Refaisons Ensemble la Mauritanie:

L’espoir né de l’investiture du Président Ghazouani doit jeter les bases d’un nouveau processus plus capable à renforcer la cohésion nationale.

En dehors de sa bonne réputation morale, le nouvel homme fort de Nouakchott jouit d’une riche expérience professionnelle pour marquer l’histoire.

– Il suffit juste d’entamer rapidement un dialogue direct sans intermédiaire avec l’opposition pour la mise en place d’un gouvernement de cohabitation nationale. Il faut partir du principe que mon opposant n’est pas forcément mon ennemi. Ses idées autant qu’elles puissent déranger vont certainement dans le sens du but recherché conformément à sa vision. Il faut savoir tirer profit de sa riche expérience dans le camp adverse pour surmonter ensemble les obstacles.

Nous avons un exemple de démocratie dans le Sénégal voisin qui a toujours forcé l’admiration. Pendant deux mandats présidentiels, le Président Abdou Diouf a nommé le leader de l’opposition Maître Abdoulaye Wade comme Ministre d’Etat. Cela n’a jamais empêché ce dernier de démissionner à chaque échéance électorale pour se porter candidat. Chacun des deux hommes a su profiter de l’expérience de l’autre comme Président ou comme opposant. Le premier décret signé par le Président Wade après son investiture déclarait une immunité judiciaire pour son prédécesseur. Cette belle image de la démocratie sénégalaise a renforcé l’idée d’un Etat de droit pour encourager les investisseurs étrangers.

– Il faut organiser des états généraux sur l’éducation.

– Réviser le processus d’enrôlement pour permettre à tous les citoyens qui jouissent de leurs droits de s’enrôler. Et reconnaître la double nationalité.

– Interdire toute initiative, activité ou regroupement à caractère tribal ou ethnique.

– Développer une nouvelle citoyenneté sous un nouveau slogan : « Refaisons Ensemble la Mauritanie ».

– Annuler tous les mandats d’arrêts pour permettre à tous les opposants forcés à l’exil de revenir dans leur pays à commencer par l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou et l’Imam Chafi.

– Rétablir les relations diplomatiques avec le Qatar. En politique, les intérêts priment sur les sentiments.

– Saisir l’opportunité qui nous est offerte d’être le portail du Maroc sur l’Afrique pour renforcer les relations avec ce pays frère pour créer de nouvelles infrastructures routières et autres moyens de transports plus modernes. Grâce à ses infrastructures très modernes (autoroute, flotte aérienne, TGV, trains, agriculture …), le Maroc prouve chaque jour qu’il est le nouveau dragon économique d’Afrique. Ensemble nous pouvons réaliser beaucoup de choses.

Le Président Aziz a certes fait beaucoup de choses qui resteront à jamais gravées dans les mémoires. Qu’il en soit grandement remercié. Mais il a aussi fait des erreurs en sous estimant la valeur de ses opposants.

🔹️Mohamed Abdallahi EL HEBLY
Politologue

©️ Post Facebook de l’auteur en date du 6/8/19

Mauritanie/politique – CVE : MISE AU POINT

L’article publié le mercredi 25 juillet 2019, par la rédaction du site CRIDEM, intitulé « Kane Hamidou Baba chez Aziz, à l’insu des autres candidats de l’opposition » a suscité notre indignation face à tant de contre-vérités, d’insinuations et d’affirmations gratuites !

Ce papier de presse dans lequel la mauvaise foi de la prétendue source d’information « proche d’un candidat de l’Opposition », se conjugue avec la carence de professionnalisme de la rédaction de CRIDEM, laquelle n’a même pas pris la moindre précaution déontologique d’interroger les services compétents de la CVE, encore moins le concerné, n’honore pas votre rédaction.

Il est curieux et à la fois symptomatique de constater à quel point ce papier est vide de contenu, se limitant à des ragots jetés à l’opinion sans fond, ni fondement.

Vous voudriez bien noter la mise au point suivante :

1. Dr KANE Hamidou Baba a bel bien rencontré le Président de la République le lundi 22 juillet 2019, à l’initiative de celui-ci, mais en parfait accord avec le Conseil présidentiel de la CVE ;

2. La Coordination des quatre candidats de l’Opposition a été informée au préalable de la rencontre programmée, par KANE Hamidou Baba lui-même, contrairement à vos allégations, mais sans engager l’opposition sur quoi que ce soit ;

3. Le leader de la Coalition Vivre Ensemble se devait d’écouter le Président de la République et lui transmettre le message de la CVE réitérant ses préalables à tout dialogue dont l’un avait été satisfait le mardi 16 juillet 2019 (la levée de l’état d’urgence de fait), mais le second restait pendant (la libération des détenus politiques). Aussi, Dr KANE a demandé au Chef de l’Etat, qui l’a accepté, la prise en charge médicale totale du jeune Demba SALL, victime des évènements lors du saccage de son siège de campagne par les forces de l’ordre. On se rappelle, que la victime avait été amputée de sa main suite aux évènements post-électoraux ayant fait plus de 250 militants de la CVE arrêtés et/ou emprisonnés ;

4. Enfin, la CVE réaffirme qu’elle n’est engagée ni dans un dialogue, ni dans une opposition crypto-personnelle. Elle évaluera toutes les chances d’un dialogue sérieux, une fois que l’ensemble de ses préalables seront satisfaits.

CRIDEM, que nous respectons, a failli à une règle élémentaire de la profession journalistique ; et, sous ce rapport, la CVE tient à rétablir la vérité des faits au nom de l’opinion publique injustement abusée.

