parole de Dieu dans le Coran et les actes fondateurs du Prophète Mohamad (Paix et salut sur Lui) dans sa sagesse et sa Sunnah.

Pensez-vous que votre message a été bien perçu ?

Je pense que certaines parties ont été très réceptives comme la communauté des esclaves, des hratins, pour qui, l’incinération de ces livres a constitué un déclic, une insurrection morale et populaire contre l’esclavage ; ainsi témoigne leur adhésion massive à IRA Mauritanie et leur opposition, à notre condamnation, mes camarades et moi, de manière vigoureuse et populaire, par des manifestations publiques dans les villes de l’intérieur du pays et à Nouakchott. La mobilisation des populations hratins, ainsi que des forces amies, aura permis ma sortie de prison. J’ai été très fier de l’acte de destruction des livres infâmes et me réjouit de son impact psychologique auprès des victimes de l’esclavage et sur les descendants de maîtres.

Les institutions de droit de l’homme dans le monde ont aussi compris que la Mauritanie jouait  un double jeu, un jeu de duplicité, qui nargue le monde, discrédite la Umma musulmane, transgresse le Droit international et le Droit musulman. Le pouvoir en place, incarné par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, continue de maintenir sa complaisance à l’endroit des forces obscurantistes et esclavagistes. Pour s’assurer le soutien des propriétaires d’esclaves arabo berbères, il mène une guerre sans merci contre IRA Mauritanie, contre ma personne, contre le Droit international et contre les prescriptions authentiques de l’Islam. Ce faisant, il se dresse en travers de l’égalité, de l’équité, de la compassion et de la paix. D’expérience, vous savez que ce genre d’homme finit par tout perdre, non sans avoir précipité son pays dans l’incertitude existentielle.

Quelle serait la solution pour mettre un terme définitivement à l’esclavage en Mauritanie ?

Le général Aziz et ses soutiens parmi les groupes pro esclavagistes obscurantistes qui détiennent le pouvoir et tous les leviers de commande en Mauritanie, devraient faire la place à l’expression populaire antiesclavagiste, symbolisée par l’IRA Mauritanie et Biram Dah Abeid. Ira Mauritanie a été une organisation interdite dès sa création. Le pouvoir lui a mené une guerre d’usure, harcelé avec des poursuites, des arrestations systématiques et massives de ses membres, des emprisonnements, des simulacres de jugements et des condamnations.  IRA est une organisation qui vit dans des conditions difficiles, sous le régime de l’interdiction totale. S’ils sont aussi démocrates et abolitionnistes qu’ils le prétendent, les concepteurs et promoteurs du système d’hégémonie ethno-tribale seraient inspirés de jouer le jeu franc du pluralisme, avec l’IRA qui est un mouvement d’idées, une force de propositions politiques, mais aussi une organisation des droits de l’homme, bientôt dotée de ramification dans les syndicats, les associations d’élèves et d’étudiants et toutes les forces vives.

Qu’attendez-vous des institutions africaines et internationales ?

Si l’Union africaine, la communauté internationale, les Nations unies, l’Ue, les Etats  partenaires de la Mauritanie comme les Usa, la France, l’Allemagne, l’Espagne, mettent la pression nécessaire sur l’Etat Mauritanien pour qu’il se plie aux règles du jeu inclusif de la démocratie, IRA remporterait certaines élections. Représentée et non plus exclue, elle tendrait la main à tous les mauritaniens, pour éradiquer l’esclavage, ensemble, en vertu de la loi. Il y aura aussi d’autres mesures d’accompagnement, tel un plan national d’éradication, financé durant une décennie, sur les fonds publics. Un pourcentage des recettes de l’Etat devrait alimenter le fonds de développement et de prévoyance, au profit exclusif, des Hratins. Ira pourra aussi mettre en branle un processus de vérité  de justice et de réparation  pour les  autres populations noires – les peulhs, les soninkés, les wolofs et les bambaras – victimes, moins anciennes certes, d’un racisme primaire, alimenté par l’Etat, notamment en matière foncière et domaniale. Ces composantes nationales ont enduré une tentative de génocide orchestrée par une partie de la même équipe actuellement au pouvoir  en Mauritanie. Sous couvert de fraternité et de pardon « islamique », de prières et de mots de diversion, l’impunité couvre encore les auteurs de centaines d’assassinats et de déportations par milliers.

Après l’incinération du livre, quel sera votre futur objectif ?

Nous visons la présidence de la République Islamique de la Mauritanie pour l’élection de 2019. C’est ce que nous préparons. Nous avons entamé  la préparation de cette prise de pouvoir pacifique par la voie des urnes depuis l’élection de 2014 où je me suis porté candidat, in extremis. Alors, je manquais de tout, mon  parti était interdit, mon Ong était interdite – ils le sont toujours -, les soutiens nous faisaient défaut et nous récoltions l’hostilité des partis traditionnels. Opportuniste, le pouvoir en place a pensé que nous jouerions pour lui un rôle de faire-valoir. Mais lorsque nous nous sommes engagés dans cette élection, même avec un manque de moyens cruels, nous pûmes faire entendre la voix d’IRA dans toutes les régions de la Mauritanie ; j’ai ainsi réussi à  engranger un peu moins de 10% des voix. Ces résultats sont confirmés par les autorités officielles qui ont utilisé une fraude massive. Et l’espoir est né au sein des différentes franges de la population mauritanienne.

Etes-vous soutenus dans ce combat par les Etats et institutions d’Afrique ?

Je lance un appel aux Etats Ouest africains, et à l’Union africaine. Quand les pays occidentaux, les diplomates occidentaux et les organismes internationaux dénoncent l’injustice, l’oppression, le harcèlement des militants, il paraît peu flatteur, par comparaison aux ambassadeurs africains accrédités à Nouakchott qui restent silencieux. Il est inconséquent que l’Union africaine et la Cedeao restent silencieuses. L’Onu, L’Union européenne, les pays occidentaux nous ont soutenus quand nous étions en prison, mais pourquoi les pays africains, l’Ua, la Cedeao s’abstiennent-ils ? Il est étonnant que tant de pays africains, se soient engagés dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, sans lever le petit doigt, aujourd’hui, devant la mainmise, sur le pouvoir, d’une minorité raciale en Mauritanie.

Qu’attendez-vous d’eux ?

