« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284

✓L’EXTRÊME FAIBLESSE DES TAUX DE RÉUSSITE AU BAC INTERPELLE TOUS LES PARENTS D’ÉLÈVES. | Par Bechir Fall


Toute la Toile s’exclame et s’émeut des mauvais résultats du bac. Mais personne ne s’interroge sur les causes de cet échec à la fois retentissant et répétitif. Ces presque 90% de candidats qui mordent la poussière à cet examen symbolique pour une transition vers des études universitaires sont nos enfants, nos neveux et nièces. Par conséquent, nous partageons intimement leurs déboires.

Nous devons admettre aussi que seulement 8% de réussite au bac synonyme de 90% d’échecs d’une classe d’âge, espoir de toute la Nation, constitue un naufrage collectif, une catastrophe nationale. Devant mobiliser toutes les bonnes volontés pour que pareille désillusion ne se renouvelle plus.

Nous sommes responsables de la faillite du système d’enseignement en vigueur. Pourquoi ? Parce que nous soutenons le même système de pouvoir, dont les dirigeants n’ont jamais pu effectuer un cursus exemplaire d’études scolaires ou académiques. Dans ces conditions, l’enseignement public coule et va à une dérive certaine et programmée. Nos pauvres enfants sont sacrifiés à cause de notre inadmissible complicité persistant à soutenir un système politique défaillant. Et les cris d’orfraie, qui seront vite oubliés dans quelques jours, n’y pourraient rien.

Nous préférons enfoncer nos têtes dans des sables mouvants pour ne pas admettre la réalité. Cette politique d’autruche ne résoudra pas le problème. Nous sommes entièrement responsables de ce qui advint à nos enfants à cause de nos soutiens aveugles d’un système qui détruit à petit feu tout ce qui avait été mis en place dans les années succédant à l’indépendance.

Je me souviens de nos classes en dur, peintes chaque année. Des tables bancs quasi neuves avec encrier. Des robinets suffisants pour nous désaltérer. Au lycée, la plupart d’entre-vous étaient pris en charge à l’internat. Et je me rappelle qu’en classe de 3ème avoir reçu 23 livres dont 7 en latin. Puisque j’étais pensionnaire des séries classiques au lycée. Une question me taraude toutefois. Mais pourquoi l’enseignement public a-t-il dégénéré et est tombé dans une si pitoyable décadence ?

Notre pays est en théorie devenu plus riche avec la perspective d’être producteur de gaz dans les deux prochaines années. Pourquoi sommes-nous incapables de mettre en place une politique ambitieuse d’éducation publique digne de ce nom ? Toutes nos élites devraient avoir honte d’être les derniers de la classe en Afrique pour la réussite au bac de nos enfants. À des années-lumière du Mali et du Niger. Des pays considérés parmi les plus pauvres d’Afrique et du monde. Où est notre prétendue fierté ? Perdue dans les abysses de la malgouvernance et d’une corruption sans précédent.

J’en appelle enfin à ces « Zélites » déboussolées de se ressaisir et retrouver un minimum de dignité. Elles devront œuvrer désormais pour un avenir radieux des enfants de la République. Tous les enfants bien sûr. Un tant soit peu de civisme. C’est un minimum que mérite ces pauvres enfants laissés en déshérence. Victimes de non-assistance à enfants en perdition.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4950182424998013&id=100000189140519

✓Baccalauréat en Mauritanie | Revoir le système en vigueur, par Toka Diagana

Le baccalauréat Mauritanien, dans sa conception actuelle, est inefficace, injuste, élitiste, etc. Ce qu’il faut dire aussi ; c’est que le Baccalauréat en Mauritanie a toujours été catastrophique. Une solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac ; à mon humble avis ; consiste à prendre en compte le contrôle Continu dans la moyenne générale. L’idée consiste à associer un certain coefficient au contrôle continu (je propose : ½) et un autre à l’épreuve du Baccalauréat elle-même (je propose : ½) et puis faire la moyenne générale. Il est tout simplement injuste de constater qu’un élève qui travaille très dur au cours de toute une année scolaire puisse, dans certains cas, se retrouver éliminé du baccalauréat pour des raisons qui, souvent n’ont rien à voir avec ses compétences. Il faut absolument avoir le courage de reformer ce système qui ne marche pas. Le statu quo en la matière est tout simplement suicidaire : la jeunesse de tout un pays que l’on sacrifie — par entêtement à utiliser un système qui ne marche pas !

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=170794098471794&id=100066236142425

✓Note d’édition sur le recueil de poèmes « La Poésie démeurt » | Écrit par Souleymane SIDIBÉ

La Poésie démeurt rassemble des poèmes écrits par Souleymane Sidibé entre 2016, après l’obtention de son baccalauréat français (série scientifique) en Mauritanie, et 2021. Entre cris nocturnes, mélancoliques et réflexions philosophiques, ce recueil s’imprègne d’une écriture rythmée et lamentée par le quotidien. Le recueil de poèmes parle du continent africain, de la patrie, des études de son auteur, de l’amour – ses contradictions, son dévouement et sa belle cruauté-, également de belles choses de la vie, et son épitaphe : la mort. L’auteur a un penchant pour la poésie. En poète amateur, il survole le monde par les mots en pansant les maux. Il est un admirateur des grands noms de la poésie à l’image de Ousmane Moussa Diagana de son pays comme des auteurs de ce qu’il qualifie de poésie-merveille – parlant de la poésie française. Il dessine son monde à dessein des autres calamités.

• En attente de parution dans les prochains jours…

Mes vives félicitations au jeune frère Souleymane, un esprit intellectuellement percutant dont notre BLOG a eu l’honneur de publier ses nombreuses contributions de haute valeur ces dernières années. Courage et bonne continuation.

©️ KS pour le BLOG.

Le mage de Victor Hugo ou encore le Zarathoustra de Nietzsche sont-ils morts chez les Soninké ?

Mon professeur de philosophie aimait le dire : la crise des valeurs est le mal de notre époque.

Mais cette crise des valeurs est souvent perçue et lue sous un prime réducteur : celui de la déchéance morale, de la dépravation des mœurs, du culte du matériel au détriment « des choses de l’esprit » et bien sûr la banalisation de la vie humaine.

Mais à la suite de mon professeur, quelques années plus tard ayant acquis la maturité, j’ajoute à cette tentative de définition, comme pour le compléter, sans prétention, que la crise des valeurs c’est l’anéantissement de l’humain par l’inhumain.

C’est également la corruption de l’intellectuel, figure emblématique du savoir ; celui-là même qui est censé être au-dessus de la mêlée. Mais hélas.

La crise que traverse nos sociétés, aujourd’hui dans le monde, et plus vrai encore en Afrique au sud du Sahara, peut ainsi être nommée : la déchéance de l’intellectuel.

Une classe devenue maudite, indigne, aphone et atone notamment sur des sujets majeurs qui touchent la société.

Incompréhensible, Inacceptable. Ces avant-gardistes de la société sont « corrompus » jusque dans l’âme au point de devenir lâches, irresponsables et impertinents par leurs prises de positions ambiguës, indignes…

Les intellectuels africains. Pas tous. Heureusement !

Il en existe des perles rares en voie d’extinction, assurément les derniers survivants d’une autre époque.

Ceux-là sont discrets et vivent dans l’austérité mais honorent tout leur contrat avec la société et avec la Communauté scientifique.

