DROIT DE RÉPONSE : GANBANAAXUN FEDDE, MOUVEMENT TRANSNATIONAL HUMANISTE et LEGALISTE EST FONCIEREMENT L’ANTITHÈSE DES IDEOLOGIES FÉODALO-ESCLAVAGISTE DE PLUS EN PLUS VIOLENTES ET AGRESSIVES AU SEIN DE LA COMMUNAUTÉ SONINKÉ

Comme souvent et pour permettre à ceux qui ne sont pas familiers de la langue soninké de comprendre le sens de l’expression « GANBANAAXU », nous nous sommes habitués dans nos différentes communications et autres tribunes libres à définir systématiquement ce vocable, qui signifie : ÉGALITÉ EN DROIT ET EN DIGNITÉ.
Le mouvement « GANBANAAXUN FEDDE » est une initiative transnationale, progressiste et citoyenne de conscientisation des masses afin qu’elles comprennent l’urgence et la nécessité des réformes au sein de la communauté soninké où sévit depuis très longtemps un régime coutumier foncièrement discriminatoire, ségrégationniste et d’une violence symbolique inouïe. Depuis bientôt 4 ans, cet engagement pacifique est mené courageusement à travers un collectif d’associations transnational, pour le respect et la restauration de la DIGNITÉ HUMAINE au nom d’une FRATERNITÉ RÉELLE. Ce collectif d’associations hétéroclites lutte pour l’effectivité d’une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE consacrée et sanctifiée par les textes fondamentaux de nos États respectifs et par toutes les institutions internationales habilitées à défendre les Droits Humains mais aussi pour le respect strict de la légalité républicaine en toute circonstance, laquelle permet à tous ses enfants les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes opportunités tout en leur imposant les mêmes devoirs.

Après cette présentation assez rapide du mouvement, notre présent communiqué tient lieu d’un droit de réponse à une tribune farfelue, truffée de mensonges et honteusement diffamatoire. Le texte de cette tribune libre http://cridem.org/C_Info.php?article=730433, signé par une nébuleuse et fantomatique structure qui s’est autoproclamée « tounka lenmou fedde », littéralement « l’association des fils ou héritiers des rois » (dirigeants féodaux en traduction), il serait plus judicieux de dire plutôt « tounka lonbrou fedde », littéralement « les rois qui ne valent rien ou les rois de peccadille », vise à faire diversion en accusant l’éveil humaniste et citoyen porté par le mouvement GANBANAAXUN FEDDE et ses partenaires abolitionnistes. Dans leur tribune libre, au fond abject et infect, parue à CRIDEM, nous y décelons les mêmes tentatives vaines à vouloir camoufler la source de ce que vit aujourd’hui la communauté soninké dans la sous- région ouest- africaine pour ce qui concerne l’esclavage coutumier par ascendance. C’est un secret de polichinelle que de dire qu’il existe chez les soninkés, un esclavage statutaire intracommunautaire qui se pratique et se perpétue à travers d’innombrables violences symboliques et physiques, qui se sont même amplifiées ces dernières années, comme en atteste ce reportage récent de la chaîne internationale France 24. https://observers.france24.com/fr/video/ligne-directe-resister-esclavage-mali https://m.facebook.com/FRANCE24/videos/2548639315424208/ .

La réalité est qu’aujourd’hui au sein des communautés soninké, les personnes « castées » et assignées statutairement et socialement esclaves, refusent fermement de se laisser faire et revendiquent une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE selon les dispositions prévues par l’ordre républicain en vigueur dans nos pays. Ils se sont dressés pacifiquement contre les pesanteurs sociales injustes et humiliantes du système féodalo-esclavagiste incarné par les « LAADANI » c’est à dire les rapports sociaux discriminatoires et ségrégationnistes issus de la stratification sociale par laquelle la caste dite esclave est reléguée au bas de la pyramide dans tous les domaines de la vie profane et religieuse de la communauté.
Du côté mauritanien, les tenants de ce système réactionnaire qui défie l’ordre républicain et les lois nationales, sont organisés en groupuscules extrémistes via watsap et Face book et s’adonnent de manière régulière à des discours aux relents apologétiques de l’esclavage et à diverses provocations injurieuses.
Fidèles à nos principes et à notre option de lutte pacifique, nous avons porté leurs agissements répréhensibles aux autorités compétentes ces derniers jours avec notamment le cas de Fousseyni Soumani Camara connu comme un acerbe provocateur apologiste de l’esclavage qui en a fait son sport préféré.
Dans une communication récente http://cridem.org/C_Info.php?article=729831 , concernant son affaire portée devant la Justice, nous y avions signalée les provocations troublantes de complices identifiés de Fousseyni Soumani Camara sur nos militants en sit-in pacifique devant le commissariat Sebkha 1. Ces provocateurs qui sont Boubacar Camara plus connu sous le prénom de Moustapha Camara et Borou Camara lançaient en direction de nos militants certaines déclarations de nature apologétique et tentaient de prendre des images vidéo de nos membres avec leurs téléphones portables. Ils ont bien évidemment été empêchés. Mais, comble du cynisme, dans leur récente tribune libre, sans vergogne, ils n’ont pas hésité à tenter une ultime pirouette en essayant de jouer à la victime d’une agression imaginaire en mettant en exergue une scène d’attaque simulée de ces deux individus alors qu’ils font l’objet de plaintes bien solides pour leurs propos apologétiques de l’esclavage tenus dans leurs groupuscules watsap « democratia islamic » et « tounka lenmou fedde » . Nous tenons donc à donner ces précisions importantes, qui seront portées à la connaissance des autorités judiciaires avec preuve à l’appui. Dans leur déni de l’existence de l’esclavage coutumier par ascendance, nous les trouvons définitivement déboussolés et désorbités. Les mentalités féodalo-esclavagistes en milieux soninké sont connues de tous depuis toujours. Depuis trois ans, toutes les problématiques soulevées en milieux soninkés et notamment au Guidimakha, tournent autour de l’esclavage sous ses manifestations sociétales et coutumières. Nos divers communiqués de presse ont relevé plusieurs cas évidents même si la judiciarisation au niveau régional n’a pas souvent suivi les dossiers sous le prisme de cet esclavage coutumier par ascendance très défendu par les extrémistes féodaux et leurs complicités parentales parmi certains éléments introduits dans les rouages étatiques.