Je lance un appel pour que l’élite africaine se réveille pour nous soutenir. Ces pays peuvent prendre pour témoins les sénégalais, les gambiens, les ivoiriens, les guinéens qui vivent actuellement en Mauritanie. Chez nous, ils éprouvent le quotidien de l’oppression, de l’humiliation que nous vivons, avec eux, nous noirs mauritaniens.

Je lance un appel à l’élite arabo berbère en Mauritanie; en son sein, de rares éléments, dont je salue ici le courage et la constance, nous accompagnent, depuis longtemps, dans notre marche vers l’émancipation citoyenne. Nous souhaitons qu’ils nous rejoignent plus nombreux, reprennent notre lutte à leur compte. Ils doivent se désolidariser du pouvoir en place, des esclavagistes et des idéologues du racisme anti noir pour revenir à la position originelle et historique de leurs ancêtres. Les premiers arabo berbères vivaient en symbiose avec les communautés noires. Je demande à l’élite arabo berbère de ne pas céder au conditionnement racial que promeut le Général Aziz quand il sollicite la complicité de tous les arabo berbères, par l’agitation du péril Hratin. Nous ne constituons pas un péril. Nous sommes une frange importante de la population mauritanienne. Nous aspirons à la dignité humaine, à la citoyenneté, à l’égalité, à un Etat démocratique respectueux des droits de l’homme et des différences. A nos anciens maîtres, nous disons, « n’ayez pas peur de nous, ne craignez pas votre humanité » !

Propos recueillis par Youssouf SANE

Source crédit : seneweb

Le « faire-valoirisme » , toute une pratique ANTI-NATION.

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En langage « mauritanien », ce qu’on nomme communément « le nègre de service » à tort ou à raison , le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid le définit par l’appellation un « Faire-valoir » . Je trouve cette définition très pertinente, le statut de Faire-valoir se trouve dans toutes les communautés nationales. Les faire-valoir trans-communautaires servent d’appoint légitimiste et clientéliste au pouvoir militaro-sectaire. Ce dernier est foncièrement antidémocratique et survit via une communautarisation de la Chose politique. Certains opposants à la fibre communautariste dans le système, jouent les mêmes rôles de Faire-valoir dans leurs mouvements politiques respectifs. Cet ordre de « Faire-valoirisme » est une méthode de gouvernance qui entretient et perpétue ce qu’on appelle le système étatique INJUSTE. Ce système prétend défendre les communautés, mais brime toute émergence d’une idée de NATION MAURITANIENNE composée de CITOYENS qui valent en DROITS et en DEVOIRS. L’opposition classique tarde à développer un logiciel politique clivant par rapport au système en place. Le système préfère une opposition qui reproduit les mêmes  paradigmes fonctionnels en leur sein. L’histoire retiendra que l’otage principal dans ce système étatique mauritanien en vigueur depuis 1978, pourrait être la communauté arabo-berbère. La main tendue du président d’IRA-Mauritanie aux maures blancs épris de justice, doit être une aubaine pour défaire le piège tendu et alimenté par une minorité extrémiste qui détient le VRAI POUVOIR dans le pays. Ce VRAI POUVOIR utilise tous les moyens étatiques disponibles pour lancer l’anathème sur ceux qui osent militer pour La Justice et L’Égalité des droits entre citoyens. La menace d’un affrontement intercommunautaire, est moyen fallacieux pour entretenir les PEURS entre citoyens. Faire paraître que si un haratine revendique fermement ses droits politiques et civiques , serait une « subversion haineuse » contre la communauté bedaine toute entière. La minorité qui profite du statu quo actuel, ne raisonne jamais en citoyen mais en élément communautariste. C’est ainsi que les Faire-valoir communautaires de toutes les composantes nationales, sont ceux qu’il faut démasquer et éradiquer idéologiquement, socialement et politiquement.

K.S

10-06-2016 06:18 – Le Conseil Représentatif des Soninko de la Mauritanie (CRSM) : Déclaration

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CRSM – Le Conseil Représentatif des Soninko de la Mauritanie suit les tractations et les différentes réactions entre les différents pôles politiques, de la société civile et personnalités autour de l’appel au dialogue lancé par le Président de la République lors de son discours à Néma. Cet appel n’est qu’une réédition de celui fait au festival des villes anciennes à (Chinguitty) en 2015.

Le CRSM, attaché à ses principes de base fondateurs de son initiative pour une refondation de la Mauritanie, que tout appel au dialogue politique à vocation électoraliste ou politico-politicienne ne constitue qu’une énième tentative du régime pour occulter voire obstruer les espoirs d’une sortie de crise structurelle profonde, (politique, économique, culturelle et sécuritaire).

La nécessaire refondation de la nation mauritanienne doit être acceptée comme la solution incontournable pour libérer la Mauritanie des multiples maux qui l’annihilent auxquels un dialogue politique aux contours flous ne saurait remédier.

Le pouvoir qui continue à appeler la classe politique à un dialogue factice reste tout simplement sourd et aveugle aux aspirations du peuple laborieux de Mauritanie.

Le CRSM lance un appel à toute la classe politique, à la société civile et au peuple mauritanien pour dire que le temps des états généraux de la refondation doit être à l’ordre du jour.

Le CRSM rappelle comme souligné dans son document cadre:

– Les communautés autochtones fondatrices de l’État mauritanien sont, les Bambaras, les Bidhane, les Haalpulaaren, les Hratine, les Sooninko et les Wolofs.

– Les fondements de la cohésion, et du vivre ensemble dans l’entente et la paix entre toutes ces communautés fondatrices de l’État mauritanien sont et continuent d’être entachés par la politique du système qui nous gouverne et prend en otage le pays depuis plusieurs décennies.

– Le droit de ne faire l’objet d’aucune forme de discrimination entre les communautés et que rien ne peut justifier la domination d’une communauté par une autre.

– Toutes ces communautés ont un droit imprescriptible et inaliénable au respect scrupuleux de leur identité, de leurs langues et de leur culture.

– Le droit à la reconnaissance de la dignité inhérente à toute communauté ainsi qu’à la reconnaissance de leur contribution propre et spécifique dans la richesse que constitue, pour la Nation mauritanienne, la diversité de ses communautés fondatrices.

– Le droit à comprendre et à être comprises dans leur langue en ce qui concerne notamment les procédures administratives et juridiques en Mauritanie.

