05-04-2015 07:00 – Messaoud ould Boulkheir évoque le dialogue, la constitution et l’avenir du président Aziz 

Saharamédias – Le président de l’APP et président en exercice de la coalition pour une alternance pacifique au pouvoir, Messaoud O. Boulkheir a critiqué ce qu’il a appelé la tentative de l’écarter du dialogue prévu entre le pouvoir et le forum national pour la démocratie et l’unité.

Ould Boulkheir qui s’exprimait samedi lors d’un meeting à Dar Naim a précisé que l’APP et la CAP ne sauraient être ignorées dans un dialogue qui doit débattre de l’avenir de laMauritanie.

Le président de l’APP a réaffirmé de nouveau que son parti demeurait un parti d’opposition et que lui demeurait un opposant au président Mohamed ould Abdel Aziz.

Il a ajouté que son rapprochement avec le président Aziz n’avait aucun cachet personnel mais qu’il était fait dans l’intérêt de la Mauritanie. « Ould Abdel Azizpartira a encore dit Messaoud, ceux qui viendront après lui partiront comme sont partis ceux qui les ont précédés. »
A propos de la constitution le président de l’APP a dit, à propos des contours de celle-ci, qu’elle doit permettre la construction d’un état de justice, de droit et d’égalité entre toutes les composantes de cette nation.

« Nous devons œuvrer à la mise en place d’une constitution qui oblige le chef de l’état à rendre compte au peuple qui peut le traduire en justice. » 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

05-04-2015 01:30 – L’UNEM : les arguments avancés par le ministre pour annuler les bourses ne sont pas convaincants

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Sahara Medias – L’union des étudiants de Mauritanie (UNEM), a rejeté aujourd’hui samedi les arguments invoqués par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour annuler les travaux de la commission nationale des bourses.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, l’UNEM rejette la mise en cause des acquis des étudiants et appelle plutôt à leur renforcement. Il s’est déclaré disposé à entreprendre des actions afin de défendre ces acquis et les préserver sans en déterminer la nature.

L’union demande enfin la généralisation des bourses à tous les étudiants et l’utilisation de la totalité de l’enveloppe allouée aux bourses.

Source crédit :cridem.org

Soninkidees-J’ose

24-03-2015 06:30 – Conseil Représentatif des Soninko de Mauritanie : Déclaration

 CRSM – Le 29 mars 2014 s’est tenue à la case une assemblée générale regroupant des soninko toutes appartenances politiques confondues. Cette Assemblée générale a mis en place une commission qui a élaboré un document intitulé,«pour une redéfinition équitable du pacte fondateur de notre nation en construction» qui quelques mois après a été soumis à cette même AG pour validation et ventilation. Ce qui fut fait.

Suite à cette assemblée est crée le Conseil Représentatif des Soninko de Mauritanie. Après avoir publié à un communiqué de solidarité et de soutien aux défenseurs des droits humains, Biram Dah Abeid, Brahim Bilal Ramdhane, Djiby Sow et leurs compagnons arrêtés, jugés et condamnés dans des conditions que l’on sait. 

C’est alors que les éternels thuriféraires soninko de tous les pouvoirs se sont mis en branle. Ils ont multiplié des rencontres et réunions avant d’être reçus par le Président de la République. Ces suppôts du système ont depuis lors engagé une campagne grotesque de mensonge et de dénigrement dans l’unique but de mettre en mal le CRSM, la communauté soninké et le pouvoir en place.

Les réseaux sociaux font état depuis cette date d’une crise au sein des soninko. Au vu de cette situation le CRSM, fidèle à sa vision et à son ambition de mener à bien son combat pour une Mauritanie juste, démocratique et égalitaire, prend à témoin l’opinion et tient à préciser:

– qu’il n’a de problème avec personne en Mauritanie, encore moins avec un Soninké ou un groupe de Soninko ;

– qu’il s’élève contre le système de gouvernance de la Mauritanie ;

– qu’il continuera de défendre l’avenir de la Mauritanie et l’intérêt de tous ses citoyens, y compris ceux qui ne sont pas d’accord avec son discours et sa vision sur la marche actuelle du pays.

Pour dépasser cette situation, le CRSM demeure convaincu que seule la tenue des états généraux de la refondation de notre nation en construction permettra d’asseoir une Mauritanie plurielle, «décommunautarisée » et républicaine.

Nouakchott, le 19 03 2015
Commission de communication 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

LA FIERTÉ SONINKAAXU EN QUESTIONS

Connu pour être le peuple qui dirigea l’empire du Ghana (wagadu) entre 5ème et 11ème siècle, les soninkos se trouvent principalement dans 4 pays Ouest-africains (La Mauritanie, Le Mali, LeSénégal et La Gambie).En dehors de ces pays d’origine, des fortes diasporas sont présentes dans plusieurs pays (En Europe, En Amérique et En Afrique centrale). Islamisés depuis plusieurs siècles, les soninkos s’accrochent à leurs coutumes et traditions ancestrales qui régissent leur vivre-ensemble.
Par ce fait, dans l’imaginaire collectif soninké, on peut constater une fierté quasi hautaine par la qualité d’être soninke.Notre modeste travail de réflexion consistera de disséquer cette fierté Soninkaaxu dans son aspect culturel, social-politique et religieux.

Nous tenterons d’apporter un éclairage réfléchi sur certains termes (promouvoir la culture, le mariage, la solidarité et la fraternité) et leurs réalités concrètes dans la société soninké. A la naissance d’un bébé soninké, nos félicitations et nos salutations vont aux parents avec passion et dévouement. Au jour du baptême du bébé, notre invocation-prière la plus répandue à l’endroit du nouveau-né et ses parents est la suivante : Qu’Allah le rende meilleur que ses parents dans le bien évidemment.. !!! Dans l’imaginaire collectif soninké, cette prière porte l’espérance que le nouveau-né soit fraternel, respectueux, solidaire et en tout un bon soninké épousant son milieu passivement selon les règles, les us et les conditions en place. Cette logique de vouloir conditionner l’être humain dès son bas âge constitue les premiers jalons du système des castes. Quiconque comprend le système des castes, aura compris une grande partie de ladite fierté Soninkaaxu.Ce système se base sur une hiérarchisation bien entretenue des différents groupes qui composent les soninkos. Cette hiérarchisation sociale est perçue différemment selon le groupe auquel l’individu appartient. En effet l’individu peut la subir ou la faire subir aux autres. Dans ce cadre spécial se forment des groupes spécifiques où l’individu quel que soit ses capacités physiques et intellectuelles innées est soumis à un déterminisme par naissance selon les bonnes convenances Soninkaaxu.

Qui sont ces différents groupes qui forment ce système quasi divinisé par la fierté Soninkaaxu. ??? 
Nous distinguons 4 castes distinctes et nous verrons brièvement le détail de chacune d’elles et leurs places dans cette stratification sociale.

