​Communiqué d’IRA – Mauritanie: Pour Kémi Séba, la conscience muselée !!


Communiqué de presse
IRA-Mauritanie appelle les États de l’Afrique, en particulier de l’espace francophone, à privilégier des méthodes de réaction positive et d’ouverture d’esprit à l’activisme de Monsieur Kemi Séba, d’ailleurs représentatif d’un courant réel au sein d’une jeunesse du Continent qui aspire à la renaissance.

IRA-Mauritanie invite le Président de la république du Sénégal, première démocratie sur le continent, source de fierté pour les combattants du pluralisme et de la tolérance, à protéger les lanceurs d’alerte, l’objection de conscience et l’opinion dissidente. Ainsi se présente désormais la vocation historique de ce grand pays. 

Ainsi, le juge sénégalais est tenu de prononcer la relaxe pure et simple de Kemi Séba, laissant, alors, aux africains de départager, par des voies démocratiques et à l’abri de toute contrainte, partisans et détracteurs du franc CFA.   
IRA-Mauritanie, stupéfaite de l’arrestation du leader de l’organisation Urgences Panafricanistes, connu pour son engagement contre les multiples sujétions et aliénations de ses frères, appelle :
1■ Les autorités judiciaires du Sénégal, à le libérer sans condition de toute charge liée à la destruction symbolique d’un billet de banque. 
2■ La jeunesse internationaliste à les soutenir, ses compagnons de lutte et lui, dans leur dynamique d’émancipation des peuples d’Afrique, à commencer par l’adoption d’une monnaie de l’intégration. 

Nouakchott le 29/08/2017                                 

La commission de communication

Hommage aux martyrs de l’Armée : réplique salée de BIRAM à Ould Abdel Aziz 

 


Le Calame
– Le président d’IRA Mauritanie a dénoncé l’hommage, assimilé à un accès de « mégalomanie », rendu, par le chef de l’Etat, aux « martyrs » des forces armées et de sécurité mauritaniennes, omettant les martyrs noirs.

« Qui sont les martyrs ? », s’est demandé Biram, en conférence de presse, le samedi 5 Août à Nouakchott. « Pas les coupeurs de route dont il [Ould Abdel Aziz, ndlr] se targue. Ce sont des gens qui ont installé, sur cette terre la loi de la jungle, à travers l’esclavage, les razzia, les guerres tribales et ethniques, les vendetta… C’était le système de la terreur », a narré Biram.

Poursuivant, le leader abolitionniste soutient ceux qui ont facilité la colonisation française, malgré les tares, l’hypocrisie, la fourberie et permis de « favoriser l’ancrage de l’Etat de droit. […] Ces coupeurs de route ne sont pas nos martyrs. Ce sont ceux de l’extrême-droite esclavagiste, obscurantiste et raciste. Ce sont les nostalgiques du retour à la traite qui les honorent, pas ceux qui en ont cruellement souffert ».

Et d’asséner : « Nos martyrs sont ceux qui sont tombés sur les champs de bataille pour la justice pour ce pays. Je parle de Tène Youssouf Guèye, Ba Abdoul Ghoudouss, Tafsirou Djigo et de tant d’autres. Qu’elle est longue, la liste des tombés au champ d’honneur de la lutte pour la dignité humaine ! Ce sont ces victimes qui sont les martyrs de notre Nation. Pour la mémoire de ces vrais martyrs, c’est tout à leur honneur qu’une personne de la trempe d’Ould Abdel Aziz ne puisse les citer ».

Revenant sur la proposition référendaire d’ajouter deux bandeaux rouges au drapeau national, pour symboliser « le sang des martyrs », Biram pense qu’Ould Abdel Aziz ne l’a mise au compte d’un hommage qu’à certains d’entre eux. Le chef de l’Etat a ainsi voulu « honorer le colonel Mohamed Lemine Ould Ndiayane, les martyrs de Tourine, El Ghalaouiya, Lemgheyti et Hassi Sidi, dont les enfants étaient présents au meeting ». Mais, constate Birame, « Ould Abdel Aziz n’a pas mentionné les martyrs négro-africains victimes des exactions extrajudiciaires, lors des années de plomb (1990 et début 1991), culminant avec le massacre de plus de cinq cents officiers et sous-officiers négro- mauritaniens, dans des conditions jamais élucidées ».

Sur un autre plan, Biram souligne que « l’épouse du chef de l’Etat et ses enfants coûtent, coûtent chacun, à l’Etat mauritanien, plus que vingt ou vingt-cinq de ces sénateurs dont, crocodile, il pleure les dépenses. Contrairement à son clan familial, qui ne s’acquitte de rien, vis-à-vis de l’Etat et du pays, les sénateurs s’acquittent d’un devoir vis-à-vis du peuple mauritanien, de l’Etat et ont droit à leurs rémunérations ».

« Avec ces grossièretés, Ould Abdel Aziz peut berner les laudateurs qui l’entourent mais pas le peuple mauritanien », ajoute Abeïd qui dénonce vivement, par ailleurs, « une montée en grade » de l’intimidation et « des écoutes téléphoniques, devenues l’arme illégale du pouvoir de Mohamed ould Abdel Aziz, pour tenter de déjouer ou tromper les défaites cuisantes et successives qu’il subit, de la part de ses opposants ». Et de prendre à témoin l’opinion publique, sur « la persécution dont nous faisons l’objet, moi et ma famille, à cause de ma lutte intransigeante contre l’esclavage, le racisme et la discrimination qui frappent les négro-africains et les harratines en Mauritanie ».

« Perturbés par le traumatisme causé par les nombreuses incursions, musclées, des forces de l’ordre au domicile parental, mes enfants sont en passe de devenir apatrides car les autorités de l’état-civil mauritanien leur ont refusé le passeport, sous prétexte que celui de leur père va expirer dans six mois et ne sera pas renouvelé », révèle le leader abolitionniste. Ces intrusions policières, les jets de gaz lacrymogènes contre les foules qui l’accueillent, à chaque retour de voyage, les asphyxies qui s’en suivent, parmi sa famille, ses enfants et ses voisins, l’ont poussé à offrir, aux siens, des vacances à Dakar, pour leur donner un peu de répit, une vie de famille apaisée et une bonne scolarité.