– Le droit à une juste répartition des ressources nationales et à un égal accès à la santé, à l’éducation, à la formation, à l’emploi (civil et militaire), à la formation, aux moyens de communication, à la promotion de leur langue de leur culture et de leur histoire. L’enseignement et les moyens d’information doivent refléter fidèlement les traditions, l’histoire, les aspirations de toutes les communautés.

– L’accès à toutes les formes d’enseignement public, sans discrimination d’aucune sorte et à un enseignement de base, pour les enfants, lors de l’acquisition des premières connaissances, dispensé dans leur langue maternelle, d’une manière adaptée ; ce qui exige la refonte totale du système éducatif actuel.

– Le droit d’être activement associées à l’élaboration et à la définition des programmes économiques et sociaux en particulier lorsqu’elles peuvent être amenées à les administrer au niveau communal, départemental et régional dans le cadre d’une décentralisation territoriale véritable.

– Le droit d’être consultées et d’être activement associées à toute réforme foncière devenue nécessaire, et dans la définition, l’établissement des priorités, des stratégies, pour la mise en valeur l’exploitation des terres et qu’elles occupent depuis des siècles. Il s’agit d’une garantie d’impartialité et de transparence, prenant en compte les traditions, les coutumes et des régimes fonciers spécifiques, tout en appliquant, dans le cadre de la charia, le principe de préemption qui fait que la terre appartient à ceux qui la mettent directement en valeur. Seule cette démarche participative et inclusive permettra la prise en compte de mesures adéquates éventuelles visant à assurer des indemnisations et des réparations justes et équitables; et éviter d’éventuels conflits et effets collatéraux négatifs.

– Le droit d’avoir accès à des procédures justes et équitables pour le règlement des conflits et différends avec toutes parties et d’obtenir un traitement et une décision rapide en la matière ainsi qu’à des voies de recours efficaces pour toute violation de leurs droits.

– Les pouvoirs publics doivent, de manière claire et définitive, opérer une rupture avec l’attitude de déni qui prévaut concernant les pratiques esclavagistes et les discriminations sociales, en brisant le silence, par la reconnaissance de la réalité de ces ignominies qui perdurent.

– Faire appliquer de manière effective la législation en vigueur pour l’éradication des pratiques esclavagistes en mettant en œuvre la réception systématique et inconditionnelle de toutes plaintes fondées et permettre la constitution des ONG des droits de l’homme comme parties civiles.

– Transcender la fracture nationale engendrée par les violations massives des droits de l’homme survenues dans notre pays dans les années 1989 – 91 à travers l’institution d’une justice transitionnelle qui garantira:

– L’identification des responsables des crimes et leurs victimes, – Assurer une justice équitable qui permettra d’indemniser les victimes préalables à tout pardon et réconciliation.

– Institutionnaliser un devoir de mémoire en ce qui concerne « le passif humanitaire »

– La répartition des postes de responsabilité publique par le dosage ethnique, tribal, régional ou familial qui prévaut doit être proscrite.

– Tenir compte du caractère multiethnique de la Mauritanie et des compétences.

– Promouvoir une représentation de la diversité de la Mauritanie dans les missions diplomatiques par la nomination des Négro-Africains et des Haratines dans nos chancelleries dans toutes les régions du monde.

Le CRSM :

Rejette tout dialogue, tout colloque et toutes manifestations de simulacres d’unité nationale qui ne prennent pas en compte des exigences rappelées ci-dessus.

