09-08-2016 18:45 – IRA – Mauritanie News Letter n°9 : Poursuite de la mascarade du procès des dirigeants d’IRA et des agressions physiques contre ses militants


IRA-Mauritanie – Pour sa deuxième semaine consécutive, les séances de la mascarade de procès intenté contre les militants d’IRA (13+10) pour des chefs d’accusation artificiellement liés aux événements dits de la « Gazra de Ould Bouamatou » (affrontements entre population en passe d’être expulsées du centre ville et forces de l’ordre) ont repris.

A travers ce grossier montage policier, l’Etat mauritanien tente de dissimuler sa véritable nature de machine d’exclusion raciste et esclavagiste dirigée contre les Hratine.

Il essaye de détourner la lumière des projecteurs de la répression systématique par laquelle il cible cette communauté en créant de toutes pièces cette diversion de procès contre IRA alors que cette dernière n’y est liée ni de près ni de loin. Aujourd’hui a comparu devant le juge d’instruction l’un des dirigeants les plus emblématique et les plus tenaces d’IRA à savoir Issa Ould Ali.

Au même moment, d’autres activistes continuent à mariner au fond de cellules sordides sans soins médicaux pour ceux qui en ont besoin, ni contact avec l’extérieur alors que de nouvelles arrestations sont opérées au fil des séances de la mascarade de procès.

Comme ce fut le cas le mercredi dernier, une pluie de coups d’une brutalité sadique s’est abattue sur tout militant ayant exprimé la moindre volonté d’exercer son droit à assister à ce procès censé être ouvert au public.

Aujourd’hui, 9 militants souffrent de douloureuses fractures aux bras, aux mains et aux pieds qui risquent de s’infecter et de connaitre de graves complications. Il s’agit de: Elhadj Ould Eliid, Cheikh Vall, Koumba Ndaw, Kamara Moussa, Sabbar Ould El Houssein, Ghamou Mint Achour, Jemal Mint Achour, Samba Diagana et Ahmedou Ould Kharrachi.

A ces blessures visibles s’ajoutent les nombreuses ratonnades sans justification qu’ont subies nombre de nos militants et militantes ces derniers jours, suivies ou précédées d’arrestations extrajudiciaires et d’incarcérations souvent dans des lieux inconnus pendant des durées inconnues.

Le procès a donc repris aujourd’hui pour voir le Collectif des avocats de la défense démonter, pièce par pièce, les irrégularités grossières qui l’ont entaché et ce depuis les arrestations des prévenus jusqu’à leur comparution en passant par les auditions par les enquêteurs (police) érigés en juges et parties. Malgré ces vices manifestes, la Cour a tenu à poursuivre la mise en scène de mauvaise qualité.

Nous, à IRA, tout en dénonçant la barbarie policière et la violence de la répression que nous subissons:

1- relevons avec regrets et incompréhension le silence assourdissant de l’opinion publique nationale face aux violations multiples des droits de l’homme et des libertés des personnes constatées depuis le début de ce procès. Personne ne s’étonne ou même de relève la disproportion du déploiement policier autour des bâtiments de la justice et dont l’objectif est d’empêcher les militants et les familles des prévenus d’assister à un procès qui doit être ouvert au public;

2- fustigeons avec véhémence les arrestations et les brutalités exercées à l’encontre des militants d’IRA tout en affirmant que leur multiplication ne fera que décupler notre détermination à combattre l’arbitraire et à défendre les prisonniers d’opinion;

3- demandons aux prévenus et à leur de défense de cesser d’interagir avec la Cour tant que la police continue à réprimer les militants d’IRA et leurs familles pour les empêcher de manifester pacifiquement devant le Palais de justice et de venir assister, à l’intérieur de la salle d’audience, au procès. Les militants d’IRA sont des prisonniers d’opinion et ont droit à un procès publique, juste et équitable.

Nouakchott le 8 août 2016
La Commission de Communication
Source crédit : http://www.cridem.com

Paris le 03 Août 2016 :Sit-in de soutien aux kidnappés abolitionnistes en Mauritanie. 

Bref photo-reportage 

Ce jour d’été dans le chic quartier du 16 ème arrondissement de Paris, certains engagés pour le respect des droits humains en Mauritanie se sont réunis devant la représentation de la Mauritanie en France. Ce 3 août 2016, s’ouvre à Nouakchott le procès des plusieurs piliers du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA-MAURITANIE. Le but du sit-in organisé par IRA-France auquel ont pris part plusieurs militants engagés, était d’alerter les autorités françaises et toutes les organisations sensibles au respect des droits humains, sur les arrestations arbitraires et le procès manipulé en préparation. En plus des éléments d’IRA-France en verve contre ces injustices , il faut noter la présence de certains cadors de la diaspora mauritanienne France, en la personne du grand pèlerin de la bonne cause et l’historique Ibnou Diagana de l’OCVIDH, de Madame Mariem Kane, de Mr Kaw Touré et MrHamadi Soh des FPC ex-Flam,  de l’infatigable Diabé Ndiaye dit Thomas Mag et d’autres irréductibles. Des slogans habituels ont été brandis contre le régime répressif qui sévit dans le pays. Les kidnappings qui ont touché les leaders abolitionnistes d’IRA ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste ) à partir du 29 juin dernier, ont été dénoncés avec vigueur. Une déclaration a été éditée et distribuée aux passants, et un exemplaire sera déposé au courrier de l’ambassade. 

