La présidence de la République a annoncé dans un communiqué rendu public aujourd’hui (dimanche) qu’un certain nombre de nouvelles mesures seront prises pour renforcer l’effort de prévention et de précaution contre la pandémie Covid-19.
Voici le texte de ce communiqué :
« La Présidence de la République annonce qu’au vu de la propagation rapide de Covid 19 et de l’augmentation alarmante du nombre d’infections et de décès qui en résultent et en appui à l’effort général de prévention et de précaution, qui est de loin notre arme la plus puissante face à la pandémie, les mesures suivantes ont été décidées:
1 -Couvre-feu de six heures du soir à six heures du matin sur tout le territoire national, à partir d’aujourd’hui, dimanche 13 décembre 2020.
2– Fin de l’horaire de travail dans les départements et bureaux à quatre heures l’après- midi ;
3 – L’application stricte des procédures prévues pour le transport des personnes dont le nombre maximum est consigné dans les cartes grises pour les voitures en général et les véhicules de transport en particulier, et l’obligation du port de masques aux voyageurs.U
Le ministère de l’Orientation islamique annoncera, après avoir consulté les associations des Ulémas et des Imams, ce qui sera décidé concernant la prière du vendredi.
En outre, toutes les mesures d’accompagnement que pourrait nécessiter l’évolution de la situation seront prises et annoncées consécutivement.
Essahraa – Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mohamed Salem Ould Merzoug a révélé le train de mesures prises par le Conseil des ministres au cours de sa réunion tenue ce mercredi 2 décembre courant, pour empêcher la propagation de la pandémie du Covid-19 dans le pays.
Le gouvernement a décidé de suspendre les cours pour une période de 10 jours au niveau des établissements scolaires à partir de vendredi prochain et de limiter la permanence des travailleurs publics dans les services gouvernementaux, a-t-il affirmé.
Il a été également décidé la réunion toutes les 48 heures du Comité ministériel chargé du suivi de la pandémie, afin d’évaluer l’évolution de la situation, a-t-il dit, soulignant par ailleurs, l’interdiction des rassemblements publics et la réduction autant que possible des rencontres, tout en privilégiant les réunions virtuelles à distance, a-t-il ajouté.
Le Conseil des ministres a mis en exergue la nécessité de sensibiliser davantage les citoyens sur l’importance de se conformer aux mesures préventives, en particulier dans les marchés et les lieux publics, tout en désinfectant régulièrement les bureaux, a précisé aussi le ministre.
Alors que la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus frappe bel et bien la France, le point sur le covid-19 avec les chiffres de Santé Publique France.
LES CONTAMINATIONS
La France a enregistré 36.437nouveaux cas de contamination en 24 heures. Au total, depuis le début de l’épidémie, 1.235.132cas positifs ont été recensés.
Le taux de positivité des tests poursuit sa progression et s’élève à 18,6% contre 18,4% la veille.
LES HOSPITALISATIONS
Au total, 2.821 nouveaux patients ont été hospitalisés depuis mardi. Parmi eux, 372 sont entrés en réanimation.
A ce jour, 3.036 malades sont hospitalisés en réanimation.
LES DÉCÈS
244 personnes sont décédées ces dernières 24 heures à l’hôpital. Depuis le début de la crise sanitaire en février-mars, 35.785 personnes sont mortes des suites du Covid-19.
LES CLUSTERS
A ce jour, 2.448 foyers de contamination, dont 649 en Ehpad, font l’objet d’investigations des autorités sanitaires
Un fief politique chez nous en Afrique peut être cette dénomination lisse et contenue pour éviter l’accentuation sémantique d’une réalité bien connue, qui est l’ethnicisation des données politiques.
