IRA : ​Communiqué de presse


Le président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, vient de clôturer, ce samedi 17 décembre à Paris, une série de trois tournées au cours desquelles il a sillonné trois continents à savoir, dans l’ordre chronologique, l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. A  chaque station de ce long périple, le leader abolitionniste, malgré les contremesures prises par l’Etat et la diplomatie mauritaniens, a été l’objet d’attentions et d’égards particuliers de la part de chefs d’Etats, de présidents, de responsables de partis mais aussi de dirigeants des organisations de la société civile et des faiseurs d’opinions des pays visités.

L’événement a pris la forme d’une conférence de presse, organisée par IRA-France dans une salle parisienne qui refusa du monde, tellement l’affluence fut importante. Lors de cette conférence, le Président Dah Abeid, accompagnés du Dr Ahmed Amou Ould Moustapha et du Pr Mohamed Baba, tous deux membres du Bureau Exécutif d’IRA, et devant des centaines de coordinateurs, d’adhérents et de sympathisants de toutes les sections d’IRA en Europe, a présenté les principaux résultats de cette tournée internationale, précisé le positionnement d’IRA sur la scène politique mauritanienne et tracé les perspectives du combat qui attend les Mauritaniens et les militants abolitionnistes dans les semaines et mois à venir.

Pour le bilan, la tournée a permis de réaffirmer le rôle de lanceur d’alertes que la communauté internationale, à travers les multiples distinctions et marques de reconnaissance qu’elle lui a décernées, a décidé de confier à IRA-Mauritanie dans le domaine de la défense des droits humains. Ce sont là, précise le Président, autant de coups de boutoir  assénés au régime de Ould Abdel Aziz. Une quatrième tournée, cette fois au sein du monde arabo-musulman, sera organisée après le retour du Président au Pays, retour programmé dans les prochains jours.

Pour le positionnement d’IRA, il est sans équivoque possible et de façon résolue, aux avant-gardes de l’opposition au régime de Ould Abdel Aziz. Ce système dont la justification première est le parrainage et la protection des esclavagistes et des racistes les plus endurcis doit être abattu et ses fondements déconstruits jusqu’à la dernière pierre d’angle. IRA appelle ses partenaires dans l’Opposition à adopter la lutte pour la dignité humaine et notamment l’abolition effective de l’esclavage, qui sévit dans toutes les communautés nationales, et la lutte contre le racisme d’Etat, dont les Négro-africains sont les principales victimes,  comme causes structurantes du combat politique en Mauritanie. Elle appelle à la libération immédiate de tous les détenus d’opinion à savoir les trois abolitionnistes qui sont à Zouerate et le militant du Mouvement du 25 février, injustement détenu à Nouakchott.

Le Président a précisé que le combat contre l’esclavage et les injustices sociales mené par l’IRA est un combat universel et n’est pas l’apanage de Mauritaniens à plus forte raison d’une communauté  plus qu’une autre. Le seul adversaire de l’IRA, a précisé Dah Abeid, est le système féodal esclavagiste et les forces rétrogrades qui tentent de le couvrir et de le perpétuer, quelle que soit la communauté.

Pour mener à  bien ce combat, IRA s’adresse à tous les Mauritaniens et tend la main à tous les acteurs politiques qui partagent sa vision d’une Mauritanie juste égalitaire et réconciliée.

Prenant la parole Mrs Mohamed Baba et Ahmed Amou Ould Moustapha ont abondé dans le même sens et ont appelé tous les Mauritaniens à ne pas se tromper d’adversaire, à s’unir et à éviter de tomber dans le piège des manœuvres de diversion du Système qui s’efforce de retarder l’avènement d’une Mauritanie pour tous, pour se maintenir.

Les semaines et mois à venir seront décisifs pour la Mauritanie. Déboussolé par les échecs de ses tentatives successives et pathétiques d’entrainer les partis de l’Opposition dans la voie de sa légitimation, Ould Abdel Aziz commence à désespérer une frange importante de sa majorité. IRA appelle à l’empêcher, par tous les moyens légaux et pacifiques, de procéder au moindre tripatouillage de la Constitution quel qu’en soit le motif.

Nouakchott  le 18  décembre 2016

 La Commission de communication

20-12-2016 07:00 – Transfert des prisonniers abolitionnistes à Bir Moghreïn


Le Calame
– Les autorités pénitentiaires du Tiris Zemmour ont décidé de transférer les trois prisonniers abolitionnistes condamnés en novembre dernier, en appel à deux ans de prison ferme à l’encontre de Moussa Bilal Biram et Abdallahi Matalla Saleck et à un an d’emprisonnement dont six mois fermes à l’égard de Abdallahi Abou Diop.

Les trois militants d’IRA Mauritanie sont arrivés ce lundi 19 décembre en début d’après midi à la prison civile de Bir Moghreïn.

Cette mesure est perçue comme s’inscrivant dans le cadre de représailles après la diffusion sur le net des photos accablantes montrant les cicatrices résultant des séances de tortures que Moussa Biram a subies durant sa longue période de détention. Signalons que les trois abolitionnistes qui ont subi de graves tortures sont restés en prison : le temps d’effacer toutes traces.

Pour rappel, le parquet s’était pourvu en cassation. Ce 20 décembre, la Cour Suprême devra examiner la recevabilité de cet appel. Ces derniers mois des grincements de dents se sont fait sentir à la prison de Bir Moghrein.

Les pensionnaires se lamentent des souffrances endurées, dénonçant du coup la dureté des conditions d’incarcération et appelant les autorités à leur venir en aide.

