● Mauritanie : En attendant la présidentielle… [Afrimag]

Afrimag – Après avoir organisé, en juin 2022, des élections municipales, législatives et régionales, qui ont consacré la mainmise d’El Insav (parti au pouvoir) sur la quasi-totalité des 216 conseils municipaux, la totalité des régions (13) et plus des deux tiers des députés de l’Assemblée nationale (176), la Mauritanie se prépare à appeler les électeurs aux urnes, en juin 2024, pour élire un président de la République.

Candidat déclaré à sa propre succession, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani est donné vainqueur face à des candidats de l’opposition qui n’ont pas vraiment les moyens de leurs ambitions politiques.

Les amabilités entre la majorité et l’opposition ont déjà commencé à l’Assemblée nationale sur fond de la présentation par le Premier ministre, Mohamed Bilal Messoud, du bilan de son gouvernement. Une compilation de chiffres qui constitue, chaque année, un exercice très attendu qui, malgré une nomenclature qui ne change pas, se veut une progression dans la mise en œuvre du programme «Taahoudati» (Mes engagements) du président Ghazouani arrivé à terme de son quinquennat.

Alors que le Premier ministre évoque, au niveau de chaque secteur clé (éducation, santé, eau et électricité, protection sociale, défense et sécurité, lutte contre la corruption) «d’importantes réalisations», depuis son dernier «bilan», en janvier 2023, les députés de l’opposition les plus virulents (Biram Dah Abeid, Me El Id Ould Mohameden et Mohamed Lemine Ould Sidi Maouloud) parlent d’un bilan «décevant.»

Malgré les conditions favorables, avec une opposition en décrépitude, le pouvoir ne laisse jamais rien au hasard. Au niveau du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, le plus fidèle des soutiens de Ghazouani, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, passé de Directeur de Cabinet à un ministère qui gère le quotidien des Mauritaniens, est déjà à l’œuvre.

Comme à la veille des précédentes élections, il bat le rappelle des formations politiques, reconnues ou non, à la recherche d’un semblant de consensus pour réexaminer- et valider- la loi sur les partis ! Ce qui n’a pas empêché le député Biram Dah Abeid, candidat déclaré à la présidentielle de 2024, après deux tentatives infructueuses en 2014 et 2019, de dénoncer une manipulation cherchant à maintenir le refus de reconnaissance de son parti RAG et des FPC (Forces progressistes du changement), ancien Flam.

Ould Mohamed Lemine qui vient d’opérer un vaste mouvement dans l’administration territoriale se présente toujours comme le « Gardien du temple ». Malgré sa sortie du Palais où il a cédé le poste stratégique de Dircab à Moctar Ould Diay, ancien ministre des Finances de Mohamed Ould Abdel Aziz, il détient toutes les cartes du jeu électoral par l’entremise d’une majorité qui fait de la réélection de Ghazouani le seul objectif qui vaille.

L’opposition en rangs (très) dispersés

L’opposition mauritanienne ne parvient toujours pas à tirer profit des erreurs du pouvoir. Celui-ci peine à faire face aux questions qui fâchent. Comme les conditions de vie très difficiles n’épargnant que ceux qui ont d’autres ressources « douteuses » leur permettant de narguer les populations pauvres avec un train de vie dispendieux. Ou encore ces nominations qui reproduisent des schémas clientélistes à l’approche de chaque élection.

L’opposition ne comprend surtout pas que ses candidats n’ont aucune chance face à la machine électorale bien huilée de la majorité, si elle s’obstine à aller aux élections en rangs dispersés. C’est le cas de tous les scrutins depuis 2005 à nos jours. Alors que, face à Taya, en 1992, Ahmed Ould Daddah avait réalisé un score honorable (32,75%), malgré le bourrage des urnes, l’opposition n’est jamais parvenue, depuis à dépasser la barre des 20%.

Si Biram Dah Abeid tient toujours le langage d’une opposition qui campe toujours sur ses positions jusqu’au-boutiste, vilipendant un pouvoir qu’il accuse de tous les maux, ce n’est plus le cas des autres «oppositions» gagnées par l’usure du temps (le RFD d’Ahmed Ould Daddah, l’APP de Messaoud Ould Boulkheir et l’UFP de Mohamed Ould Maouloud, tous trois d’anciens opposants de Maaouya Ould Taya, entre 1984 et 2005) ou encore des islamistes de Tawassoul dont beaucoup de leaders et « argentiers » ont fini par rejoindre le pouvoir avec armes et bagages.