 Il est à noter qu’en ce jour du procès, des militants du mouvement abolitionniste sont annoncés battus et dispersés par les forces du régime à Nouakchott. On interdirait le port de tenues par les hommes dévoués du comité de la paix d’IRA-Mauritanie. Ces hommes sont ceux assurent le service d’ordre autour de toutes sorties publiques du mouvement abolitionniste. Vêtus en chemises blanches, cravates noires et pantalons noirs, ils veillent également sur les responsables de l’organisation en public. Dignes et polis, on a l’impression qu’ils sont plus ordonnés et « professionnels » que certains éléments des forces de l’ordre souvent très provocateurs.

Cet acharnement notoire semble viser une éradication pure et simple de l’organisation abolitionniste. Connaissant la détermination et l’engagement du mouvement créé par Biram Dah Abeid et ses amis en 2008 (Toujours non reconnu par Nouakchott ), on peut parier que la stratégie du bâton répressif du régime mauritanien ne fera que fausse route par une suspecte fuite en avant par rapport aux questions essentielles du pays. L’IRA est loin d’être une expression stricto-communautariste, mais une voi(e) émergente trans-communautaire et citoyenne contre toutes les injustices. Leur concept est inédit en la matière et leur courage en est la clé. Ce mouvement qui est dans le viseur du régime et ses soutiens laudateurs réactionnaires parmi les milieux dominants, survivra aux temps électoraux des uns et aux intérêts convergents immatériels et matériels exclusivistes des autres. 

Notre blog Soninkidees-jose exprime sa totale solidarité aux détenus arbitrairement arrêtés ces derniers jours dans le pays. 

Seule la  vérité est révolutionnaire…!!!


Signé par K.S 

Les autorités mauritaniennes continuent d’harceler les militants d’IRA


Communiqué de presse
Nous venons d’apprendre qu’une quinzaine de militants d’IRA Mauritanie a été arrêtée cet après-midi à Nouakchott sur la route du nouvel aéroport. Ces militantes et militants étaient venus accueillir le Vice-Président de l’organisation anti-esclavagiste, Brahim Bilal Ramdhane, lors de son retour à Nouakchott après un séjour de plusieurs semaines aux États-Unis durant lequel il était accompagné du Président de l’organisation, Biram Dah Abeid. 

Une foule immense s’était aussi réunie au domicile du Président d’IRA, Biram Dah Abeid pour célébrer ce retour. La police a fait irruption pour harceler les militantes et militants, venus de tous les coins de la ville, et pour demander aux membres du Comité de Paix d’ôter leurs distinctives tenues. 
Ces nouvelles arrestations et ce harcèlement sont une continuité dans la chasse aux sorcières lancée contre IRA depuis le 30 juin dernier et qui a vu les kidnappings de plusieurs membres de l’organisation dont 13 sont toujours détenus et comparaitront devant le juge le 3 Août prochain dans la capitale mauritanienne.
IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté internationale à s’ériger contre ces agissements et à dénoncer ces arrestations arbitraires et cet harcèlement continu de ses membres. 
IRA Mauritanie appelle toutes ces militantes et tous ses militants à une mobilisation pacifique, massive et continue lors du procès de ce mercredi 3 Août et jusqu’à la libération de tous les détenus depuis le 30 juin, et au-delà, jusqu’à la fin de la pratique de l’esclavage et de la discrimination en Mauritanie.
La Commission de communication

Nouakchott, le 1 Août 2016                                                               
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English version
PRESS RELEASE
Mauritanian authorities continue to harass IRA’s militants
We were informed today that over a dozen of IRA Mauritanie militants have been arrested this afternoon in Nouakchott as they were on the way to the newly-built airport where they planned to welcome back IRA’s Vice President, Brahim Bilal Ramdhane, who was visiting the United States, along with IRA’s President, Biram Dah Abeid. 
A huge crowd had also gathered at Biram Dah Abeid’s residence to celebrate the return of the Vice President. The police rammed in to harass IRA’s militants and to force members of the Peace Committee to remove their identifying colors and uniforms. 
This new wave of arrests and harassment follows a previous wave that began on June 30 and that has resulted in the kidnappings of several members of the anti-slavery organization; thirteen (13) of whom are still detained and scheduled to be tried on August 3 in Nouakchott.
IRA-Mauritanie calls on all national progressive and peaceful forces of the civil society as well as the international community to stand up against these acts of terror and to denounce these arbitrary arrests and the on-going harassment of its members. 
IRA Mauritanie further calls on all its militants to peacefully mobilize for the trial on Wednesday August 3rd, 2016 and until all detainees are freed and slavery and discrimination are abolished in Mauritania.
Commission of Communication
Nouakchott, August 1, 2016

29-07-2016 10:35 – Déclaration commune : Ensemble pour la dignité humaine et unis contre l’injustice

Déclaration commune : Ensemble pour la dignité humaine et unis contre l’injustice

OKB – Nous, organisations politiques mauritaniennes, revendiquant une citoyenneté et une seule en Mauritanie dans le respect de toutes ses diversités, Maure, Harratine, Pulaar, Soninké, Wolof et Bambara, animées par la volonté de rompre avec le système oligarchique qui règne sans partage sur tous les pouvoirs dans le mépris des différentes communautés, exigeons la libération sans délai de tous les militants détenus.