Mais ils ne sont pas médiatisés, les cours qu’ils professent n’accrochent pas une société friande de sensationnel. Il y a maintenant, l’image la plus imposante de l’intellectuel africain.

Au plan du casting, l’intellectuel africain a un talent stratosphérique.

C’est souvent quelqu’un qui a fait de « bonnes études » et sortant des grandes universités de ce monde. Il est bardé de diplômes : la tête bien pleine mais loin d’être bien faite. Il est consultant international. Il occupe des chaires universitaires. Il fait la une des journaux et est l’invité favori des plateaux de télévisions.

Il a soutenu plus d’une thèse de doctorats. Il est souvent fonctionnaire international et se permet même de défendre les droits des minorités loin de chez lui, notamment lorsqu’il est avocat.

Mais malgré, ce background impressionnant, tous ces mérites et distinctions, l’intellectuel africain est décevant, par ce qu’investi pour défendre des causes injustes, tribales, claniques, discriminatoires ou despotiques.Son audience et sa notoriété restent cosmétiques, snobs et sans réel intérêt pour la société.

Sans transition, voilà qui m’amène à parler des « intellectuels » soninké qui sont incapables d’avoir de la hauteur et prendre une position honorable par rapport à la problématique de l’esclavage par ascendance qui mine leur société à travers plusieurs territoires de l’Afrique de l’Ouest.

Un intellectuel à quoi ça sert ?

C’est d’abord dénoncer les injustices, les abus.

C’est se mettre du côté des plus faibles et de la vérité.

C’est oser renoncer à ses propres avantages.

C’est s’attaquer aux tares sociales en vue de changer les mentalités et les comportements.

C’est tirer vers le haut la société. C’est adopter en tout temps et en toute circonstance des positions impartiales, courageuses et désintéressées.

C’est déconstruire les dogmes imposés par le poids du temps et de l’ignorance.

Ainsi défini, grâce à la constance et la fidélité à ces valeurs, conduite, attitude et aptitude, l’intellectuel en vient à construire, une légitimité gage de sa crédibilité, plaçant ainsi son art et son éthique au-dessus de tous.

L’intellectuel est partisan du mérite et du surpassement.Il appartient à une communauté élitiste et ouverte, pourvu qu’on fasse ses preuves pour y pénétrer. C’est la seule condition. C’est une espèce de panthéon qui restera fermé devant les apprentis intellectuels.

Les intellectuels, ce sont des hommes et des femmes décomplexés, critiques et débarrassés des dogmes de la pensée dominante.

L’observance de la société Soninké montre avec désolation des attitudes éhontées chez les « intellectuels », notamment du Guidimakha sur la question de l’esclavage coutumier.

Pour la plus part du temps, ils se cachent derrière un silence coupable et lâche. C’est peut-être les moins dangereux.

En revanche, certains se font remarquer tristement en s’affichent avec des propos provocateurs faisant l’apologie de la féodalité, s’ils n’appellent pas à la haine ou à la guerre.

En coulisse, ils participent même dans une certaine mesure, à des cotisations destinées au financement d’activités féodales ou controversées.

La troisième catégorie, optent pour la politique de l’autruche en soutenant honteusement que chez les Soninké, tout va bien. C’est « le meilleur des mondes » : ce sont les négationnistes.

Le quatrième groupe, très minoritaire est blessé dans son orgueilleux soninké, en raison de la bassesse du niveau des débats et essaient de rapprocher les positions en appelant les parties à la raison mais seulement dans des espaces clos et peu fréquentés. Ils ont peur de la sanction de l’opinion, d’être jugé.

Du coup, ils parlent peu. En effet, le contexte est délétère si bien que les propos sont souvent déformés, mal rapportés ou interprétés volontairement pour nuire.

Ces modérés sont souvent les victimes d’un procès d’intention : ils sont traités de « collabos » par les deux bords, notamment les partisans d’un Guidimakha éternellement féodal et ceux d’une rupture quel qu’en soit le prix à payer : la déconstruction à coup de marteau et de bulldozer.

Il y a également les « complexés ». Ces derniers prônent pour le renoncement à tout héritage soninké : la rupture totale. Il faut formater la mémoire sociale de la société par ce qu’à leurs yeux le passé est encombrant et trop gênant.

Ces gens-là n’hésitent pas à changer leur état civil, à opter pour les mariages mixtes afin de se dissoudre dans une autre société, peut-être plus accueillante.

Cette situation a beaucoup fait saigner la société soninké dans un contexte démocratique où la démographie reste un argument concurrentiel.

Une véritable hémorragie qui a affaibli la communauté soninké plus que jamais désunit, incapable de s’entendre même lorsqu’il est question de développement.

Ainsi, les bailleurs ou partenaires au développement préfèrent aller investir dans d’autres territoires où les contradictions sont moins marquées.

Au plan politique, ces adversités sont un atout pour les autres concurrents politiques qui en profitent pour se positionner : conséquence, les soninkés essuient souvent des revers politiques déconcertants dans leurs propres fiefs.

Les soninkés n’ont jamais cherché à évaluer ou à faire le bilan des dommages qu’engendre cette déchirure, une opération d’exsanguination qui fragilise davantage la communauté soninké dans un pays où les places sont marquées ethniquement autour de la mangeoire : le gâteau national.

Par ailleurs, la communauté soninké a souvent perdu des hommes et de femmes dotés de qualités exceptionnelles et de moyens incommensurables capables de tirer vers le haut la société, s’ils étaient acceptés avec plus de dignité et de respect.

La dernière catégorie d’intellectuels soninkés a mal dans son âme et dans sa chair car résignés au silence et au statut de spectateur par ce que tenus par le devoir de réserve. Ce sont-là les profils les plus marquants des intellectuels soninkés. Beaucoup se reconnaitront dans ces portraits.

L’intellectuel soninké est dès lors ambigu, insondable, perfide, sournois et irrationnel.

J’en ai connu admirateurs inconditionnels du leader abolitionniste Biram Dah Abeid tant qu’il dénonçait la condition de la composante Haratine et négro-mauritanienne.

Désormais rien ne va plus entre ces gens-là et le président d’IRA. Parce qu’il s’est intéressé à ce qui se passe chez les amis Soninkés. Crime de lèse-majesté.

Les Soninkés sont une catégorie intouchable. Eux, peuvent se permettre de parler des autres. Mais le contraire n’est pas toléré. Rire ! Mais on est dans une république.

Permettez-moi, les puristes, de tordre le coup à la définition classique de l’intellectuel, puisse qu’on parle du Guidimakha soninké, empêtré plus que jamais dans une mutation sociale imposée par le temps, pour y intégrer les hommes politiques, les leaders d’opinions, les détenteurs de la science religieuse etc.

Ils ont tous une grande part de responsabilité dans ce chaos, par ce qu’ils n’ont pas su mettre leur science, leur position et leur aura au service de l’intérêt général.

En effet, la science n’est pas complaisante, c’est « le désert des valeurs » disait le philosophe.

Pas besoin d’envoyer des observateurs au Guidimakha. Il y a dans cette société des inégalités et des injustices criantes liées à la naissance. Appelez-les comme vous voulez : esclavage coutumier, esclavage par ascendance, descendants d’esclaves, séquelles de l’esclavage etc. C’est une guerre sémantique sans intérêt. Allons à l’essentiel ! Une chose est sûre. Ces différentes dénominations renvoient désormais à une stigmatisation : elles sont devenues blessantes, dévalorisantes et s’inscrivent dans une volonté de classification et d’hiérarchisation catégorielles basées sur la naissance.