L’engagement GANBANAAXUN FEDDE s’inscrit dans les valeurs humanistes et citoyennes, et reste fidèle plus que jamais à cette voie(x). Et les manigances diffamatoires de certains adeptes inféodés aux mentalités féodales et esclavagistes du moyen-âge, seront sans effet face à notre détermination et notre résolution contre l’esclavage coutumier par ascendance érigé en mode de vie si ce n’est en art de vie par certains milieux soninké.

Nouakchott 15 Décembre 2019

🔹️P/ La communication GANBANAAXUN FEDDE et partenaires.

Le rôle essentiel des partis politiques n’est-il pas de participer à l’animation de la vie politique ou plutôt un intermédiaire entre le peuple et le gouvernement: Tentative de réflexion/ Dr. Sao Ousmane

« Un homme peut gravir l’Everest pour lui-même, mais au sommet, il plante le drapeau de son pays » Margaret Thatcher

Texte et contexte :

« On note depuis quelques années une certaine désillusion des citoyens envers les partis politiques, qu’ils ne considèrent plus forcément comme leurs meilleurs représentants et intermédiaires. Dans certains pays, les partis ont une fonction de direction. Ils ont pour objectif la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée. Si dans les régimes pluralistes (où existent plusieurs partis) la conception traditionnelle est que le pouvoir exécutif est en charge de l’intérêt national indépendamment des partis, ceux-ci assurent bien la conduite de la politique nationale, par l’intermédiaire de leurs représentants au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Ils légitiment et stabilisent le régime démocratique, en le faisant fonctionner. Animateurs du débat politique, ils contribuent aussi à structurer l’opinion publique. »Les participations à la vie de la cité, 30 juin 2006

Selon les analystes politiques,on distingue trois différents types de partis politiques :

1– Les partis dits « de cadre » nés au XIXème siècle, sont des partis de notables issus, dans un premier temps, de la bourgeoisie ou de l’aristocratie et se situent traditionnellement à droite ou au centre comme c’est le cas en France.

2– Les partis dits « de masse » nés au début du XXème siècle avec le développement du socialisme et du communisme, ont pour objectif la transformation de la société et la réalisation d’un ordre social nouveau. Pour cela, ils s’appuient sur une organisation structurée et hiérarchisée et sur un grand nombre d’adhérents, assurant ainsi leur autonomie financière et permettant l’encadrement des électeurs ;

3– Les partis d’électeurs, notion apparue dans les années 1960 et liée à l’approche américaine (système des primaires), sont caractérisés par la recherche du rassemblement du plus grand nombre possible de sympathisants, et s’attachent à la promotion d’objectifs consensuels.

Développement

Dans tous les pays du monde, les acteurs politiques sont représentés par les militants des partis politiques qui cherchent à conquérir le pouvoir. Les citoyens ancrés dans des organisations cherchent à influencer les politiques publiques et l’action du gouvernement dans le sens de leurs intérêts. Ainsi à côté des partis politiques, les organisations professionnelles, les organisations de la société civile, les institutions parlementaires et judiciaires, les Universités et l’Etat, chacun en ce qui le concerne, est un acteur unique ayant un rôle distinct et irremplaçable. La finalité de l’action publique et de la cohésion sociale est le bien-être individuel, social, économique et culturel. La démocratie n’est pas une fin en soi mais un moyen pour réaliser le bien-être et la dignité des êtres humains. Pour faire une démocratie réussie, il faut que les acteurs agissent en synergie, dans une clarté distinctive des rôles, avec sérénité, écoute et respect mutuel. La démocratie se construit à travers nos manières de penser, nos manières de parler, nos attitudes les uns vis-à-vis des autres, nos comportements et nos pratiques. Notre continent est à la croisée des chemins et vit des moments uniques de son histoire. Une nouvelle génération se cherchepour être aux affaires et dans l’opposition. Les batailles électorales s’annoncent rudes et deviennent de plus en plus prématurées. Malgré l’importance des enjeux actuels et futurs, nous avons tous la responsabilité d’œuvrer pour des débats apaisés sur l’orientation de nos politiques publiques, l’utilisation de l’argent public par une gouvernance transparente et démocratique et l’effectivité d’une démocratie administrative au service unique du bien-être du citoyen. (Anne Muxel2001).