•        Les Horo ( les nobles féodaux selon les lieux)

Le système est conçu généralement par eux et fonctionne pour eux dans leur promotion de presque droit divin. Dans ce groupe, l’individu est né Horé et il s’arroge selon les bonnes convenances Soninkaaxu le pouvoir politique (chefferie traditionnelle voire plus). Il doit veiller sur le dispositif pour que le système perdure le plus longtemps possible. L’imaginaire sociologique et collectif de ce groupe veut et conditionne qu’il soit le meilleur dans bien des choses en tout lieu par rapport aux autres. Ils peuvent être identifiés par des noms de famille en fonction des espaces géographiques. A ce groupe, on peut assimiler les Mangou qui jouent des rôles d’intermédiaireDe nos jours, certaines familles issues de ce groupe s’enorgueillissent d’avoir des esclaves inconditionnels. Certaines personnes se considèrent comme les seules légitimes à occuper certaines positions honorifiques dans le milieu soninké.

•        Les Modini ( marabouts religieux)

Ce groupe tient un double rôle consistant à cautionner religieusement le bien fondé du système et ses travers et de bénéficier d’avantages par son statut. Le déterminisme par naissance cité plus haut veut qu’un individu de ce groupe soit l’instruit en sciences religieuses et le seul légitime quelque soit son niveau d’études à diriger certaines cérémonies religieuses ou autres.Anciennement les MODINI initient les membres de tous les groupes à l’instruction basique et élémentaire du savoir-faire (prières et autres) de l’islam. Par leur compréhension plus que discutable des principes juridiques de l’islam, ce clergé ethnique n’hésite pas à transposer la fierté-SONINKAAXU (les coutumes ancestrales soninkés) sur les préceptes de l’islam en adaptant ces derniers.

 •        Les Niaxamalani (griots, forgerons et autres)

Composé de plusieurs sous-groupe, ce groupe est sensé détenir la mémoire collective. Ces gens peuvent être des médiateurs sociaux efficaces pour régler les conflits à divers niveaux de la société , mais ils jouent aussi par leur statut un rôle complice pour le maintien du système.Ils estiment que toute ouverture à cette stratification sociale en place serait une régression par rapport au passé soi-disant glorieux de Soninkaaxu. Leur versant moderne se voit par le fait de vanter les fortunes de riches des différents groupes par rapport à leur alter ego moins généreux. Ce groupe est solidaire dans bien des cas avec les deux premiers groupes ( Horo et Modini).

•        Les Komo ( anciens esclaves et reconnus comme tels dans SONINKAAXU) 

Leur statut d’esclaves n’a aucune source islamique valable dans l’histoire ancienne comme récente des soninkos. Ils sont majoritaires presque dans toute entité de groupement soninké. Anciennement possédés par les Horo, les Modini et certains Niaxamalani à travers une exploitation esclavagiste, ces personnes sont les véritables victimes des clichés de la fierté-Soninkaaxu d’aujourd’hui. Le système est conçu contre eux et sur eux, et dans l’imaginaire collectif selon les bonnes convenances soninké, toute promotion dans tous les domaines serait illégitime pour eux. Ils sont bien vus par les autres, s’ils acceptent d’être d’éternels subalternes prédisposés à certains comportements peu enviables (danses, langages vulgaires et autres). Des nos jours l’exploitation esclavagiste n’existe pas dans les faits mais par des séquelles tenaces, les Komo sont liés très souvent à des familles d’anciens maitres qui semblent entretenir leur fierté d’antan.Les KOMO se sont émancipés économiquement et intellectuellement dans le monde moderne devenu un gros village, mais le système Fierté-Soninkaaxu continue d’exercer une influence négative rappelant leur passé et leur statut d’inférieur. En effet cela est marqué par les relations coutumières appelées Laadalamaxu qui organisent tous les rapports sociaux et politiques dans le milieu soninké.Toutes pensées et réflexions qui osent mettre en question ce dispositif vicieux sont taxées de malveillantes à l’endroit de Soninkaaxu.

À ce groupe Komo, on peut rajouter un sous-groupe appelé Dionkourounko, et les personnes de ce sous-groupe se sentent supérieurs aux Komo anciens esclaves qui cultivaient pour les familles féodales. Certains membres du groupe sont marqués psychologiquement et n’osent même pas réfléchir sur le système qui les déprécie tant dans leur dignité humaine.

Après ce court descriptif qui résume à notre sens l’exercice concret de la Fierté-Soninkaaxu à travers les groupes composants, nous nous poserons les questions suivantes :

Comment peut-on promouvoir ce système Soninkaaxu décrit qui sélectionne les honneurs, les fiertés et les dignités de ses membres qui sont tous musulmans… ????? 

En toute sincérité, l’homme soninké s’accrochant à cette stratification sociale peut-il être humainement accompli et ouvert dans ce monde du 21ème siècle… ??? 

Quel sens donnons-nous aux termes Alliés, Solidaires, et Fraternels, si le mariage censé tisser et brasser les peuples du monde dans la paix est proscrit entre nos différents groupes d’une même ethnie… ????

De nos jours, les initiatives par tout type d’associations sont nombreuses dans Soninkara en tout lieu pour la promotion de la culture soninké. Le constat est que les actes réformateurs courageux sont rares pour revoir les rapports entre les différents groupes. On peut même assister à une réaffirmation de cette stratification sociale par certains cercles qui voient par là le socle de l’identité Soninkaaxu. Dans cette optique, promouvoir c’est faire comprendre aux membres de chaque groupe qu’ils doivent entretenir leurs statuts et le faire hériter à leurs descendances.Par une approche contraire, nous définissons « promouvoir Soninkaaxu » par tenir un discours de vérité à nous-mêmes pour construire des bases saines et justes sur lesquelles émergera un nouveau type de « soninké ». Ce nouveau soninké doit se libérer de toutes les convenances hypocrites et mensongères qui fixent le passé accidentel d’un individu stigmatisé à vie par générations.

Le passé d’un individu ou d’un peuple ne s’efface pas, mais il se discute et se critique pour reformer son présent afin d’espérer parfaire son futur.

 Promouvoir le Soninkaaxu en 2013, c’est revivifier la langue soninké, dénoncer les fiertés mal placées basées sur le déterminisme par naissance des uns par rapport aux autres et enfin travailler les mentalités des masses pour l’abandon des raccourcis langagiers qui portent atteinte aux dignités et blessent les consciences de certains parmi nous.
Faire en sorte que l’identité soninké puisse épouser la dignité de l’espèce humaine et la fraternité de la communauté musulmane. 
Notre prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : « le musulman est le frère du musulman, il ne doit pas le tromper ni le trahir. Tout ce qui appartient au musulman est sacré pour le musulman : son honneur, ses biens et son sang. La crainte d’Allah se trouve ici (il dit ceci en indiquant son cœur). Le seul fait de mépriser son frère musulman suffit pour que la personne sombre dans le mal ». Ô chers soninko, ce hadith de notre bien aimé paix et salut sur lui peut nous être très instructif pour revoir la qualité d’être musulman chez nous.

