CONTRIBUTION: Nul ne veut “ diriger les Beidanes “; réponse au professeur Ely Ould Sneiba, Par Abou Hamidou Sy (FPC – Amerique)

■Par Abou Hamidou Sy- FPC- Amérique.

Piqué au vif par la remise sur la sellette de l’Apartheid mauritanien et incapable de formuler des arguments qui réfutent cette évidence, Ely O. Sneiba n’a trouvé mieux que de recourir au seul exercice dans lequel il excelle, scribouiller sa pulaarophobie innée.

Dans son posting “ Comment diriger les Beidanes”, un pamphlet indigne d’un baudet, même sans son couvre-chef, il étale toute son ignorance des réalités historiques de l’artifice post coloniale qu’est la Mauritanie d’aujourd’hui.

Sans le moindre argument, il verse dans des affubulations grotesques, avance des assertions mensongères et réprend des thèses des plus fantaisistes. Difficile de se frayer un chemin logique dans ce kafarnaum intellectuel, mais le fond de sa pensée ne fait aucun doute: une haine viscérale envers ceux qu’il appelle “ toucouleurs” et à travers eux, minimiser l’apport de la civilisation négro-africaine dans l’histoire de notre pays.

Il me semble opportun de rappeler à sa gouverne et à celle de tous les chauvins arabes, certaines vérités historiques. Vérités en porte à faux avec le mythe fondateur d’une frange de nos compatriotes arabo-berbères; une épique chevauchée, du croissant fertile aux berges du Sénégal repoussant ainsi le couchant ( Al Magrib ) arabe à la lisière du Sahel.

Il n’échappe pas à Ely et ses paires que les nationalistes arabes authentiques, qui l’inspirent tant, sont les premiers à battre en brèche cette théorie, car fixant la limite occidentale de leur nation aux portes de Marrakech; au delà, c’est “ Bilad Al Ajam”.

Le « professeur » entame son propos en affirmant, tel un avocat essayant de rallier un jury à une cause perdue d’avance, “ ce pays membre de la ligue des États arabes, berceau des almoravides et terre emirale hassanienne”. Cette assertion ne repose sur aucun fondement, ni historique, ni culturel, encore moins démographique. Elle est, tout au plus un vœu pieux entretenu par la volonté politique d’un État malavisé et repris par des marchands d’illusions désabusés. Il suffit , pour s’en convaincre de remonter à la genèse même de l’Etat Mauritanien et de la controverse qui l’a entourée.

Ce pays qui se targue d’être arabe jusqu’à nier l’expression de toute identité négro-africaine, aucun État arabe n’en voulait. C’est grâce au soutien des pays de l’Afrique noire ( groupe de Brazzaville ) sous l’impulsion du Sénégal que notre pays a pu être accepté sur la scène internationale. A l’assemblée générale de l’O.N.U d’Octobre 1961, tous les pays arabes à l’exception de la Tunisie, ont voté contre l’admission de la Mauritanie aux Nations Unis. Cette ligue arabe qu’on chante à tous vents, c’est en 1973 que notre pays y a adhéré c’est à dire une décennie après l’O.U.A. C’est dire combien la Mauritanie, une ex- colonie de l’AOF était avant tout africaine. C’est cela sa vocation historique, son ancrage naturel et sa réalité culturelle. Que l’Etat, pour des raisons de politique interne, opte pour une différente orientation, ne peut réécrire l’histoitre.

Le territoire qui nous réunit aujourd’hui est un conglomérat d’entités jadis distinctes, qui se sont forgées chacune sa propre histoire dans son propre espace avec des fortunes diverses en fonction des circonstances. Aucune ne peut se prévaloir d’un passé plus glorieux que les autres ou prétendre avoir contribué seule au patrimoine historique commun. Qui plus est, la construction de certains pans de ce patrimoine a nécessité le concours de toutes les composantes nationales. C’est, des rives du fleuve Sénégal que l’armée Almoravide composée aussi bien de berbères que de négro-africains s’est ébranlée en direction du Nord jusqu’à atteindre les côtes de l’Europe.

La Mauritanie n’est pas exclusivement “ terre émirale hassanienne”, elle est aussi terre des Almamy du Fouta, du royaume du Walo, héritière des empires du Mali et Ghana. Elle est le pays de Samba Gueladjedji, le lieu de sépulture de Thierno Sileymani Baal, c’est aussi chez Cheikh Moussa CAMARA auteur du chef-d’œuvres :“ Zouhour Al Bassatine, fi Tarikh as Sudane”.

Dans aucun pays normal, la direction de l’Etat ne se pose en terme de race ou d’ethnie. Les nations choisissent leurs dirigeants en fonction de leurs capacités supposées ou avérées, de leurs qualités humaines et du programme qu’ils proposent. Ce sont ces normes qui ont permis à un certain Barack Obama ou Macky Sall d’être élu sans que le ciel ne s’effondre. Dans ces deux cas, malgré les diversités culturelles et ethniques, le sens de la nation à y été encouragé, développé et entretenu par l’Etat. Tout le contraire de ce qui se passe chez nous, ou c’est l’Etat, par ses politiques racistes, est le premier obstacle à l’édification de la nation mauritanienne.

