La réparation de l’esclavage, et si on se réparait d’abord..!?

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Depuis quelques années, la France a instauré la journée du 10 Mai comme date commémorative de l’abolition de l’esclavage.
Cet événement annuel rendu possible grâce à l’activisme prégnant des milieux afro-descendants français, dont la figure de proue est sans conteste Madame Christiane Taubira, l’ancienne garde des sceaux.
La France, historiquement l’un des pays ayant participé largement à la traite négrière qui saigna l’Afrique, reste trop timide pour insérer cette partie de l’histoire dans son Roman National. Il est beaucoup à faire notamment dans l’école et dans le discours politique et intellectuel pour une respectabilité de la mémoire d’une frange importante du peuple français . Après quelques avancées symboliques d’aujourd’hui, certaines voix s’élèvent de plus en plus pour une réparation pure et simple pour les ayants droit de ceux qui subirent ce crime abominable contre l’humanité. Cette revendication ne semble pas être prise au sérieux par les différentes autorités politiques du pays quel que soit le bord . Il est à noter qu’un certain croisement revendicatif se constate entre les porte-voix de la cause mémorielle liée à la traite et les milieux sensibles au passif colonial. Les uns et les autres orientent le port d’une entière responsabilité aux lointaines autorités françaises , ancêtres de celles d’aujourd’hui, ayant pratiqué « légalement » l’esclavage et instauré l’ordre colonial par l’exploitation et l’indigénat. À ce rythme on pourrait imaginer une prise en compte de plus en plus large de ce passé criminel , en actes symboliques voire jusqu’à une possible RÉPARATION FINANCIÈRE . Cela relève d’un rêve fou peut être, mais peu importe, nos cousins afro-descendants des Antilles se doivent d’assumer et de porter le militantisme revendicatif dans ce sens.

Et nous, africains noirs d’Afrique , en plus d’un soutien normal dû à une situation commune d’aujourd’hui, avons une lourde responsabilité vis-à-vis de ces descendants des victimes de la traite transatlantique. Aujourd’hui l’africain Noir ou pas peut se dire lésé  et handicapé à raison par l’ordre colonial d’antan, mais tout Noir africain ne subit pas forcément les conséquences de l’esclavage extra ou intra. Oui l’esclavage intra, cela a bien existé et continue même de véhiculer des non-dits dans l’imaginaire collectif africain.

L’africain lambda sur le continent ou à l’extérieur pointe aisément les méchants esclavagistes et colonisateurs de l’extérieur  (occidentaux ou orientaux) qui seraient les seuls responsables du retard social, économique et politique du continent. Alors que la franchise intellectuelle nous intime de revoir nos schémas simplistes du classique c’est « la faute de l’autre ». L’Afrique a été esclavagiste et les africains l’étaient intrinsèquement dans le passé et s’y connaissent dans leurs rapports traditionnels et coutumiers d’aujourd’hui. Le marchandage lucratif d’êtres humains se pratiquait entre différentes composantes tribales , et les traites transsaharienne et transatlantique se furent arrimés logiquement à cet ordre propice pour amplifier un douloureux et honteux commerce . En effet le passé esclavagiste afro-africain est très présent aujourd’hui, mais il n’est abordé que trop timidement voire même effacé derrière un tissu social et sociétal érigé en VALEURS CULTURELLES.
Par exemple en Afrique occidentale, presque dans toutes les sociétés, il existe le statut d’esclave faisant partie d’un ensemble homogène très hiérarchisé . Ces esclaves statutaires étaient anciennement possédés par l’aristocratie nobiliaire et leurs différents clans alliés. Ils étaient exploités dans l’esclavage pur et dur, et faisaient partie du patrimoine matériel des possédants. La réalité irréfutable de cet esclavage « maison » en Afrique, a laissé des traces dans les rapports intra-communautaires. De nos jours, les personnes d’extraction sociale servile vivent les conséquences évidentes au sein de certaines sociétés africaines. D’aucuns osent justifier les pratiques esclavagistes au nom de la religion  (l’islam en l’occurrence) et d’autres réfutent tout esclavagisme latent et ses séquelles, et on essaie d’en trouver une justification ambiguë par le système de castes qui sévit. Aucune idée de réparation même morale, n’effleure les consciences de ceux qui sont issus de tenants de l’ordre féodal et esclavagiste d’antan . Au contraire, certains milieux artistiques se permettent de louer et de chanter en héros d’hommes connus pour leurs prouesses en brigandage et en capture d’êtres humains. Par ailleurs, une gymnastique d’esprit basée sur une incohérence intellectuelle bien connue chez nombre d’instruits issus de l’ordre tribalo-féodal, permet un camouflage sournois des conséquences évidentes de l’ordre esclavagiste du passé , au sein du système de castes qui serait un gentil et utile régulateur social. 

Si on évite à ce point d’aborder courageusement les réalités problématiques issues de l’esclavage « maison » , cela explique un sens profond et étrange de ce que l’Homme africain se fait de l’Être Humain . Suivant cette logique, nos cousins afro-descendants d’Outre-mer ne peuvent pas espérer grand chose de notre part quant à une éventuelle reconnaissance de la responsabilité avérée des « braconniers » et vendeurs d’êtres humains au cours des traites négrières  (transatlantique et transsaharienne). Aujourd’hui en 2016, les afro-descendants français et les africains noirs issus de l’immigration postcoloniale et leurs descendants occidentalisés , peuvent être confrontés au racisme et diverses discriminations dans la société française à dominance blanche. Cependant, ils peuvent se retrouver sur le même champ militant pour lutter contre ces injustices . L’africain Noir en Europe se retrouvera dans l’engagement digne de Madame Taubira, tout en évitant sournoisement de revoir certaines dispositions coutumières en vigueur dans son giron originel, qui, jadis permirent la SOURCE du Mal Noir qui fut l’ESCLAVAGE. La réparation morale tant attendue tarde à venir à l’endroit de nos lointains cousins afro-descendants dans le monde entier . En 1999 à Baltimore aux États-Unis , on notera un geste plein de portée symbolique du défunt ancien président Béninois Mathieu Kérékou . Ce dernier s’était mis à genoux en implorant le pardon des afro-américains pour le rôle honteux et abominable que les africains ont joué dans la traite.