Honte à ces faux intellectuels. Intellectuels d’une classe contre une autre. Intellectuels communautaires, intellectuel pyromane, intellectuel d’une idéologie et d’une tradition affreuse.

Intellectuel du conformisme et du statut quo éternel mais seulement au niveau de leur bled et villages. Alors qu’à l’échelle nationale, ils réclament la démocratie et le changement.

A ceux-là, j’ai envie de dire qu’ils sont pris en otage par les dogmes d’une société frileuse et grincheuse face au moindre changement.

Tout ce qui est obtenu par la voie de la facilité, la tricherie,la tromperie, la malhonnêteté, la force est contestable et finira toujours par être contesté.

C’est un « droit » controversé qui s’étiole avec le changement de contexte et de rapport de force.

Un intellectuel, appartient à l’humanité. Il défend des causes justes. Ils ne dénoncent pas à la carte l’arbitraire, ses humeurs ne sont pas à géométrie variable.

Comment comprendre qu’un « intellectuel » puisse dénoncer sans gêne et sans état d’âme la gestion de la Mauritanie depuis l’indépendance, en parlant d’apartheid et de racisme d’état alors que dans son village, il cautionne et soutien les pratiques esclavagistes sous couvert de respect des traditions ?

Dans ces villages soninkés, les descendants d’esclaves n’ont pas toujours droit à la terre. Désormais l’accès à la terre cristallise tous les différends entre anciens esclaves et anciens maitres, ces derniers continuent de s’accrochant inlassablement à un titre de noblesse évanescent.

L’accès à la propriété foncière, reste désormais l’unique moyen de pression de la classe féodale décadente et en décrépitude pour contraindre « les autres » à accepter le statu quo.

Mais la liberté est le meilleur des pains.

La nature humaine est d’une complexité hallucinante.

On a vu tous ces Noirs, parmi eux les disciples invétérés de l’ordre féodal terrifiés, abasourdis et révoltés par la violence policière aux Etats unis, avec la mort atroce de George FLOYD par un policier raciste blanc.

Ces mêmes « intellectuels » trouvaient insupportable, répugnant et épouvantable le marché aux esclaves en Libye avec les images de populations africaines dans un enclos et vendues comme du bétail.

Ces exemples sont à mon sens suffisants pour expliquer la malhonnêteté déroutante de nos « intellectuels » qui sont prompts à défendre des causes marchandables et vénales comme des tueurs à gage prêts à ouvrir le feu.

Ce n’est vraiment pas le portait de l’intellectuel que mon professeur m’a dressé, il y a trente ans.

Il disait avec éloquence, certitude et suffisance dans une salle de classe acquise et conquise avec sa rhétorique envoutante que l’intellectuel, c’est avant tout un rôle social.

Il n’a pas de passeport. Il n’a pas de nationalité. Il appartient à la terre : C’est un citoyen du monde.

Il ne compare pas les injustices en fonction de leur auteur.

Sa mission est de les combattre d’où qu’elles puissent venir.

Cher professeur, la déchéance que connait notre société est celle de nos élites.

Des élites débauchées, incapables d’anticiper et en mal d’inspiration.

Regardez partout sur le continent, ces « intellectuels » vendus qui tronquent, assassinent et prostituent la démocratie en faisant recours à des discours aux accents maléfiques et artificiels pour justifier le tripatouillage de la Constitution, la loi fondamentale dans nos Etats.

Ces mêmes universitaires s’empressent de défendre les coups d’état, se mettent du côté des militaires qu’ils pérennisent au pouvoir pour défendre des intérêts périssables.

Un intellectuel selon la définition de mon professeur, défend des valeurs et des principes qui sont par essence universels, non périssables et atemporels.

Le constat est sans appel : nos intellectuels ont échoué.

Dès lors, que dire des sages et des justes qui avaient pour cadre l’arbre à palabre : la sagesse africaine.

Pendant longtemps, dans nos cours de littérature orale, nos professeurs vantaient la société traditionnelle africaine qui était à l’écoute des sages. Tout y était rose.

Mensonge et nostalgie. C’était une pure construction théorique. Cher professeur ! Respect.

Je comprends, le contexte de la naissance de cette littérature d’opposition et de résistance à la table rase préconisée par la féodalité des suprématistes blancs.

Elle ne pouvait fonder sa thèse qu’en présentant l’Afrique précoloniale comme un paradis terrestre en minorant ses nombreuses tares.

Pour une fois, cher prof, vous nous avez transmis des recettes. Ce n’est pas grave.

En effet, dans d’autre cours, nous avons été initiés à la critique, à l’analyse scientifique pour ne pas tomber dans le culte et le conformisme : l’ennemi de la culture.

Revenons à notre sujet.

La société soninké est aujourd’hui menacée par son propre monstre qu’elle a enfanté. Un monstre rampant qui a pourtant averti mais personne ne l’a pris au sérieux.

J’ai longtemps compté sur la sagesse de la gérontocratie : dans nos villages, chaque vieillard est une bibliothèque, ne dit-on pas.

Où sont ces justes pour éteindre le feu ?

Ils sont pourtant-là. Mais la sagesse dont ils sont porteurs souffre d’absence de rationalité. C’est une sagesse arrimée à la société féodale : elle est trop légaliste, elle n’est pas discursive et encore moins critique. C’est une sagesse victime de son excès de paternalisme. Elle ne cherche pas à convaincre mais vous amène à accepter même au prix de la compromission.

C’est une sagesse qui n’a de moyens et d’ambitions que d’asseoir, justifier et légitimer l’autorité.

Ses limites sont connues : autoritaire, réfractaire à tout changement et trop idéaliste.

Elle ne peut intégrer, la flexibilité ou encore la tolérance du fait de sa nature et son caractère figée dus à la spécificité de son discours, incapable de s’adapter et de s’ouvrir. Elle se fonde sur des idées reçues et des recettes.

Au Guidimakha pendant que les Soninkés s’entredéchirent, pour « s’anoblir » d’autres acteurs se repositionnent : le territoire est par essence une arène.

La solution, croyez-moi ne viendra pas d’ailleurs.

Aucun élément extérieur ne vous sortira de cette mauvaise pente.

Un jour vous reviendrez honteusement à la raison lorsque vous aurez tout perdu : respectabilité, dignité, honneur, fortune et noblesse. Trop tard. Les blessures seront trop profondes et les plaies difficiles à panser.

Et puis, vos contradictions, adversités absurdes et orgueilleuses vous conduiront vers le chaos en révélant au grand jour vos faiblesses et vulnérabilités : le Talon d’Achille de toute une société.

Seyré SIDIBE, journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-mage-de-victor-hugo-ou-encore-le-zarathoustra-de-nietzsche-sont-ils-morts-chez-les-soninke/

« Trahir la Constitution, c’est renoncer à l’immunité présidentielle » | Par Mbarek Ould Beyrouk

Le Point Afrique – TRIBUNE. Qu’il s’agisse de la Mauritanie ou d’un autre pays africain, aucune excuse ne doit empêcher que la corruption des anciens chefs d’État ne soit sanctionnée.

Mon respect est immense pour l’œuvre de Tierno Monénembo. Mais son récent « plaidoyer pour Mohamed Ould Abdel Aziz » me semble contestable. Il est certain que les périodes autocratiques sont destructrices et difficiles à réparer. Il est vrai aussi que l’alternance pacifique en Afrique doit être à chaque fois saluée parce qu’elle sauve notre continent de dérives qu’il n’a que trop connues.