Source crédit: http://www.cridem.org

IRA-MAURITANIE: COMMUNIQUÉ DE PRESSE 



COMMUNIQUE

Le militant des Droits de l’homme, Monsieur Biram Dah Abeid, Président de l’IRA Mauritanie , est victime systématiquement d’agressions, d’intimidations, de restrictions et d’écoute illégale.



Monsieur Biram Dah Abeid, Président de l’IRA Mauritanie, est rentré de manière imprévue  en Mauritanie, pour récupérer son passeport qui était confisqué par la police mauritanienne.

Il avait envoyé son passeport á un parent pour que ce dernier lui fasse des formalités consulaires auprès de l’ambassade d’Arabie Saoudite et également effectuer des démarches pour que ses enfants puissent être détenteurs de passeports. Une procédure qui exige la présence de passeport de Monsieur Biram.

Les services de sécurité mauritanienne l’avait mis sous écoute téléphonique, á partir de Dakar, Sénégal. Et ils ont intercepté le document à Rosso,  et arrêté le porteur qui a subi un interrogatoire concernant les contacts de Biram au Sénégal.

Les autorités avaient contrôlé le passeport, tous les pays où Monsieur Dah Abeid avait obtenu des visas d’entrée et sortie. Le service de l’état civil l’a informé que les passeports de ses enfants ne seront pas délivrés et que le sien ne sera pas renouvelé parce qu’ayant une validité de six mois. Et même après ce délai aucun passeport ne lui sera plus délivré.

Nous tenons à vous informer que cette stratégie est mise en place par le Gouvernement mauritanien dans l’unique but d’entraver Monsieur Dah Abeid dans ses déplacements et l’accomplissement de son travail en tant que  militant des droits de l’homme contre l’esclavage, le racisme et les violations des droits humains en Mauritanie.

En plus de ces violations, les autorités mauritaniennes sont allées plus loin dans le harcèlement en mettant sur pied, devant son domicile, un poste de police pour intimider Monsieur Dah Abeid ainsi que ses visiteurs.

Revenant dans le cadre de la contestation contre les réformes constitutionnelles soumises à un référendum qui a eu lieu le 5 août 2017 : les réformes proposées par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz sont outre la suppression du Sénat et de la Haute Cour de Justice, une modification du drapeau et l’hymne national.

Comme le stipule l’article  99 de la Constitution de 1994 qui prévoit un vote séparé de l’Assemblée et du Sénat, ces réformes sont adoptées par l’Assemblée mais refusées par la majorité des sénateurs. Le Président s’en réfère alors à l’art 38 de la Constitution selon lequel il peut, « sur toute question d’importance nationale », saisir le peuple par référendum.

C’est dans ce contexte très tendu que le Président Biram Dah Abeid et l’ensemble des leaders de l’opposition dite radicale ont organisé une véritable résistance contre cette

réforme considérée comme « un coup d’état » contre la Constitution de la République islamique de Mauritanie.

Le 3 août, dans l’après-midi, Biram Dah Abeid avait participé à une manifestation pacifique avec quelques membres de l’opposition dans le quartier Arafat de Nouakchott. Il a été personnellement ciblé par les pelletons de l’Unité de la Garde Nationale. L’officier de la garde á donné l’ordre de jeter deux á trois bombes de gaz lacrymogène sur Monsieur Dah Abeid. Il a été gravement touché et a perdu connaissance (veuillez voir les photos ci-joint).

Il a été évacué aux services d’urgence de l’hôpital national de Nouakchott où il est resté hospitalisé pendant quelques heures.

Ses tortionnaires avaient forcé la porte pour rentrer dans la chambre de consultation contre l’avis des médecins pour interroger Monsieur Dah Abeid qui d’ailleurs a refusé catégoriquement de coopérer.

La situation politique et sociale est extrêmement confuse, par exemple arrestations, tortures et intimidations des membres de la société civile et de l’opposition. Du 02 au 05 août, 33 sénateurs de l’opposition sont retranchés dans le Sénat encerclé par les forces de police qui interdisent tout contact avec les manifestants, toute livraison de nourriture et l’électricité a été coupée.

Il faut encore remarquer l’absence d’observateurs de l’Union européenne pour ce scrutin boycotté par l’opposition. Interpellé à ce propos, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a répondu ce 5 août : « « L’union européenne n’est pas le baromètre de la vérité. Seuls les gens qui ont l’esprit encore colonisés posent ce genre de problèmes. L’opposition n’a pas boycotté. C’est une infime partie de l’opposition, je dis bien une infime partie, en déliquescence, qui n’existe que sur papier, une opposition virtuelle sur les réseaux sociaux.« 

La coordination de IRA Mauritanie en Europe vous interpelle Madame la Rapporteuse des Nations Unies sur la situation désastreuse en Mauritanie. Nous souhaitons votre  intervention afin que la communauté internationale puisse être au courant des agissements des autorités mauritaniennes et exercer les pressions nécessaires afin que puisse cesser les violations graves des droits de l’homme en Mauritanie et qu’également puissent travailler dans la liberté la plus totale les défenseurs des droits de l’homme et les opposants.  








7 août 2017     

                      



La Coordination IRA en Europe


Contacts :

diarrayacoub79@gmail.com

voorzitter@iramauritanie.nl

marymaes@gmail.com

​ALERTE INFO : Biram Dah Abeid blessé lors des manifestations à Nouakchott  

 

Lors des manifestations de ce 3 août à Nouakchott contre le projet de référendum du Président Aziz, le Président du mouvement IRA, Biram Dah Abeid, a été blessé et transporté à l’hôpital national. 

