Réflexion : La lecture, source de liberté, Par Salihina Moussa KONATE

Bien que toute liberté demeure relative. Elle existe quand même. La liberté n’est que le pouvoir d’esquisser sa voie sereinement sans se soucier du regard des autres ; qu’on soit la cible de l’attention ou non, quelles que soient les circonstances. Elle consiste à faire des choix aussi loin que ces derniers ne nuisent pas au mieux-être d’autrui, puisqu’on ne sera jamais libre en privant l’autre de sa liberté. Quoi qu’on fasse, l’absolu reste toujours inaccessible à l’homme même quand il perd sa raison. Quand il devient fou, il obéit aussi à des lois dites instinctives sans savoir ce qu’il fait vraiment. Il peut jouir d’une sorte de liberté, mais qui ne sort jamais du cadre de la relativité restreinte, en l’occurrence, il peut jouir instinctivement d’une liberté d’expression, dire tout ce qui se passe par sa tête sans savoir exactement ce qu’il dit. Cependant, il y a une liberté que tout individu doit goûter, c’est celle de vivre pleinement sa vie en toute quiétude sans se préoccuper des jugements que les autres portent sur lui.

«Le secret de la liberté, c’est la librairie,» affirme un auteur de fiction de nos jours, Bernard Weber dans son livre intitulé « les Thanatonautes. »
La liberté, c’est aussi la lecture des livres comme disait le Toto de Juliette Drouet «tout homme ouvrant un livre y trouve des ailes, et peut planer là-haut où l’âme en liberté se meut » . «La liberté commence où finit l’ignorance», disait-il. Puisque l’ignorant se fait plus de torts qu’on ne lui en fait subir. Alors qui veut voler sans ailes doit ouvrir des livres et s’exposer à la nature pour y lire la sagesse qu’elle nous procure. Lire des livres délivre et aide à gérer sa liberté sans nuire à celle d’autrui. Qui lit, conserve sa liberté, lime son cerveau comme on lime un couteau et s’arme contre toutes formes de violences. Qui lit s’immunise contre les torts de ses congénères. Point de liberté en dehors de livres. Ces manuels qui sauvent l’homme même dans les moments ingrats de la vie et qui donnent vie à toute âme meurtrie et à tout cœur perclus.

Nous vivons dans un monde de silhouette, un monde où l’honnêteté, la justice, somme toute la bonne foi boite en cassure par conséquent faire nos humanités est notre unique voie de salut, aussi le moyen le plus efficace pour conquérir notre liberté et de nous éclairer.

«Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C’est pourquoi nous crions : enseignement ! Science ! Apprendre à lire, c’est allumer du feu ; toute syllabe épelée étincelle», arguait Toto de Juliette.

Il n’y a pas de connaissance sans la lecture et sans connaissance il n’y a pas de liberté.
L’ignorance fait de l’homme un serf, le maintient en servilité et lui fait accroire qu’il jouit pleinement de sa liberté.
Nous devons recourir aux lettres à tout moment car elles sont indispensables.

« Il n’y a jamais trop de livres ! Il en faut, et encore, et toujours ! C’est par le livre, et non par l’épée, que l’humanité vaincra le mensonge et l’injustice, conquerra la paix finale de la fraternité entre les peuples.»
Sans la connaissance, nous ne saurions faire humanité ensemble.

Qui lit,

S’arme.

La lecture est un sésame
Vers la réussite.
Le livre est une panacée
Qui cure l’esprit,
Et le préserve du mépris.
Qui lit,
S’immunise contre un monde de silhouette,
Parfume sa matière grise de bluette
S’inocule contre les torts de ses congénères,
Se cultive et onques ne se dégénère.

Le livre est un bel ami,
Aussi le meilleur palliatif
Qui berce les troubles cognitifs.
Celui qui veut se consoler et se hisser au rang des élites,
Celui qui cherche à toucher au faîte de la gloire,
Qu’il s’abreuve, se nourrisse des lettres.

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur.

Mauritanie : Soixante ans, il est temps de changer d’heure ! (Lettre au Président de la République)