Depuis rien de notable n’est à signaler allant dans le sens d’une réparation morale à grande échelle qui pourtant, doit être le ciment de la cause panafricaniste qui tâtonne entre l’extrémisme anti-impérialiste et la sanctification de nos références tribalo-ethniques diluées dans la mondialisation. L’Homme Noir affecté parmi les Peuples, doit se réinventer une destinée dépoussiérée de toute emprise primitive et puérile faisant de lui L’ÉTERNEL DERNIER DE LA CLASSE qui se refuse soi même.
Nous devons revoir nos prises de position du grand écart en fonction du cadre dans lequel nous évoluons, c’est-à-dire tantôt on est révolutionnaire contre le néocolonialisme et le paternalisme occidentaux, et autrefois on se montre réactionnaire contre toute réforme libératrice de l’INDIVIDU  par rapport aux convenances coutumières et étriquées qui pourrissent nos rapports internes et inhibent l’essentiel en NOUS pour des statuts sociaux caducs . L’esprit tribalo-ethnique ne fera ni un Peuple , ni une Nation au sens moderne des termes.

K.S

À Néma, deux annonces dont une floue et une bourde essentialiste sur l’esclavage.

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Mardi 3 Mai à Néma, ville de l’Est mauritanien, le Raïs mauritanien Ould Abdel Aziz a tenu un discours diversement commenté. À son arrivée, comme à l’accoutumée dans pareilles circonstances, il a eu droit à une parade folklorique dans cette capitale régionale où la prégnance tribale a joué sa partition clientéliste comme il se doit. Ensuite, le tombeur de sidioca  (Sidi Ould cheikh Abdallahi) dernier président civil élu démocratiquement en 2007, s’est exprimé aisément devant son public .
Parmi ses annonces, on retiendra la suppression du sénat par voie référendaire et la création des conseils régionaux. Le sénat serait une chambre superflue et inutile dans notre fonctionnement institutionnel pour tout le monde sauf les sénateurs. Ces derniers profitent d’un traitement lucratif et légal mais difficilement justifiable dans un pays dit pauvre. L’autre annonce concernant le projet de régionalisation, semble être vaguement émise, on attendra les critères de sa faisabilité et ses contours juridiques. Propose t-il la régionalisation selon le concept avancé par les ex-Flam (aujourd’hui  FPC) non reconnues aux dernières nouvelles..? Ou bien un processus de diversion et des divisions  qui meubleraient le microcosme politique au niveau local. Ce qu’on peut admettre facilement est que pour une fois un chef d’état mauritanien semble reconnaître comme bonne au moins dans le principe, une idée émise par les éléments d’un mouvement non reconnu et historiquement diabolisé. En étant sceptique et réservé sur le fond du concept proposé par M. Thiam Samba et ses amis , j’ai hâte de savoir s’il faut s’attendre à une  (r)évolution démocratique ou la fin d’une certaine Mauritanie, par celui proposé par le Raïs à Néma. Chez Mr Thiam, j’ose comprendre que le problème de la Mauritanie serait résolu par l’institutionnalisation des ensembles homogènes qui sous-entend de fait l’acuité de la prégnance tribalo-ethno-communautaire d’une manière décentralisée. De ce fait un régime de grands électeurs serait instauré sur la base de l’ordre tribalo-féodal qui régit officieusement toutes les communautés nationales , exception faite de la composante haratine pouvant être lésée concrètement alors qu’elle est la plus importante à l’échelle nationale. Croire à une Mauritanie juste et égalitaire pour les citoyens devrait avoir la primauté sur l’identification communautariste sur un territoire quelconque. S’il faut décentraliser, qu’il le soit comme mode de gestion d’un État central démocratique des citoyens et non des communautés et des tribus qui sont tout sauf démocratiques et égalitaires. Et si cet état azizien crée des conseils régionaux, on ne peut éviter le clientélisme politicard déjà bien rodé chez les élus locaux et les chefs coutumiers qui roulent dans leur écrasante majorité pour l’hôte du palais ocre à Nouakchott . Ainsi l’expression citoyenne par le Droit et le Choix sera noyée par les ayant droits par naissance sur le matériel et l’immatériel. Pour une régionalisation digne de ce nom, il faut avoir du contenu à la hauteur qui serait la plénitude de la CITOYENNETÉ d’abord.

La bourde présidentielle qui allait venir…!!

Encore à Néma, le Raïs a dit qu’il n’y a aucun prisonnier d’opinion dans le pays, en faisant allusion aux leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes Biram Dah Abeid, président d’IRA-mauritanie et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane derrière les barreaux depuis bientôt 2 ans. Et hop, la glissade sur la problématique de l’esclavage en Mauritanie, notre  sociologue de président du jour se hasarde en comparaison troublante. Désormais l’approche contratictoire entre le déni de l’esclavage et l’instauration de tribunaux spécialisés pour les faits d’esclavage, ne tient plus la route, et ses propres conseillers doivent être entendus enfin.