La mixité par le mariage est-ce possible dans soninkaaxu… ???

Par nos convenances coutumières, les castes sociales ne se valent pas, et le mariage source d’alliance, de mélange et de brassage des peuples est proscrit entre certains groupes et d’autres. Nous allons axer notre travail sur le mariage pouvant concerner un individu soi-disant de lignée noble et un autre issu des anciens esclaves.Le mariage, un acte humainement, civilement et religieusement honorable et recommandé est instrumentalisé par la fierté-Soninkaaxu pour sauvegarder la discutable noblesse des familles féodales par rapport aux anciens esclaves. Le pire qui puisse arriver aux gens féodaux, c’est qu’un de leurs se lie par le mariage avec un ancien esclave.Les rapports extraconjugaux déshonorants humainement et interdits(HARAM) par islam sont préférables et même tolérables dans l’hypocrisie qu’un éventuel mariage légal sur tous les domaines (civiques et religieux) .On s’autorise le blâmable indigne et par grandeur imaginaire mal placée, on s’interdit l’honorable, le franc, et le juste. 
Face à cette situation contradictoire née d’un orgueil aveugle, nos religieux sont rares à dénoncer cette fuite en avant, par des avis clairs et tranchants qui choquent.
Et nous nous referons au hadith prophétique suivant d’après Abu Hurayra( Qu’ALLAH l’agrée),le messager d’Allah( paix et salut sur lui) a dit : « lorsque se présente à vous pour une demande de mariage, celui dont vous êtes satisfaits en ce qui concerne sa religion et son comportement moral, mariez-le ! Si vous ne le faites pas, cela engendrera le désordre sur terre et une large corruption. » Pour beaucoup d’entre nos religieux coutumiers, sans analyser les sources de l’esclavage dont il est question en islam, ils héritent et transposent passivement les traditions esclavagistes des arabes, sur leurs semblables de race, de religion et d’ethnie. Certaines jurisprudences conçues par des penseurs arabes, codifient l’esclavage en l’islamisant même, mais par hasard il ne s’applique qu’aux autres peuples non-arabes mêmes musulmans.

Le marabout du Guidimaxa qui légifère sur ses frères taxés d’anciens esclaves ou d’esclaves serait considéré comme un esclave dans l’imaginaire collectif du monde arabe musulman. Dans ce cas, la logique veut que nos penseurs, nos savants et nos étudiants en sciences religieuses reconsidèrent leurs positions de suiveurs passifs de certaines doctrines disant islamiques mais plus que traditions arabes qu’autre chose. Nous constatons un espoir inattendu qui émerge au sein des communautés musulmanes en Europe ; il est plus fréquent de rencontrer un couple mixte « négro-africain et arabe » en région parisienne que dans toute la Mauritanie. Ces jeunes musulmans nés en occident ont compris que l’islam a une philosophie de l’Homme qui ne hiérarchise pas les peuples en fonction d’une prétendue supériorité filiale mais sauf le degré de foi compte en islam.Dans un autre registre moins rassurant, nous remarquons dans certains forums sur les réseaux sociaux ( facebook) où d’autres jeunes soninké cherchant un futur conjoint mettent en avant leur caste sociale parmi les critères de choix au sein de la communauté. On voit par là que la transmission de cette stratification sociale fonctionne au sein des familles soninkés en occident mais en même temps on assiste à des déchirures familiales pour les jeunes qui enfreindraient à la règle.

Paradoxalement, cette donnée caste sociale qui freine et pose problème à la mixité intra-communautaire par le mariage, devient moins problématique pour la famille quand il s’agit d’un projet de couple avec un étranger à la communauté. Dans ce dernier cas, les familles s’intéressent à la religion de la personne étrangère (Musulmane ou pas), ses origines sociales ne sont pas scrutées.
On comprend pourquoi le système des castes est un vice assumé dans la société soninké qui ne tiendra pas dans le futur.

Le drôle d’affranchissement

Dans le milieu soninké, le statut islamisé d’esclave existe se basant sur certaines jurisprudences héritées des arabes. Les tenants acharnés du système des castes ont instrumentalisé ces jurisprudences controversées sur l’esclavage, pour donner un caractère légal à leurs actes.Par exemple des nos jours, une femme de caste komo qui perd son époux ne doit observer que la moitié de la durée légale de deuil pour une femme libre. Certains de nos religieux semblent cautionner ces faits et cela légitime plus le système en place. Il est à noter quelques exceptions ; Mr Madiakho Tandjigora du Sénégal, un cheikh penseur soninké s’est engagé depuis plusieurs années dans un travail de déconstruction par des écrits, des supports audio-visuels dénonçant et contestant le bien-fondé de l’esclavage et ses travers au nom de l’islam.

On constate dans cette logique légaliste sur la base de l’islam, des cas d’affranchissement des esclaves et avec la complicité mesquine et ridicule des certaines personnes issues de la caste komo. Ces personnes qui se laissent faire dans cette procédure d’affranchissement, ne s’humilient plus davantage en se croyant supérieures à leurs frères de sang. Pire encore, elles n’ont aucune chance de se marier avec les membres de la caste Horo, ni d’atteindre un quelconque statut honorifique.

Que pouvons-nous faire pour déconstruire à la racine ce système des castes dans lequel les différentes castes ne se valent pas ???

On est tous victimes dans un sens ou l’autre. Les tenants obsédés du maintien risquent de tomber dans l’orgueil primaire lié à une soi-disant lignée élue à préserver et en contradiction avec la morale et la fraternité musulmanes. Il est connu qu’en Islam, le frère de religion prévaut sur le frère de sang de culte différent.Le conseil salutaire pour ces gens est tout simplement ; si l’on devenait musulman en prévalant dignement sa qualité de musulman sur celle d’un statut coutumier obsolète.

Le musulman ne déshonore pas ses semblables, ne stigmatise pas ses proches et n’humilie pas ses frères en religion sur des bases peu avouables.Les gens qui subissent les injustices du système doivent revoir leurs comportements qui suscitent les stigmatisations et les mépris à leur égard. Ils doivent apprendre, chercher et parler librement sans tabous sur le mal que constitue cette stratification sociale pour eux. Il leur faut défier certaines convenances coutumières ( Ladalamaxu) qui perpétuent le système dans une version paisible à l’apparence mais vicieuse au fond en liant différentes familles. Ces attaches qui lient des familles de caste Horo et d’autres de caste Komo pourraient être fraternelles et enrichissantes par des possibles mariages dans la dignité humaine et musulmane.
Nous faisons un appel pressant à nos instruits et intellectuels dans toutes les disciplines (religieux et autres) pour des prises de positions courageuses et libérées de toutes les convenances du milieu originel. Ils doivent sortir des contradictions intellectuelles dans leurs réflexions ouvertes au monde d’aujourd’hui, le combat pour la dignité et l’honneur de l’homme il n’y peut avoir de zones intouchables. A une échelle étatique, voire mondiale, on se verrait victime du racisme de la part d’autres peuples, mais en même temps on oublie que sa propre caste sociale stigmatise et déshonore d’autres castes sociales dans le même groupe ethnique.

