Les usagers de la téléphonie mobile ont d’énormes difficultés à passer des coups de fil ou à envoyer des vidéos, des messages vocaux ou écrits à leurs correspondants dans les régions du sud du pays. Cette défaillance technique perceptible depuis bientôt une année dans le département de M’Bagne est vécue particulièrement depuis la dernière fête d’El Id Adha dernier. Ce phénomène est observé depuis Rosso jusqu’à Maghama. Et avec la saison des pluies, les réseaux Mauritel et Mattel très usités dans la zone ont fini de se détériorer. Ainsi, vous pouvez tenter de joindre une famille avec près d’une dizaine de téléphones et n tentatives, en vain. Pourtant, des pylônes de presque tous les opérateurs trônent au-dessus des têtes des populations. Certains pensaient que le problème était lié à l’usage de certains appareils téléphoniques mais le constat est là, même avec les iPhone de dernière génération ça ne passe pas. La 4G n’y a rien fait. C’est, semble-t-il, un véritable problème de réseau (technique ou technologique) que l’on observe sur presque l’ensemble des régions, les grands axes très passants et même jusqu’à Nouakchott. Un problème de réseau que nos opérateurs mobiles ne sont pas prêts de régler et que l’autorité de régulation ne se décide pas à sanctionner rudement ; les sanctions pécuniaires que le gendarme de Télécom inflige régulièrement aux opérateurs ne sont pas très contraignantes. Elles amassent des milliards chaque année sur le dos des usagers…
Face à cette situation, les populations de la vallée n’ont d’autre solutions que de se rabattre sur les opérateurs mobiles sénégalais pour leur connexion internet, avec depuis quelques années, l’usage de l’application WhatsApp. Celle-ci permet de passer des messages avec moins de difficultés ; il suffit parfois de chercher la bonne position par rapport, disent les usagers aux antennes sénégalaises : monter sur les maisons, près des fenêtres, sur arbres ou de petites élévations ou aller près du fleuve, attendre la nuit etc. C’est un véritable combat. Ainsi, on peut voir les usagers se regrouper dans un coin d’une maison, d’une boutique ou hors du village pour obtenir le réseau. C’est la croix et la bannière.
Pourquoi autant de problèmes pour les usagers de téléphoner ou se connecter à Internet, à l’heure où la planète a fini de devenir un village planétaire ? Pourquoi les pouvoirs publics, à travers l’autorité de régulation n’ont pas réussi à faire assurer aux opérateurs, conformément à leurs cahiers de charges une bonne couverture téléphonique au pays ? Faudrait-il un 4e opérateur?
Nous devons beaucoup prier et demander au bon Créateur de nous couvrir de sa miséricorde pour faire disparaître à jamais le cycle infernal des détournements de deniers publics auxquels l’Inspection Générale d’État nous fait, cette semaine, le rappel d’une amère réalité. Nous avons pourtant vaincu le covid. Une pandémie mortelle. Pourquoi nous montrons-nous si faibles face à la corruption et aux détournements de deniers publics ? Pourquoi ne pas donner un coup d’arrêt définitif à ce fardeau que nous continuons de traîner sans raison ?
Au-delà des chiffres qui donnent le vertige, je m’attarderai beaucoup plus sur la déclaration de l’IGE qui traduit un aveu d’échec face à ce fléau qui semble injustement inscrit dans nos ADN. « »Quiconque peut détourner des deniers publics, mais une fois démasqué, il est tenu de restituer les fonds détournés ou aller en prison » ». L’expression est d’une notoire maladresse. Et tout patriote mauritanien ne devrait jamais l’admettre. C’est une immense erreur que nous commettons. Celle d’accepter qu’une multitude d’infractions criminelles se déroulent devant nos yeux. La puissance régalienne devrait l’interdire et s’y opposer avec la dernière énergie.
On devrait s’en tenir au principe suivant. Une tolérance ZÉRO DÉTOURNEMENT. C’est plus que possible. C’est le cas dans tous les États de droit. Cette tolérance Zéro Détournement devrait s’appliquer à tous les responsables ou ordonnateurs de fonds publics en Mauritanie. On devrait tenir une nouvelle formulation en adéquation avec la criminalité que constitue la fréquence intolérable des détournements. « »Nul ne pourra détourner des deniers publics, etc … » ». Et lutter férocement contre ces délinquants qui méritent une sanction exemplaire.
Tout ce que j’ai appris en droit, procédure pénale, politique criminelle ainsi qu’en droit comparé, et Dieu sait que depuis 47 ans j’en ai bavé pour en accumuler le maximum, semble avoir été mis de côté dans les affirmations de l’IGE. Le rôle de cette institution est de traquer les détournements, identifier les auteurs ainsi que l’ampleur des dégâts. Le reste, la sanction et le sort des détourneurs est une affaire relevant en principe des lois impératives de notre Justice pénale. Notamment du ministère public, des procureurs de la République agissant au nom de la société que représente la communauté des citoyens de notre Nation. Le parquet, et plus exactement le procureur de la République, est immédiatement averti dès qu’une infraction criminelle punie par les lois répressives est commise sur le territoire national. C’est la règle dans tous les États de droit.
