Nouakchott covid Bana Blanc : l’impardonnable négligence du ministère de la santé

Après les chants à la gloire de la lutte contre une épidémie fantôme, après avoir osé dire qu’il n’y a plus de cas de Covid en Mauritanie avant de faire machine arrière face à l’énormité de la bêtise car nul ne saurait en savoir quelque chose, voilà qu’une épicerie des quartiers chics est touchée via la famille des propriétaires dont l’un des membres a perdu la vie à 63 ans.

 Nos condoléances à toute la famille.

 Des membres de la famille ont été testés positifs. Depuis c’est la panique. L’Etat demande à tous ceux qui sont passés récemment à l’épicerie d’aller se faire tester. Quand on sait la fréquentation de ces endroits, on imagine qu’il peut s’agir facilement de milliers de personnes qui peuvent potentiellement contaminer à leur tour leur famille.

 De Nouakchott, des proches cherchent à savoir où aller se faire tester. Ils ont appelé le 1155 en vain. Personne ne peut leur dire où aller exactement.

Qu’est-ce que le ministère de la santé pouvait y faire ?

 Etant en Italie, j’ai pu observer au quotidien ce que l’Etat a fait, ce que les supermarchés et autres commerces ouverts ont mis en place comme mesures barrières. J’ai vu comment le pays a été géré lors du confinement et comment le déconfinement est engagé…

 Si la richesse d’un pays permet d’agir avec plus de soutiens financiers pour les populations comme la France a pu le faire, là où l’Italie a des difficultés, reste qu’avec seulement 4 millions d’habitants, une population jeune et des milliards obtenus pour le fonds de solidarité sans parler des richesses du pays, la Mauritanie pouvait éviter l’incohérence dangereuse et l’irresponsabilité derrière une communication d’enfumage digne des pays totalitaires où tout est annoncé sous contrôle.

 Inutile d’énumérer l’amateurisme et l’incohérence des mesures prises avant que ne soit décidé le confinement. Inutile de dire ce que le Maroc a fait notamment en donnant 100 euros à toutes les familles travaillant dans l’informel, c’est l’équivalent d’un smic mauritanien pendant que l’Etat mauritanien s’est borné à donner un lot de riz, d’huile et de poissons à quelques familles pour les besoins de la TVM ; n’allons même pas nous comparer au Sénégal. Maroc et Sénégal prouvent que l’Etat craint le peuple…

 Nous avons certes fait un minimum correct, frontières fermées assez tôt et surtout prise en charge des cas avérés ou potentiels dans des hôtels comme il faut mais nous n’avons rien fait pour assurer un minimum de déconfinement sécurisé.

Que fallait-il faire ?

 Nous sommes à peine 4 millions avec un fonds de solidarité fort de milliards. Comment ne pas avoir fait comme le Maroc pour rendre le masque obligatoire, sans parler des gants jetables au moins pour un mois sachant que le Maroc peut produire 5 millions de masques par jour !

 Il fallait ensuite dans tous les commerces imposer à l’entrée masques, désinfectant et éventuellement gants. Faire une campagne TV et radio pour informer les populations et sévir contre les récalcitrants.

Au lieu de ça, on a confiné de façon bancale et on déconfine de façon irresponsable et peut-être criminelle.

 Ces mesures auraient évité la situation que nous vivons parfaitement prévisible à savoir une contamination potentiellement de masse partant d’une épicerie.

Le ministère de la santé prouve encore son manque impardonnable de lucidité, de cohérence et de compétence face à cette épidémie à nos portes. Heureusement les mauritaniens peuvent compter sur leurs prières, sur la chaleur et leur population jeune pour compenser d’incompétence de ceux qui sont censés les protéger…

 Ahmed Ould Soueid Ahmed

©️ Crédit source: https://www.chezvlane.com/Nouakchott-covid-Bana-Blanc-l-impardonnable-negligence-du-ministere-de-la-sante_a19456.html

Mauritanie-Guidimakha-Commune de Khabou : Le Maire peut-il être un médiateur républicain et démocrate dans un conflit entre ses administrés ? Par Mr BA Boubou

Géographiquement, la commune de Khabou se situe dans la vallée du fleuve Sénégal. Elle est au carrefour entre les trois (3) Etats (Mali, Mauritanie et Sénégal), que moi j’appelle la commune de « trois rives » ou « triangulaire ». Elle est l’une des plus grandes communes dans la wilaya de Guidimakha. Peuplée d’environ 35.000 habitants, selon nos enquêtes de terrain. Par ailleurs, la Commune de Khabou est composée de toutes les composantes de la nation mauritanienne (Soninké, Peulh, Maure, Wolof et Bambara), c’est d’ailleurs cette multiculturalité qui fait sa beauté. Sa population est jeune et active. La moyenne d’âge varie entre 25 à 35 ans.
En effet, l’avertissement donné par Voltaire, selon lequel, « si l’on voulait discuter avec lui, il fallait bien définir ses termes », paraît utile quand on aborde une notion aussi nébuleuse qu’est la médiation. La médiation selon les différentes acceptions c’est la « justice alternative », ou la « justice participative » ou encore la « justice restauratrice ». L’objectif de la médiation est donc de permettre aux parties en conflit de contrôler leurs divergences et d’encourager le dialogue entre les parties, d’augmenter les chances d’un accord et d’améliorer le processus de négociation et ses résultats.

Sur le plan juridique, la médiation est un « processus structuré, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord, en dehors de toute procédure judiciaire en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l’aide d’un tiers choisi par elles qui accomplit sa mission avec impartialité, compétence et diligence ». La médiation est celle qui se réalise en l’absence d’un juge ou en dehors de toute instance judiciaire, c’est-à-dire une médiation organisée comme les parties le veulent, sans contrainte ni forme imposée. Il s’agit là une justice par le contrat. Sur le plan sociologique, la médiation désigne la justice « participative » ou « restauratrice ». Elle désigne, « l’ensemble des pratiques ou procédures, le plus souvent informelles, des résolutions des conflits, impliquant habituellement l’intervention d’un tiers qui, à l’aide de techniques non juridictionnelles, permet de parvenir au règlement d’un conflit opposant deux ou plusieurs parties ».