Monsieur le Président,


C’est avec respect et honneur que j’ai décidé de vous adresser ces lignes. Dans quelques jours vous allez vous adresser à la nation mauritanienne pour accomplir le rituel annuel célébrant l’indépendance du pays. Vous n’êtes pas sans savoir que, depuis 30 ans, ce rituel est parallèlement accompagné d’un autre beaucoup moins festif. Le 28 Novembre 1990, à Inal, des militaires noirs mauritaniens ont été pendus par le pouvoir d’alors afin de célébrer cette même indépendance. Le contexte génocidaire de cet évènement particulièrement marquant pour le pays n’a nul besoin d’être présenté dans les détails, surtout qu’il est bien connu de tous les Mauritaniens. Ce qu’on peut retenir c’est que, depuis 30 ans, une Mauritanie fête l’indépendance sous le coup des fanfares, et une autre se recueille sobrement devant la mémoire des morts. Et cela n’a que trop duré. Ma lettre, loin de se vouloir une quelconque singularité, est une voix comme toutes ces autres qui résonnent dans les coins des rues de Nouakchott, d’Atar, de Kaédi ou de ces villes à travers le monde qui accueillent notre diaspora.
J’ai la moitié de l’âge de notre pays, le même âge que l’horreur d’Inal, je suis un jeune Mauritanien qui exprime son droit, si ce n’est son devoir, d’exposer, dans une large mesure, sa vision, ses craintes et ses perspectives pour son pays.
Pour ce faire, que l’on m’accorde un espace de liberté, en effet, sans liberté pas de réflexion. Que l’on tolère aussi ma fougue, pour moi une jeunesse sans fougue est une vieillesse prématurée. En retour, je garantis le respect dans l’expression mais, plus important encore, je promets l’honnêteté et la franchise.
Si les années étaient des minutes, on en aurait consommé 60 et il serait alors temps de changer d’heure. Nos voisins et cousins Dogons nous diraient de prendre très au sérieux cette période de 60 ans quand eux-mêmes la suivent pour observer leurs fameuses cérémonies de Sigi marquant la fin du siècle dogon. Je ne dis pas qu’il faudrait organiser, nous aussi, une fête des masques et un congrès mystique, mais nous avons plus grave : c’est la conscience de notre pays qui est appelée à la barre.
Durant ses premiers soixante ans, notre pays a pu traverser une vie mouvementée. Il a expérimenté diverses solutions aux questions essentielles qui se posent naturellement à un état composite. La question de la cohabitation de ses diverses communautés linguistiques est de loin le plus important de ses défis nationaux. Ce ne serait qu’employer un euphémisme si on disait que la Mauritanie n’a pas réussi à y répondre efficacement. On serait plus exact si on disait qu’elle y a répondu par des voies dangereuses dont les conséquences, au-delà des assassinats, de la détention politique, de la déportation massive et d’autres exactions, ont miné le pays sur bien des plans : politique, économique, militaire. 
Le courant nationaliste arabe revigoré par l’effervescence de la décolonisation a été adopté par certains cercles mauritaniens de façon progressive. Le mouvement qui en a résulté a été renforcé après que des mauritaniens formés dans des pays arabes sont rentrés au pays et qu’ils se sont mis à appliquer les principes du panarabisme dans un pays pourtant multiculturel. Ce mouvement panarabiste est le principal responsable de l’échec de la cohabitation et ses conséquences. Je n’ai rien contre le panarabisme, je dis juste qu’il ne s’applique pas dans un pays comme la Mauritanie. Et on a bien vu les conséquences criminelles qu’il a occasionnées dans le pays.
L’autre problème majeur de la Mauritanie est l’utilisation ambivalente de la religion. Tantôt considérée comme un facteur de cohésion pour un pays à la croisée des cultures mais entièrement musulman, tantôt utilisée, de façon sournoise, comme élément d’oppression et de justification de toutes les injustices, la religion est sans aucun doute un des nœuds du problème mauritanien. Les questions qui la concernent sont d’ordre social et judiciaire.  Car à côté de la mouvance panarabiste, un courant fondamentaliste religieux a peu à peu prospéré et s’est servi de la part judiciaire tandis que le panarabisme s’est déjà installé sur la chaise politique. Une sorte de cohabitation que l’on ne peut que trouver curieuse si on connaît un peu les tendances plutôt laïques des mouvements panarabistes (tels que le baathisme) dans les pays où ils se sont établis pendant des décennies – Irak, Syrie, Tunisie, Libye ouÉgypte. Leurs dirigeants dans ces pays-là avaient affirmé un choix laïque clair. En Mauritanie, curieusement, panarabisme et fondamentalisme religieux partagent le lit à deux places du pouvoir et convolent à des noces pour le moins suspectes.  Mais bien évidemment que personne n’est dupe sur le fait qu’il ne s’agit là que d’une alliance de circonstance si ce n’est une utilisation pure et simple des fondamentalistes par les panarabistes qui, dans leur rhétorique, n’hésitent pas à brandir des textes religieux pour justifier leur idéologie. Une victime récurrente de cette bassesse est la question des langues nationales. 