Je suis dès lors surpris que l’IGE ne mentionne jamais l’infraction pénale qui se constitue dès le premier acte de détournement ainsi que la somme de toutes les actions ayant conduit à la soustraction frauduleuse des deniers publics. Dans ces conditions, l’agent public devenu criminel aux termes de la loi anticorruption de 2016 devrait être limogé ou licencié pour faute lourde. Et relevé immédiatement de toutes ses fonctions et responsabilités. Si ce n’est pas le cas présentement, il faudra veiller à ce que cela le soit à l’avenir. Sans oublier qu’une plainte devra être déposée dans l’urgence absolue auprès du procureur de la République, lequel diligentera l’action publique avec neutralisation immédiate du mis en cause.
Ne nous trompons jamais. Arrêté, enchaîné, humilié et jeté en prison, la détention préventive devant être formellement requise de droit contre tous les détourneurs de deniers publics, sans qu’on ait besoin de les mettre en demeure de rembourser, le détourneur ainsi détenu préventivement mobilisera obligatoirement ses avocats pour rembourser, sans délai, l’intégralité des sommes détournées afin de négocier une liberté provisoire. Ces détourneurs se pavanant dans leurs bolides n’ont jamais connu les affres d’une prison sans climatiseur, des toilettes publiques partagées avec les voyous de la rue.
De quels droits ou immunités ces délinquants bénéficient-ils afin de pouvoir détourner en toute impunité ? Aucun ! Et, s’ils sont pris la main dans le sac, l’IGE les autorise à pouvoir toujours négocier ? Quelle est cette procédure à la fois illogique, absurde et même stupide ? Alors que tous ces malfrats auraient dû être des pensionnaires des maisons d’arrêt plutôt que de continuer à fréquenter assidûment les allées du pouvoir.
Mais pour cela, il faudra changer une grande partie de nos lois pénales actuelles inadaptées à la grande criminalité financière. Je possède bien entendu une multitude d’idées et des propositions concrètes, avec sans doute d’autres collègues, pour nous permettre d’enrayer définitivement le mythe des détournements de deniers publics dont on voudrait nous faire croire qu’ils s’imposent à l’État et que c’est une fatalité à laquelle on devra se soumettre. Or les activités illicites, le faux et son usage, ainsi que la violation systématique des lois répressives de la République ne sont jamais admis dans un État de droit. Force doit et devra toujours rester à la Loi et au Droit.
Le Figaro – La sélection des moins de quinze ans mauritanienne a décidé de quitter une compétition après un match contre la Sierra Leone perdu 6-0.
Les images parlent d’elles-mêmes. D’un côté (en blanc), une sélection de la Mauritanie avec des adolescents de moins de quinze ans formée d’adolescents en pleine croissance, aux gabarits divers. De l’autre, une équipe de Sierra Leone (en bleu) affichant des espoirs de taille adulte, similaire à celle des arbitres sur la pelouse.
La présentation des équipes avant le match entre les deux sélections lors d’un tournoi international en Afrique avait déjà alimenté la suspicion sur l’âge réel des joueurs sierra-léonais censés avoir moins de quinze ans.
Les doutes se sont confirmés un peu plus tard avec la lourde défaite de la Mauritanie (6-0), incapable de répondre au défi physique des joueurs adverses.
Indignée et suspectant une triche, la Mauritanie a donc préféré se retirer de la compétition organisée au Liberia en publiant un communiqué qui en dit long sur l’amertume des dirigeants.
«Nous avons été signalés par de nombreux observateurs que l’âge de certaines des équipes participant sur le terrain est très loin de l’âge légal pour participer à ce championnat», a expliqué la Fédération mauritanienne, inquiète pour la santé de ses jeunes pousses «exposées à des blessures graves». La Mauritanie est la seule sélection à avoir quitté la compétition.
«Nous ne devrions pas tolérer ou encourager de telles pratiques», ont conclu les dirigeants de l’État de l’Afrique du Nord-Ouest qui ne remettent toutefois pas en cause l’adhésion du pays à l’organisation de la compétition.
D’importantes quantités de pluies se sont abattues ces dernières heures dans le Sud et l’Est mauritanien. Hier, le Comité technique chargé du suivi des travaux du Comité ministériel de gestion des urgences a déploré deux morts : Une femme à Wompu dans le Guidimakha et un homme à M’Bout dans le Gorgol. On déplore également la mort de plusieurs tête de bétail ainsi d’importants dégâts matériels. L’armée est intervenue dans plusieurs localités pour secourir les populations. Le président de république Mohamed Cheikh Ould El Ghazwani, s’est rendu aujourd’hui à Kaedi (Gorgol) au chevet des victimes.