Vu la situation socio-politique préoccupante et en référence à notre engagement commun de lutter contre toute exclusion, nous prenons le peuple à témoin en réaffirmant avec fermeté l’urgence d’engager le chantier de la question nationale (le vivre ensemble, l’esclavage et l’exclusion) pour apporter des solutions concrètes aux problématiques sociales qui assaillent la grande majorité des mauritaniens.

L’appel à l’émancipation nous paraît irréversible : les victimes survivantes du régime de TAYA sont toujours là pour en témoigner. D’autant que les survivances de cette politique inique restent vivaces.

A travers des arrestations arbitraires, Ould ABDEL AZIZ perpétue ces méthodes anachroniques dans le déni total du droit. Aussi, l’exhortons-nous de libérer immédiatement et sans conditions les militants de IRA, du M25 et de Mani-Chari-Gasoil arrêtés et détenus depuis 30 juin 2016.

Aujourd’hui plus que jamais, les aspirations du peuple mauritanien exigent que les femmes et les hommes politiques au pouvoir et ceux qui y aspirent soient à la hauteur des responsabilités qui les incombent. L’excellence de nos institutions, c’est l’exigence d’en finir avec l’arbitraire afin que les représentants de l’ordre et de la justice retrouvent la dignité de leur fonction. La stabilité de la Mauritanie en dépend.

Les organisations politiques signataires :

Mouvement Pour la Refondation (MPR)

Union des Forces de Progrès (UFP)

Parti pour l’Unité et le Changement en Mauritanie (Hatem)

Rassemblement des forces démocratiques (RFD)

Rassemblement National pour la réforme et le Développement (Tawassoul)

Renouveau Démocratique (RD)

Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA)

Nouakchott, le 28 juillet 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

26-07-2016 22:08 – Alerte!Les policiers arrachent la plaque des FPC



Le Calame
– Le siège des forces progressistes du changement (FPC), parti fondé sur les cendres des FLAM mais non reconnu par le pouvoir a reçu, ce mardi 26 juillet, vers 14h, la visite des forces de l’ordre, venues arracher la plaque portant le nom du parti que préside Samba Thiam.
Signalons qu’après son retour d’exil pour mener le combat politique à l’intérieur du pays dans la légalité, les ex-FLAM ont décidé de muer en un parti politique, dénommé FPC. Les statuts et règlement intérieur sont déposés, le 18 octobre 2014, sous le numéro 4962. Les responsables du parti attendront huit mois pour se voir notifier le refus du ministère de l’intérieur.

Réagissant au refus, le président des FPC déclare, au cours d’un point de presse, la détermination de sa formation à user de tous moyens légaux pour entrer dans leur droit que garantit la loi fondamentale du pays. Dans la foulée, la plaque portant le nom du parti est accroché devant le siège. C’est que la police est venue emporter ce mardi.

Saisie, la chambre administrative de la cour suprême adresse une lettre en date du 3/12/2015 au ministère de l’intérieur. Ce dernier devrait répondre dans un délai n’exécedant pas 30 jours. La Cour suprême attend toujours cette réponse.

La question qu’on se pose aujourd’hui est de savoir, si après IRA, le gouvernement n’est pas décidé à découdre avec les FPC.
Source crédit : http://www.cridem.org 

22-07-2016 13:12 – Mauritanie – Arrestations, détentions arbitraires et torture de défenseurs des droits de l’homme



Le Calame
– Monsieur le Rapporteur spécial,
Nous avons l’honneur de porter à votre attention la présente communication relative au cas de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Beylil, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram, Abdallahi Abou Diop et Mohamed Jaroullah, militants au sein de l’ONG « Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste » (IRA), organisation de lutte contre l’esclavage fondée en 2008.

Nous nous référons à :

M. Amadou Tidjane Diop, né le 16 février 1969, arrêté le 30 juin 2016 ; M. Abdallahi Matallah Seck, né le 31 août 1971, et résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Moussa Biram, né en 1967, arrêté le 1er juillet 2016 ; M. Jemal Samba Beylil, né en 1982, résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Balla Touré, né le 18 avril 1970, résidant à Nouakchott, arrêté le 1er juillet 2016 ;

M. Khatri Rahel M’Bareck, né en 1983, arrêté le 3 juillet 2016 ; M. Hamady Lehbouss, né en 1964, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016; M. Ahmed Hamdy Amarvall, né en 1966, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016 ;

M. Mohamed Daty, né en 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Anne, né le 6 août 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Lô, né en 1963, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Abdallahi Abou Diop, né en 1986, résidant à Nouakchott, arrêté le 9 juillet 2016 ;

M. Mohamed Jaroullah, né le 12 janvier 1973, arrêté le 3 juillet 2016 ;

De plus, nous avons reçu des informations crédibles selon lesquelles 40 autres personnes membres de la communauté haratine[1] ont été interpellées dans le cadre de la même vague d’arrestations. Il apparait que ces personnes n’ont pas été en mesure de contacter un avocat et nous n’avons de la sorte pas pu connaître leurs noms et leur situation actuelle.