Par ailleurs, qui parle de médiation forcement ce qu’il y a un conflit entre deux ou plusieurs parties. Effectivement, il existe un conflit/litige/différend au sein de la communauté Soninké qui perdure et persiste depuis plusieurs années. Un conflit qui prend sa source dans la persistance des hiérarchies statutaires. Ce conflit a marqué les relations sociales endogènes de la communauté et les relations entre les membres d’une même famille, fragmentées notamment autour des clivages coutumiers et statutaires.
C’est dans cet ordre d’idées que le maire de la commune de Khabou a pris l’initiative d’ouvrir le dialogue et de donner la parole à tous ses administrés sur une plateforme de communication afin d’écouter et de comprendre les uns et les autres sur un conflit patent qui nuit les relations sociales de sa commune ; ce dialogue et d’écoute pourraient solder un nouveau contrat social, basé sur l’équité, l’égalité de chance, paix et d’entente, facteurs du développement. En effet, avant tout nous nous félicitons de la démarche entreprise par M. le maire. La bonne initiative de M. le maire, qui est d’ailleurs une initiative républicaine et démocrate, et qui doit être approuvée par tout citoyen/républicain/démocrate soucieux de la paix et de l’entente. Car au-delà de ses fonctions administratives et sécuritaires, le maire est le premier magistrat pour faire régner la paix, la cohésion sociale et la tranquillité dans sa commune au regard des textes en vigueur en Mauritanie. Oui, nous disons que le maire peut jouer la médiation en cas des conflits entre ses administrés selon le Code de procédure civile, commerciale et administrative et selon la réforme de 2019 sur la médiation. C’est un acteur disponible et disposé pour répondre aux besoins de sa population. Le document élaboré par le Ministère de la justice en 2019, intitulé : stratégie nationale d’accès à la justice pour tous 2020-2024 favorise la médiation/conciliation. Par ce mécanisme, les parties s’impliquent activement dans le processus et trouvent une solution adaptée à leur situation. Cette pratique permet de ne pas recourir aux tribunaux pour résoudre un conflit et invite les parties à échanger et à s’accorder une entente.

En revanche, il faut bien préciser que tout conflit/litige/différend qui porte atteinte à l’ordre public, comme par exemple les infractions de meurtre, de viol ou de l’esclavage relèvent des juridictions compétentes étatiques. Car ce sont des faits très graves. En effet, l’esclavage par définition est un crime selon la loi de 2015, et le crime est une atteinte à l’ordre public. Aux termes de l’article 2 de la loi de 2015, « l’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible ». Par conséquent, le champ d’application de la médiation ou de la conciliation est limité aux droits dont les parties ont la libre disposition. Les atteintes à l’ordre public nécessitent un transfert de compétence au profit d’autorités publiques seules habilitées à juger et d’en décider en ces matières. Sans doute, M. le maire est un républicain et un légaliste, et du coup sa démarche je suppose restera sur les bases légales, c’est à dire force reste aux lois de la république.

La médiation suppose l’accord des parties, avec un tiers neutre. Autrement dit, le processus de médiation est soumis au respect des principes généraux de la justice amiable, notamment l’indépendance, l’impartialité, la neutralité et la confidentialité, selon la loi n° 2019-008 sur la « médiation judiciaire », et la loi n° 2019-020 portant sur la « médiation conventionnelle ». D’ailleurs sur ce point, la Mauritanie a même crée un centre international de médiation et d’arbitrage, le 17 février 2017 par un arrêté conjoint n° 0707 du Ministre du commerce, de l’Industrie et du Tourisme et du Ministre de la Justice. Ainsi, nous attendons du tiers médiateur d’être indépendant, impartial et neutre pour bien mener sa mission vers un accord de paix.

L’indépendance du médiateur : Le médiateur est un bon communicateur, ne disposant pas le pouvoir d’imposer sa solution, est un de ces moyens pour permettre aux parties en litige de trouver une solution consensuelle, amiable et satisfaisante. L’indépendance se définit comme un statut qui permet à la personne de résister aux pressions provenant des autorités extérieures. L’indépendance du médiateur se traduit par l’absence de pression ou de pouvoir d’une instance extérieure qui aurait droit de regard ou d’intervention sur la médiation.

L’impartialité du médiateur : L’impartialité se définit comme l’absence de parti pris, de préjugé, de préférence, d’idée préconçue, exigence consubstantielle à la fonction dont le propre est de départager des adversaires en toute justice et équité. L’impartialité vient de « pars » qui signifie partie. Le tiers est celui qui n’est pas partie, qui ne prend pas parti. Il doit au contraire maintenir la balance égale entre les parties, rester à la juste distance qui seule confère légitimité à son intervention. Ainsi, la neutralité du médiateur, est le fait de ne se prononcer pour aucun parti. La réussite de la médiation est en effet subordonnée, à l’existence d’un dialogue loyal et constructif entre les parties. Celle-ci doit être assurée de s’engager dans une telle démarche avec l’aide d’un tiers neutre qui saura écouter leurs arguments respectifs et rechercher avec elles la meilleure solution au conflit qui les oppose et ce en toute objectivité et non sur le fondement de préjugés.
Pour conclure, l’initiative de M. le maire est louable et soutenable. Car jusqu’à la preuve du contraire je suppose qu’il répond aux critères fixés par la loi de 2019 sur la médiation c’est-à-dire, indépendance, impartialité et neutralité, qui sont les éléments fondamentaux pour une médiation réussie ; qui constituent également l’éthique et à la déontologie d’un tiers médiateur. Nous demandons à toutes les parties en conflit d’accompagner l’initiative de M. le maire et de privilégier le dialogue, et la table négociation afin de pouvoir trouver une solution négociée, efficace et véridique à ce conflit qui pourrit le lien social, la paix et la cohésion. Mes vœux de réussite à M. le maire et je souhaite de tout cœur que la commune de Khabou serait le laboratoire de paix pour toute la Mauritanie.

Boubou BA
Doctorant-Chercheur en France
Membre du Centre de recherche d’Histoire et d’Anthropologie du Droit à Paris

Mauritanie : de la femme-objet au martyre muet (IRA-MAURITANIE)


■ Note d’alerte urgente


Depuis l’adoption, en 2016, d’un projet de loi, d’ailleurs retoqué plus d’une fois, la Mauritanie ne parvient, encore, à produire une norme de protection de la femme contre les violences, le mépris, l’humiliation et la minorité civile. Jusqu’ici, les députés n’ont pu voter un dispositif, sans cesse révisé, entre apparence de conformité aux standards internationaux et souci de ménager le populisme du public dévot. Comme souvent quand il s’agit de la marge de l’individu dans l’espace arabo-musulman, la polémique devient le prétexte d’une confrontation des tenants du progrès, aux défenseurs de la tradition. Pour situer davantage l’opinion, il convient de préciser qu’en l’espèce, les associations à l’origine de la réforme souhaitaient mettre un terme aux voies de fait, insultes, abus sexuels, abandon de foyer, refus de règlement de la pension, la plupart commis dans le cadre du couple. D’autres brutalités, abus, éviction de l’héritage et divers actes de contraintes concernent, aussi, les célibataires, en premier les filles-mères.