Les populations de Sélibaby vivent depuis une semaine la peur au vendre, notamment avec la multiplication des vols et agressions. La semaine dernière plusieurs commerces ainsi que des domiciles ont reçu la visite de ces « indésirables », emportant avec eux tout ce qui leur tombe sous la main : mobiliers de salon, téléphones portables, argent, or etc.
Les vitres de plusieurs véhicules ont été cassées par ces brigands à la recherche d’objets de valeurs. Des personnes se sont faites également agressées à Sélibaby ville, dans la rue alors qu’elles se rendaient à la boutique du coin ou à la pharmacie.
Les voleurs choisissent le moment où il pleut pour s’introduire dans les boutiques ou agresser les rares personnes qui se trouveraient dans la rue.
Selon, les informations que nous avions reçues, le directeur régional de la sûreté a fait appel aux responsables des commissariats de police des différentes moughataas de la wilaya. Des policiers seraient arrivés de Ghabou, Gouraye et Wompou pour appuyer leurs collègues de Sélibaby avec pour mission de mettre en place un plan de filature pour appréhender ces voyous.
La police aurait arrêté plusieurs jeunes connus pour des faits de vol, de cambriolage et d’agression. Cette mobilisation d’envergure serait une première à Sélibaby où les voleurs ont toujours opéré sans être véritablement inquiétés. Des nombreux habitants de la ville sont satisfaits de cette mobilisation des forces de sécurité pour protéger les citoyens et leurs biens en traquant ces rebuts de la société, sans foi ni loi et prêts à tout pour l’argent.
Sélibaby, ville hospitalière et paisible connaît, un pic de délinquance sans précédent, ces dernières années ; conséquence de la prolifération de la drogue, du chanvre indien notamment, dont la consommation est devenue un phénomène de mode chez les jeunes au Guidimakha.
Ce vendredi 19 août 2022 à Nouakchott, lors d’un point de presse tenu par le député BDA et le président du parti RAG (non reconnu) Oumar Ould Yali, un nouveau cap stratégique a été esquissé dans les propos.
Ainsi à la teneur un extrait audio de la communication du président des réseaux IRA-Mauritanie, le président mauritanien Ould Ghazouani n’a pas été à la hauteur politiquement de termes de dialogue et de promesses, fixés avec lui lors de différents rendez-vous par le passé. Par exemple, mouvements politiques recalés et non reconnus et pas d’ouverture sérieuse pour la gestion consensuelle d’instances organisationnelles des échéances électorales à venir. Aussi les dialogues particuliers initiés par le Raïs avec différents représentants politiques n’ont pas pu déboucher sur un Dialogue inclusif promis mais finalement ajourné d’une manière unilatérale il y’a quelques mois. Face à l’impasse politique semblant installée, le député Biram déclare ouvertement que son camp politique est disposé à une alliance politique programmatique dans la mouvance des oppositions, et il a cité l’exemple de la Nupes en France ou « Yewwi AskanWi » (Libérer le Peuple en wolof) et « Wallu Sénégal » (Sauver le Sénégal en wolof) au Sénégal. Ainsi il estime opportun qu’il puisse avoir une dynamique d’alliance avec les 2 tendances CVE (Coalition Vivre Ensemble) « CVE originelle et CVE-V/R », et également avec l’UFP creuset historique de l’élite politique du pays dit-il dans une certaine mesure.
À deux ans de la présidentielle de 2024 et une année des élections municipales régionales et législatives, la situation politique dans le pays connaît une atmosphère morose et illisible entre le régime de l’ancien ministre de la défense et l’opposition politique. L’apaisement insufflé par le président de la république ne fait que vaciller le temps passant. À suivre…
La ville de Kaédi, a enregistré ce jeudi de fortes pluies estimées à 170 mm, une hauteur de pluie jamais enregistrée depuis plusieurs années dans cette ville.
Selon l’office national de la météorologie on ne déplore pas de victimes humaines mais les dégâts matériels seraient importants.
Pendant ce temps la pluie continue de tomber sur la ville de Maghama, non loin de la ville de Kaédi où une hauteur de pluie de 150 mm a été enregistrée.
Selon des sources de la ville de Kaédi, contactées par Sahara Medias, les habitants de certains quartiers ont évacué leurs maisons submergées par les pluies torrentielles.
Les mêmes sources ajoutent que certains quartiers de la ville se noient après seulement 10 mm de pluie, s’interrogeant de ce qui adviendra avec une hauteur de pluie de 170 mm.
Les autorités locales de la ville, représentées par la commission chargée de la gestion des crises, appuyée par des unités de la garde nationale et la police, se sont empressées d’intervenir et poursuivent leurs efforts mais le niveau des eaux est trop important.
Des blogueurs ont publié des photos et vidéos sur les réseaux sociaux faisant apparaître les quartiers de Kaédi encerclés par les eaux de pluie.
