Covid-19: la Mauritanie enregistre son premier décès (APA)

APA-Nouakchott (Mauritanie) 30/03/2020

La Mauritanie a enregistré son premier décès d’un malade atteint du virus du Covid-19 ce lundi à Nouakchott, a annoncé le ministre de la Santé, Mohamed Nedhirou Hamed, à la télévision publique.
La patiente est une mauritanienne d’origine française arrivée au pays en provenance de France le 16 mars courant et qui se trouvait en confinement par précaution dans l’un des hôtels de Nouakchott, a expliqué le ministre.

Mais à la suite d’un malaise dimanche, la défunte (47 ans) a été transportée aujourd’hui à l’hôpital à bord d’une ambulance où elle a succombé avant de parvenir à destination a précisé le ministre de la Santé.

Le ministre a précisé que les procédures ont été lancées pour déterminer les personnes que la victime a rencontrées à l’aéroport, la désinfection de son lieu de résidence et le traitement funèbre de la dépouille suivant les règles sanitaires en vigueur dans pareil cas.

La Mauritanie avait déjà enregistré jusque-là cinq cas de Covid-19 dont deux sont guéris. Quatre d’entre eux sont des cas importés venus de l’étranger alors que le cinquième est l’épouse de l’un des deux personnes contaminées à Nouakchott.

MOO/cgd/APA

©️ Crédit source: Réseaux sociaux RIM

Mauritanie – Covid-19 : « Du confinement à la séquestration » Professeur Mamadou Kalidou Ba

Mamadou Kalidou Ba , professeur à l’Université de Nouakchott

🔹️Du confinement à la séquestration

Je fais parti des Mauritaniens qui sont arrivés à Nouakchott par le vol Air France du 16 mars 2020. Très content d’avoir pu rentrer chez moi, même après une mission d’enseignement et de recherche écourtée. Content de n’avoir été isolé par la fermeture des frontières causée par la pandémie du Covid 19. Arrivé à l’aéroport Charles De Gaule, on nous a informés que la Mauritanie avait décidé de mettre en isolation tous ceux qui viendraient de la France à compter de ce jour. Air France informait ceux qui ne souhaitaient pas cette isolation à l’arrivée, être disposée à rembourser sans frais l’intégralité de leur billet.

Alors qu’autour de moi certains protestaient, moi j’étais plutôt content de cette nouvelle, car un jour plutôt, j’avais informé ma famille que je devais rentrer plus tôt que prévu, mais que j’envisageais de me mettre en isolement pendant les deux semaines attestées par les scientifiques comme le temps maximal d’incubation du virus covid 19. Ceci pour protéger ma famille et tous les Mauritaniens d’une potentielle contagion au corona virus.

C’est donc vers 18 heures que notre avion atterrit à l’aéroport Oum Tounsi de Nktt. Nous fûmes transportés dans des bus, sous escorte de la police et répartis dans des hôtels de Nouakchott. J’ai été déposé, par hasard, à l’hôtel Ziwanya, non loin de l’hôtel Atlantique. Depuis, notre confinement s’est déroulé plus ou moins bien. En tout cas, contre mauvaise fortune, les confinés que nous sommes avons mis du bon cœur.

Notre confinement était censé se terminer le 29 mars à minuit. Le médecin qui nous rendait une visite quotidienne nous informa que nous allions pouvoir rentrer chez nous le lendemain matin. On nous fixa d’abord 10 h, puis 12h puis l’intervalle entre 12h 30 et 15h. Tous ces rendez-vous se sont avérés être des mensonges avérés. Lorsque nous nous agitâmes pour être fixés sur notre sort, on nous dit qu’un retard dans le déroulement des cérémonies (car il s’agissait d’opération de communication…)serait à l’origine de ce retard et que c’est seulement à 18h que la « commission » arrivera chez nous. On nous assura que la commission se chargera de déposer chacun de nous chez lui, pour nous éviter de contrevenir au couvre-feu.

Mais à 18h, nous nous rendîmes comptes de l’évidence : les autorités sanitaires et sécuritaires responsables de notre confinement étaient entrés dans une dynamique mensongère dont ne savions quand elle allait finir.

