Mauritanie/Intempéries : la communication de Monsieur Traoré Gaye, responsable associatif en France.

Dans la nuit du dimanche 25 août 2019 jusqu’au lendemain lundi 26, des fortes pluies sont tombées dans la région Sud mauritanien, le Guidimakha. Ces précipitations abondantes ont causé un certain nombre de dégâts à cause de la remontées des eaux dans les maisons ,certaines maisons partiellement détruites ou détruites entièrement dans plusieurs communes . Le cheptel aussi n’est pas épargné !
D’après diverses sources des décès sont à déplorer au niveau de la ville de Sélibaby , décès confirmés par le centre hospitalier de Sélibaby ,un temps très difficile pour nos populations , elles méritent de notre soutien .
Toutes nos condoléances attristées aux familles des victimes du Guidimakha . L’heure n’est pas à la polémique ni à la politique politicienne car dans la détresse et le malheur, il n’y a ni politique ni de clivages, il n’y a que l’aide et l’entraide.
Nous saluons toutes les initiatives citoyennes prises visant à soulager la souffrance des victimes de cette catastrophe naturelle qui frappe notre chère région le Guidimakha et qui au-delà affectent tous nos compatriotes .
Tout mauritanien en détresse a besoin de la chaleur humaine de ses frères mauritaniens , soyons à l’unisson comme pendant la qualification des mourabitounes , faisons des campagnes nationales de collectes de fonds, de vêtements , de couvertures , de tentes et de produits de premières n écessité au profit de nos compatriotes sinistrées ! Ainsi à cette triste occasion, toute la solidarité nationale mauritanienne doit s’affirmer , se manifester sans reste!

Nous, GANBANAAXU FEDDE, exprimons notre solidarité à l’endroit des sinistrés partout sur le territoire national et en particulier au Guidimakha où plusieurs témoignages de terrain révèlent d’innombrables perturbations dans la vie courante ces derniers jours .
Nous soutenons les autorités compétentes dans toutes les mesures nécessaires prises en vue de porter assistance aux populations sinistrées. Nous prenons acte de toutes les dispositions gouvernementales prises en vue secourir ces sinistrés, mobilisation du Génie civil de l’armée , fusiliers marins , un plan de santé encours pour éviter des épidémies !
Je soutiens que nos différentes initiatives ne consistent pas à nous substituer à l’Etat et d’ailleurs quelle prétention démesurée attribuée à tort , il est question de solidarité humaine , de fraternité .Il y a des chaleurs humaines qui valent des millions dans certaines circonstances !
Ainsi l’association Armepes-Frane que je préside a mis en place une collecte de fonds pour les victimes via la plateforme Helloasso.com , toutes sommes collectées iront aux victimes de ces inondations et la gestion des fonds se feront en toute transparence avec rapport à l’appui ! A Ganbanaaxu fedde notre devise est : « Fraternité -justice -Développement » .
Nous saluons cet élan de solidarité de la Diaspora manifesté envers les victimes dans leur ensemble, cette Diaspora doit avoir l’attention des nouvelles autorités enfin .
N’oublions pas de rendre un vibrant hommage aux acteurs présents dans les villes et villages du Guidimakha aux premières heures de la catastrophe , que Allah leur récompense et leur ouvre toutes les portes de sa miséricorde , car aidant à mettre à l’abri des familles entières en détresse , une belle leçon d’humanisme en somme .
Puisse Allah nous préserver et préserver le Guidimakha au-delà la Mauritanie toute entière de toutes calamités , de tout fléau de quelques natures qu’elles soient .

Votre frère , votre compatriote Traore Gaye , connu sous le nom de GAYE TENE
Président de Armepes-France , initiateur de GANBANAAXU FEDDE

Paris le 30 Août 2019

©️Post Facebook de l’auteur du 30/8/19

ENCORE UN CAS D’ESCLAVAGE SUR MINEURE EN MAURITANIE: De l’obstruction à la dissimulation.

L’initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie IRA – Mauritanie vient d’achever un travail d’investigation qui se conclut, le 1er septembre 2019, à Arafat, commune populaire de Nouakchott la capitale, par la dénonciation d’un crime d’esclavage et de trafic humain sur mineure. La victime, Ghaya mint Mohamed Salem, est âgée de 14 ans et native de Bassiknou, à l’extrême sud-est du pays. Elle était maintenue en état de servitude héritée, chez sa maitresse Lalla mint Ahmed Jidou Ould Cheikh, de la tribu des Oulad Daoud. Dès le lendemain 2 septembre, illustration d’une célérité inhabituelle, les autorités se saisissent de l’affaire. Alors, la machine rodée du faux se met en branle, suivant une articulation bien familière aux militants et activistes de l’égalité.