Le Mali à nouveau à l’offensive contre la France, cette fois devant les Nations unies. Alors que le retrait de la force Barkhane s’est achevé en début de semaine, le ministre malien des Affaires étrangères a écrit une lettre au Conseil de sécurité de l’Onu pour dénoncer des violations de l’espace aérien du Mali. Abdoulaye Diop accuse aussi l’armée française de soutien aux jihadistes. L’information a été révélée par nos collègues de Jeune Afrique, mais RFI a pu, elle aussi, se procurer cette lettre.
Les accusations du ministre malien des Affaires étrangères ne sont pas légères : la France fournirait des armes, des munitions et du renseignement aux terroristes jihadistes sévissant au Mali. La lettre écrite par Abdoulaye Diop est datée du 15 août, le ministre commence par y énumérer une série de cas présentés comme des « violations répétitives et fréquentes de l’espace aérien malien par les forces françaises » : « drones, hélicoptères ou avions de chasse » auraient survolé le Mali « sans autorisation » de Bamako.
Une cinquantaine de cas auraient été enregistrés depuis le début de l’année. Abdoulaye Diop dénonce des « activités d’espionnage » et, plus grave encore, de « colis largués » par l’armée française, comme à Labezanga le 8 août dernier.
Le Mali disposerait, selon le ministre Diop, de « plusieurs éléments » prouvant que ces incursions illégales dans le ciel malien ont « servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes » « et pour leur larguer des armes et des munitions. »
l y a une semaine, après l’attaque du camp de Tessit qui a coûté la vie à 42 soldats maliens, l’armée malienne affirmait avoir enregistré « des opérations clandestines et non coordonnées de survol » prouvant que les terroristes -en l’occurrence la branche sahélienne du Groupe État islamique- avaient bénéficié « d’un appui majeur et d’une expertise extérieure. »
● Aucune réaction officielle de la France à ce stade
En avril dernier, le Mali avait déjà dénoncé les violations de son espace aérien par l’armée française. C’était juste après l’épisode du charnier de Gossi : des corps enterrés près d’un camp militaire rendu par Barkhane aux forces maliennes. Charnier attribué par le Mali aux soldats français et par la France à l’armée malienne et aux mercenaires russes du groupe Wagner. Paris avait alors démenti toute violation de l’espace aérien malien et dénoncé des tentatives de « désinformation. »
Dans sa lettre, le chef de la diplomatie malienne demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et menace : « en cas de persistance de cette posture qui porte atteinte à la stabilité et à la sécurité de notre pays, le Mali se réserve le droit de faire usage de la légitime défense. »
Il n’y a pas de mot qui puisse contenir le respect, la considération, l’admiration et la foi que j’ai à l’endroit du Peuple. La place à laquelle je le situe m’avait mené à bâtir la base idéologique de mon action publique sur l’idée fondamentale de sa primauté devant par exemple les notions de nation, d’État ou encore de république. Ce ne sera d’ailleurs qu’à la lumière de cette seule ligne que l’on peut saisir la logique de ma démarche, aussi bien celle militante que celle citoyenne. Voilà pourquoi je peux, quelque fois, avoir un regard, non pas méprisant, mais minimisant l’importance, par exemple, d’une frontière, pour laquelle je ne manque pourtant pas de mesurer l’enjeu stratégique gigantesque, au profit d’un respect, qui m’apparaît suprême, d’une réalité d’un ou l’autre de ces peuples dont des lignes inventées de toutes pièces continuent encore de transpercer les entrailles et insistent toujours à tuer à petit feu. Ainsi, c’est pour moi une occasion lourde de sens de m’adresser à cette entité collective que ma conscience met au-dessus de toute autre. Qu’elle soit celle qui vit aujourd’hui sur l’étendue du territoire appelé mauritanien par des circonstances de son histoire récente est un pur hasard de l’existence pour lequel j’exprime également une grande reconnaissance.
Il est des moments de la vie d’un peuple qui se distinguent par la gravité de leur charge, par leur nature à sceller des sorts inédits et par leur caractère coriace à initier des tournants. Notre Peuple vit incontestablement un de ces moments. Ne pas le reconnaître en tant que tel est une erreur dont les conséquences seront redoutables pour les générations futures. Si un État fondé sur ce Peuple, compte tenu de l’étendue de la mémoire de ce dernier, de la profondeur de son histoire et de la variété de ses expressions culturelles et linguistiques, qu’il s’appelât Mauritanie est un autre fait contingent de l’histoire, décide, au nom de quelques motifs nébuleux, de remodeler sa destinée identitaire, alors je dis que la gravité critique est atteinte et que nous sommes dans un tournant et qu’aucune de ces habitudes tueuses d’âmes ne devrait peser autant sur nos esprits à leur imposer le sentiment d’une situation banale.
Si je décide aujourd’hui de m’adresser à cette entité sacrée à laquelle, sans distinction, nous sommes, tous, parties, et, à travers son esprit immense et divers, convoquer la conscience particulière de chacun, c’est que précisément la criticité de la situation l’impose au-delà même de le justifier.