Nous sommes presque tous descendu à l’accueil de l’hôtel pour demander à être libérés et rentrer chez nous, pour observer comme tous les Mauritaniens, un confinement avec les nôtres. Contre toute attente, alors que nous attendions un interlocuteur, des explications, la porte d’entrée de l’hôtel nous fit fermée. La gendarmerie se pointa là, menaçante, nous intimant « l’ordre » de rentrer dans nos chambres. Ceux qui se laissèrent intimidés y allèrent, moi je refusais. Au moment où j’écris ce texte, je suis sous la menace d’une violence de la gendarmerie.

Dès lors, chers compatriotes, sachez que nous qui sommes isolés à l’hôtel Ziwanya, sommes depuis hier (29 mars 2020) et plus encore depuis ce matin 30 mars, non pas des confinés, mais bien des séquestrés, des prisonniers d’Etat. A ce titre, moi Ba Mamadou Kalidou, lance un appel à toutes les organisations de défense des droits humains, à tout Mauritanien épris de justice à voler à notre secours.

Oui, nous sommes maintenant retenus en dehors de toute raison valable contre notre volonté en violation flagrante de nos droits élémentaires de citoyen.

Mamadou Kalidou BA, professeur à l’Université de Nouakchott.

Nouakchott le 30 mars 2020.

©️ Crédit source: Post FB – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10217036070636024&id=1295381018 (Brahim Bilal Ramdhane)

Mauritanie – Covid-19 : Kaédi, tout un quartier à l’isolement (saharamédias)

Saharamédias – Les autorités administratives de la wilaya du Gorgol ont annoncé des mesures sécuritaires drastiques autour du quartier de Tiouldé où réside le malade contrôlé positif au coronavirus vendredi, afin de confiner toutes les personnes qui sont entrées en contact avec lui. Dans une déclaration faite à l’AMI le wali du Gorgol a dit que dès la confirmation du cas du coronavirus les forces de sécurité ont cerné le quartier de résidence du malade, empêchant toutes les sorties et les entrées afin que toute personne ayant été en contact avec le malade soit mise en quarantaine. Le wali a ajouté que les membres de la famille du malade ont été mis en quarantaine et une enquête a été ouverte pour recenser les personnes qui sont entrées en contact avec lui afin de les mettre en confinement. Le wali a ajouté que 15 personnes ont jusqu’ici été mises en quarantaine dans un hôtel de la ville et a annoncé l’arrivée dans la ville de Kaédi d’une équipe médicale afin de suivre le confinement des personnes concernées et approvisionner les hôpitaux et les points de santé de la wilaya en équipements médicaux de protection à mettre à la disposition des équipes chargées d’examiner les personnes suspectées d’être atteintes par la maladie.

©️ Crédit source: Repris via cridem.org

Dr. Boullaye Diawara : « C’est dans le but de rompre la chaîne de transmission que j’ai fait ma réaction. »

Crédit photo : FB

Confiné dans un hôtel à Kaédi, le chef de service des urgences a indiqué avoir été contacté par téléphone par le ministre qui lui aurait reproché de s’être exprimé. « J’ai expliqué au ministre qu’avec tout le respect que je lui devais, il était de mon devoir de faire cette clarification pour alerter l’opinion que le malade est entré à Kaédi par la frontière qui fait face à Gourel Oumar Ly et que depuis il a pu être entré en contact avec plusieurs personnes. »
Toujours, selon le Dr. Diawara, le malade est venu, accompagné de son fils, et lui a été recommandé par un Technicien Supérieur en dermatologie alors qu’il venait de finir les consultations. « Il m’a dit qu’il est revenu du Sénégal après avoir fait 22 jours entre les régions de Tambacounda et Matam où il rencontrait ses disciples. » A précisé le médecin avant de poursuivre : « J’ai donc suspecté que le malade était contaminé après avoir pris sa température et fait le recoupement avec les symptômes qu’il présentait et toutes ces informations qu’il m’a données. »

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Dr. Boullaye Diawara a expliqué que l’équipe de prise en charge du malade, contactée, s’est préparée pendant une trentaine de minutes. « Je leur ai demandé de procéder au prélèvement pour les besoins de l’analyse. A 14 heures, ils ont envoyé la culture à Nouakchott. À ma grande surprise, je vois une vidéo du ministre déclarant que le malade a été intercepté à la frontière par les forces de sécurité et présenté aux services de santé. Je ne pouvais me retenir de réagir de façon urgente pour que l’on sache que cet homme qui a fait plusieurs jours à Kaédi a été sans nul doute en contact avec d’autres personnes qui sont donc susceptible d’être contaminés. C’est dans le but de rompre la chaîne de transmission que j’ai fait ma réaction.»