● Enjeu passionnel


L’ensemble nourrit la croyance d’une infériorité légale et pratique de la femme, en comparaison de l’homme, fût-il conjoint, parent ou sans lien particulier avec elle. La matière de la controverse porte, également, sur la faculté du divorce, la condition du veuvage et la jouissance de la personnalité juridique, dont le droit de voyager, d’entreprendre et de dépenser constituent des illustrations concrètes ; enfin, il importe de n’omettre, bien entendu, la molestation, la séquestration et le mariage forcé. A présent, le statu quo s’effrite sous l’influence de la mondialisation et du credo de la parité. Les avocats de la conservation souhaitent s’en tenir à des formulations vagues pour ne pas « heurter » la piété du peuple ; selon eux, les clauses en chantier consacreraient la notion de « genre », une innovation de l’Occident qui n’accorde assez d’égards aux prescriptions de la Charia, voire encourage leur effacement. Ceux du camp de l’éthique séculière insistent, plutôt, sur le retard du pays dans le domaine, au regard de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb. Ils plaident la nécessité de combler un vide normatif, source d’impunité et vecteur de récidive…
Une bataille de tranchées
Il aura fallu, le 8 mai 2020, la signature, sur Facebook, d’une publication par une députée islamiste, pour enflammer le débat, à quelques jours de l’examen en commission de l’Assemblée nationale, avant discussion et amendements en séance pépinière. L’honorable Saadani Mint Khaïtoure y exprimait son soutien au projet et invitait, son parti Tawassoul, à s’émanciper de la ligne de promotion et de défense de la prééminence masculine et de l’obscurantisme. Sans doute à cause de la faveur et de l’enthousiasme que son propos déclenchait auprès du courant anti-esclavage, des Ong féministes et de la mouvance de gauche, l’aile dure de son obédience– imams, parlementaires et blogueurs – lui opposa une objection de toute virulence ; quelques contradicteurs l’accusèrent, à visage découvert, d’indiscipline, de trahison, voire de rébellion envers Dieu. Dans sa réplique d’une teneur inusitée parmi les islamistes, Mint Khaïtoure refuse de déférer à l’impératif de dévouement aux vendeurs de nourriture avariée et de médicaments contrefaits, négoce établi sous l’alibi de la barbe et derrière la piété de façade. La dispute se poursuit et enregistrera, le même jour, la contribution de Mahfoudh Ould Waled, alias Abu Hafs, l’ancien numéro trois de Alqaïda et conseiller de Ben Laden. L’auteur y avertit, le gouvernement, du risque de susciter une insurrection militaire où la Mauritanie sombrerait, si la législation en cours s’obstinait à édicter l’égalité des sexes. Certes, Abu Hafs se prévaut du droit d’expression mais l’assortit d’une exhortation implicite à l’émeute ; ses antécédents notoires confèrent, à l’insinuation, le crédit du chantage. Dans la structuration mentale du susdit, d’ailleurs figée aux siècles de l’Arabie d’antan, les hommes vont au combat, défendent la foi et exterminent les mécréants, tandis que les épouses, soumises, les attendent pour leur prodiguer des soins, des attentions et le repos du guerrier. Le reste de la gent féminine s’occupe de puériculture, de fantaisie, de petits rien et de casseroles, sauf à disposer d’esclaves car une telle représentation de l’humanité, assigne, à la servitude du noir, la logistique de pans entiers de l’existence en société. C’est ce monde trépassé mais imputrescible que Abu Hafs s’évertue à ressusciter et faire prospérer, au point de brandir, en guise de menace, le péril des armes et la suggestion de l’attentat. Le personnage n’en est à un coup d’essai. Depuis son retour d’Afghanistan en Mauritanie, ses déclarations et gestes perpétuent l’ambiguïté et laissent entrevoir la poursuite de ses desseins initiaux. Les autorités de la République, à rebours de leur prétention de dépositaires d’un l’Islam du juste milieu, compromettent ainsi le partenariat mondial de la paix et de la sécurité, face à l’extension du fanatisme.

● Nos recommandations


Sur le fond, l’Ira-M, demande, aux gouvernement et élus, de bien vouloir prendre le temps de rediscuter l’énoncé, de l’expliquer aux gens, avec le scrupule de la clarté et du contradictoire, afin de recueillir un optimum d’amélioration ; de l’expérience résulterait, non pas un autre compromis mais le rehaussement de la morale universelle, au degré le moins contestable de la dignité et du respect dû à l’humain. Le verset 70 de la sourate 17 comporte, alors, un rappel profitable : « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam ». En l’état, le texte sacrifie trop aux pudeurs, tabous et embarras d’une écologie sociale dont l’environnement a disparu, de manière irréversible. Les dispositions manquent de cohérence et d’audace, comme si la femme devait toujours s’excuser d’être la victime. La légèreté des sanctions et des réparations de préjudices graves contrevient aux engagements extérieurs de la Mauritanie. A titre d’exemple, l’article 7 stipule : « le retrait de la plainte ou la conciliation entre les époux éteint l’action publique relative aux infractions à la présente loi ». Le pouvoir et la majorité de l’Opposition, du moment joue à la duplicité, souvent subjugués par le calcul électoraliste de court terme.
Soit nous appartenons au concert des nations, soit nous choisissons de reprendre et suivre, dès ses débuts, l’expérience liberticide du wahhabisme que bien des princes et de jurisconsultes d’Arabie saoudite n’osent plus assumer. Des historiens l’assimilent, désormais, à une barbarie. La Turquie, elle, s’obstine à préserver son modèle de laïcité. Dans la même urgence à libérer les consciences et lever l’hypothèque du terrorisme destructeur de l’esprit, figure l’article 306 du code pénal, lequel punit, de mort, des « crimes » immatériels, à l’inverse des brutalités conjugales et du viol. La Mauritanie a besoin de sortir du Moyen-Age. Plus elle tarde, davantage elle s’y enfonce.


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, 12 mai 2020

Tribune : « La Mauritanie des bras longs et des discriminés » Par le Prof Ibrahima Dioum

Le député mauritanien, Biram Dah Abeid s’étonnait le 18 février dernier à Genève de la place de la Mauritanie au sein du conseil des droits de l’Homme des Nations Unies alors que « ce pays est un apartheid implanté en Afrique de l’Ouest ». Cette déclaration de l’activiste des droits de l’Homme était applaudie par les mauritaniens épris de justice, elle avait en même temps choqué les partisans du système politique en vigueur depuis l’indépendance du pays. Le débat formel et informel sur la question de la discrimination de certains mauritaniens, sous ses différents aspects est ainsi relancé.

Il serait anodin pour nombre de mauritaniens de parler de discrimination religieuse dans le pays, l’islam y étant la seule religion. Cependant les autres formes de discriminations apparaissent comme une évidence dans cette nation de moins de 5 millions d’habitants.