Dans leur lettre, les détenus révèlent que les criminels endurcis et les chefs de gangs des prisons de Dar Naim, d’Aleg de la prison civile de Nouakchott et de celle de Nouadhibou font la loi dans ce pénitencier, prennent des redevances sur les nouveaux arrivants et sur les étrangers, et introduisent tous les produits prohibés au vu et au su de l’administration, et en connivence avec les gardes en faction.

Crédit source : http://www.cridem.org 

Regardez « Biram Dah Abeid en conférence à Paris » sur YouTube

L’intervention en vidéo du président d’IRA-MAURITANIE lors de la conférence du 17 décembre 2016 à Paris. 

Paris, 17 décembre 2016: Notre photo-reportage sur la conférence du président d’IRA-MAURITANIE, BIRAM DAH ABEID à Paris.

La conférence publique attendue du président Biram Dah ABEID d’IRA-MAURITANIE a eu lieu ce samedi 17 décembre 2016 dans le 11ème arrondissement de Paris. Vers 15H30, sous la houlette du modérateur du jour Moussa SOUMARÉ cadre du mouvement abolitionniste, le président d’IRA-France Jean-Marc PELENC a ouvert la conférence par un bref  historique sur le mouvement, ses activités et ses perspectives. Il a exprimé une pensée pour les 3 militants d’IRA encore incarcérés.

Vers 16H, le leader abolitionniste est arrivé et accueilli chaleureusement par le public d’une tonnerre d’applaudissements. Monsieur Biram Dah ABEID a pris la parole vers 16H05. Après les remerciements d’usage, il a exposé le fond du bilan de sa tournée internationale  (Amérique, Afrique et Europe) . Le leader abolitionniste a remercié la diaspora et particulièrement le comité de soutien aux détenus d’Aleg. 

 Le lauréat Onusien de 2013 pour la défense des droits de l’Homme , a rappelé qu’un travail intense à l’extérieur a été accompli ces derniers mois, et que son mouvement IRA n’est pas seulement les coups d’éclats qui ont jalonné et marqué sa jeune histoire  (le pèlerinage d’INAL en 2011 ,  l’autodafé des livres « religieux » du code esclavagiste en 2012 et la caravane foncière en 2014). Il a indexé le gouvernement mauritanien qui s’est attaqué injustement à la direction du mouvement antiesclavagiste en vu de le décapiter en vain. Le président Biram a expliqué que les dissidences survenues ces derniers temps n’affectent en rien le mouvement abolitionniste et d’ailleurs d’autres dissidences peuvent survenir encore. Pour lui, tout cela vient des manipulations du système mis en place depuis 1978 et qui structure et se sert des divisions multiples du peuple mauritanien pour se perpétuer. 

Monsieur Biram Dah ABEID a annoncé par ailleurs qu’il va rentrer à présent au pays après son long périple de sensibilisation. Il a déclaré que son mouvement est ouvert à une large convergence de tous les partis et mouvements progressistes et les ONG pour porter une voix forte et décisive  face au système en place et réaliser une GRANDE OEUVRE . Il s’est dit disposé pour une stratégie permettant de donner d’autres alternatives à ceux qui se trouvent piégés de soutenir ce système qui ne tiendra pas pour toujours. 

Après cet exposé du président, deux membres du bureau exécutif du mouvement, le professeur Mohamed Baba SAID et le docteur Ahmed Ammou MOUSTAPHA ont pris la parole pour abonder dans le sens des propos tenus précédemment. Ainsi la plainte introduite par le président Biram à Paris le 14 Novembre 2016 pour tortures sur certains de ses camarades emprisonnés , est une démarche très importante qui va peser dans les consciences de certains éléments du système. 

À noter la présence d’un stand d’adhésion pour le public désireux d’intégrer le mouvement abolitionniste. 

Vers la fin, la séance de questions-réponses avec un public très important par rapport aux locaux un peu exigus de la conférence, a été très enrichissante. Ce moment a permis au président BIRAM d’interpeller et d’être interpellé également sur diverses questions  (tensions autour d’INAL, l’esclavage sous diverses formes dans toutes les communautés en Mauritanie, le calendrier politique dans l’avenir, ses visions politiques et économiques etc…) . Il a mis en garde contre les manoeuvres de diversion orchestrées par le système en se servant des marionnettes notamment le cas de l’extrémiste Daoud Ahmed AICHA avec son parti légalisé récemment. 

Reportage assuré et signé par  Kundu SUMARE pour SONINKIDEES-JOSE.


Lettre ouverte à le Ministre de la Fonction publique et du Travail | Par Samba Thiam



Samba Thiam – Etant donné que l’Administration a fermé toute voie de recours à l’administré que je suis, il ne s’offre à moi d’autre choix que la voie de presse pour prendre l’opinion à témoin …

A Monsieur le Ministre de la Fonction publique et du Travail

Objet : requête pour être remis dans tous mes droits

Monsieur le Ministre ,

A nouveau, je viens réclamer le règlement de ma situation administrative. Mon nom est Samba Thiam, Inspecteur adjoint de l’Enseignement Fondamental, matricule 40825 Z, indice 830.

Monsieur le ministre, les prisonniers politiques de 1986, dont je fais partie, ont vu leur situation administrative régularisée, soit par amnistie suite à l’ordonnance d’amnistie ( No 91-025 ) ci-jointe; soit par voie de Tadamoun. Ils sont alors indemnisés et bénéficient ensuite de leur pension de retraite pour ceux atteints par la limite d’âge, ou réintégrés dans leur corps d’origine pour les plus jeunes .

La 2eme base sur laquelle s’effectuent ces régularisations, c’est l’inscription à Tadamoun, au titre de réfugié. J’ai satisfait aux deux procédures ; la seconde, par lettre collective ( no 2314) –jointe- , transmise à la fonction publique le 23/12/2015.