Nouakchott, le 25 Juillet 2019

Commission communication de la CVE

©️Crédit source : ReSo proches CVE

《Note Remerciement après une Campagne Victorieuse》par Mr Bakary TANDIA

Au lendemain des élections présidentielles de 2019 en Mauritanie, la direction nationale de la campagne du Président Biram Dah Abeid, a organisé une cérémonie de remerciements et de célébration au Palais des Congres à l’intention de ses militants, sympathisants et du peuple mauritanien dans son ensemble pour leur exprimer sa profonde gratitude. La participation massive et dynamique – mais singulière et expressive – de tous, s’est traduite par une victoire éclatante qui pose désormais son sceau dans les annales de l’histoire des élections en Mauritanie. Le Président Biram Dah Abeid a été fortement ovationné par l’audience, avant de prendre la parole. A son tour, le Président Biram Dah Abeid a chaleureusement salué l’audience avant de faire une présentation éloquente sur les nouvelles perspectives d’avenir.

Le discours du Président Biram Dah Abeid a été précédé par une déclaration commune des quatre candidats présidentiels de l’opposition. En substance, cette déclaration a dénoncé les nombreuses irrégularités que la Commission Nationale Electorale (CENI) a orchestrées (omises) dont la confirmation des résultats provisoires, en lieu et place des résultats finaux, avant le dépouillement final des bulletins de vote. Ce seul exemple a suffi pour nous priver d’un second tour, qui s’il avait eu lieu, de l’avis de bon nombre d’observateurs avisés, il nous était hautement favorable.

La déclaration commune a dénoncé également les arrestations arbitraires, les détentions abusives et toutes les exactions subséquentes à la crise post-électorale. Malgré le « holdup up électoral » et la violence antidémocratique qui s’en est suivie, les candidats de l’opposition ont opté pour l’apaisement au nom de la paix et la stabilité nationales. Ainsi, ils ont choisi la voie de la négociation à celle de la confrontation directe.

Il s’agirait d’une négociation constructive qui prend en compte les raisons pour lesquelles les électeurs ont voté pour les candidats de l’opposition. Ces conditions sont :  La libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arbitrairement détenues dans le cadre la crise post-électorale, l’ adoption de mesures effectives garantissant une gouvernance démocratique réelle, la protection des droits de l’ homme et la promotion de la justice sociale.

En tant que Directeur National de la Campagne, je voudrais sincèrement remercier le Président Biram Dah Abeid pour m’avoir donné l’opportunité d’apporter ma modeste contribution à la construction de la vie de la nation a travers cette campagne qui s’est caractérisée la participation massive des jeunes et des femmes. C’est l’occasion pour moi – autant le dire ici – toute œuvre humaine est le résultat d’une dynamique entre différents acteurs. A chacun des membres de la direction de la campagne, je voudrais vous remercier profondément pour le sérieux et le professionnalisme dont vous avez fait preuve tout au long de cette période électorale et au-delà. Ensemble, nous avons formé une équipe gagnante. Mes remerciements vont également aux directeurs de zones et les directeurs départementaux de la campagne qui ont accompli un travail monumental par l’accompagnement et l’orientation des militants et sympathisants dans un environnement précaire. Une Mention spéciale est adressée à tous les militants et sympathisants qui nous ont apporté leur soutien constant pour la campagne. Parmi eux, certains ont transforme– leurs maisons en siege de campagne. Vous avez tout le mérite d’avoir fait de cette campagne une réussite totale. Je remercie chaleureusement la Diaspora, plus particulièrement les coordinations de la campagne aux Etats Unis (dont je suis membre) et celle l’Europe pour leur soutien combien remarquable pour la bonne conduite de cette campagne honorable.

Enfin, je ne saurai conclure sans exprimer ma profonde gratitude au comite d’ organisation qui n’a épargné aucun effort pour faire de la cérémonie de remerciement une réussite totale.

Nouakchott 23 Juillet 2019

✅Bakary Tandia, Directeur National de la campagne du Président Biram Dah Abeid 2019

©️ Post Facebook Bakary Tandia (25/7/19)

NOUS VOULONS LA PAIX MAIS AU PRIX DU DROIT DU PEUPLE

🔹️Déclaration de la Coalition de Soutien à la Candidature de Biram Dah Abeid
Nouakchott, le 22 juillet 2019

L’opposition sociale, populaire et droit de l’hommiste mauritanienne, représentée par le courant abolitionniste et ses alliés (le parti Sawab et le mouvement Touche Pas à ma Nationalité) vient de réaliser une nouvelle performance dans les urnes, comme d’habitude sans effusion de sang, ni violence, lors de l’élection du Président de la république, le 22 juin 2019. Le vote en faveur de notre candidat, malgré l’infériorité des moyens et l’éclectisme de la fraude, le place, selon les chiffres officiels, au deuxième rang, en nombre des suffrages. Devant l’imminence d’un second tour, le candidat du pouvoir, s’empressa, tard la nuit, de proclamer sa victoire, alors que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devait encore dépouiller 20% des bulletins. Dès le lendemain et durant 3 jours consécutifs, une partie de la population exprimait, dans la rue de plusieurs villes, son rejet pacifique de l’imposture. A l’élan de l’indignation, s’opposera, avec virulence, le réflexe de la coercition qui est la politesse des factions antidémocratiques du régime en place. Intimidation, arrestations discriminatoires, enlèvements et sévices physiques ciblaient nos partisans présumés et ceux du candidat Hamidou Baba Kane. D’ailleurs, nos deux sièges de campagne dans la capitale furent saccagés, avant leur fermeture arbitraire. La brutalité de la réaction, son amateurisme et sa fébrilité révélaient ainsi à quel point le modèle de domination à très fort habillage démocratique, s’essouffle quand il engage la totalité ses ressources contre la vérité et le droit.
Face au contexte de fragilité nationale, nous et les trois autres candidats de l’opposition choisirons, de promouvoir l’apaisement et le refus de la confrontation. Le 1er juillet courant, le Conseil constitutionnel (Cc) entérine les résultats de la Ceni ; pourtant, les preuves d’irrégularités massives, ne manquaient à l’appui des recours en annulation.
Suite aux insistances, de nos partenaires de l’opposition démocratique et nous, pour le dialogue et la sortie de crise postélectorale, le régime provisoirement bicéphale de Mohamed Abdel Aziz et Mohamed Ghazouani acceptait le principe d’une concertation avec l’opposition que nous représentons. Nous lui réitérons notre souhait de voir les mauritaniens, ensemble, dépasser la phase de tension et revenir à un minimum de normalité. Et ce par une démarche sincère, globale et transparente. Voici où nous en sommes aujourd’hui, lundi 22 juillet.