Mais il est plus vrai encore que la corruption et les détournements de biens publics ont condamné nos pays à la pauvreté et la dépendance extérieure, qu’ils ont interdit tout sursaut, qu’ils ont spolié nos populations et qu’ils ont souvent bradé nos richesses.

La corruption une vraie menace

Contrairement à Tierno Monénembo, je pense que l’essentiel est là. Pour avoir servi l’État à ma modeste échelle, je sais ce que coûtent l’appât du gain, les conflits d’intérêts et les petites corruptions qui se cachent derrière les grandes.

La démocratie ne peut être mature tant que l’économie n’est pas un tant soit peu purifiée, tant que l’État de droit n’est pas respecté, tant que les activités prévaricatrices ne seront pas punies.

Le risque est grand de tendre vers des régimes antidémocratiques La Mauritanie a indirectement hérité d’une Constitution inspirée de celle de la France, pays qui a fait le choix d’un présidentialisme fort, imprégnée d’un esprit de monarchique.

De fait, chez nous, le risque est grand pour nos dirigeants de tendre vers un régime antidémocratique. « Il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposé. »

Une précision est nécessaire concernant l’ex-président Aziz

Il ne s’agit pas ici de condamner l’ancien président Aziz ou de l’absoudre. Ce sera le travail des juges. Seulement, il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées.

Pour l’écrivain Mbarek Ould Beyrouk, l’ex-président Mohamed Ould Abdelaziz « est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées ».

L’ancien président, inculpé suite aux accusations d’une commission parlementaire, se défend des faits qui lui sont reprochés. Il s’est d’ailleurs largement exprimé dans les médias nationaux et internationaux. Demain, il devrait bénéficier d’un procès équitable.

La loi doit s’appliquer à tous et la justice équitablement rendue

Quel que soit son verdict, il est donc essentiel que ce procès se tienne, car le peuple mauritanien mérite que la loi s’applique à tous et que justice soit équitablement rendue. La velléité avec laquelle les avocats d’Aziz invoquent la prétendue immunité absolue de leur client montre le chemin difficile qu’il reste à parcourir pour que l’égalité devant la justice s’inscrive comme une évidence dans les mentalités.

En effet, Aziz considère que le procès est nul et non avenu, car l’article 93 de la Constitution garantirait à l’ex-président l’immunité dans l’exercice de ses fonctions. Se faisant, ils admettent indirectement que les faits de corruption dont il est accusé font partie de la « norme » dans le service des plus hautes fonctions de l’État.

Donc, finalement…

Ainsi, je voudrais dire à ce grand écrivain qu’est Tierno Monénembo qu’il n’est pas normal que la corruption soit un phénomène normal ; les intellectuels africains ne devraient pas l’accepter. Non, l’essentiel n’est pas dans les kermesses politiques, même pas dans les douces passations de pouvoir, mais bien dans la volonté d’apporter une éducation de qualité, un système de santé acceptable et un niveau de vie décent. Pour ce faire, on ne peut pas accepter que les fonds destinés à ces grands objectifs soient détournés par les rapaces.

Par Mbarek Ould Beyrouk*

© Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747965

✓Le paradoxe mauritanien | Par Boulaye Diakité



Il y’a quelque chose d’assez paradoxal en Mauritanie, faire plaisir à des tribus, des structures sociales traditionnelles, des familles, des clans, etc… ; au détriment de l’idée de l’Etat-Nation, de la liberté et de l’égalité. Et c’est ce paradoxe que s’il n’est pas résolu continuera d’alimenter le système tribal, familial, ethnique, esclavagiste et clanique et encouragera la gabegie et le pillage mais aussi et surtout la continuité de l’injustice, de la discrimination et du racisme. En effet, beaucoup plus que de se soucier d’une idée de nation, l’ensemble des dirigeants mauritaniens et les oppositions répètent inlassablement qu’ils veulent démocratiser le pays alors même que le fondements sociaux politiques exclus une partie très importante de la population.

Aucun dirigeant ou opposant n’a osé affronter ces structures sociales traditionnelles de manière frontale. Sous prétexte à chaque fois de démocratiser donc il faut maintenir la paix sociale. Il n’y aura de démocratie que sur la construction nationale, juste et réaliste c’est-à-dire basée sur la liberté et l’égalité. Au lieu d’affronter cette réalité dirigeant et opposition, cultive et développe de plus en plus la conscience ethnique, familiale, clanique, esclavagiste, raciste, discriminatoire et tribale. Quant aux dirigeants, ils s’assurent à chaque fois de l’hégémonie de la famille, de la tribu, de l’ethnie, et du clan empêchant toute idée de construction nationale, de liberté et justice. Disait Ernest Renan « Une nation est un plébiscite de tous les jours ». Le droit national est au-delà d’un simple faire plaisir à une quelconque ethnie, tribu, clan, communauté ou encore moins une famille.

La construction nationale mauritanienne fait face à cette réalité laissant la place aux structures sociales traditionnelles. Cette réalité a embrouillé beaucoup de génération et laissé place à des formes d’idéologie qui ont embrasé et peuvent toujours embraser le pays à tout moment pour un oui ou un non. Dans le cas mauritanien, l’ETAT et ses institutions sont là ; l’Etat-Nation n’existe pas. Ce pays est devenu le royaume d’une minorité qui justifie leurs actions impunies par les institutions de l’Etat. Des groupes d’intérêts qui collaborent et maintiennent les structures sociales traditionnelles fabricant toutes sortes d’idéologie et conflits dans le seul but de se maintenir au pouvoir. Bennedict Anderson dans livre, (L’imaginaire national, 2000) : Qu’est-ce qu’une nation ? « La nation comme une communauté politique imaginée, réunissant des gens qui ne se connaissent pas, qui ne se croiseront jamais mais qui éprouvent un fort sentiment d’appartenance à une communauté car ils partagent les mêmes idées, les mêmes croyances ».

Une nation ; Etat- Nation ?

C’est une conscience collective, une unité nationale et des liens sociaux ;

C’est une école républicaine et l’armée républicaine ou tout le monde se reconnait ;

Ce sont ces filles et fils de Mauritanie qui vivent et meurent pour la nation avec la certitude que chacun fera de même ;

C’est la lecture du journal quotidien représentant l’incarnation de la communauté imaginée, aussi le regard sur la télévision et des institutions nationales ;

Ce sont des évènements sportifs et culturels représentant ce sentiment d’appartenance à cette communauté imaginée.

L’Etat-Nation, liberté, égalité, impunité, personne au-dessus des lois et le pouvoir du peuple ; et le seul pouvoir reconnu celui choisi par le peuple.

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✓Côte d’Ivoire | « Adissa Touré, demain l’islam » | Par Mr Amara Bamba


Ses miracles font oublier que Adissa Touré a des idées. Un projet et une vision de l’islam qu’il faut reconnaître quand elle prie : « Ya Allah, accorde-nous un remaniement dans nos mosquées. Fasse que notre communauté soit dirigée par des Muminum. Débarrasse-nous de Tes ennemis actuels ».

La Dame de Kolia hisse la barre au niveau des qualitatifs de Muslim et de Mumin. L’islam est mené par des Muslimun qui ne sont pas des Muminun. Elle estime que l’heure du changement a sonné, que l’islam doit changer son leadership pour jouer son rôle. Adissa jouera sa part dans ce changement.