Le relativisme n’est pas admis dans les luttes contre les injustices touchant l’essence de l’Homme, il nous est demandé un engagement sérieux et juste quel que soit l’échelle dans laquelle nous évoluons ; dans notre monde, dans notre pays, dans notre ville, dans notre village et même dans notre famille.Une ouverture en droit aux chefferies traditionnelles doit être envisagée en sortant d’une exclusivité à une seule caste, des nos jours il est inadmissible qu’une personne plus âgée dans notre milieu soit illégitime à la chefferie à cause de sa caste sociale quelconque.Les jeunes issus de la caste Horo doivent avoir le recul et le discernement nécessaires pour admettre qu’une personne de même âge que leurs parents se doit d’avoir les mêmes honneurs et considérations selon les normes nobles de notre culte islamique qui est juste par essence.

Comment peut-on s’estimer honoré quand le vieux de 60 ans doit se déplacer vers toi, jeune de 40 ans pour la gestion des affaires communautaires.. ??? 

Nous devons mettre en avant les compétences des personnes sans disqualification par statut social dans la gestion de toutes nos affaires (religieuses et autres), par exemple on devrait être Imam par savoir-faire reconnu et non par héritage dû d’office.Nos frères se reconnaissant dans la caste Niaxamala doivent revoir leur rôle dans la société en mettant en avant la vérité sur notre passé avec critique constructive et en abandonnant les fables légendaires qui ne tiennent pas. Ils doivent œuvrer pour une réconciliation digne et responsable basée sur des principes islamiques et des valeurs humaines qui ne sélectionnent pas les dignités par caste.Une contribution positive sera demandée à nos artistes dans leurs productions, pour inciter et encourager cette nouvelle donne qui nous grandira en tant que peuple du 21ème siècle.Nous devons saluer des initiatives courageuses, comme le cas d’un journaliste soninké Camara Seydi Moussa qui est connu pour l’engagement progressiste de sa plume. Ce natif de Dafort dans le Guidimaxaa mauritanien est le responsable du journal La Nouvelle Expression à Nouakchott. Il est un observateur avisé des mouvements abolitionnistes mauritaniens dont l’IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) de Biram Dah Abeid qui a inspiré le récent réveil de l’engagement anti-esclavagiste en Mauritanie depuis 2008. Monsieur Camara Seydi Moussa a marqué son auditoire à l’occasion d’une conférence à Massy (Région parisienne) le 30 Mars 2013 en dénonçant les stigmatisations dont sont victimes les anciens esclaves négro-mauritaniens de nos jours. Il a illustré par le cas soninké qu’il connait bien par une prise de position inédite en la matière dans le milieu soninké où souvent tout se fait et se sait mais rien ne se dit ouvertement.
Nous appelons toutes les personnes déterminées de rejoindre l’ARMEPES-France(Association de Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques de l’Esclavage et ses Séquelles)pour en finir avec ces tares du système chez nous avec méthode et intelligence et non par une approche accusatrice sur des individus particuliers. Elle est une association créée par les personnes issues de caste Komo et ouverte à toutes et tous (voir http://www.mauritanie-egalite.org) dont le but est de conscientiser le monde négro-mauritanien voire négro-africain sur les séquelles esclavagistes qui persistent par les comportements et les mentalités.Des actions ont été réalisées depuis sa création, par exemple une conférence en 2011 animée par Cheikh AbdoulayeTraore de Tistayé du Guidimaxaa mauritanien, l’un des membres fondateurs de l’association. 
Objectif premier est d’évacuer le caractère tabou du sujet et de préparer les consciences et les mentalités à une nouvelle approche des termes comme Égalité, Justice, Honneur, Dignité et Fraternité entre les Hommes et en particulier entre les musulmans. Il nous faudra cette synergie pour changer les mentalités et les comportements dans nos rapports respectifs en tous lieux. Par cette voie, nous sommes convaincus qu’un nouveau soninke émergera et il serait plus humaniste et musulman au sens noble et moins coutumier et orgueilleux au sens sectaire. 

oui, oui, oui :

Soninkaaxu rime grandeur si

Notre faiblesse originelle a pris fin par l’islam

l’Islam a pris place sur l’ignorance du Bida malheur

Bida malheur de Wagadu sans l’Islam

l’Islam libère l’homme de Wagadu des obscures douleurs

Des poches d’obscurité entachent Soninkaaxu de l’homme

L’homme soninké d’aujourd’hui se laisse gêner par les stigmates nocifs du Wagadu malheur

Alors que l’Islam compris et appliqué soigne tout malheur chez l’homme

Soninkaaxu choisit enfin Islam bonheur.. !!!

K.S

Soninkidees-J’ose

03-04-2015 21:45 – L’esclavage en Mauritanie : L’institution religieuse sort enfin une Fatwa d’interdiction

L’Authentique – C’est indéniablement l’une des plus grandes victoires que vient de remporter le mouvement IRA qui, en 2012, s’était attaqué aux fondements du système esclavagiste en Mauritanie, en l’occurrence les ouvrages que les partisans du mouvement appellent les« Livres du Code Noir ».

Les Ulémas mauritaniens ont longtemps refusé d’émettre un Edit criminalisant l’esclavage, d’où l’impact de la décision qu’ils viennent de prendre, mardi 26 mars dernier, en déclarant que « l’esclavage n’est plus légale à partir de ce jour ». 

Au cours d’une conférence de presse animée mardi 26 mars 2015 à Nouakchott, l’Association des Ulémas de Mauritanie, l’instance suprême qui regroupe les voix autorisées de l’Islam dans le pays, a déclaré, par la voix de son Secrétaire général adjoint, Cheikh Ould Saleh, en présence du président de l’association, l’érudit Hamden Ould Tah et des membres du bureau exécutif, qu’il « n’y a plus, à partir d’aujourd’hui, d’esclavage légal en Mauritanie ».

Cette décision aurait été prise, selon la déclaration, en fonction de la situation sociale et politique que vit le pays. Cette déclaration qui tient lieu de Fatwa devient, selon la déclaration, imposable à tous les Ulémas et érudits du pays. 

Cet Edit qui cite la loi de 1981 abolissant l’esclavage stipule ainsi qu’à partir de cette date du 26 mars 2015, il n’existe plus d’esclavage légalement reconnu par la religion et que toute persistance dans cette pratique sera considérée comme nulle et non advenue. Et de lancer un appel aux parties concernées afin qu’elles mettent tout en œuvre pour éradiquer les séquelles historiques de ce phénomène.

