Alakhbar – La défense du défunt Souvi Ould Chein, a déclaré que vu la nature du crime, qui s’est déroulé dans un commissariat, « il faut retirer l’enquête à la police et la confier à une partie neutre ».
La défense d’Ould Chein estime que ce dernier « est victime d’un crime, une torture ayant conduit à la mort ». Il s’agit selon elle, « d’un crime contre l’humanité, imprescriptible et soumis à la compétence universelle ».
Poursuivant, la défense souligne que le recouvrement des droits de la victime « se fera sans compromis », et qu’il n’y a d’autre alternative que la « punition de tous ceux qui sont impliqués dans ce crime odieux ».
En outre, le collectif de la défense qui s’est exprimé à travers un communiqué dont Alakhbar a obtenu copie, a dénoncé la fuite d’éléments de l’enquête préliminaire en cours, en violation du secret de l’instruction en vue d’influencer l’opinion publique ».
Par ailleurs, le collectif de défense, s’est engagé à recourir à toutes les procédures juridiques adéquates, pour que les coupables soient punis et que la famille de la victime obtienne ses droits.
Enfin, le collectif note qu’Ould Chein « est victime d’un crime de torture atroce qui a secoué l’opinion publique».
Le Procureur de la République, près le Tribunal de la wilaya de Nouakchott Nord, le magistrat Mohamed Lemine Bari, a annoncé que l’autopsie du corps de Souvi Ould Cheine, réalisée dans la nuit de samedi à dimanche à l’hôpital Cheikh Zayed, a révélé deux fractures des vertèbres susceptibles d’avoir entraîné la mort.
Lors d’une conférence de presse, le Procureur a affirmé que l’autopsie a également révélé une strangulation, ayant provoqué une suffocation, l’impossibilité de respirer.
Le Procureur a déclaré que les deux causes peuvent expliquer la mort.
Le juge a confirmé l’arrestation du Commissaire et l’ensemble du personnel de police de permanence dans la nuit de jeudi à vendredi au Commissariat de Dar Naim 2.
Le magistrat a annoncé la création d’une commission d’instruction judiciaire sous la présidence de l’Avocat Général près la Cour d’Appel, composée de l’adjoint du précédent, du Procureur de la République, de son adjoint et d’officiers de la DGSN afin de faire toute la lumière sur affaire.
Cridem – Interrogé par nos confrères d’Alakhbar, Khatar Ould Cheine a indiqué que son frère, Souvi Ould Cheine, a été torturé et électrocuté, ce qui a conduit à sa mort, au commissariat de police de Dar-Naim 2.
La mort de l’activiste du nom de Souvi Ould Cheine a créé un tollé. Le commissariat de Dar-Naim 2 où il était détenu, après une convocation, est pointé du doigt.
Le chef de file de l’opposition démocratique, Brahim Ould Bekaye, a dénoncé les violences policières et exigé l’ouverture d’une enquête sur la mort de Souvi Ould Cheine.
De son côté, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a réagi à cette affaire, en annonçant l’ouverture d’une information judiciaire tout en promettant la « transparence » sur les circonstances de la mort de Souvi Ould Cheine.
Sur les réseaux sociaux, des photos montrant des traces de torture et du sang coulant du nez de la victime circulent.
SOS Esclaves – La cour spéciale de Néma chargée de juger les crimes d’esclavage a condamné d’une peine de 20 ans de prison ferme assortis de 1 million MRU ( 10 millions d’anciennes ouguiyas) Ahmed Ould Kwatt et son frère Sidi Ould Kwatt reconnus de pratiques esclavagistes sur les sœurs Marieme Mint Bilal et Setra Mint.
Ces deux victimes qui ont été libérées par SOS Esclaves depuis quelques années ont déposé plainte contre leurs anciens maîtres. SOS Esclaves s’est constituée partie civile comme le lui permettent les dispositions de la loi 031/2015 et a commis un avocat pour défendre les intérêts de ces victimes devant le tribunal spécial de Néma dans une audience organisée le 2 février 2023 à Néma.
Pour cette fois, il faut reconnaître que les magistrats ont dit le droit. Les esclavagistes ont été effectivement écroués à la prison de Néma.