C’est dans le quartier Arafat de Nouakchott que les forces de l’ordre ont été particulièrement violentes. Le leader du mouvement anti-esclavage participait avec l’opposition à l’une des nombreuses marches et manifestations prévues ce 3 août, à Nouakchott et dans le pays, pour dénoncer la tenue de ce référendum considéré comme « un coup d’état » contre la Constitution du pays et inciter les Mauritaniens à voter non. 

 

Biram Dah Abeid a été atteint par un jet de gaz lacrymogène qui lui a fait perdre connaissance. Il a été personnellement visé par un membre de l’Unité de la Garde Nationale puisqu’aussi bien aucune autre victime n’est à déplorer parmi la foule compacte qui l’entourait. Emmené aux services d’urgence de l’hôpital national de Nouakchott, son processus vital n’est pas engagé. Une foule nombreuse a suivi les services d’urgence provoquant une situation très chaotique aux abords de l’hôpital. C’est vers 22h que, rétabli, Biram Dah Abeid a quitté l’hôpital, décidé à reprendre sa place dans le cortège des manifestations. 

 

La tension est extrême en ce dernier jour de campagne à Nouakchott. Depuis ce matin, 33 sénateurs de l’opposition occupent le Sénat encerclé par les forces de police. Tout contact avec l’opposition en sit-in devant le Sénat est interdit, toute livraison de nourriture aux « occupants » interdite et l’électricité a été coupée. 

 

C’est ce samedi 5 août que les Mauritaniens sont appelés à se prononcer sur les réformes proposées par le Président Aziz dont, notamment, la suppression du Sénat et de la Haute Cour de Justice. 

 

Les militants du mouvement anti-esclavage de l’IRA en Europe, saluent le courage du Président Biram Dah Abeid et des militants mauritaniens engagés dans ce combat dont l’issue est vitale pour la Mauritanie. 

 

3 août 2017 – 22h40         
La Coordination IRA en Europe 

Contacts : 0478/503 727 et 0492/504 092 

 

IRA MAURITANIE en Belgique ASBL, 77 Chaussée de Haecht, 1210 Bruxelles Contacts : 0478/503 727 ou 0492/504 092

Crédit source: Réseaux IRA EUROPE. 

IRA-MAURITANIE: COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Le Président d’IRA-Mauritanie, M. Biram Dah Abeid, a visité le Canada du 27 mai au 13 juin 2017 ; durant son séjour,  il été bien accueilli par nos militants, par la communauté mauritanienne et par nos partenaires locaux. Partout, les militants d’IRA – Mauritanie  ont pris le devant pour rendre cette visite agréable et réussie. A cet effet, Kadiata Ba et Djeinaba Diallo se sont illustrées par leur dévouement et leur engagement sans réserve auprès d’IRA-Mauritanie. Nous les remercions vivement. Nous remercions aussi nos militants, nos militantes, la communauté mauritanienne canadienne, et nos partenaires locaux.
Au cours de cette visite, nous avons constaté qu’il urge nécessairement de fonder IRA-Canada en apportant des clarifications à la situation qui prévalait et pour promouvoir notre déploiement dans le sous continent Canadien. 

De ce fait,  il a été décidé  dans la réunion du Bureau Exécutif d’IRA – Mauritanie, en date du 29 juillet 2017, que l’organisation nommée Section IRA Mauritanie au Canada (SIMC) ne représente pas IRA – Mauritanie  et de ce fait ne peut porter, ni parler en son nom, ni la représenter dans aucun forum ou devant aucune institution gouvernementale ou non gouvernementale. 

Une structure et un bureau seront mis en place pour mener à bien la mission d’IRA – Mauritanie au Canada. La composition de ce bureau  sera publiée  prochainement. Toutes celles et tous ceux qui voudront rejoindre cette structure naissante sont les bienvenus. 
Merci de votre soutien et de votre engagement avec IRA-Mauritanie pour l’élimination complète de l’esclavage et du racisme et pour le triomphe de l’état de droit et de  la justice dans notre  pays,  la Mauritanie.

Nouakchott le 1/8/2017                             
la commission de communication

Les autorités mauritaniennes retiennent illégalement le passeport du Président de l’IRA Mauritanie, Biram Dah Abeid.



ALERTE – COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 19 juillet dernier, après une tournée de sensibilisation en Europe et aux Etats Unis, Biram Dah Abeid, le Président du mouvement anti-esclavage de l’IRA, est rentré à Dakar (Sénégal) où l’ont rejoint son épouse et ses quatre enfants.

La famille s’apprêtait à répondre à l’invitation privée d’amis en Europe qui les attendaient en août et septembre prochain.

Pour ce faire, Biram Dah Abeid avait introduit depuis plusieurs mois déjà la procédure pour la constitution des passeports de ses enfants. Alors que cette démarche ne prend pas plus de quelques jours, les autorités supérieures de la Mauritanie ont purement et simplement opposé un veto catégorique à la délivrance des passeports des enfants.

C’est alors que Biram Dah Abeid décide d’introduire une demande de visa pour se rendre à La Mecque pour y accomplir le pèlerinage que tout bon musulman se doit de faire un jour dans sa vie.  Il charge un ami de se rendre à Nouakchott avec son passeport pour y accomplir les formalités.

Sid’Ahmed a quitté Dakar ce 24 juillet mais arrivé au poste frontière de Rosso, il est arrêté par la police mauritanienne qui vraisemblablement était au courant des contacts téléphoniques entre lui et Biram Dah Abeid. Si Sid’Ahmed a été relaché, la police a confisqué le passeport du Président de l’IRA et a vidé les téléphones de Sid’Ahmed de tous ses contacts.

Biram Dah Abeid quittera ce 26 juillet Dakar pour se rendre à Rosso et tenter d’y récupérer son passeport, auquel cas il poursuivra sa route jusque Nouakchott pour finaliser lui-même la procédure de visa pour le pèlerinage à La Mecque.

Une fois encore, les autorités mauritaniennes n’ont reculé devant rien pour priver, de manière arbitraire et illégale,  le Président de l’IRA et sa famille de leurs titres de voyage et notamment de refuser l’octroi de passeports aux enfants.