Ainsi, explicitement, les Ulémas reconnaissent d’abord que cette décision résulte d’une revendication sociale fortement menée par les organisations des droits de l’homme du pays, sous-tendus par la pression internationale, et ensuite, que l’esclavage a toujours été pratiquée hors de la norme islamique dans ce pays.

Deux constats qui viennent légitimer le combat mené par les organisations des droits de l’homme et les antiesclavagistes comme IRA, SOS Esclaves, El Hor… Ainsi, du fond de leur prison à Aleg, les leaders du mouvement antiesclavagiste IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste), en l’occurrence le président Birame Dah Abeid et Brahim Bilal, doivent se frotter les mains. 

Ils viennent de remporter une victoire historique sur l’ordre féodal esclavagiste sur lequel reposait jusque-là toute la théorie de légitimation du phénomène. En brûlant publiquement en 2012, les ouvrages de rite malékite qui donnaient à la pratique esclavagiste ses armes religieuses, les militants du mouvement IRA avaient d’abord provoqué l’indignation, puis la réflexion et enfin l’évidence d’une raison prééminente.

Le coup mortel que le mouvement IRA avait porté à la cuirasse de l’ordre religieux a finalement porté. La nomenklatura religieuse qui a tenté de résister à l’onde de choc a finalement cédé sous le coup de boutoir des pressions nationales et internationales.

Ses plus augustes représentants, réunis dans la très officielle Association des Ulémas de Mauritanie, présidée par l’érudit Hamden Ould Tah, viennent en effet de décréter que « l’esclavage n’a pas de fondement religieux ». 

C’est la première Fatwa émise à ce sujet, après quatorze siècle de pratiques esclavagistes savamment saupoudrés du vernis de la sacralité et consignés dans des ouvrages qui ont forgé la connaissance empirique de milliers d’apprenants dans les Mahadras mauritaniennes. Réagissant à la Fatwa inédite, le mouvement El Hor, autre tendance de la lutte antiesclavagiste, a exprimé sa joie et sa délivrance.

A présent, El Hor exige l’application de cette Fatwa dans les faits, à travers la mise en action des textes criminalisant l’esclavage, l’implication de segments de l’Etat, notamment les institutions chargées de la sécurité et de la justice, à traquer les cas résiduels. 

Selon El Hor, la matérialisation des actes que l’Etat mauritanien ne cesse de poser tout au long de ces années doivent sortir du carcan théorique pour se traduire en pratiques réelles. Il s’agit par delà les cas d’esclavage à dénicher, de mettre fin aux séquelles du phénomène par des politiques courageuses destinés à lutter contre les inégalités sociales, le racisme, la ségrégation et la marginalisation des victimes anciennes et présentes de ces pratiques.

JOB 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

02-04-2015 22:30 – Samba Thiam président du FPC à propos de la conférence de presse du Président de la République

Le Calame – “J’ai cru déceler chez le président cette tendance permanente, obstinée, à minimiser les problèmes, voire les occulter, aussi sérieux et graves qu’ils soient”

Vous avez suivi comme nombre de mauritaniens la conférence de presse du président de la République, jeudi dernier. Quelles leçons en avez-vous tirées? 

-Essentiellement trois : La première a trait à l’ambiance même de la rencontre : lourde, tendue, presque crispée. La deuxième impression renvoie aux réponses du Président. Hésitantes, quelque peu mal assurées; je n’ai pas eu le sentiment qu’il se dégageait de cette conférence une assurance dans la maitrise des dossiers et des chiffres. Autre impression, j’ai cru déceler chez le locataire du palais ocre cette tendance permanente, obstinée, à minimiser les problèmes, voire les occulter, aussi sérieux et graves qu’ils soient! Celui de la Snim, présentement, celui de la cohabitation, depuis toujours; « les chiens aboient la caravane passe », traduit à la perfection l’attitude du Président, telle que je la perçois.

Quelque chose enfin que j’ai noté: un ‘’lapsus’’ de comportement du Président, significatif, révélateur du peu d’intérêt qu’il porte pour nous négro-africains. 

Je passe sur le choix du panel des journalistes sélectionnés, essentiellement arabophones et Arabo-berbères; un seul francophone, un négro-africain qui, à son tour, au lieu d’oser jeter un pavé dans la mare en s’adressant au Président en Pulaar, choisit de poser sa question en français ; question, du reste, bidon ! Et c’est là qu’intervient le ‘’ lapsus’’ dont je parlais … 

Le Président Aziz , hésitant un peu après la question posée en français , demande alors au journaliste s’il doit répondre en Français ou …, puis se décide à le faire en français , – et c’est là qu’intervient le ‘’lapsus ‘’- ; puis, tout ‘’naturellement ‘’, se traduit automatiquement en hassanya …pour les ‘’autres’’ ! Lapsus singulier, révélateur d’une mentalité ; lapsus qui en dit long sur l’attitude singulière d’un Président, peu soucieux des autres, à l’esprit absolument pas tourmenté par le souci d’équité et d’équilibre vis-à vis de ses sujets…

En effet, à aucun moment, il n’est venu à l’esprit de Ould Abdel Aziz qu’il existe d’autres nationalités mauritaniennes, non arabophones; ni après son exposé introductif lapidaire, ni pendant les 9/10e du temps de la rencontre ! Pas un seul instant l’existence de ces milliers de locuteurs en français, tout aussi mauritaniens que les hassanophones, n’a effleuré son esprit ! 

Le comportement sectaire et teinté de mépris du Premier ministre Ould Mohamed Laghdaf, il y a quelques années, trouve ici son origine, ‘’parler arabe ou s’écraser…’’

Cette attitude de négation des uns n’a pas commencé avec cette conférence… Elle est coutumière de la politique du Président Aziz à travers ses conseils de ministres, à travers l’enrôlement en cours, à travers le recrutement et la promotion au sein des forces armées et de sécurité, à travers la composition monoethnique de la cohorte qui peuple nos grandes écoles spéciales. 

L’unité nationale ne peut se fonder que sur le respect mutuel, que sur l’égale dignité des composantes nationales. La Mauritanie n’est pas qu’arabe; elle est arabe et négro-africaine! Elle est hassanophone, pulaarophone, wolofone, francophone …

Cette négation des autres, chaque jour plus marquée, comme par défi, comme par provocation; à travers l’octroi sélectivement ethnique des médias privés qui participent de l’étouffement de toute expression autre que Hassanya. 

On l’a observé, il n’y a guère de temps, avec le limogeage de Bah Ould Saleck, communicateur professionnel, consciencieux, viré pour ‘’ délit de complaisance ‘’ à l’endroit des négro-africains ; il lui était reproché d’octroyer trop d’espace à l’expression du Pulaar, du français, du Soninké ! Sahel Tv vient de récidiver avec le jeune Gaye qui insistait pour me recevoir sur son plateau. 