Il n’est un secret pour personne que le choix politique est très déterminant dans l’évolution professionnelle en République Islamique de Mauritanie. Le fonctionnaire ou le salarié mauritanien, pour être promu à un poste, doit appartenir dans la majorité des cas au parti au pouvoir. Une bien triste réalité qui a toujours existé, qui perdure et s’enracine au fil des années. La grande majorité des dirigeants des grandes entreprises, la grande majorité des cadres de l’administration territoriale et de l’État central, pour ne citer que ceux là, sont du parti au pouvoir ou des proches du parti au pouvoir.

Dans l’armée, la police et la gendarmerie, c’est la couleur de la peau, la caste et l’appartenance ethnique qui conditionnent le grade et le poste occupé au niveau du commandement. Sauf exception, les noirs, les personnes de castes « inférieures » et les citoyens mauritaniens d’ascendance servile sont toujours au bas de l’échelle dans le régalien et dans l’administration publique de manière plus générale. Aujourd’hui, les généraux de l’armée et les commissaires de polices mauritaniens sont massivement issus de l’ethnie maure, ils sont clairs de peau et ne sont en aucun cas Zenagas, Moualems ou Hartanis. Cette situation s’aggraverait dans les années à venir puisque les actuels élèves de l’école militaire sont quasiment tous maures blancs.

La région ou l’appartenance géographique est également source de discrimination. Si vous habitez le Guidimakha, vous avez surement moins de chance qu’un Taganit ou un habitant de l’Adrar d’occuper un poste stratégique dans les établissements publics et même privés. De mémoire, un natif des régions du Guidimakha, du Gorgol, de l’Assaba et du Brakna n’a jamais été premier ministre de la République Islamique de Mauritanie. Toujours en parlant de l’origine géographique, c’est aussi connu qu’un habitant du 5ème ou du 6ème arrondissement de Nouakchott n’a pas les mêmes chances d’accès à l’emploi que ses frères bourgeois de Tevrag Zeina.

En Mauritanie, d’autres formes de discrimination basées sur l’apparence physique et l’origine familiale existent pareillement. En effet, lorsque vous vous présentez à un entretien d’embauche, habillé en wax ou en « demi-saison », vous auriez moins de chance que celle ou celui qui vient en melhfa ou en boubou blanc sur une chemise repassée ou non. En outre, les concours de l’administration publique, les sélections préalables à l’entrée de l’école militaire et à l’École Nationale d’Administration nécessitent d’avoir le bon nom de famille pour faire partie des effectifs.

Sans être exhaustif, nous allons finir avec le facteur de discrimination liée à la langue maternelle ou la langue parlée.
Le Poular, le Soninké et le Wolof sont reconnues par la constitution mauritanienne en tant que langues nationales et pourtant elles ne sont toujours pas enseignées à l’école. Cette discrimination se trouve amarrer dans la constitution de la Mauritanie en son article 6 qui officialise la seule langue arabe alors que les 3 autres langues sont juste reconnues langues nationales… Autre part, les chaines de télévisions et de radios nationales accordent un temps de diffusion en Arabe de loin plus important que celui des trois autres langues réunies.

Le fléau de la discrimination a une grande ampleur en Mauritanie et cela n’est pas sans conséquence dans un pays multilingue, multicolore et multiculturel. Il a façonné et divisé les frères mauritaniens en deux grands groupes loin de ce que la diversité ethnique, linguistique, culturelle et raciale pourrait apporter à la nation : le groupe des bras longs et celui des discriminés. Ces deux grandes catégories regroupent chacune, paradoxalement, à la fois les composantes de toutes les langues, toutes les couleurs, toutes les cultures et de toutes les régions.

Les bras longs sont une élite qui s’est construite progressivement depuis l’indépendance du pays en 1960 et prend de plus en plus de place et d’importance dans les gouvernements successifs. Les membres de ce groupe sont en général richissimes, ont pour doctrine le favoritisme et ou occupent souvent une bonne profession dans une grande administration publique. Lorsqu’ils abandonnent cette position, c’est pour se hisser à la tête d’une grande entreprise ou une grande banque avant de revenir dans une ambassade ou dans un ministère. Ce va et vient des membres de l’élite s’apparente à celui des pions du jeu de dames qui reviennent à chaque fois que le jeu reprend.

L’élite mauritanienne, d’ailleurs de type féodal bénéficie, conserve et défend un certain nombre de privilèges au risque de naviguer à contre courant de la morale et à entraver le développement du pays. Au jour d’aujourd’hui beaucoup de signaux montrent que ce groupe n’est pas encore prêt à partager sa part du lion. Au contraire il voudrait même aller jusqu’au bout de sa domination : depuis quelques années, il a commencé l’expropriation des dernières terres qui restent aux pauvres.

Quant aux discriminés, les seuls parmi eux qui ont encore la chance de s’en sortir sont ceux travaillant avec les organismes internationaux qui privilégient les compétences à la différence des organisations nationales. Quelques tristes réalités caractérisent les discriminés de la Mauritanie : la pauvreté et l’auto exclusion.

Du fait de leur faible taux d’employabilité, de leur pauvreté et de leurs conditions précaires, les discriminés mauritaniens ont de plus en plus du mal à satisfaire leurs besoins, même les plus élémentaires. Contrairement à ce qui est répandu, en Mauritanie il y a encore des ménages qui ne prennent qu’un seul repas par jour et qui habitent des taudis. En outre, ils ont du mal à accéder à des structures de santé et de se faire soigner, les infrastructures de santé du pays étant souvent en très mauvais état de fonctionnement et mal équipées.

Les mauritaniens qui ont de la chance traversent le fleuve pour se faire soigner au Mali ou au Sénégal. Les plus fortunés d’entre eux se font hospitaliser en cas de maladie, au Maroc, en Tunisie, en Espagne et en France. Les rares structures sanitaires opérationnelles se concentrent à Nouakchott et sont inaccessibles car étant privées avec un tarif dissuasif ou exigeant là aussi un bras long. Aujourd’hui, quel mauritanien peut se faire soigner sa carie dentaire ? Quel mauritanien peut passer au scanner ? Quel mauritanien peut se permettre un bilan de santé ? Ce luxe exclut les sans bras longs.

Un autre malheur d’appartenir aux discriminés hélas peu compris de l’opinion est celui lié à la scolarité. Les enfants des discriminés se retrouvent entassés dans des salles de classes vétustes, des bâtiments délabrés sans table-bancs avec des effectifs pléthoriques. À titre d’exemples, une salle de classe du lycée de Selibaby peut compter jusqu’à 100 élèves assis à même le sol ; les écoles des quartiers populaires de Nouakchott tombent en ruine… Dans ces configurations, il est légitime et même obligatoire pour tout bon mauritanien de s’apercevoir que les écoles du pays sont de vraies fabriques d’inégalités. L’employabilité, le niveau de connaissances et la chance d’obtenir le bac chez les élèves scolarisés dans les établissements publiques sont très faibles comparés à ceux de leurs compatriotes dans les écoles privées et ou pouvant s’offrir des cours de soutien scolaire.