Muslim et Mumin ont des sens forts distincts même si les deux mots ont la même morphologie ; ils sont construits sur le même schéma. Dans l’usage, ils servent tous les deux à qualifier les mêmes personnes. Ce qui est source de confusion.

Dans le discours islamique, Muslim et Mumin, évoquent cependant deux états d’être différents. Deux types de rapports à Dieu qui peuvent diverger.

En français, le Muslim se dit « musulman » et désigne une personne qui suit les lois d’une religion que l’on désigne par islam. Les Muslimun font la prière rituelle, la Salat. Ils jeûnent durant le mois de ramadan, s’acquittent de la zakat et se rendent à La Mecque quand leurs moyens le permettent.

Le Muslim aime avoir des signes de reconnaissance matériels comme son prénom, ses vêtements. Il ne boit pas d’alcool. Ne mange pas de porc. Mais, par dessus tout, le Muslim atteste de l’unicité de Dieu et de la prophétie de Muhammad (psl). Le mot Muslim évoque une idée de communauté, donc une idée de règles et de lois à respecter. Le Mumin est différent.

Car les Muminun se réfèrent plus à des valeurs qu’à des lois. Et le mot renvoie plus à un état intérieur qu’à des apparences. C’est un état individuel qui concerne un rapport intime avec le divin. L’idée est portée au delà de la notion de communauté.

Mumin n’est pas une pratique spécifique qui soit apparente. Plutôt un état d’être, des croyances, des convictions, des certitudes et des vérités qui façonnent l’être entier dans ce qu’on qualifie de la foi.

On traduit le Mumin par « une personne de foi », qui vit dans la « Présence de Dieu ». Adissa Touré le décrit comme « une personne qui porte la crainte et l’Amour d’Allah ». C’est pkoi tout musulman accepte volontiers d’être qualifié de Mumin. Un compliment pas toujours mérité, toujours agréable.

Devenir Mumin est le projet de tout musulman. C’est au préambule de l’enseignement du Prophète. On ne rabâche pas cette idée. On la met en pratique pour connaître Dieu, se rapprocher de Lui et entrer dans Ses faveurs. En général, c’est ainsi qu’on passe de Muslim à Mumin. Oui, en général.

Il y a les cas de personnes que la foi domine de manière naturelle. Des femmes, des hommes, tous les âges, tous les niveaux d’instruction ou de culture qui adhèrent à la transcendance dans un élan instinctif qui place Dieu dans leur intimité. Ce sont des Mumin.

Muhammad Hamidullah citait les prophètes de Dieu dans cette liste puis ajoutait que : « En réalité ces gens n’ont pas besoin de lois car ils les respectent naturellement. Ils ont tendance à faire le bien quelle que soit la situation. » Leurs choix dépassent leurs seuls intérêts. Ils choisissent selon ce que l’on nomme « éthique » ; selon le sens des énergies cosmiques, universelles.

« Soyons généreux, disait Hamidullah, ils sont au plus 15 % ». L’immense majorité de l’humanité a besoin de lois pour cheminer vers Dieu. Le Muslim qui suit la loi n’a pas tjs la foi. Ses convictions peuvent être éloignées du niveau d’un Mumin. Ceux-là aiment les signes et symboles apparents de la religion. Ils récitent le Coran et sont souvent diplômés en sciences islamiques.

Adissa Touré ne veut plus les voir à la tête des musulmans. Ils sont des « Musulmans qui ne craignent pas Dieu » dit-elle en dénonçant ceux qui sont devenus imams en adorant des fétiches. D’un bout à l’autre de son estrade, Adissa se répète : « Que toutes les mosquées soient débarrassées des ces faux imams ! ». Puis une pause pour mettre la demande en Fatiha, en une prière, collective.

Pour purger les mosquées de la pègre spirituelle, Adissa et ses étudiants comptent sur la puissance de la Fatiha collective. La Fatiha est aussi la Sourate Du’a, pour appeler l’aide de Dieu afin d’assainir la direction de la mosquée. « Quand la tête du poisson est pourrie, tout le poisson est inutile » martèle Madame Touré, « Oh Seigneur, fasse que le leadership de ces filous prenne fin » !

L’histoire de l’imamat en Côte d’Ivoire est à écrire. Le Conseil supérieur des imams (Cosim) est la référence nationale, secondée par le Conseil des imams sunnites (Codis). L’imam Aguib Touré est arrêté (en 2018) pour des propos de mosquée, les conseils d’imams touchent à leurs limites. On découvre la fragilité du « métier d’imam », une fonction sensible au carrefour d’intérêts multiples.

Aujourd’hui, Adissa Touré veut démasquer certains imams afin de les dé-mosquer. Elle les décrit comme « des gens qui récitent le Coran, ils ont appris l’islam, le hadith. Mais ils ne connaissent pas Dieu ». Ces sont des musulmans qui ne sont pas des Muminun. « Il y a d’autres métiers. Ils peuvent faire du transport, du commerce au marché. Mais ils n’ont pas à diriger notre communauté ».

Après la colonisation, le musulman de Côte d’Ivoire se réconcilie avec l’école qu’il avait boycottée sur des bases religieuses. Désormais, l’enfant le plus brillant devient ingénieur. Celui qui est moyen entre au service de l’Etat : fonctionnaire. Les enfants peu brillants se consacrent alors au Coran. Ils deviennent ensuite transporteurs ou commerçants sur les marchés. C’était le schéma classique.

Depuis 1993, la Côte d’Ivoire a une ambassade en Arabie Saoudite où nos imams peuvent se former désormais. Perso, je ne voyais que la wahhabisation de la pensée et du discours. Je ne soupçonnais pas ce vide spirituel que dénonce la Dame de Kolia. En voulant nettoyer l’islam du clergé informel des imams-sorciers, Adissa Touré se donne un objectif délicat qu’elle a les moyens d’atteindre.

Hier, lundi 2 août, la première grande croisade de « Dieu me suffit » a pris fin. C’est en millions que l’on compte les visiteurs de Kolia. Les statistiques ne font pas la vérité. Mais, pour le moment, rien ne s’oppose à notre intuition de départ. Un phénomène Adissa est là pour être la cible désignée de l’establishment. Plus Adissa sera critiquée, plus « Dieu me suffit » sera solide et grand.

Oui, Adissa va déranger encore et encore parce qu’elle n’est pas un homme mais une femme. On n’a pas besoin de le dire ; ça s’entend de loin. C’est un des avantages d’Adissa Touré sur ses adversaires.

Oui Adissa est musulmane. Pas très orthodoxe car soufie, de la congrégation Tidjane. Cela est une assurance car les Tidjanes sont des Tidjanes, que ça plaise ou non: ils n’ont rien à prouver à personne.

Sauf que Adissa ne fait rien comme tout le monde. Car c’est bien une Tidjane sans Cheikh !! Elle s’est auto-illuminé ! C’est aussi ça le don de Dieu. Dieu n’est limité par aucune règle.

Le Cheikh Boikary Fofana n’est plus. Son héritage est préservé. L’islam de Côte d’Ivoire poursuit sa voie. Adissa Touré œuvre à la revivification spirituelle. Un chemin moins savant mais plus spirituel qui vise à asseoir une éthique dans la gestion des mosquées et des groupes de musulmans.