Surtout en période bouillonnante d’élections présidentielles dans les pays où les ensembles ethniques sont relativement séparés et identifiés par/dans des zones géographiques. Ces derniers jours avec la situation postélectorale critique en Guinée Conakry, les appels fusent pour dénoncer le régime fraudeur d’une ex grande figure historique de l’opposition dans le pays de Sekou Touré. Monsieur Alpha Condé (issu de l’ensemble ethnique malinké) a vieilli et visiblement très mal en point et son clan ont fait du forcing avec un bricolage constitutionnel pour briguer un mandat semblant être de trop. Malheureusement en toute logique selon leurs calculs, il est déclaré vainqueur par la Ceni lors du scrutin du 18/10/2020, devançant un homme politique très connu, le libéral Cellou Dalein Diallo issu de l’ensemble ethnique Peul (ultra Majoritaire en Moyenne Guinée). Le leader du parti UFDG et ses alliés pressentaient les signaux à venir, et se fiant à leurs données recueillies, ont déclaré avoir remporté la victoire nettement sur le camp du pouvoir. Ainsi une crise est inévitable avec la répression orchestrée par les forces de sécurité sur les militants contestataires de l’opposition avec plusieurs morts à déplorer. La communauté internationale (La CEDEAO en tête) fait du sur-place avec des signaux à la fois illisibles et ambiguës.
De ce schéma simpliste d’un camp impopulaire refusant sa défaite électorale et d’une opposition victorieuse mais volée, le parfum « naturel » ethnocentrique dans nos réalités africaines se sent dans l’air à travers différents éléments médiatiques des uns et des autres. En effet qu’on soit sympathisant-observateur extérieur, militant engagé guinéen ou panafricain intéressé, des non-dits et des sous-entendus ici et là paraissent plus éloquents que ce qu’on ose exprimer ouvertement. Il est facile de détecter que les hâtives allégations d’ ethnicisation venant de certaines voix acquises pour la cause d’un camp ou d’un autre, nous donnent une certaine température du véritable « enjeu » intimement tu. Donc Condé se comporte en despote mais il serait aussi l’incarnation du pouvoir Malinké s’érigeant contre l’arrivée d’un Peul au sommet en fin en Guinée Conakry.
Fouillant en quelques clics sur certaines données sur les regnants (Présidents et présidents par intérim) depuis l’indépendance, je constate que les Malinkés ont été les plus nombreux. Et très probablement ces réalités historiques traversent et polluent l’éveil républicain transcommunautaire tant attendu pour faire VIVRE UNE VÉRITABLE CONSCIENCE DÉMOCRATIQUE dans nos pays. La chose est tellement profonde et tient notre inconscient collectif en tant que communauté. Oui, la communauté au sens étriqué africain, est une nationalité ethnique, tribale et culturelle qui ne relativise pas et se structure par opposition à une autre car en compétition hégémonique non officielle aujourd’hui mais agressive et un certain héritage des temps immémoriaux dit-on. Dans certains pays africains où l’ethnicisme politique est marqué, l’habillage patronymique dans les instances dirigeantes des partis politiques censés progressistes et républicains, ne peut gommer un fond identitaire purement ethnique et communautaire.
Cette donnée ethniciste en politique est un poison irrésistible qui bloque l’exercice franc du jeu démocratique dans certains pays où des fortes structures aristocratiques formatent l’élément-membre en sujet socialisé et encarté au service de la communauté d’extraction d’abord et occasionnellement ailleurs en missionnaire. Une socialisation de contre-progressisme est inoculée insidieusement à tout le monde et s’en défaire est une mission subversive difficilement tenable. Même certains hauts diplômés bien informés d’un monde extérieur qui interpelle, se la jouent par exploitation politicienne. D’autres issus du noyau régnant de l’aristocratie interne cultivent « intellectuellement » des thèses nostalgiques pro-communautaristes qui sonnent nationalisme ou même royauté selon leur entendement et selon l’audience visée . Le pouvoir central d’un État républicain n’est acceptable pour eux que s’il est noyauté pour maintenir certains privilèges statutaires au détriment d’un état de droit ayant comme crédo; l’égalité citoyenne pour tous . Dans un article de Libération sur les soubresauts imbriqués et complexes des milieux Touarègues du Nord Malien, il en ressort clairement que parmi les mouvements indépendantistes, les Ifoghas (aristocrates internes) tiennent davantage à se défaire du Sud qui incarne l’état central malien. Et au contraire les Imghads (historiquement vassaux des premiers) sont enclins à la restauration du pouvoir central malien et à l’intégrité du territoire. Ici on y comprend aisément ce qui se joue en terme d’intérêt des uns et des autres. Les Ifoghas luttent pour la promotion de leur statut avec un État autonome qu’ils vont diriger selon l’ordre social établi et les Imghads préfèrent le maintien de l’ordre étatique républicain qui proclame l’égalité entre tous les citoyens https://www.liberation.fr/planete/2016/08/03/a-kidal-la-lutte-fratricide-des-touaregs-du-mali_1470136 .