Il n’y a pas longtemps c’était au tour de Hanevi –directeur talentueux de Watanya, de faire les frais de ce sectarisme; puis s’en suivit la suppression de l’émission, à succès, de Beylilatou, remplacée par une autre en arabe, avec la complicité d’intellectuels arabo-berbères de formation francophone de souche, qui se prêtèrent au jeu …

Au niveau des radios, nous avons assisté à la même pratique : suppression de l’émission pulaar à Saharamédias, de ‘’Kaalden goonga ‘’ à Mauritanides, sous prétexte de ‘’ panne de radio ‘’ … Je n’ai pas évoqué la pléthore de ces autres radios qui émettent les 9/10e du temps en arabe…

Devant le rétrécissement programmé de l’espace d’expression francophone, il ne reste, pour la frange monolingue francophone, qu’à se rabattre sur RFI …Pas un mot, pas une ligne pour dénoncer, stigmatiser, cette dérive. Un silence surprenant de la part de nos intellectuels arabes honnêtes, et de nos forces de gauche, si volubiles, si promptes à parler de tout et de rien, sauf… de l’essentiel…

Alertons encore une fois l’opinion pour dire que nous empruntons un chemin dangereux… Rappelons, encore une fois, que les germes du génocide, de la partition du Soudan, avaient pour nom ’’ impunité, complexe de supériorité, arrogance, mépris de l’autre’’, toutes choses aujourd’hui réunies chez nous ! 

L’unité, encore une fois, doit reposer sur le respect mutuel et l’égale dignité … 

Une nation ne pouvait être moitié, libre moitié esclave, disait A. Lincoln, … 

-Que pensez-vous la réponse du président sur la grève, depuis bientôt deux mois, des employés de la SNIM?

J’ai noté la même intransigeance, la même attitude à fermer les yeux sur les problèmes graves … je l’ai déjà dit plus haut. Il prendra peut-être conscience de ces erreurs quand il sera trop tard …

-Vous avez l’air déçu?

-Oui, absolument ! On pourrait dire que la montagne a accouché d’une souris ; à moins que le Président se soit ravisé en chemin…

– Quelle lecture faites-vous par ailleurs de la situation sociale globale ? 

-Je perçois, à travers certains signes, comme un grondement lointain qui sourd, se rapproche, en s’amplifiant ; une sorte de révolte sourde, diffuse mais perceptible.

E. Durkheim aimait à comparer le corps physique au grand corps social ; j’ai le sentiment que, comme pour le corps physique, certains symptômes annonciateurs de la fièvre se manifestent. Notre corps social semble atteint de frémissement, comme dans une sorte d’incubation avant l’éclatement de la fièvre … 

Beaucoup attendaient quelque chose sur le dialogue en gestation depuis quelque temps. Pensez-vous M. Thiam que ce dialogue, tant attendu, aura lieu ? 

-A entendre le président Aziz qui rejette tout préalable au dialogue et au regard de la position du FNDU qui y tient, je ne vois pas comment le dialogue pourrait se tenir. Il faudrait être d’un optimisme démesuré pour y croire. 

Pour ma part, de toute façon, un dialogue centré essentiellement sur des questions périphériques, mû par l’esprit du « ôte-toi de là que je m’y mette » n’est pas ma préoccupation, encore une fois. Alors qu’il se tienne ou ne se tienne pas, je n’y vois pas grand intérêt.

Propos recueillis par DL 

Source crédit :cridem.org

Soninkidees-J’ose

02-04-2015 15:35 – Procès : Audience des treize étudiants

Ibrahima Samba Dioum – La 28ème chambre du tribunal correctionnel était comble ce matin. Le public est venu en nombre pour écouter les griefs faits aux étudiants mauritaniens par leur ambassade de Paris. L’audience a commencé vers 10 heures. Elle s’est déroulée dans un calme total. Les acteurs au procès se sont succédés en toute courtoisie.

Comme le veut la législation, le tribunal a rappelé les faits reprochés aux prévenus. Il parle de dégradation volontaire en réunions de biens privés. En deuxième position, les prévenus passent un après l’autre devant le tribunal. Ils parlent tous de la même voix « nous n’avons ni dégradé du matériel ni agressé le personnel. Nous avons au contraire eu droit à des injures racistes proférées par le premier conseiller de l’ambassadeur de l’époque ».

Jusque là tout est normal. Le théâtre commence lorsque l’avocat de la partie civile commence sa plaidoirie. Il demande 62000 euros de dommages-intérêts. Pour cela, il présente les preuves rafistolées par l’Ambassade. Il s’agit d’un devis d’installation d’un système de vidéo-surveillance dans l’ambassade et d’un autre d’un devis établi par l’ambassadeur Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khil. 

Ce dernier mentionne que des ordinateurs de bureau, des tables, des chaises, des armoires et des réfrigérateurs ont été endommagés par les étudiants. Il dit aussi que des vitres et de carreaux ont été cassés et que le câblage de l’ambassade à été sectionné par les pauvres étudiants. Pour donner du poids à ces devis, la partie adverse présente des factures de certains des éléments cités.

Les supposées preuves n’ont fait que faciliter la plaidoirie de Maitre Touré et de Maitre Word. Les deux avocats de la partie adverse montrent d’abord qu’un devis ne doit être établi que par un expert et donc que le devis fait par l’ambassadeur qui se croyait avoir toutes les compétences, n’a aucune valeur juridique. Les deux Hommes, toujours très posés et très attentifs ont vu que le devis d’installation n’est qu’un projet de l’ambassade et donc qu’en aucun cas, il ne peut être facturer aux étudiants.

La vigilance de Maitre Word et de Maitre Touré a aussi permis de voir quelque chose pour le moins comique: parmi les documents présentés, figuraient des factures d’ordinateurs appartenant à des familles et des étudiants. Cela a mis mal à l’aise la partie civile.

Pour finir, Maitre Touré et Maitre Word s’aperçoivent que l’Huissier qui a été dans les locaux de l’ambassade n’a constaté qu’un seul câble endommagé; un câble endommagé par qui?

A la fin de la plaidoirie des deux Hommes, l’avocat de l’ambassade était comme gêné par ses preuves pitoyables. On dirait aussi qu’il craignait que le plaignant ne devienne accusé. Il n’a donc jamais repris la parole.

Avant la fin de l’audience, le Procureur a demandé un sursis et une amende de 3000 euros par partie au titre de dommages-intérêts. Enfin, la Présidente du tribunal a mis l’affaire en délibéré au 15 avril 2015. Les preuves fournies montrent de quoi est capable l’Ambassade de Mauritanie à Paris et en disent long sur ses intentions. Poursuivra-t-elle ses manigances pour briser la carrière de ses étudiants? 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

COMPRENDRE LA POLITIQUE À LA « SAUCE SONINKÉ »…!!!

