
L’existence de l’esclavage par ascendance en milieu SoninkĂ© est avĂ©rĂ©e comme une montagne imposante Ă l’horizon. Le narratif du dĂ©ni peut ĂȘtre tournĂ© dans tous les sens par des esprits peu sincĂšres et adeptes d’une perpĂ©tuelle fuite en avant, mais les faits dĂ©passent parfois ce qu’on croit savoir du phĂ©nomĂšne. Les faits, ça commence par cet Ă©veil massif portĂ© par Gambanaxu Fedde depuis plusieurs annĂ©es qui interroge un ordre sociĂ©tal organisationnel qui se sait discriminatoire et sĂ©grĂ©gationniste Ă travers le systĂšme hermĂ©tique des castes. Ce refus consciencieux de l’infĂ©rioritĂ© sociale par ascendance (le ladalenmaxu) , et les consĂ©quences agressives venant d’un mekhzen rĂ©actionnaire au sein de la communautĂ© soninkĂ©. Ici on expulse, lĂ on met une quarantaine sociale, l’autre bord on accuse fallacieusement, par endroits on exproprie, on agresse et on laisse faire l’irrĂ©parable en assassinant certains militants anti-esclavagistes. J’aborde le cas de feu l’oncle Mountagha Diarriso et ses camarades (paix Ă©ternelle Ă leurs Ăąmes de martyrs) de DiandioumĂ©. Dans ce village SoninkĂ© dans la rĂ©gion de Kayes, dans la nuit du 1 septembre 2020, les extrĂ©mistes fĂ©odalo-esclavagistes sur place ont organisĂ© une vendetta criminelle contre les familles qui se sont libĂ©rĂ©es de coutumes esclavagistes du lada SoninkĂ©. 4 pĂšres de famille de 42 ans Ă 71 ans (Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko et Gossi Sissoko) ont Ă©tĂ© lynchĂ©s Ă mort et plusieurs blessĂ©s parmi les rescapĂ©s. Notre tante Sokhona DiakhitĂ© griĂšvement atteinte, est dĂ©cĂ©dĂ©e en juillet 2021 par la suite, lire https://www.ohchr.org/fr/2020/09/un-human-rights-experts-urge-mali-end-slavery-once-and-all?LangID=F&NewsID=26219 . En octobre 2021 lors de la visite de notre dĂ©lĂ©gation Ă Nioro auprĂšs des rescapĂ©s, monsieur Borou Sissoko (blessĂ© et sauvĂ© miraculeusement lors de l’attaque) m’avait appris que leurs familles Ă©taient contraintes d’aller travailler aux champs de leurs maĂźtres jusqu’Ă courant 2018. Il a prĂ©cisĂ© que sans la journĂ©e de travail, ils devaient s’acquitter d’un montant d’argent de compensation. Actuellement Ă Kayes avec sa famille (Sissoko) et les rescapĂ©s de la famille Diarriso, dans nos derniers Ă©changes hier soir, il se dit motivĂ© en ayant espoir Ă la justice pour dire et appliquer le Droit. Ici l’expression renouvelĂ©e de mon soutien et ma disponibilitĂ© Ă mettre des mots Ă l’endroit de l’opinion nationale et internationale via mon espace mĂ©diatique, le Blog dont le visuel porte depuis septembre 2020 les initiales M-G-Y-H de martyrs et la date inoubliable 1-9-20.





Ce lundi 27 fĂ©vrier s’ouvre une cour spĂ©ciale d’assises, et je dirais enfin il Ă©tait temps pour que la justice se mette en route sur cette gravissime affaire liĂ©e Ă l’esclavage par ascendance au Mali. Assez de dĂ©ni et d’impunitĂ© sous une certaine indiffĂ©rence voire des suspectes complicitĂ©s pro fĂ©odalo-esclavagistes des autoritĂ©s Ă©tatiques aux temps du prĂ©sident feu IBK. C’Ă©tait sous son rĂšgne boiteux dans un pays oĂč l’insĂ©curitĂ© secoue durement avec l’hydre terroriste, qu’en 2018 l’oncle militant abolitionniste feu Mountagha Diarriso (67 ans) avait Ă©tĂ© agressĂ© par un jeune homme fĂ©odalo-esclavagiste. Il lui Ă©tait reprochĂ© d’avoir accueilli une rencontre des militants anti-esclavagistes dans le village. De cette agression haineuse, la justice du cĂŽtĂ© de Nioro n’aurait pas Ă©tĂ© sĂ©vĂšre pour punir son assaillant extrĂ©miste issu de la milice fĂ©odalo-esclavagiste dans la jeunesse dite de Kingi.

La suite, on la connaĂźt avec la terrible nuit du 1 septembre 2020.
Ainsi espĂ©rons que la cour d’assises en cours fasse toute la lumiĂšre sur ce crime abominable liĂ© Ă l’esclavage par ascendance. Ă Kayes, la zone oĂč l’ordre colonial français avait aidĂ© certaines communautĂ©s victimes de l’esclavage intra-africain au dĂ©but du 20Ăšme siĂšcle, Ă fonder des citĂ©s de libertĂ© (villages libertĂ©). Plus d’un siĂšcle aprĂšs, et plusieurs dĂ©cennies aprĂšs l’indĂ©pendance de nos pays, le phĂ©nomĂšne d’esclavage intra-muros (local) persiste et sĂ©vit gravement dans divers endroits sahara-saheliens. Aujourdâhui le dĂ©ni derriĂšre divers subterfuges ne tient plus en milieux sooninkĂ©s, le silence entretenu autour du phĂ©nomĂšne est la source de toutes les frictions sociales. Les faits sont tĂȘtus, des consciences libres et disposĂ©es Ă aborder frontalement la « chose » s’affirment ouvertement. La derniĂšre prise de parole en la matiĂšre, assurĂ©e par la prĂ©sidente de l’association « Sironde do koffo » Mme Diabira Soukeyna, est Ă saluer. C’Ă©tait lors d’un atelier dĂ©diĂ© dans le programme du FISO (festival international soninkĂ©) tenu Ă Nouakchott, la capitale mauritanienne. Elle a osĂ© mettre des mots sur les maux, ainsi elle appelle que cesse la culture du dĂ©ni du phĂ©nomĂšne et ses sĂ©quelles qui existent bien dans la communautĂ©.
EspĂ©rons que le procĂšs de l’affaire de DiandioumĂ© soit un cas de rĂ©fĂ©rence pour exposer la gravitĂ© du phĂ©nomĂšne, rĂ©conforter les militants abolitionnistes et pousser les autoritĂ©s publiques Ă l’Ă©radiquer nĂ©cessairement. Et ce, dans toutes nos contrĂ©es concernĂ©es dans la sous-rĂ©gion, particuliĂšrement en pays sooninkĂ©.
âą Lire: https://www.ohchr.org/fr/2020/09/un-human-rights-experts-urge-mali-end-slavery-once-and-all?LangID=F&NewsID=26219
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