Très tôt après la vague des indépendances, les résistants Noirs mauritaniens se sont retrouvés dans un autre combat politique. Face à la volonté d’imposer l’arabisme, ils ont compris assez tôt que l’occupation coloniale à laquelle ils s’étaient opposés avait laissé sa place à une forme d’oppression culturelle bien déterminée à redéfinir la destinée du pays. Ils ont alors initié la résistance culturelle organisée autour de la promotion de leurs langues et de l’expression de leurs cultures. Ce n’est pas un hasard si la conférence dite de Mbagne tenue en 1962 dans les environs de cette localité du sud de la Mauritanie a devancé de quatre ans la grande conférence de l’UNESCO dite de Bamako sur la transcription des langues africaines. La question des langues était étudiée en long et en large et intégrée par les intellectuels du mouvement des Noirs mauritaniens qui prônaient l’égalité des cultures et des langues auprès de l’état et de ses institutions. Il convient de noter une dissymétrie importante entre le mouvement panarabiste et celui des Noirs mauritaniens. Tandis que le premier se préoccupe exclusivement de l’Arabe et assume sa volonté de domination, le second adopte une démarche inclusive et égalitariste des langues. De toute façon, les intellectuels noirs, étant eux-mêmes musulmans, ont une certaine tendresse à l’égard de leur langue liturgique. Ainsi, le jeu auquel on a affaire n’est pas exactement à somme nulle.  La religion, même si on ne peut affirmer qu’elle est un inconvénient pour le mouvement noir dans ce problème précis, est néanmoins un avantage à exploiter pour le mouvement arabe. Et comme dit plus haut, ce dernier n’a pas hésité à transgresser son principe laïque pour en capitaliser. 
Le panarabisme s’est exprimé dans tous les régimes qui ont successivement gouverné la Mauritanie. Une raison simple à cet état de fait est qu’il est structurel. D’ailleurs une occurrence qui réconforte cette affirmation est le fait que l’Arabe est l’unique langue officielle de la Mauritanie. Au niveau de l’éducation nationale, une série de réformes procède au remplacement du Français, hérité de la colonisation, par l’Arabe. Sur ce point précis des réformes, on trouve un argument fallacieux que les panarabistes opposent au mouvement noir. Cet argument consiste à dire que l’Arabe est authentiquement mauritanien et musulman alors que le Français est occidental et que donc qu’une Mauritanie dans laquelle l’Arabe aurait détrôné le Français dans tous les secteurs serait la meilleure. Les opposants à ces réformes sont souvent taxés de toutes les traîtrises. Mais ce qui est en jeu est fondamentalement une question de justice sociale. Nous, tous, savons la parenté que la langue Hassaniya a avec l’Arabe. Cette parenté occasionne naturellement une tendance des locuteurs du Hassaniya à l’adopter comme langue dominante tant dis que la plupart des Noirs mauritaniens optent pour le Français. Et ce, depuis le temps que ces deux langues cohabitent dans le système éducatif. Une élimination du Français s’accompagnera nécessairement d’une réduction drastique de la présence des Noirs mauritaniens dans tous les domaines du corps administratif, mais surtout d’une sélection biaisée des futures générations. Si la Mauritanie veut plus de mauritanité dans son système éducatif et dans son administration, elle devrait accéder aux requêtes demandant l’officialisation de toutes les langues mauritaniennes et leur introduction à l’école et dans l’administration. D’ailleurs, l’expérience faite sous le contrôle de l’institut des langues nationales dans les années 80 et 90 a été concluante. Mais bizarrement, on y a mis un terme sans aucune explication ! 
Les causes de l’arrêt de cette expérience pourraient être cherchées du côté de nos chers militants du panarabisme à la tête desquels se trouvent des auteurs de ce que l’écriture et la logique ont connu de pire !
Ely Ould Sneiba se distingue particulièrement quand il s’agit de déployer un raisonnement fallacieux connecté par des formules abracadabrantesques. Dans sa dernière sortie sur les langues, il associe avec sa magie habituelle des histoires incompatibles pour ériger un édifice mensonger culminant, comme on pourrait s’y attendre, à un rabaissement des langues comme le Pulaar, le Soninké ou le Wolof et à l’élévation de l’Arabe en passant par l’anéantissement du Français. Sneiba prétend que si ces langues ne sont officialisées dans aucun pays, alors il ne faudrait pas le faire en Mauritanie. La question de l’officialisation des langues nationales n’est pas aussi étrange que Sneiba veut le faire croire, un pays comme la suisse a trois langues officielles avec une quatrième à statut assez haut, la Belgique en a également trois, la Russie en a des dizaines par exemple. Nos voisins du nord, le Maroc et l’Algérie, ont fini par officialiser l’Amazigh après des décennies de lutte. Les dynamiques linguistiques au Sénégal et au Mali tendent également vers l’officialisation de leurs langues nationales. Le texte de Sneiba est loin de refléter la situation réelle des langues ne serait-ce que chez nos voisins immédiats. Je ne m’attarderai pas aux autres fantaisies qu’il prend plaisir à employer pour tenter de discréditer les partisans du multilinguisme et par la même occasion de s’attaquer à des communautés entières ; ces fantaisies ne dénotent qu’une absence d’arguments valables, et ici nous avons plus sérieux à faire.