À Néma, il fallait trouver un autre angle d’attaque contre les esclaves et ceux qui vivent les conséquences de l’esclavagisme dissimulé dans les rapports sociaux. Le général pense que l’esclavage serait lié à une certaine forme d’irresponsabilité de certains qui font beaucoup d’enfants sans pouvoir les éduquer faute de revenus suffisants. On peut déduire que pour lui, les esclavagistes ont droit de conditionner à l’esclavage certaines personnes issues de milieux pauvres. Sa sortie hasardeuse sous cet angle clarifie le camp du pouvoir actuel entre ceux qui profitent de la misère sociale et les damnés se trouvant sans défenseurs. Nos cousins haratines savent qu’ils sont les cibles principales de la joute présidentielle. Dieu sait que nous ne sommes pas en 1916 mais en 2016, il y aura du répondant et il saura qu’il s’était trompé par cette bourde essentialiste sur ceux qui ont vécu et vivent une déstructuration de la part d’un ordre dominant qui peine à reconnaître ses torts. À Néma pour le président , l’existence de l’esclavage en Mauritanie est lié aux enfants non pris en charge par une couche sociale bien identifiée et qui en fait trop.
Notre prophète Muhammad (psl) n’a t-il pas dit qu’il suffit au musulman de minimiser son frère pour être dans le Mal”.

K.S

29-04-2016 16:33 – Libre Expression | De l’or ou du leurre ?

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Cheikhna M’bouh Tandia – Oh qu’il est courageux le peuple de Mauritanie. Et quel gouvernement sans pitié alors.

La logique humaine voudrait que l’on cesse de traire une vache qui n’a plus que du sang dans ses mamelles. Mais à y voir de près, nous avons des vampires chez nous, qui se nourrissent du sang d’un peuple laissé à l’abandon.

Et rassurez-vous, je ne compare pas le peuple de Mauritanie à une vache mais quand même, c’est honteux l’attitude de nos gouvernants à son égard.

De L’or !

Et « tirons notre courage de notre désespoir même » ; et allons-y chercher de l’or. Oui, car il parait que de l’or, il y en a chez nous, quelque part et c’est pour nous. Mais il faut le chercher et on n’est pas sûr d’en trouver. C’est pour cela que notre gouvernement bienveillant nous autorise à en chercher mais à condition de lui payer une quittance. Quittances dont la totalité servira à couvrir ses pertes cumulées du fait de sa gestion insolente de nos ressources, de notre trésor public.

Ah vous ne saviez pas ? Le trésor public traverse une crise sans précédente, parce que ceux qui gèrent notre fond commun, ont appliqué l’adage « tant qu’il y’a la vie, il y’a de l’espoir » ; tant qu’on a la SNIM, il y’a de l’argent ; donc, consommer dans l’irrationalité totale sous l’égide du prince et de ses acolytes, était la logique suivie et continue d’ailleurs.

Il fallait donc trouver une stratégie, un moyen de renflouer les caisses non de l’Etat mais du prince sans que cela ne soit flagrant. Et Ainsi, est née l’histoire de l’or ; l’or de Mauritanie, uniquement pour les citoyens endormis par le désespoir du lendemain meilleur.

Eh oui, pour la première fois de l’histoire de notre pays, une ressource rare, naturelle est accessible au citoyen lambda ; ça interpelle déjà.

D’ailleurs, Citoyen qui n’est plus lambda puisqu’on lui demande d’avoir les moyens quand même ; à peu près trois fois le Smig ; plus le matériel exigé, plus la somme pour la douane, plus le transport, plus le fond de survie sur place ; et tout cela pour quatre mois. De l’or que des sociétés multinationales n’ont pas su fructifier, rentabiliser sur le long terme mais qui a juste servi à enrichir quelques-uns au détriment du peuple dans son écrasante majorité.

Oh qu’ils sont malins nos gouvernants. Des plans de rigueur, avec une hausse des impôts et taxes, les Mauritaniens ne comprendraient certainement pas ; déjà que nous peinons avec ceux existants.

Donc l’idée originale, pour faire porter le chapeau de la gestion catastrophique des ressources au peuple, aura été celle-là ; l’histoire de l’or ; l’or de Mauritanie par le biais de la prospection individuelle.

Autrement, comment comprendre la démarche de l’Etat dans cette histoire ? Et où est la logique de bonne gouvernance ? Devrions-nous penser que l’on gère l’Etat comme une boutique de quartier ?

Du leurre !

La finalité de tout gouvernement en principe, c’est le bien-être de sa population. Et si la nature offre une opportunité pour que ce bien-être se réalise ; l’Etat qui en est garant doit apporter toutes les assurances à sa population ; avant de l’inciter à saisir une opportunité qui peut lui être fatale.

Un gouvernement digne de ce nom, ne doit pas s’inscrire dans une logique de surenchère vis-à-vis de ses gouvernés. La logique entrepreneuriale « investis, soit tu perds, soit tu gagnes », n’est pas normale quand elle émane d’un gouvernement vis-à-vis de ses gouvernés. Surtout que les dits gouvernés sont des mauritaniens, qui Vivent avec moins de mille ouguiyas par jour.

Car c’est un fait, ce ne seront pas des milliardaires ou des millionnaires qui vont se retrouver sur le terrain de la prospection, loin de là. C’est des pauvres, qui ont travaillé à la sueur de leur front pour économiser, et mettre de coté quelques sous ; ce sont ceux-là ou d’autres qui vont s’endetter jusqu’au cou pour tenter la chance artificielle ; orchestrée par l’Etat.

Affirmer qu’il n’y a pas d’or dans la zone concernée, serait une présomption assez simple. Mais y en a-t-il assez pour les 16 000 demandeurs et plus ? Le prix en vaut-elle la chandelle ? Nous pensons que, c’est la transparence tout à fait légitime que des citoyens sont en droit d’exiger de ses gouvernants. Alors, le devoir de citoyen nous interpelle, pour exiger plus de décence du gouvernement à l’égard de pauvres citoyens qui n’ont rien.

L’Eta doit prouver sa bonne foi dans cette histoire, en mettant en place un système de garantie pour ceux qui vont s’y aventurer. Pour que le citoyen qui s’y engagera, s’en sort soit plus riche, soit pas plus pauvre qu’avant de s’y engager : c’est la logique de bonne gouvernance.