Nouakchott, le 09 juin 20016

Commission de Communication

Source crédit : http://www.cridem.org

06/06/2016] Editorial /Biram – Brahim : De la hauteur pour être à la hauteur…

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Allez-vous décevoir ? Une interrogation obsessionnelle par anticipation, pour éviter le désespoir à la Mauritanie d’en bas. La Mauritanie perdue, triturée qui, la peur au ventre, pense trouver en vous de bons samaritains pour la tirer des bas-fonds et de la marre infeste. Peur d’être lâchée un jour pour se retrouver au fond du fond….
Vous ne pouvez décevoir cette masse qui vous a accueillis et vous a accompagnés, à pied, plus d’une dizaine de kilomètres, lors de votre libération… avec la joie et la ferveur de voir renaitre le combat.
J’étais là. J’ai vu. J’ai vu des convictions et des actions dans une témérité incroyable, indicible… J’ai vu et compris l’innocence d’un engagement et la vision des citoyens humbles. Ces citoyens, venus écouter le verdict de la Cour suprême, ce sont des dockers, des charretiers, des éboueurs, des chômeurs, des vendeuses de couscous et de poissons à la plage, des chauffeurs, des enseignants, des maçons, des pneumaticiens (Michelins), des mécaniciens, des mareyeurs, des pêcheurs. Ils étaient là pour vous accueillir, vous qu’ils qualifient de « l’espoir » ; ils étaient venus fêter votre libération, leur libération.
Pour cette foule, vous êtes des leaders, leurs leaders dans le combat d’une Mauritanie juste. Pour cette foule, la lutte avec vous sera sans merci contre le système ; la lutte pour les sortir de la situation de misère. Une situation de misère, d’opprobre et de dénuement total. Une vie de désespoir… où l’égalité entre citoyens ne se voit que dans la pauvreté. L’appauvrissement de l’écrasante majorité de la population et l’incertitude de trouver le pain quotidien a été d’ailleurs à l’origine d’un drame lors d’une distribution de zakat au cours de laquelle 8 citoyens pauvres qui se bousculaient avec d’autres devant la porte d’un riche homme d’affaires ont perdu la vie. Des Mauritaniens qui cherchaient de quoi manger, de quoi pouvoir débuter leur ramadan. Et on dit que tout va bien et que rien ne manque au joyeux peuple de Mauritanie.
Peut-on s’attendre à mieux si on est gouverné par des épiciers ? Avec un gouvernement de laudateurs et de collaborateurs viscéralement annihilés… où même l’intérêt du chef est mal défendu, pour ne pas dire pas défendu du tout. Parce que chacun d’entre eux a un agenda particulier… Sans doute le chef le sait.
Biram – Brahim, le jour du 17 mai 2016, il y a eu des larmes. Des larmes de conviction, d’engagement, de détermination et de joie pour en finir avec le système qui nous gouverne, ce système qui constitue le mal de la société mauritanienne. Mais aussi les larmes des avocats, les larmes de ceux qui étaient là depuis 7 heures du matin pour vous ; pour vous accompagner dans le combat. Ces gens sont convaincus que vous êtes les leaders qu’ils cherchent. Les leaders d’un mouvement qui ignore la compromission. Un mouvement pour des questions existentielles. Un mouvement au service d’une nation déshumanisée. Une rencontre d’hommes et de femmes victimes de l’insolence comportementale d’un système cynique à l’apogée irréversible.
Sur ce point, les jours à venir sont d’importance. Ces jours où vous faites l’actualité. Ces jours où vous êtes considérés, plus que jamais, comme des hommes à abattre. Et pour cela, le système utilisera tous les artifices, tous les moyens, plus que par le passé, pour venir à bout de votre engagement. Et c’est bien pour cela que les yeux du peuple sont rivés sur vous. Vos faits et gestes seront suivis, décortiqués, ressassés…
Soyez donc vigilants et déterminés comme vous l’avez toujours été ; soyez à la hauteur de l’espérance placée en vous.
Maintenant que vous êtes « libres », l’enthousiasme de la «liberté» doit laisser la place à l’action stratégique pour précipiter la fin de ce régime. La Mauritanie et les Mauritaniens en ont trop souffert. Les tenants du pouvoir, eux-mêmes, n’en peuvent plus. Ils ont tout essayé pour nous abêtir, nous diviser, nous acculturer. Dieu merci, tout le monde ne mange pas au râtelier du déshonneur et de l’indignité.
Ne donnez pas raison à ceux qui disent que vous êtes un objet entre les mains d’Abdel Aziz, une création du système. Le démenti des autres ne suffirait pas. Seules vos positions et actions futures seront des arguments pour démentir les uns et renforcer les autres. N’oubliez pas que des prétendues querelles entre vous avaient été entretenues et avaient alimenté la rumeur. Des troubadours ont été utilisé pour amuser la galerie, et en s’essayant sur le terrain glissant et combien dangereux de la division communautaire au sein du mouvement. Mais Dieu merci, comme des baudruches, ces « affaires » montées en épingle avaient fini par se dégonfler. Telle une marchandise avariée les produits proposés par ces « cancaneurs » n’avaient pas pu trouver des clients assez bêtes pour les acquérir, la Mauritanie et les Mauritaniens étant plutôt préoccupés par d’autres priorités. Priorité de refaire la Mauritanie de tous et pour tous !
Biram-Brahim, vous êtes attendus sur beaucoup des questions. On dit que vous avez été libérés suite à un deal avec le pouvoir en place. Ce deal consisterait à travailler contre l’opposition politique en acceptant d’être un interlocuteur d’Abdel Aziz pour son projet de dialogue !
Mais sachez que le contenu de ce dialogue reste encore obscur pour que vous y alliez ; d’autant plus que ce pouvoir ne semble pas s’être affranchi de ses habitudes : son mépris des autres, sa promptitude à jeter aux orties les accords qu’il signe, sa propension à rouler tout le monde dans la farine.
De plus, qu’aurez-vous à gagner à dialoguer avec un pouvoir qui ne montre aucune détermination à combattre l’esclavage ? Un pouvoir qui promeut les féodaux, un pouvoir qui ne rassure pas, un pouvoir qui frustre et qui exclut ; l’exemple le plus patent étant cet enrôlement biométrique qui continue à faire des victimes, sans compter le flou artiste entretenu qui entoure cette histoire d’or subitement jailli de la terre de l’Inchiri… Les citoyens pour aller tenter leur chance ont d’abord renfloué les caisses de l’Etat à hauteur de milliards d’ouguiyas. Si ce n’est du racket d’Etat on se demande ce que c’est…
Allez-vous dialoguer avec un pouvoir qui utilise tout pour vous nuire, un pouvoir qui n’a jamais respecté ses engagements vis-à-vis de vous et qui peine à le faire vis-à-vis du peuple mauritanien? Bien sûr que non !
Le dialogue, «cette chose» que ce pouvoir miroite, ne doit plus divertir le monde, surtout vous qui savez, quelque peu, de quoi est capable ce pouvoir-là. Ce dialogue, après les dialogues antérieurs où les conclusions ont souffert de non-exécution, n’est ni opportun ni porteur de la moindre espérance.
Dialoguer donc dans ces conditions, c’est simplement aider le pouvoir à se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis et il a mis le peuple mauritanien.
En conséquence, tout accord politique signé avec ce pouvoir ne serait qu’une auto-flagellation et tout combattant pour une Mauritanie juste et égalitaire qui y apposera sa signature le regrettera sûrement.

Camara Seydi Moussa

Regardez « Entretien avec Biram Dah Abeid Président de l’Ira de la Mauritanie pad » sur YouTube

Source crédit : http://www.dakaractu.com

Les propos du journaliste Moussa Ndiaye, finalement fidèles aux deux ordres (désordres) féodal et clientéliste.

