Événement à Bordeaux : Une conférence de soutien au leader abolitionniste et député Biram Dah Abeid emprisonné en Mauritanie.

La conférence organisée, à Bordeaux, par l’association MÉMOIRES ET PARTAGE dirigée par Karfa DIALLO, à l’initiative de Mohamed LAM, un juriste essayiste, s’est déroulé ce samedi 27 octobre 2018 dans les locaux du CLUB DE PRESSE DE BORDEAUX.

Devant l’aberration de l’emprisonnement de BIRAM DAH ABEID depuis 80 jours, ces épris de justice ont convié Moulaye HACÈNE, du mouvement MAURITANIE LAÏQUE, Laura SPINOLA, membre d’IRA FRANCE MAURITANIE et Conseillère internationale du leader Biram Dah ABEID, et Elhadj FALL, membre éminent du staff du président Biram Dah Abeid en France.

Il s’agissait de décrire la situation actuelle de la Mauritanie à la lumière de l’arrestation du leader abolitionniste détenu en prison depuis le 7 août 2018 ; son élection comme député à l’Assemblée Nationale Mauritanienne depuis les élections du 1er et 15 septembre 2018.
Également, explorer les enjeux sous l’angle juridique, laïque, politique et constitutionnel, les tenants et aboutissants, de cette privation de liberté, inacceptable et unanimement rejetée par les deux communautés, mauritanienne et internationale.
Après avoir remercié les participants, le public, le club de presse de Bordeaux, et introduit le sujet, Kerfa DIALLO a invité Laura SPINOLA à expliquer le contexte de l’incarcération du prix des Nations-Unies pour la cause des droits de l’homme en 2013.
L’humaniste française d’origine Cap-verdienne, conseillère de Biram Dah Abeid, a rappelé les raisons qui l’ont poussé à accompagner le leader abolitionniste universaliste. Mademoiselle Laura Spinola a souligné les qualités d’inspirateur de Biram comme lui a témoigné le Times, Magazine américain qui l’a distingué en 2017, elle a cité son exceptionnel courage comme l’a qualifié comme le président Irlandais Michael Higgins qui lui a remis le prix de Frontline Defenders en 2013. Laura a aussi souligné la simplicité et l’empathie du fondateur d’IRA-Mauritanie et concepteur de ses réseaux de par le monde. Elle a également souligné que cette constance de dénonciation d’IRA a fini par rétrograder la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Mauritanie (CNDH), de la catégorie A réservée aux institutions indépendantes et conformes aux Principes de Paris, à la catégorie B propres aux institutions inféodées au pouvoir politique et réfractaires aux Principes de Paris.

Moulaye HACÈNE a relayer Laura Spinola à la tribune et a déclaré de chef le lien ombelical entre l’esclavage physique et l’oppression morale et spirituelle. Pour l’activiste du mouvement  » Pour Une Mauritanie Laïque », ces forfaits représentants des crimes de droits humains, ont pour terreaux, l’assimilation, dans des États comme la Mauritanie, ainsi que la confusion entre le temporel et le.religieux, donc l’amalgame que perpétue la classe dirigeante en Mauritanie, entre le pouvoir politique et la mosquée, la science politique et la science religieuse. D’où l’appel de Hacene à la séparation des deux pouvoirs afin de permettre l’exercice plein du pouvoir politique, et du dogme, en toute indépendance, chacun dans sa sphère.
Et Moulaye Hacene de rappeler que cet aspect d’obscurantisme et de contradiction avait conduit la condamnation à mort de Biram en 2012 lorsqu’il a brûlé les livres qui codifient la traite de l’esclavage et a abouti au feuilleton de Mohamed Cheikh Ould M’KHEITIR, condamné à mort pour apostasie, sa peine ayant été cassé et ramené à deux ans de prison, il a été libéré par la justice mais juste après, kidnappé et séquestré jusqu’à nos jours par un État écartelé, ayant un pas dans le moyen âge et un autre dans le monde moderne.

L’initiateur de la conférence, Mohamed LAM, a illustré ses propos sur le plan juridique, notant que la première phrase de la constitution Mauritanienne est contradictoire en ce sens qu’elle associe le droit positif Français à la charria islamique. Dès lors, l’inspiration est faussée; pour monsieur Lam, ceci mène à des inadéquations. Il rappela que toutes les contradictions dans lesquelles le régime mauritanien s’enlise, comme l’interdiction de l’esclavage en 1981, renouvelée de manière récurrente en 2007 puis 2015, sans toutefois pouvoir condamner les criminels esclavagistes; deux personnes le furent et aussitôt libérées, et leurs condamnations étant dérisoires et bien en deçà des peines prévues par la loi. Parallèlement à cette impunité, abolitionnistes sont arrêtés, torturés et persécutés tel Biram Dah ABEID.

Mohamed Lam note le déni du président de la Mauritanie qui préfère parler de séquelles et non de l’esclavage ou le fait de ne pas régler le passif humanitaire.
Par ces éléments, il conclut que le système judiciaire mauritanien est en régression totale et connait ses pires moments avec l’instrumentalisation qu’en fait l’actuel chef de l’État contre les opposants et défenseurs des droits humains. Les voisins de la Mauritanie ont opté pour le silence complice sur l’esclavage et les discriminations contre les personnes d’ascendance africaine, et s’adonnent à une indignation sélective sur le sort des migrants-esclaves en Libye, à déclaré madame Mariem DIOP membre de SOS-Esclaves de la Gironde.