J’ai un problème perso avec Adissa. J’ai vérifié partout, on me dit qu’elle est Touré. Oui ! Cette anomalie me dérange. Mais personne n’est parfait ! Adissa ne sait pas dire si mardi vient avant ou après mercredi. Un erreur de jour à la naissance ; ça te change Bamba en Touré. Ce sont des choses qui arrivent.

Adissa est avec les djinns ou pas ? Le prototype du faux débat. le rendez-vous idéal de petits esprits qui sont obsédés par le besoin d’avoir raison. Perso, le oui ou le non, ne change rien pour moi. Car je ne sais rien des djinns et ils ne m’intéressent pas.

Et s’il faut se justifier, je dirai que je suis humain. Je ne m’intéresse pas au djinn et ma raison est que je suis humain. J’ai tant de choses à découvrir sur mon monde; ma personne, ces femmes et tous ces hommes que mobilise « Dieu me suffit »… Aux djinns, je dis bof !!

Ce que je vois en Côte d’Ivoire me renvoie à moi, à Hustaz Fofana Boikary… Je repense à Hustaz Tidiane Bâ et je prie pour eux. Je pense et je prie pour Hustaz Muhammad Lamine Kaba ! Ils sont tous entrés dans nos vies et ont marqué nos âmes à une époque où cela était possible. Nous avons changé, l’époque a changé.

Dieu envoie toujours la bonne personne au bon moment pour la bonne raison. Chaque époque a eu ses Abu Jahal, ses Suail Ibn Amr, ses Abu Sofiane. Toute époque a ses Abu Bakr, ses Oumar ibn Khattab, ses Kahlid Bin Walid et Amr Bin Ass, ses Ibn Massoud, etc…

Je prie donc pour Adissa Touré. Petite dame à frêles épaules a qui Dieu vient de confier l’avenir de l’islam en Côte d’Ivoire ! Face à la foule, seule. Face aux langues de serpents, seule. Face à son destin, seule. « Dieu me suffit », prend tout son sens ici !

©️ Crédit source : Post FB de Monsieur Bamba Amara https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1207685616373254&id=100013954804767 du 3/8/2021

✓Note laconique de lecture : Héros de L’ISLAM de I . Meyer



L’avant-propos est un grand MERCI au frère, ami…et pourquoi pas au CHEIKH Bano Coulibay. Merci pour la recommandation et surtout l’incitation amicale pour le lire l’intégralement. La curiosité me titille mais finir une Lecture est une petite torture parce qu’une paresse maligne m’assaillit dès que je capte relativement une certaine idée présentatrice d’un bouquin.

Cet ouvrage « Héros de L’ISLAM » fait voyager à travers des biographies succinctes et riches de certaines figures monumentales de l’Histoire du monde musulman. Ainsi les parcours des 4 honorables califes ayant succédé au Sceau de Messagers Muhammad (psl), ont été abordés d’une manière soutenue dans leurs diversités , leurs complexités et leurs contextes. Sincères, volontaires, dévoués et courageux, Abubakr, Umar, Usman et Ali (Qu’ils soient agréés) ont su tenir avec RESPONSABILITÉS l’émergence spectaculaire et la consolidation révolutionnaire d’une Nation de Foi et de Vision du Monde qui continue de marquer l’Humanité à jamais.

Parmi ces 30 grands noms sélectionnés par l’auteur, on y compte le conquérant pionnier Amr ibn al-As qui ouvrit l’Égypte à la prédication islamique. Un génie issu de l’élite Qurayshite païenne d’antan, l’arrivée de l’islam sur les terres africaines lui doit beaucoup historiquement. Également le premier muezzin de l’islam et proche compagnon du Prophète fait partie des illustres personnages du livre. Le respectable Bilal ibn Rabah, on y apprend qu’il naquit à la Mecque d’un père arabe et d’une mère originaire d’Éthiopie. Le tonitruant et intrépide combattant Khalid Ibn al-Walid, le courageux berbère Tariq ibn Ziyad pour l’ouverture à l’Espagne musulmane, le martyr résistant à la tyrannie Al Husayn ibn Ali, le distingué réformateur Umar ibn Abd al- Aziz, le conquérant ottoman de Constantinople (devenu Istanbul) en 1453 Mehmet Al-Fatih, un digne et vivace représentant du mouvement revivificateur (les Mourabitounes) Yusuf ibn Tashfin du grand Sahara-maghreb, le kurde protagoniste principal de la reprise de Jérusalem de l’emprise Croisée en 1187, Salah ad-Din al-Ayyubi (connu Saladin), le visionnaire rempart contre les terribles mongols et les fervents adeptes croisés, Baybars,…et beaucoup d’autres figures-piliers donnent divers portraits-ressources qui peuvent nous inspirer dans nos engagements, nos croyances, nos initiatives individuelles ou collectives dans diverses domaines de la Vie.

Du côté de l’Afrique subsaharienne, l’auteur s’est choisi parmi ses grandes figures, Usman dan Fodio, un activiste prédicateur peul très dynamique en fin 18ème siècle et courant 19ème siècle, qui secoua et assainit les pratiques d’alors en pays haoussa épars déjà islamisé mais avec d’autres mélanges résistants du paganisme ancestral. Le résistant et chef religieux inspiré mouride cheikh ahmadou bamba du Sénégal mériterait toute sa place-portrait là où le globe-trotteur maghrébin Ibn Battutah est nommé. Ainsi parmi d’autres omissions remarquables, j’ose citer l’égyptien cheikh Hassan El-Banna, le fondateur courant 20ème du mouvement des frères musulmans, le sahélien lettré Ahmed Baba de Tombouctou qui s’était révolté intellectuellement contre les visées impérialistes du sultanat du Maroc à l’époque, et pourquoi pas le cheikh téméraire et martyr Mohamed Lamine Dramé qui osa défier l’injuste ordre colonial français dans une zone du Sénégal actuel. Du côté de l’Arabie, l’absence d’une grande figure connue originaire du Nejd et principal inspirateur du courant politico-religieux dit wahabite, l’imam activiste Mohamed Ibn Abdel Wahab au 18ème siècle, ne passe pas inaperçue.

Le contenu de ce type d’ouvrages nous éclaire sur certaines données historiques, religieuses, culturelles, politiques et géopolitiques constituent le fond de frictions et de tensions de nos jours. Ainsi le monde chrétien occidental prosélyte politiquement et militairement faisait face au dynamisme expansionniste du monde islamique naissant. Donc comprendre la logique des croisades de la chrétienté et les divers affrontements tout au long de l’Histoire avec les porteurs de la Foi musulmane. La ferveur religieuse de 2 côtés représentait du carburant politique inépuisable. Les gens de Foi différente ont une idée différente de Dieu et logiquement une idée différente du Monde des Hommes. Aujourd’hui ce Monde par certaines relations internationales conflictuelles, est le lointain rejeton d’un passé et d’une conscience différemment interprétés et hérités de 2 univers.

Pour pouvoir bien comprendre certaines réalités Aujourd’hui, il est impératif de bien cerner certains paradigmes et contingences qui motivaient Hier.