En Afrique, malheureusement les acteurs de la pratique démocratique sont confus et nagent dans une absence quasi-totale de discernement. Notre pratique démocratique semble étourdie. Nous avons une permanence de la contestation dirigée par les partis politiques comme s’ils voulaient prolonger les batailles électorales perdues. Ce n’est pas leur rôle. Il n’est pas du ressort d’un parti politique d’organiser des marches et de les diriger. Leur vocation est de conquérir le pouvoir par la conception et la vulgarisation d’une nouvelle offre politique, sinon cela ressemble à une révolution. Les partis politiques doivent continuer à former leurs militants, se massifier et concevoir des programmes alternatifs pour la conquête du pouvoir. Leur action significative doit se construire autour des joutes électorales. La société civile doit être d’alerte ; elle doit cesser d’être une société civile d’anecdotes ; elle doit éviter de faire les batailles des partis politiques ; elle doit chercher, fouiller, interpeler le gouvernement et l’Assemblée Nationale lorsqu’elle sent une déviation dans l’action publique ; elle doit également informer les populations, faire le plaidoyer pour la prise en compte de questions émergentes et de nouveaux défis. La construction d’une grande démocratie nécessite une société civile informée, alerte, structurée, forte et mesurée.Le gouvernement doit aussi répondre et considérer les interpellations de la société civile et des citoyens.(Daniel-Louis Seiler, Ellipses, 2003), (David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary., 1742)

Les partis politiques, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n’ont plus la cote. Et c’est un euphémisme au point qu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il ya aujourd’hui une forte tendance au sein de la population mauritanienne pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui les dirigent, refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cette absence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. (Georges Lavau, Armand Colin, 1953).

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.(Michel Offerlé, 2006)

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situation, les citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en main leur destin. On voit ainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.(Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., PUF, 2007)

Le renouveau politique, un vaste chantier

Nos pays ont besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les hommes politiques devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Surtout dans les pays comme la Mauritanie, l’économie nationale a d’énormes promesses favorables avec la découverte de pétrole et de gaz ; il est impératif avec cette découverte de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives du pays à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Dans ce contexte précis notre citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité et de ses droits civiques et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique (Benjamin Constant, 1837). Chaque citoyen doit respecter les droits des autres qui sont identiques aux siens. Le terme de devoir peut aussi désigner une réalité plus morale qui doit guider le citoyen dans son comportement dans l’espace public. L’attitude des citoyens les uns envers les autres est primordiale pour rendre supportable la vie en société. La politesse, le respect, la capacité à venir en aide à une personne en difficulté sont des éléments capitaux pour une citoyenneté vécue au quotidien. Les manquements à ces règles élémentaires de vie en commun affaiblissent la notion de citoyenneté. Ensuite, les citoyens sont obligés de respecter les lois afin de permettre une vie en société organisée et d’éviter le développement de la loi « du plus fort ». On serait alors dans une situation anarchique, chacun agissant selon son bon plaisir, sans souci de la règle commune. L’obligation pour tous les citoyens de respecter les lois est la meilleure assurance que la liberté, les droits et la sécurité de chacun d’eux soient garantis de manière effective.

Dr Sao Ousmane : Président Cadre de Concertation et de Dialogue des mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) ;

🔹️Bibliographie

Anne Muxel : L’expérience politique des jeunes Pôle Sud Année2001, Paris presse de science Po.

Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., Les forces politiques françaises, Paris, PUF, 2007.

Michel Offerlé, Les partis politiques, Que sais-je no 2376, 5e édition, 2006.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques, Paris, A. Colin, 1993.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques en Occident : sociologie historique du phénomène partisan, Paris, Ellipses, 2003.

Maurice Duverger, Les partis politiques, 1951, Paris, Armand Colin.

Georges Lavau, Partis politiques et réalités sociales : Contribution à une étude réaliste des partis politiques, Paris, Armand Colin, 1953.

Philippe Raynaud et Stéphane Rials, Dictionnaire de philosophie politique, PUF, coll. « Quadrige dicos poche », 2003, 928 p. (ISBN 213052947X).

Henri Saint Jean Bolingbroke, Dissertation upon parties, 1775

Bernard Cottret et Marie-Madeleine Martinet, Partis et factions dans l’Angleterre du premier XVIIIe siècle, Presses Paris Sorbonne, 1991, 179 p. (ISBN 2904315926).

Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle, Société belge de librairie, 1837, p. 202 David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary, Liberty Fund, Inc., 1742

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur via Mail

Événement/Droits Humains : le discours du leader abolitionniste mauritanien BDA à Weimar (Allemagne)

Espoir et lucidité

Biram Dah Abeid,
Weimar (Allemagne ), 10 décembre 2019

Chères lauréates, chers lauréats du Prix Weimar, monsieur le Bourgmestre, mesdames et messieurs membres du Conseil municipal, monsieur le Président de l’Association pour la Défense des Peuples Menacés, chers militants d’IRA-Germany et IRA-Europe.

Je me sens très ému à cet instant où je retrouve la belle ville de Weimar, son personnel dirigeant et les activistes allemands des droits de l’Homme, qui m’ont soutenu et épaulé, il y a dix ans, alors dans mes débuts, semés d’embuches, au commencement d’une rude et longue bataille avec le pouvoir de mon pays, la société et le corpus idéologique dont il procède. Uni aux puissantes corporations du capital privé national, les politiciens, le clergé et les média, l’Etat de Mauritanie adoptait contre nous, dès le début, la ligne de l’éradication, par tous les moyens, il fallait étouffer dans l’œuf, le nouvel avatar du mouvement abolitionniste et antiraciste que nous venions de créer. Les manifestations autour de la thématique de l’esclavage constituaient des tabous, délimités d’une ligne rouge.

Chères mesdames et messieurs, après que vous m’avez primé en 2011, sous votre belle étoile, je bénéficiais, en chaine, de prestigieuses distinctions dans le domaine de la défense des droits humains. Sans prétendre à l’exhaustivité, je citerai le prix Frontline Defenders (Irlande), celui des Nations-Unies pour la Cause des Droits de l’Homme (Onu), le Tulipe (Pays-Bas), le ICNC (Boston, Usa), le Tip Héros (Departement States, Usa), Aichana (Abolition Institute, Chicago, Usa), Mémoires et Partage (Bordeaux, France). Grâce à votre soutien précoce, je figurais parmi les 100 personnalités de TimeMagazine2017 et les 100 africains de l’année en 2017.

Cependant, comme une rançon de la notoriété, le revers de la médaille, je vous le dois aussi: en effet, mes compagnons d’IRA-Mauritanie et moi même, avons subi plus de 15 procès, depuis ma distinction devant vous, ici en 2011. Toutes ces poursuites nous furent infligées – arrestation, emprisonnement, jugement et peine – à cause des idées et des activités pour lesquelles vous m’avez primé, trois fois entre 2011 et 2018 et dix autres, au profit de compagnons de route. Ceux-ci et beaucoup et d’autres ont été torturés, blessés, fracturés, au cours d’une répression indicible que le pouvoir mauritanien nous appliquait pendant une décennie.

Mais, Dieu merci, malgré l’ampleur du sacrifice, notre mouvement s’en sort revigoré et aguerri, en somme affermi par l’épreuve. C’est pourquoi, moi-même candidat aux élections présidentielles 2014 et 2019, avec un programme phare dans le domaine des droits humains, je représentais, envers la fraude massive et les coups de force, le choix, premier, des électeurs de l’opposition. Le peuple l’a certifié, à trois votes d’affilée, notamment quand il m’élevait au rand de députés, du fond de ma cellule de prison en septembre 2018. Je recouvrais la liberté, le 31 décembre.

Chères invités, mesdames et messieurs, il serait utile de vous entretenir de la nature du changement au sommet de l’Etat, survenu à l’occasion du scrutin présidentiel de juin 2019. Le nouveau chef de l’Etat, compagnon d’armes et d’entreprises protéiformes de son prédécesseur, hérite d’un bilan de banqueroute et se prévaut d’une victoire contestable, dans les urnes. Pour ma part, j’avais décidé de ne pas trop m’appesantir sur le contentieux électoral, dans un pays, fort fragile, où la justice sert le Prince du moment.

A la lumière des éléments que nous détenons, le nouveau Président a enclenché une nouvelle approche de la gouvernance vertueuse, consistant à ouvrir l’espace des media publics aux opposants, leur parler et les écouter, ne serait-ce qu’une fois ; à sa décharge pour ne pas dire à son mérite, il suspend la répression des manifestations et réunions pacifiques, pourtant réflexe mécanique du temps de son prédécesseur. Ce sont, ici, des prémices heureuses, que dis-je prometteuses; nous avons tenu à vous en souligner l’intérêt.

Cependant, en dépit de l’apaisement social et de la reconnaissance, de facto, de la légalité de Mohamed Ould Ghazouani, ce dernier n’a pas encore pris les mesures de réformes qu’induit la faillite des institutions et l’effondrement de l’économie. IRA-Mauritanie et des formations de vocation identique demeurent sous interdiction ; des opposants exilés, endurent des poursuites judiciaires et des mandats d’arrêts, au-delà des frontières.