Ce sont ces pratiques racistes que les Négro-africains dénoncent et contre lesquelles ils s’insurgent. Qu’elles soient qualifiées de racisme d’Etat ou d’Apartheid, les effets demeurent les mêmes: la marginalisation politique, l’exclusion économique et l’oppression culturelle des Négro-mauritaniens.

S’il est vrai que ce racisme n’est codifié dans aucun texte de loi, dans la pratique il régente la vie dans notre pays. Le sud-Africain confiné dans une zone du temps de l’Apartheid par son “PASS” n’était pas plus mal loti que le Négro-mauritanien qui ne peut pas voyager faute de carte d’identité que l’Etat refuse de lui octroyer.

Ce racisme d’Etat est si ancré dans notre pays, que certains concitoyens le trouvent normal. C’est à cause de cette normalisation que des abrutis, sous prétexte de défendre la langue arabe, profèrent des menaces contre de braves Hommes politiques sans que cela ne choque personne.

On ne défend pas une culture à coup de menaces et d’intimidations. Si réellement la langue arabe tenait a ces gens-là, ils devraient s’éduquer, se cultiver et l’améliorer pour qu’elle contribue à la civilisation universelle.

Nul ne peut contester que notre pays est un cas à part, pour dire le moins. Si la Mauritanie était un pays normal, le pouvoir ne serait l’apanage d’une seule communauté. Chacune de nos communautés est capable de produire en son sein, un homme ou une femme capable de prendre en charge les destinées de la nation.

Concernant les HaalPulaar, que O. Sneiba ne porte assurément pas dans son cœur, ils ne sont nullement obnubilés par le pouvoir, ils se confondent avec le pouvoir. En plus de l’Etat théocratique du Futa Tooro, ce sont les fondateurs de l’empire du Macina et l’Etat de Sokoto au Nigeria. Pour ne citer que les plus récents.
Leur seul tort est de résister face aux tentatives forcenées de faire d’eux une hérésie, des arabes noirs.

LLC!

Abou Hamidou Sy
FPC/Amérique du Nord

©️ Crédit source: via post Facebook K. Touré

Réflexion : Des espoirs de Liberté, Par l’écrivain Mohamed Lam

DES ESPOIRS DE LIBERTÉ

« Un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place  » K. DAOUD.

Progressistes ! Disent-ils, mais jusqu’où sont-ils aptes à aller ? Je dis bien apte car n’est pas progressiste qui veut ! Déjà, il faut le prouver, ensuite le démontrer. Par des propos et des actes forts, par une attitude incontestablement visible et par la volonté.

De toute façon, l’humain est progressiste par nature. Il aspire constamment aux changements. Changements sociaux, changements politiques, changements climatiques, changements (ou transformations) physiques, changements de mentalités !

Et dans toutes ces aspirations, l’humain veut et doit rester libre. Libre d’être et de pouvoir défendre et protéger la liberté des autres, d’autrui.

Et dans toutes ces aspirations, il doit réfléchir. Réfléchir sur ces choses qui font sens à sa vie et son entourage.

Kamel Daoud a dit « j’aime les gens qui réfléchissent, qui ne sont pas dans le prêt à penser, dans le prêt à porter et à emporter. J’aime les gens aussi qui sont à contre-courant de leur époque. Il est très difficile d’être un contemporain de son époque » (interview sur une chaîne française).

Dans sa philosophie de vie et d’écriture, Kamel Daoud nous apprend qu’un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place. Il réalise l’inventaire de son monde et acquiert une puissance sur son réel.

Je pense, pour ma part, que la liberté se construit. Elle se forge avec ruse et tact. La liberté se maintient, s’entretient, se conserve.

Dans un monde fictif, l’homme libre vit dans des imaginaires. Il créait les conditions de son existence et conçoit cette dernière selon ses désirs, son environnement immédiat, pour ne rendre compte qu’à sa conscience intime.

L’homme libre contrôle son existence et garde jalousement cette liberté acquise même s’il est confronté à la société toute entière.

Seulement, un homme qui vit en société est soumis à des règles. Il peut décider de les ignorer – auquel cas, il sera considéré comme étranger à la société dans laquelle il vit – mais il peut aussi choisir de se battre, de s’engager pour les améliorer.

Dans la quasi-totalité des territoires du monde actuel, il existe des gouvernements. Un gouvernement, comme son nom l’indique, est un groupe composé de plusieurs personnes qui ont été nommé pour diriger un État et orienter un pays dans le meilleur des sens en prenant les meilleures décisions.

Mais un gouvernement n’est bon dans son rôle que s’il respecte les aspirations des populations qui lui ont transmis leurs pouvoirs.

Un homme libre, conscient du pouvoir qu’il a transmis au gouvernement qu’il a choisi est donc (ou en tout cas, doit être) un homme exigeant envers les membres du gouvernement en question.

Certaines personnes, dans le passé, avaient perdu tout espoir dans les choix que prenaient leurs gouvernements.
Elles ont longtemps plaidé en faveur de la recherche d’un bon groupe de personnes qui formerait ce qu’ils appelaient « le meilleur gouvernement ». Une expression large et creuse, mais en même temps claire et possible.

Le meilleur gouvernement est peut-être, comme le pense Thoreau, un gouvernement qui n’existerait pas.
Mais peut-on penser à un endroit sans État, sans autorité où l’homme est seul responsable de lui-même ?