Monsieur le Président,


Je m’excuse de cette longue digression sur la situation du pays. J’aurais aimé m’arrêter là sur les rappels historiques mais, hélas, vous savez que le pire reste à décrire. Quand le panarabisme en est venu à la solution ultime pour se débarrasser du problème noir mauritanien. Quand la répression violente s’est invitée au terrain des idées, quand la terreur est utilisée pour intimider, le plan le plus macabre se dessinait discrètement. Ce plan a muri pendant la présidence d’Ould Taya dont les agents ont procédé à l’arrestation systématique des intellectuels noirs (la prison de Oualata en a gagné une célébrité), la suppression physique de toute substance noire à tous les échelons de l’armée nationale (Inal et Jreida en sont devenus de hauts lieux), l’occupation militaire de la vallée du fleuve Sénégal, peuplée essentiellement par les Noirs, afin d’y semer la terreur en procédant à de diverses exactions, en particulier aux déportations massives des mauritaniens vers le Sénégal et le Mali. Monsieur le Président, vous venez du corps militaire. Vous savez ce que signifie la fraternité d’armes. Le 28 Novembre 1990, des officiers arabes ont pendu 28 militaires noirs compatriotes pour célébrer l’indépendance du pays. Cette ignominie s’est passée au milieu de mois d’épuration ethnique procédée au sein de l’armée, et dans le pays en général. Monsieur le Président, après ces années d’enfer que les Noirs mauritaniens ont subies, des lois d’amnistie ont été imposées pour bloquer des poursuites à l’encontre des responsables au rang desquels se trouvait Ould Taya. Aujourd’hui encore, les rescapés, les veuves, les orphelins, les déportés demandent activement que justice se prononce, mais un mur se dresse devant eux.  Tous les jours des rescapés voient leurs anciens bourreaux mener des vies et des carrières sans être inquiétés, des orphelins croisent les assassins de leurs pères laissés en liberté, les déportés observent leurs terres et leurs maisons occupées sans pouvoir les récupérer. Monsieur le Président, si le projet de Ould Taya et les idéologues de la Mauritanie arabe était clairement une épuration ethnique en Mauritanie, celui de ses successeurs n’a pas l’air de s’y opposer fermement. Sinon pourquoi aucun de vous, présidents de la Mauritanie, n’a décidé d’ouvrir une enquête sur le génocide ? Pourquoi aucun de vous ne réhabilite les déportés ? Pourquoi aucun de vous ne décide de prendre le fond du problème, qui est une lutte culturelle, et ne promet par des actes forts la promotion et l’égalité des langues et des cultures de Mauritanie ?