Telles que nous concevons ces négociations, elles viseraient à réguler les différends et les vider des ferments de la rechute ; elles tendent à rechercher une ou des solutions qui s’installent dans la durée, grâce au consensus. Or, le consensus suppose des accommodements raisonnables, lesquels requièrent le sentiment d’avoir obtenu justice, ne serait qu’en partie.
Aussi, devant vous réunis, qui nous accordez votre confiance, nous nous engageons, à mener cette étape qualitative du combat. La prise et l’exercice du pouvoir en Mauritanie restent le moyen ultime de notre entreprise. L’objectif, lui, ne varie : nous voulons créer et convertir en actes, un récit collectif où l’individu, envers et contre les déterminismes de naissance, de race et de culture, vit les conditions d’un accès équitable au bonheur sur terre. L’effort qui nous guide, sous les matraques, l’étouffement, l’humiliation, la maladie et la faim, dans les prisons ou cachots insalubres, s’appelle la soif d’égalité. Sans égalité, il n’y pas de paix, jamais. Nous vous demandons de transmettre le message à nos enfants, d’une génération à la suivante ; leur désir de se battre pour la cause noble de l’humanité n’en sera que plus raffermi.

A. Justement parce qu’il comporte tant de vertu, le dialogue appelle du soin et quelque préalable. Il s’agit d’une œuvre dont la vulnérabilité, à l’image du pays, mérite, du plus fort d’entre les acteurs, un minimum de concession. Ainsi, réclamons-nous du pouvoir du moment :

1. L’annulation des poursuites de justice contre les opposants détenus lors des troubles post-elections, ou ceux contreints à l’exil durant cette dernière décennie, y compris les hommes d’affaires, artistes engagés, journalistes, syndicalistes, blogueurs, objecteurs de conscience et ex sénateurs.

2. L’enregistrement immédiat de toutes les formations politiques et Ongs, non reconnues, tels IRA – Mauritanie, le FPC ou le RAG et l’adoption en urgence, d’une norme déclarative qui régirait le droit des associations.

B. Nous participerions, avec enthousiasme, imagination et disponibilité, au dialogue inclusif pour une constitutionnalisation et normalisation des apports et rapports des deux entités : opposition et pouvoir en place. Nous reconnaitrions le pouvoir qui s’engagerait dans cette dynamique.
Parmi les contradictions à traiter en priorité figurent l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés, le fichier et le code électoraux, la Ceni, le Conseil Constitutionnel, le Haut Conseil de la fatwa et des recours gracieux (Hcfrg), les critères de financement des partis et des associations d’utilité publique, le découpage administratif et électoral, les règles de recrutement des agents de l’Etat, le pluralisme culturel dans les média, la double nationalité, l’article 306 nouveau du code PÉNAL, la partie de l’enseignement « religieux » source de la haine et de l’esclavage, les relations de la Mauritanie avec son environnement naturel, c’est-à-dire l’espace Cedeao, et la région du Maghreb, et enfin la préservation des ressources naturelles, notamment l’eau et l’arbre.

C. Quant au contentieux lourd, source d’impunité et de récidive, il occupera l’essentiel de l’espace et du temps alloués à la délibération. Nous voulons inviter l’intégralité des acteurs du devenir national, à :

1. Reconnaitre l’éradication du crime d’esclavage et des pratiques connexes, en mission du mandat présidentiel, à partir du 1er aout 2019.

2. Prendre l’engagement d’apurer le « passif humanitaire et culturel», d’où l’abrogation de la « loi d’amnistie » de 1993, qui décourage la publication de la vérité et interdit, au juge, de poursuivre les auteurs des tortures, déportations, spoliations et tueries à caractère raciste. Une instance d’enquête et de réparation mettra un terme au déni et recommandera les mesures de commémoration, de dédommagement et de vulgarisation afin de maintenir la force prophylactique du souvenir contre l’oubli.

3. Doter de moyens conséquents, une institution en charge de corriger les disparités de naissances, par l’excellence d’une école du rattrapage, au bénéfice exclusif des enfants de la rue, des descendants d’esclaves, rejetons des castes « inférieures » et ayant-droit de personnes victimes d’ injustices commises sous le commandement ou avec les moyens de l’Etat.

4. Adopter des clauses de sauvegarde domaniale en faveur du paysannat face au péril de l’agro-business national et étranger.

5. Instaurer un mécanisme non partisan de transparence dans la gestion des ressources du sous-sol et de la mer, en vue de mettre un terme à l’usage des prébendes et surtout arrêter le pillage et la destruction des écosystèmes halieutiques.