Mais comme d’habitude, les victimes attendront encore longtemps avant de percevoir la moindre ouguiya sans que l’état ne fasse quelque chose pour permettre à ces anciens esclaves de recouvrer leurs droits.
Fatme Mint Hemedy dite Boutta, une victime de l’esclavage qui a gagné un procès en appel en 2016 n’a pas encore été indemnisée par ses anciens maîtres que la cour a condamnés à lui verser 600.000 MRU ( 6 millions d’ouguiyas ). Parmi les grands défis que soulèvent SOS Esclaves il ya la lenteur et le laxisme dans l’application des jugements de justice.
À propos de cela, SOS Esclaves a adressé une correspondance au premier ministre qui a promis dans une réponse parvenue à l’organisation de demander aux institutions concernées de procéder à l’exécution de ces jugements.
L’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a été arrêté cet après-midi à son domicile à Nouakchott et emmené par la police la veille de son procès, constate-t-on sur place.
Selon certaines sources, se fondant sur des indiscrétions judiciaires, tous les prévenus dans l’affaire dite du « procès de la décennie» devraient passer cette nuit entre les mains de la police avant d’être emmenés mercredi matin au palais de justice où ils comparaitront devant la cour criminelle spécialisée dans la lutte contre la corruption.
Ils sont au total onze personnes citées dans cette affaire où l’ancien président est poursuivi sur la base d’une enquête d’une commission parlementaire dont il a toujours nié la légitimité.
Ses avocats n’auraient, cependant, reçu son dossier complet que lundi, c’est à deux jours du procès.
L’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir entre 2009 et 2019, comparaitra demain, mercredi 25 janvier 2023, pour un chapelet de chefs d’accusation dont la corruption, le détournement de deniers publics….
Dans plusieurs sorties médiatisées l’ancien président avait mis au défi le régime en place de prouver qu’il ait pris le moindre ouguiya des deniers publics estimant que sa poursuite relève du harcèlement politique.
Une affaire de corruption concernant des approvisionnements de l’armée a entraîné une série de démissions de hauts-responsables ukrainiens ce mardi. Cinq gouverneurs régionaux ont dû quitter leur poste en plus du chef adjoint de l’administration présidentielle et du procureur général adjoint. Une série de hauts responsables ukrainiens ont été démis de leurs fonctions mardi dans la foulée d’une affaire de corruption concernant des approvisionnements de l’armée, premier scandale de cette ampleur depuis le début de l’invasion russe. Au total, cinq gouverneurs régionaux, quatre vice-ministres et deux responsables d’une agence gouvernementale vont quitter leurs postes, en plus du chef adjoint de l’administration présidentielle et du procureur général adjoint. Le président Volodymyr Zelensky avait annoncé dès lundi soir « des décisions relatives au personnel » concernant « des cadres de différents niveaux dans les ministères et autres structures du gouvernement central, dans les régions et dans le système d’application de la loi ».
Cette vague de départs arrive au moment où Kiev réclame à ses alliés occidentaux, dont le soutien militaire et financier est crucial, des centaines de chars modernes et d’autres armements pour une nouvelle offensive sur le front. A l’origine du remaniement, un scandale portant sur un contrat signé par le ministère de la Défense à un prix présumé surévalué et portant sur les produits alimentaires destinés à ses soldats. Selon une enquête du site d’information ZN.UA, ce contrat de 13 milliards de hryvnias (environ 324 millions d’euros) a été passé avec des prix « deux à trois plus élevés » que les tarifs actuels en vigueur pour les produits alimentaires de base.
• Vacances en Espagne
En conséquence, le vice-ministre de la Défense Viatcheslav Chapovalov, en charge de l’appui logistique des forces armées, a été démis mardi de ses fonctions. Pourtant, lundi, le ministre Oleksiï Reznikov avait assuré que le scandale relevait d’une « attaque informationnelle artificielle » fondée sur un « faux prétexte ». Si aucune lien n’a été établi entre les autres responsables sur le départ et ce scandale, certains ont été accusés ces derniers mois d’autres infractions ou faux pas.
Le chef adjoint de l’administration présidentielle Kyrylo Tymochenko, l’un des rares collaborateurs du président présent depuis son élection en 2019 et qui supervisait notamment des projets de reconstruction, a été accusé en octobre d’avoir utilisé un véhicule tout-terrain donné à l’Ukraine par le groupe américain General Motors. Après ces révélations, il avait assuré avoir transmis le véhicule aux besoins du front.