J’y figurais en tête de liste, mais le directeur général de la fonction publique gomma mon nom, et régularisa tous les autres éléments restant en mi-janvier 2016. Lorsque je demande des explications, il me répond que je dois prouver pour la haute Administration que j’étais réfugié, – exigence qui n’a été appliquée à personne d’ autre jusqu’ici- ; je lui fournis quand même deux cartes de réfugié . Malgré tout cela, je demeure le seul dont le dossier reste pendant, sans explications crédibles, alors que la quasi-totalité de mes codétenus politiques ont vu leur situation administrative résolue (liste –jointe ), bien que nous fussions rigoureusement dans la même situation, et que j’aie rempli toutes les conditions nécessaires. La dernière vague l’a été en janvier 2016 ( voir noms cochés).

Voilà deux ans que je mène les démarches nécessaires auprès du directeur général toutes les semaines, en vain. De rendez-vous en rendez vous, de report en report , de prétexte en prétexte, la direction de la fonction publique diffère, délibérément, par mauvaise volonté manifeste, le règlement de mon cas.

Monsieur le Ministre, je voudrais connaitre les raisons profondes du blocage de mon dossier, que rien ne justifie. Ou dois-je comprendre que c’est à cause de mon opinion ou de mes positions politiques que je suis pénalisé, sur ordre supérieur ? J’aimerais savoir… C’est une question de droit et je n’ai pas l’intention de renoncer à mes droits légitimes …

Dans l’espoir qu’il sera, cette fois, réservé à ma lettre toute l’attention qu’elle mérite, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre , à l’expression de mes sentiments déférents.

Samba Thiam

Pièces jointes : – Ordonnance d’amnistie

– liste des détenus politiques ayant vu leur situation résolue

– lettre de confirmation du MEN

-Liste des réfugiés (indemnisés) transmise par Tadamoun , (amputée de mon nom par le directeur de la Fp ).

Ampliations :

– Archives : 1

Date : Nouakchott 5 /12/2016

………………….

Quelle lecture pour quelle conclusion ?

Reprenons le cours des choses plus en détails…

En 2014 , après de multiples démarches une fiche budgétaire no 129/DGFP , du 01/09/2014) , m’est attribuée , mais soudainement arrêtée et retirée de la circulation. Lorsque je demande des explications on me répond : « sur ordre supérieur », sans plus ! Peu après le directeur général de la fonction publique est relevé de ses fonctions , sans explication.

En 2015 et 2016, tenace, je reprends mes démarches auprès du nouveau DG qui a pris service ; il m’impose de longues et pénibles procédures auxquelles aucun de mes codétenus politiques n’avait été soumis. Je m’y plie et les remplies convenablement . A chaque fois que j’avais rempli une condition il en posait de nouvelles que je finis , malgré tout, par remplir toutes, mais en vain . Persuadé qu’il y avait là manifestement une volonté de blocage de sa part , je décidai alors de saisir le Ministre de la fonction publique ; après de multiples lettres et quatre demandes d’audience restées lettre morte, le ministre finit par consentir de m’accorder une audience ; son secrétaire particulier (–no tel 4524 2377,) m’appelle le mardi 06 décembre vers 22h pour me signifier le rendez-vous, fixé pour le jeudi 8 décembre 2016 à 15h. Je m’y rends et attends longuement. Bizarrement, à 16h 45 un policier me prie de m’éloigner de l’entrée du bureau ; c’était pour permettre au ministre de s’échapper… Seydina Aly passa, tout près de moi, le regard bas, pour éviter de croiser le mien …

De retour à mon domicile, il m’a suffi, après réflexion, de mettre les choses bout à bout pour que, d’un coup, tout s’éclaire ! un DG visiblement à court d’arguments qui tergiverse, cafouille 15 mois durant, puis un ministre qui vous donne rendez–vous mais file à l’anglaise, le tout relié au limogeage de l’ancien DG indiquait, clairement, d’où venaient les peurs , d’où émanait « l’ordre supérieur »…

J’avais compris…

Parce que je reste opposé à son régime ethnocratique et à sa politique ethniciste et clanique, le Président, en représailles, faisait obstacle à la régularisation de ma situation administrative par la fonction publique ! Au mépris de la loi il s’asseyait sur mes droits légitimes …

J’avais chargé – à tort- le Directeur général qui n’était en définitive que le maillon faible de la chaîne, et qui jouait quand même sa tête !

Immixtion et empiètement jusque dans les attributions des chefs de service dans l’application de la loi, tournée en dérision.

Grandeur et petitesse du genre humain disait l’autre …

Lorsque l’on sait, en plus de l’amnistie de 1992, que c’est le gouvernement du Président Aziz , lui-même, qui a pris en conseil des ministres la décision de régler tous les problèmes afférents au passif humanitaire- toujours non apuré depuis 2009-, la question de sa crédibilité même se pose !

Pour ces dizaines de milliers de réfugiés, pour ces milliers de fonctionnaires noirs arbitrairement radiés de la fonction publique, chaque étape pour recouvrer leurs droits constitue un parcours du combattant. De l’indemnisation minable ( 1 million d’ouguiyas après 27 ans de radiation ) à la réintégration, jusqu’à la reconstitution de carrière, chaque étape a été et demeure, dans une administration méthodiquement blanchie, humiliations et souffrances en série …Si de 2009 à nos jours, le dossier n’est toujours pas apuré, c’est bien évidement parce qu’il n’y a pas eu de volonté politique réelle, pour le résoudre correctement.

Que faut-il retenir de tout cela ?