Il est difficile de savoir quand commence la liberté et jusqu’où elle s’arrête. Bien que l’on ait tous au moins déjà entendu la phrase suivante : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Lorsqu’une chose commence, c’est qu’elle n’a pas existé précédemment. Elle débute et marque la fin d’un vide. Celui de son inexistence. Une liberté qui commence est une liberté qui s’affirme. Elle prend forme, s’installe, gagne en reconnaissance et vit.

La liberté qui s’arrête n’est donc pas celle qui disparait mais celle qui laisse place à une autre liberté. Celle qui va commencer à son tour.

Être libre c’est donc savoir reconnaitre et admettre que d’autres ont également leur part de liberté à exercer. Celui qui est libre doit donc accepter et même défendre la liberté d’autrui. Sinon sa liberté peut être limitée par d’autres qui grignotent et piétinent sa propre liberté.

De ce fait, l’homme qui prétend être libre doit défendre la liberté des autres sinon il ne sera qu’un homme qui vit dans l’illusion d’être libre.

Biram, un espoir de liberté !

Des espoirs de liberté


Mohamed Lam

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (12/3/20)

L’éditorial/La Nouvelle Expression : Apartheid, Biram – Maaouya – Ghazouani, Par Camara Seydi Moussa

Quand le gouvernement me demande de répondre à Biram. Et Maaouya m’interpelle pour parler à Ghazouani
Biram,
L’image du pays doit être ta préoccupation, ton combat et un devoir pour tout militant des droits humains, mais surtout un député. Un député, historiquement, élu dans sa cellule…

Alors ex-prisonnier, élu député, ces lignes, après quelques recherches et avec modestie, te renseigneront sur ces deux concepts que tu aimes tant utiliser. En passant, on va essayer d’évaluer votre niveau d’excessivité en parlant du quotidien de la Mauritanie. Biram, tu aimes tant parler de « génocide » et d’ « apartheid ».

Un génocide est un acte « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », selon les termes de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.
« Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fr, et il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe. »

On dit aussi qu’un génocide est un crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle d’un groupe national, ethnique ou religieux…
N’est ce pas là une belle et parfaite illustration de ce qui s’est passé ici et là en Mauritanie entre 1986 et 1992 ? Ces années, appelées années de braise, ont vu le Négro-mauritanien pourchassé, déporté ou tué. Et, il ne fait aucun doute, que la communauté Pular était la principale victime.

Apartheid… Biram,

La notion juridique internationale de crime pour apartheid est définie par la résolution 3068 XXVIII de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) du 30 novembre 1973.

Elle est, en outre, reconnue par le statut de Rome de 2002 instituant une Cour pénale internationale. Le crime d’apartheid est défini comme tout acte inhumain de caractère analogue à d’autres crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe ethnique sur n’importe quel autre groupe ethnique. Les crimes d’apartheid énumérés sont le meurtre, l’esclavage, la privation de liberté physique, la réinstallation forcée, la violence sexuelle, persécution individuelle et collective.

Biram, c’est connu, et on l’a crié et écrit plusieurs fois. L’esclavage est une réalité. L’un de tes contradicteurs et de surcroit le président de la CNDH a reconnu l’existence de l’esclavage en déclarant que la Commission, lors de la caravane organisée en direction de l’Est du pays, a permis de découvrir 12 cas avérés d’esclavage. L’Etat mauritanien qui refuse de reconnaitre le phénomène a institué des lois et créé des tribunaux pour combattre un phénomène qu’il considère inexistant. Le phénomène est souligné dans le préambule de la Constitution comme crime contre l’humanité et imprescriptible… Pourquoi tant d’acrobatie alors que l’esclavage est un crime d’apartheid.

L’apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français, signifiant « séparation, mise à part ») était une politique, en Afrique du Sud, dite de « développement séparé » (afsonderlike ontwikkeling) affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées.

Voici un autre concept qui a provoqué les courroux de ceux qui vocifèrent pour rien, ennemis jurés du partage et du vivre ensemble à la recherche d’une méthode pour panser nos plaies. Lors des dernières élections présidentielles, alors que j’étais assis devant un centre de vote non loin de la clinique IBN SINA, mon attention avait été attirée par la discussion des militants d’un parti très organisé. Parlant à son ami, l’un avait déclaré : «Biram risque de gagner au centre de vote du stade olympique, il ya beaucoup de monde ». Et l’autre de répliquer : « Non. L’électorat de Biram et Kane ce sont les populations des départements de Sebkha et El-Mina ».
Naturellement, ce jeune Mauritanien était en train d’expliquer le vote identitaire. Car ces quartiers de la périphérie Sud et Ouest de Nouakchott sont grandement peuplés par les noirs. Fermons nos yeux et refusons d’entendre mais la réalité est têtue : en Mauritanie, il ya une communauté qui a tout alors que les autres tirent le diable par la queue, parfois ils n’arrivent même plus à trouver cette fameuse queue.

C’est une vérité. Avançons et affrontons notre histoire, notre douleur ; ces crieurs de ventre ne doivent pas nous distraire. Biram, avant que je ne termine ces lignes, Maaouya m’interpelle avec une voix anxieuse remplie de chagrin… essaye de transmettre ces mots au Président Ghazouani. « Moi, Maaouya Sid’Ahmed Taya ma dernière phrase aux Mauritaniens était : ‘’Que Dieu me préserve de mes amis, mes ennemis je m’en occupe’’. Que Ghazouani médite cette phrase. Ces gens qui m’ont induit en erreurs sont tous avec vous aujourd’hui, en utilisant les mêmes procédés. A mon époque, ils m’ont tout caché par la transformation… ils utilisent le verbe et parfois des scenarios incroyables pour des intérêts personnels et personnifiés.