L’ordre républicain dans nos pays ne peut pas garantir l’exercice démocratique que si un certain universalisme humaniste est cultivé profondément d’abord dans différentes communautés. Il faut une culture d’éveil humaniste pour ériger une communauté légale qui va au delà des principes théoriques . Une politisation des consciences par d’autres valeurs inclusives est nécessaire plus que jamais. Et le Droit et ses differentes déclinaisons s’imposeront sur les velléités dominatrices de factions communautaires qui profitent des passe-droits illégaux. Ces passe-droits qui sont à l’origine d’innombrables crispations politiques, sociales et intercommunautaires autour du pouvoir étatique.
L’ethnicisme comme identité politique est foncièrement déstabilisateur pour nos pays et nos communautés. Le cas ivoirien est parlant dans la décennie 2000 – 2010 et voire même aujourd’hui davantage. Un célèbre journaliste ivoirien vivant aux Antilles avait écrit dans un post FB récemment, en substance qu’aujourd’hui en Côte d’ivoire le camp au pouvoir fait du rattrapage ethnique, ce qui est source de problèmes autant que la problématique de l’ivoirité créée par d’autres qui étaient au pouvoir hier. La vie politique ivoirienne à l’approche d’une présidentielle dans quelques jours, connaît certaines turbulences qui inquiètent.
Et pourtant, on peut se donner les dispositions sociales et intellectuelles pour cultiver sincèrement et consciencieusement un universalisme salutaire comme anse ferme de nos démocraties.
Je reste interrogatif parfois en constatant qu’un jeune soninké mauritanien ayant un certain niveau d’instruction, puisse partager avec une étrange fierté immodérée un bref extrait vidéo dans lequel un président Gambien (A Barrow) parlant soninké à ses concitoyens soninkés. Également lors du Fiso en Gambie en 2020, certains milieux soninkés se seraient satisfaits outre mesure à voir et entendre un ex président malien par intérim Monsieur Traoré Dioncounda parler soninké en public. Et alors que ce même jeune soninké de Mauritanie saurait peu de choses sur la vie et la lutte historique d’un Thiam Samba (homme politique d’ethnie peul) ou d’un Ould Bedredine (Célèbre homme politique progressiste d’ethnie maure, paix à son âme) . Je peux en dire autant de jeunes maures, peuls ou haratines. Il y en a qui s’intéressent à l’actualité de ceux qui dirigent le Nigéria et le Sénégal aujourd’hui (Buhari et Sall, Tous peuls) au nom d’un Pulagu ethnocentrique . Et d’autres par panarabisme zélé peuvent fêter et regretter l’ex raïs irakien Saddam Hussein et feignent d’ignorer que le bagne morbide de Oualata ait eu lieu et qu’il y a des veuves et des orphelins qui attendent la vérité sur leurs proches disparus depuis plusieurs décennies.
Nos démocraties tiendront avec une conscience républicaine et universaliste et non à travers les courses à l’hégémonie partisane. Et mettre sincèrement les Droits Humains au cœur de nos engagements politiques, c’est à dire prioriser l’état de droit par le pouvoir à tous les niveaux.