Le cancer de l’esclavage continue son œuvre de déshumanisation. L’exemple de la victime mineure, Ghaya Maiga, nous renseigne sur l’axe officieux de la résistance à l’éradication de l’esclavage, sous le Président Ghazouani. Il s’agit du corps des magistrats mauritaniens, un repaire d’extrémisme religieux et de conservatisme. Issus du bloc dominant, ils bénéficient de la culture de la supériorité de naissance qui justifie l’exclusion et la violence symbolique envers les descendants de castes serviles. Les juges de la République islamique de Mauritanie sont les principaux vecteurs de l’opposition à l’égalité des citoyens et un frein à l’enseignement de l’universalisme. Les lois, grâce auxquelles ils défendent les intérêts de l’hégémonie tribale, entretiennent le rejet de l’Autre et exposent les militants de la liberté, à la violence sacrée, en vertu de l’article 306 de notre code pénal, lequel punit, de mort, l’apostasie et le blasphème.

Ces édiles du pire s’abreuvent et abreuvent des générations de jeunes, des manuels prétendument de la charia qui codifient, légitiment et accordent l’immunité à la pratique de l’esclavage, dans sa version hideuse, elle-même contraire à la forme la plus élémentaire de la dignité de la personne. Les instituts d’enseignement confessionnel que l’Etat finance perpétuent la haine, le repli sectaire et la disponibilité morale à l’attentat.

L’autre axe démonstratif de la continuité des obstructions à toute avancée notoire sur la question de l’égalité de naissance, c’est le négationnisme zélé et actif des agents de l’Etat. Le système, non sans vice, parvient à recruter et actionner, à cette fin, les fils et petits-fils d’esclaves. Hélas, pour eux, leur durée de vie professionnelle se rétrécit, au fil de la prise de conscience parmi leurs frères d’extraction similaire. Le nouveau ministre de la justice, docile avec les fauteurs d’esclavage et connivent avec les juges, represente le cas atypique.

Sur le registre de la discrimination raciale envers les mauritaniens subsahariens dès le milieu des années 80 qui ne cesse de se renforcer depuis, les victimes et les justes ne perçoivent nul signe de rétablissement de la vérité contre l’impunité. Tous les autres compartiments des droits humains, tels la torture, les graves préjudices causés à l’environnement, la fraude sur les médicaments et les diplômes, semblent cristalliser l’angle mort de la gestion naissante. Sur ces questions, hautement sensibles, le nouveau président tarde à convaincre. Peut-être, sommes-nous pressés et Dieu sait qu’il y a de quoi ! Nous avons patienté durant des siècles de chaines et d’humiliation. Ne sommes-nous pas assez fondés à ressentir et manifester de l’impatience ? Je crois que oui.

Je vous remercie.

©️ Crédit source : Réseaux IRA – Europe

Un conservatisme soninké entêté contre tout progressisme : les victimes en souffrent, par Silly Ismael Korréra

Silly Ismail Korrera – Le conservatisme est une philosophie politique qui est en faveur des valeurs traditionnelles et qui s’oppose à tout progressisme.

Pour les conservateurs l’ordre social établi est indépendant de la volonté humaine. Le conservatisme favorise la dépendance. L’individu a besoin d’indépendance pour jouir d’une entière autonomie vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. La stratification sociale soninké s’oppose à cette indépendance des individus.

Toute ambition nourrit par les castes inférieures doit s’attendre à la résistance de la chefferie traditionnelle et religieuse souvent en connivence avec les élites politiques.

Devenir ou souvent même penser à devenir imam, élu politique pose un problème dans ces organisations. Penser à devenir chef de village ou même poser la question d’une probable possibilité est considérée comme étant un crime qui peut être source de lourdes peines. Interdiction d’accès aux fontaines publiques d’eau, embargo interdisant au commerçant de vendre à cette personne, exclusion physique de la cité.

Il s’agit ici d’organisations sociales dont les mentalités sont empoisonnées par des imaginaires collectives et des clichées sociales.

Des familles entières privées de responsabilités parce qu’elles sont descendants d’esclave, griots, forgerons, etc. Des personnes réduites à l’esclavage dans ce village soninké, le seul crime, parce qu’elles ont immigré dans ces villages à la quête d’une vie meilleure et se retrouvent en esclavage à un moment de leur l’histoire.

Dans ces espaces villageois, des citoyens mauritaniens à part entière qui ne jouissent pas de droits fondamentaux (accès à la propriété sous contrainte d’acceptation des coutumes, ne pouvant participer à la vie du village, aux décisions…). Un citoyen a des droits et des devoirs. Ce système traditionnel met en cause la situation. Parce que les victimes de l’esclavage ont des devoirs mais n’ont pas des droits. Ce qui nous amène à mettre en cause qu’il y a forcement une complicité de l’état mauritanien.

Il n’existe que l’humain. À ce que nous sachons les humains sont égaux en droit et devoir c’est une règle d’or pour le maintien du lien social et la cohésion sociale. Il faut bannir ce système abject, honteux et arriéré. Tout silence face à ce système devient complicité. Raisonner pour laisser entendre que c’était ainsi depuis nos ancêtres et pour changer, il faut du temps. Nous savons qu’il faut du temps mais à un moment il faut un démarrage et combattre toutes les mentalités qui pensent encore avoir des droits sur des êtres humains. Cette pratique est un crime et le crime doit être sanctionné.