Quand je n’étais plus valable pour leurs intérêts, j’ai été éjecté du pouvoir. Les heures qui ont suivi ma chute, les mêmes personnes qui m’applaudissaient hier ont vite occupé les rues pour me vilipender. Ils ne sont autres que ceux là qui, aujourd’hui, useront de tous les moyens pour saper votre volonté d’ouverture politique et qui cherchent à vous éloigner de vos opposants, comme Biram.

De mon temps, c’était les mêmes campagnes qu’ils utilisaient contre les individus qui ne sont autres que ces citoyens mauritaniens qui cherchent plus de justice que je n’ai pas pu comprendre mais surtout cette justice que je n’ai pu rendre à l’époque. Ils m’ont «roitelisé» et aveuglés alors qu’ils n’étaient pas avec moi, encore moins avec la Mauritanie.

Alors Monsieur le Président regardez autour de vous et essayez de voir ceux qui ont accompagné vos prédécesseurs, vous vous rendrez compte que ce sont les mêmes… Préservez-vous d’eux, ils sont les véritables dangers qui peuvent miner la réalisation de votre projet d’une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même. Une Mauritanie qui a beaucoup souffert de nos actes.

Ne vous occupez pas des danseurs du ventre du pouvoir. C’est leur métier. Ils ont dansé sous Maaouya (moi). Ils ont aussi dansé après Maaouya car le système se recycle. Ces derviches tourneurs n’échappent pas à leur destin : celui de danser, encore danser, toujours danser… ».

Modestement, comme je l’avais écrit il y a 9 ans dans un édito intitulé « Repenser la Mauritanie » dans les lignes suivantes et je le pense toujours : Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi-totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale, on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible qu’on admet comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.
C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Un demi-siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.

Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme, de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.
La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature.

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1218

L’éditorial Cri Osé : Contrer l’esclavage et toutes ses manifestations chez nous : déracialiser l’approche en toute sincérité

En Mauritanie, j’écrivais que presque chaque communauté développe en son sein les germes de l’ordre inique et injuste dénoncé sur l’échelle nationale. Par exemple, quand certains parlent d’un état raciste et esclavagiste, ils font semblant d’ignorer que leur communauté est aussi discriminatoire et esclavagiste à un certain niveau. Chez nous, la victime d’un racisme peut être aussi cet esprit communautariste foncièrement esclavagiste de mentalité ici et là. Espérons que l’état se mette à combattre véritablement les racistes et les esclavagistes de tous bords. Il n y a pas plus louche et fourbe que celui qui dirait qu’ indexer les méfaits de l’esclavage statutaire chez les populations noires, dédouanerait l’esclavage subi par une partie de nos frères haratines. Ainsi la cohérence et la sincérité nous intiment d’embrasser large dans nos engagements militants et politiques. Aujourd’hui parmi certaines voix militantes, le racisme d’état se dénonce avec chiffrage à l’appui mais l’esclavage et ses différentes manifestations sont abordés furtivement avec une subtilité qui trouble.

Bref c’est un peu du « mauritanien » militant à la carte. Le code esclavagiste dit hérité du rite malikite, tient une place importante dans la littérature sociale et religieuse chez tous tenants de clergés communautaires (Noirs et Blancs) . Dénoncer l’esclavage au Guidimagha (Sud mauritanien) ne donnerait pas un ouf de soulagement à la conscience d’un esclavagiste dans l’Inchiri. La donne purement cutanée et binaire de l’affaire, est une arnaque intellectuelle quasi scandaleuse. Je dirais chez nous, tous les esclaves et assignés socialement comme tels, sont à 99,9% Noirs et les féodalo-esclavagistes sont Noirs et Blancs. Dans l’aspect purement communautaire, l’esprit esclavagiste et le féodalo-esclavagiste sont complices d’une manière implicite. L’un et l’autre ne pense DROIT que sous le prisme de leur hégémonie respective, sociale en intra d’abord et politique à l’échelle nationale. Oui TOUS ensemble, dénonçons avec le président Biram Dah Abeid l’apartheid de fait dans l’arabisation forcée de l’expression de l’état, mais il en faut autant sur ce qui couve depuis toujours dans les communautés noires. Ce système rétrograde et moyenâgeux qui humilie et ostracise socialement, appelé gentillement système de castes pour partage des tâches sociales. Faux et usage du faux socialement et intellectuellement aujourd’hui, par ce système de castes, les gens ne vivent pas ensemble mais séparés et liés par un certain utilitarisme sociétal déséquilibré fait de subordinations et d’obligations. Dans nos communautés noires dites de castes, il y a 2 ensembles à mon avis, l’ensemble des esclaves statutaires et les autres. C’est une évidence chez les soninkés avec l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE initié par les composantes castées esclaves, l’autre ensemble hormis quelques JUSTES PROGRESSISTES, a formé une coalition réactionnaire très agressive dans divers endroits. Par exemple dans le Guidimagha mauritanien, pour cause de problématiques liées à l’esclavage, dans des villages, des Noirs tentent d’exproprier les biens (foncier) d’autres Noirs. Des familles vivent une quarantaine sociale parcequ’ils refusent les assignations sociétales esclavagistes. Et apparemment ces violations récurrentes ne tiennent pas l’attention d’un certain type de militant qui racialise à outrance TOUT au point qu’on présume que sa socialisation serait à l’origine de son positionnement à sens unique. Cette socialisation qui formate hermétiquement les mentalités féodalo-esclavagistes dans nos communautés. Concernant la gênante question du mariage, qui, de mon point de vue semble très marginale par rapport à l’éveil citoyen et antiféodal, mais peut être un curseur d’évaluation d’une certaine mauvaise foi. Le gars qui est prêt à se marier avec une femme Fidjienne, dirait que sa caste l’empêcherait d’épouser une autre femme dans le même groupe sociolinguistique partageant la même religion au passage. Et lui qui irait dénoncer un racisme blanc ailleurs lié à un mariage mixte Blanc/Noir. Si on revenait aux castes, dire qu’elles symbolisent le partage de tâches pour l’harmonie sociale, j’ai souvent constaté une omission pas innocente dans le discours de certains défenseurs de cette « chose » et qui atténuent son caractère esclavagiste . Ces gens acculés quand les secousses du phénomène déborde autour d’eux, essaient de citer toutes les castes liées à des fonctions ou métiers identifiés mais glissent subrepticement sur une, comme pour entretenir davantage le déni légendaire. Il est urgent qu’on revoie nos logiciels d’engagement et de militantisme pour l’avènement d’un véritable état de droit dans notre pays. Les afrikaners se sont inspirés de leur droit coutumier racialiste pour appliquer l’apartheid contre les Noirs sud-africains, et également nos droits coutumiers ont des germes socialisées d’un apartheid sociétal qu’on essaie d’ériger en valeurs sociales. Ne pas en avoir conscience pour un militant universaliste, revient à une superficialité criante et l’ignorer devient une incohérence sinistre doublée de mauvaise foi.