Nourri à la psychologie du soldat-dressé pour donner ou recevoir des ordres- le Président reste allergique à toute opinion contraire, réfractaire à la culture du débat. D’où cette tendance, chez lui, à vouloir réduire, plier, soumettre l’adversaire politique par tous les moyens, y compris par la pitance …

L’Administration est personnalisée, instrumentalisée aux fins de régler les comptes aux adversaires. En effet, nous savons que les opposants politiques au général ne sont ni recrutés, encore moins promus dans son Administration ; et comme si cela ne suffisait pas on s’asseyait en plus sur leurs droits légitimes….

Au caractère ethnocratique, communautariste très marqué du régime, vient maintenant se greffer la personnalisation de l’Administration, instrumentalisée à des fins de règlement de comptes politiques. Ce sont là des Indicateurs de l’incurie et de la déliquescence du régime mauritanien et de sa gouvernance ; La loi c’est le Boss, le Boss la loi !

Voilà pourquoi nos partenaires Européens et Américains se doivent enfin de comprendre qu’avec de telles pratiques, une telle psychologie rétive au Droit et à la Loi – socles de tout Etat de Droit -,en plus de la restriction croissante des libertés, le Président demeure très mal indiqué pour œuvrer à l’érection d’un Etat de droit …

Toutes ces professions de foi sur la lutte contre l’esclavage, sur le respect des droits de l’homme et des libertés, sur l’unité nationale ne sont que mensonges, hypocrisie ! Accords et conventions il s’en moquait. Les appels à l’inclusion n’ont pas de répondant, car sa politique, discriminatoire, sur l’Unité nationale n’a pas varié. Les gouvernements mauritaniens de – teinte militaire- sont rompus à l’art de ruser et de berner les Occidentaux.… Il est temps que nos partenaires internationaux comprennent, enfin, qu’ils ont en face un régime militaire déguisé pour adopter une approche plus adaptée …
Samba Thiam

Inspecteur de l’Enseignement
(Président des FPC)
Nouakchott, le 12 décembre 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

Le Cri d’ALEP : ​Tout était prévisible…par l’Histoire et le Temps..!? 

Je pense qu’il est TEMPS que les haines politico-confessionnelles nourries d’une éternelle confrontation sunnites-chiites s’arrêtent. Le cas Syrien, et à Alep anti-Assad en particulier, nous démontre comment ce conflit historique entre les 2 branches principales de « l’islam » est sous-jacent en grande partie de ce qu’on appelle improprement la guerre civile en Syrie. 

Une certaine rébellion syrienne avec l’appui des puissances extérieures connues comme liberticides dans leurs pays, a articulé et motivé son insurrection armée sur un anti-chiisme viscéral et haineux plutôt qu’une exigence de liberté dans une diversité d’opinions politiques et religieuses. 

Du côté du dictateur Assad, le chiite alaouite de confession, une légion étrangère de l’international chiite avec un appui très intéressé de la Russie de Poutine, on est excités avec acharnement pour se faire du sunnite par le feu et le sang. Le camp d’Assad explique officiellement une reconquête d’un pays, mais on craint officieusement un nettoyage politico-confessionnel dans les zones dites libérées dont Alep sunnite représente l’exemple type. 

De chaque côté, les ressentiments les plus obscurs sont en ébullition, le rebelle sunnite voit au partisan chiite d’Assad comme le chien de l’enfer qu’il faut y précipiter. Le soldat syrien ou son comparse confessionnel iranien ou du Hezbollah libanais, nourrit une vengeance destructrice face au rebelle sunnite qui doit payer pour l’assassinat du petit-fils du Prophète Muhammad par dit-on des sunnites. 

Il faut faire apprendre et comprendre aux gens de 2 côtés qu’ils sont des HUMAINS d’abord avant d’être sunnites ou chiites. Les uns et les autres ont trahi l’esprit de L’ISLAM par leurs sectarismes idéologiques et hégémoniques.

Sur le plan international, le monde dit occidental joue son pragmatisme stratégique pour sauvegarder ses intérêts. Et l’ONU , ce gros machin est devenu les lieux d’expression des sentiments hypocrites des uns et vengeurs des autres. Les dirigeants du monde arabe boivent du thé et les peuples arabo-musulmans prient le CIEL désespérément. 

Que c’est triste….!!!

Communiqué : la conférence du leader abolitionniste mauritanien à Paris  (Samedi 17 décembre 2017) 

Les mauritaniens, les amis de la Mauritanie et l’ensemble des milieux politiques et associatifs africains et français sont conviés à LA CONFÉRENCE  DU PRÉSIDENT D’IRA  (INITIATIVE POUR LA RÉSURGENCE ABOLITIONNISTE), BIRAM DAH ABEID. 
☆ SAMEDI 17 DÉCEMBRE 2016 à PARIS
☆ 15H-19H
IRA-Mauritanie section France invite tous les militants, sympathisants et toute la diaspora Mauritanienne et toutes les organisations des droits de l’homme et la presse à une conférence animée par le leader abolitionniste prix des Nations Unies des droits de l’homme 2013, Monsieur Biram Dah Abeid, sur le thème: 

LA MAURITANIE  ENTRE LES EXIGENCES DE DÉMOCRATIE ET DE DROIT ET CRISPATION DU RÉGIME RACIALISTE.
 Le samedi 17 décembre 2016 de 15h à 19h.

À l’adresse suivante : Espace Hermes sis au 10 Cité Joly, 75011 Paris. 

Accès : Ligne 2, Station Père lachaise ou Menlimontant.
IRA France vous remercie d’avance.

Source : IRA-FRANCE 

​Cri Osé : cet anti-impérialisme qui nous plombe…! 