Silly Ismail Korrera, informaticien, membre d’IRA

Ressortissant de Guidimaka (Ajar)

©️ Crédit source : http://www.cridem.org ( http://cridem.org/C_Info.php?article=730243)

✅Revoir nos coutumes : À nous de FAIRE ou on nous fera FAIRE

Un speech de Maître Ahmed Salem O. Bouhoubeïni , le président de la CNDH (commission nationale des droits de l’homme). Le 4/12/19 , il était de passage au Guidimagha (Sélibaby) avec sa délégation.

Il réaffirme clairement que l’esclavage sous toutes ses manifestations est une page à tourner en Mauritanie.

On peut saisir dans son discours, qu’il insiste sur l’égalité citoyenne entre tous les mauritaniens.

En gros tout ce qu’on prêchait et prêche toujours auprès de certains adeptes d’un communautarisme archaïque qui défie l’ordre citoyen pour maintenir et défendre un régime coutumier foncièrement discriminatoire et ségrégationniste. Cet ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie certaines inégalités entre les composantes sociales d’une même communauté. Des mentalités qui s’accrochent à un monde révolu et passéiste, risquent de rater plusieurs trains du présent et par la suite indexées d’une manière non-enviable. Et surtout nous devons cesser de croire que nos localités villageoises se trouveraient dans des îlots de principautés ou même de royaumes imaginaires enclavés dans l’état central républicain.

Il est temps, ENTENDRE ET S’ENTENDRE MIEUX pour rester « NOUS » autrement en COMMUNAUTÉ.

#Mauritanie #CNDH #Guidimagha #esclavage_coutumier #soninké #soninkara #féodalité

KS

Guidimagha – Maire de Selibaby : le Président honore la wilaya par la pose de la 1ère pierre de 9 projets structurants

AMI – M. Mohamed Vall Ould Mekhallé, maire de Sélibabi a souligné que la visite du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani honore les populations de la ville et au-delà celles de toute la wilaya du Guidimagha.

Dans le discours de bienvenue qu’il a prononcé, le maire de la commune de Sélibaby, M. Mohamed Vall Ould Mekhala affirmé que les populations du Guidimagha mesurent à sa juste valeur la visite historique du Président de la République par laquelle il honore la wilaya par la pose de la première pierre de 9 projets sociaux structurants avant de souligner que l’image du 28 novembre 2019 à Akjoujt restera gravée en lettres d’or dans le cœur de tout patriote épris de paix, de justice et jaloux de l’unité de sa patrie.

Le maire a, par la suite, souhaité voir la wilaya, longtemps oubliée, bénéficier d’une discrimination positive dans l’ambitieux programme du Président de la République qui commence déjà à faire naitre l’espoir chez tout citoyen mauritanien.

M. Mohamed Vall Ould Mekhala a aussi souligné que le Guidimagha, qui a été victime cette année d’inondations, a été secouru en temps opportun avant de souhaiter voir les eaux de pluies causant des dégâts en quelques heures servir utilement au lieu de faire des victimes.

Il a révélé que la période hivernale a été très courte compromettant le rendement des paysans de la wilaya qui auront besoin de programmes de soutien comme les vivres contre travail, les boutiques Emel et des points de vente du poisson.

Le maire a encore passé en revue les problèmes posés aux populations du Guidimagha notamment ceux liés à l’état civil, à la protection civile et à l’inspection du travail qui méritent de trouver des solutions.

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

Mauritanie- Journée mondiale de l’abolition de l’esclavage : la déclaration du président de la CNDH

CNDH – A l’instar des autres pays du monde, la Mauritanie célèbre, aujourd’hui 2 décembre, la journée mondiale de l’abolition de l’esclavage.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) saisit cette opportunité pour rappeler que l’option de combattre ce phénomène et ses séquelles est irréversible dans ce pays où elle représente l’unique voie sure pour bâtir un Etat de droit et réconcilier notre société avec elle-même.

Tout en louant le soutien dont elle jouit à tous les niveaux de la part des pouvoirs publics mauritaniens, en particulier lors de sa récente caravane qui se poursuit encore, la Commission exprime sa satisfaction pour le traitement réservé par la justice au dossier de l’esclavage, ce qui s’est traduit tout dernièrement à travers les verdicts prononcés récemment à Néma contre des personnes accusées puis condamnées pour pratiques esclavagistes, au cours d’un procès qui s’est déroulé en présence de la CNDH qui y assistait en tant qu’observateur.

La Commission exprime à cet effet sa grande satisfaction pour le comportement hautement appréciable des organisations non gouvernementales des droits de l’Homme et pour leur attitude positive à l’endroit des programmes qu’elle met en œuvre.

Cette attitude positive des ONG a été ressentie à travers leur participation à la caravane des droits de l’Homme ainsi qu’à travers leur concertation et échanges avec la CNDH dans divers domaines.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme souhaite que l’ensemble des parties, autorités nationales, magistrats et organisation de la société civile, poursuivent leur avancée, la main dans la main, en toute harmonie et dans l’apaisement total, afin de surmonter tous les écueils sur la voie de la promotion des droits humains.

Le président,

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni

©️ Crédit source : http://www.cridem.org (2/12/19)

Mauritanie/ Politique : 《chef de l’État à chef du Parti : du politiquement incorrect》 Par Sneiba Mohamed

Le retour. Tel peut être le titre à donner à ces événements qui se succèdent depuis deux semaines. En rentrant au pays trois mois seulement après avoir quitté la présidence, Ould Abdel Aziz relance le débat autour de son rapport au pouvoir. Et à Ghazouani, son vieil ami, devenu président à la place du président.
Et c’est justement cette configuration politique nouvelle qui crée un climat de tension entre frères d’armes. Une situation insolite due au fait que, pour la première fois, un président sortant revient à la politique en voulant conserver le « commandement » du parti (du pouvoir) et continuer, à découvert, d’exercer une autorité parallèle. Un peu à l’image de cet échafaudage qui a permis, à l’ex président Kabila (RDC) de tenir en laisse Félix Tshisekedi pourtant élu président de la République « à la régulière », si l’on fait fi des accommodements mis en œuvre par le pouvoir pour ne pas lâcher le pouvoir.
Vue de cette manière, l’on peut qualifier de « politiquement incorrect » le comportement de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment peut-on comprendre autrement cette volonté, manifestement étrange, de vouloir bousculer un ami qui vous a laissé faire, dix ans durant, se contentant de tenir son rôle de chef d’état-major des armées astreint à la réserve ?
L’explication : « l’ancien président a le droit de faire de la politique » est raisonnable mais elle pèche sur plusieurs plans quand on la confond avec cette précipitation à vouloir utiliser le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), comme un cheval de Troie permettant à Ould Abdel Aziz d’user – et même d’abuser – d’un pouvoir parallèle que lui-même n’a jamais voulu partager quand il était à la tête de l’Exécutif.
On peut expliquer ce comportement inamical d’Ould Abdel Aziz par le seul fait qu’il s’était trompé sur l’appréciation de sa décennie calamiteuse. Et sur ce qui allait se passer après sa sortie du pouvoir.
Très vite, il s’est rendu compte qu’à Nouakchott, les choses ne se passent pas comme prévu. L’absence du « président des pauvres » est de plus en plus vécue comme une libération, au sens vichyste du terme. Les mauritaniens commencent petit à petit à le ranger dans le placard de l’histoire sans gloire, sans parvenir toutefois à oublier le mal dont les effluves suintent de partout. Ce qui relevait des rumeurs et des supputations sur des saccages économiques se transformait, le changement de pouvoir aidant, en convictions. Une de celles-ci aidait à comprendre : Aziz ne reviendra plus. Fraude fiscale, corruption, enrichissement illicite, c’est ce qu’il a légué à des mauritaniens qui se rendent compte, tardivement, de l’ampleur des dégâts. Le pays part en lambeaux. Ghazouani gère une nouvelle situation de crise. Economique s’entend. Politiquement, il poursuit son ouverture sur une opposition qui n’en demandait pas plus. Le « candidat du consensus » devient rapidement le président qui rassemble, qui ne fait pas de la confrontation un style de gouvernance. Ceux qui pensaient possible une « continuité » entre un homme adepte du « ça passe ou ça casse » et un autre qui fait preuve d’une sérénité à toute épreuve se rendent compte, rapidement, qu’ils ont perdu la partie…et le Parti.
Il faudra maintenant que la majorité « libérée » se réorganise autour de son nouveau chef pour l’aider à réparer le navire, à colmater les brèches. Il faut aussi que l’opposition, s’en tenant à son rôle de pendant du pouvoir, appréciant et jugeant sans excès, déploie tout son savoir-faire pour aider à l’exercice d’une démocratie véritable. Car le vrai changement a peut-être commencé maintenant avec un Ghazouani dont la « froideur », opposée au « zèle » de l’autre, pourrait convenir à nos mœurs politiques. Celles qui nous ont évités de sombrer, en 2011, dans ce « printemps arabe » dont on s’est rendu, très vite, qu’il était « inutile et incertain ».

Sneiba Mohamed

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 30/11/2019)

Mauritanie : Nomination d’un Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

AMI – La Présidence de la République a rendu public, vendredi, un décret nommant un délégué général à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion «TAAZOUR», dont voici le texte intégral :

« Par décret en date de ce jour:

Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya est nommé Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR ».

Création d’une Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

La Présidence de la République a annoncé par décret rendu public ce vendredi la création d’une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »».

Le communiqué de la Présidence de la République précise que cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Conformément aux engagements pris par Son Excellence Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans son programme électoral, une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »» a été créée par décret présidentiel en date de ce jour.

Cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Elle vient concrétiser une idée chère au Président de la République, à savoir la mise en place « d’un Etat où la justice, l’égalité, la fraternité, la citoyenneté ne sont pas de simples concepts mais des valeurs fondatrices ».

La Délégation Générale a pour objectif de généraliser la protection sociale, d’éliminer toutes les formes d’inégalités, de renforcer la cohésion nationale, de lutter contre la pauvreté et de coordonner l’ensemble des interventions dans les zones cibles.

Les programmes et projets qu’elle mettra en œuvre au cours des cinq prochaines années contribueront substantiellement à l’objectif du Président de la République qui est : « que chaque mauritanienne et chaque mauritanien se sente fier d’appartenir à ce pays, de profiter de ses richesses et d’y vivre dignement et paisiblement ».

Une enveloppe de 200 milliards anciennes ouguiyas sera mobilisée, au cours des cinq prochaines années, au profit de cette Délégation pour lui permettre d’exécuter un ambitieux programme de promotion économique et sociale en faveur des populations qui ont été victimes des inégalités et de la marginalisation à travers le renforcement des moyens de production, l’amélioration du pouvoir d’achat des pauvres, leur accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à un habitat décent et à l’énergie ».

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

L’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés du Guidimagha mauritanien: l’affichage complice et provocateur du député Sidney Sokhona chez lui à Tachott. 

Les masques tombent davantage sur les complicités supposées ou réelles entre le régime féodalo-esclavagiste soninké et certains cadres soninkés introduits dans les rouages étatiques en Mauritanie. Généralement issus de l’ordre coutumier dominant basé sur une rigide stratification sociale ségrégationniste et discriminatoire, certains cadres censés promouvoir l’ordre républicain et égalitaire parmi TOUS LES CITOYENS sans aucune distinction d’ordre racial, clanique, social ou patronymique, baignent dans des ambiguïtés qui ne passent plus inaperçues aujourd’hui. Depuis 4 ans l’éveil d’une conscientisation citoyenne en masse parmi les couches sociales jadis esclavagisées et toujours assignées par des séquelles sournoises et humiliantes dans la communauté soninké, fait face aux milieux réactionnaires qui s’activent fermement avec la complicité suspecte et aujourd’hui explicite à travers la sortie publique du député Sidney Sokhona le 17 novembre 2019 à Tachott. En effet ce jour, lors d’une cérémonie d’intronisation d’un chef coutumier de son clan féodal botokholo, le député Sokhona s’est permis une apologie sous-entendue de l’ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie des droits innés pour 2 branches sociales (les marabouts et la chefferie coutumière) au détriment des autres. Notamment les descendants d’esclaves qui sont relégués socialement aux rôles subalternes et de faire-valoir occasionnel. Ce 17 novembre, le député a donné une caution légitimiste par un appel clair pour la perpétuation de ces genres de symboles folkloriques et provocateurs jusqu’à là inconnus dans ces localités. Cette incitation troublante à magnifier la féodalité soninké va davantage créer et envenimer les dissensions en surchauffe dans la communauté liées aux problèmatiques de l’esclavage par ascendance. Les descendants d’esclaves dont les ancêtres ayant vaillamment participé aux fondations des villages, sont exclus systématiquement de toutes les fonctions honorifiques notamment le droit d’aînesse et la direction du culte religieux même avec les compétences requises.

■ Par ce communiqué, nous alertons les hautes autorités nationales en tête son excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed El-Ghazouani , le premier ministre, le ministre de l’intérieur, le ministre de la justice et les autorités régionales du Guidimagha, sur ce cas de revivification provocatrice d’un ancien ordre sociétal foncièrement discriminatoire et ségrégationniste qui nuit à la paix sociale dans la communauté soninké et sabote l’émergence d’une citoyenneté égalitaire dans la région. Également l’adresse est aux organismes publics dédiés à la défense des Droits Humains, notamment la CNDH et son président Me Ahmed Salem O. Bouhoubeïni .

■ Nous prenons à témoin les organisations indépendantes engagées sur la thématique de l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie comme SOS-ESCLAVES, IRA-MAURITANIE, FONDATION DU SAHEL, AMEES, AFCF et d’autres, les partenaires internationaux et tous les Esprits progressistes soninkés, concernant cette prise de position publique d’un député au profit de son clan familial et ses alliés coutumiers. Nous signalons au passage la confirmation évidente des complicités suspectes et aujourd’hui assumées de Monsieur Sokhona avec une officine féodale d’extrémistes soninkés qui amassent des fonds (appelée tunkalemou fedde*) pour corrompre les services administratifs et judiciaires dans la région du Guidimagha dans l’objectif obsessionnel à vouloir contrer les paisibles citoyens qui refusent l’esclavagisme coutumier par ascendance (les laadanis) dans les villages.

■ Nous proclamons notre légitimité morale et sociale à pouvoir vivre en CITOYENS DIGNES ET AVERTIS dans nos villages sans les pesanteurs illégales d’un régime capricieux de la féodalité soninké source de diverses séquelles esclavagistes. Et réclamons une implication soutenue des autorités publiques pour un accès égalitaire et impartial aux biens communs matériels et immatériels dans nos localités villageoises.

NB : Trouvez ici le lien média YouTube vers ses propos : https://youtu.be/eXP9AL3Cfio

*officine officieuse représentant le régime féodalo-esclavagiste soninké, présidée par Boubakar Camara connu Moustapha Camara, ancien réfugié politique en France.

Nouakchott 25 Novembre 2019

✅Le Collectif citoyen contre l’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés – AILE GANBANAAXUN FEDDE MAURITANIE (ARMEPES, UVDS et Partenaires)

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes en milieux soninkés GANBANAAXUN FEDDE