Contexte général

Malgré la promulgation en 2007 d’une loi criminalisant l’esclavage, celui-ci a continué d’être pratiqué dans le pays, et une certaine impunité subsiste[2]. C’est dans ce contexte que l’IRA est devenue l’une des organisations principales dans la lutte pour une abolition effective de l’esclavage en Mauritanie.

Ces dernières années, l’IRA a été victime de représailles de la part des autorités mauritaniennes qui ont constamment refusé d’accorder une accréditation à l’organisation et ont procédé à la poursuite et à l’arrestation de plusieurs de ses membres dans le passé y compris M. Dah Biram, président et fondateur de l’ONG le 11 novembre 2014[3].

Alkarama avait alors soumis son cas à l’attention du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme afin d’enjoindre aux autorités mauritaniennes de mettre un terme à cette détention. Il fut libéré le 19 mai 2016[4].

Arrestations

Entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, les membres de l’IRA ont fait l’objet d’une vague d’arrestations suite à des rassemblements en soutien aux habitants de la gazra Bouamatou – un quartier très défavorisé de Nouakchott – le 29 juin 2016 lors de l’expulsion de centaines d’habitants de ce quartier.

Des altercations entre des personnes venues soutenir les familles expulsées et les forces de sécurité avaient alors éclaté, et les forces de sécurité avaient procédé à des dizaines d’arrestation.

Dès le lendemain, des policiers en civil procédaient à des arrestations de membres de l’IRA, au motif qu’elles les soupçonnaient d’avoir participé à ces débordements, en l’absence d’éléments à charge ; ces personnes affirment ne pas s’être rendus à ce rassemblement, dont ils ignoraient même l’existence. Le 30 juin 2016 au matin, MM. Amadou Tidjane Diop, vice-président de l’IRA, et Abdallahi Matallah Seck, coordinateur de la section de l’IRA à Sebkha, étaient arrêtés chez eux.

Le vendredi 1er juillet au matin, M. Balla Touré, secrétaire aux relations extérieures de l’IRA, était arrêté à son domicile ; le même jour, M. Jemal Beylil, militant, était violemment arrêté dans sa boutique de la commune du Ksar, devant ses collègues, et M. Moussa Biram, militant également, était arrêté à son domicile dans la soirée.

Le dimanche 3 juillet, MM. Hamady Lehbouss – conseiller du président de l’IRA, Ahmed Hamdy Amarvall – trésorier de l’IRA – et Mohamed Jaroullah étaient arrêtés à leur tour par des policiers en civil, lorsqu’ils revenaient d’une conférence de presse chez M. Dah Biram, et alors même que M. Jaroullah se trouvait hors du pays le 29 juin 2016 lors des émeutes, et n’était rentré que le 1er juillet à Nouakchott.

Le même jour, au matin, la police avait procédé à l’interpellation de M. Khatri Rahel M’Bareck, coordinateur du comité de la paix, devant la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), avenue Gamal Abdel Nasser, à Nouakchott.

Le 8 juillet 2016, M. Mohamed Daty, greffier, était arrêté à la sortie du tribunal et MM Ousmane Anne et Ousmane Lô étaient interpellés ensemble, de nuit, dans la rue. Enfin, le lendemain, M. Abdallahi Abou Diop était arrêté sur son lieu de travail, devant ses collègues, et frappé par les policiers procédant à l’interpellation.

Durant leurs gardes à vue respectives, les activistes ont rapporté à leurs avocats avoir été détenus dans des conditions indignes, séparément, dans des lieux inconnus de leurs familles et de leurs avocats et sans pouvoir communiquer avec ceux-ci. Ils ont par ailleurs fait l’objet de divers transferts d’un lieu de détention inconnu vers un autre, les yeux bandés.

Interrogés la nuit, privés de sommeil et d’accès à des sanitaires et à des douches, ils n’ont pas eu la possibilité de consulter un médecin. M. Amadou Abou Diop qui souffre d’une pathologie cardiaque grave n’a pas pu suivre son traitement durant la garde à vue. Lorsqu’il a finalement été emmené à l’hôpital, il s’est vu prescrire des analyses qui n’ont toujours pas été réalisées.

MM. Abdallahi Mataala Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont subi des actes de torture physique durant la période de garde à vue. Afin qu’ils avouent la planification et la participation aux affrontements du 29 juin 2016, MM Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Abdallahi Abou Diop devaient rester mains et pieds attachés dans le dos, dans des positions douloureuses, durant plusieurs heures consécutives, ou attachés et suspendus par des cordes ; les agents conduisant les interrogatoires serraient les menottes au maximum, si bien qu’à l’issue de la garde à vue, ces trois détenus présentaient des lésions aux mains et aux poignets. M. Moussa Biram présentait également des traces de coups sur les pieds et les mains.

Lors des interrogatoires, M. Abadou Tidjane Diop a été entièrement déshabillé, insulté et menacé de mort s’il n’avouait pas sa participation aux affrontements contre la police. Au cours des rares repas qui lui ont été servis, sa nourriture était mélangée à du sable, et les agents refusaient de lui donner de l’eau.

Les demandes d’expertises formulées par leurs avocats ont néanmoins été rejetées par le procureur, alors même que les sévices auraient été infligés selon les victimes, par des commissaires de police, un officier de la Direction de la sûreté de l’Etat et des brigadiers du commissariat.