🔹️I. Une réaction prévisible

A l’annonce du scandale, les vieux réflexes de déni puis d’occultation se mettent à l’œuvre, sous le ressort séculaire de la solidarité au sein de la tribu, le fameux esprit de corps qui soude les contrevenants devant l’adversité du droit. La pression unanime vise, comme d’usage constant, à arracher la rétractation de l’enfant, grâce à l’insistance de ses parents esclaves. D’expérience, peu de personnes résistent au déploiement d’une dissuasion où se conjuguent chantage religieux à l’enfer, complicité des agents de l’Etat et promesses de cadeaux, au bénéfice de témoins souvent voués à la misère. De nombreuses situations du genre se diluent ainsi, à mi-parcours, entre le procès-verbal de police et l’audition chez le juge. Il arrive même que des auxiliaires de justice se chargent de dissuader le plaignant, dès le début de la comparution. En l’occurrence, il n’ya aucune exception.
Ainsi, le procureur du tribunal de Nouakchott-Sud Ethmane Ould Cheibani, s’empresse d’entendre Ghaya Mint Mohamed. Dans la vidéo de l’entretien avec El Hadj Ould El Id, coordinateur local de IraM, celle-ci reconnait recevoir un salaire mensuel de 10 mille anciennes ouguiya, soit 24, 5 euros. Concernant la question relative à son désir de rejoindre les siens, elle dit subir des maltraitances ; deux molestations en présence de membres de la famille n’y suscitèrent nulle interposition. D’après sa version, la correction physique répondait à son désir de quitter l’employeur.
La nuit venue, la commissaire responsable de la « brigade des mineurs en conflit avec la loi », Madame Aichetou Mint Soueid’Ahmed, confie l’adolescente à un officier de l’armée, membre de la tribu susnommée. Mohamed Lemine Ould Aboubecrine se charge d’approcher la jeune Ghaya pour user de son autorité manifeste, aux fins d’obtenir, d’elle, le retrait de la plainte et la disqualification des parties civiles. Tous les soirs, en dehors des heures de travail de la police, il s’entretenait à huis clos avec la victime. Là, il usait de ses facultés d’intimidation, lesquelles s’avèrent évidentes en pareille circonstance : détenteur d’une parcelle d’autorité martiale, parent de la dame esclavagiste, comme elle issue de l’ethnie titulaire de la préséance historique, il dispose des atouts pour convaincre ; d’autres sources suggèrent l’implication discrète du Ministre de la défense, le Général Hanena Ould Sidi, précédent commandant du G5 Sahel, lui aussi natif de Bassiknou et cousin de Lalla Mint Ahmed Jiddou.

🔹️II. L’enjeu

Compte tenu de la dévolution tribale du pouvoir en Mauritanie, un esclavagiste trouve toujours, à son secours, l’influence d’un haut fonctionnaire, d’un magistrat, d’un policier. En face, Ghaya, fille, mineure et née et grandie dans l’infériorité de la race, ne pèse presque rien, dès lors que la force légitime ne la protège. Or, en République islamique de Mauritanie, les normes légales se retournent contre les humbles, aussitôt leur promulgation acquise. Destinées à la consommation extérieure, elles ont, pour finalité, de rassurer les diplomates accrédités, les organisations internationales et les investisseurs. La qualification de l’esclavage en « crime contre l’humanité », depuis le 13 aout 2015, correspond au paroxysme de la parodie. Jusqu’ici, nul auteur présumé n’a été condamné selon les prescriptions du nouveau texte.