Des mesures d’assouplissement s’imposent donc, à la fois sur les modalités quant à l’autorisation, mais également sur le matériel à déployer par les pseudo-orpailleurs. En plus de cela, le gouvernement doit assurer au peuple que cette zone ne sera pas un non-droit ; ou le berceau de l’affrontement entre les damnés de la patrie de Mauritanie.

Autrement ; c’est du leurre ; autrement c’est de l’arnaque institutionnalisée. Et j’ai fini.

Cheikhna M’bouh Tandia
Etudiant en Droit

Source crédit : http://www.cridem.org

28-04-2016 09:12 – Libre Expression | De la Bothayanie à l´Azizanie : de qui se moque-t-on?

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Kaaw Touré – On est frappé par la volonté de certains de nos compatriotes à vouloir solder nos souffrances, nos morts et nos droits. Comme certains marchands, ils veulent vider l´abcès comme on vide les stocks.

Ils nous traitent de « rancuniers », de « revanchards », de « méchants » parce que nous exigeons la justice, l´égalité de tous les fils de la Mauritanie, parce que nous refusons l´oubli et l´impunité. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli, de l´impunité sur les années de braise, il faut pardonner et tourner la page sans justice ou autre procès c´est tout ce que souhaite le Système.

La Mauritanie peut tuer, peut violer, violenter et déporter ses propres enfants mais elle ne veut pas qu´on en parle ! Comment parler de l´avenir en commun alors que le passé douloureux du destin en commun hante toujours notre sommeil. Comment nous conduire vers un avenir meilleur en cassant le rétroviseur de notre voiture?

Nos « nouveaux chiens de garde », pour dévaliser le journaliste et essayiste français Serge Halimi, veulent mettre le bourreau et la victime dans le même sac et nous imposer leurs termes du contrat de « la réconciliation ». Comment soigner le mal sans crever l´abcès? Comment tourner la page de la déportation, de l´épuration ethnique sans avoir le courage de diagnostiquer la cause du mal national? « Ko addi ndogen saka ndartoden » ?

Ces fabricants ou partisans du renoncement et de l´oubli veulent nous enseigner leur propre « grammaire de la soumission » ou leur « vocabulaire de la réconciliation ». Pour eux, toute revendication de justice est de l´Extrémisme!

Nous devons prendre nos baluchons, courber l´échine et revenir sans crier gare comme si nos longues années d´exil et de souffrances dans les geôles du tyran n´avaient rien servi! L´exigence de justice est un droit mais aussi un devoir pour tout celui qui se sent lésé dans ses droits .

Qu´un seul déporté, une veuve ou un orphelin exige la justice, minoritaires soient-ils, leurs voix doivent-être écoutées , ce n´est pas parce que tout le monde ait accepté de jouer au troupeau de panurges du Système que toute voix discordante doit être considérée comme celle de l´extrémisme.

La réparation n´est pas que matérielle ou pécunière elle est surtout et avant tout Morale. Les victimes n´ont pas exigé le ciel ou la lune mais la Justice, est-ce un crime? Jugez nos tortionnaires! Jugez nos déporteurs! Jugez nos violeurs! Jugez nos voleurs! Jugez nos assassins ! Discutons de notre fameuse Question Nationale, du racisme et de l´esclavage . Est-ce trop vous demander messieurs les soldeurs des souffrances?

Toutes les revendications peuvent trouver une solution si l´on veut bien se donner la peine. Il ne s´agit pas de récuser toute synthèse, mais une synthèse ne s´obtient pas en soldant ses revendications essentielles. Nous demandons seulement à nos potentiels soldeurs de ne pas céder à la mode sinon les Mauritaniens risquent d´être les sacrifiés.

Car en politique le soldeur est un traitre, un petit traître en ce sens qu´il ne pense qu´à ses intérêts individuels que seule la trahison lui permet de satisfaire.

La lutte continue!
Kaaw Touré dit Elimane Bilbassi

Source : repris sur http://www.cridem.org

Le pacifisme d’IRA, un grand problème pour ses détracteurs acharnés.

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L’IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) mène pacifiquement ses activités militantes depuis sa création en 2008.
Ce mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste s’est forgé une doctrine idéale qui fonctionne contre l’ordre injuste concocté par les milieux dominants transcommunautaires en Mauritanie.
La stratégie pacifiste et non-violente qui a permis Gandhi, Luther King et Mandela entre autres, de bousculer les fondements d’ordres injustes et inégalitaires, et chacun en fonction de la nature des réalités locales. Le point commun entre ces différents ordres était sans doute le caractère légal et institutionnel des INJUSTICES  et des TORTS qui relativisaient la Dignité Humaine  des uns au profit des autres très souvent minoritaires .
Notre cas mauritanien présente le même schéma classique en vigueur sous différentes colorations en fonction des strates organisationnelles (tribalo-ethnique ou étatique).
Le communautaire ou le tribal s’est articulé autour d’une légalité primaire sous le référent coutumo-traditionnel et en y ajoutant la caution religieuse. À ce niveau local, la légitimité du règne sur le matériel et l’immatériel revient exclusivement aux dominants historiques au détriment d’un régime de rapport Majorité-Minorité. À l’échelle nationale, on retrouve une certaine  transposition de la primauté de la minorité sur la majorité à travers un dosage d’une entente non écrite entre tribalo-communautaristes. Ce noyautage du pouvoir public favorisant le clientélisme politique gomme la conscience citoyenne et favorise la communautarisation de choix et la courtisanerie.
L’IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) , comme mouvement pacifique qui s’engage fermement pour l’application du Droit , se heurte à ce magma diffus et conservateur qui la qualifie comme le MAL ABSOLU. Le mouvement du président Biram Dah Abeid est reconnu et distingué par son pacifisme à l’international depuis plusieurs années, mais les mêmes milieux dominants à l’intérieur continuent sa diabolisation.