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Ces derniers jours, un journaliste de la télévision mauritanienne du nom de Moussa Ndiaye s’est fait remarqué par un entretien accordé à un site internet sénégalais dakaractu.com . Mr Ndiaye se présentant comme le responsable régional de la Télévision Mauritanienne pour les zones Gorgol et Guidimakha, a brossé un portrait très reluisant de sa Mauritanie. L’une des premières questions du journaliste sénégalais porte sur l’état de la presse en Mauritanie, et celui qui s’est nommé cadre mauritanien a répondu que la presse se porte très bien dans le pays sauf selon lui  quelques autoproclamés journalistes qui ne respectent pas les principes qui régissent le métier. En matière des droits humains, il estime également  que tout va bien, et dénonce ce qu’il croit comme  une intoxication qui viserait la Mauritanie , son président et le peuple en général. Le journaliste sénégalais lui rappelle que les faits sont têtus concernant l’esclavage , Mr Ndiaye s’exclame fièrement en disant qu’il rejoint le président mauritanien Ould Abdel Aziz en niant l’existence du phénomène dans le pays. Il ajoute que ce qui existe ce sont des séquelles esclavagistes qu’il assimile tacitement  aux « valeurs et cultures » dans nos communautés. Concernant la situation des étrangers en Mauritanie, il admet que rien à signaler en général sauf pour ceux qui fraudent en se mettant hors de la loi. Sur ce point il s’est servi d’anecdotes plus ou moins farfelues et indexatoires à l’encontre de certains étrangers….noirs évidemment. Celui qu’on connaissait aux débuts des années 2000, comme un simple présentateur d’une émission sportive à la TVM, se décrit comme quelqu’un qui est sur  le terrain et croit donner du crédit à ses affirmations dignes d’un courtisan aspirant à une cooptation certaine .
À travers sa sortie pleine d’approximations et d’assertions fantaisistes, notre journaliste converti à un semblant patriotisme zélé n’a pas honoré le métier de journaliste, et il est lieu de lui rappeler certains FAITS RÉCENTS .
Monsieur Ndiaye, sur le déni de l’esclavage , si vous êtes journaliste qui observe le terrain, comment avez-vous raté la condamnation récente des esclavagistes reconnus par un tribunal à Néma dans l’Est du pays ? Êtes vous au courant que l’État que dirige le Raïs Ould Abdel Aziz, a instauré des cours spécialisées pour traiter les cas de l’esclavage ?
Pensez-vous que tous les mouvements anti-esclavagistes n’existent que pour faire ce que vous appelez « l’intoxication ». ?
À décoder vos propos concernant les étrangers, on ne peut éviter de suspecter une tendance facile à la  délation contre certains étrangers dits hors la loi. Apparemment votre connaissance du terrain ne vous a pas  permis d’émettre un mot pour le jeune malien qui a succombé à ses blessures après sa fuite à la vue des forces de l’ordre pas toujours tendres avec  l’étranger….. NOIR . Comme par miracle , vos anecdotes qui stigmatisent certains étrangers, ne mentionnent que les étrangers subsahariens, et les autres ( notamment les  Touaregs et arabo-berbères originaires du Nord malien)  sont-ils tous en règle sur  tout le territoire national… ?
Vous êtes probablement dans le cercle de ces gens qui croient se valoriser en prenant des largesses avec la VÉRITÉ . L’erreur fréquente en la matière consistant à échanger Sa Conscience, Son Honneur et Son Professionnalisme contre une promotion clientéliste , est que l’excès de votre posture avec les faits, ne vous assure pas  la confiance escomptée de la part de ceux à qui vous pensez rendre service.
Et vous n’êtes pas le seul dans ce domaine, plusieurs ONG cartables gravitent autour de ce « filon sucré » que certains éléments du pouvoir utilisent pour dénaturer les réalités du pays à l’international .
Les uns et les autres finiront tôt ou tard dans les caniveaux de l’Histoire , car le train de la VÉRITÉ est en vive allure à l’échelle nationale et internationale et les applaudisseurs pour des raisons matérialistes  de l’instant, seront balayés à jamais.
Vous vous êtes présenté comme mauritanien noir et fier de l’être dans une Mauritanie idéalisée où tout va bien pour TOUT LE MONDE. Je dirais que tout va bien pour votre business clientéliste et égocentrique. L’intoxication dénoncée au cours de votre sortie, est bien le propre de votre posture à outrance en déformant les faits pour être dans les petits papiers de vos maîtres à Nouakchott.
Concernant la question de l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie, vous niez l’existence du phénomène et vous insinuez une étrange confusion entre les séquelles esclavagistes et ce que vous appelez nos « Valeurs et Cultures ». Par ces dernières , vous entendez très logiquement le système de castes qui serait une norme sociale à garder. Vous comparez subitement ce système bien connu apparemment  dans votre terroir du  Fouta-Toro, avec ce qui peut se faire chez les maures également. Sur ce point, vous n’êtes pas le seul à naviguer en eaux troubles entre les rapports sensibles liant le régime féodal et le système esclavagiste . Nombre de gens  issus des milieux noirs mauritaniens hors haratines, ont une approche ambiguë et hésitante concernant les multiples problématiques liées à l’esclavage et ses séquelles. En effet , certains milieux intellectuels issus de la féodalité très présente en ‘’Mauritanien ‘’ sont très à l’aise avec le vocabulaire tournant sur le RACISME d’état ou de l’AUTRE , et bizarrement nous ne constatons pas la même ardeur sur la question de l’ESCLAVAGE et son versant féodal . Si le système de castes basée sur une certaine hiérarchisation sociale, est une Valeur et une Culture pour un Torodo  (dit noble) que vous êtes dans le Fouta et le Toro, par déduction l’esclavagisme « socialisé’’ et pratiqué chez certains de nos frères Beydanes serait tout autant un marqueur « culturel et valeureux » à conserver. Ainsi nous comprenons mieux les prédispositions sociales et psychologiques qui vous permettent de parler de l’engagement anti-esclavagiste et abolitionniste comme une intoxication. Un Torodo qui s’assume comme tel et qualifiant la hiérarchisation sociale dans laquelle les Hommes ne se valent pas de naissance ,  comme « Valeurs et Cultures » , ne peut avoir de sympathie sincère pour la mouvance abolitionniste . Par rapport ce phénomène de la féodalité, les tenants coutumiers  de nos sociétés sont majoritairement réactionnaires . En effet, toutes velléités de mettre en cause ce système qui se singularise par  l’inégalité entre les  invidivus  sur le matériel et l’immatériel, subissent l’anathème social . Pour Mr Ndiaye et d’autres d’ailleurs , un descendant d’esclaves qui refuse l’assignation dans un statut tordu, ne peut être qu’un partisan de l’intoxication . Il a fait remarquer qu’un groupe existe, nommé « Endam Bilal » des descendants d’esclaves qui seraient fiers de leur ascendance servile .
On est tenté de dire comme si la qualité d’un dit noble ne vaut vraiment que s’il y’a autour des esclaves . La donne psychologique est révélatrice dans certaines communautés où l’engagement anti-esclavagiste et abolitionniste même dans le discours, est assimilé comme haineux et violent contre ce qui est érigée en socle d’identité sacralisée  de la société. Ainsi les mots de notre journaliste de Torodo assimilant les séquelles esclavagistes à nos «valeurs et cultures », seraient très appréciés par l’aristocratie nobiliaire dans  plusieurs endroits du Sud Mauritanien. Au final, fidèle au moins à vos « Valeurs et Cultures » en langage mauritanien.