Le match match amical devant opposer l’équipe nationale mauritanienne Les Mourabitounes aux Lions du Sénégal à Thiès ce mardi 13 octobre, a été annulé selon un communiqué de la FFRIM sur sa page Facebook. Le motif de cet ajournement est lié aux cas positifs à la Covid-19 détectés parmi la délégation mauritanienne. Une situation sanitaire qui bouscule un rendez-vous sportif très attendu entre voisins mais donne un certain aperçu sur la gestion sanitaire plus ou moins aléatoire ou confuse sur la circulation du virus en Mauritanie. Ceci suscite plusieurs questions; Qui sont positifs et depuis quand ?
Étaient-ils en contact avec qui et où depuis quelques jours ? Et d’autres questions…
Il y a quelques jours (9/10/20) la Mauritanie accueillait victorieusement l’équipe du Sierra Leone à Nouakchott avec une victoire 2 – 1.
L’organe médical autour de l’équipe doit s’expliquer pour édifier l’opinion publique.
Ci-après l’élément média de la FFRIM via sa Page Facebook :
« FFRIM Communiqué officiel
La FFRIM informe de l’annulation officielle du match amical qui devait opposer le Sénégal à la Mauritanie, ce mardi 13 octobre au stade Lat Dior de Thiès, suite à l’apparition de plusieurs cas positif à la COVID-19 parmi les joueurs et le staff des Mourabitounes.
La FFRIM assure à l’opinion publique que les cas testés positifs se portent bien et ne présentent aucun symptôme. »
Je m’appelle Lamine Fofana. Je suis né en 1972 à Sélibabi. Je suis gendarme avec le grade de Marechal des logis Chef. Le 16 décembre 2015, j’ai eu l’honneur d’être membre du premier contingent mauritanien pour une mission de maintien de la paix en Centrafrique au sein de la MINUSCA. Nous étions 140 gendarmes mauritaniens, FPU. Le 30 décembre, quinze jours après notre arrivée à Bangui, pendant l’élection présidentielle, notre position a été attaquée. J’étais dans une voiture avec cinq à six autres gendarmes et un colonel. Nous sommes immédiatement allés en renfort. Le Colonel est monté à bord d’un blindé. Je suis resté avec d’autres dans une Pick Up armée. Nous avons subi une rafale continue de l’ennemi, en plein centre-ville. Notre voiture a fait un accident. J’ai été très gravement blessé. Je ne pouvais plus bouger. Mes camarades ont repoussé l’attaque. Le lendemain, j’ai été évacué vers Kampala, en Ouganda, dans un avion spécial des Nations Unies. J’y ai été opéré. J’ai passé trois mois de réanimation à Kampala avant d’atterrir à l’hôpital militaire de Nouakchott début mars. Le médecin Ougandais qui me suivait m’a établi un rapport recommandant mon évacuation vers l’Espagne pour des soins plus appropriés. J’ai passé sept mois à l’hôpital militaire de Nouakchott avec essentiellement des calmants. Sur conseil d’un infirmier, j’ai été au CNORF (centre national d’orthopédie et de rééducation fonctionnelle) de Nouakchott. C’est dans cette structure de rééducation que le Docteur feu Aboubacar Sidibé m’a établi une demande d’évacuation vers l’Espagne, confirmant les recommandations du médecin de Kampala.
Au lieu de l’Espagne, j’ai été finalement évacué en Tunisie avec une couverture de la caisse nationale d’assurance maladie, CNAM. J’y ai passé 08 mois. J’y ai subi des séances de kinésithérapie qui ont légèrement amélioré ma situation. Mais, Mes médecin ont eux aussi estimé que je devais être dans une structure adaptée à mon cas qui n’est pas irréversible. Je suis revenu à Nouakchott, chez moi, au PK 11, entouré de ma famille. Je passe mes journées allongé ou sur une chaise roulante. Je suis incapable de faire les gestes les plus simples comme tenir un verre de thé et le boire. Ce qui me maintien encore, c’est le soutien de mon entourage et cet immense espoir de retrouver un jour, ma mobilité. En Ouganda, en Mauritanie et en Tunisie, mes médecins traitant ont en effet donné le même avis : mon cas n’est pas irréversible à condition que je sois traité dans une structure spécialisée. Monsieur le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef suprême des armées, Monsieur le secrétaire général de Nations Unie, Antonio Guterres, à travers cet écrit je vous interpelle. C’est avec beaucoup de joie et d’enthousiasme que j’ai fait le voyage de Bangui avec mes frères d’armes pour être acteur du maintien de la paix dans un pays frère. Une attaque violente, suivi d’un accident, m’a cloué au sol. Aidez-moi à me relever. Aidez-moi pour que je puisse serrer mes deux enfants de bas âge dans mes bras. »
Le ministre de la santé a donné ce soir une interview pour apporter quelques précisions quant à la situation actuelle dans le pays.