D’aucuns l’accusent de menacer la dite légendaire cohésion sociale, et d’autres admettent avec difficulté qu’il défend des bonnes causes mais ses méthodes seraient mauvaises.
Pour les uns comme les autres, le fait qu’IRA sorte des cases habituelles du déterminisme tribalo-ethnique, est en soi perturbateur et menaçant pour leurs fondements. Le mouvement abolitionniste se singularise par une approche transversale de son activisme en défendant les Droits de toutes les victimes . Il promeut par ailleurs un militantisme de conviction par choix consciencieux du citoyen en dehors la prégnance tribalo-communautaire. Son pacifisme n’est pas à démontrer pour tout observateur sincère, mais ses détracteurs voient de la vengeance quand il demande l’application stricte de la LOI sur ceux qui sont connus et pris pour les violations des droits humains. Aujourd’hui 27 avril 2016 , nous sommes au 4ème anniversaire de l’autodafé symbolique par le leader d’IRA Biram de certains manuels qui codifient l’idéologie esclavagiste en Mauritanie. Par son geste historique il a assaini la compréhension du Vrai Message porté par le prophète Muhammad (psl), qui avait subi une orientation idéologique afin de correspondre aux aspirations matérielles et passionnelles des milieux dominants. Malgré l’hystérie de l’instant de ceux qui s’identifient à une approche idéologique du Divin promue dans ces livres, cet événement-choc a éveillé les consciences de certains damnés par fatalisme et ceux qui ont trop longtemps usurpé l’explication exclusive et orientée du MESSAGE RÉVÉLÉ. 

La meilleure des armes contre ses détracteurs acharnés est le caractère non-violent de son engagement. Ils le veulent autrement, c’est-à-dire bercé dans la violence afin de sauter sur l’occasion en l’écrasant définitivement et sans pitié. De ce fait aujourd’hui, son pacifisme confond les détenteurs de la force qui défendent les milieux dominants et les pousse aux multiples dérapages policiers constatés lors des manifestations et sit-in du mouvement. Cette voie pacifiste sera celle de la VICTOIRE d’un GRAND JOUR contre tous ceux qui utilisent l’État pour échapper à la LOI et défendent des intérêts partisans.

Si on osait décliner la formule de Nelson Mandela de l’ANC dans la lutte anti-apartheid dans l’Afrique du Sud d’antan , ONE MAN, ONE VOTE  (Un Homme, Une Voix), je dirais que chez nous aujourd’hui il faut promouvoir la culture d’UN HOMME, UN CHOIX CITOYEN.
Ainsi les choix tribalo-communautaires en individuel ou en collectif qui sapent l’émergence d’un État-Nation Juste et Égalitaire, relèveront de l’illégalité. Il est connu que nos consciences tribalo-ethniques inhibent nos réflexions citoyennes par un déterminisme qui ne perçoit l’État que sous l’angle partisan. Dans ce cas, le Juste dans l’ensemble importe peu pour l’individu, mais c’est plutôt le gain et la sauvegarde d’un intérêt qui l’animent dans toutes circonstances. À terme, si la LOI triomphe, vaut mieux se fier au CHOIX CITOYEN qui peut rassurer en toute quiétude plus qu’aux  références tribalo-ethniques qui développent mimétisme et suivisme inconséquent de l’écrasante majorité au profit d’une infime minorité.

Pour finir, de jour en jour, nous constatons que l’extrémisme dont est taxé IRA, dévoile le caractère hétéroclite de ceux qui l’accusent. Les communautaristes zélés de tout bord  (Noirs et Blancs) ne peuvent supporter l’idéal d’un engagement trans-communautaire porté par L’IRA contre toutes les INJUSTICES (tribales, ethniques et étatiques).

K.S

L’affaire Mkheitir : l’homme musulman pardonnable, mais pas le forgeron…???

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Ce jeudi 21 avril 2016, s’est ouvert à Nouadhibou le procès en appel de notre jeune coreligionnaire Mohamed Cheikh Ould Mkheitir . Selon certaines sources dignes de foi, le verdict de la condamnation à mort a été confirmé, mais l’accusation d’apostasie a été requalifiée en mécréance. Maintenant, l’étape suivante pour son cas judiciaire sera devant la Cour Suprême, et on espèrera que le bon sens triomphera sur une rigidité ridicule d’un DROIT devenu l’expression des caprices de certains milieux. Il est rapporté que notre jeune compatriote issu de la caste des forgerons s’est repenti, ce qui n’a pas calmé les ardeurs hystériques de certains qui s’activent plus pour la punition d’un élément perturbateur de leur ordre tribal et ethnique que la défense du prophète Muhammad (psl) . Ce dernier l’aurait pardonné et se serait interrogé en profondeur et en toute JUSTICE sur ce qui a motivé la réflexion polémique. C’est-à-dire le fond de l’ordre tribalo-féodal serait scruté et questionné , et de là le formalisme religieux en vigueur serait démasqué. Ainsi dans cette affaire, les accusateurs par posture superficielle seraient les premiers accusés de trahison des enseignements de la tradition prophétique. Chez nous, en matière religieuse, le spirituel suit les logiques de l’ordre de la société. Quand l’islam au sens sain reconnaît le croyant comme MUSULMAN faisant partie de la Oumma, l’ordre sociétal essayera de le caser en forgeron, en esclave, en noble, en griot ou en marabout d’abord. Depuis plusieurs siècles par mimétisme soigné, les tenants trans-communautaires de cet ordre sociétal sacralisent cet état de choses où la plénitude de la “musulmanité” de certains est relative et surtout dépendante d’une docilité fataliste aux balises tribalo-ethniques. Notre coreligionnaire de statut forgeron est conscient que dans cette société dite 100% musulmane, le statut de forgeron est connoté d’une intouchabilité guignarde. On dirait que le forgeron peut symboliser le malheur et il faudrait mieux l’éviter dans certaines circonstances notamment lors des voyages. Où a-t-on laissée la FRATERNITÉ entre croyants selon l’enseignement Coranique et la Tradition prophétique..??