Un certain anti-impérialisme sectaire qui véhicule sournoisement un racisme anti-blanc, est devenu une « marchandise intellectuelle » prêt à ingurgiter par un certain monde africain et afro-panafricaniste. Une tendance expressément obsessionnelle et imbibée au complotisme, fait de l’Afrique ou du Sud d’une manière générale une proie-victime légendaire d’un monde des méchants occidentaux. Ce panafricanisme qui manipule et utilise certaines frustrations parmi les peuples d’Afrique, en fait une idéologie presque aveuglante et aveuglée pour soumettre davantage des consciences fragiles. On essaiera avec une facilité puérile de braquer les regards innocents du peuple sur les supposés méchants de l’extérieur qui nous écrasent sans pitié. Et de l’autre côté nos dirigeants injustes, dictateurs et sanguinaires qui sont manipulés ou pas, paraissent être dédouanés des multiples sources de nos retards sous couvert d’un anti-impérialisme hypocrite. 
Aujourd’hui, cet anti-impérialisme sectaire verrait bien au camp de L.GBAGBO une fidélité à un certain Sankarisme fourre-tout. Alors qu’on ne dira pas assez que c’est bien l’extrémisme xénophobe, ethniciste et même marginalement confessionnel instrumentalisé POLITIQUEMENT, qui a conduit là où sont GBAGBO, BLÉ GOUDÉ et les autres. Certes le camp de Ouatara n’est pas saint non plus, mais il nous faut un discernement pour savoir que s’il y a manipulation étrangère en l’occurrence occidentale chez nous, interrogeons-nous pourquoi on se bouffe intra pour des broutilles au nom de nos tribus et de nos ethnies. 
Très souvent les intervenants extérieurs conjuguent leurs intérêts avec les objectifs louables exprimés au nom d’une légalité quelconque, et ce n’est pas bête dans un monde interdépendant où le Capital prime sur l’Humain. 

Sur le cas de la Libye d’aujourd’hui, le défunt Kaddafi avec ses 4 décennies de pouvoir porte une part importante de la chienlit en cours dans le pays. Il avait dirigé par le clientèlisme tribal très lucratif sans jamais ériger un État solide et juste (central ou fédéral) par le Droit. Mortel et défaillant comme un être humain, il avait personnifié l’Etat sur sa propre et seule personne d’une manière arrogante et sanguinaire. Pour nous berner, il s’était réveillé panafricain en se servant du portefeuille pour soigner l’élite afro corrompue qui meuble l’anti-impérialisme par une réthorique indigne du SÉRIEUX D’UN THOMAS SANKARA, le vrai anti-impérialiste mais INCOMPRIS à son temps ou d’un NKRUMAH visionnaire. 
Par les temps qui courent, du côté de Banjul en Gambie, un dictateur apparemment très instable psychologiquement joue avec son peuple devant le monde entier. Défait et reconnu comme tel par lui-même il y a quelques jours, il a fait volte-face en criant à la fraude. Mr Yahya Jammeh président depuis 1994, veut s’accrocher au pouvoir encore et encore. Aujourd’hui, comme qu’il a été  toujours en désaccord avec tout le monde,  son peuple en premier qui le subit, et évidemment le monde occidental, le milieu anti-impérialiste sectaire essaie de discréditer son principal opposant vainqueur de l’élection présidentielle. On accuse Mr Barrow le vainqueur, d’être l’homme de la soumission à l’Occident, et on voit en Jammeh le tueur , le résistant honorable. Des circonstances atténuantes sont convoquées pour relativiser le malheur subi par le peuple gambien avec ce petit charlatan irrationnel. Par cet anti-impérialisme épidermique, l’homme africain  perd le sens du discernement et sera toujours mûr pour être cueilli à l’intérieur comme à l’extérieur pour des objectifs obscurs sans vision de long terme. Si nous ne sommes pas indépendants de nos sentiments primaires passionnés liés aux liens historiques d’un ordre mondial donné, il sera très difficile d’organiser l’émergence sociale, politique et économique de nos peuples.  La motivation d’un engagement par OPPOSITION OBSESSIONNELLE à AUTRE fausse notre lucidité et mène aux incohérences. 
Mon petit mot peut être un clin d’oeil à notre frère Kemi Seba et ses adeptes.

K.S

11-12-2016 07:00 – Journée d’échanges des FPC à Massy: Les FPC et le dialogue national, quel bilan ? La communication de Kaaw Touré [PhotoReportage]




FPC
– Chers amis, chers camarades, aimables invités bonsoir;

Avant tout permettez moi de remercier mes camarades des FPC qui ont permis cette rencontre.

Mes remerciements vont aussi à tous et à toutes ces camarades, compagnons de lutte, parents, amis de la Mauritanie et sympathisants de notre cause venus de loin pour participer à cette communion militante.

Votre présence parmi nous prouve, s´il en était encore besoin, le réel intérêt que vous portez pour notre parti dont vous partagez sans nul doute les idéaux de justice, de liberté, d´égalité et de vraie démocratie..Notre combat contre le racisme, l´esclavage, l´exclusion et l´arbitraire est également le vôtre.

3 décembre 1987- 3 décembre 2016, il y a 29 ans jour pour jour, on se souvient encore de cette funeste et tragique date, c´était le jour du verdict qui avait condamné les premiers martyrs de notre lutte à Jreïda. Mes pensées militantes vont aux jeunes officiers Ba Seydi, Sarr Amadou et Sy Saidou Daouda exécutés sauvagement le 6 décembre 1987 à la base militaire de Jreida.

A la mémoire de tous ceux tombés pour les causes justes nous répéterons après d’autres, cette oraison funèbre devenue classique:” Leur vie fut combattante, leur mort héroïque, leur sacrifice sacré et leur mémoire éternelle”. Qu´Allah les accueille en son Saint Paradis. Amine.

C´est un grand plaisir, un privilège, je voulais dire un honneur, pour moi de venir ici discuter avec la diaspora mauritanienne basée en France et surtout avec nos jeunes militants et sympathisants sur un sujet qui nous tient tous à cœur et qui a fait couler beaucoup d´encre et de salive dans les salons et sur la toile ces dernières semaines en Mauritanie.