6. Déclarer cause nationale et objet de concertation annuelle, les états généraux de l’écologie, de la santé et de l’enseignement, trois domaines gravement compromis par le laxisme, le faux en écriture et l’imprévoyance.

7. Promouvoir la visibilité et le leadership de la femme dans l’appareil de justice et les mécanismes de la bonne gouvernance.

8. Animer une conférence perpétuelle contre l’extrémisme violent en Mauritanie et accorder le statut d’ « utilité publique » aux Ongs de veille en la matière. Il convient de se concentrer sur les sources de propagation du fanatisme et de l’intolérance au sein de la société ; l’endoctrinement dans certaines institutions d’enseignement traditionnel, souvent devenus une fabrique de frustration et de chômage, constitue le terreau du terrorisme de demain. Parce qu’il existe un lien désormais empirique entre l’apprentissage prématuré des langues étrangères et la porosité des esprits à la paix, la tolérance et le respect de l’Autre, nous exigeons la promotion du bilinguisme pendant toute la scolarité ainsi que le renforcement de l’enseignement de nos langues nationales. L’éducation devient un enjeu de sécurité.

Vive la Mauritanie et les Mauritaniens pour une alternance historique Vraie et Historique !

✅Source crédit : Réseaux proches du président Biram Dah Abeid

L’éditorial: Qui était la taupe ?

La Nouvelle Expression – Je suis libre. Libre après 8 jours d’enlèvement. 8 jours durant lesquels seul l’accès aux toilettes était le droit auquel j’avais… droit ; le seul droit de sortir dans le couloir y menant. Pour le reste, je suis enfermé et coupé du monde… Mon horloge était le muezzin.

J’ai été enlevé le mercredi 26 juin 2019 alors que je me trouvais dans ma maison, aux environs de 18 heures, devant toute ma famille, y compris les enfants. Enlevé par plus d’une dizaine de policiers en civil. Ces derniers avaient fait irruption chez moi, comme dans un film, en bloquant toutes les issues.

Mon épouse, qui leur a ouvert la porte de la maison, s’est vu arracher son téléphone alors qu’elle était en pleine conversation avec les services de l’ambassade des USA concernant sa carte d’invitation pour commémorer la fête du 04 juillet.

Trois individus ont, subitement, investi la chambre où j’étais entrain de travailler sur mon ordinateur. Ils m’ont demandé si j’étais Camara. Après quoi, ils se présentèrent comme étant de la police et qu’ils avaient besoin de moi. Ils saisirent alors mon téléphone et mon ordinateur.

Avec leurs accoutrements, j’ai pensé à une farce de mauvais goût ou à des malfrats venus nous déplumer. Mais au vu de leur nombre et leurs armes légèrement dissimilées, j’avais compris. J’avais compris que mes visiteurs n’étaient pas des gens ordinaires. Des policiers spéciaux. Et un peu plus tard je compris aussi qu’il s’agissait des hommes de la D.E.S.

Ils se sont invités dans toutes les chambres, fouillant partout : les tiroirs, les porte-documents, les sacs… dans une atmosphère indescriptible à laquelle participait mon épouse qui, visiblement, ne pardonnait pas la façon dont ils lui avaient arraché son téléphone. Malgré tout, ces hommes, avec leurs chaussures, ne s’empêchaient point de marcher, comme bon leur semblait, sur ses tapis.

Dans un hassaniya sans accent, ces policiers ont entendu et bien écoué la fille de Mbout (Madame) qui ne voulait, apparemment pas, rater l’occasion d’apprendre à nos visiteurs la meilleure façon de se comporter, quand bien même on venait pour arrêter le plus grand terroriste du monde.

Les policiers, sourds et muets, avaient continué leur boulot en évitant de répondre à Mme… Après avoir pris leur temps pour fouiller tous les coins et recoins de la maison, les hommes de la D.E.S. avaient pris congé de Salimata, ses enfants et ses remontrances, en emportant avec eux leur prise du jour, le chef de maison (moi).

Ils m’amenèrent avec eux vers une destination inconnue. Après plus d’une vingtaine de minutes dans les rues de Nouakchott-Sud, nous entrons dans le quartier de Toujounine, direction la populeuse Moughataa de Dar naim où nous nous arrêtons.

En face, il y avait un camp devant lequel étaient postés des hommes en uniforme ; je précise que je n’ai jamais vu ce camp par le passé. Toujours est-il que j’étais l’hôte des hommes de la brigade anti-terroriste.

Il est à souligner que mes visiteurs avaient emporté de chez moi 8 portables, 3 ordinateurs et des documents. Je me rappelle que durant notre périple vers ce camp, quelqu’un, au téléphone, demandait mon identité et ma profession et, tard la nuit encore, au téléphone toujours je suis invité à répondre à des questions portant cette fois-ci, en plus de mon identité, sur l’adresse du site web de mon journal.

Au camp, deux individus m’attendaient : le chef et son adjoint. Ils seront mes principaux geôliers durant les 8 jours qui suivront. On me présenta ma chambre (Cellule), ma désormais demeure dans ce camp de l’anti-terrorisme. Une chambre de forme trapézoïdale avec une fenêtre qui s’ouvre sur la cour principale.

Ainsi, après l’explication des principales règles qui commandent mon séjour dans cette chambre, qui restera fermée sur moi 24/24, j’ai réalisé que j’étais un prisonnier. Des questions sans réponses et des préoccupations avaient commencé à s’entrechoquer dans ma tête.