Dans le même ordre d’idée, on dirait que l’esclavage est légiféré au nom de l’islam, et que “l’individu esclave” n’a accès au DIVIN qu’en se soumettant à son maître d’abord. Sur ce cas de l’esclavage, une idéologie foncièrement orientée s’est développée sur la base d’éléments scripturaires mentionnant le traitement sage des cas des esclaves hérités de la période antéislamique , légitimant sournoisement les pratiques esclavagistes au nom de l’islam. De ce fait les objectifs de la réforme sociale indiquée par le dernier Messager, ont été travestis sciemment pour “islamiser” des pratiques révélant du paganisme d’antan au fond.
Il est clair que bien avant le texte de notre compatriote Mohamed Cheikh Ould Mkheitir, d’autres écrits connus et disponibles dans toutes les mahadras et les librairies, avaient trahi l’esprit du  MESSAGE RÉVÉLÉ. Une idéologie partisane s’est accaparé de ce MESSAGE pour que la collusion entre lettrés dits religieux et puissants tribalo-féodaux garde la mainmise sur les sans voi(x)es le plus longtemps possible.
Le cas de ce jeune casté forgeron devrait interpeller plus d’un surtout chez les mammouths idéologues du Fait religieux. Le suivisme admis historiquement ne tient plus, car derrière notre “musulmanisme” mot emprunté à Dr Ousmane Timéra de France, se trouve  d’innombrables paradoxes, contradictions et distorsions.

Toute religion qui s’idéoligise se fera au nom des Hommes et perdra le caractère transcendant du DIVIN LE SEUL JUGE PAR ESSENCE.

Ainsi au Nom du DIVIN, le Tout-miséricordieux et le Très-miséricordieux nous apportons notre soutien fraternel à Mr Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir qui mérite le Pardon comme tous ceux qui sont dans la fixation indexatoire demandant sa mise à mort.

Que la paix soit avec vous.

K.S

Selibaby: Un professeur abuse de son pouvoir depuis des décennies

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Touré Mamadou Moussa est professeur de mathématiques au Lycée de Selibaby. Il est arrivé dans cet établissement en 1992 et ne l’a plus jamais quitté.
M. Touré a donc eu en charge, pendant près d’un quart de siècle des milliers de jeunes de la région du Guidimakha. Plusieurs d’entre eux donnent  à l’homme de Boghé, comme il aimait se faire appeler , le titre de plus mauvais enseignant qu’ils n’ont jamais eu. Ils décrivent son cours comme une narration où l’homme, Touré est toujours le héros.
Le professeur fier passe la moitié de chaque séance de cours à vanter son parcours d’ancien élève plus intelligent que les autres. Et lorsque le plus téméraire de ses élèves demandait pourquoi Touré n’a pas eu la bourse pour continuez ses études à l’étranger après le bac, il répondait: à l’époque, on gardait les meilleurs en Mauritanie.
L’homme de Boghé pouvait aussi passait son temps à parlait de sa famille « nous sommes beaux et intelligents, nous avons une tète bien faite » disait-il. Certains anciens élèves ont même eu la chance d’admirer les photos de l’épouse de monsieur Touré que lui même décrit comme étant une très belle femme.
Depuis 1992, le temps a passé, monsieur Touré a eu des enfants et ils ont grandis. Donc l’heure est à leurs éloges. Ainsi Monsieur Touré répète sans cesse à ses élèves que ses enfants sont les meilleurs. Son garçon a eu le bac l’année dernière, tant mieux pour lui qui est innocent dans cette affaire.
L’autre pratique qui a fait et fait des ravages chez les élèves et anciens élèves de Touré, est sa notation particulière. Vous avez beau réussir l’interrogation, vous n’aurez que 3/20. Si vous n’êtes pas contents, la seule chose à faire est de s’inscrire au cours à domicile de monsieur le prof, meilleur mathématicien qui n’a pourtant jamais crée une formule mathématique.
Très ingénieux dans l’escroquerie, Mamadou Moussa s’est toujours arrangé à prendre en charge la dernière année du collège (3eme année à l’époque et 4eme actuellement), les orientations vers les séries littéraires et scientifiques se faisant à ce stade des études. Cela oblige les élèves voulant faire la série D ou la série C du lycée à faire des cours particuliers avec le maitre à bord Touré.
Les pratiques de Touré Mamadou Moussa montrent que ce professeur manque de professionnalisme et qu’il a un comportement immoral. Il a depuis tout ce temps qu’il exerce, ruiné beaucoup de familles, brisé beaucoup de carrières et causé beaucoup de mauvaises orientations. Tout cela n’a que trop duré. Donc aujourd’hui, les élèves et anciens élèves (devenus pour certains des parents d’élèves) du Lycée de Selibaby souhaitent le départ de celui qui a tout été sauf un bon professeur.
Touré Mamadou Moussa est toujours enseignant au Lycée de Selibaby et cerise sur le gâteau, il est le directeur d’études de cet établissement.

Source crédit : Repris d’un post Facebook de Cheikh Dicko.

