Jamal Khashoggi, chevalier du renouveau !

INITIATIVE POUR LA RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

(IRA-Mauritanie)

Le 2 octobre 2018, le journaliste Jamal Khashoggi – très critique des autorités saoudiennes, se rend au consulat de son pays, à Istanbul, où il avait pris rendez-vous en vue d’obtenir un document requis pour son remariage. Sa compagne l’attendait dehors.

Malgré les condamnations tous azimuts, les autorités saoudiennes, pendant quelques jours, gardent un «silence» de culpabilité, avant de déclarer que M. Khashoggi est ressorti du bâtiment, après ses formalités.

Selon des responsables turcs, Jamal Khashoggi a été bel et bien été tué, voire dépecé, dans le consulat, grâce à la célérité d’une équipe de Saoudiens, arrivés à Istanbul, par vol et repartis ainsi, le jour même. Le Washington Post, citant un responsable américain, précise : « Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses, avant son transfert, en avion, hors du pays ».

La « disparition forcée » de Jamal Khashoggi constitue un crime odieux ; l’implication de l’Etat saoudien, gardiens des lieux les plus sacrés de l’Islam, n’autorise plus le doute.

IRA – Mauritanie, rappelant son attachement aux valeurs universelles des Droits de l’Homme :

– Dénonce ces agissements d’une autre ère, qui témoignent du sous-développement intellectuel et moral de certains régimes arabo-musulmans.
– Insiste sur l’importance des sanctions et poursuites, dont les démocraties et la Turquie, menacent l’État et les personnes impliqués dans ce crime ;
– Rappelle que dans de nombreux pays, à l’image de la République Islamique de Mauritanie, la vie et la dignité des défenseurs de Droits humains et autres lanceurs d’alertes restent de peu de valeur ;
– Exprime son soutien aux proches et amis du martyre de la liberté, Jamal Khashoggi.
– Suggère, aux nouveaux maires de Mauritanie, d’accorder à la mémoire du défunt, des noms de places et de rue, afin que son exemple suscite et alimente, au sein de notre jeunesse, des vocations d’engagement humaniste et d’amour de la vérité.

Nouakchott, le 18 octobre 2018

La Commission de communication

IRA-Mauritanie : Réaction après les menaces et harcèlement de la police

Après les 3 marches pacifiques successives organisées par IRA – Mauritanie les 18/19/20 février 2018 contre la montée insupportable des prix et la faillite de la monnaie nationale, les autorités policières ont convoqué le président Biram Dah Abeid (dans la nuit du 20 au 21 février 2018) et l’ont menacé de sévir contre sa personne et contre IRA – Mauritanie si les manifestations se poursuivent. Aujourd’hui encore, après la marche pacifique organisée ce 08/10/2018 devant l’Assemblée nationale pour exiger la libération du président Biram Dah Abeid et qui a été violemment réprimée et dont les images des militantes et militants, ensanglantés, ont émus le monde entier, c’est le coordonnateur de l’organisation monsieur Elhaj Elid qui a été convoqué au commissariat 3 de Riyadh (quartier périphérique de Nouakchott, la capitale).
Le commissaire …. lui a signifié qu’il est porteur d’un message des hautes autorités du pays qu’ils veulent transmettre à travers lui à IRA – Mauritanie et leur dire que les manifestations ne sont pas autorisées et que toute manifestation organisée par IRA sera réprimée dans le sang et que même les regroupements des gens de IRA, à l’intérieur de leurs maisons, sont interdits et seront sévèrement sanctionnées.
Nous interdire de manifester pacifiquement pour exiger la libération de notre leader injustement incarcéré, est un acte hors-la-loi et anticonstitutionnel, s’est exclamé Elhaj Elid. Avant d’ajouter que les menaces, le harcèlement, la répression, les arrestations, la prison ne nous ébranleront point et aucune manifestation ne sera annulée car on ne fait qu’exercer nos droits garantis par la constitution.
Et le coordinateur régional d’IRA à Nouakchott d’ajouter à l’adresse de l’officier de police : nous notons aussi que vous utilisez la violence sauvage contre les noirs-hratin et vous traitez les manifestants en totalité composés d’Arabo berbères d’une manière beaucoup moins violente, plus humaine et bien plus proche du droit. C’est une preuve supplémentaire que votre régime est raciste et discriminatoire.
IRA – Mauritanie réitère son attachement indéfectible à son droit inaliénable à manifester pacifiquement et s’engage à manifester au plus vite pour exiger la libération du président et député Biram Dah Abeid et son compagnon Abdallahi Houssein Messoud.
Elle lance un appel aux élus de la République, aux responsables des institutions de la République, aux ongs et partis politiques ainsi qu’aux mouvements de jeunes mauritaniens, mais aussi aux missions diplomatiques et la presse nationale et internationale, d’observer de prêt la conduite et les agissements de la police mauritanienne que le dictateur Mohamed ould Abdelaziz a transformé en milice pour casser et humilier les populations hratin.