🔹️III. Leçons

Le gouvernement mauritanien devrait éradiquer tentatives, en cours, pour museler la plaignante ; en vertu de ses engagements extérieurs et des lois internes dont il prétend garantir la jouissance, il est tenu d’assurer la tenue d’un procès équitable, au titre de la compétence universelle. L’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité requiert le jugement par une Cour de portée mondiale. Nos tribunaux, hélas, ne satisfont aux critères d’impartialité et d’équité. Au-delà de leurs degrés élevés de corruption et d’incompétence, le monopole ethnique en reste, à la fois, l’huile et le rouage.
IRA – Mauritanie, association toujours interdite sur instruction du pouvoir, invite les nouvelles autorités, à réviser et assainir, en profondeur, le rapport de la justice à la citoyenneté. Pour réhabiliter et affermir la fondation de la paix dans un pays si vulnérable, la raison impose de se montrer vigilant et d’une forte exigence, sur le sentiment de confiance des gens, envers les tribunaux. La pénalisation de l’esclavage et du racisme offre l’opportunité d’une résolution que les mauritaniens justes ne manqueraient d’applaudir ni de conforter.

Lien de la vidéo : https://www.facebook.com/100014198280265/videos/666718537144750/?t=14

Nouakchott, le 03/09/2019
La commission de communication

©️Crédit source : réseaux IRA-MAURITANIE

Événement- Diaspora : Invitation a une rencontre de remerciements avec le Président Biram Dah Abeid à Paris.

La coordination Biram Dah Abeid 2019 en France, convie tous les ressortissants Mauritaniens (militants politiques et/ou associatifs et partenaires de la société civile) ainsi que les amis de la Mauritanie, à une rencontre publique de remerciements, en présence du Président Biram Dah Abeid, le Samedi 21 septembre 2019. La rencontre aura lieu à partir de 15h à L’Institut Curie situé au 12, rue Lhomond 75005 – Paris (Station RER B: Luxembourg – sortie 2 Gay-Lussac). Ce sera l’occasion pour le leader abolitionniste et candidat à la dernière élection présidentielle en Mauritanie, de remercier et de saluer la mobilisation militante et l’expression citoyenne de la Diaspora Mauritanienne en Europe lors du scrutin du 22 juin 2019.
En marge de l’événement, et au nom de son Président, Biram Dah Abed, la Coordination en France déclare être vivement préoccupée par la situation qui fait suite aux inondations ayant sinistré plusieurs régions de la Mauritanie et particulièrement celle du Guidimakha, compatit à la douleur des familles éplorées et appelle tous les Mauritaniens ainsi que toutes les bonnes volontés à soutenir les victimes de la catastrophe.

Puisse Allah leur venir en aide

🔹️Pour toute information, contactez : +33 7 51 30 42 88 / +33 6 49 49 95 93
ou +33 7 58 85 41 11