K.S

J’ai lu avec intérêt la libre expression, voir le lien ci-après, de notre compatriote Ould Hanefi

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J’ai lu avec intérêt la libre expression, voir le lien ci-après, de notre compatriote Ould Hanefi:

http://cridem.org/C_Info.php?article=684624

Il me semble qu’il a peu d’information sur la prise de conscience des Haratine, qui comme tous les opprimés, depuis les temps les plus anciens, ce sont battus pacifiquement ou violemment contre l’injustice (voir l’histoire de l’Egypte, de Perse, de Rome, de l’Europe, y compris la France… La lutte contre l’esclavage, puisqu’il s’agit de cette problématique, s’est effectuée par le combat farouche des femmes et des hommes mis en esclavage dans leurs lieux d’habitation, dans les cales de bateaux et plus tard dans les terroirs de destinations; voir la bibliographie immense éditée, à ce sujet.
Pour les Haratine, aucune recherche anthropologique, sociologique et autres  n’a été effectuée …

L’histoire de la Mauritanie est écrite par les élites dominantes qui n’a cessé de se perpétuer à la prise de souveraineté de ce pays.
En 1960, aucun cadre Haratine n’apparaissait en tant que tel. Cela s’explique par la volonté de la puissance dominante, qui avait fait un deal avec tous les « chefs autoproclamés d’Afrique », d’envoyer leurs enfants à son école à Bafoubé, à St-Louis, etc…

La brutalité coloniale d’une part et son opportunisme de l’autre allaient modeler la triste réalité qui caractérise le pays de nos jours. C’est en effet par la force des choses que le colonisateur détermina les contours actuels du pays, introduisant ainsi, pour la première fois, la notion d’ensemble mauritanien à une mosaïque de race, d’émirat, de tribus, de canton et de régions que par opportunisme il n’a jamais voulu déranger et a même souvent volontairement entretenue.

La colonisation, malgré son prétendu message civilisateur, n’avait pas fait grand chose pour améliorer le sort des esclaves, en général, et encore moins ceux des Haratine.
Ressentant très tôt l’effet négatif de ses premières tentatives de libération des esclaves sur leurs maîtres, le colonisateur français avait fini par céder au chantage de la dissidence des chefs féodaux négro africains et autres chefs de tribus maures et avait fermé l’œil. Il avait ainsi rangé dans ses tiroirs ses lois et même ses idées abolitionnistes, privilégiant la stabilité relative d’une colonie réputée difficile à contrôler, à l’ amélioration du statut et des conditions de vie de ces damnés de la terre. Bien au contraire, il mettra tout en œuvre pour que les Haratines cessent de regarder vers les quatre points cardinaux en aggravant leur dépendance de leurs maîtres, car il avait vite décelé que sans l’intégration de la vocation agricole des Haratines, à celle pastorale de leurs maîtres, la colonie Mauritanienne n’en serait que moins vitale.

Les Haratines quant à eux, naguère exclus parce qu’esclaves, ne sachant pas quel bout prendre la vie, découvrent pour la première fois, à la fin des années 1970, une valorisation de leur ÊTRE à travers leurs organisations, avec la ferme détermination de changer l’ordre pré établi dans ce pays par des voies et moyens pacifiques.

Leurs organisations avaient effectué à l’intérieur du pays, y compris dans le fin fond des Adwaba, des campagnes de sensibilisations et de vulgarisations du projet de société, qu’elles souhaiteraient mettre en place ou s’associer avec d’autres organisations patriotiques nationales…pour le concrétiser.

Et depuis, leurs actions patriotiques rythment toute la vie de notre pays. Il n’est plus possible de l’ignorer ou de la diluer dans des entités avec lesquelles, elle partage, certes, quelques caractères; comme la couleur noire, la langue hassaniya (quelques Haratine blancs), etc … comme l’avaient fait le colon et les régimes précédents.
Ilest utile de rappeler que les Haratine sont la résultante d’un rapport de force et d’un fort brassage avec les négro africains, les berbères et les pseudo-arabes…; (voir l’histoire de peuplement de cette partie de l’Afrique). Aujourd’hui, il constitue UNE COMMUNAUTÉ possédant et jouissant de façon indivise d’un patrimoine en commun en Mauritanie… qui les différencient des autres entités nationales.
L’intérêt, ici, n’est pas de mettre en place une République de Haratine, au contraire, une République citoyenne et démocratique, où, chaque individu ou groupe d’individus bénéficie de droits inaliénables et inaltérables…pour le bien être de tous…
Donc, ils ne comptent et ne peuvent compter, d’abord, que sur eux-même « Lejrab maa Hik lou ye koun eydou » et le résultat est probant. Depuis des décennies et la planète terre redécouvre l’horreur de la servitude, de l’exclusion et de la discrimination dans ce pays que l’on compare au sinistre régime d’Apartheid…
Des femmes et des hommes de toutes conditions sociales et de  toutes les communautés mauritaniennes adhèrent à leur combat.
Ces femmes et ces hommes libres sont très sensibles à l’élan grandissant de solidarité humaine  qu’ils reçoivent d’organisations nationales ou internationales, d’Etats et de femmes ou d’hommes connus ou anonymes de notre pays ou de l’étranger pour cette Mauritanie égalitaire et démocratique souhaitée… Elle se fera par toutes et tous les individus de ce pays aidés par les autres de la planète quelque soit son orientation religieuse, du genre ou de sa nationalité…

Crédit source : Post Facebook de l’auteur Baba Ould Jidou du Phare Citoyen.

L’IRA : Le décodage possible de la ferveur populaire du 17 mai 2016 à Nouakchott.