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/dr-boullaye-diawara-cest-dans-le-but-de-rompre-la-chaine-de-transmission-que-jai-fait-ma-reaction/

Ministre de la Santé : 《 le troisième cas du Corona n’a pas respecté le confinement et sa famille n’était pas avec lui》

Sahara Médias – Le ministre mauritanien de la santé Dr Nadhirou O. Hamed a déclaré jeudi que le citoyen mauritanien victime du coronavirus avait séjourné dans sa résidence en compagnie de sa femme et que les autres membres de sa famille se trouvaient à l’intérieur du pays. Dans un entretien avec la télévision nationale, le ministre a révélé que ce citoyen se proposait de se rendre à l’intérieur du pays mais qu’il a dû ajourner son voyage en attendant que son ami, arrivé un jour après lui, puisse sortir du confinement où il a été mis dès son arrivée. Le ministre a ajouté que ce citoyen n’a pas respecté l’auto confinement, révélant qu’il avait reçu certains proches à son arrivée et qu’il s’est rendu dans une banque de la place. Il a ajouté que les autorités ont mis en quarantaine l’équipe médicale qui a examiné le patient dans la clinique privée, son épouse, les personnes qui l’ont accompagné à la clinique et trois familles qui étaient à proximité de lui dans le même bâtiment. Le ministre de la santé a dit qu’une enquête a été ouverte pour recenser les personnes que ce malade a rencontré depuis son arrivée et celles rencontrées dans la banque de la place où il s’était rendu en visualisant les caméras de service.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

©️ Crédit source : Repris via adrarInfo.net

Mauritanie/Covid-19 : Un troisième cas détecté (Communication Ministère de la santé)

Crédit photo l’officiel AMI

Urgent… Un nouveau cas du coronavirus détecté en Mauritanie

Le ministre de la Santé, Dr Mohamed Nedhirou Ould Hamed a annoncé, jeudi qu’un troisième cas du coronavirus a été détecté dans le pays.
Il ajouté qu’il s’agit d’un mauritanien de 74 ans, revenu de France par le vol d’Air France AF751 du 15 mars dernier.
Il a affirmé que toutes les mesures d’isolement et de prise en charge du malade mais aussi de recherche et de confinement des personnes contactés ont été prises.
Le ministre a lancé un appel à toutes les personnes venues récemment de l’extérieur d’observer les mesures strictes d’auto-confinement et de se faire manifester en cas de survenue d’une fièvre, d’un rhume ou d’une fatigue générale.
Il a aussi appelé l’ensemble de la population d’être vigilante, de respecter les mesures de prévention en restant chez soi et de participer à la diffusion de cet appel.
Le ministre a enfin profité de l’occasion pour remercier et féliciter l’équipe de santé qui a accueilli et diagnostiqué précocement ce cas.

©️ Crédit source: Page FB l’officiel AMI – 27/03/2020 (Agence mauritanienne d’information)

Mauritanie/Covid-19 : l’intervention du président Ghazouani sur la situation (version française)

Crédit photo Rmi-info

« Au nom de Dieu le Miséricordieux

Et que Dieu bénisse le Saint Prophète

Chers concitoyens,

Chers concitoyens,

La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu Tout-Puissant,

Notre pays traverse une période difficile, où, comme le reste du monde, il est confronté à la maladie de la couronne, qui est devenue une épidémie mondiale à tous égards.

Dans de telles périodes, les périodes de danger imminent découlent fortement de l’interdépendance des destins des membres d’un même peuple, de sorte que l’épidémie fait rage contre eux sans discrimination, et la capacité de résister repose sur la prise de conscience et les efforts concertés de tous dans le cadre de l’unité nationale et de la solidarité sociale.