Pourquoi les FPC ont-elles participé au dialogue dit national inclusif? Ne servaient-elles de faire valoir à l’agenda caché d’Aziz? Fallait-il participer alors que l’opposition prônait le boycott? Pourquoi débattre avec quelqu´un qui refuse de nous reconnaitre en tant que parti politique? Ce sont entre autres les principales questions qui ont été posées pour évoquer la pertinence ou l´inopportunité de notre participation au dialogue national.

Nous avons décidé, en tant que parti (Forces Progressistes du Changement ) et en toute indépendance, de répondre à l´invitation des autorités mauritaniennes par la voix de la présidence de la république au dialogue national.

Pour l’essentiel, nous avons déjà eu l’occasion d’exposer suffisamment les raisons de notre participation. Je m’en vais donc en faire le rappel.

Nous avons accepté de participer au dialogue suivant nos conditions et nos principes. Nous avons décidé d’y aller tout en étant conscients des insuffisances de l’organisation des assises et des doutes sur la bonne foi du pouvoir, initiateur intéressé, de ce dialogue.

Nous sommes surtout conscients de l’envergure des différences qui nous distinguent de l’écrasante majorité des participants, essentiellement partisans du maintien en l’état du système discriminatoire que nous combattons. Notre vision et notre voix ont donc peu de chance de prévaloir face à l’immense adversité plutôt mue par un agenda officieux. Malgré la légitime suspicion et les minces espoirs, faut-il pour autant renoncer à l’effort? Pour qui connait notre parcours sait que nous ne sommes pas de ceux que les défis effraient.

Depuis le début, en décidant de nous attaquer au système, seuls et avec le peu de moyens qui étaient les nôtres, nous sommes appropriés cet adage comme immuable ligne de conduite qui veut que « l’on n’a pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Une chose est sûre, ce que le Système n´est pas arrivé à faire de nous par la répression et des tentatives de corruption pendant plus de 30 ans, ce n´est pas par la « table ronde » ou la « confrontation des projets de société » qu´il arrivera à nous dompter.

C´est faire table rase de notre parcours militant, de nos années de sacrifice et de privations, de nos martyrs, de nos longues années de prison et d´exil, en pensant que ce Système que nous avons combattu durement au moment où certains de nos petits procureurs d´aujourd´hui, pour ne pas dire des opposants de la 25ème heure rasaient les murs ou applaudissaient le petit colonel ould Taya, pouvait nous divertir sur l´essentiel.

Nous sommes allés au dialogue en tant que parti d´opposition au Système avec nos propositions de sortie de crise. Nous sommes allés au dialogue pour exposer notre vision de la Mauritanie. Nous sommes allés au dialogue pour dire notre part de vérité en hommes libres, justes et indépendants pour faire entendre un autre son de cloche.

Mandela a montré la voie, nous ne pouvons que nous en inspirer sans perdre notre âme, nos principes et notre dignité. Discuter ne veut pas dire se renier, ni encore être tenté par quelque avantage que ce soit.

Dialogue et entrisme sont deux notions différentes assimilées par certains pour les seuls besoins d´une politique stérile. Alors, que l´on ne fasse pas de nous des adeptes de l´entrisme quand nous parlons de la nécessité de dialoguer pour sortir notre pays de l´impasse. Nous pensons que devant la situation actuelle du pays, il faut se surpasser pour outrepasser l´impasse. N´ayant jamais flirté avec aucun des pouvoirs politiques civils ou militaire, n´ayant jamais appartenu à une quelconque majorité présidentielle, n´ayant jamais servi de caution à une élection présidentielle, nous nous sommes toujours situés en dehors du Système et tout ce qui l´incarne donc personne ne peut honnêtement se douter de notre bonne foi et de notre patriotisme.

Discuter, débattre, dialoguer avec l´autre est une question de principe chez nous. Tout le monde se souvient certainement encore de notre document historique connu sous le nom du « Manifeste du négro-mauritanien opprimé » publié en avril 1986 :

Dans ce même Manifeste nous affirmions essentiellement trois choses :

1- Il y a un problème de coexistence entre les communautés arabo-berbère et négro-africaine. Nous démontions la mécanique d´un système de discrimination raciale en ce qu´il exclut la composante négro-africaine et haratine de tous les processus de décision. Chiffres à l’appui, nous administrions – s´il en était besoin- les preuves de cette marginalisation et en dévoilions les rouages. Ce problème, disions-nous, ne résultait pas d´un antagonisme naturel latent ou spontané entre communautés, mais plutôt d´un système politique visant à diviser le peuple en exacerbant les préjugés inter-ethniques. Une politique volontairement et exclusivement panarabiste, privilégiant la communauté arabe à tous les points de vue au détriment de la communauté Noire.

2- Nous attirions l´attention du régime militaire de l´époque ( le CMSN) sur l´urgence qu´il y avait à reconnaître, et donc à prendre en charge ce problème pour juguler tout risque de confrontation que pourrait entraîner sa persistance.

3- Enfin, nous préconisions dans la dernière partie du Manifeste un vaste débat national où tous les mauritaniens s´essayeraient autour d´une table afin de résoudre par eux-mêmes, par les vertus et du dialogue et de la concertation, l´ensemble de ces problèmes. Nous croyons aux vertus du dialogue et disions dans ce fameux manifeste :

« Les problèmes mauritaniens doivent être posés par des Mauritaniens, discutés entre Mauritaniens et solutionnés par les Mauritaniens eux-mêmes. Notre amour pour ce pays nous commande à inviter toutes nos nationalités à un dialogue des races et des cultures, dans lequel nous nous dirons la Vérité pour guérir nos maux. Il faut que nous traduisions dans la réalité nos appels au Salut National et au Redressement de notre pays, au lieu de dépenser toutes nos ressources et toutes nos potentialités humaines dans des querelles raciales et culturelles dont les principaux bénéficiaires ne seraient certainement pas les Mauritaniens. » (fin de citation).