Voici les principaux points qu’il a abordé.
Le ministre a déclaré que nous sommes actuellement dans la 2ème phase de l’épidémie. Toute épidémie présente 3 stades:
L’émergence de cas individuels
La propagation des cas
L’endiguement des cas Le gouvernement a pris une série de mesures pour freiner la propagation du virus sur le territoire, mais la propagation de l’épidémie dans les pays voisins représente un défi majeur.
La situation est sous contrôle, comme l’a déclaré le Président de la République, car la plupart des cas sont en contact avec nous et diagnostiqués individuellement.
Nous sommes donc dans une nouvelle phase de l’épidémie, qui nécessite de prendre de nouvelles mesures, dont la plus importante est la prise de conscience par les populations de leurs responsabilités. La responsabilité incombe à chaque citoyen de respecter toutes les mesures de précaution.
Nous ne pouvons pas revenir en arrière en ce qui concerne les mesures d’atténuation qui avaient été prises récemment et tout fermer car cela est trop néfaste pour la condition des citoyens. Il faudrait que les citoyens comprennent que tout déplacement doit être évité et se faire uniquement lorsqu’il est absolument nécessaire. Toute réunion ou toute activité professionnelle qui peut être évitée doit l’être pour freiner l’épidémie.
Les marchés resteront ouverts mais les autorités de sécurité veilleront à ce que les personnes qui s’y rendent soit équipées d’un masque. Des dispositifs seront également mis en place pour permettre de se laver les mains aux alentours des marchés.
Les mosquées ne seront pas fermées non plus mais chaque personne devra apporter son propre tapis de prière et porter des masques. Si le gouvernement constate que les mosquées sont une source d’infection généralisée, elles seront fermées et le calendrier du couvre-feu sera strictement respecté.
Désormais, nous allons faire des investigations pour détecter les cas et ne plus attendre qu’ils se manifestent. 15 équipes mobiles sillonneront dans chaque wilaya de Nouakchott et seront reliées au centre d’appels. On voudrait éviter que les gens se rendent dans les établissements de santé mais qu’ils soient pris en charge par ses équipes qui viendront vers les personnes suspectées.
Sur instruction du Président de la République, nous intensifierons les examens et les patients seront entièrement couverts.
Le ministre a tenu également à préciser que 85% des patients ne ressentent aucun symptôme et 10% ne se plaignent que de symptômes bénins, et si les autres sont pris en charge rapidement, leur état de santé ne se détériorera pas.
Nous avons fourni du matériel de protection aux médecins et nous obtiendrons d’autres équipements dans les deux jours qui suivent. Dans 2-3 jours nous allons recevoir de nouveaux équipements qui seront distribués à l’intérieur du pays car à Nouakchott, nous avons toutes les exigences pour lutter contre le virus.
Nous avons formé un comité qui a visité le centre d’appels pour évaluer leur performance et leur donner de nouvelles instructions. Le ministre invite également à contacter directement le ministère via sa page Facebook pour tout cas suspicieux.
Il y a trois jours, nous avons pris des mesures pratiques pour acheter des médicaments connus pour être rares. Nous mettrons à disposition des médicaments pour les maladies chroniques dans les hôpitaux publics.
En toute transparence, le ministre a déclaré que l’épidémie va se propager et donc de nouveaux cas seront enregistrés mais l’intensité de cette propagation dépend de la responsabilité et du comportement des citoyens.