Les familles des victimes ont tenté d’obtenir des informations sur les raisons de leurs arrestations et sur leurs lieux de détention mais se sont heurtées à des refus systématiques de la part des autorités et ont été informées qu’elles subiraient des représailles si elles s’entretenaient avec des organisations non-gouvernementales ou des medias étrangers.

De même, des membres du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) institué par la loi 034/2015 sont entrés en contact avec la Direction régionale de la sûreté de Nouakchott Ouest et le commissariat de police Ksar I, afin de procéder à des visites des lieux de détention, conformément à leur mandat ; ils ont ensuite saisi par écrit le Procureur de Nouakchott Ouest. Les autorités n’ont donné aucune suite à leurs requêtes.

Etat actuel de la procédure

Après avoir été détenus au secret pendant des périodes allant de deux à 12 jours, les 13 victimes et dix des autres personnes arrêtées suite aux altercations du 29 juin ont été présentées au Procureur dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 juillet 2016, aux alentours de 4h du matin. A cette occasion, elles ont pu s’entretenir avec leurs avocats respectifs pour la première fois depuis leur arrestation.

Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête de flagrance, alors qu’aucun des prévenus n’était présent lors du rassemblement litigieux. Les 13 activistes sont à présent détenus à titre préventif à la maison d’arrêt de Dar-Naïm et devraient être jugés le 3 août des chefs d’attroupement armé (art. 101 à 105 du Code pénal), de violences à l’égard d’agents de la force publique (art. 213 et 214 du Code pénal), de rébellion (art. 191 du Code pénal) et d’appartenance à une organisation non enregistrée, l’IRA.

Les 13 militants de l’IRA et sept autres détenus partagent actuellement une même cellule au sein de la maison d’arrêt de Dar Naim. Depuis les interpellations, les familles n’ont pu leur rendre visite qu’une seule fois, à l’issue de leur garde à vue.

Requêtes

S’agissant en tout état de cause d’une situation relevant de votre mandat, et conformément à la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies n° 53/144 du 9 décembre 1998 et à la Résolution 2000/61 de la Commission des droits de l’homme, nous avons l’honneur de vous demander, Monsieur le Rapporteur Spécial, de bien vouloir intervenir d’urgence auprès des autorités mauritaniennes.

L’arrestation et l’actuelle détention de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Bleyile, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Mohamed Zarouhoullah ont pour but de les empêcher d’exercer leurs activités de défense des droits de l’homme et s’inscrivent dans une campagne générale d’entrave et de répression des autorités mauritaniennes à l’égard des militants antiesclavagistes. Elles contreviennent par voie de conséquence à la responsabilité et au devoir de l’Etat de protéger, promouvoir et rendre effectifs tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales[5].

Dès lors que les faits donnant lieu aux poursuites ne sont étayés par aucun élément matériel, et que ces activistes sont arbitrairement détenus et ont subi des actes de torture pour des activités tombant sous leur droit à la liberté d’association, prévu à l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, nous vous demandons d’exhorter les autorités mauritaniennes à abandonner les poursuites et à les libérer immédiatement.

Nous vous demandons également de rappeler aux autorités mauritaniennes leurs obligations de cesser tout acte de persécution à l’encontre des militants qui appellent au respect des libertés civiles et politiques dans le pays, et d’apporter des clarifications sur le sort des quarante autres personnes arrêtées suite aux mêmes évènements.

Nous avons donc l’honneur de vous soumettre le présent cas qui relève de votre mandat et vous prions, Monsieur le Rapporteur spécial, de croire à notre haute considération.

Me Rachid Mesli,

Directeur juridique

M. Michel Forst

Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme

Haut Commissariat aux droits de l’homme

Office des Nations Unies à Genève

8-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

EMAIL : urgent-action@ohchr.org, defenders@ohchr.org, sr-torture@ohchr.org, srslavery@ohchr.org

Copie à : Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et conséquences ; Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Genève, le 21 juillet 2016

Appel Urgent

[1] Les Haratines, ou « Maures noirs », sont les principales victimes de la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Historiquement réduits en esclavage par les Maures blancs (arabo-berbères), ils avaient été progressivement affranchis suite à une loi de 1905, mais ont continué d’être victimes de discrimination, de marginalisation et d’exclusion car ils étaient toujours perçus comme appartenant à la caste servile.

[2] Conseil des droits de l’homme, 15e session, Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, Mme Gulnara Shahinian – Mission en Mauritanie, 24 août 2010, A/HRC/15/20/Add.2, §11.

[3] Comment on Mauritania by Rupert Colville, Spokesperson for the UN High Commissioner for Human Rights, http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16341&LangID=E (consulté le 21 juillet 2016).

[4] Alkarama, Mauritanie : Libération des militants antiesclavagistes Biram Ould Abeid et Brahim Ould

Bilal Ramdane, 20 mai 2016, http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-militant- antiesclavagistes-biram-ould-dah-abeid-et-brahim-ould-bilal-ramdane (consulté le 21 juillet 2016)

http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-… (consulté le 21 juillet 2016).