Cher Peuple, les habitudes ainsi que quelques exemples traditionnels ont inculqué à notre société l’idée d’un académique qui doit se confiner dans un jargon typé au milieu de ses affaires universitaires. Dans l’idéal, il ferait de temps en temps quelques figurations médiatiques entre deux défilés stylistiques lors de longues sorties textuelles sur des sujets totalement importés pourtant nullement importants. Il convient de mettre au clair que, quelque séduisante – car inoffensive – que puisse être une telle conception, je m’en dissocie au risque de gêner. Cette conception définit bien en effet ce que j’appellerai, volontiers, un intellectuel de diversion. Peu importe la profondeur académique dans laquelle je professe, vous me trouverez toujours sur le terrain des luttes et transformations sociales. Pourquoi ? Parce que je suis tout simplement du Peuple et que rien de ce qui le concerne ne m’exclut. Donc on peut déjà mettre de côté les qualifications et les classifications dont personne n’est dupe sur les visées ultimes quand elles sont pointées par la réplique. Au passage, j’exprime ici toute mon admiration à d’autres qui ont décidé de briser cette barrière qui n’existe que pour justifier l’inaction.
Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était au moment même où l’on assiste à l’admission d’une aussi grande trahison dans la cour des principes législatifs qui régiront la vie de ce Peuple. Nous ne pouvons pas nous taire et nous dissoudre dans une insouciance honteuse alors que l’on élève une injustice grossière au rang d’une loi. Sommes-nous seulement si amnésiques ou manquons-nous autant d’acuité à n’être alertés par aucun de ces crimes déjà inscrits dans son compteur alors même qu’elle n’était qu’en phase de latence ? Combien d’autres, et de quelle ampleur, en commettra-t-elle quand elle agira, en toute légalité, en tant que droit ?
Oui, je parle de la loi faussement dite d’orientation de l’éducation nationale mais qui, dans les faits, ne fait orienter, et ce de façon arbitraire et colonialiste, que la dynamique identitaire s’opérant à l’intérieur de ce Peuple. Une dynamique que différents empires, de puissance incomparable à celle de l’État actuel, ont pourtant maintenue en équilibre à travers le temps, nous faisant ainsi hériter à la fois d’une diversité culturelle et des mécanismes de maintenance de sa cohérence interne en tant qu’ensemble au-delà des rapports de parenté culturelle, linguistique et biologique ainsi tissés. Oui, au bout des luttes fatales de notre longue histoire, au bout des nécessaires confrontations souvent intestines, nous avons su préserver l’honneur du Peuple : ses identités diverses. Nous avons même su les intriquer, par des mécanismes auxquels l’on a déjà fait allusion, de façon à les rendre si interdépendantes qu’il leur incombera toujours une reconnaissance mutuelle et une démarche d’ensemble quant à l’assurance de leur survie. Nous avons ainsi connu, et ce au bonheur et à la revigoration de tous, des interpénétrations artistiques, littéraires, philosophiques, techniques, scientifiques et linguistiques fécondes. Cependant, aucune puissance, ni celle des mille ans de nos ancêtres du Ghana, ni le Tekrour, ni les mandingues et encore moins les expansions de la confédération du Djolof au 15ème siècle, n’a entrepris une politique d’un totalitarisme culturel à en redéfinir l’identité des peuples, couverts ou vaincus, et à bâtir cette dernière à l’image de celle des détenteurs du pouvoir. Manquaient-ils de puissance pour l’assoir ? Absolument pas. Si vous voulez comprendre les fruits que nous sommes d’une telle dynamique incubée depuis encore plus longtemps que les évènements cités, dans notre sociologie et souvent même jusque dans certains aspects de notre psychologie, alors vous serez obligés un tant soit peu de consulter notre histoire, ne serait-ce que celle tronquée sur cette partie de la terre qui nous abrite depuis l’entrée en jeu de cette phase temporelle et qui a servi de foyer géographique à notre marmite de l’histoire. Nous en sortirons alors avec une meilleure connaissance des contours de ce bouillonnement et de quelques-unes de ses raisons profondes. La politique étatique d’aliénation culturelle et linguistique est de date récente sur cette zone géographique. Elle s’y est invitée en force surtout depuis l’arrivée de la composante arabe au 15ème siècle. Celle-ci avait procédé par, non seulement la domination (ce qui resterait très courant), mais l’assimilation des populations berbères ; et une fois la nouvelle identité arabo-berbère constituée, les derniers conflits interétatiques consommés avant qu’intervint la colonisation occidentale, après que fut acquis le découpage colonial des territoires, qu’une indépendance fut accordée, l’on sortit cette entreprise de l’armurerie, l’on la dépoussiéra et lui redonna une nouvelle vie. Les quelques voix visionnaires du congrès d’Aleg n’avaient pas réussi à peser sur la balance. Il ne leur manquait pourtant pas de clairvoyance et d’esprit d’anticipation. Ce n’est pas pour rien que la fédération a été suggérée et défendue, elle le sera encore plus vivement un peu plus tard après l’indépendance effective. Le même esprit d’État prédateur qui avait conduit à l’assimilation des berbères est le même qui a fondé l’État postcolonial de Mauritanie : il n’y a aucune place au partage, il n’y a que reddition et réduction. Contrairement à la politique des grands empires cités, il n’y a plus aucune place à la diversité et