● « A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? » | Par Dr Boubou BA au député de diaspora.

L’honorable député des mauritaniens établis en Europe, Monsieur Issa Mansega DIAWARA, quand est-ce que les commissions dites d’identification arriveront-elles en Europe pour recenser les mauritaniens ?

Je tiens avant tout Monsieur le député à vous souhaiter une excellente rentrée de session parlementaire.
Monsieur le député, le 4 juillet 2023 le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a pris un arrêté sous le n°0698 portant création des commissions d’identification. Aussitôt, quelques jours plus tard ces commissions dites d’identification ont été constituées et déployées à l’intérieur du pays avec un bref délai de 6 mois (voir l’article 19 de l’arrêté qui met fin aux missions de ces commissions à la date du 31 décembre 2023), pour aller donner un état civil fiable et sécurisé aux mauritaniens qui n’en ont pas ou qui étaient privés de ce droit fondamental et inaliénable. Jusqu’aujourd’hui (à 2 mois de la fin des opérations) aucune commission d’identification n’a été déployée en Europe pour venir recenser les centaines et milliers de mauritaniens vivant dans cette circonscription dont la plupart d’entre eux sont devenus des apatrides. Ce qui constitue à mon sens une discrimination et une grave violation de l’article premier de la constitution mauritanienne.

Cependant, Monsieur le député, pour rappel le 27 mai 2023 vous avez été élu par les mauritaniens établis en Europe afin de pouvoir trouver des solutions à leur préoccupation et besoin mais aussi de défendre leurs droits les plus fondamentaux particulièrement les questions liées à l’état civil et le recensement. Aussi, pour rappel dans votre lettre du 11 juillet 2023, vous sollicitez les mauritaniens de la diaspora, je cite « …à aller se présenter devant les commissions d’identification de l’intérieur pour leur recensement ». Devrais-je vous dire que votre mission Monsieur le député n’est pas celle d’inciter les mauritaniens de l’Europe à aller se faire enrôler à l’intérieur du pays sans se soucier de leur condition de vie et travail mais plutôt de les aider à les rétablir dans leur droit fondamental…
L’honorable député, je dois vous rappeler que l’une des problématiques cruciales que rencontrent nos compatriotes établis en Europe est celle du recensement. Cette question constitue un problème majeur pour nos compatriotes et qui fait que certains d’entre eux sont devenus des apatrides et d’autres des sans-papiers et par voie de conséquence des sans-emploi. Monsieur le député, faites votre travail comme cela se doit en interpellant le ministre de l’intérieur sur ce sujet afin que le principe d’égalité de traitement de tous les mauritaniens devant la loi prévu par le préambule de notre constitution et l’article premier de ladite constitution soit bien respecté. Sans doute l’égalité devant la loi est un principe à valeur constitutionnelle garanti dans toutes les grandes démocraties et par l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pour rappel Monsieur le député, aux termes de l’article premier de la constitution mauritanienne « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi ». En d’autres termes, les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique pas plus ni moins ; la République doit garantir un traitement équitable pour tous les mauritaniens devant la loi car il existe une seule et unique Mauritanie : la République islamique de Mauritanie. Malheureusement, tel n’est pas le cas car on assiste depuis la mise en place de ces commissions d’identification deux mauritaniens : le mauritanien de l’intérieur et celui de la diaspora. Ce qui constitue une rupture flagrante d’égalité de traitement des citoyens devant la loi ; votre silence sur ce sujet inquiète la diaspora et pourrait vous rendre complice de cette violation manifeste de certaines dispositions constitutionnelles.

Monsieur le député, pour conclure j’ai une question principale et toute simple : A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? L’urgence la plus absolue pour nous, les autres mauritaniens de la diaspora c’est le recensement.

Monsieur le député, de grâce ne venez pas avec des réponses toutes faites comme quoi, la constitution et l’envoi des commissions d’identification en Europe ne relèvent pas de vos compétences mais celles du ministre de l’intérieur. Sachez que je sais faire la distinction entre les compétences d’un ministre et celles d’un député. Monsieur le député, je vous demande de jouer votre rôle de député et d’agir le plus vite avec détermination pour les mauritaniens établis en Europe.
Je vous prie de croire Monsieur le député, à l’assurance de ma haute considération.

Dr Boubou BA
Membre associé au centre de recherche d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD)
Université de Paris10-Nanterre
Juriste aux services des urgences familiales et à la chambre du conseil
Au palais de justice de Pontoise-France

● La langue Soninké au panthéon des langues du monde | Par Seyré SIDIBE

Le Soninké est désormais une langue reconnue par l’UNESCO avec à la clé une journée internationale de la langue Soninké, le 25 septembre de chaque année.

C’est en soi une victoire pour tous les locuteurs de la langue Soninké et particulièrement, celle de la Confédération Internationale des Associations Soninké (CIAS), de l’Association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), de Wagadou Sané et même du Festival International Soninké (FISO).

Ces différentes organisations, porte-voix de la langue et la culture Soninké ont assurément contribué à la concrétisation de ce projet visionnaire, qui ouvre des perspectives prometteuses pour la langue et la culture Soninké.