[5] Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, A/RES/53/144, 8 mars 1999, articles 1, 2, 5 et 6.
Source crédit : http://www.cridem.org 

​L’intrigue : régner c’est savoir tromper… Baba Maal OUI  mais Tariq Ramadan NON..!!!

Comment décoder que Tariq Ramadan arabe de nationalité suisse d’origine égyptienne soit indésirable dans cette Mauritanie où tout s’arabise avec zèle à vitesse grand V. On pourrait s’aventurer à titre comparatif avec l’accueil réservé à l’artiste sénégalais Baba Maal d’ethnie pulaar, par les hautes autorités de notre pays. Ce chanteur avait été reçu par le président mauritanien Ould Abdel Aziz dans le palais ocre à Nouakchott il y’a quelques mois, lors de son passage dans la capitale mauritanienne pour l’anniversaire de son groupe artistique. À l’occasion, le grand concert tenu dans l’enceinte du stade olympique de Nouakchott, n’avait éveillé rien d’anormal pour l’ordre public. Oui…du PUBLIC, l’enjeu fondamental de l’exercice du pouvoir chez NOUS comme partout ailleurs. Nos dirigeants préfèrent nous voir en transe jubilatoire pour les divertissements pompeux qui inhibent L’Essentiel en Nous. Logiquement, ils sont amis pour ne pas dire complices avec ces artistes qui les aident à nous dompter finalement dans notre sort végétatif et fataliste. De l’autre côté, ils répugnent les voix portantes qui interpellent et éveillent les consciences . C’est bien le cas de l’intellectuel suisse d’origine égyptienne Tariq Ramadan qui a été refoulé par les autorités mauritaniennes hier. On ne veut pas du PUBLIC pour lui (cet arabe) à Nouakchott alors qu’on avait parrainé Baba Maal  (ce peulh) en bonus du PUBLIC. En quoi les conférences publiques de Tariq Ramadan pourraient être une menace à l’ordre public alors que le stade bondé pour Baba Maal était salué et soutenu par le gouvernement il y’a quelques mois. Les autorités craignent autre CHOSE. En effet le discours intellectuel qui éveille et appelle à une prise de conscience politique et citoyenne en toute LIBERTÉ, risque de dévoiler l’ordre usurpateur et injuste du pouvoir. Dans nos pays, ce dernier s’exerce contre les PEUPLES par les inégalités sociales et politiques. Le meilleur instrument de contrôle utilisé par un ordre étatique INJUSTE, c’est de maintenir les populations dans l’INGNORANCE. Le professeur Ramadan était invité en tant que humaniste, musulman et intellectuel qui parle à TOUS sans aucune référence catégorielle, ce qui peut perturber logiquement les logiciels de nos milieux dominants. S’il se serait présenté comme un dignitaire arabe issu d’une grande tribu égyptienne, on l’aurait auréolé de tous les honneurs et accueilli par un magma tribalo-religieux très SÉLECT. Nous sommes un pays de milles Ulémas, mais l’islam qui se veut VRAIMENT FRATERNEL, ÉGALITAIRE et ACCESSIBLE à tous devant DIEU et parmi les Hommes, dérange ce qui s’apparente à un clergé exclusiviste. 
Décodons, où se trouvent les manoeuvres qui nous menacent TOUS à terme..?? 
K.S 

Scandaleux et injuste : Tariq Ramadan interdit d’entrer en Mauritanie.


Scandaleux et injuste…!?

Apparemment les autorités mauritaniennes préfèrent accueillir un sommet arabe qui est un club d’exploitants des peuples que de laisser l’éminent Professeur Tariq Ramadan honorer ses invitations auprès d’organismes humanitaires et culturels. Le sommet arabe coûtera en préparation plusieurs millions d’Ouguiya dans un pays d’affamés, alors que la visite de Tariq Ramadan aurait aidé et boosté spirituellement, socialement, culturellement et surtout sur le plan humanitaire dans un pays où les gens modestes sont mis sur le compte du fatalisme sans assistance étatique digne de ce nom. Avec cette expulsion, un autre visage du gouvernement mauritanien se dévoile au grand jour. Mes pensées solidaires à l’association Main Dans la Main notamment son secrétaire général l’imam Abdoulaye Sarr que j’ai eu l’honneur de l’interviewer courant Mai en France (https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/05/22/en-exclusivite-lentretien-avec-limam-abdoulaye-sarr-le-secretaire-general-de-lassociation-main-dans-la-main/), et à l’organisme humanitaire très actif La Marmite du Partage de Mr Khally Diallo Rochigneux.