A l´époque, cependant, il ne s´était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les mouvements politiques concurrents pour formuler avec autant d´exigence que nous la revendication d´une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens. Que les événements, plus douloureux les uns que les autres, qui se sont succédés dans notre pays depuis septembre 1986, aient cruellement confirmé nos analyses, ne saurait être pour nous l´occasion d´une quelconque délectation. L´important est ailleurs: il est dans la reconnaissance par tous de la nature raciste de la politique conduite par l´Etat mauritanien.

Nos camarades et les autres mouvements amis comme Arc en ciel et TPMN ont posé ces préoccupations pendant les séances des plénières et des débats dans les ateliers.

Voici les conclusions que nous avons tirées de ces assises:

Les FPC n’ont pu honorer de leur présence à la cérémonie de clôture du dialogue national inclusif pour des raisons de hoquets dans l’organisation. Elles se félicitent, néanmoins, de leur participation active à ces échanges et se réjouissent de l’esprit ayant entouré les débats. Elles souscrivent à certaines résolutions positives du draft final, formulées avec clarté et pragmatisme dont la restructuration et l’ouverture des médias à tous pour refléter notre diversité culturelle, la restructuration des missions et programmes de l’agence Tadamoun, la représentation au parlement des Mauritaniens de la diaspora, la refondation de l’école, l’instauration du service civique obligatoire, l’adoption des conseils régionaux pour une décentralisation poussée, la suppression du Sénat, le maintien du plafond de l’âge des candidats à la charge suprême à 75 ans, le rejet de la tentative de modification du nombre de mandats présidentiels, le fameux troisième mandat du colonel-putschiste….

Elles déplorent toutefois que certaines autres résolutions soient évasives ou de caractère général et, donc, avec peu de visibilité pour leur application pratique, et que d’autres, enfin, soient restées vides ou laissées en l’état, telle celle relative au passif humanitaire ou à la réforme foncière.

Pour remédier à ces insuffisances, les représentants du PMC-Arc-en-ciel et des FPC membres de la commission de synthèse, apposant leurs réserves, avaient exigé, pour le volet « unité nationale », les formulations ci-après, à inclure dans le draft final :

– Non pas la promotion mais l’enseignement et l’officialisation des langues nationales wolof, pulaar, bambara et soninké;

– Le réajustement, dans leur composition, des commissions régionales et de supervision de l’enrôlement des citoyens pour les rendre plus représentatives de la diversité des composantes nationales;

– Le retour, à terme, de la gestion de l’état civil aux communes;

– La poursuite du processus de règlement du « Passif humanitaire » : indemnisations, retour des réfugiés du Mali, justice transitionnelle;

– L’application d’une réforme foncière qui reconnaisse le droit de propriété, à tout le pays;

– L’égal traitement de toutes les langues et cultures nationales dans les médias publics.

Elles réaffirment leur résolution à poursuivre leur engagement à se saisir de toutes les opportunités pour faire avancer le règlement des défis de la cohabitation de nos composantes nationales qui, pour être apaisée et harmonieuse, doit être fondée sur la justice, la liberté et l’égale dignité.

Toutes les revendications peuvent trouver une solution si l´on veut se donner la peine. Il ne s´agit pas de récuser toute synthèse, mais une synthèse ne s´obtient pas en soldant ses revendications surtout essentielles.

Après le dialogue national, le régime s´apprête actuellement à préparer une révision constitutionnelle et certainement à organiser un référendum, une révision qui ignore les véritables résolutions des débats. « L’esprit et la lettre des assises nationales ont été trahis » comme l´a souligné tout récemment le président Samba Thiam des FPC dans un article de presse. Nous assistons à une supercherie politique qui répond à d´autres préoccupations inavouées. Les FPC s´en démarquent totalement et appellent à la mobilisation et la vigilance de toutes les forces progressistes et démocratiques pour contre-carrer cette énième forfaiture contre notre peuple multinational.

Voilà mes chers amis entre autres les petites conclusions de ce dialogue national, nous sommes toujours ouverts aux débats sur la question nationale et sociale tout en disant que ce dialogue du septembre n´était pas une fin en soi mais un moyen parmi d´autres pour faire comprendre notre lutte. Une lutte pour la dignité, pour la vie.

Nous sommes conscients, ce contre quoi nous nous battions hier demeure encore plus vivant que jamais. Les régimes mauritaniens peuvent changer d´animateurs mais jamais la volonté de marginaliser les communautés noires de notre pays. Et, cette réalité ne changera pas aussi longtemps que ces populations méprisées, opprimées, discriminées, déportées, exilées, assujetties n´auront pas osé ce que les autres peuples ont osé pour se libérer des dictatures féroces ou des Systèmes ethno-génocidaires.

En tout état de cause, les hommes et femmes imprégnés des idéaux des FPC n´abdiqueront jamais. Nous avons un devoir de fidélité à l´engagement pris ensemble avec nos martyrs. Ceux qui sont restés à Oualata, ceux qui sont couchés à Inal, à Zreida, à Azlat, à N´beyka et partout dans la vallée des larmes, et ailleurs dans les cimetières d´intolérance et de la bêtise du racisme. Les objectifs n´étant pas encore atteints, c´est évident que la lutte doit continuer.
Merci pour votre attention, le débat est ouvert.
La lutte continue!
Massy, le 3 décembre 2016.