🔹️Par KS pour le BLOG

Mauritanie : l’honorable député Ogo Coulibaly donne son avis sur la polémique actuelle.

Je tiens en premier lieu à féliciter notre compatriote et collègue député pour sa haute distinction du prix du courage. Au-delà de la polémique qui a prévalu après sa déclaration à Genève, nous devons tout simplement en tirer que toute contradiction d’idées engendre au final des solutions pour notre vivre-ensemble. C’est dans cet esprit que je salue cette dynamique collective soucieuse de bâtir de consensus forts pour renforcer notre expérience démocratique et aller encore plus loin. S’attarder au libellé du principe, c’est privilégier la forme au détriment du fond. Mais la vraie question demeure la pertinence de sujets abordés. Le député Biram dénonce à juste titre des pratiques malheureusement encore existantes dans notre cher pays :

– l’ethnicisme à ce sujet, le premier secrétaire exécutif du parti au pouvoir (UPR) Docteur Abdallahi Ould Nem a fait une sortie médiatique appelant à sa déconstruction.

– De même pour l’esclavage, le quatrième vice-président du parti au pouvoir (UPR) Khalil Ould Teyib affirme sans détour que l’esclavage existe bel et bien en pratique et en séquelle – Le passif humanitaire qui a connu des tentatives de règlements dont celui du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait suscité beaucoup d’espoirs, brutalement interrompu par le coup d’état du 06 août 2008 qui nous a  valu la fameuse prière de Kaedi. La perception que se font certains de nos concitoyens qu’une seule composante est insérée au niveau des instances de décision de l’état, de la fonction publique, du commandement militaire, du milieu des affaires a été explicitement décrite et en toute honnêteté intellectuelle par le professeur Abdoul Weddoud Ould Cheikh sur les ondes de RFI, en ces termes. Qu’un mouvement s’est amorcé depuis le début des années 80 où on observe une régression très forte de la présence des communautés noires dans les hautes sphères de l’état et que l’expatriation de beaucoup des hauts cadres noirs témoignent aussi de la rétraction du marché de recrutement dans l’administration et d’un travail d’exclusion qui s’est accentué de façon très forte à partir des événements 89. Les inégalités avérées, visibles par tous au niveau de tous les pans de notre société n’ont-ils pas incité le Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani lors de sa quête des suffrages des électeurs à choisir le symbole de la balance qui traduit une réelle volonté politique de réconcilier les mauritaniens. Son programme présidentiel « Mes Engagements » exécutés dans le respect strict de son contenu ne devrait-il pas mettre en place :

– Des institutions fortes qui mettront fin au particularisme, pour laisser la place à la république

– Une école républicaine où la pluralité culturelle en serait le levier d’actions, pour servir des passerelles d’inclusion entre toutes les composantes de notre nation.

– Une justice égalitaire et punitive pour en finir avec le passe-droit, la seule voie pour établir une citoyenneté

– Une politique sociale inclusive pour lutter contre la pauvreté, voire l’éradiquer Ainsi, considérant tous ces constats précités, je m’interroge beaucoup plus sur les raisons profondes qui ont mené à temps d’engouements suscités par cette déclaration qui pourtant résume en partie une situation observable et palpable par tous les bords politiques et tous les honnêtes observateurs. En ce qui concerne l’unité nationale, ceux qui sont dans les instances de l’état doivent inclure la diversité dans toutes les prises de décisions, pour que les générations futures puissent la recevoir avec fierté en héritage, alors les efforts ne seront plus accusateurs mais plutôt complices au tour de cette référence que nous avons en commun qui est ce grand pays la Mauritanie.