Le procureur général adjoint Oleksiï Simonenko a lui été accusé d’être récemment parti en vacances en Espagne alors que les déplacements à l’étranger, sauf à des fins professionnelles, sont interdits pour les hommes en âge de combattre. Les gouverneurs des régions de Dnipropetrovsk (centre) Valentin Reznitchenko, de Zaporijjia (sud) Oleksandre Staroukh, de Soumy (nord) Dmytro Jivytsky, de Kherson (sud) Iaroslav Ianouchevitch et de la capitale Kiev, Oleksiï Kouleba, ont aussi quitté leurs postes.
• Fraude sur les générateurs Valentin Reznitchenko a été accusé par plusieurs médias en novembre d’avoir attribué des contrats sur la réparation de routes portant sur des dizaines de millions d’euros à un groupe co-fondé par sa petite amie travaillant comme coach fitness. Selon des informations de presse, son nom et celui de ses collègues des régions de Soumy, Kherson et Zaporijjia figurent dans des enquêtes judiciaires. Oleksiï Kouleba pourrait lui, selon la presse, rejoindre l’administration présidentielle.
Enfin, Anatoliï Ivankevitch et Viktor Vychniov, tous deux chefs adjoints du service ukrainien des transports maritimes et fluviaux, ont également été démis de leurs fonctions. D’autres limogeages avaient précédé les départs de mardi en Ukraine, pays classé à la 122e place sur 180 sur l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International en 2021.
Dimanche, le ministre adjoint des Infrastructures Vassyl Lozinsky avait été arrêté, accusé d’avoir reçu un pot-de-vin de 400.000 dollars pour « faciliter » l’achat de générateurs à des prix gonflés, alors que le pays est confronté à de vastes coupures d’électricité suite aux frappes russes contre ses infrastructures énergétiques. Pavlo Galimon, le chef adjoint du parti présidentiel « Serviteur du peuple », a lui été limogé lundi, sur fond d’accusations de corruption liée à l’achat d’une propriété à Kiev pour un montant supérieur à ses revenus déclarés.
L’UE a fait des mesures anticorruption une réformes clé devant être mise en œuvre par l’Ukraine si elle souhaite accéder au statut de candidat à l’adhésion au bloc européen. Selon le think tank ukrainien Centre for Economic Strategy, le montant total de l’aide occidentale (financière, militaire, etc) à l’Ukraine pourrait atteindre au total 100 milliards de dollars en 2023, dont plus de 40 milliards uniquement pour ses forces armées.
La Dépêche – Remarques de bon acabit, les mauritaniens ont déjà inauguré, sur les plateformes sociales, le procès de l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz. Les espoirs des uns et des autres dans cette affaire ont visiblement donné de l’eau au moulin à cette «expertise» intéressée. Le “prétoire électronique” est déjà en ébullition.
Le principe de base en droit est que « toute personne a droit d’être jugée par un juge indépendant et impartial, dans le cadre d’un procès équitable». Qu’elle est aussi présumée innocente jusqu’à l’établissement de sa culpabilité (article 13 Constitution). C’est la rhétorique théorique.
A écouter certaines interventions sur les plateformes sociales, on se croirait dans l’enceinte d’une audience de Justice où ne manqueraient que les juges pour distribuer la parole à ces collectifs d’avocats improvisés.
Chacun se lance dans ses plaidoiries selon ses arrières pensées politiques. Un back-ground où s’affrontent finalement deux thèses diamétralement opposées entre soutiens et adversaires: pour les uns « l’ex-président Aziz est innocent » et pour les autres « l’ex-président Aziz est coupable».
Des réquisitoires s’improvisent bénévolement pour ne pas passer inaperçus dans ce déferlement de «connaissances» légales. Du million de poètes, nous en sommes –du fait du procès- presque à quatre millions de juristes.