Les graves dommages que cette épidémie a causés aux pays développés, malgré la solidité de leurs systèmes de santé et la qualité de leurs infrastructures provenant de laboratoires modernes et d’hôpitaux géants, prouvent clairement que notre première bouée de sauvetage est d’empêcher la propagation du virus et la propagation des infections.

Conscients de cela, nous avons pris, à première vue, un ensemble de mesures de précaution en matière de santé et de sécurité visant à immuniser le pays contre le débordement de l’épidémie et à réduire les pratiques susceptibles de contribuer à sa propagation, en limitant le mélange et l’auto-quarantaine et l’arrêt des mouvements et des déplacements, sauf dans la mesure dictée par l’extrême nécessité.

À cette occasion, j’adresse mes sincères salutations et mes remerciements à tous les citoyens pour leur sensibilisation, leur responsabilité et leur bonne réponse à toutes les mesures prises. J’adresse également mes salutations aux équipes médicales, aux forces armées et aux forces de sécurité, pour leur formidable travail en vue de la mise en œuvre stricte et efficace du plan national de lutte contre cette épidémie.

Je remercie également nos frères des pays voisins pour la bonne coordination en matière de contrôle des passages frontaliers communs.

Ces mesures et celles qui pourront être prises ultérieurement, le cas échéant, sont des mesures nécessaires et indispensables pour sauver notre pays de cette épidémie.

Dans ce contexte, je voudrais assurer à tous que gagner cette bataille exige de nous tous une mobilisation permanente et un travail continu pour unir les efforts de toutes nos forces vives, de l’administration publique, des partis politiques, des leaders d’opinion, des acteurs économiques, des organismes communautaires et syndicaux et des citoyens ordinaires. Par conséquent, je demande à tous de s’engager dans cette bataille et de contribuer à ce que tous ceux qui sont en mesure de faire face à cette épidémie, qui constituent une véritable menace pour notre peuple et notre patrie.

La situation actuelle a ajouté de nouvelles complications à notre vie quotidienne et peut produire d’autres conséquences plus percutantes, selon ce qui compte dans les affaires internes et externes.

L’un des effets potentiels est la perturbation de l’approvisionnement du marché national en raison de la confusion du mouvement commercial mondial et du manque de capacité des citoyens à gagner et à satisfaire leurs divers besoins.

En raison de la possibilité de confusion dans le mouvement commercial mondial, nous avons chargé les secteurs gouvernementaux concernés de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’approvisionnement continu du pays avec tous ses besoins alimentaires, médicaux et en carburant.

S’agissant de faire face à ce qui peut être causé par un manque de capacité des citoyens à gagner ou à subvenir à leurs différents besoins, il a été décidé de créer un fonds spécial pour la solidarité sociale et de lutter contre le virus Corona, qui vise à mobiliser toutes les ressources disponibles et à les orienter vers des activités liées aux effets de la situation actuelle sur les citoyens, en particulier les personnes vulnérables et celles avec Revenu limité.

Ce fonds sera ouvert à tous ceux qui souhaitent contribuer à cet effort national, y compris les acteurs économiques nationaux et les partenaires internationaux.

Le pays a alloué au fonds une contribution d’un montant de 25 milliards d’onces anciennes, orientée vers les mesures suivantes:

1– Acquérir tous les besoins du pays en médicaments, équipements et équipements médicaux liés à l’épidémie.

2– Allocation de 5 milliards d’onces anciennes pour soutenir 30 000 familles dépendantes de femmes, de personnes âgées et de personnes handicapées, principalement à Nouakchott, avec une aide financière mensuelle pendant trois mois.

3– L’Etat supporte toutes les taxes et droits de douane sur le blé, les huiles, le lait en poudre, les légumes et les fruits pour le reste de l’année, ce qui contribuera à réduire ces matières premières.

4– L’Etat supporte les factures d’eau et d’électricité des familles pauvres pendant deux mois.

5– L’Etat prend en charge le coût de l’eau du village pour le coût de l’eau du village pour le reste de l’année pour les citoyens de tous les villages.

6– L’Etat supporte, pour une durée de deux mois, les professions libérales et les petites activités toutes taxes municipales.