De toutes les questions et préoccupations, celle de ma famille me revenait continuellement. Comment les miens vont-ils vivre cette épreuve inédite ? Surtout les enfants ? Alors, je me souciais plus du sort de ma famille que de mon propre sort…

Pendant tout mon séjour, la porte ne s’ouvrait que pour la toilette ou les heures de prière pour les ablutions. 8 jours pour être interrogé… une seule fois… le 3ème jour.

Ce jour là, je me suis dis, enfin, je vais savoir pourquoi je suis là enfermé comme un terroriste. Malheureusement, durant cette séance d’interrogatoire, je devais aider mon accusateur ou l’enquêteur en charge de mon dossier à trouver les charges contre moi, s’aidant en cela de mes conversations téléphoniques (« qu’ils » avaient enregistrées), du dimanche 23 juin jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement, le mercredi 26 juin 2019.

Bigre ! Je devais aider mon accusateur à trouver des preuves m’accusant d’avoir participé activement à un évènement auquel je n’avais pas… participé ! Une situation kafkaïenne… Situation vraiment inédite pour un séquestré qui, en plus des questions de la police, se questionne lui-même.

Et les questions se bousculaient dans ma tête : comment la police peut-elle tomber si bas en me privant ma liberté, et ce sans motif valable, et sans but évident ? Quelle est la main invisible qui se cache derrière cette volonté manifeste de vouloir nuire aux citoyens innocents ? Et surtout quand on sait que mon téléphone était sur écoute jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement.

J’étais stupéfait et sidéré. Alors c’est vrai…. Je suis écouté. Cette évidence, je la déduis d’une phrase lors d’un échange avec l’un de mes interlocuteurs entre dimanche et lundi… en plus d’autres détails qui, inchallah, feront l’objet d’un livre que je vais consacrer à cette épreuve.

Alors moi qui cherchais la taupe et s’étonnais du comment la police a pu trouver chez moi avec précision, la taupe n’était autre que mon téléphone soigneusement rangé dans ma poche. C’est désormais une évidence : la police mauritanienne me surveillait à distance à travers mon téléphone. Depuis quand et pourquoi ? Aucune importance.

Car bien que je fusse écouté, je suis relâché 8 jours après, faute de preuves pour étayer les suspicions. Y en avait-il vraiment ? Essaye-t-on de me faire peur ? Et, par ricochet, lancer un signal aux citoyens que la police sait tout de nous et tout ce que nous faisons avec, parfois, la complicité des opérateurs téléphoniques. Comme disait ce ministre d’une époque pas très lointaine : « Nous savons tout ce que vous faites dans vos maisons ». Inquiétant, vraiment !

Ainsi, de ce récit très incomplet, je tire quelques enseignements : La police nous écoute. Elle peut arrêter qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et même où elle veut. Et elle peut libérer ceux qu’elle arrête sans explication…

J’avais été enlevé chez moi un mercredi et on m’a ramené chez moi le mercredi suivant après m’avoir dit que les suspicions qui pesaient sur moi étaient levées et qu’on devait s’excuser et oublier le passé… Quelle légèreté !

Les souffrances que j’ai subies dans cette épreuve, le combat que j’ai toujours mené, je les dédie à la Mauritanie de mon rêve. Une Mauritanie juste et égalitaire. Une Mauritanie débarrassée de ses tares et des sangsues sans foi ni loi.

De ce pays perdu après des élections présidentielles peu propres, le citoyen se voit en sursis, le citoyen est dépourvu de vie privée. L’inviolabilité de la vie privée qui est une norme islamique est piétinée dans cette terre d’Islam.

Des élections… tout ça pour ça, serait-on tenté de s’écrier. L’armée dans les rues de certaines villes depuis samedi (le jour du scrutin). Un arsenal militaire digne des grandes offensives des Marines US. Un candidat qui se déclare vainqueur avant même la proclamation des résultats par la CENI et la France qui félicite l’autoproclamé gagnant avant l’officialisation desdits résultats. Question : qui veut du mal à la Mauritanie, et pourquoi ?

On cogite sur notre sort et le sort de cette Mauritanie malmenée et qui pleure, une Mauritanie qui, de jour en jour, est en train de toucher le fond, une Mauritanie qui vit dans l’ignominie. La déchéance. L’insouciance avec une arrogance éloquente de l’ignorant qui ne sait pas qu’il est ignorant. Et surtout qui ignore qu’on sait qu’il est ignorant. Triste Mauritanie réellement prise en otage.

Que comprendre de l’après élection ? Sinon que, hagards et KO debout, les Mauritaniens pensent que la situation est sujet à inquiétude car après l’échec du coup du troisième mandat, on a failli tomber dans le scénario à la Kabila… d’autres questions à inconnues peuvent nous surprendre.