Fait à Nouakchott le 12/10/2018 La Commission de communication

Déclaration : Une décennie de confrontation avec un pouvoir hors-la loi: échec de l’éradication.

Née en octobre 2008, pour combler le vide de la résistance contre les racismes et esclavages domestiques et d’État en Mauritanie, IRA s’est vue imposée une guerre impitoyable d’éradication. Interdiction, agressions, incarcérations, diabolisations, excommunications des dirigeants et membres de l’ONG. Malgré la focalisation de l’arsenal répressif de l’État contre IRA pendant une décennie, le recrutement mafieux et l’achat de membres dirigeants, IRA s’est bel et bien développée et élargie en Mauritanie et à l’extérieur du pays. De surcroît, en cette fin de présidence légale du dictateur Mohamed ould Abdel Aziz, IRA, à travers son influence positive sur le citoyen mauritanien et l’impact de son émanation politique, le Rag, sur les rapports politiques, se révèle encore une fois, l’ennemi à abattre du dictateur, dans sa tentative de se maintenir au pouvoir de manière directe ou indirecte.
Pour ce faire, le procédé brutal et infâme a consisté à emprisonner le président Biram Dah Abeid à la veille et pendant la dernière compétition électorale et delà de son élection comme député représentant du peuple. Selon les plans que déroule le putschiste récidiviste pour reproduire et prolonger son emprise politique sur le pays, il faut neutraliser, le temps de cette « transition », l’opposition sociale, populaire et droits-de-l’hommiste, qui est la faction la plus combattive et déterminée. Donc sortir d’abord le leader Biram Dah Abeid du champ de l’action, en utilisant l’appareil judiciaire inféodé, ensuite utiliser un surplus de violence policière répressive pour réduire au silence et à l’inertie les populations militantes engagées dans IRA et espérant la fin de l’esclavage, du racisme et l’avènement de la vraie démocratie à travers le départ du pouvoir de Mohamed ould Abdel Aziz. Cette option de l’insatiable dictateur s’est traduite dans les faits par l’ordre donné aux unités de police de réprimer dans le sang la manifestation pacifique que les militantes et militants d’IRA on organisé devant l’Assemblée nationale mauritanienne pour réclamer la fin d’une incarcération politique d’un élu représentant du peuple.
IRA-Mauritanie, dirigeants et militants, réitèrent aujourd’hui la poursuite de leur engagement dans une lutte frontale et toujours pacifique contre le système de terreur, d’apartheid non-écrit, de vol des richesses du pays, et de triche diplomatique, que personnifie Mohamed ould Abdel Aziz.
Nous tendons la main à tous les justes, démocrates et patriotes mauritaniens, quels que soient leurs formations politique ou civiles, pour une union sacrée contre le passage en force illégal du régime maléfique de ould Abdel Aziz au prochain quinquennat.
A présent, nous vous convions à écouter les justes témoignages des victimes et blessés des scènes de terreur et de tortures collectives et publiques que la police a reçu l’ordre d’infliger aux manifestantes et manifestants pacifiques d’IRA le 8 octobre 2018 sous les yeux des députés du nouveau parlement.

Le bureau exécutif
Nouakchott, 10 octobre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

BIRAM DAH ABEID : LETTRES DE PRISON, SAISON 2018

Sixième acte

Le 31 mai, au terme d’une négociation réglée sans tambour, le parti Sawab adopte mon projet de présidentiable et nous octroie, à mes camarades et moi, sa couverture légale. Le pouvoir, transi de peur, jette sur la coalition nouvelle-née, une interdiction de 24h mais se ressaisit devant l’énormité de la transgression, le viol de ses propres lois. Après un pointillé, d’alternance, d’hésitation et de résolution, il se rabat sur des procédés plus familiers, en l’occurrence ceux de la Maffia. Ainsi, autorise-t-il le déroulement de la cérémonie qui scelle l’alliance Rag-Sawab mais stipendie, en même temps, un sombre chroniqueur de fait divers auquel il confie la mission de saboter le rapprochement.