au respect de la poursuite de la destinée culturelle de chaque communauté, mais il faut uniformiser, arabiser. Ce sont ainsi des coups constitutionnels et des reformes de force du système éducatif qui se sont succédés depuis l’indépendance. Tout cela dans la seule ligne de l’arabisation et de l’effacement des autres cultures et langues. On peut vous vendre l’idée de la langue de ciment, tout en sachant que de façon mécanique son avènement sera suivi de la disparition des autres comme ce fut le cas dans plusieurs pays, et faire sa publicité jusqu’à ce que vous finissiez par l’acheter ; on peut même vous convaincre qu’elle est incontournable en brandissant des mots magiques aussi muets que «pragmatisme», «modernité» ou encore «communication». Mais là on n’utiliserait qu’une facette de votre esprit. Votre esprit se laisse peut-être convaincre, mais se laissera-t-il persuader ? Se laissera-t-il persuader qu’abandonner sa langue est la seule façon de bâtir un État ? Se laissera-t-il persuader que renoncer à sa culture est la seule façon de garantir une cohésion ? Évidemment que non ! La persuasion en demande plus que la conviction. L’intuition et l’instinct nécessaires à sa mise en marche ne sont pas réunis ici. Vous avez la bonne intuition de ne pas vous laisser persuader, peu importe que vous soyez convaincus ou pas par la construction que l’on soumet à votre raison. Oui, parce que, au fond de vous, vous savez que l’on vous a caché des choses. Des choses que vous ressentez au plus profond de vous, peu importe votre difficulté à les extérioriser. Vous êtes en effet imbibés de cultures diverses qui ont vécu sous des empires, à dimensions incommensurables à celle d’un État de dimensions moindres et pendant des durées incomparables, mais qui n’ont jamais requis une uniformisation linguistique pour se former et s’imposer. Car cette question est profondément liée à la philosophie de vie et ne répond aucunement à une quelconque nécessité qui s’imposerait à un gouvernement. Voilà la raison profonde qui fait que peu importe votre niveau de conviction, vous n’êtes pas pour autant persuadés. Et voilà qui devrait suffire à vous déconvaincre de cette tromperie odieuse et d’acquérir une intime conviction de ce dont vous êtes si profondément persuadés. L’on m’objectera, en se cachant derrière des préjugés, que les temps ont changé, comme si rien qu’à user de ces paroles évidentes on aurait asséné un argument valable, je n’aurais qu’à reprendre l’expression de Moctar Ould Daddah lui-même qui qualifiait la Mauritanie de « la Suisse de l’Afrique ». Mais qu’a-t-il vraiment appris de l’exemple suisse ? La Suisse, quant à elle, a su gérer avec équité et respect ses quatre langues nationales sans traitement de faveur. Elle en tire un bénéfice humain et économique. Nous vivons les mêmes temps que l’actuelle Suisse et nous disposons même d’un nombre égal de langues nationales ! Des exemples d’État à traitement multilingue comme régime linguistique adopté font légion. Cela nous ramène encore une fois à un choix idéologique mais absolument pas à une nécessité de gouvernance comme le régime mauritanien tente de nous le convaincre.
Cher Peuple, je ne vais pas prolonger le rappel des données historiques, ni m’appesantir sur les justifications chiffrées du salut qu’il y a à la promotion et au respect méticuleux de la diversité culturelle. Nous n’épuiserons pas aujourd’hui ce sujet passionnant. Pour revenir à la loi à proprement parler, il convient de rappeler que depuis qu’elle a transféré la lutte linguistique et identitaire sur les bancs de l’école, avec la cascade de reformes faisant la promotion de la seule langue arabe et brisant tout équilibre que devrait observer un état multilingue, la Mauritanie a ainsi compromis le terrain scolaire. Il était donc logique qu’un projet de loi sur le système éducatif suscite autant d’intérêt et d’attention. L’État n’a pas manqué à l’anticiper. Comment pourrait-il en être autrement vu son expérience en la matière acquise avec 60 ans de pratique ? Il s’est empressé d’organiser une comédie législative après un casting des plus sournois. Dans cette comédie, nous avons assisté à une romance impensable jusqu’alors, mais bien exécutée par des acteurs, pris dans les rangs des plus proches des cercles de défense des langues, déterminés à mener à bien leurs rôles assignés. Dans quel but ? Pour quel recel espéré à l’horizon ? Le partage du butin nous en dira certainement un peu plus. Face à un article 65 incohérent, illisible, obscur à bien des égards, sciemment chargé d’équivoques pour permettre de futures interprétations révocatrices, d’aucuns se sont hasardés à se livrer aux justifications les plus tordues. Et pourtant cet article fondamental qui, à lui seul, décline toute la politique linguistique de la nouvelle école, en d’autres termes l’issue de la lutte linguistique que l’État avait déléguée à l’école, reste toujours dangereusement obscure et sujet à interprétations. Aucun numéro de prestidigitation, même performé par un expert en droit, n’a encore pu effacer ces contradictions qui sautent aux yeux de n’importe quel profane honnête. Face à la doublure de fermeture que constitue l’annexe, où, sous forme d’une injustice qui ne dit pas son nom, la loi prévoit de soumettre à une évaluation éliminatoire le droit fondamental d’apprendre dans sa langue, déjà sujet à interprétation, certains se sont quand même disponibilisés à la supporter voire à la défendre sous petites modifications éventuelles.