Est-ce à dire que Mohamed Abdel Aziz n’en a pas encore fini avec la Mauritanie ? Allah Seul Sait et c’est vers Lui que nous nous tournons pour demander qu’Il protège la Mauritanie, qu’Il nous sauve des velléités de ceux pour qui le pouvoir est le début et la fin de tout, oubliant que, comme le disait si bien John Emerich Edward Dalberg-Acton, « Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Camara Seydi Moussa

Pourquoi l’équipe de Selibaby s’est retirée du Tournoi l’EED en France

Notre équipe de football, championne en titre de l’édition passée du Tournoi estival de l’ONG l’EED, a été l’objet d’un traitement injuste de la part d’éléments zélés de l’équipe organisatrice de la compétition. En effet lors du week-end du 29 juin 2019, notre équipe devait affronter celle de Toulel dans le groupe A composé de Boully et Selifely. Ce jour notre membre ayant en sa possession nos maillots, a eu du retard et on l’attendait d’autant plus l’arbitre était encore dans les vestiaires. Constatant l’empressement du responsable de la commission sportive, nous nous sommes proposés de pouvoir jouer avec des chasubles. Cette possibilité a été rejetée catégoriquement par ce responsable du nom de Mr KORRERA . Ce dernier nous menaçait d’un forfait pur et simple. Quand nos maillots étaient arrivés et aussitôt portés par nos joueurs, ce monsieur s’était déjà présenté auprès de l’équipe de Toulel pour notifier que le match ne joue plus en nous pénalisant d’un forfait. Après des moments tumultueux autour de cette décision hâtive et incompréhensible, nous avons eu l’information que l’équipe de Diyala avait déjà joué avec des chasubles en absence de leurs maillots. Sur le champ, nous avons porté l’affaire à la connaissance du président de l’EED, Mr waly Diawara qui trouvait ce forfait anormal et promettait que le match serait rejoué. Quelques jours après, nous avons été informés que l’équipe de Toulel bénéficiaire de ce forfait bancal ne voulait plus rejouer. Et d’une manière tacite nous comprenons que l’organe organisateur du tournoi s’est penché en leur faveur en notre détriment. Par conséquent nous avons décidé de nous retirer du Tournoi dans lequel notre équipe et son staff se sont toujours faits remarquer par le respect, le fair-play et la discipline vis à vis de tous. Cette décision injuste nous frappant, laisse soupçonner un mode de fonctionnement interne troublant et inquiétant dans l’organisation d’un Tournoi supposé fraternel et convivial.

©️Source crédit : Post Facebook de Thale’s Ndiaye, un responsable du staff de Selibaby (15/7/19)

《AHMEDDOU OULD WADI’A, journaliste avait écrit le texte suivant. Il est en prison depuis lors….》

#Sebkha est actuellement assiégé par de l’armement militaire,des bataillons et des unités. On traite ses habitants de Sénégalais et étrangers. Cette logique est la pire menace contre la sécurité du pays, et le plus grand déclencheur du désordre.
La Mauritanie a besoin aujourd’hui, hier et demain de quelqu’un qui réalise qu’elle a besoin de sécurité oui, et consolide évidemment la stabilité.
C ‘est cette raison qu’elle a besoin de justice de quelqu’un qui réalise que tous ses citoyens sont égaux, qui réalise que dans état égalitaire le droit le plus élémentaire d’un citoyen c’est de pouvoir manifester sa joie ou sa colère. Tous les citoyens sans distinction, sans que la manifestation de certains soit considérée comme phénomène démocratique et celle d’autres considéré comme les prémisses d’un malheur.

@Ahmeddou ould Wadi’a.

Le 24/6/2019.

#liberez_wadia

✅Crédit source : Post Facebook de Lo Gourmo (8/7/19)

De la dictature de l’instantanéité à la victoire de la déraison

Les réseaux sociaux ont un effet magique, celui d’amplificateur de nos pensées permettant d’échanger sur différents sujets. Mais ces mêmes réseaux sociaux ont un effet pervers, celui de nous maintenir dans une bulle où chacun, de façon péremptoire, assène ces vérités.
A la lumière de ce que j’ai pu lire ses derniers mois particulièrement sur mon pays, la Mauritanie, j’ai décidé de ne plus intervenir sur les questions sérieuses (j’espère pouvoir tenir) comme la politique, l’économie et j’en passe.
Ayant une éducation qui ne me permet pas de manquer de respect à mes ainés et ne voulant pas me faire manquer de respect par mes jeunes frères, je fais le choix lâche (j’assume malgré tout), de me dérober de la cacophonie du net.

Sur cette plateforme, une meute fait sa dictature, distille ses vérités irréfutables, jette l’opprobre, ostracise …
Ils font de l’assignation identitaire le soubassement de leurs analyses politiques. Ils refusent la pensée complexe et se complaisent dans les analyses binaires et simplistes, auxquelles, il veulent donner un cachet scientifique.

Cependant, j’ai fait de belles rencontres, j’ai découvert des concitoyens d’une intelligence extraordinaire, avec une finesse d’esprit sans égal. Avec eux j’ai beaucoup appris sur ce pays et le monde qui l’entoure. Respect à vous.

A tous, je vous demande pardon et je vous pardonne sincèrement.

Nul doute que mon retrait du débat politique sur le net passera inaperçu.

Dorénavant, sur ma page je ne partagerai que de futilités et mes passions comme la cuisine, la culture, la photographie et mes quelques émissions.

Au plaisir chers tous.

🔷️Crédit source : Post Facebook de l’auteur (6/7/19), journaliste et universitaire mauritanien Diallo Saidou dit Thierno

FRAUDE ELECTORALE: LES CANDIDATS OPPOSANTS PRESENTENT LEURS PREUVES

Les candidats de l’opposition ont présenté devant le Conseil constitutionnel dimanche soir les détails de leurs recours, qui, selon eux, révèlent une « fraude » à grande échelle en faveur du candidat Mohamed ould Ghazouani, dont les résultats provisoires ont montré 52% des suffrages exprimés, selon les chiffres annoncés par la CENI.

Au tout début de la conférence de la conférence de presse organisée ce dimanche soir au siège de campagne du candidat Biram Dah Abeid à Nouakchott, ce dernier affirme que « l’opposition démocratique, représentée par ses quatre candidats, a pu s’assurer de la véracité de l’impression qu’ils avaient lors de cette élection, après une semaine d’enquêtes menées par leurs services techniques, statistiques et informatiques », qui mettent en relief une gigantesque opération de fraude, déclare Biram Dah Abeid.

Abeid a expliqué qu’ils possèdent « des preuves tangibles » que le candidat Mohamed ould Ghazouani « ne peut obtenir plus de 41%, malgré la partialité de l’Etat, l’alignement du régime et le favoritisme de la Commission électorale. Et si toutes les allégations de la CENI lui sont octroyées, il ne pourrait dépasser les 50%, selon les études réalisées par nos équipes « , martèle Biram Dah Abeid.

La conférence de presse des candidats de l’opposition intervient quelques heures avant l’annonce des résultats définitifs de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel de lundi à midi, auprès duquel l’opposition a présenté des recours il y a quelques jours. Dans sa composition, le Conseil constitutionnel comprend des membres issus de l’opposition.

Des soupçons sur 455 bureaux de vote

Lors de la conférence de presse, le responsable des opérations électorales au sein de la campagne du candidat Biram Dah Abeid a passé en revue des exemples des « violations » qu’ils ont relevées. « Nous avons reçu certains PV avec un taux de participation de 100%, ce qui a attiré notre attention. Nous nous sommes dit qu’au lieu de vérifier nos PV, il serait plus pertinent de vérifier la base de données publiée par la Commission électorale et de l’étudier en profondeur ».

Le responsable a ajouté que la recherche a révélé que 11 bureaux présentent un taux de participation supérieur à 100%. Or, remarque-t-il, « Dans ces bureaux, ould Ghazouani a recueilli 93% des suffrages », ajoutant que l’approfondissement de la recherche a conduit à la découverte de 455 bureaux de vote où le taux de participation dépasse 90%, affirmant que « Ces bureaux ne se situent pas dans les capitales régionales, mais sont dispersés à travers la Mauritanie et dans des zones isolées et difficiles. »

Il a souligné dans sa présentation que « le nombre total des votants dans ces bureaux est de 90.844 électeurs. Ould Ghazouani a obtenu 97% de ce nombre, avec une moyenne de plus de 95% au niveau de chaque bureau », soulignant que les électeurs de ces bureaux «représentent 10% du total des effectifs des électeurs mauritaniens ». « Ce qui a permis à ould Ghazzouani d’obtenir plus de 18% du pourcentage en sa possession, suivant les chiffres annoncés par la CENI ».

L’expert cite l’exemple de Gleib Ndour, de CHeggatt et d’El Beled El Amine. Il poursuit que, au cas où les résultats de ces bureaux seraient annulés, ould Ghazouani aurait 41% des suffrages.

« Si nous considérons que ces bureaux ne seront pas annulés, en appliquant le pourcentage de participation annoncé par la Commission qui est de 62%, Ould Ghazouani obtiendrait 48,5% », c’est-à-dire qu’il ne passerait pas au premier tour.

Expulsion de représentants

« Dans les zones reculées accessibles uniquement à l’État, les bureaux qui n’ont pas été ouverts dans les lieux prévus par la loi électorale qui stipule qu’ils doivent l’être dans les bâtiments publics », a déclaré le candidat Biram Dah Abeid, citant 455 bureaux de vote qu’il qualifie de « suspects ».

Au lieu d’être ouverts dans des écoles, des centres de santé ou des administrations, ils l’ont été dans des maisons privées appartenant à des individus acquis au régime, en échange de capitaux appartenant à l’État et au peuple ».

« Beaucoup des représentants des candidats de l’opposition ont été expulsés de ces bureaux où le vote est largement favorable à ould Ghazouani. Les PV ont été remplis à leur place, pour donner du crédit aux résultats et faire croire que le vote s’est déroulé sans problème », a constaté Biram Dah Abeid.

« A Nteïchitt, personne n’a voyagé, personne n’est tombé malade, personne ne s’est abstenu de voter, aucun décès n’est survenu depuis le recensement », a-t-il déclaré, ajoutant que le nombre des inscrits est de 485, pour un taux de participation de 100%.

« Ces bureaux ont permis à ould Ghazouani d’obtenir environ 20% des suffrages sur l’ensemble du territoire mauritanien », a déclaré Dah Abeid.

15% pour Ghazouani

Le candidat, Kane Hamidou Baba, a affirmé que les recours en leur possession révèlent de nombreuses « fraudes » et souligne que « l’examen des résultats, il ne serait guère surprenant que le pourcentage de Ghazouani soit de l’ordre de 15% ».

Le candidat a présenté des exemples de bureaux de vote où le taux de participation dépasse les 100%, indiquant qu’un des bureaux de vote à Timbédra » regroupe 242 inscrits, pour 245 votants ! Au Trarza, et plus précisément à Nteïchitt, où se trouvent 452 inscrits, 455 ont voté. Et toujours à El Beled El Amine, 486 sont inscrits pour 486 votants et 485 votes exprimés ».

Dans la Wilaya de l’Adrar, le candidat Kane Hamidou Baba a déclaré qu’un bureau de vote dans la municipalité d’Aïn Ehel Taya les inscrit sont au nombre de 103 alors que les électeurs y sont 105″.

Au Tiris Zemmour, il a déclaré qu’un bureau de vote à Lemreya à Bir Oum Graïn il y a 241 inscrits pour 248 votants. A Cheggatt, le nombre des inscrits est de 128, et celui des votants est de 154. A Lemghaïty, le nombre des inscrits est de 71 et les votants y sont 148 !

Il a conclu que «dans tous ces bureaux, nous constatons que ould Ghazouani est dans la fourchette de 98%», considérant qu’il s’agit là de fraude « flagrante et nette ».