Les conditions d’existence des discriminés se révèlent alarmantes mais le plus inquiétant est que les individus de ce groupe s’auto-excluent.

Très souvent, certains mauritaniens refusent de se présenter à un concours ou de postuler pour un emploi. Pour eux, fournir cet effort minimum n’en vaut pas la peine. Ils perdraient leur temps dans une compétition où les médaillés sont connus d’avance : les bras longs et leurs proches. La conviction des discriminés est que lors des concours, les copies ne sont jamais corrigées avec du sérieux, la liste des admis étant établie avant le jour de la passation des épreuves. Donc se préparer, se présenter et espérer être admis à un concours est synonyme de gaspillage d’une énergie mentale.

Dans ce sens, l’attitude des discriminés mauritaniens joue contre eux et montre bien qu’ils ont intériorisé psychologiquement la discrimination par le développement d’un complexe d’infériorité et d’un pessimisme. Cette conséquence de la discrimination directe donne à l’élite un argument de taille pour s’installer de plus en plus confortablement.

Le constat est fait : la discrimination, sous ses multiples facettes existe en Mauritanie dans divers domaines. Alors le devoir de tout Mauritanien éclairé serait :
D’inviter et même d’exiger de l’exécutif et du pouvoir juridique d’avoir une volonté ferme de punir les auteurs d’actes de discrimination quelques soient leurs positions sociales et politiques ;
D’appeler l’État à mettre en place une politique de discrimination positive digne de ce nom car le fossé entre bras longs et discriminés est immense ;
De condamner le groupe des bras longs socialement et moralement en attirant leur attention sur l’intérêt général et celle de la nation ;
De montrer les méfaits de la discrimination en privilégiant l’information et le dialogue car la discrimination ne viendrait pas seulement des intérêts égoïstes mais aussi de l’ignorance et de l’aveuglement de ses auteurs et victimes c’est-à-dire des bras longs et des discriminés dans le contexte mauritanien.

Une société mauritanienne meilleure et riche de sa diversité est pourtant possible.

DIOUM Ibrahima
Enseignant d’économie-gestion
Académie de Paris

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur 10/05/2020

Mauritanie – débat : « Quand les langues cesseront d’être des sujets de diversion et d’évincement pour mettre la machine d’évolution du pays en route. » Par Souleymane Sidibé

« S’il y’a un choix à faire entre l’arabe et une autre langue, c’est notre arabe. Notre langue, c’est tout!» dixit Ould Baya, président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie en réponse à l’honorable députée Kadiata Malick Diallo.
L’arabe est une belle langue. Elle est la langue par laquelle de millions personnes de toutes les communautés du monde psalmodient le Livre Saint.
Il faut tout de même noter que l’arabe et l’arabisme étaient étrangers à la Mauritanie comme le français.

~ Les langues locales et étrangères: Cultures et occupations.

Notre beau pays culturellement comprend plusieurs communautés avec les bambaras (langue bambara), les wolofs (langue wolof), les halpoular’en (langue peul), les sooninko (langue sooninké) et les maures: blancs et noirs. Les maures blancs sont appelés beydanes (langue hassanya) ou les arabo-berbères. C’est au XIIIe siècle que les Beni Hassen descendants des Banu Makil (Egypte) sont venus coloniser, la partie nord de la Mauritanie et au Sahara, les populations Sanhadja (Iznagen en berbère) selon les historiens. Les Zenagas (Iznaga) ou Znagas sont une des trois composantes des Amazigh qui se sont fortement arabisés au XVe siècle.
Référence: Talaàt Al Mouchtari d’Ahmed Annaçéri.
Ce mixage a donné les beydanes avec la langue hassanya (mélange d’arabe et de berbère).
Les autres sous composantes des maures sont les haratines (descendants d’esclaves) et d’autres groupes « acculturés » ayant adoptés la langue ou une partie de la culture beydane par proximité géographique et lignage.
Quant à la langue française, langue étrangère à ses débuts comme l’arabe, est celle des troupes françaises ayant colonisées la Mauritanie.
La Mauritanie a officiellement vu le jour en 1899, et elle sera une colonie sous l’égide de l’A.O.F (X. Coppolani en Mauritanie, cité par R. Arnaud, Précis de politique musulmane, t. I, Alger, 1906).
L’A.O.F est le sigle de l’Afrique occidentale française. Ainsi, notre passé nous lie au français et la France. À nous le français maintenant comme l’arabe. Cela ne fait en aucun cas de nous des français en Mauritanie ou totalement arabe.
« Le 21 février 1903 par traversée du Pays Trarza (d’Est en Ouest), Coppolani étant accompagné de guerriers et marabouts: il réussissait, sans avoir eu à tirer un coup de fusil, un véritable tour de force en amenant à la soumission « le pays poudre, mais aussi des dissensions par excellence » (Cdt Giller, la pénétration en Mauritanie, 1926).
Par la suite, en décembre 1920, la Mauritanie devient une colonie de l’AOF dont la capitale est Saint Louis jusqu’en 1957. En « 1945, Leopold Sedar Senghor [est], député de Mauritanie à l’Assemblée Constituante. Octobre 1946, la Mauritanie [est], territoire d’Outre-Mer de la République française.
En tant que telle, elle élit des députés au Parlement français et au Conseil territorial qui n’a que voix consultative auprès du gouverneur de la colonie.
Novembre 1946, Horma ould Babana [est] élu député de Mauritanie à l’Assemblée Nationale ». L’année 1958 est marquée par le Congrès d’Aleg, par le mouvement des jeunes de Kaédi ainsi que la proclamation de la république islamique de Mauritanie. Ces dates puisent leurs sources dans les écrits de Francis de Chassey et Jean Louis Balas dans Chronologie des principaux événements touchant la Mauritanie ( https://books.openedition.org/iremam/1253?lang=fr).
Le 28 novembre 1960, l’Indépendance de la Mauritanie est proclamée en Français par le président Mokhtar Ould Dadah (avocat stagiaire). Il faut savoir que plusieurs groupes ont dominé l’espace géographique à travers des empires. Ainsi, les historiens pourront nous parler de l’époque du Wagadu (l’empire du Ghana) au Fouta Toro avec l’Almamiyat aux Emirats du nord avec l’arrestation de plusieurs groupes anticolonialistes à travers des meutes. Tout cela pour dire que nous avons nullement choisi le français, mais qu’elle est une partie de l’histoire de la Mauritanie, de son administration et des coopérations près-coloniales à celles post-coloniales.