Monsieur le Président,


Notre pays a 60 ans, 60 ans que les termites de l’injustice rongent les piliers de notre jeune état, 60 ans que la gestion calamiteuse de notre pays par une classe de dirigeants nous enfonce dans les abysses de la misère, 60 ans que notre bateau vogue hasardeusement dans la dangereuse mer de l’oppression et de l’esclavage et que nos chances de devenir un peuple uni périclitent jour après jour.  Il est temps de faire le bilan, le bilan de 60 ans d’existence, de nos calvaires, de nos réussites si maigres soient-elles, de nos échecs si déshonorants qu’ils puissent paraître. Le constat d’un échec est en effet un acte honorifique, même si cet échec était aussi déshonorant que celui que pose une humanité lorsqu’elle faillit à en devenir criminelle. Le déni, à l’inverse, loin de faire échapper au déshonneur, l’accumule dans une enceinte bien protégée, l’amplifie silencieusement jusqu’à la submersion et la paralysie totale de l’âme. Il est temps que la Mauritanie sorte du déni et regarde son histoire d’un œil tragique mais honnête, intransigeant sur les faits mais responsable, d’un œil à la fois serein et sensible. Il va sans dire que l’ouverture d’un tel œil ne peut se résumer à un simple réveil mécanique, mais elle implique un réveil plus profond ; celui de la sensibilité de chaque citoyen, d’une conscience aigüe des dirigeants, la capacité de la nation à éprouver de la compassion à l’égard des victimes et sa volonté à désigner les coupables. Cette histoire n’est pas une affaire dans laquelle la Mauritanie serait scindée en deux camps : victimes, d’un côté, face aux coupables, de l’autre. Loin d’un tel schéma vicieux, ce à quoi la Mauritanie est invitée c’est tout simplement de faire valoir son rôle suprême de mère et prendre en charge cette question vitale. Et seulement après avoir situé clairement les responsabilités, il lui incombera d’organiser un cadre d’explication en vue d’une réconciliation nationale véritable et durable.
Monsieur le Président,
Vous allez vous adresser au peuple mauritanien dans quelques jours. Puis-je espérer qu’enfin vous le saluerez dans ses différentes langues en signe d’engagement de votre part à faire de l’égalité linguistique une de vos priorités ? Puissions-nous nous attendre, mes compatriotes et moi, à ce que vous annonciez en cette date doublement symbolique de 28 Novembre que le massacre d’Inal et tous les autres feront l’objet d’une vraie enquête en vue de rendre la justice tant attendue aux ayants-droit et ainsi décharger notre pays de ce poids ? Pourrai-je m’attendre à ce que vous annonciez la libération des détenus d’opinion ? Monsieur le Président, le peuple peut-il s’attendre aux décisions de la vraie rupture qui aboutiront au pansement des plaies de notre pays, pour que plus jamais deux célébrations du 28 Novembre ne puissent être possibles sur notre territoire ? 
Monsieur le Président, ce sont les circonstances qui forgent nos destins ; vous avez devant vous une porte d’entrée à la cour des grands serviteurs de l’humanité. Cette cour de l’honneur où les sièges sont faits d’actes nobles et de conduites héroïques. Cette haute cour qui se distingue des bas lieux dans lesquels la grandeur du chef est déterminée par l’éloge des laudateurs. Monsieur le Président, poussez la porte ! Poussez la porte et faites sortir le pays du cercle vicieux de l’injustice et du déni. Poussez la porte que nous nous embarquions dans la trajectoire vertueuse de l’égalité et du vivre-ensemble. Poussez la porte pour qu’enfin les mauritaniens puissent dépasser les différences apparentes et accéder à l’essentiel humain qui les réunit afin de vivre dans la solidarité et la fraternité.
Notre pays, de par sa position géographique et de sa constitution culturelle, a un rôle fondamental à jouer dans la sous-région. Un rôle de mise en contact des sociétés. Et aucun réductionnisme idéologique ne devrait nous faire trahir ce destin. Assumer ce rôle passe nécessairement par l’acceptation de notre diversité et l’adoption de rapports profonds, et à distribution équitable, avec d’un côté l’Afrique subsaharienne et de de l’autre le Maghreb.
Du haut de ses cent millions d’années d’existence, le géant Guelb er Richât nous observe. Nombreux sont évènements et saisons dans sa mémoire, nombreux sont paysages et êtres qu’il a vus défiler et ne jamais revenir. Er Richât a témoigné de tant de beauté, de tant de tragédies et de tant d’enchantements. Mais dans sa mémoire récente, Er Richât est témoin des gloires de nos ancêtres, Er Richât voit et entend ce que disent la plaine de Foriet les sables de Bilbassi.  Comme pour tous les autres, le géant œil conservera le spectre de nos actes en son fond lorsque nous aurons disparu. J’ose imaginer que d’ici là nous aurons infléchi le cours de notre plume de sorte à laisser une signature honorable de notre passage. 
Enfin, j’appellerais les Mauritaniens à plus de solidarité et de compassion envers leurs compatriotes victimes d’injustice, n’importe laquelle. La mesquinerie c’est quand l’homme refuse de se retrouver dans le juste combat des femmes, quand le privilégié n’est pas dérangé de l’état de son compatriote lésé, quand l’hétérosexuel appelle à l’oppression sur l’homosexuel, quand l’adepte du rigorisme soutient les peines infligées au libertaire. Je dis que nous sommes honteux quand, en lieu et place du débat d’idées, nous préférons la force de la répression ; dans une logique telle que celle-ci nous ne faisons que trinquer autour de la table des horreurs avec nos propres oppresseurs. Le destin des Mauritaniens opprimés c’est la solidarité indépendamment du critère selon lequel on est opprimé. 
Si nos premiers 60 ans sont marqués par une dynamique conflictuelle ayant passé par une phase génocidaire, nous avons le devoir de faire des prochains un lieu de reconstruction. Alorsil faut que cesse cette oppression qui, du fond des idéologies délirantes, continue encore d’agir au cœur de notre administration, dans notre armée et au sein même de notre état civil. Monsieur le Président, vous ne nous rassurez guère si depuis votre investiture nous voyons déferler des listes quasi-monocolores de recrues dans l’administration et dans l’armée. L’impression qui se dessine jusqu’à présent est que vous êtes, comme le furent vos prédécesseurs, l’otage des courants nationalistes arabes. J’appelle aussi les intellectuels qui se sont fait une profession de justifier les actes de ce système à se ressaisir et à bien comprendre qu’aimer la Mauritanie ne veut pas dire s’aligner à tout prix sur les principes du système. Non ! La Mauritanie est au-dessus de tout système, juste ou fautif, qui s’y exécute. Aimer la Mauritanie c’est justement avoir unelecture du système à l’aune des valeurs que le pays est censé porter et de formuler en conséquence des critiques constructives. Ainsi, aucun système, ni juste et encore moins malhonnête, ne peut absorber le principe de la république de sorte à faire passer les reproches à son égard pour des calomnies contre la nation. Nos prochains soixante ans doivent être ceux du dépassement de toutes les hypocrisies, ceux de la justice et de la responsabilité. 
Notre pays a des défis, beaucoup de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, compromettront sérieusement notre avenir. L’éducation, la recherche, la santé et l’environnement sont des domaines interconnectés qui détermineront notre sort dans un contexte de changement climatique global, d’une transition démographique et d’une globalisation sans précédent. Notre activité intellectuelle devrait plus se mobiliser pour être à la hauteur de ces enjeux monumentaux. L’investissement dans la jeunesse sur le plan de sa formation et de son implication est primordial. Il nous faut de brillants esprits capables de mener les projets les plus ambitieux, d’échafauder des solutions efficaces et d’assurer leur mise en œuvre effective.  
Cependant, sans un traitement sérieux de la question nationale, on ne pourra réussir une seule de ces missions qui sont d’ordre technique.
Notre pays a des chances de rayonner si, loin des fanatismes, nous décidons de le construire avec son matériau de chance qu’est sa diversité. C’est dans les vestiges de Koumbi Saleh et d’Aoudaghost, dans ceux de Tekrouri, dans la grande mémoire du sahara et les rues perdues de Njurbel que nous retrouverons ce matériau, seul garant de la pérennité de l’édifice Mauritanie. Il est temps de changer d’heure et de consacrer nos soixante prochains battements à sa collecte et à la construction de l’œuvre de notre existence. Les mauritaniens, dans leur diversité, sont appelés à ce projet. Aucun défi ne pourra résister devant la force de notre union.