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Le mot   » politique  » dans le langage commun soninké a un sens connoté péjoratif. En effet dire d’une personne en soninké  » politiguinté xorré » est souvent synonyme selon l’approche, d’un individu  » magouilleur, manipulateur, voire malfrat ».
Après cet élément introductif et primaire du sens de la Politique, nous essayerons de détailler les différents sens qu’un soninké type pourrait comprendre ou sous entendre en fonction de son cadre d’évolution.
La politique classique basée sur des valeurs saines et justes, se parle à toutes les langues et à tous les hommes en vue de réaliser leur bien être individuellement et collectivement. En effet, elle a un idéal de l’être humain donnant sens aux valeurs suivantes: la Dignité, l’Honneur, le Respect, la Solidarité, la Justice , la Tolérance et la Fraternité. Et c’est aussi par cette approche de la Politique, que l’Autre très différent de Nous pourrait être accepté en Nous, par Nous et chez Nous sans quelconque déterminisme exclusiviste .
Elle constitue l’arme essentielle contre les xénophobes, les racistes, les sectaires et les communautaristes obsessionnels, qui se structurent et s’alimentent à des diverses manières par la négation et le rejet de l’Autre. C’est par elle que presque tous les partis politiques dignes s’inspirent comme idéal afin impacter le réel par l’exercice démocratique.

Cependant, nous dirions que tous les soninkés, qui minoritaires dans leurs pays d’origine et souvent accueillis dans d’autres pays, seront parmi les premiers à saluer et apprécier une telle approche hospitalière de l’exercice politique. Par exemple; en France lors des dernières élections municipales, des hommes et des femmes d’ethnie soninké ont été élus au sein des conseils municipaux. L’engagement de ces personnes est à saluer, mais nous devons surtout mettre en écho les dispositions juridiques, progressistes et humanistes qui ont rendu possible leur élection par un électorat mûri démocratiquement.
Certes, nous sommes face à des situations porteuses d’une certaine morale humaniste de la politique par rapport à ce qui se fait chez nous en interne. Le français d’ethnie soninké élu dans une ville de la région parisienne, aurait peu de chance de pouvoir postuler à un poste similaire dans une autre commune que celle de son terroir d’origine dans nos pays.
En effet, par le pourquoi de ce paradoxe saisissant, nous abordons ce qui s’apparente à une certaine compréhension de la chose politique en vigueur dans nos terroirs coutumo-traditionnalistes. Cette approche de la politique comme l’exercice d’un certain pouvoir quel que soit l’échelle, définit l’organisation de la cité soninké. En effet tout s’organise par cette politique exclusiviste basée sur le déterminisme de naissance.
Par cette politique particulière, nous reconnaissons nos partis; ce sont nos clans familiaux ou d’alliances historiques (par exemple: Hayaninko, Botokholonko,Hokolounko, Baraninko, Gangarinko et d’autres…).

Ces clans constituent des entités politico-féodales et transnationales sur lesquelles et par lesquelles se structurent tous les rapports politiques et politiciens du monde soninké. La politique mise en place par ces entités féodales conditionne et identifie « l’homme soninké » à un clan et à un statut social de naissance. Les convenances coutumières soignent à vie consciemment ou inconsciemment ce socle d’identification de « l’homme soninké », qui selon son appartenance statutaire peut être l’éternel servi et honoré au nom du clan, ou l’éternel serviteur et subalterne du clan.
Le monde politique et politicien à la « sauce soninké » s’anime par cette catégorisation où la qualité par le nombre importe peu, mais c’est plutôt le statut hérité d’un passé peu glorieux sur les valeurs humanistes qui fait la légitimité à vie. Cette norme de la chose politique qui a un aspect quasi – monarchiste est mise en avant au sein de la cité soninké.
Dans certains milieux, nous constatons que l’exercice moderne de la politique est faussé par cette logique clanique et féodale jouant le clientélisme. Dans le cas mauritanien, en concert avec le tribalisme Beydhane, le féodalisme politique soninké donne peu d’importance à la notion du vote libre pour chaque citoyen en toute indépendance par rapport au groupe. Lors des élections législatives et municipales de fin 2013 dans le Guidimaxaa mauritanien, des partis politiques nationaux s’étaient faits utilisés comme couverture pour des affrontements acides entre clans politico-féodaux dans plusieurs communes majoritairement soninké. Profitant du faible niveau d’instruction civique parmi nous, les politiciens clientélistes bien introduits à Nouakchott manipulent les consciences par des considérations d’identification clanique en sabotant l’émergence de l’État-nation par  le vote libre et citoyen.
Avec pareils déchirements intra-communautaires pour une hégémonie primitive à une échelle communale, nos hommes politiques soninkés jouant ce jeu ont peu de chance d’assumer le rôle d’Hommes d’État un jour. Si l’intérêt général dans une commune de 15000 habitants se fait traîner dans la boue à cause des grandeurs mal placées liées aux velléités féodales, les 3 ou 4 millions de nos compatriotes attendront peu de choses de notre giron. Nos divers mouvements et associations s’inscrivant dans cette norme des choses verront peu de réformes aboutir à l’échelle intracommunautaire comme nationale. Nos différents objectifs quoique nobles et sincères seront brouillés par des légitimes suspicions si nous ne revoyons pas nos logiciels prédisposés issus de nos cadres de référence ethniques, tribaux, claniques et communautaires. Notre appel au Changement sans nos propres changements ne fera aucun écho nulle part.

Qui ose se changer aujourd’hui chez soi, peut espérer faire changer l’autre demain chez lui…!!!

Acceptons d’être « l’objet » d’un changement d’abord avant d’être le sujet du Changement prêché auprès dautres.
Et au final, si on osait faire bénéficier politiquement avec ouverture à l’Autre ce qu’on a pu bénéficier sous d’autres cieux en s’y vantant…!!!

K.S

Soninkidees-J’ose

Un bref aperçu sur la question foncière en pays soninke ; le cas du guidimagha mauritanien

 

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Les villages soninke sont plus vieux que la Mauritanie actuelle et ses lois fondamentales en vigueur. Ils s’étaient constitués sur ses terres à travers des batailles entre différents clans et contre d’autres peuples (Les maures et d’autres) selon les endroits. Pendant la période coloniale, l’administration coloniale reconnaissait tacitement les influences et l’occupation de chaque clan sur des périmètres plus ou moins définis. Ces clans liés par des liens ancestraux devenus propriétaires terriens possédaient des esclaves qui participèrent grandement aux conquêtes et aux travaux de débroussaillement.Un système féodal quasi princier fut mis en place pour régir l’organisation de la cité soninke. Politiquement, cette cité soninke est dirigée par les familles féodales par héritage selon les bonnes convenances fixées dans l’histoire du plus vieux d’entre eux. 