Les militants de toutes les sections de l’IRA en Europe sont en état d’alerte car rien ne dit que ce 26 juillet, à Rosso, l’escalade de la provocation ne continuera pas pour tenter de museler une voix qui dérange au plus haut point le Président Mohamed Ould Abdel Aziz alors que le pays est aujourd’hui en proie à toutes les contestations.

25 juillet 2017 – 23h00                     


La Coordination IRA Europe

Contacts : 0478/503 727 et 0492/504 092

Esclavage, discrimination et religion en Mauritanie :Les dilemmes de la république islamique, à l’épreuve du G5 Sahel



I. Un abus de plus, dans une dérive sans bruit


En catimini, les députés votaient, le vendredi 9 juin 2017, un projet de loi portant pénalisation de la discrimination. Au paragraphe premier de l’article 10, il est stipulé : « quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République islamique de Mauritanie est puni d’un (1) an à cinq (5) ans d’emprisonnement ».

Au moment de présenter le texte aux élus, le Ministre de la Justice, avocat dans une vie antérieure, rassurait : « la loi est générale et impersonnelle et ne vise pas une personne ou une frange en particulier pas plus qu’elle ne vise à faire taire une quelconque voix, ni punir quelqu’un, qui s’exprime contre l’injustice mais, au contraire, essaie de protéger la société et de préserver la cohésion au sein de ses composantes ». Quand un juriste commence par s’excuser, il convient d’appréhender la suite.

Le fait, constant, est que le pays s’enfonce, depuis quelques années, dans une régression intellectuelle sans précédent, sous l’influence d’une nébuleuse salafiste, aux sources de financement dont l’opacité se drape de dévotion. Les promoteurs les plus zélés de la théocratie par doses homéopathiques se recrutent, aussi bien, parmi les notables acquis au pouvoir que ceux ouvertement affiliés à l’Internationale islamiste. Leur émulation au pire ne cesse de précipiter la Mauritanie,  naguère terre d’élection soufie, dans la littéralité aliénante du wahhabisme. A force de dissimulation et de patience, confortées par la résignation des élus et le populisme des dirigeants, une nouvelle Talibanie s’enracine, sans coup férir, doucement.  L’avenir du jihadisme en Afrique de l’Ouest dépend de la constance avec laquelle la dérive de l’extrémisme confortera son emprise sur les institutions et le territoire poireux de la Mauritanie. Au moment où Nouakchott accueille le siège de la coalition antiterroriste G5 Sahel, dispositif désormais sous caution des Nations unies, les partenaires extérieurs se gardent bien d’évoquer la réalité d’une radicalisation irréversible. Paresse, négligence et abus de complaisance contribuent à accentuer l’évolution en cours vers l’émergence, graduelle, d’un modèle de gouvernement à vocation jihadiste. Quasiment à ciel ouvert, la Mauritanie abrite, aujourd’hui, le laboratoire le plus avancé, sur l’aire ouest-africaine, dans la confection et la diffusion industrielles d’une idéologie de la haine et du meurtre de masse, en comparaison de quoi le nazisme passerait bientôt pour une attrapade de recréation.  De sombres prédicateurs appellent à l’homicide et excitent à la xénophobie confessionnelle, sans jamais susciter la curiosité d’un juge. Ici, l’on peut désormais tuer son voisin après l’avoir dépouillé et assassiner ses parents dès lors qu’un jurisconsulte les excommunierait. Etes-vous tenté de régler un mécompte avec quelque fâcheux ? Réputez-le ennemi de l’Islam, il sera occis par la foule avant que d’avoir plaidé !!

Le dessein du tout-religieux vient couvrir, du voile de la piété et de l’unicité de la Umma, un modèle de conservation sociale que marquent la verticalité, la contrainte morale, la préséance de naissance, la mentalité du racisme outrancier et l’attachement aux privilèges indus. Sous la dérive du fanatisme à l’œuvre en Mauritanie, se profile la fuite éperdue vers le déni, parmi la communauté des anciens maîtres d’esclaves ; devant le défi menaçant de la montée des revendications de citoyenneté et d’équité, les tenants de la supériorité par le gène n’ont plus que la religion pour refuge ; il s’en servent, à présent, comme bouclier et arme de destruction massive.

II. Quand un gouvernement légalise l’extrémisme religieux

En cette ère de duplicité où bien des Etats musulmans se débattent avec l’extrémisme qui les fonde – au point de s’accuser mutuellement d’apologie du terrorisme – quelques interrogations légitimes s’imposent : en légiférant avec tant de maladresse, qui et quoi le gouvernement mauritanien cherche-t-il à protéger ? La question prend un relief singulier si l’on garde à l’esprit qu’il n’existe aucune solution religieuse à la violence éponyme ; l’ironie du paradoxe réside dans ce que la plupart des pays producteurs et exportateurs du projet de contrôle des consciences, de l’habillement et de l’intimité, appliquent, dans leurs lois, l’essentiel de l’agenda d’uniformisation consubstantiel au jihadisme. Un Etat qui partage à plus de 90% la doctrine et le substrat moral des terroristes, est-il en mesure de la combattre ? Voilà une question à quoi le législateur mauritanien vient d’apporter une réponse non dénuée de cynisme, avec, cependant, une pointe d’humour dans la volonté d’autodestruction.