Mouhamadou SY

©️ Crédit source: http://rmi-info.com/mauritanie-soixante-ans-il-est-temps-de-changer-dheure-lettre-au-president-de-la-republique/?preview=true&frame-nonce=caeeba45d8

Réflexion – débats | « MAURITANIE : PARTITION OU GUERRE ? » Par Ciré Kane

« le mariage est permis, mais le divorce aussi est permis »
Proverbe africain

Voilà 60 ans que la France a enjoint les noirs et les arabes à vivre sur cette vaste terre entre le Sénégal et le Maroc. Elle a octroyé le pouvoir politique aux maures, c’est le péché originel. 30 ans plus tard ceux-ci commettaient un génocide de grande envergure contre les noirs, les peuls allaient payer le plus lourd tribut.

Après 60 ans d’indépendance, le constat est amer: les arabes ont accaparé tous les centres de pouvoir : religieux, politique, économique, financier, militaire et même médiatique. Les noirs sont pulvérisés et n’ont plus que leurs yeux pour pleurnicher. Les manifestes sur leurs conditions s’empilent (1966, 1986, 2013) mais le pouvoir fait la sourde oreille, quand il ne réprime pas tous ces sanglots dans le sang.

Aujourd’hui, avec une armée de 30 milles hommes, bien équipée et assistée par la France dans sa lutte contre le terrorisme, et des milices qui s’entraînent dans des clubs de tir à la cible, on peut se demander quelle est la vraie cible d’un tel surarmement. La menace d’un second génocide plane.

Les maures auront bientôt fini de dénégrifier l’administration, principal employeur du pays et les élèves noirs ont un échec scolaire programmé par une méticuleuse arabisation éliminatoire. Ils sont très peu à réussir les concours. On va donc vers un blanchiment des emplois de niveau cadres, dans les secteurs public et privé.

C’est dans ce contexte que cette alerte est lancée pour qu’une séparation à l’amiable du Nord et du Sud soit décidée et planifiée pour éviter la guerre. Cette union entre le cavalier et sa monture n’a que trop duré.

Le peuple noir, pour sa sécurité et sa survie, doit exercer son droit à l’autodétermination. Après un référendum sous l’égide de l’ONU organisé en deux temps, les autochtones d’abord et ensuite les haratines, anciens esclaves africains des maures, les noirs décideront des formes d’organisation politique à adopter pour aboutir à un Etat séparé : la Mauritanie du Sud.

Faut-il une autonomie des régions du Sud, une fédération ou 2 États séparés?

Pour minimiser les risques de conflits, il serait prudent de passer par ses trois étapes et le calendrier global pourrait être celui-ci :

2022: Référendum autodétermination des autochtones (pulaars, soninkés, wolofs, bambaras )

2024: Référendum autodétermination des haratines

2025 : Autonomie administrative et financière des régions du Sud

2030: Etat fédéral

La solution à deux États séparés ne serait nécessaire qu’en cas d’échec de la fédération.

S’il est admis que les haratines représentent 50% de la population, les autochtones seraient environ 30%. Ces référendums permettraient d’évaluer leur nombre exact et évaluer leurs besoins en ressources pour rompre toute dépendance future avec l’Etat tribal maure.

Ainsi donc, les autochtones, pour avoir été enfermés 60 ans avec leurs bourreaux maures par le colon, ont bien plus de raison d’être en colère contre la France.

Dans le prochain article, il sera question du pouvoir religieux. L’islam continue à être instrumentalisé par les arabes pour dominer les noirs et les réduire en esclaves. Nous essaierons de montrer cela. Vous comprendrez pourquoi leurs oulemas ne feront pas campagne contre l’esclavage.

lundi 16 novembre 2020

Ciré KANE
Blogueur et activiste en droits humains


POST SCRIPTUM:

  • cet article est le premier d’une série de quatre publications à l’occasion du 60eme anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie. 60 ans! L’âge de la retraite et du bilan d’une vie faite des larmes et du sang des noirs de Mauritanie.
  • c’est une contribution qui s’adresse en premier aux populations noires de Mauritanie, elle doivent enfin réaliser qu’il n’est plus possible d’être les esclaves des maures, sur notre terre. Il est impératif qu’elles sortent de la victimisation et soient maîtresses de leur destin.
  • 2013: manifeste pour les droits politiques et socio-économiques des haratines.
  • le texte qualifie les maures d’arabes pour rappeler leur origine lointaine par rapport aux autochtones, mais surtout dépasser l’éternel débat sur leur identité. Ils ont assimilé les berbères depuis longtemps et c’est ce sort, déjà emprunté par les haratines, qui est à craindre pour les autochtones.
  • les haratines auraient pu être aussi appelés autochtones, puisqu’ils sont issus des razzias maures effectuées en Mauritanie du Sud, Sénégal, Mali. C’est par besoin de clarté des populations concernées par les futurs référendums qu’on a fait rejaillir la spécificité haratine.
  • cette contribution s’adresse aussi au peuple mauritanien dans son entièreté car l’autodétermination du peuple noir impactera le devenir de notre jeune nation. Elle n’en constitue pas l’échec mais la reformulation pour une vie plus digne pour toutes nos composantes nationales.
  • la communauté internationale doit être sensibilisée dès maintenant à cette aspiration légitime à une réelle autonomie du Sud, voire à la séparation si les velléités de domination des maures persistent.