–L’exercice du système féodal sur les terres ; exemple type d’une famille féodale

Une famille féodale possède généralement ses parcelles de terres fertiles issues du partage des terres entre membres du clan propriétaire du site villageois. Elle faisait fructifier ces terres avec la main d’œuvre exploitable à merci composée essentiellement des esclaves ( personnes volées, achetées ou exploitées par misère sociale).Ces esclaves avaient droit à un misérable traitement consistant à quelques parties des parcelles qu’ils essayaient de mettre en valeur pour leurs familles pendant leurs disponibilités limitées pour eux-mêmes, c’est-à-dire les fins de journées ouvrables ou un jour spécifié (vendredi par exemple).Les principaux revenus de la famille féodale venaient des cultures et elle s’enrichissait par ce biais tout en entretenant son statut dans le clan. Elle se croyait dans son droit d’exploiter des personnes considérées ( Esclaves) se basant à tort sur une certaine interprétation des préceptes juridiques islamiques par un autre groupe pilier du système féodal ( les marabouts religieux « Modini »).Un semblant pacte entre ces marabouts religieux « Modini » et les clans féodaux constituait le socle du système.Les esclaves n’avaient pas droit à des parcelles par possession issues du partage des terres fertiles.

Ce joug par le chantage des terres consistant à les rendre dépendant de leurs maitres avait fonctionné longtemps et continue dans certain sens.A voir de près , le système a presque pris fin sur son ancien modèle et de même que l’exploitation esclavagiste. Il a surtout perdu son sens primaire dans l’optique où les anciennes possessions (personnes esclaves) pourraient être des potentiels propriétaires terriens dans un nouveau cadre organisationnel (Commune, Département, Région et État).

Quelques dispositions légales du code foncier mauritanien en vigueur 

Chapitre IV- l’individualisation des droits fonciers collectifs 

Article 36- les propriétés terriennes agricoles acquises, antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi 60.139 du 2 Août 1960 portant organisation domaniale et exploitées en commun par des collectivités traditionnelles, sont, si l’ordre social l’exige, réparties entre tous les membres de ces collectivités qui ont participé à la mise en valeur initiale desdites propriétés ou contribue à la pérennité de leur exploitation.

Article 37- Bénéficient du partage des collectives dans les conditions fixées par l’article 36 ci-dessus, les personnes qui, sans avoir été recensées administrativement dans la collectivité concernée, y ont vécu de façon permanente et ont, à ce titre participé à la mise en valeur des dites terres. 

Article 38- Les personnes qui, de leur propre initiative ou avec l’accord de leur collectivité, ont entrepris la construction ou la réfection d’un ouvrage de retenue d’eau ou procédé à tout aménagement de nature à améliorer la rentabilité d’une terre collective dont elles bénéficiaient avant le partage, ne peuvent avoir à l’occasion de ce dernier, aucun avantage supplémentaire par rapport à tous les autres bénéficiaires. 

Article 41- Qu’elle résulte d’accord amiable constaté par l’autorité compétente ou de décision prise par cette dernière, la redistribution des terres collectives sera effectuée, sans discrimination d’aucune sorte, de manière équitable et de façon à sauvegarder les intérêts des personnes bénéficiant des dispositions des articles 36, 37 et 38 du présent décret. Source: Décret n° 2000-089 du 17 juillet 2000 et publié le 15-10-2000 au JO de la RIM.

Ces différents articles en vigueur par le nouveau cadre nous enseigne, et nous verront leur exercice concret très relatif sur les réalités soninké.
Dans le milieu soninke, ces articles qui régissent le domaine foncier mauritanien s’applique plus ou moins. Les terres prises par un citoyen lambda pour en faire une maison ne pose pas de problème généralement mais celles occupées pour des cultures sont revendiquées par les anciens propriétaires sous le modèle coutumier dans bien des cas.
Concernant le domaine irrigable partagé en parcelles entre les clans d’anciens féodaux, nous n’assistons pas à une redistribution entre différents membres villageois qui participèrent tous grandement au débroussaillage des terrains. En effet le maintien sur certaines parcelles des descendants d’anciens esclaves est sujet au bon vouloir capricieux des certaines familles d’anciens féodaux qui en font d’objet des chantages dans certains cas.
Ce joug psychologique par les terres fonctionne par la menace de retirer leurs possessions confiées aux personnes qui oseraient défier l’ancien ordre coutumier dans les affaires sociales et politiques du milieu villageois. Le système admet qu’un descendant d’ancien esclave ne puisse pas hériter définitivement les parcelles que son ascendant avait depuis plusieurs années et parfois par un moindre différend sur quelques sujets particuliers, pourrait résulter d’un retrait sans ménagement d’une terre cultivable. Pour un descendant d’anciens esclaves, l’héritage de droit incessible d’une terre lui est contesté et contestable par ce système qui le considérait lui même comme une possession matrilinéaire de son maître par héritage dans le passé.

Après ce résumé sans doute non exhaustif des mécanismes qui régissent plus ou moins le foncier chez les soninké, nous proposons une approche basée sur la solidarité, la justice, et la fraternité par ces différents points applicables à notre sens :

1- Reconnaître le droit de propriété pour les descendants d’anciens esclaves sur les terres occupées dans le passé, ce qui constitue une légitime réparation de l’exploitation subie injustement dans le passé.

2- Une sincère solidarité basée sur l’humanisme et la foi musulmane entre nos familles dans un respect mutuel.

 3- Aborder la question foncière avec courage en identifiant les différentes problématiques par une approche désintéressée.

 4- Aviser nos sages de la sphère soninkaxu sur la nouvelle donne qui devrait soigner nos rapports.

5- Éviter dans la mesure du possible de s’entredéchirer devant les autorités départementales, régionales et voire mêmes étatiques.

 6- Assister, aider, et considérer l’autre comme coreligionnaire et concitoyen en droits et devoirs réciproques avant de le fixer dans un statut coutumier obsolète qui atteint sa dignité humaine.

K.S

Soninkidees-J’ose

Un cri osé au monde soninké..!!!

Mr Ganda Fadiga, paix à son âme et qu’Allah l’accueille au sein des jardins paradisiaques. Un grand parolier de la caste des griots en milieu soninké décédé en 2009 à Paris. Il avait été adulé pour son talent par soninkara tout entier. Que penserions-nous si l’un de ses descendants devient un grand savant en sciences religieuses ou même profanes…??? Sommes-nous prêts de sortir du déterminisme par caste sociale afin de profiter des nouvelles connaissances d’une telle personne qui n’hésiterait pas forcément ce que son ancêtre faisait…??? Revoir nos logiciels de pensées dans l’imaginaire collectif soninké qui promeut souvent l’auto-disqualification pour l’accomplissement individuel et collectif…!!! A y réfléchir. #ks8

Soninkidees-J’ose