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Le fils du Président, les fils du pays

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Il  était une fois…

« L’affaire Raya » du nom de la fille victime d’un tir de pistolet attribué au fils du Président de la République continue de défrayer la chronique. Les salons, la presse électronique et les tabloïds se sont emparés de l’affaire. « Le fils du Président a tiré au pistolet sur une jeune femme !! », entend-on partout.
Tir à balles réelles sur un individu, c’est un homicide. Il n’y a pas une autre façon de le qualifier. Le coupable doit payer. Qu’il soit Président, fils du Président ou rejeton du vendeur d’à-côté, un criminel est un criminel ; tout comme un chat est un chat.
En pareil cas, la police se doit de faire son travail dans l’impartialité totale et le respect des droits des uns et des autres.
La Favela c’est au Brésil, un habitat des pauvres, une zone de non-droit où des hommes accros à la drogue règnent en maîtres. Ces hommes qui sèment la mort et répandent la peur dans la Favela ont comme référents la drogue, les armes et la violence ; en somme, toutes les tares qui déshumanisent l’homme. Ces tyranneaux, dans leur pays, vivent de l’autre côté du monde éduqué et civilisé.
Là-bas, c’est là-bas et ici c’est ici, la Mauritanie. Mais quand là-bas et ici tendent à devenir comparables, le paradoxe devient saisissant car on serait arrivé à une translation de décor où se meuvent banditisme, crime et racket ; la kebba se muant en Favela. Lieux maudits où la pauvreté absolue côtoie le dénuement laid et le manque de pitance l’impossibilité de fréquenter l’école. Règne de l’illégal et des oiseaux de nuit dont le repère est la faillite sociale et le refuge la citadelle du silence (la prison).

Sommes-nous tombés bien bas pour que le Mauritanien, hier connu pour son humilité et la verticalité de sa morale, montre aujourd’hui deux visages si différents : le vertueux qui rase le mur et le brigand qu’on applaudit. On se reproduit bien mal dans ce pays ! Le monde des civilisés et des riches enfante une majorité de canailles nourries à la déchéance culturelle et au surdimensionnement de l’égo dans des cercles où l’autorité parente a failli, où tous les tabous ont été repoussés dans des remises non bornées.
Le phénomène « kascadi » (cascadeurs) d’hier des fils à papa bien imbus de leur personne se « bonifie », faisant passer ces marmots de l’herbe du diable au flingue avec silencieux après un petit détour chez les filles, la drogue et l’alcool. Ce n’est même plus un secret de polichinelle tant les marmailles nanties exhibent leur « valeur » à la face d’un monde qui fustige peu et bat les pattes sur tous les plans.

Cette nouvelle Mauritanie de l’opulence, victime d’on ne sait quelle malédiction, nous perdra tant la crise morale affecte nos mœurs qu’elle dissout et l’illicite, qui tend vers la règle, gangrène notre corps qui se défend mal.
Le comportement de bien des Mauritaniens ne relève même plus du manque de civisme et du déficit de responsabilité, il est devenu une plante qui se cultive dans un pays où la sécheresse ne frappe plus le sol, la faune et la flore mais a atteint le cœur et l’esprit des habitants de cette contrée où le faux se le dispute à la magouille et l’arnaque à l’impunité.
L’humilité précède la gloire et l’orgueil précède la chute. Qui dira qu’il n’a pas été averti de ce que le chemin emprunté mène à des horizons incertains ? L’éducation de nos enfants était notre trésor et leur avenir notre préoccupation, mais quand le présent d’un pays épouse les courbes de la confusion, son futur ne pourrait alors se décliner qu’en termes de passifs honteux et de passés honnis.
Ressaisissons-nous !!

Seydi Moussa Camara

Youssou Ndour guest star d’une dite soirée de gala à Nouakchott : Du fric à polémique…!!!

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La méga star de la chanson sénégalaise et l’ancien ministre de son État, Youssou Ndour serait attendu à Nouakchott prochainement à l’occasion d’une soirée de gala. L’événement s’annonce très prisé et réservé aux super VIP, si on se réfère aux prix-pass d’entrée annoncés ici et là. Un hôtel coté de la capitale mauritanienne serait le gîte de rendez-vous pour ceux qui sont prêts à débourser 50000 UM (135€) ou 70000 UM (185€) selon le ticket. Des tarifs pouvant être perçus comme très excessifs dans l’un des pays les pauvres au monde, sinon l’un des plus pauvrement et inégalitairement géré économiquement, socialement et politiquement. Youssou connu pour son panafricanisme, se doit de porter une attention particulière à la nature des conclaves VIP d’une posture élitiste dans des pays comme le nôtre. Dénoncer le néocolonialisme paternaliste de  l’Occident vis à vis des africains, est un honneur mais il faut tout aussi indexer les excès citadins de certains milieux instruits issus de couches sociales aisées qui s’adonnent à un capitalisme exhibitionniste de l’entre-soi. À Nouakchott, avec 70000 UM, on peut régler les salaires mensuels de deux boys  (domestiques de maison) qui triment sans horaires régulés 6 jours sur 7 dans les villas cossues . Cette somme, c’est aussi l’équivalent de 7 mois des frais de scolarité d’un collégien au sein d’une bonne école privée à Nouakchott . Probablement,  85% des collégiens mauritaniens voudraient bénéficier d’une telle opportunité pour la bonne marche de leur éducation. Youssou Ndour, citoyen rebelle et engagé contre les velléités « monarchiques » de maître Aboulaye Wade il y’a quelques années, doit savoir beaucoup sur le FAIT politico-social du voisin mauritanien . Le but ici n’est pas d’interpeller l’artiste connu pour son panafricanisme, pour un tri suspect de l’Engagement , mais au moins de porter une attention aux promoteurs qui avancent du cash excessif par rapport à  la situation économique à l’échelle nationale pas méconnue en Afrique. Cher Youssou Ndour, l’argent fait plus que le pouvoir politique en Afrique comme ailleurs , et par votre fortune, vous êtes un politique très puissant chez vous. Vous serez à Nouakchott en artiste de nom mais votre impact est éminemment politique pour ceux qui vous invitent et leurs barons qui affament le petit peuple . Sous la couverture des projets d’entreprenariat qui restent à démontrer dans le concret dans l’avenir, une nouvelle caste oligarchique sans case politique assumée, profite de deniers publics à l’occasion sous un patronage rêveur d’un pouvoir en manque d’inspiration. Le petit peuple qui peut être fans de vos productions artistiques, prend conscience peu à peu que l’émotivité passionnelle inhibe l’Essentiel en lui. L’engagement artistique s’adapte aux réalités du Capital d’un ordre à un autre, et à Nouakchott, le Capital sera Roi autour de vous, et sachez que ceux qui débourseront 135€ à 185€ pour être vus dans cette soirée super VIP auront très certainement esquivé un engagement fiscal , solidaire et social dû au statut d’un patriote modèle. Chez nous, pas besoin d’un paradis fiscal offshore, car il faut savoir exhiber sa fortune fraîchement obtenue pour ne pas être inquiété . Par exemple, la caste politico-militaire est la plus riche du pays juste avant celle de commerçants et vient après celle de  courtisans arrivistes.
Ainsi, vous arrivez d’un pays qui est fait pour ces groupes cités et ce sont eux qui font l’État dont la rigueur n’atteint que les sans bras-longs. Vous serez au milieu d’un public représentant toutes les composantes nationales, rien d’étonnant car ce procédé est bien rodé chez nous, consistant à fausser le Réel par du paraître d’un ensemble minoritaire trans-communautaire aux intérêts convergents sur le matériel et l’immatériel. Au milieu d’eux, pensez au moins à une citation du philosophe chinois Confucius : « Il est honteux d’être riche dans un pays mal gouverné , et il est honteux d’être pauvre dans un pays bien gouverné »