Kaaw Touré-Porte-parole des FPC.


Source crédit : http://www.cridem.org

09-12-2016 11:54 – Md Ould Mkheitir, le prisonnier d’opinion martyrisé par les Barbus !




Mamadou Kalidou BA
– J’apporte mon soutien décomplexé à Mouhamed Ould Mkheitir, victime de l’acharnement des milieux islamo-conservateurs qui sont prêts à tout pour conserver leurs privilèges mesquins dans une société mauritanienne raciste, esclavagiste et profondément féodale.

Je réaffirme ici mon opinion, sans peur ni crainte, que ce jeune homme a le droit de s’appuyer sur des textes pour formuler une hypothèse quant à ce qui expliquerait qu’au sein de nos sociétés, persiste cette odieuse féodalité alors que l’Islam, par le saint Coran, instaure une parfaite égalité entre les musulmans.

Les adversaires de la thèse de Md Mkheitir auraient pu le contredire valablement en remettant en doute les sources de ses citations, la crédibilité de leurs auteurs, et prouver ainsi qu’il a tord de formuler son hypothèse.

Mais comme ils ne veulent pas ébranler les fondements idéologiques des inégalités inacceptables dans notre pays, alors, ils usent de propagande, de manipulation de l’opinion, de menaces pour inciter notre appareil judiciaire, du reste aux ordres, à exécuter cette innocente créature dont ils ont déjà détruit la vie. Réclamer sa mort est d’autant plus inhumain qu’il s’est excusé d’avoir suscité une telle incompréhension.

Je dis que c’est lâche de s’acharner sur un homme déjà à genou. Je dis que c’est intellectuellement hypocrite de condamner Ould Mkheitir en ne condamnant pas l’esclavage, la féodalité, le meurtre, le vol, le système de privilège de toute sorte qui se perpétuent en Mauritanie.

Je dis qu’on veut neutraliser Md Ould Mkheitir, comme hier on a voulu en finir avec Biram Dah Abeib lorsque celui-ci brula le Khalil. Je demande à ceux qui réclament hypocritement la mort de Md MKheitir, où étaient-ils quand on massacrait les Négro-africains musulmans de Mauritanie entre 1989 et 1991? Sont-ils sortis pour piper mot? Ont-ils manifesté pour que les coupables soient traduits devant les tribunaux, comme le stipule l’Islam?

Aujourd’hui encore, alors que les orphelins et les veuves manifestent, tous les 28 novembre, pour réclamer justice, quel Imam a demandé dans sa « Khoutba » que l’Etat fasse arrêter et traduire devant les tribunaux, les coupables de ces meurtres odieux ? Peut-être, j’allais dire, sans doute, pour les manifestants qui sont allés arrêter l’émission de la chaine Al Watanya, il y a des musulmans qui ont droit à la justice et d’autres à l’oppression (La majorité des Négro-africains, des Hratines, des Forgerons, des Griots et les pauvres de toutes origine).

L’Islam n’interdit-il pas d’attenter à la vie d’un innocent? Pourquoi ces lâches manifestants n’ont pas eu le courage de sortir pour réclamer que le fils d’un grand dirigeant soit traduit devant les tribunaux pour avoir tiré, sans raison valable, sur une fille innocente, devenue handicapée à vie? Où étaient-ils alors qu’un pourcentage important de Mauritaniens est encore réduit à l’esclavage? Où sont-ils au moment où les terres des Nègres de la vallée sont expropriées? Ils étaient là! Ils sont toujours là!

Alors, je dis que c’est hypocrite de réclamer la mise à mort d’un homme sous le prétexte que son opinion à écorché notre prophète tout en fermant sa gueule face à d’autres atrocités encore plus odieuses qui frappent d’autres musulmans qui sont vos compatriotes.

Le prophète Mohamed n’avait-il pas été, à la Mecque même, battu à coup de pierres par les enfants Ghouraich, envoyés par leurs parents mécréants ? Que fit-il sachant que sa souffrance entrainerait la malédiction de Dieu sur les criminels ? Il pria Allah de les pardonner « parce qu’ils ne savent pas la conséquence de leurs actes ».

Frapper le prophète au point d’ensanglanter son corps, n’est ce pas plus terrible que ce que fit Md Ould Mkheitir ? Alors que Mouhamad (PSL), le prophète de l’Islam, n’a jamais cessé de son vivant, de donner des leçons de retenue et de pardon, les Islamo conservateurs de Mauritanie se veulent plus royalistes que le roi.

Ils veulent tuer, à la place d’Allah et de Mouhamad, celui qu’ils considèrent comme un criminel. Que les choses soient très claires : Messieurs les Manifestants ! Si vous tuez ou faites tuer ce pauvre garçon, vous l’aurez fait pour assouvir votre propre envie de meurtre, mais certainement pas pour venger Mouhamad qui a plus puissant que vous pour le défendre puisqu’il a Allah de son côté ! Oui, s’il le voulait, Allah s’adresse au néant ou à l’être et lui dit « soi ! » et l’être ou le néant devient (ou s’anime) conformément à ses souhaits !

Il s’agit ici, ni plus, ni moins d’une énième instrumentalisation de l’Islam à des fins d’idéologies politiques aux tendances féodales et racistes. Face à cette mascarade les intellectuels, les politiques se taisent, lâchement! Comme j’ai envie de vomir face à la pourriture intellectuelle et morale de mes compatriotes. L’Etat qui fait preuve d’une faiblesse caractérisée face au dictat de l’opinion salafiste, aura le réveil bien plus brutal qu’il ne l’imagine ; c’est l’Histoire qui nous l’apprend. Qu’Allah vienne en aide à la Mauritanie !

Mamadou Kalidou BA



Crédit source : http://www.cridem.org