~ L’exploitation désavouée des langues

Pour revenir à la notion de langue, il faut la définir. C’est un « ensemble de signe permettant une communication ». Elle est un moyen de communication.
En Mauritanie, aucune famille ne parle arabe en son sein ou dans le quotidien. Il y’a des familles mauritaniennes qui parlent le français. Certains parents communiquent avec leurs enfants en français comme en hassanya, sooninké, pular, wolof voire bambara. Le français qui est d’abord la langue du colon est devenue si l’on se réfère à Alain Rey: « Notre bien commun, notre maison. Il faut [donc] mieux la connaître pour l’aimer ». L’arabe est utilisée dans par les journalistes arabophones, sur les réseaux sociaux, mais elle n’effleure pas la place du français. L’élite mauritanienne envoie ses enfants dans le programme français. La majorité des présidents mauritaniens notamment beaucoup de cadres et ministres envoient leurs progénitures au Lycée Français de Nouakchott. La suite logique sera de continuer leurs études dans les pays anglo-saxons ou en France. Le citoyen lamba ne bénéficie pas de cela sauf s’il remue ciel et terre. Les outils didactiques en français sont plus utilisés. L’arabe reste néanmoins la langue de l’apprentissage originel. La question sera de savoir pourquoi arabiser les institutions, les écoles qui doivent être républicaines et les universités pour ensuite voir les tenants des pouvoirs publics faire le contraire. Il y’a la présence des écoles américaines en Mauritanie où les élèves mauritaniens sont nombreux. N’est- il pas temps pour les dirigeant.e.s de faire parler leur bon sens pour être de vrai.e.s Hommes ou Femmes d’Etat pour une réforme de l’éducation nationale qui prend en compte les inquiétudes? L’arabe,oui. le bilinguisme avec l’arabe et le français, oui. L’anglais aura toute sa place aussi. Il faudra, par ailleurs, donner le choix aux élèves de choisir l’arabe ou l’anglais voire le chinois ou l’espagnol comme la langue vivante 2 après le français par principe d’équité. De même, il faut laisser les personnels administratifs mener à bien leurs missions à travers une langue qui construit l’Etat.

~ La langue ou l’instrument de discrimination

Les discours dans l’hémicycle en français passent mieux que ceux en hassanya pour le monde extérieur. Rares sont ceux qui s’expriment véritablement en arabe. Le choix du hassanya est-il le non dit par cette assimilation à l’arabe? S’agit-il là de vouloir museler la parole aux députés qui représentent un « peuple meurtri » en imposant une langue au détriment d’autres. Est-ce l’hégémonie culturelle qui s’exprime? Les députés du système pour certains comme anti-système pointent du doigt l’incapacité, l’incompétence, et l’incohérence des politiques par leurs décisions au fil du temps. En effet, il faut rendormir ou faire disparaître ce désir de vouloir considérer des individus pour ce qu’ils ne sont pas. C’est antinomique aux valeurs morales et politiques.
L’arabisme est un faux débat. Optons pour le français pour tous dans l’enseignement public pour que les mauritaniens sans distinctions bénéficient du bon enseignement. Cela permettra d’une part d’éblouir et consolider le vivre-ensemble et d’autre part juguler le mal qui gangrène les cœurs à travers le manque d’éducation et les profondes inégalités sociales, politiques et économiques.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur 7/5/2020

Mauritanie : Déclaration sur l’adoption d’un projet de loi réprimant les violences faites aux femmes et aux jeunes filles

Groupe des femmes à la CNDH – Nous nous réjouissons et félicitons le gouvernement de l’examination et de l’adoption en Conseil des Ministres du projet de loi relatif à la pénalisation de toutes sortes de violences à l’égard de la femme et de la fille. Le projet de loi vient ainsi renforcer la lutte et la condamnation des auteurs et complices des actes de violences perpétrés à l’endroit des femmes et filles en Mauritanie. Le groupe des femmes félicite le Gouvernement et le Président de la République pour cette initiative longtemps voulue et demandée par la société civile Mauritanienne dans son ensemble. Le groupe des femmes s’engage au côté du gouvernement à mener le combat afin de voir la loi être adoptée à l’assemblée nationale et de son application effective sur le terrain pour le bien-être de la femme et de la jeune fille. Les événements tragiques de ces dernières années qui ont mené aux viols et meutres de femmes et jeunes filles ne resteront plus impunis et bénéficieront désormais de procès équitables et condamnations de criminels profitant de la vulnérabilité de la femme dans notre pays. Madame Zenebou Mohamed AININA s’engage également aux côtés de ces paires de la société civile pour mener une large campagne de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national afin que cette loi, si elle est adoptée, soit connue de tous les citoyens mauritaniens et en particulier la femme et la jeune fille, ceci pour les informer de leurs droits et devoirs et se protéger de toute agression à son endroit. Le groupe des femme exhorte la société civile Mauritanienne de continuer le combat et accompagner le gouvernement pour l’adoption très prochaine de la loi à l’assemblée nationale.

Fait à Nouakchott le 07/5/2020

Madame Zeinebou Sidi Mohamed, Représentante du Groupe des femmes à la CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme )

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=735870

URGENT : DÉCISION D’OUVRIR LES MARCHÉS ,LES RESTAURANTS ET DE PERMETTRE LES PRIÉRES COLLECTIVES DU VENDREDI ET TARAWIH

Les autorités mauritaniennes ont décidé de commencer à assouplir les mesures de précaution contre l’émergence du virus Corona, en autorisant les prières du vendredi et  en ouvrant les marchés et les restaurants, tout en adoptant des contrôles et des précautions générales.

Les autorités ont également décidé de reculer  l’entrée en vigueur du couvre-feu jusqu’  à 23 heures au lieu de 21 heures précedemment.

Source : https://www.alakhbar.info/?q=node/25148

Traduit par adrar.info

©️ Crédit source: reprise via adrar.info http://adrar-info.net/?p=62555

Mauritanie- Le statut des langues devant l’ Assemblée nationale: ouvrir de nouvelles perspectives…