Soupçons sur 50.000 voix

Hadrami Ould Abdel Salam, responsable de la campagne du candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, a passé en revue les « violations » identifiées par la campagne de son candidat et indiqué qu’au niveau de 211 bureaux de vote ils ont relevé des « violations claires et évidentes » soulignant que dans le PV de l’un des bureaux de vote indique 70 bulletins pour 365 votants, alors le nombre de bulletins dans l’urne et celui inscrit dans le PV doivent être identiques, tandis que le nombre de votes exprimés est de 345 », considérant qu’un tel PV est « illégal ».

Abdel Salam, qui présentait les procès-verbaux aux journalistes, a déclaré : « le PV d’un autre bureau indique que le nombre dans l’urne est de 369, alors que le nombre de votes exprimés y est de 487, tandis que le nombre de votes exprimés ne saurait en aucun cas dépasser le nombre de bulletins qui se trouvent dans l’urne ».

Ould Abdel Salam a déclaré qu’après avoir rassemblé toutes les violations constatées au niveau de 211 bureaux de vote, ils ont remarqué que ould Ghazzouani a recueilli 54.068 voix dans ces bureaux, ce qui représente 6% du total des voix obtenues suivant l’annonce de la CENI. Si ces voix sont retranchées, son score serait de 46% ».

Il a conclu en disant que « lorsque nous combinons ces violations avec ce que la campagne des autres présidents (candidats) ont observé, je pense que si ould Ghazouani dépassait trente pour cent, il obtiendrait un résultat miraculeux », selon ses termes.

Lettre au Conseil constitutionnel

Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar a adressé une lettre au Conseil constitutionnel lui demandant d’assumer ses responsabilités et de travailler conformément à la loi. Il l’invite à « rechercher les informations fournies et à assumer la responsabilité de les vérifier une à une ».

Ould Boubacar a souligné que cette élection est « spécifique » car elle concerne la fonction de président de la République et doit donc être exempte de tout ce qui pourrait nuire à la « légitimité et à la crédibilité » de la fonction la plus élevée de l’État.

Il a conclu que la Mauritanie traverse « une crise postélectorale », soulignant que la solution de cette crise « n’est pas la répression ou le rétrécissement des libertés, mais plutôt le dialogue », a-t-il affirmé.

🔷️Crédit source : Post Facebook ( https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2374769609250492&id=100001524288944) de Med Yahya Abdel Wedoud datant 1/7/2019

Mauritanie/présidentielle 2019 : une atmosphère troublante après un scrutin douteux

🔷️Ici le chiffrage officiel de la CENI

🔷️Mr Samba THIAM arrêté et détenu en lieux inconnus

🔷️Le journaliste Camara Seydi Moussa arrêté et détenu en lieux inconnus.

🔷️Les 4 candidats de l’opposition contestataires du scrutin du 22 juin

L’élection présidentielle du 22 juin 2019 en Mauritanie s’est soldée par une victoire hâtivement autoproclamée du candidat du régime en place avec un général succédant à un autre. Communément appelé Ghazouani, ce bras droit du raïs sortant Ould Abdelaziz, s’était déclaré vainqueur en prenant les devants de la CENI, qui par la suite confirmait dans la soirée du dimanche vers 22h GMT, l’affaire déjà pipée d’avance selon plusieurs observateurs avisés.

La précipitation du camp politique du régime qui apparaît comme un forcing pour éviter l’éventualité d’un second tour, a provoqué des gros incidents dans certains endroits de la capitale du pays. À signaler bien avant la proclamation unilatérale de leur victoire, les autorités clairement partiales ont déployé des forces de sécurité dans les quartiers populaires acquis à l’opposition dans la capitale Nouakchott . Il y a eu arrestations inexpliquées et mise sous scellés de sièges de campagne du candidat indépendant Biram Dah Abeid arrivé 2ème et de Dr Kane Hamidou Baba de la CVE (Coalition Vivre Ensemble) arrivé 4ème selon les données contestées de la CENI. Et également l’arrestation d’un leader politique en la personne de Samba THIAM, soutien du candidat Kane Hamidou, toujours détenu en lieux inconnus.

Par la suite, nous apprenons que 2 candidats (Biram Dah Abeid et Ould Boubakar) avaient introduit un recours auprès du conseil constitutionnel à Nouakchott pour dénoncer des irrégularités marquant le scrutin du 22 juin. Côté sécuritaire , le pouvoir en place déclare arrêter plusieurs ressortissants ouest-africains (pour la plupart Gambiens, sénégalais et maliens) qui seraient impliqués dans les incidents survenus après l’autoproclamation du candidat Ghazouani. Dans la foulée, la connexion internet a été coupée dans l’ensemble du pays (Flux Mobile, 3G et ADSL par la suite). Cette restriction incompréhensible continue depuis 72 heures. Dans la journée du mercredi 26 juin, le journaliste Camara Seydi Moussa a été appréhendé chez par des agents en civil et conduit vers un endroit restant toujours inconnu ce soir. Ce jeudi la marche prévue à Nouakchott vers la CENI avait été annulée pour des raisons restant à clarifier prochainement à coup sûr. Par ailleurs les diasporas mauritaniennes au Sénégal, à Paris et aux États-Unis sont sorties pour exprimer leur mécontentement de cette situation de crise ouverte orchestrée et entrenues étrangement par les autorités de Nouakchott.

C’est ainsi la situation approximative que nous pouvons décrire du black out anxiogène post-électoral dans le pays.

✅KS pour le BLOG