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Ce 17 mai 2016, le verdict de la cour suprême autorise la libération immédiate des leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhane  emprisonnés depuis Novembre 2014. Le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane ont été accueillis devant la prison par les cadres du mouvement abolitionniste et une immense foule des militants et des sympathisants. Envahis par ces derniers dans une ferveur populaire, les deux hommes ont pu exprimer quelques mots aux micros de la presse, et ils ont salué l’engagement des militants et leurs soutiens qui sont victorieux par cette libération. Il a fallu un travail énorme des membres du comité de la paix d’IRA-Mauritanie, pour frayer un chemin pour accéder au véhicule destiné aux ex prisonniers. Arrivés dans le quartier de Ryadh où se trouve le domicile du président Biram Dah Abeid, les deux compagnons ont été chaleureusement acclamés et salués par une impressionnante marée humaine. Face à cette ferveur, le président d’IRA-Mauritanie entouré de sa suite sur la terrasse d’un bâtiment , a pris la parole en saluant une nouvelle fois ses militants et ses soutiens . Dans cette prise de parole publique, le leader abolitionniste a exprimé sa détermination de mettre fin au système d’exploitation et ses laudateurs. Il a expliqué que toutes les manoeuvres fourbes ourdies par le pouvoir en place pour casser son mouvement, ont échoué, et lui et ses camarades sont plus que jamais déterminés dans leur lutte contre les injustices dans le pays. Ce bain de foule autour d’un mouvement que l’État refuse toujours  toute reconnaissance officielle , peut être un tournant historique de la jeune vie d’IRA  ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste créée en 2008 ) . Ces derniers jours, les leaders abolitionnistes libérés ont reçu les visites de courtoisie de quelques hommes politiques de poids. Il est à noter aussi le déplacement de l’ambassadeur américain pour saluer les ex prisonniers. Par ailleurs on compte plusieurs communiqués de félicitations émanant d’ONG internationales, de partis politiques et d’associations de défense des droits humains.
Revenons à cette énorme foule compacte qui a été constatée ce jour de libération. Le monde qu’on a vu via les photos et les images, était Noir à 99,99% , ce qui suscite d’évidentes interrogations chez plusieurs observateurs. Admettons aussi que les gens qui sont sortis pour accompagner et écouter les leaders d’IRA-Mauritanie ne représenteraient pas 0,001% de la population mauritanienne. L’IRA très souvent taxée de tenir un discours “haineux et violent”, ne racialise jamais ni ne communautarise son engagement.
Et les propos de Biram tenus à différents moments après sa sortie n’ont échappé à cette règle. Comme à l’accoutumée, Biram a indexé le régime en place incarné aujourd’hui par Ould Abdel Aziz et ses laudateurs qui utilisent l’appareil étatique contre les faibles. Deux mots (régime et laudateurs) peuvent nous aider à décoder nos chiffres notés plus haut  (99,99% et 0,001%). Le régime a comme stratégie de surfer sur un clivage fabriqué entre une minorité dite “sectaire et extrémiste” qui perturberait une supposée cohésion sociale, et une écrasante majorité du peuple qui s’épanouirait dans un pays juste et égalitaire. Du regard d’un élément introduit du système, on ne veut entendre les discours de vérité d’IRA-Mauritanie que sous une compréhension indexatoire d’une communauté ou d’une race. L’intérêt des gens du système est d’entretenir cet amalgame malsain entre les tenants profiteurs et la communauté arabo-berbère dans son ensemble. Ce qui est loin d’être le cas d’un mouvement primé plusieurs fois pour pacifisme. Les laudateurs se reconnaîtront en minimisant la ferveur populaire du 17 mai 2016. Ils sont trans-communautaires et craignent l’idéal insufflé par la fermeté de l’engagement d’IRA au sein de toutes les communautés nationales. Ces laudateurs issus des milieux pro régime comme des milieux pro opposition des NORMES CLASSIQUES, sont allergiques au discours qui prend en compte toutes les injustices qui minent les différentes communautés. Cette approche transversale de la donne peut braquer certains communautaristes qui deviennent des alliés de fait du système d’exploitation qu’ils disent combattre par ailleurs.
La foule du 17 mai 2016 ne visait  pas une communauté quelconque, mais elle adhère à un certain IDÉAL qui n’admet aucune stigmatisation à l’envers. On espèrera que l’absence remarquée dans la foule ne soit pas  une auto-exclusion de ceux qui ont une compréhension sélective et ceux connus pour une certaine incohérence intellectuelle. La foule n’était pas haineuse et un discours haineux n’a pas été tenu non plus, donc aux absents pour des motifs assumés ou pas,  qui racialisent , communautarisent et accusent à tort de revoir leur logiciel. À IRA de s’accrocher à son stratégie facifiste qui a garanti son succès jusqu’à présent. L’arme la plus efficace contre le régime et les laudateurs est/sera ce PACIFISME. Ainsi l’épreuve du TEMPS nous dira qui étaient les “VRAIS HAINEUX VIOLENTS” pour des intérêts égoïstes et partisans au détriment du peuple mauritanien dans son ensemble.

K.S

En exclusivité : l’entretien avec l’imam Abdoulaye Sarr, le secrétaire général de l’association Main Dans la Main

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Lors de la dernière rencontre annuelle des musulmans de France  (RAMF) organisée par l’UOIF du 13 au 16 Mai 2016, nous avons croisé notre compatriote,  l’imam Abdoulaye Sarr dans l’une des salles de conférence au Parc des Expositions Paris-Le-Bourget.  Il était invité à cette importance rencontre de la communauté musulmane de France, et ce samedi 14 Mai 2016, j’ai eu l’honneur de faire sa connaissance . Ainsi avant son départ,  il a accepté de nous accorder un entretien téléphonique pour le compte de notre blog Soninkidees-jose .
À lire ci après l’essentiel de nos échanges transcrits :

Soninkidees-jose : Bonjour Monsieur Sarr

Abdoulaye Sarr : Bonjour

S-jose : vous êtes secrétaire général de l’association Main Dans la Main, pourriez vous nous parler d’elle et vos activités en Mauritanie… ?