©️La coordination BDA France 2019

IRA – Mauritanie auprès des populations sinistrées du Guidimakha

NOTE D’INFORMATION

Du 29 au 30 août 2019 IRA – Mauritanie a dépêché de Nouakchott une mission au Guidimakha dans le but de s’enquérir de la situation des populations sinistrées, leur exprimer la solidarité de l’ensemble des membres de l’organisation mais également présenter ses condoléances les plus attristées – au nom de sa direction avec à sa tête le président Biram Dah Abeid – aux familles éplorées.
La délégation a été reçue à Sélibaby par le Coordinateur régional d’IRA – Mauritanie Mohamed Ould Jidehlou. Dirigée par le doyen Oumar Ould Yali et composée de Balla Touré, Mokhtar Ibrahima Cissé et Samba Diagana, elle a débuté sa mission par une visite au Wali du Guidimakha Mr Mohamed Ould Mohamed Lemine Ould Belamach auquel, après les salutations d’usage, elle a exprimé sa compassion à la douleur des populations sinistrées de la région. Le Wali, en réponse, a remercié les membres de la délégation pour la démarche entreprise et a tenu à les rassurer sur le fait que les autorités sont conscientes du niveau du sinistre et qu’elles s’emploient à créer des conditions optimales pour venir en aide aux populations.
La délégation a également rendu visite au Maire de la Commune de Sélibaby Mr Mohamed Vall Ould Mek’halla à travers lequel, le chef de la mission Mr Oumar Ould Yali a exprimé toute sa solidarité avec les populations de Sélibaby ; il a également remercié monsieur le maire pour la promptitude de son soutien aux sinistrés. Mr Ould Mek’halla, après avoir remercié les membres de la délégation pour la visite de solidarité, a dit espérer l’apport d’une aide rapide aux populations de sa commune.
Suite aux visites aux autorités régionales et communales, le tour était de rendre visite aux familles qui ont enregistré des pertes en vies humaines dans la ville de Sélibaby. Ainsi, les membres de la délégation accompagnés du coordinateur régional ont rendu visite aux Hel Méchinou qui ont perdu le jeune Sghair Ould Méchinou âgé de 20 ans puis la délégation s’est rendue à la famille du jeune Baba Ould Cheibany âgé de 18 ans, mort noyé. La famille du jeune El Hacen Ould Selkou, âgé de 21 ans, mort par noyade, a également reçu la visite des membres de la délégation. Lors des visites, la délégation a pu apporter un soutien moral et matériel aux familles éplorées.
Les visites dans les quartiers ont permis aux membres de la délégation de constater l’ampleur des dégâts. Des centaines de concessions ont été rasées par les eaux. Elles étaient occupées, dans la plupart des cas, par des familles pauvres. Le nombre important de cas de femmes seules élevant des enfants dit long sur le caractère très urgent et catastrophique de la situation.
La délégation s’est rendue au village de Samba Kandji à 25 kilomètres de Sélibaby, dans la commune de Gouraye où les eaux ont emporté quasiment tout dans deux quartiers du village. Plus un seul bâtiment debout. Ici, la délégation a été reçue par le Chef du village Mr Samba Keita, entouré de plusieurs notables, auxquels, elle a exprimé la solidarité d’IRA – Mauritanie avec les habitants du village. Mr Keita, prenant la parole, a dit ni lui, ni ses amis qui l’accompagnaient ne sont étonnés par ce geste de générosité et de solidarité de la part du groupe dirigé par le président Biram Dah Abeid connaissant l’engagement de son leader en faveur des faibles. Le Chef du village a promis d’informer l’ensemble des populations du village du soutien moral et matériel qu’IRA – Mauritanie leur a apporté. Suite à cela, Mr Keita a guidé le groupe dans la visite de ce que fût le quartier Sud du village qui a été totalement rasé par les flots. « Le pire, dira Mr Idrissa Konaté – un notable du village, est que tout ce que les habitants de ces maisons possédaient de matériel est enseveli sous les décombres ».
Le grand nombre des carcasses d’animaux morts jonchées derrière le village renseigne sur les pertes subies par le village dans le cheptel.
Au niveau de la réaction des autorités, au lendemain du sinistre, le village a reçu la visite du Maire de la Commune et du Chef de la Brigade de gendarmerie de Gouraye mais, pour le moment, il n’a reçu aucune visite de la part des autorités administratives et aucune aide n’est parvenue, selon un groupe de notables interrogés.
En effet, cette visite a renseigné, de façon détaillée, la direction d’IRA – Mauritanie sur l’ampleur des dégâts et des pertes provoqués dans la région du Guidimakha par les pluies diluviennes survenues durant la semaine écoulée. La délégation ministérielle dépêchée par le gouvernement devrait être également suffisamment informée sur la situation de détresse des populations. Il se trouve que les actions menées, jusque-là, par les autorités sont bien en deçà des énormes besoins des populations en termes d’habitats, de soins médicaux et de besoins alimentaires.
La tâche est énorme, IRA – Mauritanie appelle à la responsabilité des autorités, au soutien des partenaires de la Mauritanie mais aussi à la générosité de l’ensemble des mauritaniens.

Fait à Nouakchott, le 01 septembre 2019
La commission de communication

©️ Crédit source : IRA-MAURITANIE

L’éditorial: Guidimakha, la sinistrose

Le Guidimakha, à l’instar du reste du territoire national avait besoin d’eau. Le manque de pluies en cette période hivernale augurait pour cette région, la plus arrosée du pays, des lendemains inquiétants pour la vie et l’existence du bétail et des champs de culture.
C’était la sécheresse qui s’annonçait ; ce qui, partout ailleurs en Mauritanie, était source d’inquiétude des citoyens.
Alors le Guidimakha comme le reste du pays s’est mis à implorer Dieu pour la pluie. ALLAH a répondu par des averses sur le Guidimakha. La région a été réellement arrosée, pour ne pas dire noyée.

Avec des pluies de 36 voire 72 heures sans discontinuer dans certaines localités. L’atténuement de l’effet de la sécheresse sur cette terre a été finalement catastrophique à des degrés divers selon les localités.

On parle de 21 victimes humaines dans toute la région et les dégâts matériels sont énormes. De N’Diewo à Sansanghé, en passant par Selibaby, Bouly, Gorilakhé, l’ampleur du désarroi déconcerte toute âme sensible…

Le village de Sambakandji, situé au Sud de Selibaby, est en partie entièrement détruit. Des quartiers entiers de plusieurs villages ont été rasés par les eaux. Des champs de culture dévastés, des animaux emportés par les torrents. Plusieurs centaines des maisons (en banco) se sont affaissées et parfois ont fondu. L’eau s’est invitée partout dans les habitations. De mémoire même d’octogénaire, c’est du jamais vu. On dénombre par centaines les populations qui ont tout perdu, et aucune localité de cette région n’a été épargnée…

Le tronçon Kaédi – Gouraye a été coupé en plusieurs endroits et le pont au niveau du village d’Ehel Salem (Touriyimé – la tête de l’éléphant, c’est le nom du marigot) a cédé, coupant Selibaby des villages du Nord et le trafic vers Nouakchott.

Ce même tronçon via Gouraye, qui était déjà dans un piteux état, est également grandement affecté… pour ne pas dire tout simplement détruit dans certains endroits. Guidimakha souffre. Le désastre est sans précédent et sa gestion déplorable.

Guidimakha est sinistré. Un état défaillant avec une gouvernance de l’improvisation. La politisation du malheur des populations était aussi à l’ordre du jour.

Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévenir ?

« Gouverner, prévenir et anticiper »sont-ils des méthodes mauritaniennes? L’actuel tenant du pouvoir et son gouvernement diront sans doute en sourdine qu’ils ont héritée d’une situation chaotique…

Mais est-ce une excuse vis-à-vis d’une population qui a tardé à voir l’Etat à coté d’elle? Ici et là en Mauritanie, on se confond avec le mode épicier, la gestion du jour au jour de nos autorités ces dernières décennies.

Ainsi le Guidimakha s’est noyé et est resté sans secours conséquent, se débattant avec les moyens rudimentaires … des moyens du bord en attendant que les autorités comprennent que gouverner c’est anticiper et jouer sa partition.
Une autorité dépourvue d’un plan de contingence s’est elle-même conviée dans la défaite. Les autorités locales sont restées pantoises et inefficaces.

Le président du Conseil régional (Mr Coulibaly) s’est plu et complu, dans un français hésitant, à rassurer les populations. Quelle légèreté ! Quel déphasage ! Ce responsable qui devrait être sur le terrain dès les premières heures de la catastrophe, est tombé dans la position politico-partisane. Il s’est contenté d’énumérer les intentions d’un gouvernement qui a été défaillant à tout point de vue. Et il s’est adressé aux populations ou à ses collègues via Whatsapp, et on se demande vraiment si les populations de Sambakandji (commune de Gouraye) l’ont écouté et si celles de Mborgo (commune de Dafort) ont seulement « le réseau ».

Mr Coulibaby ne semble pas comprendre ce qui doit être son rôle et surtout langage qu’il doit utiliser en pareille situation de crise. Lui qui est la première victime car président d’une population noyée qui l’a élu. Lui, le principal espoir et interlocuteur de ces populations auprès des autorités. Lui, l’élu a failli. Un élu très différent de l’élu de Tintane.

Il n’a pas trouvé mieux que de dire qu’il a eu le Ministre de l’Intérieur au téléphone et ainsi de suite… Aux questions que notre journal lui a posées, 24 heures après son intervention, il n’avait pour réponse qu’il n’a « aucune idée de la situation ». Pauvre Guidimakha abandonné par ses politiques.

L’autre insulte vient de Ba Ousmane. Lors d’une réunion des cadres de la région pour s’organiser afin de venir en aide aux populations, lui, l’ancien ministre de l’éducation, se félicitait de la rapidité de la réaction du gouvernement pour secourir les sinistrés.

Quelle pitié ! Ce monsieur se moque de qui ? Voici le langage qui a fait perdre Ghazouani au Guidimakha les présidentielles du 22 Juin passé? Dire le contraire de ce que tout le monde sait. Même ses collègues qui participaient à la réunion semblaient être surpris par ces propos.

Heureusement que les actions de la diaspora combinées à la réaction tardive du gouvernement peuvent constituer un début de soulagement des ces populations aujourd’hui dans le dénuement total.

Encore une fois, la fâcheuse habitude des politiques de ce terroir s’est montrée au grand jour ; des politiciens qui ne sont forts que dans l’entreprise de destruction des uns des autres, les divisions, les scissions politique des supposés adversaires.

Pour ces politiciens, la mission qui consiste à atténuer les souffrances des populations historiquement délaissées n’est pas une priorité. Pauvre population que ces politiciens, toutes obédiences confondues, ont fini de transformer en poudrière sociale.

Qu’Allah vienne en aide aux populations du Guidimagha.

Camara Seydi Moussa

©️Lien de l’article : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1058

Le cas de Youssouph Kamara : le communiqué de CR (Conscience et Résistance)

Le matin du 27 août 2019, à Nouakchott, des ressortissants du Guidimagha se rassemblent devant la Présidence de la République pour exhorter les autorités à un sursaut de mobilisation, au titre de la solidarité avec les victimes des inondations.

Les forces de l’ordre leur intiment de reculer de quelques centaines de mètres, en direction de la Poste, devant l’hôtel Azalaï. Les marcheurs s’exécutent et déploient des banderoles. De nouveau, les policiers interviennent afin de contraindre le groupe de manifestants à libérer le trottoir, en raison d’une gêne à la circulation automobile. Ce faisant, un agent bouscule l’une des dames, d’un certain âge. Le fils de celle-ci, Youssouph Kamara, s’interpose et repousse le responsable du geste. Ce dernier tombe, comme en témoigne l’image animée. Aussitôt, l’escouade se jette sur Youssouph, le roue de coups de bottes et de matraques, avant de l’embarquer à l’arrière d’un véhicule de service, dans l’espace ouvert sur les modèles pick-up. Durant le trajet vers le commissariat du 4ème arrondissement où il sera retenu, les assaillants l’agonisent d’injures à caractère raciste, qu’ils agrémentent de menaces de représailles.

Privé de recevoir la visite des avocats et de la famille, Youssouph Kamara refuse de répondre à l’interrogatoire et passe la nuit aux mains de la maréchaussée. Le lendemain, en présence de ses défenseurs enfin admis à l’entendre, il se présente devant le procureur de la république de Nouakchott Ouest, aux fins de l’audience préliminaire. Le magistrat reçoit, aussi mais sans confrontation, le policier auteur de la plainte pour molestation et outrage à un agent de la force publique dans l’exercice de sa fonction. Ce dernier réclame réparation des coups et blessures que lui aurait valu l’intervention de Youssouph Kamara, lequel récuse l’accusation et argue l’assistance à une personne en danger.

Au terme de l’audition, le Parquet ordonne la prolongation de la garde-à-vue, cette fois dans le commissariat du Ksar. Il convient de relever, ici, l’usage récurrent de la torture, dans les centres de détention préventive de la République Islamique de Mauritanie. Les Noirs, nationaux ou ressortissants de l’Afrique subsaharienne, y risquent le racket, les sévices physiques et l’humiliation. Quelques uns en décèdent et la médecine légale conclue, presque toujours, à une mort naturelle.

Youssouph Kamara, membre du mouvement anti raciste, social-démocrate et laïc Conscience et Résistance (CR) s’expose, en l’occurrence, à une violation de l’intégrité du corps ; l’atteinte à son équilibre mental ne manque, non plus, de crédibilité.

Conscience et Résistance ne réclame, à son profit, aucun traitement de faveur, juste une procédure équitable dont résulterait, sans délai, le bénéfice de la liberté sous caution. Dans la perspective d’un procès, son maintien en détention préventive s’avère sans objet, les hypothèses de la fuite et de la destruction de preuve étant nulles. Youssouph Kamara travaille à Nouakchott et y vit, avec épouse et enfants.

Conscience et Résistance rappelle, au gouvernement que vient de produire une alternance laborieuse, combien les mauritaniens attendent et espèrent l’adoption de mesures de coercition fermes contre les agents de l’Etat, auteurs d’insultes et de voies de fait sur les civils ; le motif de discrimination, liée à la naissance, la croyance ou la nationalité en constitue une circonstance aggravante. La monomanie de l’amnistie au détriment du droit encourage la récidive. De cette impunité découle la frustration, puis la colère et un jour, la révolte.

Conscience et Résistance
Nouakchott, le 28 août 2019

©️Paru via un post Page Facebook du journaliste Hacen Lebatt

En exclusivité – Dafort : quelques photos des dégâts causés par les fortes pluies.

