La colonisation arabo-islamique des contrées Nord-Ouest-Africaines, s’est accompagnée de terribles ravages en terme d’esclavage, de razzias, de viols physiques et de viols identitaires (écrasement des cultures et des identités des populations autochtones).
La composante Haratine, 1ère démographie du pays, et dont l’origine ne peut-être autre que Soninké, Bambara, peule, Wolofs etc. constitue un témoin vivant et un marqueur indélébile de la violence inouïe de cette colonisation et de l’acculturation qui l’a accompagnée. Quant aux berbères autochtones, malgré la très forte assimilation qui les a emmené plus tard à se confondre aux arabes, ils ont su, inconsciemment, marquer le dialecte Hassaniya par un terme qui a souvent attiré mon attention et qui me laisse penser que ce sont les arabo-musulmans venus de la péninsule arabique, qui ont apporté avec eux l’idée de l’esclavage dans la société maure du moins, et l’ont propagée et renforcée dans leur élan de façade qu’ils ont titré « répandre l’Islam ». En Hassaniya, un esclave, se dit « aabd », et un maître d’esclaves se dit…. « aarbi (un arabe) ». Le mot « arabe » est synonyme en dialecte hassaniya de l’expression « maître esclavagiste ». Ainsi on dit en hassaniya « l’esclave et son arabe sont là-bas » pour dire « l’esclavage et son maître sont là-bas ».
Et même si l’esclave est Soninké et que son maître est Soninké comme lui, les berbères emploient toujours en hassaniya le même terme « arabe » pour désigner le Soninké qui est maître. Si ce mot « arabe » est aussi intimement lié à l’expression « maître esclavagiste », c’est bien qu’il doit y avoir eu à un moment donné de l’Histoire, une relation évidente, et qui tranche surtout avec les réalités sociales précédentes, entre l’étranger arabe qui vient de débarquer et la pratique de l’esclavage.
On peut trafiquer l’Histoire, et en la matière les arabes sont des experts. Mais on ne peut pas effacer certains marqueurs démographiques et linguistiques qui viennent souvent gâcher la sale besogne, et rendre à l’Histoire ce qui revient à l’Histoire.
Ce samedi 3 juillet 2021, le président des réseaux IRA-Mauritanie et député à l’Assemblée nationale Biram DahAbeid a reçu la visite du président de la CNDH Mauritanie , Maître Bouhoubeyni et son staff. La rencontre s’est déroulée au QG du parti RAG situé dans le quartier de Riyad PK 10. Au menu entre autres le rapport annuel publié par la CNDH ces dernières semaines sur la situation des droits humains dans le pays. Cette entrevue vient d’une demande du président de l’institution affiliée (CNDH) à l’État comme organe conseiller.
Le leader abolitionniste est entouré par son staff chargé des questions de droits humains , parmi eux monsieur Abdallahi Abou Diop.
Selon des sources proches du leader antiesclavagiste, les échanges ont porté sur les déficits multiples en matière de droits humains. Notamment la question foncière avec les soubassements liés à l’esclavage, l’exclusion des grandes franges de populations des richesses du pays, le passif humanitaire, la loi d’amnistie qui bloque toute ouverture sur les exactions extrajudiciaires des années 1989 – 1991 et d’autres manquements criants qui nuisent à l’avènement d’un véritable État de droit. Le député BDA a rappelé à son hôte du jour que l’institution CNDH se doit d’être plus dans des bonnes dispositions à travailler avec les ONG engagées sérieusement pour la défense des droits humains. Et qu’elle doit se défaire des certaines complicités cooptées parmi le giron droit-de-lhommiste plaidant habituellement le déni à l’international et se montrant foncièrement hostiles aux militants sérieux. Différents transfuges venant de rangs ONG se sont recyclés en « fonctionnaires » depuis quelques années au sein des institutions étatiques comme la CNDH pour mener ce travail de sape qui ne sert aucunement les intérêts et l’image du pays. Selon la même source, le président de la CNDH précise que dans leur rapport publié, plusieurs points importants ont été relevés et exposés aux hautes autorités étatiques. Par exemple 22 cas pendants d’esclavage non résolus, la question du foncier rural et les problématiques liées à l’état civil.
Le président des réseaux IRA-Mauritanie a demandé au dirigeant de la CNDH, qu’il serait urgent pour plaider auprès du gouvernement concernant la la Loi contre les violences faites aux femmes. Ainsi il faut oser affronter les milieux obscurantistes qui freinent l’aboutissement d’un arsenal juridique pour protéger efficacement nos mères, nos femmes, nos filles et nos sœurs.
– KS pour le BLOG (Sources réseaux IRA-Mauritanie)
Saadani Bint Abeidna est la première femme à avoir créé un atelier de réparation automobile à Nouadhibou, la capitale économique du pays, et à avoir intégré un secteur considéré exclusivement destiné aux hommes.