©️ Crédit source: http://www.cridem.org

TRIBUNE : MAURITANIE, PAYS D’APARTHEÏD OU PAYS À PART? Par Kaaw Touré

L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du ”manifeste des 19”, est dominé par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Génève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en choeur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protèger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématque de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les ”éternels nationalistes étroits et ennemis” de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République” Islamique” de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loins des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des soeurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.
Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent avec « mauritude ». Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.
Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisie soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous l´avons toujours soutenu: il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestion politique en Mauritanie. Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnetêté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de « l´imaginaire fertile et débordant  » de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, ou encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière les pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire.
Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheïd de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheïd est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichèenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud, la garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie ».
Quels autres objectifs le système politique mauritanie pousuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées,(1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991) à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapssirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Prétoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheïd.
Si en Afrique du Sud les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Maurtanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers des civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et comble de l´horrreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.
Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue « exclusion transversale ». Suffisons que certaines franges de la communauté arabo-berbère soit également touchée par des injustices sociales et économiques, il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher: leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.
Le contrôle de l´État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive « unité nationale » menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du messager : « Quiconque d’entre vous voit un mal qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi”.
Et comme disait un adage ”lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt. Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur le réseaux réels ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères « moudjahidines » en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et soeurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de coeurs et détruire en choeur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou la terreur intellectuelle qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au developpement de tous. Ils doivent comprendre tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaures et m´approprier ses propos:
‘’ Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ,
Nous ne plierons pas ,
Nous ne nous tairons pas,
Nous ne nous irons pas en silence ,
Nous ne nous coucherons pas …”


Et la lutte continue!

Kaaw Touré

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (2/3/2020)

Mauritanie – Tribune : Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ? Par Thiam Samba

DÉBAT SUR L’APARTHEÏD.

Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ?

Primo, que la culture du débat intellectuel ne s’installe toujours pas chez nous, loin s’en faut ; on diabolise, voire on insulte et on continue… A travers un lynchage médiatique qui frise le terrorisme intellectuel, on cherche à maintenir une dictature au nom d’une majorité, instaurée par une oligarchie, ( si, bien entendu , toute la frange haratine se reconnaissait dans l’identité arabe), en perdant de vue que toute majorité ne tire sa légitimité que dans le respect des droits des minorités.

Ne pas céder à l’intimidation , surtout pas …

Deuxio, elle révèle un état d’esprit, manifestement, largement partagé dans cette jeunesse arabo-berbère, qui traduit un manque notoire et flagrant d’objectivité et de recul, dès que le pays est touché dans ses péchés sensibles ; c’est épidermique ! Cette réaction est aussi, hélas, perceptible chez une partie de l’élite politique et intellectuelle adulte. En somme, beaucoup de progressistes, mais des progressistes de circonstance, dirons-nous…

Tiertio enfin, que dans cette conception de ‘’l’Apartheid’’ tout n’était pas que négatif, à tout peser ; en effet les Blancs-blancs se gouvernaient et laissaient les Blacks se gérer et gérer leurs bantoustans, tout au moins !et puis, toutes proportions gardées, le système d’apartheid était quand même moins indigne, plus respectueux de l’homme que l’esclavage … Enfin et surtout, cet apartheid là était lui, non pas officieux, sournois et hypocrite , mais codifié et déclaré, et chacun savait donc à quoi s’en tenir …

Ces jours-ci il circule un audio d’un résident, probablement de Rosso, qui dénonçait le blanchissement appliqué de l’administration de cette ville ; du gouverneur au préfet , en passant par le commandant de brigade, le commissaire de police , le chef de la base militaire , jusqu’au juge et cadi, dit-il . L’auteur n’a pas compris que le mal est général et ne sévit pas qu’à Rosso, mais partout dans le Sud , sans épargner Nouakchott avec ses trois gouverneurs . Ceux qui, aujourd’hui montent au créneau, vocifèrent sous l’ indignation, feinte, en entendant le mot ‘’apartheid’’ constatent pourtant, tous les jours, cette réalité triste, sur laquelle ils ferment les yeux, sans rien dire…
Seule une infime minorité courageuse de cadres s’insurge …

Rappelons, pour ceux qui semblent l’oublier, que l’idéologie afrikaner avait pour soubassement « d’utiliser la force numérique et la force de travail des Noirs pour les transformer en instruments , sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissé de sortir de cette situation’’. En notre âme et conscience aucune résonnance, aucune similitude avec ce qui se passe chez nous ? Si ce que nous vivons n’est pas de l’Apartheid stricto sensu, ça lui ressemble, au moins par métaphore…

Ma suggestion est celle-là : puisque ceux qui nous gouvernent se dérobent à l’idée d’organiser un dialogue inclusif, sans compenser cette rebuffade par des mesures fortes d’apaisement, que les médias nationaux se saisissent donc de cette polémique qui fait rage dans les réseaux sociaux comme d’une opportunité, pour organiser un débat… civilisé. Pour notre part nous sommes preneurs …

Samba Thiam
Président des FPC.