Par cette reconnaissance, l’UNESCO atteste de la vitalité de la langue Soninké et sa capacité d’être une langue d’enseignement, de scolarisation et porteuse de génie et de savoir singuliers.

Le Soninké rentre ainsi dans la cour des grands, en cessant d’être réduit à l’expression folklorique ou regardé comme une simple langue d’alphabétisation.

De ce fait, la langue Soninké doit davantage œuvrer à convaincre sur le terrain de la recherche et de la science pour s’affranchir du communautarisme pour devenir la langue des locuteurs. Ce qui va agrandir son empire et son emprise .

Les Soninké doivent également apprendre à mieux communiquer et à s’approprier les principes du marketing culturel en vue de mieux promouvoir la langue et la culture qui sont imbriquées, comme le recto et le verso d’une même feuille.

Ce qui suppose fondamentalement un changement des mentalités garant d’une société forte d’abord à l’intérieur d’elle-même et puis dans ses rapports avec les autres, condition sine qua non de sa respectabilité et notoriété.

Yero Sylla

Selon Yéro Sylla linguiste et spécialiste de la langue Soninké : « Cette reconnaissance est une bonne chose. C’est un revers pour les sceptiques de la capacité de la langue Soninké à véhiculer le savoir ».

Et Yéro Sylla d’ajouter : « jusqu’à présent, la seule langue Africaine qui avait le statut (la reconnaissance de l’UNESCO) est le Swahili », une langue bantoue, originaire de la Tanzanie et parlée dans au moins quatorze (14) pays. Il a émis le vœu de voir prochainement d’autres langues Africaines emboîter le pas au Soninké en l’occurrence le Pulaar ou le Bambara.

Ce succès est un motif de satisfaction pour tous les Soninké en dépit des divergences entre progressistes et conservateurs qui plombent depuis six ans maintenant le vivre-ensemble Soninké à travers le monde.

Le moment n’est-il pas venu pour se réunir sous l’arbre à palabre pour raccorder les violons et creuser le sillon d’un nouveau pacte communautaire qui valorise plus la performance que la compétence ?

En Mauritanie, cette consécration de la langue Soninké a un goût particulier. En effet, elle intervient au moment où les autorités viennent de réintroduire l’enseignement des langues nationales dans le système éducatif ; en créant l’Institut pour la Promotion et l’Enseignement des Langues Nationales (IPELAN).

Une manière de reconnaître le rôle majeur et catalyseur des langues nationales ou maternelles dans la transmission des connaissances, des savoirs et même des savoir-faire.

Seyré SIDIBE

● Lien média https://ondeinfo.com/la-langue-soninke-au-pantheon-des-langues-du-monde/

● Guidimakha : Entre drogue et déviance, la jeunesse perd ses valeurs | Par Bakary Fofana

Connu pour sa stabilité, son hospitalité et ses valeurs basées sur le travail, l’honnêteté, la solidarité, le respect de l’autre, de la parole donnée et de la dignité humaine, le Guidimakha est une région hospitalière, de paix et de solidarité.

Situé à l’extrême sud de la Mauritanie, avec une superficie de 10 300 km2 et une population de 267 029 hab en 2013, le Guidimakha est un véritable pont culturel, économique et politique entre la Mauritanie, le Sénégal et le Mali.

Cependant, la région à l’instar d’autres régions du pays vit actuellement une véritable hémorragie culturelle, sociale, économique et même politique causée par une jeunesse gangrenée par la délinquance, l’argent facile et la drogue.
En effet, la jeunesse du Guidimakha va mal, très mal.
En dehors de la délinquance juvénile, les braquages et les crimes…, il est constaté une recrudescence du phénomène de la drogue au Guidimakha très inquiétant pour une jeunesse désemparée et livrée à elle-même avec un taux de chômage élevé.

Cette semaine, nous avons appris de sources sûres, l’interception d’un véhicule par la police mauritanienne à Fonde Diery, contenant une quantité importante de drogue en provenance de Selibaby vers Nouakchott.

Ce fléau nous amène à poser les questions suivantes :
Est-ce la société qui ne joue plus son rôle ? Serait-elle responsable de ce fléau ? La jeunesse a-t- elle perdue ses repères et ses valeurs culturelles qui servaient jadis de modèle ? Oubien est-ce un problème d’éducation, d’emploi, de formation ou de politiques concrètes d’insertion des jeunes dans le monde professionnel ?

Telles sont les questions que beaucoup d’observateurs se posent et qui devraient interpeller les autorités compétentes, les organisations de la société civile, les partenaires et tout le Guidimagha afin d’aider à éradiquer ce fléau contraire à nos valeurs et qui gangrène la jeunesse et la société mauritanienne.

Il est aussi de la responsabilité des parents également de réfléchir et de participer à la réflexion et à la recherche des solutions pour sortir de ce bourbier.


Bakary Fofana dit Bakary Moussa

● Source en lien https://linformation.net/node/6047