Les fortes précipitations qui ont frappé lourdement la région du Guidimagha mauritanien (Sud du pays) durant 2 jours (du dimanche 25/8/19 au lundi 26/8/19 en matinée), laissent des traces dans certains villages. Ainsi à Dafort, le chef-lieu de la commune du même nom, plusieurs bâtiments en banco et en mixtures (ciment et banco) se sont affaissés en partie brutalement. Dans ce billet, vous verrez en exclusivité quelques clichés de dégâts causés par ces pluies diluviennes dont l’abondance n’a jamais été relevée dans le passé selon des témoignages de doyens octogénaires sur place. Selon les dires de notre contact sur place, d’innombrables murs ont été détruits dans l’ensemble du village. Il est à préciser que 4 maisons recensées aujourd’hui ont eu des bâtiments mis à terre. Pour une approche prudente, nous préférons ne pas citer les noms de familles impactées par cette catastrophe naturelle qui a touché pratiquement toutes les localités du Guidimagha. Par certaines sources, il y aurait des décès à déplorer dans certaines zones. Nos condoléances à leurs familles. Ces dernières heures, une communication publique via whatsapp venant Mr Coulibaly Issa, président du conseil régional, assure que les pouvoirs publics seraient mobilisés pour secourir les sinistrés.

Aujourd’hui via les réseaux sociaux en milieux originaires du Guidimagha, un appel à l’organisation urgente d’une manifestation devant la Présidence à Nouakchott est lancé . Nous témoignons de l’audio d’appel reçu dont l’initiative est de Mr Camara Dramane dit sadio singallé.

À rappeler aujourd’hui , sur le terrain, la mobilisation des secours n’est signalée nulle part à notre connaissance. Et jusqu’à QUAND ?

À la lecture de cette subite et forte pluviométrie, alors qu’il y a à peine 2 semaines , tout le monde s’inquiétait d’un hivernage blanc et sec, il est lieu d’oser aborder la question de bouleversements climatiques qui hantent ailleurs. Ainsi sortir d’un certain fatalisme en subissant certains aléas naturels sans une initiative sérieuse d’anticipation et d’adaptation.

©️Crédit Photos, by D . CAMARA à Dafort.

K.S pour le BLOG

✅Des averses diluviennes au Guidimagha : Notre solidarité avec les habitants sinistrés.

Dans la nuit du dimanche 25 août 2019 jusqu’au lendemain lundi 26, des fortes pluies sont tombées dans la région Sud mauritanien, le Guidimagha. Ces précipitations abondantes ont causé un certain nombre de dégâts à cause de remontées des eaux dans les maisons dans plusieurs localités. D’après diverses sources il y aurait eu des décès à déplorer dans ces temps très difficiles pour nos populations. Nos condoléances attristées aux familles.

Ainsi nous, GANBANAAXU FEDDE, exprimons notre solidarité à l’endroit des sinistrés partout sur le territoire national et en particulier au Guidimagha où plusieurs témoignages de terrain révèlent d’innombrables perturbations dans la vie courante ces dernières 72 heures.
Nous espérons que les autorités compétentes prendront toutes les mesures nécessaires afin de porter assistance aux populations impactées durement partout. Nous prenons acte de la communication diffusée via le réseau whatsapp du président du conseil régional, assurant que tout est mobilisé par les pouvoirs publics pour secourir les sinistrés.

27 août 2019

©️Pour la communication GANBANAAXU FEDDE Aile – Mauritanie.

SOS Guidimakha : IRA – Mauritanie solidaire des populations sinistrées de Guidimakha

IRA – Mauritanie est consternée par l’ampleur de la secousse naturelle qui a frappé la ville de Sélibaby.
En effet, des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région du Guidimagha ce lundi 26 août 2019 ont provoqué de nombreuses pertes en vie humaine, mais aussi des disparus et des dégâts matériaux très importants qui vont de l’effondrement de maisons à l’inondation de quartiers causant la fermeture de commerces. Cette situation catastrophique pourrait conduire à la précarité des populations au plan alimentaire et à la propagation de maladies hydriques si des mesures urgentes et adéquates ne sont pas prises par les autorités compétentes.
Face à cette situation de désolation IRA – Mauritanie :
Lance un appel pressant au gouvernement pour venir au secours d’une population en détresse et n’ayant aucun moyen de s’en sortir.
Souhaite une mobilisation sans précédent des partis politiques, de la société civile, des hommes d’affaires, de la diaspora afin de créer un fonds pour soutenir les populations du Guidimagha.
Et, présente ses condoléances aux familles des victimes et prie Allah de retrouver les disparus sains et saufs.

Nouakchott 26/08/2019
La commission de communication

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE

Une grave crise alimentaire menace le monde rural, face à un ciel aride et des terres desséchées

L’authentique – Le mois d’août 2019 tire à sa fin, et la Mauritanie enchaîne sa énième année de sécheresse. Les paysans n’auront plus le temps de cultiver la terre, alors que les rares animaux encore en transhumance occupent le versant des collines, arrachant les dernières feuilles d’arbres en l’absence de pâturage.

C’est tout le grenier naturel de la Mauritanie, de NDiago à Ghabou et de la Batha d’Aleg aux confins de Fassala Néré qui souffre de cette sécheresse qui risque d’être encore plus impitoyable que les années passées.

Aux alentours des villages et hameaux jadis généreusement arrosé, ce n’est que désolation. Un ciel obstinément silencieux et aride et des hectares de terre lamentablement desséchés. La plupart du bétail partie au Mali au début de la soudure, il y a de cela près de six mois, n’est pas encore revenue.

Pendant les années d’hivernage, les troupeaux redescendaient de leur zone de transhumance au Mali et au Sénégal, dès les premières gouttes, vers le mois de juillet. Certes, il y a eu des averses dans certaines régions du pays. De fortes averses, deux ou trois pluies qui ont fait couler les oueds et donner de l’espoir.

Mais depuis la mi-août, le ciel s’est refermé sur ses trésors et la terre aride où commençaient à germer de fragiles tapis vert, a repris sa couleur ocre. Le désespoir s’installe peu à peu dans le monde rural.

« Même s’il pleut maintenant, nous ne pourrons plus cultiver, car le temps qui reste ne pourra pas faire mûrir le sorgho, le mil ou le maïs. Les animaux sont d’ailleurs toujours en amont et leur retour ne fera que détruire nos cultures, si culture il y aura », explique Mahmoud, vieux paysan dont les champs s’étalent près de la mare Echeyeb, à 12 kilomètres de Kankossa en Assaba.

Non loin du village Ekamach, quelques hameaux peulhs. Hommes et femmes se tournent les pouces, en pleine oisiveté. « Les troupeaux de vaches sont toujours au Mali et ils risquent d’y passer encore des mois, car ici, la faim les décimera. C’est pourquoi, nous nous apprêtons à les rejoindre » avance Mawdo Bâ, la quarantaine.

Du Guidimagha, jadis région la plus arrosée du pays et lieu de transhumance du bétail mauritanien, les échos qui parviennent poussent au désespoir. « En cette période de l’année en général, les herbes masquent déjà les villages et les champs font germer leurs premiers bourgeons.

Mas cette année est vraiment dramatique. Nous n’avons jamais vécu pareille situation. Pas le moindre semi jusqu’à présent. Là-bas, la situation est catastrophique, d’autant plus que les animaux se sont attaqués aux arbres.

D’ici peu, et il n’y aura plus aucune forêt au Guidimagha  » raconte SIlèye Camara, un jeune transporteur soninké qui fait la navette entre Sélibaby et Kankossa.

Contacté au téléphone, Sidi Traoré, cadre à l’ONG ADIG (Association pour le développement intégré du Guidimagha) s’étonne de l’inertie des pouvoirs publics qui n’ont encore pris aucune mesure pour juguler la situation.

« C’est vrai que l’arrivée d’un nouveau pouvoir, d’un nouveau gouvernement qui vient juste de prendre fonction, pourrait constituer une excuse, mais la catastrophe est là, des régions entières de la Mauritanie sont menacés de disettes, des hommes, des femmes, des enfants, des troupeaux sont menacés dans leur existence et cela, doit constituer la priorité.

Un appel à l’aide d’urgence internationale s’impose et l’Etat mauritanien doit tirer la sonnette d’alarme » a-t-il confié.

Selon lui, le pire, c’est que la même situation prévaut sur toute la bande sahélo-saharienne, au Mali comme au Sénégal entre autres.

« N’empêche, selon Sidi Traoré, la volonté politique devra se traduire dans les faits à travers un engagement durable et inclusif. Le Gouvernement doit s’atteler à lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition, conformément aux recommandations de la revue Faim Zéro qui est le résultat d’un long processus de concertation entre le Gouvernement, la Société Civile et les partenaires au développement ».

Cheikh Aïdara

Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)