Cette situation morose explique le désintérêt de beaucoup de Mauritaniens pour une élection présidentielle au résultat connus d’avance. Ghazouani, comme Aziz, est assuré de rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans et, déjà, certains voient en l’actuel ministre de la Défense, un autre général à la retraite, le candidat du pouvoir en 2029 !

Par Mohamed Sneïba, Correspondant Permanent – Nouakchott

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● La junte malienne annonce la « fin avec effet immédiat » de l’accord d’Alger [VOA Afrique]

Communiqué officiel du gouvernement malien

La junte au pouvoir au Mali a annoncé jeudi soir la « fin, avec effet immédiat », de l’important accord d’Alger signé en 2015 avec les groupes indépendantistes du nord du pays, longtemps considéré comme essentiel pour stabiliser le pays.

La junte a invoqué « le changement de posture de certains groupes signataires », mais aussi « les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’accord de la part des autorités algériennes dont le pays est le chef de file de la médiation », indique un communiqué lu à la télévision d’Etat par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement installé par les militaires.

L’accord était déjà considéré comme moribond depuis la reprise en 2O23 des hostilités contre l’Etat central et l’armée malienne par les groupes indépendantistes à dominante touareg du Nord, dans le sillage du retrait de la mission des Nations unies (Minusma), poussée vers la sortie par la junte après dix années de présence.

L’accord avait reçu un rude coup supplémentaire en début d’année quand le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, avait annoncé lors de ses voeux de Nouvel An la mise en place d’un « dialogue direct inter-malien » pour « privilégier l’appropriation nationale du processus de paix ». Le gouvernement « constate l’inapplicabilité absolue de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, signé en 2015, et, par conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat », dit le communiqué.

L’officialisation de la fin de l’accord d’Alger s’inscrit dans le prolongement d’une série de ruptures auxquelles ont procédé les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en 2020. Ils ont rompu l’alliance ancienne avec la France et ses partenaires européens pour se tourner vers la Russie et ont fait partir la Minusma.

Elle intervient dans un climat de profonde dégradation des relations entre le Mali et le grand voisin algérien, avec lequel le Mali partage des centaines de kilomètres de frontière. Le colonel Maïga a lu jeudi soir un autre communiqué vigoureux, spécifiquement contre l’Algérie.

Le gouvernement « constate avec une vive préoccupation une multiplication d’actes inamicaux, de cas d’hostilité et d’ingérence dans les affaires intérieures du Mali par les autorités » algériennes, dit-il. Il dénonce « une perception erronée des autorités algériennes qui considèrent le Mali comme leur arrière-cour ou un Etat paillasson, sur fond de mépris et de condescendance ».

Parmi différents griefs, la junte reproche à l’Algérie d’héberger des bureaux de représentation de certains groupes signataires de l’Accord de 2015 et devenus « des acteurs terroristes ». Le régime malien « exige des autorités algériennes de cesser immédiatement leur hostilité ». Le Mali est plongé dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et salafiste parties du nord en 2012.

Les groupes à dominante touareg ont alors repris les armes pour l’indépendance ou l’autonomie. L’insurrection a ouvert la voie à des groupes armés liés à Al-Qaïda qui ont conquis l’essentiel du nord, déclenchant une intervention militaire de la France et plongeant le Sahel dans la guerre.

Après un cessez-le-feu en 2014, les groupes armés à dominante touareg ont signé en 2015 avec le gouvernement et des groupes loyalistes qui combattaient à ses côtés l’accord de paix dit d’Alger, qui prévoyait plus d’autonomie locale et l’intégration des combattants dans une armée dite « reconstituée », sous l’autorité de l’Etat. Les jihadistes continuent, quant à eux, de combattre l’Etat sous la bannière d’Al-Qaïda ou de l’organisation Etat islamique.

La violence qui a fait des milliers de morts combattants et civils et fait des millions de déplacés s’est propagée au centre du Mali et au Burkina Faso et au Niger voisins, à leur tour théâtres de coups d’Etat militaires en 2022 et 2023.