Pour étayer leurs querelles idéologiques, nos apprentis-avocats n’hésitent pas à tout interpréter comme de véritables praticiens. De la constitution de la Commission d’Enquête Parlementaire, à la légitimité de la procédure judiciaire, en passant par le fonds du dossier, les enquêtes de la police, et les chefs d’accusation ainsi que la comparution des principaux prévenus dans cette affaire, tout est passé au crible par des hommes et des femmes avides d’une cour propre à eux.
Une cour où chacun, loin du droit et de l’impartialité des juges, veut, lui, imprimer ses désidératas à une affaire sur laquelle il sait qu’il n’a aucune emprise. Mais ce procès virtuel accapare, occupe une opinion publique traversée par tous les clivages et allégeances possibles. S’il ne tenait qu’à ces opinions, l’ancien président serait condamné sans autre forme de procès.
Il pourrait aussi être relaxé sans rendre compte à qui que ce soit. L’accusation et la défense jouent parfaitement ici la contradiction où seuls les juges sont logés aux abonnés absents. Le juge –le vrai- lui prendra sa décision en application du droit, après avoir entendu chacune des personnes concernées, dans le respect des règles de la procédure et du respect des droits de la défense, comme principes d’égalité et de loyauté dans un procès. Ce qui semble poser problème aujourd’hui et auquel contribuent d’ailleurs aussi bien la défense que l’accusation, en alimentant les représentations populaires des faits, c’est la remise en cause de la sérénité dans un procès inédit.
Laissons de côté les apprentis-avocats vaquer à leurs échanges byzantins. Malgré les fortes présomptions pesant sur lui, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz doit pouvoir compter sur le respect absolu de ses droits civils et politiques. Il devait pouvoir en jouir jusqu’à sa condamnation définitive par les instances judiciaires habilitées. Ce ne fut pas toujours le cas ; reconnaissons-le.
Sa défense doit pouvoir jouir de toutes les informations constituant la base des accusations portées contre lui. Ce à quoi s’accroche d’ailleurs sa défense. Un dossier que Me Ebetty, avocat de l’Etat, argue, sur Rfi, avoir été transmis à ses adversaires.
De son règne -dix ans durant- certains de ses compatriotes n’ont pas gardé de bons souvenirs de l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz. Pendant que beaucoup d’autres ne juraient –alors- que par son nom et justifiaient tous ses faits et gestes comme actes «salvateurs» pour la République. Mais ils feignent aujourd’hui de lui découvrir le visage « hideux » qu’il ne portait pas hier. C’est malheureusement la culture « makhzénienne » bien de chez nous ; celle qui veut que l’on se vende au « Prince » du moment et lui retourner illico presto le veston dans sa descente aux enfers.
Malgré une différence de pure forme, par le biais d’une transition politique assumée, Mohamed Ould Abdel Aziz est lui-même rattrapé par son passé récent. Un passé où confronté au renversement de l’ancien président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, qu’il avait forcé (avec le HCE) à démissionner pour prendre sa place, n’avait pas trouvé meilleur moyen que de l’embastiller manu militari au Palais des Congrès.
L’arroseur est aujourd’hui arrosé. Ceci rappelle qu’il n’est pas de bon aloi de trainer un ancien président de la République. Le temps bégaye souvent ! Mais quel que soit ce que l’on peut encore reprocher à l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, le régime actuel ne doit pas abuser de sa position dominante pour vider, par d’éventuels actes, les garanties constitutionnelles dont l’ancien président devrait jouir.
Car la vraie victoire avec un grand « V » sera celle du droit et pas forcément celle obtenue, dans n’importe quelles conditions, contre l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz. La victoire du Droit revient donc au juge impartial qui n’obéit qu’à la loi et son libre arbitre.
Un mois après les révélations sur le scandale corruption «Qatargate» au Parlement européen, les députés se réunissent en session plénière du 16 au 19 janvier. Il est notamment question d’examiner la levée de l’immunité des deux eurodéputés mis en cause.
« Les responsables trouveront le Parlement du côté de la loi. » Dès le début du mois de janvier, la présidente Roberta Metsola l’affirme : son institution fera tout pour aider les enquêteurs. Et cela commence à Strasbourg ce lundi puisque la présidente du Parlement européen doit annoncer, lors de la session plénière, l’ouverture de la procédure pour lever l’immunité des deux députés impliqués dans le Qatargate, l’Italien Andréa Cozzolino et le Belge Marc Taraballa, tous deux sociaux-démocrates.
La commission des affaires juridiques étudiera ensuite le dossier. Ce n’est que le mois prochain, lors de la session plénière de février, que les eurodéputés se prononceront par vote sur la question de la levée de l’immunité des deux parlementaires. Mais à Strasbourg, aucun doute : pas un groupe ne s’y opposera.
Sylvie Guillaume, eurodéputée française PS du même groupe parlementaire (S&D) que les deux mis en cause, pense que cette levée permettra de mieux éclairer cette affaire. « Elle est nécessaire d’une certaine manière, puisque cela permet à ces deux députés de se défendre », fait-elle valoir.
L’élu du Rassemblement national (RN) Jean-Lin Lacapelle appelle à aller même plus loin, avec la mise en place une commission parlementaire. Une demande qui n’a pour l’instant pas été acceptée par le Parlement européen. « Nous avons demandé une enquête, une commission parlementaire […] Nous voulons savoir aujourd’hui qui a été corrompu, à quel niveau, et on va essayer de faire en sorte que les choses aillent très vite. C’est la réputation et l’image du Parlement européen qui est en question », estime l’eurodéputé du RN.
• Vers de nouvelles règles de déontologie Ces prochains jours, chacun devrait plutôt se concentrer sur ses pistes pour renforcer les règles déontologiques des eurodéputés. Pour l’eurodéputée Sylvie Guillaume, les règles existantes doivent être rendues obligatoires et généralisés pour être plus efficaces. « Quand on est par exemple rapporteur pour un texte, on doit fournir ce qu’on appelle une empreinte législative, c’est-à-dire donner à voir les rendez-vous que nous avons pour construire notre point de vue, explique l’élue socialiste. Il faut par exemple que ce genre d’éléments soit généralisé. »
Jeudi 12 janvier, la présidente du Parlement européenne présentait aux présidents des groupes politique son plan de lutte contre les conflits d’intérêts et l’ingérence des pays tiers. L’une des priorités de ce plan en quatorze points est d’interdire aux eurodéputés des activités de lobbyistes à l’issue de leur mandat. La déclaration d’intérêt des eurodéputés serait aussi concernée, par exemple. L’idée, dit notre correspondant à Bruxelles, Jean-Jacques Héry, c’est de rendre celle-ci plus précise concernant les activités professionnelles des députés. Députés qui pourraient devoir communiquer l’ensemble des rendez-vous pris dans le cadre de leur mandat.
Cette volonté de réforme est soutenue par l’ensemble des groupes parlementaires. Il faut dire qu’elle paraît urgente. On a en effet appris hier que l’eurodéputé Marc Tarabella, celui-là même qui devrait voir son immunité levée, n’a pas déclaré un voyage payé par le Qatar en février 2020. Et quelques jours plus tôt, l’eurodéputée socialiste belge Maria Arena avait fait part du même type d’oubli pour une mission effectuée en mai dernier, là aussi au Qatar. Elle avait démissionné dans la foulée de sa présidence à la sous-commission Droits de l’homme. Tous deux disent n’avoir rien à se reprocher mais dans le contexte, cela pousse a minima au renforcement des règles.
Sahara Médias – L’ancien président mauritanien Mohamed O. Abdel Aziz est apparu mardi dans un direct sur sa page Facebook pour fustiger et tirer à boulets rouges sur l’actuel régime et notamment le président Ghazouani, le ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine et son frère l’ancien ministre Mohamed Mahmoud O. Mohamed Lemine.
L’ancien président a d’abord évoqué son prochain procès pour corruption, blanchiment d’argent et trafic d’influence, déclarant qu’il s’agit purement et simplement d’un « procès politique », réaffirmant que son problème n’est avec le pouvoir judiciaire mais plutôt avec le pouvoir exécutif et notamment le ministre de l’intérieur.
Plus des deux tiers de ce direct qui aura duré près de 90 minutes a été consacré à la « faiblesse du régime et l’absence du président » mais aussi à défendre son bilan le temps qu’il était resté au pouvoir.
Evoquant son procès prévu à la fin de ce mois, ould Abdel Aziz a dit qu’il s’y préparait ajoutant cependant, à l’adresse des mauritaniens que son adversaire n’est pas le pouvoir judiciaire mais « le pouvoir exécutif qui contrôle la justice ».
L’ancien président s’est attaqué de manière virulente au ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine et son frère l’ancien ministre Mohamed Mahmoud O. Mohamed Lemine les qualifiant de « corrompus », ajoutant qu’il avait limogé ce dernier de l’ambassade de Mauritanie en Arabie saoudite pour avoir résilié le contrat de bail du siège de l’ambassade sans avoir recouru aux ministres des affaires étrangères et des finances.
L’ancien président a accusé l’actuel ministre de l’intérieur d’avoir transformé l’ambassade de Mauritanie en Turquie où il était en poste, en « un centre pour les membres du groupe des frères musulmans, des mercenaires liés à l’étranger sans aucune loyauté à la Mauritanie ».
Il a formulé ses regrets d’avoir soutenu Mohamed O. Cheikh El Ghazouani lors des élections de 2019 reconnaissant avoir commis « une grave erreur » se sentant coupable « pour l’avoir présenté, défendu et rien ménagé pour son accession à la présidence. » considérant que ce qui était arrivé en 2007 s’est renouvelé en 2019.
Ould Abdel Aziz a qualifié le pouvoir du président Ghazouani d’être « absent face à ses responsabilités laissant les choses entre les mains de personnes peu intéressés ni par la chose publique ni par les problèmes des citoyens ».
« Nous sommes les seuls à pouvoir changer cette situation a notamment dit l’ancien président, seul le peuple peut la changer » ajoutant que les prochaines élections constituent une occasion en or pour provoquer un changement.
Dans son long réquisitoire contre le pouvoir en place, l’ancien président reconnait « une grave erreur celle d’avoir remis le pouvoir à ce régime mais je vais corriger mon erreur » appelant les mauritaniens à s’engager au sein du parti « Ribat El Watani » son unique parti.
L’ancien président s’est également attaqué aux partis d’opposition « basés sur des considérations tribales, sur des intérêts et l’appartenance à l’état qui distribue des milliards afin de satisfaire certains et bâillonner les autres ».
Il a révélé avoir eu des contacts pendant deux mois avec le mouvement FLAM, refusant de le qualifier « d’extrémiste » considérant qu’il s’agit plutôt « d’un groupe de citoyens mauritaniens appartenant à un groupe social qui a le plus souffert de l’injustice ».
« Je les ai rencontré à Paris et je connaissais certains d’entre eux, j’ai également travaillé avec d’autres au sein de l’armée et on doit reconnaître que de grave erreurs ont été commises. »
Ould Abdel Aziz a encore dit « nous devons tous nous sacrifier pour construire une nouvelle Mauritanie basée sur la justice débarrassée de l’injustice, une Mauritanie d’égalité ».
L’ancien président est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite en même temps que d’autres personnalités qui ont travaillé avec lui de 2008 à 2019.
Selon les informations disponibles la justice mauritanienne a gelé à ce jour 41 milliards MRO (plus de 100 millions de dollars) dans le cadre du dossier de la décennie dont plus de la moitié appartient à ould Abdel Aziz et à des membres de sa famille.
Selon diverses sources, l’ancien homme fort de Nouakchott allait quitter le territoire en destination de Paris et les autorités policières l’auraient empêché par décision judiciaire. Notamment liée aux derniers développements du dossier pendant dit de la décennie. Pour rappel, à la suite d’une CEP (commission d’enquête parlementaire) sur la gestion économique et financière du pays sous son règne, lui et certaines personnalités de son régime font face plusieurs chefs d’accusation et on annonce régulièrement l’ouverture d’un prochain procès sur l’affaire.
Par ailleurs, l’homme principal auteur du coup d’état qui avait fait tomber le président feu Sidioca en 2008, compte investir le champ politique en parallèle de ce lourd dossier sur ses trousses. Il y’a quelques jours, il a été empêché de se rendre à Rosso (La capitale du Trarza) pour assister à un rassemblement politique du parti Ribat dirigé par un ex partisan du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie Saad Louleid.
Ainsi on peut oser un décodage que cette décision de l’empêcher de quitter le territoire présage une ligne droite pour l’établissement d’un procès sous peu. À suivre…!
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.