Nouakchott le 28 -02-2020

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur

Tribune – Racisme d’état en Mauritanie : Et des mots pour le dire… Par Bocar Oumar BA

La violence n’est pas dans le propos mais dans les faits. Nos vierges effarouchées devraient davantage s’indigner du fait que des tortionnaires, des assassins, des violeurs, des spoliateurs circulent librement que de mots choisis pour décrire cette violence.

Le diktat de l’émotion feinte ne nous fera nullement abandonner nos convictions, encore moins les mots pour les dire.

Nous parlons de racisme d’état et continuerons à en parler car ce qui se joue est du fait de l’état et des politiques publiques. Que cela ne se reflète pas dans les textes, ça ne traduit qu’une évidence: l’hypocrisie et la duplicité comme mode gestion des affaires de l’état. La constitution, ni aucune loi ne légalise le détournement des deniers publics, mais qui peut de bonne foi en nier le caractère systémique dans ce pays? Le racisme d’état est du même ordre. Le dénoncer est un devoir pour qui veut le vrai changement dans ce pays. Vouloir le nier au motif de mauvaises comparaisons historiques, c’est s’en accommoder au prix de bons mots et de nuances forcées.
De même, nous rabâcher à chaque dénonciation de notre part de cette ségrégation ignoble la stigmatisation de la communauté maure dans son ensemble, c’est là aussi un subtile jeu d’échos pour couvrir la voix des victimes.
Nous parlons de racisme d’état, ceux qui y voient la communauté maure sont les premiers à l’accuser dans son ensemble, car ils la confondent avec l’Etat…

©️ Crédit source : post FB de l’auteur (27/2/2020)

Tribune: Lettre à mes frères et sœurs Maures-Arabes-berbères, Par le jeune écrivain Mohamed Lam

Chers frères et sœurs,

J’entame mon propos en vous laissant lire ce premier message, tiré du plus profond de mon âme et que j’aimerais vous donner dans ces quelques lignes : je suis noir de Mauritanie, je vous aime. Et sans rien attendre en retour.

La Mauritanie a connu tous les maux possibles depuis sa création. De régimes politiques en régimes politiques, des hommes ont sali notre Nation, détruit le tissu social, éloigné le Mauritanien du Mauritanien.

Lorsque le Noir pense qu’il n’a pas toute sa place dans ce tout arc en ciel qui est la Mauritanie, il faut savoir une chose : c’est la réalité. La configuration des choses font que les citoyens n’ont pas les mêmes droits, n’accèdent pas aux mêmes opportunités, ne prennent pas les mêmes élans de départ et donc ne peuvent pas concevoir le pays de la même manière.

Lorsqu’un noir vous affirme qu’il est discriminé, mes chers frères et sœurs, de grâce, prenez le temps de l’écouter. Je suis sûr que son récit vous bouleversera. Et vous n’avez pas le droit de voir vos compatriotes souffrir et vous taire.

Comme moi, vous savez que vous tous n’y êtes pour rien lorsque l’Etat a déporté des Noirs et qu’il les a dépossédé de toute dignité. Nous le savons, vous tous n’y êtes pour rien. Et Dieu sait que certains d’entre vous, mes chers frères et sœurs, se sont dressés contre les injustices subies par cette partie de la communauté nationale.

Si je vous écris cette lettre c’est que je fais partie de la population noire de Mauritanie. Cette population marginalisée, historiquement exclues de la gestion des affaires clés de la cité. Cette population qui n’a pas la langue arabe comme langue maternelle mais qui se voit obligé d’étudier avec, de travailler avec et essayer de réussir avec. Par l’imposition de l’arabe, des larmes et du sang ont coulé et coulent encore aujourd’hui.

Mes très chers frères et sœurs, la Mauritanie nous l’aimons et nous la défendrons lorsqu’elle est menacée. Menacée par l’idéologie séparatiste et par la suprématie ethnique. Je le sais et sans doute vous aussi. Des fils du pays, désespérés, perdus dans le manque de perspectives d’avenir, sont allés jusqu’à demander à ce que notre pays soit séparé en deux. Une partie noire, une autre blanche. Une idée qui me semble bien triste car je fais partie de ceux qui pensent que la « Mauritanie sera unie ou ne sera pas ».

Mes très chers frères et sœurs Maures-Arabes-berbères, savez-vous que des centaines de milliers de Mauritaniens sont en dehors de la Mauritanie ? Savez vous que pour la majorité de ces Mauritaniens l’objectif était juste de s’éloigner de la terreur et de la misère que leurs avaient infligées les régimes politiques de leur propre pays ? Savez vous qu’ils aiment profondément la Mauritanie au point de tellement bien la châtier qu’on aurait dit qu’ils la détestent ? Je vous rassure, ils l’aiment, mais attendent et espèrent juste qu’elle devienne juste pour tous.

Aujourd’hui, les injustices sont manifestes. Les inégalités sociales se creusent, les richesses du pays sont redistribués de façon tout à fait inéquitable.

Je sais que vous tous, mes chers frères et sœurs, n’y êtes pour rien. Je sais également que tous les Mauritaniens subissent mais je verserai dans l’hypocrisie, qui d’ailleurs est un sport naturellement national dans notre pays, si je ne précise pas que les Mauritaniens et les Mauritaniennes Noirs.es sont plus exposés à ces injustices.

Beaucoup de nos frères et sœurs noirs.es pensent que tous les Maures sont responsables de leur misère. Ils ont tort. Mais vous avez également tort si vous restez sans agir. Vous leur donnez raison.