Crédit photo/ via Facebook de l’auteur



Le débat à l’Assemblée nationale sur un projet de loi portant sur la protection des consommateurs a donné l’occasion de rouvrir le debat sur l’usage du français dans le pays. Un député ( de la majorité) a proposé que soit purement et simplement supprimée du projet, la mention portant sur l’ étiquetage des produits dans une autre langue que l’ arabe, sauf pour la langue de leurs pays d’origine. En clair, la proposition d’ amendement du député consistait à rejeter, dans la loi sur la protection des consommateurs, l’usage du français sans le dire explicitement. A nouveau, à l’ Assemblée Nationale, se posait la question du statut de la langue française dans le pays, c’ est à dire l’usage qui pouvait en être fait, officiellement . Un débat serein et riche fut ouvert.
Intervenant le premier aprés le dépôt de l’ amendement sur la question, le député et Président de l’ UFP, Mohamed Maouloud, eut l’occasion de clarifier la position du parti sur la question, en rappelant l’ exigence de protection de manière égale, des locuteurs de toutes les langues utilisées dans le pays, sans discrimination. En conséquence, il demanda le rejet pur et simple de l’ amendement.Cette ferme position entraîna le ralliement massif de la grande majorité des députés dans le rejet de cet amendement dont l’ adoption aurait ajouté une couche de plus dans le processus d’ exclusion des  » non arabisants » dans le pays. Il est important de noter que ce rejet provenait à la fois des députés de l’opposition et de la majorité et constitue un véritable consensus dans l’interprétation que l’ Assemblée nationale se fait de l’ égalité formelle des locuteurs des langues en usage dans le pays. C’ est un signe positif du climat qui règne en ce moment au sein de l’ Assemblee pour la première fois depuis des décennies.
Il serait judicieux pour une question de société comme celle là, que tous les députés patriotes se départissent de toute étroitesse d’ esprit et acceptent d’ouvrir plus largement le débat sur la question nationale, en reconnaissant plus ouvertement ce qu’ils viennent de reconnaître implicitement : l’ égalité complète des locuteurs des langues nationales du pays ( devant être toutes officialisées) et des langues officiellement en usage dans le pays ( arabe et français , comme langues officielles d’ enseignement actuelles du pays) et leur droit à un traitement égal vis à vis des pouvoirs publics.
Ce serait un pas important accompli par l’ Assemblée pour sa réhabilitation historique, après la mise sur pied sans précédent de la Commission d’ enquête sur les crimes économiques et les perspectives de la voir ouvrir d’ autres chantiers de grande importance comme le  » passif humanitaire », la cohésion sociale et l’indépendance économique du pays.


Gourmo Lô, Facebook 6 mai 2020

Tribune – Covid-19 – Mauritanie : « j’étais recruté par l’OMS et le ministère de la santé m’a remplacé par un autre » Par Mohameden Fall

Mohameden Fall – Dans le cadre de leurs activités de lutte contre la pandémie du coronavirus en Mauritanie, l’OMS Mauritanie recherchait des Epidémiologistes ou Médecins ayant une expérience avérée de surveillance des maladies au niveau du terrain. C’est dans ce cadre que ma candidature a été sélectionnée sur des critères precis et rigoureux. On a effectué une formation de 2 jours à l’hôtel Nouakchott et 7h de formation en ligne. Le projet avançait, les responsables de l’OMS nous avaient parlés des conditions et de la nature de notre travail, avec notamment l’affectation de chaque candidat dans une moughataa où il sera chargé du suivi des cas suspects de contamination au Covid-19. Ils nous ont même expliqués les grilles de salaires et du type de contrat en tant que fonctionnaire international des Nations-Unies. Dès le début de la formation, le représentant de l’OMS en Mauritanie avait expliqué que dans les règlements de l’organisation il ne peut y avoir de compétition entre le ministère et l’OMS. Donc tous les candidats qui sont fonctionnaires n’ont qu’à se signaler car ils vont envoyer la liste pour vérification au ministère. Même s’il se trouve que le contrat est déjà signé et le candidat affecté, si le ministère confirme qu’il est fonctionnaire, le contrat sera résilié et le candidat retourné à Nouakchott. Il a expliqué ensuite que l’organisation payait beaucoup plus que le ministère et que leur objectif n’était pas de récupérer les fonctionnaires du ministère. Voilà les raisons qui les ont poussés à procéder ainsi, c’était clair dans notre tête et on était tous d’accord la-dessus. Même si ça n’arrangeait pas certains candidats qui sont des hauts cadres du ministère de la santé qui avaient une disponibilité du ministère. Durant une pause café, j’ai entendu un collègue (ancien DRH du MS) dire que ce n’est pas normal que l’OMS fixe des règles comme ça. Mais il a oublié que l’Etat a donné son accord sur le principe et a validé ce programme que l’OMS va financer et piloter. C’était la meuilleure chose d’ailleurs pour le pays car le représentant de l’OMS en Mauritanie est de renommée internationale parmi les meuilleurs experts mondiaux contre les pandémies. En 2018, en pleine pandémie d’Ebola, le directeur de l’OMS l’a appelé pour lui dire que d’après les plus grands experts, il est le mieux placé pour l’endiguer. Il a quitté Nouakchott pour le Congo pour diriger la riposte sur place pendant 8 mois. Cet homme n’est pas un amateur dans la lutte contre les épidémies et pandémies. Un médecin de formation militaire, qui a travaillé aux USA pendant 11 ans et dans d’autres pays, ne peut pas faire des choses sans respecter les lois des pays. Alors voilà après une semaine d’attente, alors qu’on devrait partir depuis, on reçoit un e-mail de l’OMS qui regrette la tournure des événements et nous dit que après des discussions avec le ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’OMS ne gère plus le programme et que désormais pour plus d’informations de se rapprocher de la faculté de Médecine de l’université de Nouakchott. Un groupe de délégués s’est constitué parmi les candidats, qui a rencontré le ministre qui les a promis que le projet va se poursuivre et sera remis à l’OMS et que les 57 candifats qui étaient deja recrutés par l’organisation mondiale de la santé seront reconduits. A cela, il a ajouté que la faculté va recruter quelque trente étudiants de derniere année en plus. En donnant l’assurance que les recrutés de l’OMS seront maintenus et n’avaientt aucun rapport avec le groupe d’étudiant recrutés par la fac. Voilà ce qui s’est passé et aujourd’hui, après 2 semaines de patience et de stress, le ministère de la santé a empêché l’OMS de faire un recrutement normal. Aujourd’hui [04 Mai] à 21h certains qui étaient recrutés par l’OMS ont reçu un mail avec une liste de 90 personnes recrutées dont certains n’ont que un bac+2 (des sages femmes et infirmiers). Aujourd’hui 05 mai 2020 des jeunes Mauritaniens qui n’ont pas voulu faire du bruit pour ne pas gêner l’Etat dans sa démarche sont victimes d’un lobby proche du ministère et de l’appareil d’État qui ont fait que leur décision soit la décision de l’Etat au détriment de toute éthique, équité ou morale et au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui, des jeunes dont je fais partie ont été écartés du groupe parce qu’on observait dans le respect et la bonne conduite la décision du ministre. Aujourd’hui j’ai compris que ce pays est injuste et des gens au plus haut sommet de l’Etat ont créé ce problème pour parasiter le projet de recrutement parce qu’ils ont des proches qui avaient raté l’occasion. Personnellement je savais comment ça marche ce pays, mais en ce mois de ramadan et avec l’avènement du Président Ghazouani je me disais que ce n’etait plus possible. Aujourd’hui j’ai compris comment marche ce pourri système administratif Mauritanien. Mais, Allah est le plus Grand Juge.