A.Sarr : effectivement , depuis 2011  je suis secrétaire général de l’association Main Dans la Main qui est une association socio-culturelle qui a but principal ; la fraternisation entre les communautés mauritaniennes. La création de l’association vise à reconstituer la fraternité islamique qui lie historiquement toutes les composantes de la population mauritanienne. Le slogan du mouvement est  « les musulmans ne sont que des frères » qui fait référence à un verset coranique. C’est dans ce cadre que nous faisons des activités culturelles et sociales . Pour l’aspect social, nous organisons des caravanes de fraternité composées de personnes issues de toutes les communautés . Ces personnes bénévoles, médecins , pharmaciens et d’autres forment la caravane en sillonnant les villages pour une assistance sanitaire avec des médicaments collectés . Nos caravanes se sont rendues au Trarza pendant 2 années, au Brakna 2 années aussi et au Gorgol ces 2 dernières années. Sur le volet culturel, nous organisons des conférences, des débats et des journées autour d’un thème principal qui est la FRATERNISATION. Nos invités intervenants sont des divers horizons en vu de trouver des solutions à nos problèmes à tous, et nous invitons n’importe qui à condition que son discours soit réconciliateur. L’activité phare de l’association c’est le colloque qui est une rencontre de grande envergure pendant 4 jours avec des ateliers dans lesquels tous les problèmes sont  discutés (racisme ou l’esclavage) dans le but de trouver des solutions. En plus d’une action de médiation , nous organisons une marche de la fraternité à la suite du colloque. Nous avons un événement appelé la rencontre de la fraternité sous format d’un camp de vacances pendant une semaine durant laquelle plus de 150 jeunes mauritaniens de toutes les communautés vont vivre ensemble dans le but de tisser des liens fraternels. Ces jeunes vont débattre et discutent ensemble, de fait les préjugés qui existent de part et d’autre vont tomber et ainsi créer un pont entre les personnes. Par ailleurs, nous organisons ce que nous appelons la Fraternisation entre différentes familles issues de communautés différentes. Nous leur donnons un programme concret de la fraternisation consistant à des visites mensuelles , des appels téléphoniques hebdomadaires et des cadeaux symboliques échangés. Ce processus est suivi par l’association Main Dans la Main qui démontre à l’état échantillon que la Mauritanie doit partir dans ce sens là. Aujourd’hui , nous constatons avec plaisir d’autres associations qui s’activent à  travers des concepts plus ou moins similaires. Nous sommes disposés à travailler avec tous ceux qui vont dans le sens de l’unité du peuple mauritanien. Notre cible principale est la jeunesse qui n’a pas vécu certains événements doulereux dans le passé que nous ne nions pas mais nous promouvons le pardon qui est nécessaire entre croyants.

En plus de notre bureau exécutif, nous avons un conseil d’administration nous permettant tous les 4 ans à l’occasion d’une assemblée générale, de voir l’impact de nos actions et ce qu’il faut revoir dans notre stratégie. Ce conseil d’administration reflète toutes les composantes nationales.

S-jose : les instances de votre association sont centralisées à Nouakchott où vous avez des pôles dans l’intérieur du pays… ?

A.Sarr : Sur ce point, nous avançons lentement mais sûrement. Aujourd’hui nous avons une section au Brakna à Boghé précisément, une autre est en place à Nouadhibou et celle de Zouérate est en projet. Dans notre stratégie de développement, nous espérons ouvrir d’autres sièges dans d’autres zones par la Grâce d’Allah. Je précise que nos actions sont destinées à d’autres zones dans lesquelles nous n’avons pas d’implantation pour l’instant .

S-jose : quels sont vos rapports avec les pouvoirs publics mauritaniens par rapport à vos différentes activités, un appui ou autre chose … ?

A.Sarr : Nous ne recevons rien de la part des autorités étatiques , aucune subvention et rien d’autre . Pourtant nos actions visent à réparer certaines erreurs relevant du pouvoir de l’État mais il n’y a pas de réaction de sa part. Ce sont nos propres moyens qui nous permettent d’organiser nos  activités culturelles et sociales ne demandant pas de gros financements . Je signale même qu’il nous arrive que l’État nous gêne à l’occasion de certaines de nos activités.

S-jose : vous participez ces jours ci à la rencontre annuelle des musulmans de France , vous y êtes à titre personnel ou en étant invité au nom de l’association Main Dans la Main… ?

A.Sarr : Depuis quelques années  nous recevons une invitation de l’UOIF pour participer à cette rencontre et j’y suis au nom de l’association . Nous voulons établir un pont avec l’UOIF et par ces occasions annuelle , nous pouvons accéder aux conférenciers francophones de renom en vu d’éventuelles invitations . Par ce partenariat de fait, l’UOIF nous permet d’acheter des livres à des prix modestes, qui sont transportés chez nous. Notre invitation au Bourget nous donne l’occasion d’apprendre en terme d’organisation , car nous comptons organiser une rencontre de grande envergure en Mauritanie un jour insh’Allah .

S-jose : Quel est votre ressenti après cette édition 2016 de la RAMF… ?

A.Sarr : Comme toujours, cette rencontre  a été très intéressante dont le slogan est  « Ensemble construisons l’avenir » qui doit nous inspirer, nous les mauritaniens. Je compte même proposer un slogan similaire au bureau exécutif . Ceux qui vivent ensemble sont condamnés à construire un avenir commun. Concernant les débats et les conférences, ça a été de haut niveau, une réussite tout simplement et j’ai été personnellement  satisfait.

S-jose : Certaines sources soupçonnent la main masquée du parti politique d’obédience islamiste Tawassoul derrière l’association Main Dans la Main, pourriez – vous dire un mot sur ce point. ?

A.Sarr : Vous savez, c’est facile d’accuser les gens mais prouver c’est difficile. L’association Main Dans la Main est une association socio-culturelle qui est apolitique . Je vous donne l’exemple de Maître Aly Kamara  (avocat décédé récemment) qui était avec Chbih, faisait partie du  conseil d’administration de l’association. L’association regroupe des gens  qui, en dehors comme tout citoyen, peuvent appartenir librement à des partis politiques.
À titre illustratif, aujourd’hui Mr Bâ Amadou Racine , un ancien ministre à l’époque de Taya et membre de l’UPR , est membre du conseil d’administration de l’association. Nous cherchons en Mauritanie toutes les bonnes volontés qui croient en l’unité nationale dans le cadre réel mais pas seulement comme un slogan. Nous évoluons au sein de la société civile hors du champ politique  et collaborons avec tout le monde sans à priori sur les appartenances politiques . Je peux vous citer notre collaboration avec Boubacar Ould Messoud du mouvement SOS ESCLAVES entre autres.
D’autre part, comme que je suis Imam de mosquée, les gens vont supposer des liens avec Tawassoul et d’ailleurs toutes les associations faisant référence à l’islam seront taxées à tort d’être pour ce parti. Je répète que nous sommes une association apolitique et en dehors de l’association, les membres sont libres de choisir leurs camps politiques. Au sein de l’association Main Dans la Main, on peut retrouver des jeunes qui combattent Tawassoul sur le champ politique.

S-jose : Auriez-vous un mot à l’endroit de la diaspora mauritanienne de France. ?

A.Sarr : Je vous souhaite bonne chance . Je souhaiterais à ce que vous vous intéressiez à ce qui se passe au pays et que vous fassiez tout ce que vous pouvez pour la Mauritanie. Le pays a besoin de tous ses fils notamment ceux de la diaspora .

Propos recueillis et transcrits par K.S pour  https://soninkideesjose.wordpress.com