Après les chants à la gloire de la lutte contre une épidémie fantôme, après avoir osé dire qu’il n’y a plus de cas de Covid en Mauritanie avant de faire machine arrière face à l’énormité de la bêtise car nul ne saurait en savoir quelque chose, voilà qu’une épicerie des quartiers chics est touchée via la famille des propriétaires dont l’un des membres a perdu la vie à 63 ans.
Nos condoléances à toute la famille.
Des membres de la famille ont été testés positifs. Depuis c’est la panique. L’Etat demande à tous ceux qui sont passés récemment à l’épicerie d’aller se faire tester. Quand on sait la fréquentation de ces endroits, on imagine qu’il peut s’agir facilement de milliers de personnes qui peuvent potentiellement contaminer à leur tour leur famille.
De Nouakchott, des proches cherchent à savoir où aller se faire tester. Ils ont appelé le 1155 en vain. Personne ne peut leur dire où aller exactement.
Qu’est-ce que le ministère de la santé pouvait y faire ?
Etant en Italie, j’ai pu observer au quotidien ce que l’Etat a fait, ce que les supermarchés et autres commerces ouverts ont mis en place comme mesures barrières. J’ai vu comment le pays a été géré lors du confinement et comment le déconfinement est engagé…
Si la richesse d’un pays permet d’agir avec plus de soutiens financiers pour les populations comme la France a pu le faire, là où l’Italie a des difficultés, reste qu’avec seulement 4 millions d’habitants, une population jeune et des milliards obtenus pour le fonds de solidarité sans parler des richesses du pays, la Mauritanie pouvait éviter l’incohérence dangereuse et l’irresponsabilité derrière une communication d’enfumage digne des pays totalitaires où tout est annoncé sous contrôle.
Inutile d’énumérer l’amateurisme et l’incohérence des mesures prises avant que ne soit décidé le confinement. Inutile de dire ce que le Maroc a fait notamment en donnant 100 euros à toutes les familles travaillant dans l’informel, c’est l’équivalent d’un smic mauritanien pendant que l’Etat mauritanien s’est borné à donner un lot de riz, d’huile et de poissons à quelques familles pour les besoins de la TVM ; n’allons même pas nous comparer au Sénégal. Maroc et Sénégal prouvent que l’Etat craint le peuple…
Nous avons certes fait un minimum correct, frontières fermées assez tôt et surtout prise en charge des cas avérés ou potentiels dans des hôtels comme il faut mais nous n’avons rien fait pour assurer un minimum de déconfinement sécurisé.
Que fallait-il faire ?
Nous sommes à peine 4 millions avec un fonds de solidarité fort de milliards. Comment ne pas avoir fait comme le Maroc pour rendre le masque obligatoire, sans parler des gants jetables au moins pour un mois sachant que le Maroc peut produire 5 millions de masques par jour !
Il fallait ensuite dans tous les commerces imposer à l’entrée masques, désinfectant et éventuellement gants. Faire une campagne TV et radio pour informer les populations et sévir contre les récalcitrants.
Au lieu de ça, on a confiné de façon bancale et on déconfine de façon irresponsable et peut-être criminelle.
Ces mesures auraient évité la situation que nous vivons parfaitement prévisible à savoir une contamination potentiellement de masse partant d’une épicerie.
Le ministère de la santé prouve encore son manque impardonnable de lucidité, de cohérence et de compétence face à cette épidémie à nos portes. Heureusement les mauritaniens peuvent compter sur leurs prières, sur la chaleur et leur population jeune pour compenser d’incompétence de ceux qui sont censés les protéger…
Les autorités mauritaniennes ont décidé de commencer à assouplir les mesures de précaution contre l’émergence du virus Corona, en autorisant les prières du vendredi et en ouvrant les marchés et les restaurants, tout en adoptant des contrôles et des précautions générales.
Les autorités ont également décidé de reculer l’entrée en vigueur du couvre-feu jusqu’ à 23 heures au lieu de 21 heures précedemment.
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