-enfin, le but recherché est un nouvel éveil des consciences. Ce n’est pas en traitant l’actualité, en scrutant les nominations monocolores, en attendant les résultats des concours,.dénonçant les détournements ..qu’on trouvera des solutions pérennes au sein d’un Etat maure qui ne VEUT PAS DE NOUS! Un Etat raciste, qui vote des lois racistes et interdit de parler de son…RACISME !

©️ Crédit source: reçu de l’auteur via FB 16/11/2020 https://www.facebook.com/251225971745282/posts/1521611011373432/

Quels enseignements tirés de la chaotique élection US, Par Diallo Saidou

Le spectacle ahurissant que nous vivons, dans l’attente des résultats de la présidentielle américaine, renseigne à plus d’un titre sur l’état de la démocratie et ceux qui l’incarnent.

L’attitude belliqueuse et inélégante de D. Trump durant la procédure de dépouillement a donné lieu à des comparaisons sarcastiques, avec ce qu’on trouve dans les républiques bananière, pour ne pas dire dans certains pays africains (suivez mon regard…).

Ce qui sauve « la démocratie » américaine n’est autre que la solidité de ses institutions politico-judiciaires. La solidité de ces institutions permet à la règle institutionnelle -la théorie de l’institutionnalisation- de prendre le dessus sur les acteurs qui les incarnent, et ce, au-delà de leurs convictions idéologiques propres.
Ainsi, c’est « dans la prévalence des institutions sur les hommes que réside la meilleure garantie de la démocratie. »

Pour revenir à l’Afrique, on peut noter que c’est la « prévalence institutionnelle » sur « les hommes qui en ont la charge » qui fait défaut. D’où l’importance d’avoir des institutions fortes qui puissent survivre « aux irrésolutions démocratiques » des uns et des autres.
L’ancrage d’institutions fortes, reconnues et acceptées par tous ne se décrète pas. Cela se construit en dehors de toute forme de solidarité partisane (qu’elle soit politique, ethno-linguistique, identitaires religieuse…) ou de vassalité.

Le rempart aux errements démocratiques -car les risques existent partout Occident/Afrique..-, et ses conséquences désastreuses, se situe dans la pacification des joutes politiques. La contestation politique dans le processus électoral ne peut se résoudre qu’à travers des mécanismes judiciaires, prévus dans ce sens, et qui au demeurant sont indépendants des pression de part et d’autre.

Par ailleurs, la complexité de la procédure électorale américaine – avec le hiatus qu’on peut trouver entre le suffrage universel et la théorie des grands électeurs- n’est rien d’autre qu’un mode d’organisation juridique avec ses imperfections et sa caducité, qui ne saurait en donner un caractère anti-démocratique ou inégalitaire. Car le droit n’est pas érigé pour être juste mais plutôt pour organiser la vie en société (avec ses imperfections) et établir les règles.

Enfin, s’il est vrai que la démocratie ne peut pas s’évaluer qu’à l’aune des opérations électorales, ce moment haletant permet d’en mesurer la solidité comme cela se fait pour les autres institutions.
Et comme le disait Winston Churchill, si « la démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres », en attendant d’en trouver d’autres, préservons la avec des INSTITUTIONS FORTES!

©️ Crédit source: post FB repris de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3775029502547271&id=100001207753513

Les tensions autour des caricatures | « Le temps de l’amalgame doit être dépassé. » Par Souleymane Sidibé

J’ai écouté avec attention l’interview du président de la République française Emmanuel Macron. Il a été clairvoyant dans sa manière d’agencer les mots. Il a essayé de faire comprendre qu’il n’est pas à l’origine des caricatures, mais qu’il garantit en tant que chef d’État la liberté d’expression. J’ai suivi en arabe sur Al Jazeera ensuite en français le soir pour dresser mon avis personnel.
Ayant étudié dans le programme français, je sais que la caricature est une voie d’expression. C’est de la satire avant tout. A travers la caricature, on dresse un fait d’actualité tout en ironisant les personnes. Elle ne doit en aucun servir de provocations.

Le monde musulman est un poids immense dans la géopolitique mais aussi dans la géostratégie. Le président Recep Tayyip Erdoğan (Erdogan) qui dirige un pays laïc qu’est la Turquie s’érige en défenseur de la religion. Cela mérite beaucoup de réflexion. Il faut en toute situation faire valoir la spéculation que la réaction immédiate.

Nous avons vu des campagnes «hypocrites» de boycott. Si je prends l’exemple de la Mauritanie, l’amour du prophète nous est enseigné depuis le bas âge. Nous tissons des relations internes à travers cela. Mais, les différentes injustices, les inégalités et les atrocités commises par le passé ne nous ont jamais fait dire ce que le prophète aurait pensé de nous.

Le temps de l’amalgame doit être dépassé. Il ne faut pas profiter des caricatures pour faire sortir le désir de remplacer le français, et utiliser la religion comme bouc émissaire. Le Messager de son vivant a été injurié et autres… j’en passe. Ce qu’il faut c’est dans les pays musulmans utiliser sa bonne parole pour réduire les conflits et permettre le respect et la considération humaine.

Macron a fait parler l’histoire en évoquant que « la France est la première à traduire le Coran [dans une université occidentale] à La Sorbonne ». Cela dit, la République a contribué à l’éducation du monde. Elle a ses valeurs, ses traditions filtrées par ses penseurs et ses emblèmes.