Les promoteurs de la diversion arguent, par des canaux obliques, de leur détermination à ériger un mur contre l’intolérance, que le pouvoir impute aux Frères musulmans, présumés poulains du Qatar. Or, prenant fait et cause pour l’Arabie Saoudite, dans une querelle entre des royautés aussi exotiques qu’étrangères à son environnement, la Mauritanie ne mesure dans quel piège risible elle s’enferre : quand Riad reproche à Doha, de soutenir le terrorisme, la décence commande de sourire. Le 25 juin 2017, lors de la prière de fin du Ramadan, l’autoproclamé Grand Mufti, et imam de la mosquée centrale de Nouakchott, suggérait l’interdiction du Chiisme, à cause, expliquait-il, de ses « fausses croyances » ; quelques jours avant, il dénouait, dans une vidéo d’anthologie, les finesses juridiques et la licéité du mariage entre humain et djinn. Il trouva même matière à interdire l’union d’une musulmane avec un esprit mécréant sauf si ce dernier venait à se convertir !!! Evidemment, en vertu du nouveau texte de loi, toute moquerie à son égard relèverait du « …discours incendiaire…». Hormis le comique des circonstances survolées ici, l’absurdité de loi du 9 juin 2017 se vérifie ailleurs :




1. La notion de « rite officiel », en l’occurrence le malékisme, pose problème ; nulle disposition de la Constitution ne précise une telle qualité ni ne dit, a fortiori, un quelconque rapport de conformité, de l’Etat, à l’obédience sunnite ; l’école malékite n’en est qu’une expression parmi 4, au total. L’article 5, « l’islam est la religion du peuple et de l’État » consacre l’unicité confessionnelle du pays mais sans en préciser le détail.




2. Tout aussi trouble s’avère le lien entre une norme supposée punir les discriminations entre citoyens et la consécration d’une doctrine du lien à Dieu. Un Etat moderne, dit « de droit », de surcroît régi par le pluralisme, les élections et la limitation du mandat présidentiel, est-il fondé à régir l’avenir post-mortem des citoyens ? Là, encore, la Mauritanie innove et de belle façon : plus la misère, l’insalubrité, la maladie débordent l’action publique, davantage le gouvernement s’investit pour réserver, à ses administrés morts, les conditions optimales du séjour au Paradis. Le déplacement de compétence, en réalité un judicieux transfert d’irresponsabilité, comporte, pour ses bénéficiaires, l’assurance de l’impunité ici-bas. Aucun trépassé ne reviendra réclamer la restitution des droits bafoués. Et quant le Prince inique ne craint Dieu, il s’emploie, inversement, à favoriser cette crainte parmi ses sujets. Le tour est joué !




III. Instrumentaliser la foi pour subjuguer




En Mauritanie, l’esclavage hérité reste encore répandu, aussi bien dans ses illustrations concrètes qu’au travers des rapports psychologiques et symboliques de domination. Si la pratique prévalait, naguère, dans toutes les communautés ethniques, sa perpétuité, au sein des populations arabo-berbères, reflète encore le modèle originel de la servitude par ascendance ; dans ce schéma multiséculaire d’exploitation de l’homme par l’homme, les Hratin (captifs et descendants) se transmettent, d’une génération à la suivante, leur condition de parias, corvéables, marginalisés et, cependant, indispensables à la cohérence pyramidale de l’inégalité de naissance, pilier de l’équilibre social. Au fil des siècles, les Hratin ont été entretenus dans l’illusion que « le paradis se trouve sous les pieds du maître». L’efficacité du mécanisme de domestication mentale, prenait le relais de la force brute et dressait ainsi les personnes asservies, aux réflexes d’une docilité étirable à l’infini; les victimes grandissent dans l’acceptation, pieuse, de leur sort, sous peine, sinon, de s’exposer à la colère divine. Dépourvus d’éducation de nature à entretenir l’esprit critique et de moyens de subsistance susceptibles de garantir l’autonomie alimentaire, la plupart se croyaient esclaves par la volonté de Dieu.  Leur prise de conscience et volonté d’émancipations finissaient, toujours, par se figer devant l’objection effrayante de l’impiété. Sous le coup du chantage, ils courbaient l’échine ; ultime dissuasion, le risque de rôtir en enfer aplanissait leur docilité.

Au cours du dernier siècle, l’esclavage a été abrogé, en théorie, à trois reprises. Pour la première fois, en 1905, un décret prévoit l’application, sur le territoire de la Mauritanie, de la loi française de 1848, dite d’abolition, sur l’étendue des colonies. L’interdiction par défaut viendra, ensuite, dans la première Constitution (1961) qui se référait, en son préambule, aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Suite à l’indignation suscitée par la vente, en 1980, sur la place du marché d’Atar, d’une esclave prénommée M’barka, les autorités de l’époque décidèrent d’une nouvelle mesure; ainsi,  l’ordonnance no 081-234 du 9 novembre 1981 mettait un terme, du moins en titre, à une oppression immémoriale.

Contre la persistance du phénomène, l’Etat mauritanien a dû revenir à la charge, par deux fois, au début du 21ème siècle. Aussi, fut votée, la loi 025/2003 portant répression de la traite des personnes qui incrimine l’enrôlement, le transport et le transfert des humains, par la force ou sous la menace, à des fins d’exploitation sexuelle ou économique ; suivront, le 3 septembre 2007, l’incrimination expresse de l’esclavage et la pénalisation des pratiques associés.

En plus de l’arsenal juridique interne, la Mauritanie est partie à la plupart des instruments internationaux relatifs à la protection de la dignité humaine ; ici, il nous faut citer un arsenal impressionnant : « Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, Convention relative aux droits de l’enfant, Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Elle adhère également aux textes internationaux, ci-après, qui interdisent – expressément – les pratiques esclavagistes: Convention relative à l’esclavage de 1926 et Protocole amendant la Convention relative à l’esclavage, Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956, Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, la Convention no 138 de l’Organisation internationale du travail (Oit) concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi, la Convention no 182 de l’Oit concernant l’interdiction des pires  formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination et, enfin, la Convention no 29 de l’Oit concernant le travail forcé ou obligatoire. »



IV. Du déni au dédoublement



Malgré la profusion de textes législatifs contre l’esclavage, l’usage, multiséculaire, persiste et mue. Le camp des défenseurs de la domination ne se cache d’œuvrer à maintenir des rapports sociaux de type inégalitaire ;  le déni mécanique de l’esclavage  que cultivent les élites dirigeantes, procède des symptômes de cette cécité volontaire sur le cours de l’histoire ; il referme, surtout, une incitation à se taire, adressée aux magistrats et personnels de la sécurité publique; il en résulte l’immunité des auteurs d’actes d’esclavage avérés, lesquels échappent, presque toujours, à la sanction.