Cher Peuple, je ne parle pas au nom d’une organisation. Mais je peux parler des actions d’une organisation qui s’est engagée, corps et âme, en ce moment décisif de notre histoire. Je veux nommer l’Organisation pour l’officialisation des langues nationales (OLAN). Que j’y adhère n’a aucune espèce d’importance. Ses actes sont déjà posés dans l’espace publique et peuvent être analysés avec objectivité. En tant qu’organisation, c’est la seule à intervenir dans le débat en ayant en vue des considérations d’ordre identitaire contenues dans la loi au-delà des lectures purement éducationnelles. On a pu observer une telle position chez des personnes isolées également.
Dans ce débat, on nous a présenté les associations dites culturelles, non pas à la lumière de la cohérence de leur position ni de la mesure de leur travail antérieur qui est à saluer, mais comme un argument absolu. Mais faut-il rappeler que, malgré leurs travaux et réalisations, ils n’ont aucunement le mandat du Peuple à décider du sort des langues concernées. Oublions-nous seulement qu’appartenir à ces associations, aussi souhaitable et respectable que cela puisse être, n’est pas synonyme d’accomplissement d’une quelconque œuvre majeur pour ces langues ? Plusieurs sont ceux qui ont abattu des travaux d’extrême importance quant à la survie de ces langues sans appartenir et encore moins militer dans ces associations culturelles. Donc, loin de les discréditer, nous devons toutefois faire attention à leur accorder une confiance aveugle dans un moment aussi critique. Louer certains aspects de leur œuvre, leur mérite dans l’enseignement des langues et son déploiement, est un dû qu’aucun individu sensé ne leur refusera. Elles n’ont toutefois pas le monopole de ce mérite car, rappelons-le une nouvelle fois, des initiatives parallèles ont fait au moins autant bougé les lignes du développement des langues que la somme de leurs actions, que cela soit dans les pays voisins qu’en Mauritanie même ou dans la diaspora, que cela soit hier ou aujourd’hui, que cela soit dans l’alphabet ou dans le développement disciplinaire scientifique, que cela soit dans l’apprentissage standard ou dans les nouvelles formes technologiques, que cela soit en sensibilisation culturelle ou en développement du journalisme. Donc leur mérite est bien justifié, mais le monopole de ce mérite ne l’est pas du tout. Il s’apparente ainsi à une forme d’imposture, pour une association, que de s’arroger la position d’interlocuteur privilégié dans une question qui dépasse largement son cadre en concernant le sort des communautés tout entières. Par ailleurs, il a été remarquable que le manque d’argument ait atteint de telles latitudes qu’il a fallu que des associations et des personnalités associées soient réduites à faire l’inventaire de leurs actes (ou même brandir leur âge) afin de faire passer des positions. Aucun membre de OLAN, et il y en a beaucoup qui pourraient s’y livrer avec des données non moins dignes d’intérêt, ne les a rejoints sur un tel terrain qui défie la pudeur et l’honneur. Mais comme nous l’avons dit, chaque acteur joue son rôle et l’avenir nous renseignera amplement sur les motivations des uns et des autres.
S’il y a une actrice qui n’est pas passée par le casting et qui, à partir d’une position de spectatrice espérée, s’est levée et a foulé la scène, c’est bien OLAN. Une organisation née au moment du constat de la supercherie. Nous ne reviendrons pas ici sur sa genèse mais c’était l’inconnue que l’État ne semble pas avoir prévue. Qu’il y ait des contestations isolées et disparates, il l’avait certainement envisagé, mais qu’une organisation se mette sur pied en un temps record et acquière assez tôt une détermination aussi prononcée, certainement pas. En plus de la violence de la répression policière sur ses militants, OLAN a posé un acte qui a eu un retentissement international. Deux jeunes femmes, toutes deux faisant partie des instances dirigeantes de l’organisation, déterminées à poser un acte pour faire avancer leur cause. Armées d’un courage rare et d’une intelligence phénoménale, elles le feront et impacteront tous les enjeux de la journée. Souzy Boye à la caméra, quand Salimata Ba interrompt l’hémicycle. L’Agent de sécurité de l’assemblée, surpris, tentera de résoudre le problème à la source en agrippant le cou de Sali et l’étranglant. Le sang froid de Souzy est sans égal ! Elle sait ce qu’il est en train de se jouer. Sali, comme une lionne, se débat sans perdre de vue son message. Elle s’extirpe des mains du malheureux agent et terminera sa phrase qui sera entendue dans l’hémicycle ainsi que par des millions de personnes à travers le monde. Ce seront 17 secondes d’image qui feront le tour du monde et inscriront les noms de ces jeunes femmes dans les annales de la lutte des langues. Sali souffrira de cette strangulation et Souzy sera honteusement frappée en sortant de l’assemblée.