Elhadj FALL, membre du staff de Biram Dah ABEID en France, a apporté son éclairage sur le contexte dans lequel son leader a été arrêté et incarcéré injustement; rappelant le contexte politique d’avant les élections législatives, municipales et régionales l’échéance des élections présidentielles de 2019.
Dénonçant le traitement très partisant, zélé et non sans abus, de la plainte contre Biram Dah ABEID par un journaleux, insulteur public de IRA et son président et roulant à la solde de la police politique du régime de terreur de Mohamed ould Abdelaziz.
Elhaj Fall a rappelé que l’un des premiers objectifs qui consistait à vouloir empêcher Biram Dah Abeid à accéder au parlement n’a pas réussi car il a été élu au premier tour.

Il est revenu sur l’historique du mouvement à travers les différentes critiques qu’on lui a porté jusqu’au dernier événement concernant l’alliance avec le parti Sawab qui a déclenché la pression supplémentaire sur Biram et son mouvement

Devant l’auditoire averti et très au fait de la situation de la Mauritanie, les questions et contributions d’Ousmane, Sidi Mohamed, Cheybani, Camara, Sow et les autres ont été particulièrement riches.
Que ce soit sur le passif humanitaire, l’éducation nationale, la probité de Biram, l’éclairage sur le mouvement laïque, les objectifs politiques, l’état de santé de Biram et sa situation juridique, les questions n’ont pas manquées et les argumentaires étaient constructifs.

Bordeaux, le 27 octobre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

Jamal Khashoggi, chevalier du renouveau !

INITIATIVE POUR LA RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

(IRA-Mauritanie)

Le 2 octobre 2018, le journaliste Jamal Khashoggi – très critique des autorités saoudiennes, se rend au consulat de son pays, à Istanbul, où il avait pris rendez-vous en vue d’obtenir un document requis pour son remariage. Sa compagne l’attendait dehors.

Malgré les condamnations tous azimuts, les autorités saoudiennes, pendant quelques jours, gardent un «silence» de culpabilité, avant de déclarer que M. Khashoggi est ressorti du bâtiment, après ses formalités.

Selon des responsables turcs, Jamal Khashoggi a été bel et bien été tué, voire dépecé, dans le consulat, grâce à la célérité d’une équipe de Saoudiens, arrivés à Istanbul, par vol et repartis ainsi, le jour même. Le Washington Post, citant un responsable américain, précise : « Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses, avant son transfert, en avion, hors du pays ».

La « disparition forcée » de Jamal Khashoggi constitue un crime odieux ; l’implication de l’Etat saoudien, gardiens des lieux les plus sacrés de l’Islam, n’autorise plus le doute.

IRA – Mauritanie, rappelant son attachement aux valeurs universelles des Droits de l’Homme :

– Dénonce ces agissements d’une autre ère, qui témoignent du sous-développement intellectuel et moral de certains régimes arabo-musulmans.
– Insiste sur l’importance des sanctions et poursuites, dont les démocraties et la Turquie, menacent l’État et les personnes impliqués dans ce crime ;
– Rappelle que dans de nombreux pays, à l’image de la République Islamique de Mauritanie, la vie et la dignité des défenseurs de Droits humains et autres lanceurs d’alertes restent de peu de valeur ;
– Exprime son soutien aux proches et amis du martyre de la liberté, Jamal Khashoggi.
– Suggère, aux nouveaux maires de Mauritanie, d’accorder à la mémoire du défunt, des noms de places et de rue, afin que son exemple suscite et alimente, au sein de notre jeunesse, des vocations d’engagement humaniste et d’amour de la vérité.

Nouakchott, le 18 octobre 2018

La Commission de communication

Paris, 4 octobre 2018 : Sit-in de soutien au leader abolitionniste emprisonné Biram.

Des militants et sympathisants du mouvement abolitionniste IRA ont tenu un sit-in de soutien près de l’ambassade de Mauritanie à Paris dans le 16ème arrondissement. Menés par une antenne de IRA-France, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’acharnement judiciaire que subit le leader abolitionniste incarcéré depuis le 7 Août dernier. Élu député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre, Monsieur Biram Dah Abeid est à la tête d’une organisation antiesclavagiste fondée en 2008 mais toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott. Ainsi ce jour, selon les cadres IRA-France, le but est de lancer un énième cri d’alerte aux autorités mauritaniennes et françaises sur le sort de leur leader qui croupit en prison pour des motifs douteux et inadmissibles .

À noter la présence pour couverture d’un journaliste et blogueur français, Alexis Poulin proche du mouvement politique des INSOUMIS de l’influent homme de Gauche universaliste M L Mélenchon.

Voir ci-dessous le photoREPORTAGE du sit-in :

Ameth Gaye chargé de Com IRA-France au micro d’Alexis Poulin de https://www.lemondemoderne.media

L’intervention de Chedad Amar ancien secrétaire général IRA-France

Avec le journaliste Alexis Poulin pour notre mot de soutien lors du sit-in.

Avec l’étudiant sociologue et militant éclairé pour les causes justes Boulaye DIAKITÉ

Elhadj FALL, responsable proche du leader abolitionniste Biram Dah Abeid avec Chedad Amar.

Conférence Internationale sur la Gouvernance Sécuritaire en Afrique à Paris, en photos par notre BLOG !

Cette rencontre organisée sous le patronage de l’Institut Mandela en partenariat avec d’autres organismes dont le CCDMD (le Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora), a vu passer un panel d’intervenants de haute volée. Les débats ont été ouverts par le modérateur Dr Ousmane Sao, chercheur mauritanien et président du CCDMD. Par la suite le président de l’Institut Mandela, Docteur Paul Kananura a pris la parole par la présentation succincte de son organisme et une bienvenue chaleureuse aux illustres invités. Parmi ces derniers, quelques ambassadeurs (Maroc, Nigeria et Sénégal) , des représentants de plusieurs pays, des universitaires et des chercheurs spécialisés. Les discours ont porté largement sur les aspects originels, sociologiques, économiques, géopolitiques et sécuritaires ayant trait aux dangers multiformes du terrorisme en Afrique. Ainsi des enjeux multisectoriels de la problématique ont été revus et abordés à des divers degrés. Le défilé des conférenciers s’est déroulé entre 14 heures et 16 heures, et après une séance de questions-réponses s’est ouverte avec le public. Les échanges ont été très instructifs dans cette salle de la Bourse du Travail de Paris située au 3 rue du Château d’eau 75010.

Dr Ousmane Sao, le modérateur au micro.

Dr Paul Kananura, Président de l’Institut Mandela

Les ambassadeurs du Maroc et du Nigeria (g à d)

Maître Jemal M. Taleb, avocat Mauritanien

Mr Ali Rastbeen, Président de l’Academie de Géopolitique de Paris.

Colonel Babacar Diouf du Sénégal.

L’ambassadeur du Sénégal

Mr Amadou Oury Bah, ancien ministre guinéen (Conakry)

SUITE PHOTO-REPORTAGE :

Résumé de récit réalisé par K.S pour SONINKIDEES-JOSE

Forum FORBES 2018, le 17 et 18 septembre 2018, Mexico-City, capitale du Mexique. (Biram Dah Abeid l’invité manquant)

Présentatrice : FORBES a débuté une rubrique appelée « Game Changers », par laquelle nous invitons des conférenciers qui interviennent sur des sujets d’avenir, un avenir applicable via la démocratie, sur des thèmes tels que les technologies, les sciences, l’urbanisme… jusqu’aux politiques publiques.
Nous parlions justement de la société Twitter et de son impact sur les transitions politiques et démocratiques. Et à ce sujet, c’est avec un grand honneur que notre conférencier retenu pour cette cession, Biram Dah ABEID, qui a consacré sa vie à combattre en vue de l’abolition de l’esclavage et du racisme, un combat qui lui a valu la persécution, l’emprisonnement, voire la torture par le régime mauritanien. C’est une voix reconnue dans le monde entier pour son combat humaniste pour les libertés democratiques en Mauritanie. Une voix reconnue entre autres par le Prix International des Nations Unis en 2013.
Biram Dah ABEID était donc invité à ce Forum Forbes 2018, mais malheureusement, il a de nouveau été emprisonné.
C’est la raison pour laquelle, pour parler de ce que signifie effectivement la transition démocratique, dans ce contexte comme celui qui vient de s’accomplir au Mexique (le Mexique a élu le Président Andres Manuel Lopez Obrador en 2018, progressiste, mandaté pour en finir avec la corruption), je veux donner d’abord la parole au nom de Biram Dah Abeid à Ignacio GOMEZ, coordinateur général de la campagne de Biram Dah ABEID.

Ignacio GOMEZ : Merci Carla pour cette introduction.
Bonjour à tous, merci d’être parmi nous ce matin. Avant toute chose, je voudrais remercier publiquement Mariano MENENDEZ, Président de FORBES Amérique Latine, pour l’aimable invitation qu’il nous a adressée afin de participer à ce grand évènement. Dans ce sens, je voudrais également remercier Jonathan TORRES, Directeur éditorial de FORBES Amérique Latine, et à Adriana GONZALEZ chargé de la logistique de ce Forum.
Sans votre soutien et votre collaboration, notre participation n’aurait pas été possible.
Mon nom est Ignacio GOMEZ, je suis coordinateur général de la campagne de Biram Dah Abeid.
Biram Dah ABEID est aussi connu comme le Nelson MENDELA de l’Afrique de l’Ouest, primé du Prix International des Droits de l’Homme des Nations Unis en 2013, et candidat à la présidence de la Mauritanie, dont les élections auront lieu en juillet 2019.
Comme vous le savez, Biram Dah Abeid devrait être ici parmi nous. Cependant le président actuel de Mauritanie, Mohammed Abdel Aziz (s’appuyant sur l’instrumentalisation d’un espion de la police politique mauritanienne, habillé en journaliste) a décidé de le mettre en prison dans le but de bloquer ces participations aux échéances attendues, ainsi qu’aux forums où il a été invité incluant ce Forum FORBES 2018.
Je suis accompagné de Laura SPINOLA, coordinatrice d’IRA en relations internationales, et d’Antonio SOLA, que je n’ai plus besoin de présenter : un des plus grands stratège politique de notre temps. Tant Biram Dah Abeid , comme son équipe de campagne sommes très fiers de l’avoir à nos côtés. Nous sommes certains qu’avec son expertise, nous réussirons à obtenir les résultats escomptés.
A cette occasion, il est important de souligner ce qui suit. Tout notre engagement, toute notre lutte, tout notre effort sont destinés à contribuer à la consécration de la lutte de Biram Dah ABEID par son arrivée au pouvoir en vue de libérer tout un peuple du joug de l’esclavage, de l’obscurantisme violent, de la dictature et de la corruption. Il s’agit donc d’une campagne très atypique pour laquelle chaque participant est fier d’y contribuer.
Sans plus attendre, Laura va présenter une vidéo de Biram Dah Abeid, enregistrée cette année au Sénégal, et par la suite, elle vous lira une adresse en français rédigée par Biram depuis son lieu de détention à Nouakchott, capitale de la Mauritanie..
Enfin, Antonio SOLA va nous entretenir sur la stratégie en cours d’élaboration pour pour plus d’efficacité de la campagne internationale de Biram Dah Abeid. Et surtout le procédé que nous allons suivre en début d’année 2019.
Cette campagne que nous menons actuellement, est une campagne de sensibilisation. Il est très important que le monde occidental sache ce qui se passe en Mauritanie, et il est également important de faire connaitre la lutte de Biram. Car Biram mène une lutte pour le droit le plus fondamental de l’Homme, le droit à la Liberté.
Je vous remercie.

Antonio SOLA , (Antonio Sola a été le stratège en communication politique du Président mexicain élu en 2018, Andres Manuel LOPEZ OBRADOR) :
Merci beaucoup Laura, et Ignacio. Merci beaucoup à vous tous de votre présence dans un moment si important pour nous.
Il s’agit d’une cause qui nous touche au cœur. Nous souhaitons qu’il en soit de même pour vous aujourd’hui.
Il est incroyable de penser qu’au 21e siècle, en paraphant notre conférencière de Twitter (Melissa BARNES Administratrice de direction de Twitter Amérique), et du tweet d’Obama (« Personne n’est né avec la haine de l’autre, de par sa couleur de peau, son origine ou sa religion » Président Obama, compte Twitter https://twitter.com/barackobama/status/896523232098078720 ).
Il est incroyable qu’au 21e siècle, nous vivions cette situation au sein de notre pays membre des Nations-Unies, la Mauritanie. Mais cette situation rappelle en quelque sorte, des problèmes de droits humains que nous vivons actuellement au Mexique. Combien de journalistes, collègues nous ont quitté de fait de la violence. Ou Haïti, ici aux Caraïbes américain, la 6e économie la plus pauvre du monde. La 1ere de notre région.
Le Mexique ne peut pas être indifférent de ce qu’il se passe en Mauritanie. Et aujourd’hui du fond du cœur nous voulions vous remercier pour nous accorder cette tribune si importante, quand cet homme, cet esprit, que vous venez de voir reste emprisonné de manière injuste.
Cela me rappelle, maintenant que je viens de mener la « campagne du changement présidentiel » en Afrique du Sud, à l’esprit de MANDELA, lorsqu’en 1994, il s’en est fini de l’Apartheid grâce à la lutte de cet homme. Cela ne fait que 24 ans, en 1994, qu’après 29 ans en prison que MANDELA et Walter ZIZULU 27 ans en prison, par un régime injuste a réussi à se libérer, comme je le souhaite à travers la missive de Biram, la libération du peuple mauritanien .
Cet esprit de MANDELA est celui qui nous réunit aussi aujourd’hui. C’est la raison pour nous de vous demander de nous ouvrir vos cœurs, et la possibilité à qui le veuille de générer pour cette campagne, énergie, effort, volonté, contacts, et aides internationales. Car il est nécessaire d’avoir les moyens d’appliquer toutes nos capacités pour cette campagne jusqu’à la victoire du droit et la dignité humaine.
Il n’est plus possible qu’un pays au 21e siècle, demeure avec 20% d’esclaves !
Je veux mobiliser votre âme !
Plutôt que vous présenter la stratégie, je veux que vous pensiez une seconde que la Mauritanie est ici à côté de notre cœur. Je sais parfaitement que nous avons nos problèmes au Mexique, je sais que nous avons beaucoup de problème en Espagne d’où je viens. Mais l’échéance pour l’alternance démocratique et politique en juillet 2019 en Mauritanie, est très importante pour la communauté humaine, la communauté des justes, car Biram y est impliqué au nom du changement par le droit, dans l’unité, la prospérité et la cohésion sociale et ethnique en Mauritanie.
Nous devons le sortir de prison, nous avons besoin d’aller devant les organismes internationaux avec votre aide, participants de ce Forum, aux Nations Unis, aux organismes des Droits de l’Homme, comme l’expliquait Laura, comme l’expliquait Ignacio. A chaque institution du monde qui nous permette de dénoncer cette situation.
Ignacio, mexicain. Laura qui vit à Paris, d’où se pilote la campagne pour Biram et moi m’ajoutant, à cet effort inconditionnel, à cette équipe, avec tout mon apport professionnel nous allons mener la campagne de Mauritanie jusqu’à la victoire !
Je vous remercie.

photos : Beilja by Matthieu Dandoy

24-07-2018 09:54 – Mauritanie/64ème session du Comité contre la Torture à Genève, les ONG se mobilisent pour se faire entendre

Guidumakha – Devant les experts, la déclaration qui a été lue par Diko Hanoune, Secrétaire général de l’association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E), dans le temps accordé à Aminetou Mint El Moctar, présidente de l’Association des femmes chefs de familles en Mauritanie (AFCF).

Il faut noter la présence de plusieurs ONG non gouvernementales qui ont présenté des rapports alternatifs, qui se sont mobilisées pour sortir certaines réalités devant les experts des Nations Unies, notamment le président du COVIRE, M. Mamadou Kane et Mme Kane, Mme Diop, Mme Lalla Aicha Sy, présidente du comité de solidarité avec les victimes des violations des droits humains, Clément Bousin ACAT-France, Radidja Nemar Alkarama.org, Antislavery- SoS-Esclaves Mauritanie, l’Observatoire Mauritanien Des Droits de l’Homme et de la Démocratie représenté par le collectif La Paix au Sri-Lanka etc….

Le blocage à l’aéroport de Nouakchott les veuves et orphelins qui devraient participer, a été l’objet de vives protestations.

Monsieur le président du comité ;

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz considère : « le système des nations unies comme un truc sans importance, en disant que les déclarations des nations unies ne seront pas prises en considération». La CNDH et le comité contre la torture, ici présents, n’ont pas condamné ces propos très graves d’un chef d’état en exerce, malgré que c’était leur rôle. Ceci, démontre que ces institutions ne sont pas indépendantes. La Mauritanie d’aujourd’hui est une industrie de tortures, d’assassinats gratuits, le fils du président a tiré sur une femme, il n’a pas été arrêté pendant que le régime tue et torture d’innocents citoyens noirs dans des prisons secrètes.

-Le 10 juillet 2018, le procureur de la ville de Selibaby, dans la région du Guidimakha ordonne aux gendarmes du département Ould-Yengé, d’arrêter, séquestrer Mohamed Ould Mbareck, Président l’ONG Initiative d’Opposition aux Discours Extrémistes, esclavagistes et au terrorisme, une ONG avec un statut ECOSOC, durant plusieurs jours, qui était parti introduire des plaintes liées à l’esclavage foncier dans le milieu Soninké, il n’a bénéficié le soutien la CNDH ni du comité contre la torture en Mauritanie.

1-Nous demandons à l’état Mauritanien des enquêtes indépendantes sur les tortures, détention arbitraire de militants l’ONG IRA-Mauritanie et des manifestants pacifistes par les forces de l’ordre. Les cas de tortures de Moussa Bilal Biram et Abdallahi Maatallah Saleck, détenus en prison pendant 2 ans par le régime. Le cas du jeune Mohamed Cheikh Ould Moukheitir condamné à mort pour apostasie, malgré sa libération par la justice, il est toujours détenu dans un lieu secret. Le cas du Sénateur Mohamed Ould Ghadda ; Adallahi Ould Yali, un activiste abolitionniste séquestré depuis en février 2018. Toutes ses personnes sont torturées physiquement, moralement, elles n’ont pas eu le soutien de la CNDH ni du mécanisme national de la prévention contre la torture en Mauritanie.

2-Une enquête sur le cas de Marième Mint Mohamed Sidi, enceinte de huit mois battue par un ancien policier, le commissariat Toujounine refuse sa plainte en juin 2018 pour protéger l’ancien policier.

3- Le cas de Mohamed Ould Brahim, 37 ans, arrêté le mardi 12 juin 2018, conduit au Commissariat de l’Anti-drogue, le lendemain, le père du jeune homme, Brahim Ould Maatalla reçoit un appel téléphonique du commissaire l’Anti-drogue qui lui demande de venir récupérer le corps de son fils à la morgue de l’hôpital. Une fois sur place, le Procureur lui fait un chantage pour signer un papier attestant la « mort naturelle » de son fils. Chose incroyable dans un état de droit.

4- L’abolitionniste soninké, Diadié Bambi Coulibaly, accusé à tort sur dénonciation calomnieuse par le même commissariat de police anti-drogue, il a été séquestré plusieurs jours du 12 au 20 juillet 2018 dans le but de le faire taire.

5- Le cas de Amadou Idrissa DIENG militant IRA, qui a été enlevé, séquestré et violemment battu par des éléments de la police du quartier Elmina sans aucun motif valable en décembre 2017. L’état devrait ouvrir une enquête et punir les auteurs.

6- Le jeune Lamine Mangane, 18 ans à peine, tué par balles d’un gendarme, le 27 septembre 2011, à Maghama, alors qu’il manifestait contre l’enrôlement discriminatoire. Le 28 Novembre 2017, les membres du collectif des neuves et orphelins ont été violemment battus devant le cortège présidentiel à Kaédi, la CNDH et le mécanisme contre la torture n’ont pas soutenu les victimes. Diligenter une enquête sur les tortures et disparitions forcées de civils et militaires Afro-mauritaniens entre 1989 et 1992, les familles réclament les corps de leurs proches.

7-Le 16 juillet 2010, à Riadh, suite à une altercation, un policier fait feu sur Ramdhane Ould Mohamed. Atteint à la tête, il s’effondre. Après deux jours de coma, Ramdhane, âgé de 21 ans, succombe à sa blessure. Son cas n’a pas été élucidé.

8- Nous demandons la protection de médecins qui reçoivent les victimes de la torture pour établir des certificats médicaux attestant des cas de tortures sans risque de représailles.

9-La Mauritanie ratifie, signe les traités et conventions internationales, édicte des bonnes lois mais ne les n’applique pas. C’est juste une l’histoire de tromper les institutions internationales.

-Au nom de la société civile Mauritanienne, nous remercions les experts et les membres du comité contre la torture de Genève à prêter une grande attention aux cas soulevés ici. »

Source crédit:cridem.org

IRA MAURITANIE : Macron en Mauritanie, le piège du reniement

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-Mauritanie).

Macron en Mauritanie : le piège du reniement

Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République française,

Par ces mots, le courage ne vous manquait, en novembre 2017, de rappeler que l’esclavage est « un crime contre l’humanité ». A ceux qui reprochaient aux occidentaux leur part de responsabilité, vous l’expliquiez si justement, en Libye, « la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains ».

Vous vous apprêtez à venir en Mauritanie, un pays où l’esclavage, omniprésent et séculaire, demeure le fait d’Africains sur d’autres Africains. Vous allez rencontrer un homme d’Etat, témoin d’une tentative d’épuration ethnique contre les autochtones noirs, de 1986 à 1991. Avec lui, vous parlerez des défis transversaux de la paix et du développement dans l’ensemble de la sous-région Sahara-Sahel.

La lutte contre le terrorisme reste la priorité de vos échanges. L’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux constituent, en Mauritanie, les facettes d’une même oppression.

L’exploitation d’une main d’œuvre sous contrainte, ce fléau millénaire, continue de façonner la mémoire et le présent des miens. Bien avant la colonisation, des millions de mes compatriotes, y sont nés et continuaient à le subir, jusqu’aujourd’hui. Il s’agit d’une infamie locale, produit de notre histoire et expression d’une inhumanité du crû.

Les Hratin, inférieurs et exploités à la naissance, sont les parias de condition servile, sur la sueur duquel la Mauritanie a été bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient (et sont parfois de nos jours) vendus, mutilés et confinés au travail indécent, offerts en cadeau ou séparés par héritage ; le Code noir de chez nous, appelé « rite malékite » ou « Charia » vulgarise l’usage de cette viande sur pied, au point de réglementer le détail du viol et du cuissage, sur les femmes, parfois mineures.

La tentative d’épuration ethnique de 1986-1991 visait l’anéantissement sinon l’expulsion des ethnies d’ascendance africaine, tels les Wolofs, les Bambaras, les Soninkés et les Pulaarophones ; l’essai sanglant se soldait par des dizaines de milliers de déportés et d’exilés, des pogroms, la banalisation de la torture, des assassinats collectifs, des disparitions forcées, des spoliation de bétail et de terre, les radiations massives dans différents secteurs de la fonction publique et des forces armées et de sécurité. En parallèle, du jour au lendemain, l’Etat fut livré aux tribus ; le vandalisme culminait avec l’effondrement de l’école et la guerre compulsive contre l’enseignement des langues étrangères. Depuis, la Mauritanie, à genoux, s’enfonce dans le fanatisme et la misère.

Ces atrocités, imputées à l’Etat, ont créé le clivage structurel et la discorde dans la communauté de destin, entre les composantes subsaharienne et arabo-sanhaja. Jamais, il n’y eut de réparation à la mesure du dégât ; au lieu de la réconciliation, l’impunité devenait le credo ; la demande de publication de la vérité, sans cesse différée, s’apparente maintenant à un délit ; à l’exception du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, renversé en 2009 suite au putsch de son chef de sécurité – à présent au pouvoir – le déni et l’occultation cristallisaient le consensus sur la nécessité de taire le crime. La légitimité du système de domination en vigueur s’enracine dans ce silence fondateur. La dérive présente de la Mauritanie vers le wahhabisme outrancier ne poursuit d’autre objectif que de maintenir les discriminations sous le voile du sacré, afin de la mieux proroger. L’hégémonie historique dépense, ici, ses ultimes réserves de ruse.

En mai 2018, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (Cerd), réuni à Genève, répertoriait la reproduction des inégalités liée à la généalogie et la permanence de leurs effets, à grande échelle. Les recommandations insistaient, sur la part de laxisme des tribunaux au fil des rares poursuites contre les auteurs de pratiques esclavagistes.

Il n’est besoin de chercher, loin, la source de la complaisance. Le 3 mai 2016, le chef de l’Etat, lors d’un discours dans la ville de Néma, déclarait : « Les Hratin sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions ». La politique du gouvernement cherche à supprimer socialement les Hratin et les autres composantes d’Afro-descendants mauritaniens car le fantasme de leur multiplication démographique soude les anciens maitres dans la solidarité par la panique. Le pays se dit « arabo-islamique » et, pourtant, sa majorité est noire et le sera davantage ; pour un lendemain de paix, la prudence requiert, d’élites dirigeantes, sur le déclin, de canaliser l’aspiration du grand nombre à l’égalité, point d’en contrarier le cours. Telle audace à rebours des enseignements de l’Histoire, se paie cher, toujours. Voici, Excellence, Monsieur le Président, un conseil précieux à l’endroit de votre homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Combien de fois avons-nous été emprisonnés, suppliciés, relégués dans le désert et désignés à la vindicte, seulement parce que nous proclamions le droit universel à vivre libres et dignes sur la terre de nos ancêtres ?!Nos associations sont interdites, nos partis bannis, toujours figés en marge des élections. Des milliers d’entre nous errent dans le temps social, sans personnalité juridique ni visage ; comme le notait Human Rights Watch le 29 mars 2018, « le processus national d’enrôlement à l’état civil en Mauritanie empêche certains enfants de s’inscrire à l’école publique et de passer des examens nationaux obligatoires ». La biométrie se transforme en outil de marginalisation des composantes majoritaires, pour entraver leur accès aux cartes d’identité et d’électeur. Les experts indépendants et autres rapporteurs des groupes de travail de l’Onu décrivent, dans leurs conclusions étalées de 2015 à 2017, une Mauritanie que son surpoids d’injustices rend vulnérable à la dislocation.

L’Onu a également dénoncé la persécution du bloggeur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, emprisonné depuis 4 ans. Accusé d’apostasie, position passible de la peine de mort dans le code pénal, un tribunal, au constat de son repentir, commua le verdict initial en deux années de réclusion ; enfin, il devait recouvrer ses droits élémentaires ; l’aile conservatrice du pouvoir, en connivence avec les segments pro-jihadistes de l’opinion parmi la minorité hégémonique, a décidé de le garder otage, en attendant l’audience de recours devant la Cour suprême. L’ex prévenu, aujourd’hui séquestré dans un lieu inconnu, risque l’assassinat ; le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Onu) réclame sa libération depuis avril 2017.

Pire encore, le Conseil des ministres, soumettait, au Parlement, un projet de loi punissant de mort les « propos jugés blasphématoires », même en cas de repentir ; en vertu de la surenchère avec les groupes obscurantistes, une circonstance atténuante disparaissait, ainsi, du champ de la loi! Le 27 avril 2018, les députés votèrent le texte liberticide, à contresens de la marche des musulmans vers la quête de l’état de droit, du mieux-être et la prévention de la violence. La Mauritanie, membre du G5 Sahel, combat les groupes jihadistes hors des ses frontières et applique leur programme sur son territoire. Des écoles de savoir « islamique » où l’Etat n’exerce aucun contrôle du cursus, ont été transformées en des centres de radicalisation ou des milliers de jeunes, apprennent la haine de l’Autre, l’infériorité de la femme et le devoir d’abolir les libertés de conscience et la diversité culturelle. En lieu et place d’une connaissance qui les arme dans la compétition pour l’excellence, les voici dressés au combat, gorgés de colère contre la joie, la littérature, les sciences et toute célébration de la vie. L’éducation au rabais leur assigne le passé pour logis et espérance. Elle leur apprend à considérer, comprendre et transmettre le rapport au vivant, d’un seul prisme de vue, le regard d’outre-tombe.

Monsieur le Président, tout pouvoir sous le joug duquel enfle et boursoufle la détestation de l’autre, la méfiance envers le savoir, le refus du mérite terrestre et le désir de la mort, ne contribuera à endiguer le terrorisme. Le terrorisme procède d’un endoctrinement et résulte d’une éducation au pire, bien en amont du passage à l’acte.

Au nom du Monde libre qui inspire l’essor de la revendication démocratique en terre d’Islam, pour la civilisation, le genre humain et votre grand pays, de grâce, ne cautionnez pas la dérive qui dévaste, endeuille et tue !

Nouakchott le 18/06/2018
Biram Dah Abeid
Président des réseaux IRA dans le monde.

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE

Rencontre: le président de Réseaux IRA, Biram Dah Abeid reçu à la Mairie de Paris.

Au cours de la dernière étape de sa tournée Européenne, le président des réseaux IRA dans le monde Biram Dah Abeid, a été invité par la maire de Paris Anne Hidalgo, à la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, organisée le 10 mai 2018 à la place du général Catroux. Le président d’IRA a déposé une gerbe de fleures sous le monument du général Dumas, général de l’armée française, antillais descendant d’esclaves et père du chantre de la négritude Léon Gontrans Dumas.
Et toujours dans le cadre de ses activités avec la mairie de Paris, BDA a été reçu le 14 mai par l’ambassadricie chargée des relations internationales de la maire de Paris Patrizianna Sparaciano-Thiellay et sa conseillère Anaïs Mit. Au cours de cette entrevue le président d’IRA était accompagné par Ameth Gaye, vice-président d’IRA-France,  Elhadj Fall et ďautres membres de la cellule stratégique de BDA en France.
Les échanges du jour ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux parties.

Source crédit: IRA-France

La rencontre autour du président Réseaux IRA, BDA à Paris 12-5-2019 : l’événement en Photos par notre BLOG.

Le lien de l’intervention du leader abolitionniste: https://wp.me/p5GJMr-Sh

Couverture en photos par K.S

Cérémonie de la présentation du livre:  » Plus jamais d’Esclavage; le Combat Pacifique de Biram Dah Abeid pour les Droits Humains en Mauritanie » à Rome le 9 mai 2018.

L

‘auteur de l’ouvrage est Maria Tatsos, est présente au siège de la Stampa Italiana, la maison d’édition qui habrite l’événement ainsi que les auteurs de la préface et de la postface de cet ouvrage sur la trajectoire de Biram Dah Abeid et de son organisation IRA-Mauritanie : le responsable de Amnesty-International Italie Giusepe Maimoune, et un universitaire anthropologue, spécialiste de l’esclavage, et ayant travaillé sur la Mauritanie.

La cérémonie ouverte par la vice-présidente de Stampa Italiana, et le modérateur, qui représente la maison d’édition Paoline, donne la parole au responsable d’Amnesty international. Ce dernier loue l’engagement de Biram Dah Abeid qu’il qualifie de défenseur de droits humains, incorruptible et plein d’abnégation, digne héritier de Nelson Mandela. Ricardo Noury met l’accent aussi sur la persistance de l’esclavage et la discrimination en Mauritanie et la nécessité de les éradiquer. Il fustige le fait que le gouvernement italien reçoit le ministre de la défense mauritanien, membre d’un gouvernement coupable de perpétuation de l’esclavage.

Maria Tatsos, l’auteur, décrit Biram Dah Abeid comme un Ghandi Africain dont la force des idées, des mots et des actions ont bouleversé la société mauritanienne; les fortes secousses que Biram Dah Abeid et son organisation ont infligé à la société, ont permis aux hratin, et aux autres cadets sociaux, naguère résignés et effacés, de prendre la parole et l’initiative. Tatsos rappela les péripéties de la confrontation idéologique et religieuse entre Hratin et Beydane à travers deux camps protagonistes: Biram Dah Abeid et IRA d’une part, érudits maures et pouvoir mauritanien d’autre part. L’écrivaine souligne que pour le moment, pouvoir et groupes dominants ont perdu la bataille médiatique, sur le plan diplomatique et à travers l’angle de la légitimité par le droit international; elle atteste aussi que la popularité grandissante dont jouit IRA et son président, au sein des populations mauritaniennes, dénotent de l’affaiblissement de l’emprise des groupes dominants sur le peuple, et surtout sur les franges hratin. Mais hélas, le rapport en images accompagné de forts commentaires, sur la situation de l’esclavage en Mauritanie, révèle la désolation, la persistance de l’esclavage domestique, l’esclavage foncier, les viols systématiques, la privation de l’État civil et l’énorme pauvreté. Maria Tatsos constate à travers son exposé que l’esclavage continue à sévir sous toutes ses formes, caché tant bien que mal, par les autorités mauritaniennes.

L’universitaire Giusepe Maimoune, fait remonter le début du militantisme anti-esclavagiste hratin en Mauritanie à 40 ans, date de la création de Elhor; mais pour lui le vrai défi posé à l’État Mauritanien, au sujet de la question de l’esclavage et des Hratin ou celle du racisme, c’est avec la création et l’activisme intérieur et extérieur de IRA. Pour Maimoune les actions, activités et discours téméraires de Biram Dah Abeid et ses compagnons, ont permis d’implanter IRA dans toutes les villes et tous les villages de Mauritanie; et que la Mauritanie a acquis une célébrité qui lui a tant manqué, grâce à la renommée internationale du leader d’IRA-Mauritanie et à la médiatisation de ses actions ou discours. L’universitaire italien a souligné que l’interdiction du mouvement IRA et le parti RAG qui en est une émanation, a limité l’efficacité de Biram Dah Abeid et ses compagnons; néanmoins, pour Maimoune, le score de 9 pour cent aux dernières élections présidentielles, est très bon et il considère que c’est autour de l’ouverture ou non du jeux démocratique en Mauritanie, que l’issue de la confrontation va se décider. Maimoune affirme que le bouleversement profond et globale que IRA et son président ont commencé à imprimer pour la Mauritanie, dénote que leur action est multiforme et dépasse le cadre d’une simple activité pour les droits humains, et vers une opération de changement sociétal et politique globale.

Allocution de Biram Dah Abeid

Aujourd’hui encore, je vis, avec vous, des moments où ma lutte, celle de mes compagnons, est magnifiée, en Italie, par la belle langue de ce peuple, héritier d’un empire et produit d’une bataille mémorable contre le fascisme, une autre forme d’esclavage, comme le rappelait le moins anonyme des Turinois, le prosateur de l’urgence, Primo Levi, dans son livre « Si c’est un homme ». Oui, nous avons choisi de devenir des hommes, debout, à l’inverse de son personnage, cet être résigné à son sort, orphelin même de la volonté de survie.
L’écrivaine Maria Tatsos, s’est investie pour vous rendre compte de notre longue marche et léguer, aux générations futures, la trajectoire des derniers témoins de l’esclavage de naissance dans le monde arabo-musulman. Maria, emboîte ainsi le pas, de la plus belle manière, à bien des figures de l’humanisme engagé dans votre pays. Aussi, citerais-je, entre autres compagnons de route, Ivana Dama, feu Marco Panella, Ricardo Noury et Giusepe Maimoune ; je n’oublierai, non plus, l’amitié admirable de Francesca Doria et de Marisa Sovoia.
Permettez-moi, s’il vous plaît, de rendre hommage à toutes les militantes et militants pour une Mauritanie de l’égalité ; compatriotes ou étrangers, ils ont maintenu, intacte, afin de la transmettre encore et toujours, la sève de l’universalisme en actes. Au nom de notre appartenance commune à l’espèce humaine, mon souvenir, empreint de fierté, va vers les mauritaniens, d’extraction esclavagiste ou descendants de maître, qui ont décidé l’éradication du système de privilèges par le sang ; d’autres, moins visibles, mènent, souvent de manière diffuse, des formes de refus et de résistance dont témoigne, aujourd’hui, l’écriture ardente de Maria Tatsos, un texte où le lecteur pressent la verve de Curzio Malaparte et beaucoup de Pier Paolo Pasolini, idéaliste de la transformation sociale.
Maria, chers amis, je dois me mettre à apprendre l’italien, pour ne plus me contenter des traductions vers l’Arabe et le Français. Grace à votre ouvrage, j’irai à la rencontre du plus albanais des Sardes, Antonio Gramsci dont les expressions « société civile », « intellectuel organique » et « hégémonie culturelle» décrivent tant notre combat. En relisant les « Cahiers de prison », peut-être découvrirais-je, enfin, le secret ambivalent des écrivains d’Italie, quand ils excellent à exposer la souffrance de l’Autre mais aussi en magnifier l’espoir, comme une forme de rachat, j’allais dire de rédemption, devant la cruauté de la vie.
Alors, oui, continuions, ensemble, à espérer et agir, sans trop rêver. Seul l’effort collectif paie.
Je vous remercie.

Crédit source: le président de Réseaux IRA