Cette lettre est un appel à l’intelligence collective car je pense comme Martin Luther King qu’ « Une nation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle ».

Alors ne soyons pas stupides. Soyons Unis et comprenez-Nous.

Qu’Allah bénisse la Mauritanie et les Mauritaniens.nes 🇲🇷🙏🇲🇷

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (26/2/2020)

Tribune : Des peurs et des prudences… Par Mamadou Sakho

La prononciation du mot « Apartheid » par le député Biram Dah Abeid a fait sursauter plus d’un. Ce mot a réveillé ceux qui dormaient sur des acquis non mérités. Mais qu’est ce que l’Apartheid ? Cet horrible mot a été prononcé pour la première fois par le non moins horrible Hendrik Werwoerd, premier ministre de l’Afrique du sud, il mettait ainsi en place la politique du développement séparé qu’il qualifiait cyniquement de politique de  » bon voisinage » entre Noirs et Blancs. Certes en Mauritanie les Noirs prennent les mêmes bus que les Arabes. Certes en Mauritanie, les Noirs vont dans les mêmes restaurants que les Arabes. Mais pour aller au restaurant, encore faudrait-il en avoir les moyens …Donc le mot fait peur, il tourne tous les regards vers le pays, et oblige à se poser des questions. La vérité est une, elle ne se divise pas et ne doit pas être arrangeante. La prononciation du mot a suscité de multiples réactions. Pour certains, en utilisant le mot « Apartheid » ? Biram Dah Abeid a franchi la limite de l’acceptable, il a dénigré le pays. Ce doux pays où d’autres Noirs venus du Mali et du Sénégal se sentent bien et qui, de temps à autre, par des manifestations populaires, montrent leur reconnaissance aux autorités mauritaniennes. Ceux qui n’approuvent pas le geste de Biram sont ceux qui profitent du système et qui, tout à coup, ont eu le soupçon de quelque chose. Mais de quoi ? Qu’on ne peut plus continuer ainsi. Que la Mauritanie ne peut pas survivre avec un système qui discrimine la majorité de la population qui, il faut le dire, est Noire ! En écrivant Noire, je parle de race. Si le mot « Apartheid » fait peur, c’est aussi que dans ce pays des hommes ont des choses à se reprocher. Des hommes qui ont les mains sales et la conscience encombrée. Des milliers de femmes et des d’hommes ont été lâchement massacrés, d’autres ont été jetés hors de nos frontières et y vivent encore depuis bientôt quarante ans. Mais on nous dit que c’est du passé. Non, c’est du présent, et nous, nous sommes l’avenir de ces morts. Car les criminels, eux, sont en vie, et bien en vie ! Ils sont protégés, et c’est cette protection qui doit cesser. Les petites indignations de Maitre Bouhoubeyni, qui est un camarade de promotion et que je respecte, m’indigne. Elles m’indignent, car j’ai eu l’impression qu’il cherchait plutôt à garder son poste qu’à parler du sujet. Il sait la vérité et je le renvoie à l’une de ses phrases préférées:  » Il vaut mieux être abattu par la vérité que torturé par le mensonge » Alors, cher Maitre, nous vivons torturés dans le mensonge ! Il faut du courage. Et le courage est de dire que la Mauritanie vit dans un système où les Noirs sont mis à part, d’où le mot Apartheid. Dans les rues de Nouakchott, on respire le racisme, on le voit, on s’en imprègne et on finit par s’en accommoder. Les Noirs marchent avec les Noirs, et les Arabes marchent avec les Arabes. L’histoire du pays a été falsifiée. Demandez à un jeune Mauritanien la date de la création de la monnaie nationale, cette monnaie qui fait notre fierté à tous. Il ne le sait pas, il ne sait même que l’homme qui a piloté l’avénement de cette monnaie s’appelait Soumaré Diérémouna. Notre histoire n’est simplement plus mauritanienne, elle s’est arabisée. L’administration, l’armée, l’éducation, l’économie, et j’en oublie, sont aux mains d’une seule race. Ceux qui ont peur ont raison d’avoir peur. Notre pays a très mauvaise réputation, et une mauvaise réputation est pire qu’une mauvaise santé. Certes les premiers pas du nouveau président sont encourageants. Les choses bougent, il y a comme un frémissement. Ce frémissement fait l’affaire de ceux qui ne veulent pas trop s’engager, de ceux qui espèrent un bout de pain. Pour eux, il n’y a pas de racisme en Mauritanie, il y’a juste des problèmes sociaux qui faut résoudre tout doucement. Mais le problème est que tous ceux qui ont faim sont de la même race. Et que le jour viendra où ils décideront de ne plus être affamés. J’ai lu certains qui traitaient Biram de sioniste. Ce sont des incultes, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Aussi ils ne valent même pas la peine que l’on s’attarde sur eux. Le mérite de la prononciation du mot « Apartheid » réside dans le fait que ceux qui dormaient commencent leur pénible réveil. Ce mot, malgré sa charge émotionnelle, veut tout simplement dire » mis à part ». Et les Noirs sont mis à part dans leur propre pays. Prenons garde, car un jour la jeunesse du monde, en manque de romantisme, peut choisir comme nouveau combat le racisme en Mauritanie.


Mamadou Sakho


Paris, 24 fevrier 2020