Dans un communiqué diffusé via sa Page officielle Facebook, l’intellectuel suisse d’origine égyptienne annonce que c’est le 8 ème pays majoritairement musulman qui prend une pareille décision à son encontre. Notre pays fera partie de ces pays qui ont peur étrangement du message intellectuellement limpide et instructif du Professeur Ramadan. En France, on peut comprendre la mise en quarantaine académique à tort de l’intellectuel suisse, dû à des motifs passionnés et passionnels chez les milieux universitaires à son sujet, mais autre CHOSE motive son bannissement dans certains pays majoritairement musulmans. Le point commun entre l’Égypte du général putschiste SISSI , le régime usurpateur des Al-saud et de la Mauritanie sous un régime tribalo-féodal, est ce caractère allergique aux messages libérés pour leurs peuples respectifs. Tariq Ramadan est connu pour avoir un message pour plus d’engagement citoyen et d’ouverture à l’endroit de la jeunesse musulmane. Cet appel incite à une prise de conscience politique, sociale et intellectuelle pour réformer et participer à l’instauration d’un environnement plus JUSTE. Ah oui l’appel à la JUSTICE pour TOUS…?? Certains états majoritairement musulmans ont banni le mot JUSTICE pour Tous, de leur vocabulaire.  Ils nous ont habitués à être soumis et conditionnés à une lecture fataliste de notre sort. La pauvreté, l’éducation défaillante, les inégalités sociales, les pratiques esclavagistes et la mal gouvernance sont le fait du hasard ou dans l’ordre « des chanceux et des malchanceux ». Et toute voix qui éveille et interpelle les peuples en sommeil pour plus d’exigence citoyenne et participative, serait prise comme subversive et menaçante  pour un ordre étatique INJUSTE. Dans notre époque numérique et globalisée, la tromperie légendaire pour diriger tranquillement par le contrôle exclusif de la PAROLE, est devenue utopique. Par exemple, l’écrasante majorité des mauritaniens ayant accès aux canaux  modernes d’information, peut citer Tariq Ramadan, mais peu de gens peuvent se rappeler d’un seul propos d’une teneur intellectuelle marquante tenu par notre général Ould Abdel Aziz depuis son irruption publique dans le paysage politique mauritanien….par deux  coups d’état (2005 et 2008).

Mr Tariq Ramadan , le peuple mauritanien ne se reconnaît pas dans la décision de votre expulsion. 


K.S

11-07-2016 – L’ambassade de Mauritanie à Paris encore saccagée : Kassataya vous en livre les détails


Kassataya
– L’ambassade de Mauritanie à Paris, située rue Montevideo dans le très chic XVI arrondissement, a fait l’objet, la semaine dernière, d’une énième mise à sac.

Immédiatement, les regards se sont tournés vers le très controversé enrôlement des populations mauritaniennes que d’aucuns jugent discriminatoire envers les populations noires de Mauritanie. KASSATAYA.COM est allé a mené l’enquête et vous en dit davantage.

Mardi 5 juillet 2016. Comme souvent depuis l’ouverture d’un bureau d’enrôlement des populations mauritaniennes de France (et d’Europe), les locaux de l’ambassade sont pris d’assaut par des dizaines de Mauritaniens à la recherche de sésames de plus en plus précieux : visas, récépissé d’enrôlement, actes de naissance, déclaration de naissance et autres documents d’état-civil.

Il est un peu plus de 10 h ce mardi matin quand Souleymane S., la trentaine, pousse la porte de l’ambassade. Il manque de renverser un employé et se dirige vers l’arrière-cour où se trouve l’aile réservée à l’enrôlement. Souleymane S. est un habitué des lieux. Depuis un peu plus d’un mois, il court après un document attestant que son enrôlement a bien été validé.

D’après un témoin joint par KASSATAYA.COM, Souleymane S. avait commencé à montrer des signes d’énervement déjà jeudi 7 juillet. « J’étais assis juste à ses côtés et il n’arrêtait pas de protester. Il se plaignait de devoir effectuer des déplacements qui lui coutaient cher en temps et en argent et ne comprenait surtout pas qu’on retarde le traitement de son dossier alors qu’il remplit toutes les conditions. Un agent de l’ambassade lui proposa alors de lui laisser ses coordonnées afin qu’il puisse l’informer de l’évolution de son dossier et lui éviter de se déplacer » poursuit notre source.

Impatience

Mais, Souleymane S. trouve le temps long. Mardi donc, sans attendre, il se présente devant le responsable des opérations d’enrôlement pour s’enquérir, comme un rituel, de l’état d’avancement de son dossier. Voyant qu’il n’y a eu aucune évolution depuis jeudi, Souleymane S. se saisit d’une chaise et renverse tout ce qui se trouve à sa portée, y compris un ordinateur. Le responsable de l’enrôlement et quelques agents présents dans la pièce sortent précipitamment. D’autres interviennent pour Souleymane S.; celui-ci sort de la pièce mais s’énerve tout de suite après et renverse une benne à poubelle. C’est alors que l’ambassade décide de faire intervenir la police française qui embarque Souleymane S. immédiatement placé en garde-à-vue.

Des précédents

Ce n’est pas la première fois que l’ambassade de Mauritanie en France est sujette à ce genre de mésaventure. Rien que ces trois dernières années, deux cas similaires sont à relever comme le rapportait KASSATAYA.COM.

En mai, près de quinze étudiants avaient occupé l’ambassade de Mauritanie pour protester contre les discriminations envers les communautés dont ils sont issus. Les autorités mauritaniennes avaient porté plainte et le procès s’était soldé par la condamnation des étudiants à des peines légères.

Un an plus tard, en mai 2015, un individu répondant au nom de Ould Sidi, muni d’armes blanches s’introduisait dans le bureau de l’ambassadeur M. Wagne Abdoulaye Idrissa avant d’être maitrisé sans faire de victime. Contrairement à la précédente affaire, cette agression n’avait pas l’objet de plainte.