Saadani n’a que 31 ans. Mariée et mère de trois enfants, elle est diplômée d’un BTS en maintenance de véhicules à moteur. Elle a activement fait des formations professionnelles dans plusieurs entreprises pour améliorer ses compétences et pour augmenter ses chances d’intégrer le marché de l’emploi. Cependant, malgré ses qualifications, ses demandes d’emploi sont restées sans succès. C’est ainsi qu’elle a décidé de ne pas céder à l’échec et de suivre son ambition et son désir de travailler et de gagner sa vie.
La réparation automobile est un travail difficile et souvent qualifié de travail d’homme. Cela est particulièrement vrai en Mauritanie, où les emplois et les compétences nécessaires pour effectuer un tel travail sont largement dominés par les hommes. Les femmes pratiquant une activité physique ou s’essayant à des métiers occupés en majorité par les hommes se voient fortement stigmatisées par une société dans laquelle ces activités jugées masculines sont inappropriées pour les femmes.
• Freins à l’entreprenariat féminin
Saadani a rencontré de nombreux obstacles. Tout d’abord, d’ordre financier. Elle a pris la difficile décision de vendre ses propres avoirs pour financer son projet. Ensuite, et principalement, elle a dû supporter la pression sociale et défendre son projet hors-normes. Malgré ces défis, Saadani a décidé d’aller de l’avant, d’aller à l’encontre de la stigmatisation sociale et de se frayer un chemin vers une nouvelle réalité où les femmes ont l’opportunité de s’engager dans des activités génératrices de revenus souvent réservées aux hommes.
Il s’agit d’une nouvelle réalité qui s’impose lentement et qui annonce des changements potentiels dans la société mauritanienne. Ceci aura certainement un impact substantiel sur l’avenir de la composition structurelle du tissu socio-économique en Mauritanie. Une nouvelle réalité où la femme jouera un rôle clé dans la promotion de l’économie locale et nationale et contribuera à l’évolution de la société mauritanienne.
La part de la main-d’œuvre féminine dans la population active a légèrement augmenté, passant de 29,5% en 2010 à 31,5% en 2020. Malgré cette légère augmentation, plus de 50,8% des femmes sont au chômage et ne cherchent pas d’emploi. La plupart des femmes actives effectuent des tâches qui ne sont pas rémunérées et ne génèrent pas de revenus. Dans ce sens et selon le ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, le taux d’emploi est de 27,22% pour les femmes alors qu’il atteignait 59,71% pour les hommes en 2017.
Selon les derniers indicateurs de genre en Mauritanie (2014), le ratio des femmes en position de direction dans le secteur privé est remarquablement faible : 4,5% par rapport au total des entreprises. L’égalité entre hommes-femmes dans les postes de direction reste un objectif loin à réaliser !
• Initiatives innovantes et courageuses par les femmes mauritaniennes
Compte tenu des difficultés rencontrées par les femmes pour accéder aux marchés du travail locaux, plusieurs initiatives entrepreneuriales innovantes ont émergé, particulièrement des initiatives « non traditionnelles » lancées par des femmes mauritaniennes telles que Saadani Bint Abeidna.
Le laboratoire d’accélération du PNUD en Mauritanie, explore la possibilité de dupliquer ces nouvelles initiatives qui conduiront potentiellement à un changement significatif et auront des retombées positives par rapport aux différents défis de développement.
C’est dans cette perspective que le laboratoire d’accélération étudie cette nouvelle tendance comme étant un indicateur de changement dans la société mauritanienne et qui devrait faire des femmes un acteur important en matière d’inclusion économique et sociale. Par conséquent, l’équipe du laboratoire d’accélération a contacté Saadani pour que son expérience profite à d’autres groupes de femmes vulnérables afin qu’elles soient mieux équipées. Le PNUD œuvre également à faciliter leur participation dans des activités génératrices de revenus et à surmonter la stigmatisation sociale et les obstacles à leur succès.
«J’invite toutes les femmes ayant des idées de projets à foncer. Ne laissez pas les obstacles vous empêcher de réaliser vos rêves. Il est temps pour vous d’être indépendantes financièrement et de devenir des managers de vos propres entreprises», déclare Saadani.
Elle rajoute «Je vous exhorte à obtenir l’éducation et la formation nécessaires pour améliorer vos compétences et votre savoir-faire afin d’avoir plus de chances d’atteindre vos objectifs. Ne devenez pas dépendantes des autres… » poursuit-elle.
• Nécessité d’appuyer ces initiatives !
L’exploration de cette nouvelle orientation dans la dynamique de l’entreprenariat est d’une grande importance pour le laboratoire d’accélération et aussi les programmes du PNUD Mauritanie et s’aligne étroitement avec les objectifs de développement durable (particulièrement ODD 5 et ODD 8). Plusieurs collaborations potentielles peuvent être envisagées dans ce sens pour que les femmes puissent se faire une place dans des activités économiques considérées, souvent, exclusivement destinées aux hommes.
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