Le statuquo perdure : en Mauritanie, il est toujours fait révérence et référence aux prosateurs d’ouvrages de droit – conçus entre les 10e et 14e siècles – juristes et exégètes malékites, qui glosaient sur la traite des êtres humains, leurs castration, viol, vente, acquisition et soumission à des usages humiliants et dégradants : dans ces livres, les faits d’esclavage sont codifiées en contradiction flagrante avec l’esprit de la Révélation et la geste du Prophète de l’Islam. Ainsi, les partisans de la méthode douce objectaient-ils aux abolitionnistes : « malgré l’oppression dont vous vous sentez victimes, vous et nous sommes quand même, tous musulmans ». Les abolitionnistes leur répliquaient, non sans malice : « hier, à la pire époque de l’esclavage, nous étions, vous et nous, tout aussi musulmans ». Il résulte de cette contradiction point assumée par une majorité de mauritaniens, une espèce de schizophrénie ontologique où l’on convoque la religion pour légitimer a priori et justifier a posteriori. Si les islamistes locaux se sont enfin rangés à la dénonciation de l’esclavage traditionnel, en des termes qui n’autorisent plus d’ambiguïté, la plupart restent chevillés à un corpus dans lequel la figure du serviteur, sujet humain sans personnalité propre, organise la matrice même de l’épistémologie du droit.  

Ces textes et attitudes – que le projet de loi tend à préserver de la réfutation – sont enseignés, en Mauritanie, dans le cursus des cycles de formation des imams, des jurisconsultes, juges, administrateurs civils, officiers de police judiciaire, personnels de gestion du culte, du statut personnel et des successions, des tribunaux et des auxiliaires de justice. L’Etat mauritanien subventionne l’apprentissage doctrinal de la discrimination et de la violence, fondées sur la race et la croyance et ce, en infraction à ses engagements internationaux. Pire, la quasi-totalité des écoles coraniques (Mahadhra) professent ce modèle de suprématie et l’entourent ainsi de l’immunité, dans un pays où le législateur  punit, de mort,  5 crimes d’opinion, sans lien causal à l’homicide : les infractions d’apostasie, de blasphème et de refus de prier se distinguent par leur caractère immatériel. Désormais, l’article 10 précité élargit le champ du soupçon, donc le potentiel d’incrimination de ces chefs aggravés. Demain, en vertu de la nouvelle loi, n’importe quel juge un tantinet chatouilleux, dispose de la faculté d’exposer un citoyen à la peine capitale. Il lui suffit de constater l’atteinte au « rite officiel » avant d’extrapoler un délit d’intention, telle la Zendagha, passible de l’élimination physique, à l’article 306, alinéa 4, du code pénal. Des voix s’élèvent, régulièrement, dans certaines mosquées et sur les réseaux sociaux, pour réclamer la liquidation des militants de la dignité humaine, notamment les femmes ; certaines ont essuyé des menaces d’assassinat, agrémentées du détail clinique de l’exécution, tels les sévices des yeux arrachés et la crucifixion. Il n’y eut aucune poursuite.

Dans ce contexte et par défiance au bloc conservateur, l’organisation interdite Ira – Mauritanie organisait,  le 27 avril 2012, la prière hebdomadaire du vendredi sur une place au centre de Riyad, un quartier populaire de Nouakchott ; à l’issue du rituel, il fut procédé à l’incinération d’exemplaires des ouvrages du code négrier, cités dessus. L’acte provoqua, envers les militants abolitionnistes, une réaction disproportionnée en sa brutalité, de la part des autorités et d’une partie de l’opinion ; celles-ci jouissaient alors d’une situation de monopole éditorial ; il s’ensuivit, quelques semaines durant, un véritable matraquage par les média d’Etat et la majorité de la presse libre ; la mainmise ethno-tribale sur les moyens de communications trahissait, alors une ampleur telle que la superstructure intellectuelle dévoilait sa vocation à défendre et proroger la durée de vie du système d’hégémonie.



V. Propositions pour une avancée qualitative



Dans un élan d’adéquation au temps présent, la situation des Droits humains en Mauritanie requiert d’amplifier le souffle libérateur du lendemain des années de dictature militaire. Depuis les 10ème aux 14ème siècles, l’humanité a réalisé et partage d’importants progrès dont la dynamique se poursuivra, sans discontinuer. La Mauritanie, si elle tient encore à survivre, ne saurait figer son entendement, ses facultés et les élans de son espérance, dans l’imitation de l’ancienne Arabie.

Aujourd’hui, il convient de se mobiliser, pour déconstruire, ensemble, le processus d’aliénation et de déculturation qui ensable le pays et l’étouffe, sous une surenchère de ténèbres ; le fanatisme et l’outrance dans l’effusion de sang sont la promesse, oui, la rançon prévisible d’un tel égarement. Sahel, Nigéria, Cameroun, Somalie, littoral Swahili, Syrie, Irak, Yémen, Pakistan, Afghanistan, Philippines, Maldives, monarchies du Golfe, Iran écrivent en lettres d’hémoglobine, autant de pages ouvertes qui se donnent à lire et méditer par des gens doués de discernement.