Un enrôlement à problèmes

Le fossé entre l’ambassade de Mauritanie en France et ses administrés ne fait que se creuser davantage depuis le lancement de l’opération d’enrôlement. Les raisons de ce désamour tiennent aux conditions d’accueil qui ne satisfont pas les usagers mais aussi à un problème de communication.

Selon les confidences recueillies par KASSATAYA.COM, « il y a une confusion entre les services consulaires, l’état-civil et les activités de l’ambassade à proprement parler. Le fait que les opérations d’enrôlement se déroulent dans les locaux de l’ambassade laisse penser que c’est la chancellerie qui en est responsable. Ce qui est erronée. En vérité, l’ambassade n’a aucun droit de regard sur ce qui se passe en matière d’enrôlement, d’établissement de passeport ou de visa. Tout dépend de Nouakchott et tout y est validé».

C’est donc au niveau du tout puissant administrateur directeur général de l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurités M. M’Rabih Rabou Ould El Wely que se situe le nœud du problème. La décision de ne plus exiger un titre de séjour français pour l’enrôlement des Mauritaniens de France, la disponibilité de l’ex ambassadeur M. Wagne Abdoulaye Idrissa puis de son successeur Mme Aichetou Mint M’Haiham envers des administrés en désarroi ne sont pas suffisantes pour apaiser les rancœurs ni améliorer les relations avec les Mauritaniens de France.

Que vont faire les autorités mauritaniennes à présent ?

Cette nouvelle affaire met les autorités mauritaniennes dans l’embarras et le président Ould Abdel Aziz dans une grosse colère. Mais les options qui restent sur la table ne sont pas légion. Les autorités mauritaniennes peuvent poursuivre la fuite en avant en se barricadant davantage comme elles l’avaient fait il y a quelques années. Elles avaient engagé un procès contre les étudiants qui avaient occupé les locaux de l’ambassade.

La sécurité de l’ambassade avait été renforcée par l’affectation d’une demi-douzaine de policiers directement venus de Mauritanie. Trois d’entre eux avaient déserté leurs postes et demandé l’asile politique en France, rejoignant, dans une certaine mesure, les foules qui dénoncent les abus en Mauritanie. Aujourd’hui, les autorités envisageraient de s’attacher les services d’une agence de sécurité en France pour filtrer les entrées à l’ambassade.

Ce qui fait dire à une source interne que « ce n’est pas comme cela que les problèmes vont être réglés. Il faut nécessairement dissocier les activités consulaires de tout ce qui relève de l’état-civil. On peut établir des documents provisoires aux Mauritaniens qui ont besoin de régulariser leur situation auprès de l’administration française en attendant de pouvoir se faire enrôler en bonne et due forme. Mais on dirait qu’il y a une main invisible qui fait tout pour que certaines catégories de population ne puissent pas se faire enrôler même si toutes les conditions sont réunies ».

En attendant, toutes les activités telles que l’enrôlement, l’établissement des passeports et des visas sont suspendues jusqu’à nouvel ordre et l’accès aux locaux de l’ambassade strictement contrôlé.

Post Scriptum

Au moment où ces lignes sont écrites, lundi 11 juillet, M. Souleymane S. est revenu à l’ambassade mais n’a pu y accéder et aucun nouvel incident n’a été signalé. Les autorités ont fait intervenir la police française et ont porté plainte contre M. Souleymane S.

Nous avons essayé de joindre l’ambassade de Mauritanie en France en vain.

Par Abdoulaye DIAGANA pour KASSATAYA.COM
Source crédit : http://www.kassataya.com

​Evènements du Ksar : Communiqué du Mouvement Autonome pour le Progrès (MAP)


Nous avons appris avec stupéfaction les arrestations arbitraires de membres et militants d’IRA à Nouakchott, suite à la tentative de délogement des habitants du bidonville situé aux abords de l’hôpital Bouamatou. Entre le 30 Juin et le 2 Juillet 2016, M. Diop Amadou Tidjane, 3ème vice-président d’IRA, Abdallahi Mattala Saleck et Moussa Biram, respectivement président et vice-président de la section de Sebkha, M. Balla Touré, Secrétaire Général Exécutif, Jemal Bleyil, vice-président de la section de Ryadh, ainsi qu’une dizaine de militants du mouvement, ont été arrêtés dans les rues de Nouakchott ou à leurs domiciles.
Ces membres et militants d’IRA, dont le seul tort est d’appartenir à une organisation de droits humains luttant pour l’abolition de pratiques rétrogrades et inhumaines, ont été arrêtés en violation des droits et libertés individuelles garantis par la loi fondamentale. Une fois de plus, le régime tyrannique de Mohamed Ould Abdel Aziz a sévi, réaffirmant pour la énième fois le caractère arbitraire et inique de ses décisions. Ces arrestations, qui ne reposent sur aucune base légale, attestent, s’il fallait encore en administrer la preuve, la dérive inquiétante d’un régime aux abois. 
Le MAP exige la libération immédiate et inconditionnelle des membres et militants d’IRA arrêtés par les forces de répression mauritanienne. Particulièrement indigné par l’arbitraire du pouvoir, le MAP appelle toutes les forces politiques et les mouvements de la société civile à agir ensemble, pour sortir ces innocents des griffes d’un régime pseudo démocratique, qui s’emploie à instaurer une instabilité chronique afin de pérenniser son règne.   
Le MAP