7– L’Etat supporte tous les impôts et redevances résultant de cette activité pour le reste de l’année pour les chefs de famille travaillant dans le secteur de la pêche traditionnelle.

Il convient de noter que le suivi des ressources allouées à ce fonds n’affectera pas les projets sociaux et de développement programmés cette année, qui s’efforceront intensément d’accélérer le rythme de leur mise en œuvre pour faire face efficacement aux défis actuels.

Chers concitoyens,

La gravité du danger imminent et les sacrifices qu’il mérite pour protéger la santé de nos concitoyens m’amènent à renouveler l’appel à tous, citoyens et résidents, à assurer le strict respect des mesures préventives décidées et à rester dans les foyers autant que possible, et à limiter les déplacements entre les villes aux diktats des nécessités et désirs extrêmes. Les plus hauts niveaux de prudence et de vigilance.

Je suis certain qu’avec cela, Dieu Tout-Puissant, nous serons en mesure de surmonter cette étape difficile et d’avancer dans notre chemin de développement.

Merci, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous ».

©️ Crédit source: Page FB Rmi-info (25 mars 2020)

Mauritanie-Coronavirus : En attendant la thérapie… (IRA-MAURITANIE)

Note de mise en garde

Face à la propagation du Covid-19, la Mauritanie a pris des mesures – partielles – de confinement et de fermeture des frontières. Les décisions, heureusement conçues hors de toute pression clinique mais en vertu du principe de précaution, méritent encouragement, malgré les nombreux réflexes de laxisme et de faveur, au détriment de la prudence. Hélas, l’auto-restriction sociale fait défaut car la majorité, par ignorance, superstition et inclination atavique à l’anarchie, marque quelque hostilité à la contrainte. Pourtant, le dénuement et la désorganisation du système de santé incitent aux impératifs de discipline, de distance et de réserve, seuls moyens de restreindre la contagion, en l’absence d’une thérapie. L’épreuve multidimensionnelle qu’impose le Coronavirus au pays et à son environnement comporte un impact pour l’instant imperceptible mais dont les répliques renferment, à moyen terme, un défi majeur de sûreté et de stabilité. Il convient, dès à présent, d’en atténuer les nuisances quasi-certaines sur la cohésion de la société. Des groupes spécifiques présentent, à ce titre, un risque d’exposition bien plus élevé. Des actes de prévention sont encore à portée :

  1. La prudence commande d’alléger la promiscuité dans les prisons, déjà sous l’effet du surpeuplement. Le désengorgement carcéral, sans abandon de poursuites dans les cas de détention préventive, s’appuierait sur une ordonnance de liberté conditionnelle, voire d’amnistie, au bénéfice des auteurs de diverses infractions, hormis l’homicide, la violence armée et le viol. Le projet d’exception s’étend aux personnes dont les peines, purgées aux deux tiers, laissent entrevoir une contrition. Sous réserve des exclusions précitées, les prisonniers de plus de 50 ans, ceux de sexe féminin et les mineurs correspondent au premier niveau de vulnérabilité. Il y va, aussi, de la protection du personnel pénitencier. Naturellement, l’interdiction des visites aux autres prévenus requiert leur prise en charge alimentaire par l’Etat. Un fonds national de solidarité y pourvoirait, s’il était mis en œuvre. La sanction légale ne saurait justifier la mise à mort, même en dehors de l’intention homicide.
  2. En perspective d’une perturbation du fret international et de l’effondrement des métiers de l’économie informelle qui nourrissent la majorité de la population, le gouvernement est appelé à lever ou alléger, du moins pour une période de 6 mois, les taxes sur les articles d’utilité vitale, notamment les aliments, les médicaments, le carburant, l’électricité et l’eau. Partout dans le monde, beaucoup perdront leur travail. D’ici-peu, si le contexte de crise se prolongeait, des multitudes affamées se trouveraient en instance d’insubordination à l’autorité, avant le déclenchement d’une insurrection de la rue. Le rétablissement de l’ordre provoquerait, alors, un usage de la force, aux conséquences imprévisibles.