Cher Peuple, l’action de cette organisation que je connais de l’intérieur peut être symbolisée par l’acte de Sali et Souzy. Ce qui fait la particularité d’OLAN dans le contexte de cette loi, c’est qu’elle a saisi la situation au-delà de la présentation qu’en a voulu faire l’État. Elle a compris qu’il y avait là fondamentalement une question de survie culturelle au moment où d’autres discutaient matières à enseigner. Elle a ainsi initié la lutte multiforme pendant d’autres s’obstinaient à faire du commentaire de texte. OLAN ne cherche qu’un traitement équitable des cultures et langues du pays devant la loi et continuera ses actions, contre vents et marées, jusqu’à la prise en compte de ses revendications. Ceux qui sont motivés par des places au nouvel institut annoncé peuvent tout faire pour avoir leur motivation, à savoir l’institut. Mais cela n’est pas la motivation d’OLAN. Elle continuera sa lutte contre cette loi, sa promulgation, elle appelle à une refondation de l’école plus conforme aux réalités. Elle invite à un débat plus sérieux, sans cachoterie, loin d’un simulacre de concertation. Elle appelle à un vrai dialogue sur le sujet où se dégagera un consensus respectueux de la diversité, soucieux de la survie des langues qui ne passe que par leur officialisation, et garanti par une loi.
Des idéologies de l’uniformité n’ont que trop saigné notre mémoire depuis longtemps respectueuse de notre diversité. Elles ont bafoué notre histoire et veulent compromettre notre avenir en tant que Peuple.
Cher Peuple, je me permets de t’appeler à supporter cette noble lutte des langues. Je ne te demanderai pas de rejoindre aucune organisation que cela soit. Cela serait abuser de ton écoute. Ce que je te demanderais c’est de faire tout ce qui est dans ton pouvoir, peu importe le chemin adopté, dans le but de prendre en main cette question qui détermine ta survie et ton honneur. Ne trahis pas ton histoire. Ne te méprends pas sur ton propre compte. Tu viens de loin, je te conterai encore et toujours ton passé, nous n’accepterons jamais qu’on appauvrisse autant que veulent le faire les adeptes de l’uniformité tes perspectives d’avenir. Il n’y a aucune humanité dans l’effacement des cultures, il n’y a aucun salut dans l’uniformisation mécanique, il n’y a aucun pragmatisme dans la programmation d’une mort sure de la diversité.
Yabiladi – Ahmed Raissouni, le président de l’Union internationale des oulémas musulmans, proche du Qatar, qualifie l’existence de la république islamique de la Mauritanie d’ «erreur».
Le religieux se prononce pour son «retour» sous souveraineté du Maroc. «Je suis un partisan de la ligne défendue par Allal El Fassi (l’ancien secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, ndlr). Le Maroc doit récupérer ses frontières historiques.
Avant la colonisation européenne, la Mauritanie faisait partie intégrante du Maroc», a-t-il affirmé dans une interview accordée à un média marocain. Et de préciser que «l’allégeance des oulémas du pays de Chenguitti, soi-disant la Mauritanie, au trône marocain est évidente».
Les propos de Raissouni sur le voisin du sud ne sont pas sans rappeler ceux de Hamid Chabat, en décembre 2016, sur la «marocanité de la Mauritanie». Une bourde à l’origine d’une crise diplomatique que le roi Mohammed VI avait vite circonscrit en envoyant l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et Nasser Bourita, alors ministre délégué aux Affaires étrangères, porter un message à l’ex-président, Mohamed Ould Abdel Aziz.
En Mauritanie, les déclarations de Raissouni n’ont pas encore provoqué une levée de bouclier chez les partis politiques. En revanche, un média local a d’ores et déjà condamné la sortie du religieux marocain.
Dans son interview, Ahmed Raissouni a, par ailleurs, souligné que les «oulémas et les prédicateurs marocains sont prêts à marcher sur Tindouf en Algérie, à condition que le roi fasse appel à eux».
Les positions défendues par Ahmed Raissouni ont fait réagir l’Union internationale des oulémas musulmans, organisation qu’il préside depuis novembre 2018. «Il a le droit d’exprimer son opinion personnelle avec plein respect et appréciation pour lui et les autres, mais ce n’est pas l’opinion de l’Union», précise l’entité religieuse dans un communiqué, publié ce lundi 15 août.
Pour mémoire, le Maroc a reconnu en 1969 l’indépendance de la Mauritanie. Une reconnaissance qui avait suscité des grincements de dents chez le Parti de l’Istiqlal dirigé alors par d’Allal El Fassi.
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