• KS pour le BLOG

Ghazouani : la queue de comète d’un système politique ou le « nouvel homme fort ». | Par Souleymane SIDIBÉ

Le chef de l’État Mohamed Ould Ghazouani, ancien général de l’armée mauritanienne, reconverti en homme d’État, a pris les rênes du pouvoir le 1er août 2019. Nous sommes, aujourd’hui, le 14 juillet, une date qui marque chez l’ancien colonisateur, la France, une journée symbolique appelée notamment La fête nationale française. Quant à notre pays, rattaché par les faits historiques et l’éducation de qualité des enfants de l’élite dans les écoles françaises, nous avons aussi notre fête nationale célébrée le 28 novembre. Cette date marque l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie. De cette émancipation jusqu’en 1978, un président, à la base, avocat-stagiaire du nom de Mokhtar Daddah a dirigé d’une main de fer le pays. Il a installé les bases, assez discrètement, de toutes les inégalités qui sévissent dans ce pays multiculturel. Un lieu qui, dit-on, aurait pu être la « Suisse de l’Afrique de l’Ouest ». Par conséquent, l’avènement des militaires au pouvoir fera une entorse aux réflexes démocratiques à travers la confiscation du pouvoir ; encore pérenne.

Dans cette logique de domination et de confrontation d’idéologies, la Mauritanie, sous l’ère de la gestion du pouvoir « central » par l’armée, la force publique sensée être républicaine, nous assistâmes à des pogroms jamais connu dans l’histoire politique : les tragiques « événements » de 1989 à 1991. Quelques règlements de compte au sein de l’armée avaient fait rage ; auparavant. Là, il s’agit d’une période où de paisibles citoyens ont connu la « damnation » sous le régime de Taya. L’État d’exception. Le 28 novembre 1990, 28 soldats noirs, majoritairement peuls ont été exécutés après qu’une partie soit excommuniée.

Depuis cette date, une grande majorité de la population ne se reconnait plus dans ladite fête d’indépendance devenue un jour de deuil. Il ne s’agit, par-là, nullement de tenir pour responsable l’actuel gouvernement. Mais, il serait judicieux pour le chef d’État de se démarquer de cela, ne serait-ce qu’une fois au cours de ce mandat. Par un acte symbolique. C’est peut-être trop demander de créer une commission, à l’exemple de celle de l’enquête parlementaire sur la décennie de son ancien « ami et camarade » Abdel Aziz sous mandat judiciaire ; mais cette fois de vérité, justice et réconciliation (mot que réfute le président – car il ne s’agit pas de guerre civile) en prélude des devoirs de réparation et de mémoires.

N’oublions pas que la mémoire consolide le devenir de toute Nation par une histoire partagée, par « la sève élaborée ». Sans poser cet acte fort, c’est encore le dédain envers les Mauritaniens, les justes. Celles et ceux qui se sentent touché(e)s et/ou ont subi voire compatissent ces épreuves. Chaque « arriviste » au pouvoir, hormis Feu Sidi Ould Cheikh Abdallah, esquive cette problématique cruciale. Cette même Mauritanie regorge encore les vestiges de l’esclavage, de la féodalité (stratification sociale), de l’exclusion, de la stigmatisation et du patriarcat : tueur silencieux. En bref, un système politique inique qui réprime sévèrement. Un État qui n’a pas encore réparé des séquelles et fait face à ses propres contradictions ; qui oublie que l’on ne peut museler la pensée humaniste. Ne parlons pas d’assistance à la petite enfance et aux personnes à mobilités réduites ; vulgairement appelées « handicapées ».

En deux années de mandats, il n’est interdit à aucune personne soucieuse de son pays, activiste, politique ou membre de la société civile, de poser un diagnostic sincère. En conséquence, cela mènera surement à quelques légers changements et tournures. Arrivera la covid-19 qui n’a peut-être pas facilité le mandat présidentiel. On se demande si à l’absence de ce virus dans un contexte de délabrement sanitaire, on aurait vu un changement dans la fabrique sociale. Rien ne montre cela. Aucun catalyseur pour le progrès. Hélas ! La covid-19 n’a pas épargné la Mauritanie. Il faut des années pour former des médecins, infirmiers et professionnels de santé capables de faire face. Le pays a quelques bons médecins mais le système sanitaire et de soins ne font le poids face à l’extrêmement petit qu’est le coronavirus. L’État va-t-il reconnaitre avoir manqué de ressources humaines et de professionnalisme ? Absolument pas ! Qu’à cela ne tienne, le pouvoir dira que « tout est sous contrôle ». Le populisme en pompe ! Cependant, la gestion de la covid-19 a recelé beaucoup de failles. Des villes entières ont été des foyers pandémiques. Des remaniements courants au sein du ministère de la Santé. Les populations ont- elles été rassurées ? Non. Vraisemblablement pas. Le ou la citoyen.ne « lambda » ne s’est-il/elle pas remis(e) à Dieu désespérément en se voyant dépourvu(e) d’une quelconque assistance étatique ? La ploutocratie est un mal à jamais ; principalement en Mauritanie avec des personnes qui ont « gouté » à tous les râteliers étatiques. La sécurité tant chantée à l’international n’est pas totalement acquise dans le pays. En parallèle, la covid-19 a montré la fragilité de notre pays à toutes et à tous. De cette fragilité, qui sévit, on voit à coté celle de nos rues ; le phénomène des villes grandissantes montre le danger imminent. Le danger d’une conceptualisation politique qui montre qu’à côté du favoritisme pour les groupes « hassanophones », les jeunes dans les ghettos s’adonnent à des pratiques barbares pour eux-mêmes et pour cette « quiétude » tant recherchée dans nos villes. Quelles solutions idoines ? Est-ce les patrouilles nocturnes ? A quand ? Lorsque nous aurons un autre « variant » de la criminalité. Plutôt un autre variant de la covid-19. L’État s’affaisse face au « religieux ». Cette dernière partie intégrante de notre substance. Le pays est sans doute fragile face au virus. Pendant que l’État interdisait les voyages, un « chef religieux », cousin ou potentiel électeur voyageait avec une escorte de la capitale vers les autres villes « à l’intérieur du pays ». Chaque mauritanien.ne en son for intérieur se demande d’où vient l’argent de ses centaines de voitures dernier cris. Le grugeur de la République, notre Bernard Madoff, est toujours libre après l’arnaque du siècle ; du moins au cœur la République islamique de Mauritanie. Mais la menace est dressée contre les internautes mauritaniens dans le globe qui veulent un lendemain meilleur.

Concernant l’éducation, le prédécesseur ou ancien « locataire du palais », Abdel Aziz a transformé des écoles en boutiques sans alternatives. Ces mêmes écoles qui ne peuvent accueillir des milliers d’enfants par soucis de pièces d’État civil – des enfants dont les parents ont été victimes de véhéments circonstances de 89 à 91. L’actuel pouvoir public prétend éliminer les maux ou y travailler. Des maux que les tenants des pouvoirs publics ne peuvent sentir car leurs progénitures ne sont pas « concernées ». Il faut une école républicaine qui prend en compte les couleurs de la Nation à construire, et la devise : honneur, fraternité et justice (sociale). Ne faut-il pas de l’équité et de la qualité dans l’enseignement et la formation ? Une formation qui ne doit nullement se plomber dans « l’arabité » outrancière. Une formation qui prend en compte les exigences du siècle. Une formation professionnelle et/ ou académique avec des bourses sur critères sociaux et d’excellence.