Ira-Mauritanie demande, au pouvoir du moment d’enclencher un processus de consolidation de la solidarité nationale, afin d’anticiper les dangers, réduire la nuisance et se préparer au pire, y compris la rupture des systèmes de communication. La résistance de la communauté de destin réside, par-delà nos divergences légitimes, dans notre capacité à envisager et traverser, ces rares instants où le sentiment d’appartenance à l’espèce des humains, devient l’évidence du salut collectif. Aujourd’hui, il revient, au gouvernement, unique entité debout dans un pays en ruine, de mieux contrôler la visibilité médiatique des charlatans et autres colporteurs de miracle. La nocivité de cette confrérie du pire favorise le sabotage des politiques publiques, quand il s’agit de sauver, les gens, de l’extinction. Il serait criminel de céder à leur influence, par lâcheté et populisme. Les mauritaniens ont davantage besoin d’entendre les épidémiologistes, les médecins urgentistes, les spécialistes de l’hygiène et les fonctionnaires en charge de la sécurité. Maintenant, il n’est plus question que de survivre.

IRA – Mauritanie, le 23 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune – Réflexion : 《Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.》 Par Kamara youssouph

Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste.
Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque.
On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif.
On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien.
À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties.
On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux.
Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe.
Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! –
Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre.
Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés.
Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.


Youssouph Kamara


youssouph1@yahoo.fr

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur – 21 mars 2020

Mauritanie – Covid-19 :《Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort… 》Par la Journaliste Mariem Derwich

Crédit photo : FB

Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort…
Notre pays a mis en place tout un éventail de mesures, dont la plus radicale est ce couvre-feu dès 18 H… Mais cela ne suffira pas. Les mots et déclarations pieuses de suffiront t pas. Il faut confiner, oser ce confinement, oser… Interdire les rassemblements, réprimer ces rassemblements s’il le faut.
Fermer les marchés et réfléchir à des boutiques « alimentaires »…Réfléchir à une gestion plus locale de cette pandémie au vu du nombre de miséreux chez nous, miséreux qui verraient leur ultra précarité augmenter avec le confinement; réfléchir à des distributions de denrées, de vivres, de savon… Réfléchir et stopper ces coupures d’eau et d’électricité qui ne permettent pas les gestes prophylactiques nécessaires et qui aggravent et la misère et la transmission du virus…
Réfléchir au fait que malgré le fait que l’Afrique est habituée aux pandémies, nos installations hospitalières en sont au degré zéro d’une lutte contre une pandémie ( combien de respirateurs dans nos hôpitaux?).
Réfléchir au fait que nous nous contentons de nos habitudes sociales collectives au détriment d’une lutte efficace contre n’importe quelle pandémie.
Réfléchir au fait que s’enfermer chez soi aujourd’hui est un luxe de la bourgeoisie locale.Et que nous l’avons accepté, comme si la misère et le manque faisaient partie somme toute d’un « paysage » local presqu’exotique… Que la majorité de la population vit dans des conditions sanitaires effroyables, la promiscuité favorisant la transmission de tout et n’importe quoi.
Interdire les regroupements dans les mosquées ( des pays musulmans et des érudits religieux célèbres, de l’Iran au Koweit en passant par les pays du Maghreb ont interdit les prières collectives…Pourquoi pas nous? FOutu orgueil assassin de notre part qui nous sentons « meilleurs » musulmans que les autres…) nonobstant les cries d’orfraie de ceux qui, par ignorance, préfèrent envoyer les hommes à la mort plutôt que de les protéger ( et j’accuse certains de nos religieux de crime, oui, ceux qui refusent la fermeture des mosquées et qui favorisent ainsi la transmission d’un virus qui tue aussi – ne regardent-ils pas ces images qui nous viennent de l’Italie????) , ne pas ré ouvrir les écoles…
Le virus n’a pas de « pieds ». Il ne circule que grâce aux hommes. Il ne peut voyager s’il n’a pas de « véhicule » qui lui permet de passer d’hommes en hommes…Ce véhicule c’est nous. Nous.
Il y aura bien un avant et un après Covid-19.
Et à nous de savoir ce que nous voulons : sauver l’économie ou sauver l’humain…
Sauver les enfants, les femmes et les hommes et non pas une vision stérile du vivre ensemble….

©️ Crédit source: post Facebook Mariem Derwich (22/03/2020)