Voir liste jointe :

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=735746

La récidive d’un obsédé de l’arabité exclusive / Par Boubacar Diagana et Ciré Ba

Dans un long article paru dans l’AMI et Cridem, M. Mohamed Yeslem Yarba Beihatt délivre un carton rouge au ministre de la fonction publique qu’il menace au passage d’éviction. Rien de moins. L’intéressé a, à l’occasion du 1er mai, osé prononcer un discours en français. Infamie suprême ! Pour solde de tous comptes, le ministre est en outre gratifié de gentillesses du genre «illettré», « incompétent » dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Lisons plutôt M. Beihatt : « Dites-vous que si vous persistiez à continuer pour tenir vos discours dans une langue autre que l’Arabe, celle officielle de notre pays, vous n’aurez plus droit à rester dans votre poste. Oui, et de la manière la plus simple au monde. Pour motif d’incapacité. C’est-à-dire que, si vous ne pouvez pas prononcer un discours en Arabe, cela veut dire, que, vous êtes incompétent. C’est que vous n’êtes pas digne de la confiance placée en vous. Parce que, en ce moment, la meilleure excuse qu’on peut vous donner, est que vous êtes « illettré ». Et nous qui croyions que les ministres étaient nommés par le Chef de l’Etat sur proposition du 1er ministre ! Le meilleur ou le pire, c’est qu’à suivre le raisonnement de M. Beihatt, le pauvre ministre n’aurait pas non plus le droit de prononcer son discours en Sooninke, sa langue maternelle reconnue pourtant comme une des langues nationales du pays de par une constitution qu’il invoque à tort et à travers. En dehors de l’arabe, point de salut. Qu’on se le tienne pour dit. Grand seigneur, le censeur laisse tout de même une seconde chance au ministre. Celui-ci est sommé fissa d’aller suivre des cours intensifs d’arabe auprès de son excellence, l’ambassadeur France en Mauritanie. Autrement dit, l’ambassadeur français devrait, avec grand plaisir, former en arabe des responsables mauritaniens dans le but de leur permettre de ne plus s’exprimer en français. Logique. Toujours très cohérent, l’inspiré M. Beihatt, n’hésitait pourtant pas, dans un article publié sur Cridem le 23 décembre 2019, en guise de cadeau de Noël sans doute, à étriller le diplomate français. Pour lui, le diplomate ne devrait pas aborder le problème de la langue en Mauritanie au risque de compromettre les intérêts de son pays et de voir l’anglais encouragé à prendre la place de langue de Molière en Mauritanie par représailles. Car, « si vous n’êtes pas encore au courant, dans quel cas, je le regretterais fort – ; je vous le fais savoir : le rapport entre la langue du colon, le français, pour bien nommer les choses, et celle officielle de la République Islamique de Mauritanie, l’arabe ; ce rapport-là, était la cause malheureuse des événements regrettables de 1966 » affirme M.Behatt. Qu’était-il donc reproché à l’ambassadeur ? En réponse à la question suivante d’un média local : « Que pensez-vous du recul de la langue française en Mauritanie ?, le diplomate avait répondu : «Voici une question que l’on me pose en français et à laquelle je répondrais donc avec plaisir en français. Avec la langue arabe et les langues nationales, la Mauritanie possède un patrimoine linguistique de grande valeur, dont elle peut légitimement être fière…». Rien de plus. C’est donc l’ennemi juré d’il y a peu qui est recommandé pour combler les lacunes en arabe du ministre « francophone ». Il serait intéressant au passage de recenser les établissements et pays de formation des membres du gouvernement, académies militaires comprises. Passons. Rappelons également que le nouvel ami ambassadeur était également accusé, en décembre 2019, de chercher à attiser le feu en Mauritanie et était invité à s’occuper de ses patois en Métropole. C’est dire si notre « procureur » excelle dans les raccourcis et les inversions de rôles. Rien n’est trop beau pour faire accepter l’inacceptable. Une constante émerge de ses écrits malgré les ruses et les ficelles plus ou moins grosses : la volonté affichée d’asseoir l’hégémonie d’une composante nationale sur et au détriment des autres. En un mot comme en mille, l’objectif est celui-là. Car au-delà de la langue, c’est bien de domination, d’exclusion économique et de disqualification des autres composantes nationales qu’il s’agit. L’association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie n’en fait pas mystère qui, le 9 septembre 2019, en appelait à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, qualifiant au passage les autres langues nationales, pourtant reconnues comme telles à savoir le Pulaar, le Sooninke et le Wolof de « dialectes des communautés négro-africaines ». Au mépris des compatriotes de la Vallée, l’association enfonçait le clou : «s’adresser délibérément aux gens avec ce qu’ils ne comprennent pas constitue une préméditation qui ressemble à un défi». Ces chantres affichés et déraisonnables d’une Mauritanie exclusivement arabe font mine d’oublier que depuis des décennies, les représentants de l’Etat, de son administration et des services déconcentrés ne s’embarrassent plus guère de soucis d’équilibre puisqu’ils ne communiquent qu’en arabe et bien souvent en se passant allègrement de traduction. Dans le double souci du respect du Vivre ensemble et de la volonté d’ouverture au monde, ils gagneraient à méditer les initiatives positives à l’exemple de celle du Maroc qui vient de mettre en place un Conseil national des langues et de la culture marocaine visant également à la facilitation de l’apprentissage des langues étrangères les plus parlées dans le monde dont le français. Le Maroc dont la population berbère, estimée entre 15 et 20 millions de personnes, vit souvent dans l’Atlas ou en campagne et n’apprend l’arabe qu’à l’école comme les populations de notre vallée, a officialisé la langue amazighe (berbère) en 2011. Une loi généralisant l’usage de cette langue dans les administrations et à l’école a été votée à l’unanimité par les députés marocains le 10 juin 2019. Cette loi permettra la délivrance de cartes d’identité, de passeports ou d’actes de mariages en langue amazighe. Il serait enfin temps de comprendre que les postures idéologiques, les pétitions de principe du genre « Ici c’est la Mauritanie… Ce n’est pas l’Occitanie… Le pays des plus grands savants, « érudits » de la langue Arabe…Ici, c’est la langue arabe qui est la langue officielle…» tiennent plus du coup d’épée dans l’eau. Cela peut faire plaisir mais d’un plaisir sans lendemain. Il suffit d’un sérieux problème de santé-(que nous ne souhaitons évidemment à personne) appelant une évacuation sanitaire pour s’en rendre compte. A propos de la promotion du Tamazigh au Maroc, cf France info Afrique du 13 juin 2019. Une chaîne de télévision, Tamazight TV, est consacrée à la culture berbère. En savoir plus sur la mise en place de ce Conseil http://aujourdhui.ma/culture/conseil-national-des-langues-et-de-la-culture-marocaine-cest-fait-les-attributions-et-missions-publiees-au-bo?fbclid=IwAR05juN3kkZmoH4sPqWQrf3ubbYobEw0Za31h3i2lMlPW9OJMpaXLehUxRM

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/05/2020

©️ Source : http://www.kassataya.com