En ce qui concerne l’Économie du pays, elle est toujours entre les mains de quelques-uns qui prennent le pays, à l’image de certains politiques, comme une « structure boutique ». Des marchés de gré à gré, contrairement à un marché organisé, de la fabrication de nouveaux riches avec contrepartie financière à cette nouvelle politique d’investissement, on oublie que l’État devrait être le premier acteur pour développement, pour la création des biens et services. Le ou la citoyen.ne mauritanien.ne de condition d’existante modeste est encore oubliée. Les prix des denrées alimentaires flambent. Personne ne demande aux dirigeants de faire des miracles ou de rendre la Mauritanie comme la Suisse, mais de créer des conditions optimales en palliant le mal développement, la mal gouvernance : pour le bien-vivre des populations en consolidant le vivre ensemble.

Les nominations, à des postes clés de l’administration publique, montrent de nouvelles têtes, compétentes parfois, sans idéologie ou projet pour le pays. Certains essaient de faire leur tâche ministérielle dans un « océan » de déboires. La condition sine qua none pour le changement et le progrès est de se débarrasser de ce qu’un militant des droits humains et politique appelle « la Vielle Quincaillerie ». Celle-là, atrophie toute idée de développement participatif et national. Il y a un ensemble d’éléments à répertorier pour faire tabula rasa en changeant l’ossature politico-juridique défaillante. L’armée censée protéger les populations est plus protégée financièrement, mieux lotie et équipée que les structures civiles. Elle tend à être monocolore au sommet, pire que le gouvernement. Alors même que ce n’est pour perpétuer l’État-gendarme quelle finalité ? Les populations connaissent des années en disette, et nous voyons des généraux milliardaires issus d’un seul groupe ethnique à la tête d’un système politique. On oublie ou ignore que c’est aux civils que revient la gestion du pouvoir publique et non aux forces de l’ordre. Il faudra que les militaires rejoignent les camps, qui « mielleusement » prolifèrent en plein centre-ville, Nouakchott ; pour l’avènement d’un État-providence. Un État, digne de ce nom, devra intervenir constamment dans les domaines social et économique en vue d’assurer des prestations aux populations. C’est de cela que l’on a besoin pour notre pays ; notre partie du tiers-monde. Quand les besoins primaires et secondaires des populations, à savoir se nourrir, se loger et s’éduquer, seront assurés, nous pourrons penser à un accroissement monétaire où le pouvoir publique n’interviendra pas activement. Avec une forte croissance dans des secteurs clés, on pourra alors chercher d’autres moyens d’amortissements financiers.

La Justice est arabisée. L’individu qui ne parle pas arabe (ou Hassanya) se voit retirer une réponse claire quand il entame une démarche juridique.

De même, on note toujours la macrocéphalie « nouakchottoise » qui consiste à tout gérer dans la capitale. La décentralisation est toujours un mot vain. Son emploi ne reflète aucunement la réalité. Et si on laissait aux villes la responsabilité politique de trouver un nouveau modèle économique propice à leur croissance et une gestion administrative adéquate à la région ou au département avec de véritables structures d’apprentissage.

Après, le départ de Mohamed Abdel Aziz, le disruptif, la Mauritanie accueille Ghazouani : peu bavard et en quête d’un idéal jusque-là inconnu des Mauritaniens. Le « fabuleux » discours de Rosso, orienté sur le triptyque agriculture, sécurité et cybersécurité, voulait étaler le profil d’un « nouvel homme fort ». Cela sert-il à quelque chose nonobstant le ton tonitruant ? Nous savons, d’ailleurs, que Rosso est un espace géographique, à l’exemple d’autres zones agro-pastorales, qui peut aider la Mauritanie à s’auto-suffire. L’urgence serait de rendre ses terres arables en véritable pôle agricole. Il faudra encore l’expression magique pour cela : la volonté politique. Peut-on parler de volonté politique quand toute une partie de l’administration déserte pour accueillir un président ?

C’est de la folie, disait l’illustre savant Albert Einstein, de faire toujours la même chose [que les autres présidents], et s’attendre à un changement. On verra encore à des chroniques : « Le président est choqué des retards dans l’avancée du programme… »

Au lendemain de l’ascension du président, des mannes financières ont été déployées pour changer les décors de l’administration. Une autre priorité ; apparemment. On voit une nouvelle photo géante dans tous les bureaux de l’administration. Un président pétri de charisme. Ce culte du président en dit long sur la conscience collective de nos États africains ; particulièrement de la Mauritanie. Et si le président était simplement le représentant du pouvoir exécutif et non pas l’incarnation comme le juge doit-être une personne qui doit trancher des litiges, tutti quanti, dans une cour de justice plutôt que son incarnation. L’imaginaire collectif mauritanien souffrirait moins. Il est donc indispensable de dire que « l’humain » est le résultat de son milieu social, politique et culturel. Pour changer, il lui faudra se démarquer de toute cette culture, ces représentations. Le président afin de ne pas être une suite logique, doit se détacher de la culture politique hypocrite qui pousse à « vénérer » le locataire du palais. Cela pourrait notamment éviter la mégalomanie. Il aurait pu demander à l’ensemble de l’administration de dépasser sa personne en mettant des photos de leur enfant, famille (mari ou femme), de penser à celles et ceux pour qui, en tant qu’agente ou agent de l’État, il ou elle se réveille parallèlement à l’amour pour la patrie : relatif. Cet apport (novateur) pourra épargner les choses peu agréables pour le budget national, ab antiquo.

Le discours du chef de l’État sur les travaux de l’agriculture a été maquillé d’une dose de propos de dirigeants (militaire ou ancien) qui ne martyrise pas son peuple mais maitrise la situation. En ce sens, la « menace » sécuritaire a plu sur les champs de Rosso. Le mauritanien « lambda » est ébahi par de tels propos. Nulle part en Mauritanie, on se sent en sécurité. Mais ne dérange pas. Le regard attentif des internautes qui, -selon les mots du chef d’État, jouent avec le feu et vont le regretter-, inquiètent plus les pouvoirs publics.

Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a raison de dire : « La sécurité n’est pas négociable ». Audere est facere : « Dire, c’est oser ». En d’autres termes, le président essayerait-il dire que la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, plus virulente en Occident qu’en Mauritanie, de façon incongrue appellerait à la cybercriminalité. Deux expressions qui sont de champs différents. Internet est devenu, il faut le dire, partie intégrante de notre quotidien. Il est un couteau à double tranchants. D’un côté, un vaste réseau d’échanges sur les outils didactiques et de l’information qui semblent déranger nos dirigeants – car l’actualité ne leur est pas favorable, et d’un autre le « deep web » qui demande une connaissance informatique approfondie et ouvre de façon malsaine les voies vers la cybercriminalité. Cette dernière désigne toutes les activités illégales menées sur Internet, par le biais d’un ordinateur ou d’un appareil similaire. « Elle est fréquemment associée au piratage, mais inclus également les cas de fraude financière ou de harcèlement ». La cybercriminalité terrasse la technologie de grandes puissances ; elle ne peut pas être contrôlée par la Mauritanie. Malheureusement, elle n’est pas prête à disparaitre. Ainsi, il faudra des lois et des compétences pour contrecarrer les abus des réseaux : « dérives » passibles de condamnations. In fine, le mauritanien n’aime pas les critiques constructives ; le gouvernent voudrait que l’on ferme les yeux sur tout. Il se pourrait que ce soit pour continuer à exploser l’applaudimètre ! Il faudra partir des décisions d’un ensemble pluripotent, et pas seulement de la figure du président dans la gestion des destinées. « Le pouvoir est fait pour servir. Il est passager » dixit le juge Feu Kéba Mbaye du Sénégal. L’Opinion publique aura toujours son mot à dire sur la toile, les marchés et dans les salons.

Souleymane Sidibé

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