A rebours de l’immersion irréversible du monde arabe dans la virulence de ses démons déchaînés, il appartient, aux mauritaniens – qui sont des sahéliens – de susciter un cadre d’échange et de réflexion afin de reformuler une perception de leur devenir, dans ses dimensions, à la fois métaphysique et séculière ; là, une stratégie nationale d’éradication du racisme et des discriminations puiserait sa substance. La Mauritanie n’est pas une satrapie orientale ; à le devenir, elle ne gagnerait que le règne de la peur, de l’hypocrisie et de la misogynie ; pour l’instant, la société, angoissée par les sermons de la culpabilité et du péché et culturellement désarticulée, abdique son identité ; elle se noie dans le recours systématique à la Fatwa et se confectionne des généalogies fantaisistes dans un rapport de plus en plus complexé à son histoire.  Les berbères deviennent des Qoraïchites, les Hassan se prétendent de la famille du Prophète (Psl) à moins de se découvrir une ascendance auprès de l’un des 5 premiers Califes ;  les braves Peuls du Macina et du Futa en arrivent à convoiter un résidu de filiation périphérique, aux confins de Médine, la ville des Ansar ; comment s’étonner que cette Mauritanie de la réification et de la mésestime de soi, commence, un jour, à produire une génération de jeunes, gavés au Jihad ?  Aux yeux de la génération élevée dans la honte de ses ancêtres, l’acmé de la vertu réside, dorénavant, dans le succès à accomplir la forme la plus vicieuse du suicide : celui qui tue les autres. L’arabisation du début des années 1980 mûrit ; après l’amertume du premier fruit lors de la tentative d’épuration ethnique en 1986-1991, elle livre enfin, sa moisson vénéneuse, le salafisme.

Envers et contre la pente de l’anéantissement collectif, le gouvernement mauritanien devrait se ressaisir et accepter l’organisation, avec la société civile, d’un débat de franchise et d’audace, pour :



– Analyser, hors de toute censure, l’histoire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman, faire ressortir le message juste, humaniste et libérateur de l’Islam mais aussi s’inspirer de l’expérience profane en matière de promotion de l’universalisme, de l’instruction libre et de la double sacralité du corps et de la vie ;



– Soumettre à l’examen critique, certaines sources du rite malékite et mettre en évidence leurs contradictions manifestes, avec la Constitution, le droit interne et les engagements internationaux de la Mauritanie ; la levée des restrictions légales à la recherche et à l’expression des idées requiert l’abrogation de tous les délits intellectuels, à commencer par le fameux article 10 susmentionné ;



– Harmoniser la législation mauritanienne sur l’esclavage et les ségrégations, afin d’abroger les défaillances, erreurs, contradictions, omissions et vides, possibles alibis en faveur des contrevenants incriminés;



– Entretenir, entre experts d’horizons différents, un débat sur des approches matérielles et de formation, au profit – exclusif – des Hratin, pour l’éradication de l’esclavage et de son legs mental.



03 Juillet 2017





  • Balla Touré, consultant, agro environnementaliste, activiste des Droits humains/IRA – Mauritanie.


  • Biram Dah Abeid, juriste, historien, activiste des Droits humains/IRA – Mauritanie, Candidat aux élections présidentielles en Mauritanie, prix des droits de l’Homme de l’ONU, 2013, parmi les hundred Times les plus influents au monde en 2017.


  • Jemal Ould Sid’ Ahmed Yessa, universitaire, politiste, spécialiste du Jihad subsaharien. 



Source crédit: service médias publics IRA-MAURITANIE via Mail. 

La journée d’IRA-MAURITANIE à une conférence de l’UNESCO à Paris: Photo-reportage 

La délégation IRAOUIE est conduite par le président Biram Dah Abeid accompagné par certains hauts cadres du mouvement et une militante très engagée pour les droits humains en Mauritanie. 
Le thème : rompre les stéréotypes de genre. 

Les stéréotypes de genre constituent une limite au potentiel humain et au bien-être être parce qu’ils conditionnent la vision que les femmes et  les hommes ont de ce qu’ils peuvent ou devraient être ou atteindre. 

La catégorisation et la représentation basée sur le genre peut être subtile et difficilement apercevable, représentant malgré tout un plus grand obstacle que les lois ou les normes dans

 l’ empêchement de l’égalité entre les hommes.

Les stéréotypes de genre contrarient le développent durable et leurs effets négatifs peuvent être aperçus dans toutes les sphères de la vie et à tous les niveaux, allant des communautés locales à la scène internationale. 

Ce panel rassemblera un ensemble unique d’activistes et d’intellectuels qui ont décidé leur vie au changement des esprits, ayant comme objectif de construire des sociétés incisives.

Source crédit: IRA-FRANCE 

Regardez « Biram Dah Abeid reçu au Parlement Européen à Bruxelles, un petit extrait de la conférence » sur YouTube

Source IRA

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE. 


Une nouvelle plainte a été déposée contre la Mauritanie au Parquet de Paris en vertu du principe de la compétence universelle
L’une des salles de conférence du Parlement européen a abrité jeudi 22 juin 2017 une conférence de presse animée par la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique, en collaboration avec l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) avec la présence effective de l’Honorable député, ancien ministre et ancien Président de la Commission Européenne, Monsieur Louis Michel.

Sous l’intitulé «L’esclavage et la torture en Mauritanie : deux luttes à mener au 21ème siècle», la conférence s’est déroulée devant une salle composée de députés européens, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

Monsieur Louis Michel a ouvert les débats, reconnaissant la gravité de l’esclavage en Mauritanie, tout en réitérant le soutien de l’Union Européenne à l’action pacifique menée par le mouvement IRA – Mauritanie  et son président. Il a relevé les dimensions culturelles du phénomène de l’esclavage, notamment la résignation des victimes. Il a pointé du doigt l’un des plus grands obstacles à l’éradication du phénomène, en l’occurrence l’Etat mauritanien ainsi que la majorité de l’élite harratine qui ont opté pour le négationnisme des pratiques esclavagistes en Mauritanie contre vents et marées.

Maître Georges Henri Beauthier, avocat auprès des cours et tribunaux belges et français, président de la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique  et Maître William Bourdon, avocat belge et membre de la Fondation, citant les rapports et conclusions des différentes organisations internationales des droits de l’homme et les représentants d’organismes internationaux comme les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur les droits de l’homme en Mauritanie, ont mis en exergue l’unanime condamnation des acteurs de la communauté internationale sur la persistance de l’esclavage dans ce pays, qui selon eux, entraîne la mort sociale d’une forte majorité des Mauritaniens.