● Lien média https://www.voaafrique.com/a/mali-la-junte-annonce-la-fin-avec-effet-imm%C3%A9diat-de-l-accord-d-alger/7457507.html?fbclid=IwAR3D1mlsE4xYJKxaR1tp_XeCC0dnENCTncREdqqjbvuBwueFvNMklWzM1qg

● Au Sénégal, l’élection présidentielle se fera sans Karim Wade ni Ousmane Sonko [Le Monde Afrique]

Le Monde Afrique – Les candidatures des deux opposants ont été écartées par le Conseil constitutionnel. Une liste de vingt noms a été validée samedi 20 janvier par l’instance.

Dernier rebondissement avant le lancement de la campagne électorale au Sénégal : Karim Wade, fils et ministre de l’ancien président Abdoulaye Wade et premier adjoint du secrétaire général du parti démocratique sénégalais (PDS), a été définitivement écarté de la course présidentielle du 25 février prochain.

L’homme politique de 55 ans ne figure pas sur la liste définitive des vingt candidats validés par le Conseil constitutionnel, publiée samedi 20 janvier un peu après 22 heures après une longue journée d’attente. En cause : sa double nationalité qui fait débat depuis plusieurs jours dans le pays.

Selon la Constitution, « tout candidat à la présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise ». Karim Wade, né en France d’un père sénégalais et d’une mère française, assurait depuis des semaines qu’il avait renoncé à sa nationalité française, déclaration sur l’honneur à l’appui. Pourtant, il a fallu attendre le 16 janvier et le recours déposé par le député Thierno Alassane Sall pour qu’un décret en attestant soit publié par le ministère français de l’intérieur.

« Il reste que sa candidature a été déclarée recevable sur la foi d’une déclaration sur l’honneur inexacte, dès lors qu’au moment de cette déclaration datée du 21 décembre 2023, le candidat n’avait pas exclusivement la nationalité sénégalaise » et « les effets du décret consacrant la perte d’allégeance de Karim Meïssa Wade à l’égard de la France ne sont pas rétroactifs », a justifié le Conseil constitutionnel. L’opposant est donc mis hors-jeu pour le prochain scrutin présidentiel.

« Une atteinte flagrante à la démocratie »

Dans un message communiqué dans la nuit, Karim Wade estime que « la récente décision du Conseil Constitutionnel est scandaleuse » et une « une atteinte flagrante à la démocratie ». Il réitère qu’il a « depuis longtemps renoncé à sa nationalité française » et annonce avoir décidé de saisir la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) « pour défendre son droit à la candidature à l’élection présidentielle de février 2024 ».

Un choc et une grande déception pour le camp de Karim Wade, dont la candidature avait déjà été invalidée en 2019 à cause de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Exilé au Qatar depuis huit ans, le leader du PDS devait rentrer prochainement au Sénégal. Un projet désormais incertain. Pour le moment, aucun plan B n’a été évoqué par son parti qui est resté muet samedi soir. « Je reste fidèle et solidaire à vous et à vos orientations », a réagi sur ses réseaux sociaux la députée Mame Diarra Fam.

L’autre grand absent de cette liste de prétendants est Ousmane Sonko, leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), parti dissous en juillet dernier, alors qu’il était parmi les grands favoris de ce scrutin. L’homme politique panafricaniste et souverainiste de 49 ans « se trouve définitivement condamné à une peine d’emprisonnement de 6 mois avec sursis » et « cette condamnation le rend inéligible pour une durée de 5 ans » a tranché le Conseil constitutionnel, en référence à l’affaire qui a opposé Ousmane Sonko au ministre du tourisme Mame Mbaye Niang et pour laquelle il a été reconnu coupable de diffamation.

« Le régime de Macky Sall a utilisé tout son arsenal pour empêcher la candidature d’Ousmane Sonko. Mais ce qui nous importe ce n’est pas sa figure mais le projet. Nous sommes persuadés que le candidat qu’il désignera va gagner », a réagi El Malick Ndiaye, secrétaire national à la communication de l’ex-Pastef.

« Bassirou c’est Sonko »

Trois de ses alliés ont, en effet, vu leurs candidatures validées, dont Bassirou Diomaye Faye, le numéro deux du parti qui est actuellement en prison à cause d’une affaire judiciaire pour laquelle il n’a pas encore été jugé. Habib Sy, ancien président de la conférence des leaders de la coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi a lui été parrainé par des députés de l’ex-Pastef.

Si aucun communiqué officiel n’est encore sorti donnant une consigne de vote, les réseaux sociaux d’Ousmane Sonko et de ses proches affichent partout une photo de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko dos à dos, avec inscrit en wolof « Bassirou mooy Sonko », soit « Bassirou c’est Sonko ». « Ils ont des parcours identiques, que ce soit aux impôts et domaine, au niveau du syndicat ou du parti », vante M. Ndiaye, qui indique que le bureau politique du parti communiquera rapidement à ce sujet.

De l’autre côté du spectre politique, plusieurs candidats issus du camp au pouvoir font face à Amadou Ba, l’actuel premier ministre qui a été désigné comme le candidat de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakar par le président sortant Macky Sall, qui lui a décidé de ne pas se présenter à un troisième mandat.

Sur la liste qui compte deux femmes figurent aussi Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, Idrissa Seck ancien premier ministre qui était arrivé deuxième lors de l’élection présidentielle de 2019, et l’ancien ministre Thierno Alassane Sall. Alors que plus de 90 prétendants avaient déposé leur dossier au Conseil constitutionnel, beaucoup de candidats déçus se plaignent de la procédure des parrainages comme l’ancienne première ministre Aminata Touré ou l’homme d’affaires Bougane Gueye Dany.

C’est néanmoins la première fois au Sénégal qu’il y a autant de candidats sur la ligne de départ, le record datant de 2007 avec 15 prétendants – ils n’étaient que cinq en 2019. Une élection plus ouverte que jamais où les voix pourraient se disperser et mener à un second tour.

Théa Ollivier ( Dakar, correspondance)

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Les candidatures retenues

● Présidentielle au Sénégal : Karim Wade a renoncé à sa nationalité française [RFI Afrique]

RFI Afrique – La publication tardive, ce mardi 16 janvier, de ce décret au Journal officiel de la République française interroge les détracteurs du candidat au Sénégal.

« Sont libérés de leur allégeance à l’égard de la France les Français dont les noms suivent : (…) WADE (Karim, Meïssa), né le 01/09/1968 à Paris 15e (75015) », est-il écrit dans le journal officiel français en date du mercredi 17 janvier.

Autrement dit, Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a renoncé à sa nationalité française, qui empêchait sa candidature à la présidentielle sénégalaise du 25 février.

Sa double nationalité faisait débat à trois jours de la validation finale des candidatures. En effet, tout candidat à la présidence « doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus le jour du scrutin », dit la Constitution. Il doit aussi savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle, le français. C’est en ce sens que le député Thierno Alassane Sall avait déposé, mardi 16 janvier, un recours devant le Conseil constitutionnel demandant d’invalider la candidature de Karim Wade, rappelle notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois.

Attestation sur l’honneur

L’intéressé a estimé dans un message sur son compte X que la querelle sur sa double nationalité « se termine enfin ». « Le décret du ministre de l’Intérieur français actant ma renonciation à la nationalité française est une preuve supplémentaire de ma constance », a-t-il dit. Mais pour le porte-parole de Thierno Alassane Sall, le décret publié dans le Journal officiel ne change rien au recours, car Karim Wade aurait menti en déposant son dossier de candidature le 23 décembre. Parmi les pièces demandées, il y avait une déclaration sur l’honneur dans laquelle il affirmait n’avoir que la nationalité sénégalaise.

Alors, était-il encore français à cette date ? Non, répond son mandataire Maguette Sy : « Je confirme qu’au moment où on a déposé le dossier, il n’avait plus sa nationalité. » Maguette Sy ne veut cependant pas s’avancer sur les pièces complémentaires transmises au Conseil constitutionnel mardi, par respect pour les juges et leur travail encore en cours.

Les recours des recalés

À deux jours de la publication de la liste définitive des participants à l’élection présidentielle, le Conseil constitutionnel examine cette semaine les recours déposés par des candidats pré-validés contre d’autres de ces candidats. Il a notifié ce mercredi les candidats concernés.

Hormis la déposition visant Karim Wade, une autre offensive a ainsi été lancée par le Premier ministre Amadou Ba, candidat de la mouvance présidentielle. Il conteste la candidature de deux candidats proches de l’opposant Ousmane Sonko : Bassirou Diomaye Faye et Cheikh Tidiane Dieye dont les dossiers avaient été pré-approuvées par le Conseil constitutionnel. Parmi les motifs invoqués, l’appartenance à une entité politique dissoute, en l’occurrence le Pastef, « la production de fausses pièces » devant le Conseil constitutionnel ou encore « la coalition irrégulièrement constituée ».

Les décisions finales seront arbitrées par le Conseil qui a encore trois jours pour statuer sur ces différents recours, mais aussi sur ceux des candidats recalés. C’est le cas d’Ousmane Sonko dont la candidature avait été invalidée au motif qu’il n’avait pas produit la preuve de dépôt de sa caution, ou encore de l’ancienne Première ministre Aminata Touré.

(Et avec AFP)

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● Mauritanie : la durée de validité de la carte de séjour pour les étrangers a été fixée à cinq ans au lieu d’un an

EN BREF | Cridem – Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a déclaré, ce mercredi 17 janvier, que la durée de validité de la carte de séjour pour les étrangers a été fixée à cinq ans au lieu d’un an.

Le ministre a expliqué que cette décision a été prise pour tenir en compte de ce qui est en vigueur dans la plupart des pays qui entretiennent des relations avec la Mauritanie dans ce domaine, où la durée de la carte varie d’un an à dix ans.

Ould Mohamed Lemine a fait cette annonce, lors du point de presse du gouvernement.

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● Mauritanie | Début de l’enseignement des langues nationales dans les écoles de formation des instituteurs [ami.mr]

L’opération d’introduction de l’enseignement des langues nationales dans le programme de formation des écoles normales des instituteurs (ENI) a débuté, mardi, dans les cinq établissements nationaux de formation des enseignants.

Pour parvenir à cet objectif, le ministère a adopté une approche qui consiste à enseigner le pularr dans les wilayas des deux Hodhs, de l’Assaba, du Gorgol, du Brakna et du Taguant, en tant que la langue nationale la plus couramment utilisée, tandis que le Soninké sera enseigné au Guidimakha et le Wolf dans la wilaya du Trarza.

Au niveau de e Nouakchott, le ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Moktar Ould Dahi, a visité les classes d’enseignement de ces langues à l’ENI de Nouakchott, et exhorté les futurs instituteurs à accorder une attention particulière à ces langues en tant que matières essentielles et non secondaires.

« Ces langues permettront la coexistence fraternelle et la communication entre les composantes d’un même peuple et la consolidation de la cohésion nationale », souligne le ministre.

Il a, également, appelé les formateurs à redoubler d’efforts pour rehausser le niveau des élèves-enseignants, qui deviendront enseignants de l’enseignement fondamental, en adoptant une méthodologie éducative qui s’appuie à la fois sur la quantité et la qualité du rendement éducatif.

Au terme de sa visite, le ministre a déclaré à l’AMI qu’il est venu s’enquérir des conditions du déroulement du premier jour de l’enseignement des langues nationales.

Début de l’enseignement des langues nationales dans les écoles de formation des instituteurs
Nouakchott
On 1:12 PM | 9 Jan 2024

L’opération d’introduction de l’enseignement des langues nationales dans le programme de formation des écoles normales des instituteurs (ENI) a débuté, mardi, dans les cinq établissements nationaux de formation des enseignants.

Pour parvenir à cet objectif, le ministère a adopté une approche qui consiste à enseigner le pularr dans les wilayas des deux Hodhs, de l’Assaba, du Gorgol, du Brakna et du Taguant, en tant que la langue nationale la plus couramment utilisée, tandis que le Soninké sera enseigné au Guidimakha et le Wolf dans la wilaya du Trarza.

Au niveau de e Nouakchott, le ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Moktar Ould Dahi, a visité les classes d’enseignement de ces langues à l’ENI de Nouakchott, et exhorté les futurs instituteurs à accorder une attention particulière à ces langues en tant que matières essentielles et non secondaires.

« Ces langues permettront la coexistence fraternelle et la communication entre les composantes d’un même peuple et la consolidation de la cohésion nationale », souligne le ministre.

Il a, également, appelé les formateurs à redoubler d’efforts pour rehausser le niveau des élèves-enseignants, qui deviendront enseignants de l’enseignement fondamental, en adoptant une méthodologie éducative qui s’appuie à la fois sur la quantité et la qualité du rendement éducatif.

Au terme de sa visite, le ministre a déclaré à l’AMI qu’il est venu s’enquérir des conditions du déroulement du premier jour de l’enseignement des langues nationales.

Il a ajouté que cette introduction se déroule d’une manière synchronisée dans les cinq écoles normales des instituteurs, expliquant que l’accent a été mis sur les instituteurs en tant qu’éducateurs et porteurs de mission, et qu’il est normal qu’ils connaissent une langue autre que la langue maternelle pour communiquer avec les élèves, leurs parents et leurs correspondants.

« Cette expérience est très importante pour les élèves – enseignants, qui doivent être pleinement conscients et œuvrer pour sortir avec un niveau qui leur permet de faire passer leur message et de s’adresser à la communauté qui les entoure.

Le ministre a été accompagné du secrétaire général du ministère, du directeur de l’ENI et de certains responsables du département.

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● L’institution de l’opposition accusée de détournement de l’argent public

Madar – Au cours d’un débat avec la presse organisé mercredi soir à Nouakchott par l’Union des Forces de progrès (UFP), Me Lô Gourmo Abdoul vive-président du parti a affirmé que l’institution de l’opposition démocratique n’a jamais eu d’existence réelle et l’UFP à qui devait revenir à l’époque le Secrétariat Général et le RFD avaient été sciemment exclus.

Selon le professeur Lô, les dirigeants de cette institution avaient détourné de l’argent public. Et il a invité l’Inspection Générale de l’Etat d’ouvrir un audit à ce sujet. Une plainte a déjà été déposé au Conseil Constitutionnel, a-t-il révélé.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771390

● Élections présidentielles en Mauritanie 2024 : la date officielle révélée, le compte à rebours a commencé | [Le Quotidien de Nouakchott]

L’attente est terminée pour les citoyens mauritaniens qui se préparent à élire leur prochain président en 2024. La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de la Mauritanie a officiellement annoncé la date des élections présidentielles, et le plan de passation des marchés pour le Recensement Administratif à Vocation Électorale (RAVEL) est en place.

Cette annonce marque le début du compte à rebours pour l’une des élections les plus importantes de l’histoire de la Mauritanie. Selon la CENI, les élections présidentielles de 2024 en Mauritanie auront lieu le 22 juin 2024 pour le premier tour. Le processus électoral débutera avec le Recensement Administratif à Vocation Électorale (RAVEL) le 31 mars 2024.

Cette opération essentielle pour la préparation des élections vise à mettre à jour le registre électoral et à s’assurer que les citoyens éligibles sont enregistrés pour voter.

Le RAVEL devrait s’achever le 15 avril 2024, ce qui signifie que les données électorales seront prêtes pour les étapes suivantes du processus électoral. Ces dates sont cruciales pour garantir que les élections présidentielles se déroulent en toute transparence et que tous les citoyens mauritaniens éligibles puissent exercer leur droit de vote.

La publication du plan de passation des marchés par la CENI démontre l’engagement des autorités mauritaniennes à garantir un processus électoral transparent et équitable. La préparation minutieuse du RAVEL est un élément clé pour assurer que les élections se déroulent sans heurts et reflètent la volonté du peuple mauritanien.

Alors que la date des élections présidentielles se rapproche, il est essentiel que les citoyens mauritaniens s’impliquent activement dans le processus électoral. La participation citoyenne, notamment l’enregistrement pour voter lors du RAVEL, est cruciale pour assurer une représentation démocratique et la légitimité du prochain président élu.

La publication du plan de passation des marchés pour le RAVEL et la révélation de la date des élections présidentielles de 2024 en Mauritanie marquent une étape importante dans la préparation de cet événement démocratique majeur.

Les citoyens mauritaniens ont désormais une date précise à laquelle ils pourront exercer leur droit de vote et contribuer au choix de leur prochain dirigeant.

Il incombe à tous les acteurs impliqués de veiller à ce que le processus électoral soit transparent, équitable et conforme aux normes démocratiques, afin de garantir un avenir pacifique et prospère pour la Mauritanie dans une région sahélienne à l’instabilité politique prononcée.

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771201

● Mauritanie : Persistance et montée de la gouvernance et discours raciste – [Organisations et personnalités signataires]

Appel à la Résistance, décembre 2023


Le 09 décembre 2023, à Nouakchott capitale de la Mauritanie, le think tank dénommé Centre Mouhit, célébrait la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (25 novembre), par une conférence magistrale à laquelle contribuait, entre autres panélistes, le magistrat Haroun Oumar Ideighbi, Directeur de la législation au ministère de la justice. L’honorable édile s’exprimait à titre personnel. S’appuyant sur les chroniques de Ibn Batuta, voyageur marocain du 12 siècle, il s’est livré à un exercice de synthèse historique qui démontre l’enracinement de la mixité du genre, au sein de la société maure, notamment à Oualatta, sujet de ses observations. Ideighbi, précisera, à la faveur de son exposé, que le célèbre écrivain portait, là, un jugement subjectif, par référence à l’obscurantisme de son milieu d’origine.
Durant les journées des 11, 12 et 13 décembre, une brutale campagne de dénigrement le prit pour cible, au travers de groupes de discussion WhatsApp et Méta. Les insultes, procès d’intention et dénonciations calomnieuses visaient son statut de descendant d’esclaves. Parmi les plus virulents détracteurs du juge, se distingue la figure sulfureuse de Yehdhih Ould Dahi, le chef d’un groupuscule salafiste appelé Ahbab Arrasoul (littéralement les amoureux du Prophète), dont la fureur misogyne se double d’une prétendue guerre aux djinns, son fonds de commerce le plus juteux. Soutenu par un participant à la discussion, en l’occurrence l’avocat Maître Sid Mokhtar Ould Sidi, le propos recycle le racisme décomplexé du sociologue arabe Ibn Khaldun, auteur, dès le début du Moyen-âge, d’une fameuse théorie des climats qui rétrograde, les noirs subsahariens, au rang de l’infra-humanité. De tels outrages à la dignité d’une catégorie de Mauritaniens pulvérisent les limites de la convenance et violent les prescriptions du droit en vigueur. Dans ses audios, Ould Dahi, imbu de sa lecture réactionnaire de l’Islam comme des milliers de ses congénères, insulte les Hratines, les cadets sociaux et les femmes activistes, avec l’outrance et l’impudeur que seule confère la certitude de l’impunité. Ce faisant, il alimente la zizanie sociale et incite, une majorité de la population, à la révolte. Il y a, là, en sus des infractions précitées, un défi à l’ordre public, tous abus desquels le Parquet ne saurait se détourner, sous peine de devoir assumer une complicité manifeste avec les insulteurs, voire de les inciter à la récidive.
Aussi, nous organisations signataires de la présente alerte, à l’initiative du doyen Boubacar Messaoud, fondateur de SOS Esclaves Mauritanie, engageons, le ministre de la Justice, à diligenter, selon les modalités du flagrant délit, le processus de sanction et de réparation que requiert la gravité des agissements récurrents des deux provocateurs, Yehdhih Ould Dahi et Maître Sidi Mokhtar Ould Sidi. Toute abstention, esquive ou fuite de l’Etat, face à l’énormité du scandale, risque d’entretenir un surcroît de frustration quant à l’inégalité des citoyens devant la loi. Le laxisme exclusif à l’endroit des colporteurs de haine et des promoteurs de la supériorité ethnique, risque de consolider le statu quo de la domination séculaire au prétexte de la naissance. Aujourd’hui, plus que jamais, la Mauritanie devrait veiller à se préserver des vagues d’instabilité et de déferlement de la discorde qui submergent le Sahel et grondent à nos frontières. La cinquième colonne des fossoyeurs de la République agit, désormais, parmi nous, à visage découvert. Sachons la bouter avant qu’il ne soit trop tard !

Organisations, élus et personnalités :
Ghamou Achour Salem, députée

Aminatou Elhacen Boughal Dia, députée
Mariem Cheikh Samba Dieng, députée
Biram Dah Abeid, député, réseaux de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira)
Mohamed Vall Handeya, Manifeste des Haratines
Oumar Yali, parti Radical pour une action globale (Rag)

Mamadou Moustapha Ba, Coalition vivre ensemble (Cve/Diaspora)
Bocar Omar Ba, Activiste politique, Strasbourg, France
Abou Bakry Souleymane Ba, Cve /comité de suivi
Alassane Dia, Touche pas à ma nationalité (Tpmn)
Lemrabatt Haidara, Délégué du président Mamadou Alassane Ba, Cve
Samba Kamara, fonctionnaire international à la retraite
Fatimata Mbaye, avocate

● Lancement officiel du 5ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat [AMI]

Le ministre de l’Économie et du Développement durable, président du Comité National du Recensement, M. Abdessalam Mohamed Saleh, a supervisé aujourd’hui, dimanche à Nouakchott, en présence des ministres de l’Intérieur et la Décentralisation, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, et de la Culture, de la Jeunesse, des sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Ould Sid’Ahmed Ould Dié, le lancement officiel du 5ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH).

La cérémonie de lancement a été marquée par des sketches et des chants populaires soulignant l’importance de ce recensement organisé du 25 décembre au 9 janvier par l’Agence nationale de la statistique, de l’analyse démographique et économique (ANSADE).

Le lancement de ce recensement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Nations Unies aux Etats membres d’organiser un recensement général de la population et de l’habitat tous les dix ans.

A travers ce recensement, qui inclut tous les résidents du territoire national, qu’ils soient mauritaniens ou étrangers, les autorités visent principalement à collecter des données liées aux caractéristiques démographiques et socio-économiques de la population et à en faciliter l’accès aux usagers, ainsi qu’à fournir les données nécessaires pour les besoins des politiques de lutte contre la pauvreté et le suivi des progrès de la mise en œuvre des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en plus de contribuer à la mise en place d’un système d’information statistique précis, permettant la fourniture des données nécessaires dans en temps opportun afin d’évaluer l’impact des plans suivis par les décideurs nationaux.

Dans un discours prononcé à cette occasion, le ministre de l’Économie et du Développement Durable a indiqué que la préparation de ce recensement a nécessité des effort redoublés de la part de l’ANSADE, notamment l’élaboration du cadre réglementaire et directeur, de la méthodologie générale et des documents techniques, prenant en compte les besoins des différents usagers des données sociales et démographiques des départements ministériels et des partenaires au développement, ainsi que la conception des applications informatiques et plateformes électroniques d’accompagnement, la préparation et la mise en œuvre du travail cartographique, la mobilisation des fonds nécessaires, la préparation des moyens logistiques, l’inscription et la formation du personnel de terrain et la formulation et la mise en œuvre de la stratégie de plaidoyer et de sensibilisation.

Il a souligné que cette édition du recensement a été entièrement numérisée dans toutes ses étapes, y compris celles liées à la collecte des données sur le terrain, ce qui permettra d’améliorer sa cohérence et sa qualité, et permettra également d’accélérer l’analyse et la diffusion des résultats.

Pour assurer le succès de cette démarche, tous les moyens humains, logistiques et financiers nécessaires ont été mobilisés, l’objectif étant d’employer plus de 5 000 agents de comptage, équipés de tablettes, après les avoir formés aux techniques de collecte de données.

Il a souligné la nécessité de répondre spontanément et honnêtement aux agents de collecte de données et de leur fournir des informations correctes et précises, afin de faire de cette opération de recensement un succès.

Il a également exhorté les équipes de travail sur le terrain, notamment les enquêteurs, les observateurs et les superviseurs, à être attentifs, diligents et persévérants et assurer la confidentialité des données.

A son tour, le Représentant Résident par intérim du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), M. Nestor Azandegbe, qui a rappelé l’engagement constant de son institution envers la Mauritanie, s’est félicité du respect par la Mauritanie de l’engament pris par les Etats membres de réaliser tous les dix ans un recensement général de la population pour assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre des objectifs de développement durables à l’horizon 2030.

De son côté, la porte-parole du représentant de la Banque mondiale en Mauritanie, Mme Deynaba Diallo, a félicité le gouvernement mauritanien pour cette édition 5ème édition du RGPH, exprimant le soutien de la Banque mondiale à ce recensement dans toutes ses étapes de sa conception, préparation et mise en œuvre.

La cérémonie de lancement officiel de ce 5ème RGPH s’est déroulée en présence du directeur général de l’ANSADE et du représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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