K.S

17-04-2016 21:00 – Libre Expression | 14/04/1990 : 26 ans après mais nous n’avons pas oublié

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Yahya Mamadou BA – Devoir de mémoire à nos martyrs du 14 avril 1990

Le mois d’avril était jadis un mois de plaisanterie (poissons d’avril et autres blagues) pour ceux qui avaient fréquenté l’école des colons, de réjouissances populaires et d’abondances pour les habitants de la vallée, car coïncidant avec les récoltes des cultures de décrue (Waalo), le couronnement du meilleur berger ( sawru waaso).

Ce faste a été terni et à jamais pendant un certain mois d’avril 1989 avec les pogroms programmés et entretenus par un pouvoir chauvin qui a décidé de couper les liens ancestraux qui unissaient les populations du Nord et celles du Sud et que l’islam a solidement cimentés.

Certes toute cohabitation est ponctuée par moment à des différends souvent impitoyables que le dialogue doit transcender. Les années de braises (1986,1987, 1989, 90 et 91) ont fait exception à cette règle et nous ont fait douter que tous les musulmans sont frères.

Les faits sont passés il y a 26 ans jour pour jour, à Waalaldé (Wothie) village du Law, Commune rurale d’Aéré Mbar, situé à 15 Km à l’est de Boghé et à 30 Km à l’ouest de Bababé dont il dépend administrativement.

Ce matin là, quatre hommes s’étaient rendus à l’enterrement d’une habitante du village. A la fin de la cérémonie, ils allèrent se baigner au fleuve. C’est à leur retour, au moment où ils atteignaient les premiers tertres de cette belle dune de sable fin, qu’ils furent interpellés par une patrouille militaire (fusiliers marins habitués en legos en guise de camouflage) qui les conduisit dans une forêt classée où se trouvait leur base et leur sort fut scellé à jamais.

Leur seul tort est d’être noirs et d’avoir voulu se baigner à 14 heures, par une journée caniculaire qui coïncidait au 18ème jour du mois béni de ramadan, au fleuve distant du village d’un kilomètre. Ce fut la nuit de cette même journée qu’ils furent exécutés dans la forêt classée de Waalaldé car plusieurs personnes avaient affirmé avoir entendu des coups de feu tard dans la nuit. Le charnier où ils furent ensevelis à la va vite ne sera découvert qu’en 1991 suite à des indiscrétions de leur « porte de l’eau » originaire de Wabbunde.

Si les détails de la mort de Lô Boubacar Hamat (ex marin), Dia Hamadi Amadou (ex gendarme), Sow Demba Moussa (ex garde) et Niang Hamet Amadou (un paisible citoyen) restent du domaine des suppositions, les circonstances de leur arrestation sont parfaitement connues.

Ces hommes là, je les connaissais comme on connaît un voisin, un ami, un parent très proche. D’ailleurs ils étaient tout cela pour moi. Ces quatre braves hommes connus pour leur courage et leur piété, et habitaient tous dans un rayon de moins de 100 mètres de ma concession natale. Les siennes étaient situées aux quatre points cardinaux, appelés en Pulaar « damude Allah » les portes d’Allah.

Est il nécessaire de rappeler ce que le chiffre quatre représente pour les peuls

– Les quatre clans

– Les quatre points cardinaux

– Les quatre couleurs naturelles (jaune, rouge, noir et blanc)

– Les quatre fourches du bâton sacré (buurgal) qui sert à baratter le lait

Ce chiffre quatre n’est pas un hasard pour ces bourreaux qui sont chargés d’exécuter des ordres venus d’en haut et pas d’Allah le miséricordieux, souverain de l’univers, maître des cieux et de la terre. Le comble est que cette sale besogne a été exécutée la nuit du 19 du mois béni de ramadan en terre d’islam nous dit on !.

Leurs auteurs se la coulent douce après une loi d’amnistie à l’initiative des nègres de services (députés) qui ruminent patiemment leur regret et déception, aujourd’hui abandonnés à leur propre sort, en attendant leur dernier souffle. Vingt 26 ans après, nous pouvons pardonner en tant que musulmans mais nous ne pouvons pas oublier ces horreurs et terreurs d’un état dont le rôle premier était d’assurer paix et sécurité à tous ses citoyens même s’ils sont considérés des citoyens de « seconde zone »

Envoyez 41 iklass pour qu’ils reposent en paix dans leur charnier que les gouvernants actuels cherchent à faire disparaitre à tout.

Nos pensées pieuses à Monsieur Biram Dah qui est le seul à avoir organisé une prière en janvier 2014, sous une pluie de bombes lacrymogène.

Yahya Mamadou BA

Source crédit : http://www.cridem.org