Enfermer pour bâillonner

Ledit plumitif, pris, au bout de 10 ans, d’un soudain intérêt pour notre lutte, incarnait la mise en œuvre du plan C. En vertu du A, le Ministre de l’intérieur tentait d’empêcher l’évènement, sans succès. Alors, le B consista à me compliquer l’obtention d’un certificat de casier judiciaire, préalable à ma candidature auprès de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni). La plainte en diffamation, introduite par le journaleux, devait rédimer l’échec des expédients antérieurs. Or, c’était sans compter sur l’imagination vénéneuse des zélateurs, la gent besogneuse de gagne-petit et de lambinards dont le département de « la justice » constitue le réceptacle atavique. Pour m’y être frotté à proximité et de près, je ne conçois, en Mauritanie, d’entreprise des humains, plus favorable à la rapine qu’un palais de justice. Je vous administrerai la démonstration plus avant.

Avec la célérité reconnaissable chez le stagiaires de haute grivèlerie et prmi les apprentis du stellionat, les officiers de police judiciaire, jusqu’ici tapis dans l’attente de l’exploit prévisible, se mirent à la tâche, ornant de mille disgrâces comme, les abeilles sur le filet de miel, l’hypothèse de mon éviction. Ainsi, s’avisèrent-ils de m’imputer, en sus de la calomnie envers le plaignant, un surcroît d’incitation à la violence et un chapelet d’autres amabilités, d’un aloi parent.

Il fallait m’empêcher d’entrer à l’Assemblée nationale et, mieux encore, invalider ma prétention à briguer la Présidence de la république en 2019. Pourquoi tant de ténacité à l’ouvrage, depuis plus d’une décade en années ? Le système d’hégémonie tribale s’acharne à nous museler, aux fins – vaines – de retarder l’émancipation des citoyens d’ascendance subsaharienne et son corolaire vertueux, l’exercice du pouvoir d’Etat mais, là, il s’agit de bien plus. L’on oublie souvent que sous la charge tempétueuse des Hratine et des kwars (ethnies noires de Mauritanie), pointe une troisième vague qui risque de liquider la domination, en son cœur : je parle de la revendication d’égalité, de partage matériel et de considération, par les castes, toute ethnie confondue ; si les groupes autochtones du Sud s’accommodent de l’éveil de leur cadets sociaux et semblent lui survivre, l’ensemble maure, hélas, ne se conçoit de pertinence ontologique ni de légitimité en dehors de la hiérarchie, de la généalogie et du privilège de race. Son outrance à notre encontre résulte de la conscience lucide que nous œuvrons à le sevrer de sa substance nourricière, c’est-à-dire produire et consommer le fruit de la préférence indue, de la triche et du fanatisme érigé en carapace à toute adversité. Le pouvoir nous livre la guerre de sa survie car la résilience de sa reproduction sociale ne s’acclimate à un environnement de concertation, d’écoute ou de respect mutuel. Le véritable piège dans la vie, consiste à s’imaginer toujours au sommet.

Elu en cellule

Le 13 août 2018, Abdallahi Houssein Messoud et moi sommes inculpés, soit 4 jours avant le début de la campagne couplée pour l’élection du Parlement, des mairies et des conseils de région. De facto, ma voix cessait de résonner dans le concert de la contradiction démocratique. Je n’étais plus audible.

En dépit de la Constitution, le Chef de l’Etat dirigeait la réclame de son parti et s’y démenait en promesses, intimidations et gesticulations, usant, à titre exclusif, des symboles et moyens de l’autorité publique. A cette fin, il me nommait et désignait à l’opprobre, comme criminel, ennemi de la nation et de l’Islam, démagogue, escroc et imposteur, assoiffé de richesse et de prébendes octroyées par l’Occident ; selon Mohammed Ould Abdelaziz, à qui l’humour involontaire fait trousser de désopilantes saillies, j’aurais inventé le faux problème de l’esclavage et créé une organisation (IRA) pour fructifier le négoce du sentiment; Selon lui, l’Occident – mythifié et fantasmagorique bien entendu- rémunèrerait avec munificence, tout mercenaire apte à troubler l’unité nationale, la paix civile et la primauté de l’Islam en Mauritanie. Par les trois motifs, entendez, plutôt, la préservation du statu quo. Cette théorie de la conspiration, mes compatriotes maures se la transmettent, en toute névrose, depuis l’essor du nationalisme arabe à la fin du siècle révolu. Elle y passe pour haute science et marque d’intelligence.

Dans ses meetings de campagne, Mohamed Ould Abdel Azizi appelait, les mauritaniens, à voter les listes candidates du parti-État, en vue de barrer la route à une dangereuse coalition celle de l’aile politique d’IRA, alliée au parti Sawab. Il répétera, plusieurs fois au cours de ses interventions, qu’il ne laissera les « extrémistes » entrer au Parlement. Certains milieux ont voulu expliquer qu’il s’adressait aux islamistes de Tawassoul, interprétation peu scrupuleuse pourtant, ces derniers ayant toujours siégé dans les deux chambres, parfois sous une coalition avec l’Union pour la République (Upr), le cheptel électoral du Chef de l’Etat.

Qu’importe, j’ai été élu, en compagnie de quelques camarades. Nous voici désormais à l’intérieur de l’antre mais avertis de ce qui nous entoure et armés en conséquence.

L’incurie au sanhédrin

A. Un personnel tombé du camion

Le 13 août, avant de m’interroger, le juge d’instruction Mohamed Vadel Limam me dispensa d’abord, un cours sur la démocratie, la justice et la séparation des pouvoirs en vigueur sur le territoire de la République islamique de Mauritanie. Il égrenait le titre avec une fatuité risible. Je lui rétorquais que le ministère public, comme de jurisprudence depuis 2010, a inventé, à mon endroit, les chefs de « menaces de mort » et « violence ». Le juge réagit en brossant un tableau idéal du régime et surtout de la bonne conduite du procureur, du Parquet et de la police ; il décrivait des institutions au dessus de tout soupçon, pas celles que nous subissons, bien entendu ; selon ses lumières, ô combien précieuses à l’abord, la garde-à-vue prolongée d’une semaine, les privations de sommeil, de visite parentale, de consultation médicale et d’avocats, relèvent de la normalité dans la procédure; suite à mon insistance, il m’apprit, non sans s’agacer, que l’empêchement de lecture durant la longue et pénible semaine dans le cachot de la police, comme l’interdiction de se doucher, de disposer d’une natte, d’une couverture ou de moustiquaire ne méritent mention devant un homme de loi. Pour Mohamed Vadel Limam, il s’agissait de banalités, de trivialités sur lesquelles seuls insistent les politiciens, toujours avides de détourner la procédure; le brave édile m’avertit, avec certitude, que la manœuvre ne passerait auprès de lui. Aussi, tien-il, par charité et scrupule d’autodidacte, à me consentir un brin de son opinion coruscante : le procureur et la police ont très bien accompli leur travail et, en Mauritanie, l’autorité suprême est totalement neutre quand au déroulement du contentieux devant les tribunaux. J’avais l’occasion d’éclater de rire et m’abstins, au moins pour découvrir à quel couvée j’avais affaire, tant le plumage bariolé forçait la stupéfaction.

Sur le fond du dossier, l’honorable Mohamed Vadel Limam m’a posé deux questions et servi une assertion.

-Reconnais-tu les chefs d’inculpations dont t’accuse le Parquet? Non.

-Es-tu prêt à demander des excuses au journaliste Dedde Abdallah, de l’avoir traité d’agent de la police politique? Non, je persiste et signe que Dedde Abdallah est une taupe de la cellule de police politique chargée de s’occuper des organisations auxquelles nous appartenons, mes camarades et moi ; oui, sa mission consistait à abuser de ma confiance, provoquer une controverse, réaliser un faux témoignage et des déclarations indues pour créer le prétexte au dictateur de m’écarter du champ des droits humains et de la compétition électorale en 2018 et 2019. Cet agenda, Monsieur le juge, se déroule sous vos yeux.

-Même si tu lui demandais des excuses et même si le plaignant les acceptait et retirait sa plainte, je t’enverrais en prison. Je te dis, dés à présent, tu va y croupir, d’ailleurs sur le champ, je t’expédie dedans mais te conseille de laisser la politique et surtout de renoncer à cette activité insignifiante que sont les élections, oublie les élections, repose-toi et quand Dieu te donnera l’occasion de sortir, après avoir demandé le pardon à ce journaliste, occupe-toi de ta santé et laisse de côté la politique.

Monsieur le juge, peu soucieux de l’expression apaisée des suffrages et précisément en rogne contre la démocratie, signe le mandat de dépôt pour Abdallahi Hussein Messaoud et moi ; la conscience tranquille, il nous fait enfermer. Toutefois, nous ne devions tarder à nous revoir. En effet, 3 jours après son acte d’incarcération expéditive, le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott-Sud Mohamed Vadel Ould Limam, émet une ordonnance de nous extraire, mon co-détenu et moi, en vue de notre audition pour clore la phase de l’instruction. Le ministère public s’oppose à la nouvelle comparution et la bloque, au mépris de l’indépendance du magistrat.

B…qui roulait à vive allure

Le mercredi 29 août, l’estimable individu arrive brusquement à la prison et veut procéder à l’interrogatoire. Nous refusons de nous plier au jeu incongru de questions-réponses car le magistrat, outre sa posture partiale, nous inspirait de l’inquiétude sur sa propre lucidité. Nous excipons du droit au silence, à cause de l’absence de nos avocats, dont aucun n’avait été informé; nous sommes jetés, depuis deux semaines, dans le couloir d’une cours exigüe de la prison, sans toit susceptible de nous abriter de la pluie, lors fréquente à Nouakchott. Astreints à l’insomnie et à l’angoisse, nous ne disposions d’habitat personnel, comme le commun des prévenus ou condamnés. La prison civile de Nouakchott, très largement surpeuplée, présente le risque, pour un détenu d’opinion, de subir les maltraitances. La cruauté des droits communs le dispute à le zèle des gardes pénitentiaires.

Le juge nous menace, de nouveau et nous enjoint de savoir que la loi sera appliquée pour rendre justice à un citoyen lésé. Il recommence à nous raconter, avec des détours d’éloquence hasardeuse et quelques approximations d’une sapience étriquée, que le pouvoir est neutre et les juges indépendants. Je prends la parole pour déconstruire, point par point, son homélie studieuse, partagé que je suis entre la perplexité et l’amusement!!! Dans le magistère de la justice – métier noble et de tact sous des cieux d’exigence et de rigueur – certains de nos « magistrats » sembleraient évadés, au 19ème siècle, d’une bédouinie poussive. Tout, en eux, exhale le temps faisandé et à replis où l’on rendait la justice non pas sous un chêne mais comme un gland. Les quidams d’aussi singulière facture, le ministère de tutelle en rémunère des centaines, dispersés aux quatre coins du pays. Ils sont interchangeables, pliables et duplicables à l’infini. Pour mesurer le degré de similitude à l’énoncé de leur science dévoyée, il vous suffit de les brancher sur l’esclavage en droit « musulman ». Vous verrez, ils maîtrisent le chapitre et excellent à sa rumination.

Face à notre refus de lui répondre, le susdit réplique, en vrac : il n’est pas concerné par la manière dont l’on nous traite en prison, il « se fiche pas mal » de cette situation même s’il en admet l’inconfort. Enfin, il nous met en demeure d’accepter l’interrogatoire, séance tenante, sinon il irait en congés, nous maintiendrait sous écrou jusqu’à la fin d’octobre 2018. Nous lui répliquâmes à l’unisson : prononcez l’injustice qui vous sied, nous ne parlerons sans l’assistance de nos conseils !

Alors, il conclut, ainsi : donc restez ici en prison jusqu’à mon retour de congés fin octobre !

En attendant l’épilogue

La liste officielle des députés de la République, dont je fais partie, devait être convoquée et se réunir, comme le stipule la constitution, la première journée ouvrable du mois d’octobre ; or, la règle constitutionnelle a été enfreinte, pour la première fois en Mauritanie. S’y ajoute mon maintien en prison, malgré le rang de député. Le gouvernement s’échine à dénicher un tour de fourberie juridique, un escamotage de batellerie en eau trouble, qui me priverait de siège au Parlement.

Biram Dah Abeid, Prison civile de Nouakchott, le 09/10/2018

🚨 Partagez un maximum #LiberezBiram #BDA2019

Crédit source : Réseaux IRA

DECLARATION : Plusieurs blessés graves parmi les militants d’IRA – Mauritanie

Ce lundi 08 octobre, à l’ouverture de la première session de l’assemblée nationale mauritanienne, des militants d’IRA – Mauritanie sont venus nombreux protester contre la poursuite de la détention du président Biram Dah Abeid, élu député alors qu’il était en détention.

En effet, depuis le 07 août 2018, Biram Dah Abeid croupit en prison sur la base de poursuites fallacieuses suite à la plainte d’un pseudo journaliste, une taupe de la police politique du dictateur Mohamed ould Abdelaziz.
Les unités de la police, armées jusqu’aux dents, venues à la rencontre des militants, n’y sont pas allés de main morte. Plusieurs militants, dont l’épouse du président Biram, se trouvent aux urgences de l’hôpital national ;
il s’agit de :

– El Hadj El Id,
– Leila Ahmed,
– Abdellahi Abou Diop,
– Abdellahi Hamedi,
– Zouber M’Bareck,
– Mouna Malick,
– Khayri M’razkhi,
– Malick Sy.
– Souleymane yoro

Il faut noter que trois militants ont été particulièrement visés et ont eu des fractures dans plusieurs parties de leur corps, il s’agit de :

1- El Hadj El Id
2- Abdellahi Hamedi,
3- Abdoullahi Abou Diop

IRA – Mauritanie, fidèle à son engagement en faveur des Droits humains :
– Proteste vigoureusement contre la barbarie dont ont été victimes les militants d’IRA – Mauritanie en sit-in pacifique,
– Exige l’ouverture d’une enquête indépendante pour situer les responsabilités de cette violence aveugle que rien ne peut justifier,
– Appelle l’ensemble des militants à rester mobiliser pour la Mauritanie et pour le droit,
– Réitère son exigence de libération du président Biram Dah Abeid et ce, sans condition aucune,
– Et souhaite aux blessés un prompt rétablissement.

Fait à Nouakchott, le 08 octobre 2018
La Commission de communication

Paris, 4 octobre 2018 : Sit-in de soutien au leader abolitionniste emprisonné Biram.

Des militants et sympathisants du mouvement abolitionniste IRA ont tenu un sit-in de soutien près de l’ambassade de Mauritanie à Paris dans le 16ème arrondissement. Menés par une antenne de IRA-France, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’acharnement judiciaire que subit le leader abolitionniste incarcéré depuis le 7 Août dernier. Élu député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre, Monsieur Biram Dah Abeid est à la tête d’une organisation antiesclavagiste fondée en 2008 mais toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott. Ainsi ce jour, selon les cadres IRA-France, le but est de lancer un énième cri d’alerte aux autorités mauritaniennes et françaises sur le sort de leur leader qui croupit en prison pour des motifs douteux et inadmissibles .

À noter la présence pour couverture d’un journaliste et blogueur français, Alexis Poulin proche du mouvement politique des INSOUMIS de l’influent homme de Gauche universaliste M L Mélenchon.

Voir ci-dessous le photoREPORTAGE du sit-in :

Ameth Gaye chargé de Com IRA-France au micro d’Alexis Poulin de https://www.lemondemoderne.media

L’intervention de Chedad Amar ancien secrétaire général IRA-France

Avec le journaliste Alexis Poulin pour notre mot de soutien lors du sit-in.

Avec l’étudiant sociologue et militant éclairé pour les causes justes Boulaye DIAKITÉ

Elhadj FALL, responsable proche du leader abolitionniste Biram Dah Abeid avec Chedad Amar.

Communiqué de presse IRA-MAURITANIE : Répression aveugle !

Les militants d’IRA – Mauritanie se sont donnés rendez-vous ce lundi 01/10/2018 – jour de l’ouverture du nouveau parlement – devant l’Assemblée Nationale pour réclamer la libération de leur leader le président Biram Dah Abeid incarcéré depuis le 07/08/2018 et fraichement élu député. Fidèle à ses principes répressifs, la police politique a brusquemRéseauxent chargé les manifestants et les attaqué avec des bombes et des gaz lacrymogène avant de sévir contre manifestants évanouis avec des matraques et des gourdins. Des vieux et des femmes ont été pris dans ce tourbillon et la plupart a perdu connaissance.
Nous déplorons les blessés suivants:
-Dah Boushab
-Mama Moussa
-Abdallahi Homody
Cette manifestation pacifique dont les slogans sont : « Libérez le parlementaire », « Libérez le député », « Libérez Biram » a été violemment réprimée et les moyens utilisés par les autorités étaient exagérés. Les moyens disproportionnés utilisés par la police n’a d’explication que le flou, l’incertitude dans laquelle nous vivons actuellement.
IRA – Mauritanie le répète haut et fort, Biram n’est pas seul en prison, nous sommes tous en prison mais cela ne nous empêchera point de réclamer justice !
IRA – Mauritanie sait reconnaître l’enregimentation d’indicateurs, mouchards et autres taupes de la police politique, déguisés en journaliste, président d’ONG ou de parti politique;
IRA – Mauritanie saura aussi mettre à nu l’instrumentalisation de la justice par la lâche dictature de Mohamed ould Abdel Aziz.
IRA – Mauritanie salue l’engagement de beaucoup de jeunes mauritaniens justes ainsi que les députés de l’opposition mauritanienne qui ont manifesté avec les gens d’IRA devant le parlement mauritanien, ce lundi 1er octobre 2018.

Nouakchott 01/10/2018
La Commission de communication

Crédit source : Réseaux IRA

Forum FORBES 2018, le 17 et 18 septembre 2018, Mexico-City, capitale du Mexique. (Biram Dah Abeid l’invité manquant)

Présentatrice : FORBES a débuté une rubrique appelée « Game Changers », par laquelle nous invitons des conférenciers qui interviennent sur des sujets d’avenir, un avenir applicable via la démocratie, sur des thèmes tels que les technologies, les sciences, l’urbanisme… jusqu’aux politiques publiques.
Nous parlions justement de la société Twitter et de son impact sur les transitions politiques et démocratiques. Et à ce sujet, c’est avec un grand honneur que notre conférencier retenu pour cette cession, Biram Dah ABEID, qui a consacré sa vie à combattre en vue de l’abolition de l’esclavage et du racisme, un combat qui lui a valu la persécution, l’emprisonnement, voire la torture par le régime mauritanien. C’est une voix reconnue dans le monde entier pour son combat humaniste pour les libertés democratiques en Mauritanie. Une voix reconnue entre autres par le Prix International des Nations Unis en 2013.
Biram Dah ABEID était donc invité à ce Forum Forbes 2018, mais malheureusement, il a de nouveau été emprisonné.
C’est la raison pour laquelle, pour parler de ce que signifie effectivement la transition démocratique, dans ce contexte comme celui qui vient de s’accomplir au Mexique (le Mexique a élu le Président Andres Manuel Lopez Obrador en 2018, progressiste, mandaté pour en finir avec la corruption), je veux donner d’abord la parole au nom de Biram Dah Abeid à Ignacio GOMEZ, coordinateur général de la campagne de Biram Dah ABEID.

Ignacio GOMEZ : Merci Carla pour cette introduction.
Bonjour à tous, merci d’être parmi nous ce matin. Avant toute chose, je voudrais remercier publiquement Mariano MENENDEZ, Président de FORBES Amérique Latine, pour l’aimable invitation qu’il nous a adressée afin de participer à ce grand évènement. Dans ce sens, je voudrais également remercier Jonathan TORRES, Directeur éditorial de FORBES Amérique Latine, et à Adriana GONZALEZ chargé de la logistique de ce Forum.
Sans votre soutien et votre collaboration, notre participation n’aurait pas été possible.
Mon nom est Ignacio GOMEZ, je suis coordinateur général de la campagne de Biram Dah Abeid.
Biram Dah ABEID est aussi connu comme le Nelson MENDELA de l’Afrique de l’Ouest, primé du Prix International des Droits de l’Homme des Nations Unis en 2013, et candidat à la présidence de la Mauritanie, dont les élections auront lieu en juillet 2019.
Comme vous le savez, Biram Dah Abeid devrait être ici parmi nous. Cependant le président actuel de Mauritanie, Mohammed Abdel Aziz (s’appuyant sur l’instrumentalisation d’un espion de la police politique mauritanienne, habillé en journaliste) a décidé de le mettre en prison dans le but de bloquer ces participations aux échéances attendues, ainsi qu’aux forums où il a été invité incluant ce Forum FORBES 2018.
Je suis accompagné de Laura SPINOLA, coordinatrice d’IRA en relations internationales, et d’Antonio SOLA, que je n’ai plus besoin de présenter : un des plus grands stratège politique de notre temps. Tant Biram Dah Abeid , comme son équipe de campagne sommes très fiers de l’avoir à nos côtés. Nous sommes certains qu’avec son expertise, nous réussirons à obtenir les résultats escomptés.
A cette occasion, il est important de souligner ce qui suit. Tout notre engagement, toute notre lutte, tout notre effort sont destinés à contribuer à la consécration de la lutte de Biram Dah ABEID par son arrivée au pouvoir en vue de libérer tout un peuple du joug de l’esclavage, de l’obscurantisme violent, de la dictature et de la corruption. Il s’agit donc d’une campagne très atypique pour laquelle chaque participant est fier d’y contribuer.
Sans plus attendre, Laura va présenter une vidéo de Biram Dah Abeid, enregistrée cette année au Sénégal, et par la suite, elle vous lira une adresse en français rédigée par Biram depuis son lieu de détention à Nouakchott, capitale de la Mauritanie..
Enfin, Antonio SOLA va nous entretenir sur la stratégie en cours d’élaboration pour pour plus d’efficacité de la campagne internationale de Biram Dah Abeid. Et surtout le procédé que nous allons suivre en début d’année 2019.
Cette campagne que nous menons actuellement, est une campagne de sensibilisation. Il est très important que le monde occidental sache ce qui se passe en Mauritanie, et il est également important de faire connaitre la lutte de Biram. Car Biram mène une lutte pour le droit le plus fondamental de l’Homme, le droit à la Liberté.
Je vous remercie.

Antonio SOLA , (Antonio Sola a été le stratège en communication politique du Président mexicain élu en 2018, Andres Manuel LOPEZ OBRADOR) :
Merci beaucoup Laura, et Ignacio. Merci beaucoup à vous tous de votre présence dans un moment si important pour nous.
Il s’agit d’une cause qui nous touche au cœur. Nous souhaitons qu’il en soit de même pour vous aujourd’hui.
Il est incroyable de penser qu’au 21e siècle, en paraphant notre conférencière de Twitter (Melissa BARNES Administratrice de direction de Twitter Amérique), et du tweet d’Obama (« Personne n’est né avec la haine de l’autre, de par sa couleur de peau, son origine ou sa religion » Président Obama, compte Twitter https://twitter.com/barackobama/status/896523232098078720 ).
Il est incroyable qu’au 21e siècle, nous vivions cette situation au sein de notre pays membre des Nations-Unies, la Mauritanie. Mais cette situation rappelle en quelque sorte, des problèmes de droits humains que nous vivons actuellement au Mexique. Combien de journalistes, collègues nous ont quitté de fait de la violence. Ou Haïti, ici aux Caraïbes américain, la 6e économie la plus pauvre du monde. La 1ere de notre région.
Le Mexique ne peut pas être indifférent de ce qu’il se passe en Mauritanie. Et aujourd’hui du fond du cœur nous voulions vous remercier pour nous accorder cette tribune si importante, quand cet homme, cet esprit, que vous venez de voir reste emprisonné de manière injuste.
Cela me rappelle, maintenant que je viens de mener la « campagne du changement présidentiel » en Afrique du Sud, à l’esprit de MANDELA, lorsqu’en 1994, il s’en est fini de l’Apartheid grâce à la lutte de cet homme. Cela ne fait que 24 ans, en 1994, qu’après 29 ans en prison que MANDELA et Walter ZIZULU 27 ans en prison, par un régime injuste a réussi à se libérer, comme je le souhaite à travers la missive de Biram, la libération du peuple mauritanien .
Cet esprit de MANDELA est celui qui nous réunit aussi aujourd’hui. C’est la raison pour nous de vous demander de nous ouvrir vos cœurs, et la possibilité à qui le veuille de générer pour cette campagne, énergie, effort, volonté, contacts, et aides internationales. Car il est nécessaire d’avoir les moyens d’appliquer toutes nos capacités pour cette campagne jusqu’à la victoire du droit et la dignité humaine.
Il n’est plus possible qu’un pays au 21e siècle, demeure avec 20% d’esclaves !
Je veux mobiliser votre âme !
Plutôt que vous présenter la stratégie, je veux que vous pensiez une seconde que la Mauritanie est ici à côté de notre cœur. Je sais parfaitement que nous avons nos problèmes au Mexique, je sais que nous avons beaucoup de problème en Espagne d’où je viens. Mais l’échéance pour l’alternance démocratique et politique en juillet 2019 en Mauritanie, est très importante pour la communauté humaine, la communauté des justes, car Biram y est impliqué au nom du changement par le droit, dans l’unité, la prospérité et la cohésion sociale et ethnique en Mauritanie.
Nous devons le sortir de prison, nous avons besoin d’aller devant les organismes internationaux avec votre aide, participants de ce Forum, aux Nations Unis, aux organismes des Droits de l’Homme, comme l’expliquait Laura, comme l’expliquait Ignacio. A chaque institution du monde qui nous permette de dénoncer cette situation.
Ignacio, mexicain. Laura qui vit à Paris, d’où se pilote la campagne pour Biram et moi m’ajoutant, à cet effort inconditionnel, à cette équipe, avec tout mon apport professionnel nous allons mener la campagne de Mauritanie jusqu’à la victoire !
Je vous remercie.

photos : Beilja by Matthieu Dandoy

Événement : grande mobilisation IRAOUIE autour du procès du président Biram.

Aujourd’hui 19 septembre 2018, le président charismatique des Réseaux IRA (Organisation abolitionniste) toujours non reconnue en RIM, est attendu devant un tribunal à Nouakchott. Privé de liberté depuis le matin du 7 août dernier, le leader abolitionniste et antiesclavagiste , récemment élu député au parlement mauritanien, subit un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés du terrain.

Une forte mobilisation s’est organisée par les militants et les sympathisants du mouvement IRA-Mauritanie , pour soutenir leur dirigeant.

K.S

Événement : grande mobilisation IRAOUIE autour du procès du président Biram.

Aujourd’hui 19 septembre 2018, le président charismatique des Réseaux IRA (Organisation abolitionniste) toujours non reconnue en RIM, est attendu devant un tribunal à Nouakchott. Privé de liberté depuis le matin du 7 août dernier, le leader abolitionniste et antiesclavagiste , récemment élu député au parlement mauritanien, subit un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés du terrain.

Une forte mobilisation s’est organisée par les militants et les sympathisants du mouvement IRA-Mauritanie , pour soutenir leur dirigeant.

K.S