Maître Georges Henri Beauthier, a ainsi indexé la France qui selon lui facilite le déplacement en toute impunité des fonctionnaires mauritaniens accusés de pratiques liées à la torture alors qu’elle complique le voyage des défenseurs des droits de l’homme qui veulent aller en Europe pour témoigner.  Il a annoncé dans la foulée avoir déposé ce jeudi 22 juin 2017 auprès du Parquet de Paris, une plainte contre les présumés tortionnaires et auteurs d’actes esclavagistes mauritaniens  en déplacement en France et en Europe, selon le principe de la compétence universelle. Cette plainte viendrait s’ajouter à d’autres déposées auprès de plusieurs autres institutions internationales, comme la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur la torture et la violation systémique des autres fondamentaux des droits de l’homme que le pouvoir mauritanien transgresse allègrement, notamment sur les militants abolitionnistes du mouvement IRA – Mauritanie. 

Quant à Maître William Bourdon, il a classé le régime de Mohamed Abdel Aziz implanté en Mauritanie comme un régime prédateur des droits de l’homme, en ce qu’il viole les lois condamnant un crime contre l’Humanité tel que l’esclavage et persécute une grande partie de sa population. L’esclavage, selon lui, est systématique dans son application contre les groupes défavorisé haratine en ce que le pouvoir mauritanien soustrait les criminels de l’esclavage de la rigueur de la loi. Il a décrit dans son exposé, un esclavage par ascendance raciale et la torture en tant que levier d’intimidation et de soumission contre toute revendication des antiesclavagistes.  Me Bourdon a dénoncé la complicité de l’Europe avec le régime mauritanien dans ce forfait et ces crimes inhumains sous le couvert de la coopération militaire et sécuritaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. En réalité, dira-t-il en substance, la lutte contre le terrorisme est instrumentalisée pour jouer sur la peur des gouvernements occidentaux afin de mieux sévir contre le mouvement IRA dans son combat contre l’esclavage en Mauritanie et pour  l’instauration d’une alternance pacifique et démocratique au pouvoir ainsi qu’un véritable Etat de droit.

A son tour, Biram Dah Abeid, président du mouvement IRA a d’abord remercié l’honorable député et ancien ministre, Monsieur Louis Michel pour son invitation et pour l’organisation dans l’enceinte du Parlement européen de cette conférence de presse, en présence d’un public d’élus européens, d’avocats, de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes.  Il a dénoncé de prime abord, la situation des droits de l’homme en Mauritanie, caractérisée selon lui par l’application d’une politique de violence indicible tendant à éradiquer le mouvement IRA au lieu d’éradiquer l’esclavage. Qualifiant le régime de Mohamed Abdel Aziz d’afrophobe et de réfractaire à toute amélioration des droits de l’homme en Mauritanie, mais aussi de «Daïchisant » et de «Fachisant»,  le président d’IRA a cité l’Etat mauritanien comme le principal acteur du maintien et de la pérennisation de l’esclavage, l’accusant de régir des lois pour faire taire les abolitionnistes par l’intermédiaire de mesures liberticides et à coups de répressions, d’arrestations arbitraires, de procès inéquitables, de condamnations lourdes et de tortures.

Biram Dah Abeid a dénoncé également les tentatives du régime de Mohamed Abdel Aziz d’étouffer le large et massif mouvement de droit civique que l’action du mouvement IRA a impulsé en Mauritanie. Dans la foulée de ses dénonciations, il a assimilé la coopération économique, financière, diplomatique, sécuritaire et militaire entre l’Union Européen et les Etats-Unis d’Amérique d’une part et la Mauritanie d’autre part, comme un appui à la gouvernance esclavagiste, assimilant ces appuis massifs comme un soutien indirect à la faction de l’extrême droite mauritanienne, esclavagiste, obscurantiste, xénophobe et réfractaire au droit, qui domine en Mauritanie les franges défavorisés par la répression, le faux et l’usage du faux.

Biram Dah Abeid, a interpellé dans ce cadre les élus européens à qui il a demandé de tenir tête à ceux parmi leurs décideurs qui instrumentalisent l’argent du contribuable européen pour engraisser et solidifier le pouvoir d’une poignée de personnes, dépositaires d’idées suprématistes et antidémocratiques en Mauritanie.

Il a annoncé que le mouvement IRA Mauritanie va continuer la mobilisation et la dénonciation populaire et intellectuelle contre le pouvoir en place, à l’intérieur des frontières comme à l’extérieur, jusqu’à sa chute. Il a appelé toutes les communautés mauritaniennes à faire barrage à la politique du «diviser pour régner » que le pouvoir veut ériger en instrument de dressage des communautés les unes contre les autres. Pour lui, aucune communauté, même celles dont sont issues les esclavagistes et les tortionnaires, ne doit être assimilée à ces derniers. 

Enfin, le président du mouvement IRA, a dénoncé les deux lois proposées par l’Etat et approuvées récemment par le Parlement, et dont l’une d’elle prévoit une peine allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement ferme contre quiconque critiquerait ou remettrait en cause les Codes noirs de l’esclavage en Mauritanie, considérés comme la Charia sacrée et principale source du droit dans le pays. Il s’agit selon lui, d’une mesuré moyenâgeuse éloquemment prise par le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz pour se mettre en porte-à-faux contre la Déclaration Universelle des droits de l’Homme dont la Constitution mauritanienne, dans son préambule, déclare s’être inspirée.

Tout ce qu’il y a à déplorer, c’est le retard accusé par cinq défenseurs des droits de l’homme, victimes d’emprisonnements arbitraires et de tortures et qui devaient témoigner lors de cette conférence de presse. Une escale mal négociée et les contingences d’un vol non planifié les ont ainsi empêchés d’apporter leurs témoignages qui étaient très attendus par les députés européens, les activistes des droits de l’homme et les journalistes. Toutefois, plusieurs rencontres ont été programmées pour leur permettre d’apporter leurs témoignages durant leur séjour en Belgique.

A noter que plusieurs sections d’IRA en Europe, notamment IRA Belgique, IRA Espagne, IRA France, IRA Italie, IRA Allemagne et IRA Hollande, ont fait le déplacement pour assister à la conférence de presse.

La commission de communication                 Bruxelles, le 22 juin 2017