« Les religions font beaucoup de mal et elles en font toujours. Soyez solidaires et enthousiastes». C’est par cette phrase que l’une de mes professeurs a terminé son cours à l’université.
Il ne faut pas simplement lire cette phrase mais essayer de comprendre pourquoi ces mots. La France a eu un passé sombre avec les rois qui se disaient détenir leur pouvoir de Dieu tout en étant appuyé par l’église. Le Siècle des Lumières est venu combattre cela. Les auteurs des Lumières ont préparé la révolution française. C’est cela que nous retenons de nos lectures. Aujourd’hui, dans nos contrées les plus reculées, les chefs tribaux en complicité avec certains guides religieux enferment le bas peuple dans l’asservissement et les réflexes de subordination. Toute tentative d’éveil des consciences appelle à un bouillonnement. L’objectif visé des religions n’est pas de faire de mal. Ce sont les humains qui utilisent les Livres pour faire du mal. Les religions doivent être une miséricorde et une guidée pour celui qui croit.

Pour revenir au pays d’Aimé Césaire, de Simone Veil, de Bourdieu, de Rousseau de Montaigne et de tant d’autres personnes qui ont contribué pour la liberté de la pensée, la liberté d’expression ne doit avoir deux poids deux mesures. Il faut rappeler que c’est la France qui nourrit, soigne et protège de milliers de réfugiés, d’apatrides et des diasporas entières. Cette vocation lui est imputable. Il y a ce que des journalistes disent et ce que l’atmosphère internationale demande de considérer. Le poids de l’atmosphère internationale est redoutable. Les valeurs républicaines aussi sont intransigeantes. Il faut l’humanité et combattre l’animosité à tout prix pour la survie des femmes et hommes épris.es de justice et de liberté.

Je réitère et conclus que les caricatures ne sont pas des voies ouvertes à la provocation ou à créer des troubles à l’ordre public. Les diverses attaques d’extrémistes sont à condamner. Apprenons des autres pour combler le vide en nous. Il faut donc savoir en tant qu’africains (musulmans ou pas) ce qu’est la laïcité et la séparation des pouvoirs dans un État démocratique.

Par Souleymane Sidibé, étudiant mauritanien à Bordeaux.

« C’est (vraiment difficile, très) difficile d’être aimé par des cons ». Par l’essayiste mauritanien Mohamed Lam

Il n’y a point de place pour la raison dans l’exercice et l’affirmation de la foi religieuse.
Le sacré, ce mot impossible à canaliser chez l’extremiste, brise des Nations, divise des peuples et sème la terreur dans le monde.

Le sacré n’a pas de couleur, ni d’odeur et encore moins de sens. Mais il est nourri par l’humain qui lui donne toute une signification qu’il ne mérite, d’ailleurs, guère.

Dans toutes les sociétés d’hommes, il existe des croyances, des pratiques, des principes de vie. Ces trois choses changent de nature dès qu’on change de société. Ces choses sont spécifiques à chaque société humaine. Un individu né dans une société X devra s’adapter aux croyances, aux pratiques et aux principes lorsqu’il décide de vivre dans une société Y. Et s’il n’y parvient pas, qu’il rebrousse chemin.

C’est la tolérance qui fait l’homme. Il n’ a jamais existé, jamais, sur cette terre, un homme profondément tolérant ou qui n’a jamais été injuste. Mais l’intelligence humaine voudrait que l’on ne décide pas de la vie ou de la mort d’autrui tout simplement parce qu’il ou elle ne pense pas, n’agit pas, ne fonctionne pas comme on voudrait qu’il ou elle le soit.

Du choc des civilisations à la guerre des Libertés, nous tendons à la destruction de nos humanités respectives. L’âme du pardon disparaît à cause de la bêtise des hommes.

Dieu, l’invité surprise de ce chaos que l’humain a produit, garde son silence éternel et n’intervient que pour parler aux hommes et aux femmes doués d’intelligence.

Dieu, j’en suis sûr, préfère mille fois, un athée intelligent qu’un croyant débile. Or, la débilité est ce qui caractérise, par excellence, la grande majorité de ses fous.

Des fous à lier, devant être surveillés, contrôlés, et gardés longtemps dans des conditions ne leur permettant plus de nuire aux vies heureuses des enfants, des femmes et des hommes innocents qui n’ont envie que de deux choses : être libre, vivre.

Aux politiques de mesurer l’impact, de prévenir du danger et d’anticiper les conséquences souvent dramatiques qui nous font perdre espoir à chaque fois.

« Vérités en deçà des Pyrénées, erreur au delà ».

Ils n’iront pas au Paradis avec ce désordre qu’ils laissent derrière eux. Le secret indecodable du soleil, de la lune, du vent, des nuages, de la pluie, de la vie et de la mort échappe à la plus grande des philosophies spirituelles. C’est avec l’œil borgne du cœur qu’ils lisent les humanités. Cœur abîmé par la haine et le dogme, œil sélectif qui n’observe à moitié que ce qu’il a choisi de voir.

On n’en ressort perdu…

Je m’en vais relire Huntington une 3ème fois… Il avait peut-être raison.

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur