COMBAT POUR LA LIBERTÉ « LES LÉGITIMATIONS DE L’ESCLAVAGE ET DE LA COLONISATION DES NEGRES » | Par Yaya SY (Anthropologue et Historien)


(Lire l’ouvrage de Yaya SY pour mieux saisir les origines lointaines du racisme persistant dans tous les pays, racisme lié à l’esclavage et à la colonisation).


Dans cet ouvrage, j’ai pris soin de mettre le lecteur en garde contre
tout parti-pris, philosophique, idéologique, religieux, économique,
juridique, social, culturel… face à la mise en esclavage d’un homme
par un autre.
Face à l’esclavage il y a tout d’abord la condamnation sans appel,
sans compromis ni compromission, c’est un système contraire à la
justice au droit, à la morale et à l’éthique.
Face à l’esclavage, il faut que les gens comprennent qu’un peuple qui
ne s’oppose pas à l’esclavage, à l’idée de voir ses enfants réduits en
esclavage, acceptera toujours toute autre idée de soumission par la
force et la violence. Ce peuple ne se battra jamais pour demeurer
libre.
Face à l’esclavage cinq attitudes essentielles peuvent être observées :


1°) La défense du système esclavagiste :


Les défenseurs de l’ordre esclavagiste s’appuient sur des supports tenaces : le préjugé et le stéréotype fondés sur l’altérité sont les socles historiques de la perpétuation de l’esclavage depuis des millénaires. Ensuite, nous avons le bénéfice économique, les
richesses matérielles, le prestige social, la puissance symbolique
qu’en tirent la classe des maîtres ; puis l’attachement des
gouvernants et des gouvernés à la «tranquillité de la société» ou aux 2
« traditions millénaires » (y compris de certains esclaves ou descendants d’esclaves eux-mêmes…) C’est le rejet ou le refus de la violence et du désordre, alors que l’esclavage et l’ordre ancien qu’il incarne est basé sur la violence physique et symbolique, la domination perpétuelle des uns sur les autres, la négation de l’humanité de l’esclave… Tous ces obstacles à la libération des esclaves ou des descendants d’esclaves doivent être surmontés pour faire disparaître l’esclavage et ses séquelles dans toutes les sociétés humaines. L’égalité de tous les êtres humains et la solidarité citoyenne annoncent le devenir de l’humanité, elles sont indépassables, n’en déplaise aux esclavagistes d’hier et d’aujourd’hui.
En Afrique à ces difficultés intrinsèques à tous les esclavages,
s’ajoute l’idée que nous devons renforcer l’unité nationale et l’unité continentale ; les Africains sans esprit de revanche ni amertume,
doivent ériger et renforcer la conscience historique d’appartenir à un peuple indivisible (dominé depuis plus de treize siècles) qui n’a désormais de références et de référents que les valeurs et les héros venus d’ailleurs… L’Afrique s’est oubliée, elle ne réfléchit et ne parle qu’en étrangère à elle-même.
Nous devons labourer nos propres champs de la liberté pour y récolter les fruits de la prospérité spirituelle et matérielle.
A tous ceux qui ne veulent pas se débarrasser de l’esclavage et /ou
de ses séquelles, il faut ajouter d’autres attitudes et comportements humains face à ce fléau :


2°) L’indifférence :


l’indifférent se dit : tant qu’on n’est pas directement concerné, la terre tourne rond, on a rien vu, rien entendu, tout va bien dans le
meilleur des mondes… C’est une attitude très répandue, elle est souvent liée à la peur de se mouiller, à l’égoïsme, ou au manque de discernement.


3°) La déploration :


on sait que l’esclavage existe, on en fait le constat, mais on se dit que
la réalité étant ce qu’elle est… on ne peut rien y faire, ni rien y changer, les choses ne peuvent évoluer par quelque moyen que ce soit. C’est l’attitude des défaitistes, des fatalistes et des paresseux (c’était l’attitude de beaucoup de philosophes et de savants du
« Siècle des lumières » comme Helvétius, Montesquieu, Voltaire, A.
Smith, voire Diderot). Celui qui adopte une telle attitude ne veut
souvent pas regarder l’ensemble du problème, il se contente généralement d’une analyse molle, parcellaire ou morale. Ce qui compte à ses yeux c’est sa tranquillité d’esprit.


4°) La critique :


c’est le point vue de celui qui a bien analysé et bien réfléchi à tous les
aspects de l’esclavage. Il pose comme postulat une dé-légitimation morale (souvent basée sur le religieux), ou éthique basée sur une condamnation rationnelle de l’institution. L’esclavage est pour lui contraire à la vraie justice, au bien être et à l’intérêt de l’humanité.
L’esclavage doit être détruit. Mais pour cette catégorie de penseurs
l’esclavage est abstrait ; on ne cible pas par exemple l’esclavage des Nègres comme système contemporain des « Lumières » qu’il faut détruire immédiatement dans la réalité. On s’en tient à des principes généraux aristotéliciens ou platoniciens alors qu’au XVIIIe siècle plus de 6 millions de Nègres enchaînés à fond de cale traversent
l’Atlantique sous les yeux des plus grands esprits d’Occident : dans
cette catégorie on a des hommes comme le Chevalier de Jaucourt, Rousseau, Locke, Hutcheson, etc. Ils ont fouillé tous les aspects
philosophiques, économiques, juridiques, sociaux, psychologiques, etc. du problème pour finir par reconnaître : qu’un homme libre ne peut ni se vendre, ni vendre ou acheter un autre homme.
Qu’esclavage, justice et droit sont antithétiques ; qu’esclavage,
morale et éthique sont incompatibles.
Cette catégorie d’hommes ont beaucoup critiqué l’esclavage en
général, ils en ont cerné les contours théoriques et pratiques sans pour autant les dénoncer tous, sans pour autant se lever pour agir concrètement contre la mise aux fers des Nègres d’Afrique, la plus
grande déportation humaine de l’histoire qui se déroule sous leurs
yeux au XVIIIe siècle.


5°) Le combat


contre l’institution esclavagiste :


L’esclavage est une infamie, un scandale en lui-même dont la
disparition est une exigence absolue et incontournable. Il relève du
vieux monde dont la disparition inévitable est annoncée.
Aux esclaves combattants en première ligne de tous les champs de bataille nous disons Honneur et respect. Honneur et respect pour les
Africains déportés dans les quatre coins du monde et qui sont les
premiers guerriers tombés dans l’action quotidienne, qui ont donné
leur vie dans un combat silencieux, sourd, enfoui dans l’oubli et le
déni, invisible des historiens surgis des rangs des vainqueurs, invisible
de l’histoire orale d’une Afrique à la mémoire dominée ; morts sans
visage sur les routes intérieures de la déportation, sur les routes
désertiques, sur celles des forêts, sur celles invisibles mais bien plus
cruelles des Océans et des Mers ; routes-cimetières aux vagues incandescentes, aux caveaux invisibles mais insatiables de chair humaine. Gloire à vos éclaireurs, à vos martyrs, à nos lumières
éternelles, à la Reine Nzinga coupe-coupe des forêts impénétrables du Kongo, à Harriet Tubman transporteuse d’espoir, à Frédéric Douglas, à Toussaint-l’Ouvreur des mille voies de la liberté, à Louis Delgrès et à sa reine Solitude morts au champ d’honneur à Matouba dont le cri de guerre, résonnera dans nos oreilles pour l’éternité : « Vivre libres ou mourir ». A tous ceux que je n’ai pu citer mais qui sont au coeur de ce texte restreint.
Honneur et gloire à tous les Africains morts dans les quilombo et les mocambo du Brésil, les palenque de Cuba, les cumbe du Venezuela tous ces villages créés par des Nègres assoiffés de liberté, dans les marécages, les montagnes escarpées et les forêts primaires loin des plantations esclavagistes mortifères, au prix de leurs vies. Gloire à vos leaders courageux, intrépides et éclairés qui ont défriché les chemins de la liberté pour tous les Africains et toute l’humanité.
Gloire et honneur pour les millions d’esclaves africains à travers le
monde qui ont décidé de passer à l’action sous quelque forme qu’elle soit pour faire cesser cette pratique abjecte et déshumanisante qu’est l’esclavage. Ils sont passés de la critique en roue libre à la
lutte et au combat quotidien sur tous les plans, sur tous les fronts,
pour mettre fin à l’institution esclavagiste : action guerrière,
politique, juridique, économique, sociale, action visible, action
invisible mais toujours réelle, etc.
Ils refusèrent tous la mort physique et sociale de l’être humain à
travers le crime d’esclavage. En Occident on peut ajouter quelques noms célèbres qui ont rejoint
le combat des Nègres et l’ont prolongé en Europe et dans les
colonies ; cependant, ces noms et institutions ne peuvent et ne
doivent occulter le centre du brasier occupé par les esclaves en lutte
quotidienne contre l’ignominie de l’esclavage.
Citons pêle-mêle Wilberforce 1888 en Angleterre, l’Abbé Grégoire en
France (au combat de 1789 à1731 soit 42 ans de lutte contre
l’esclavage), Polverel, Sonthonax, Robespierre, Danton, la Convention nationale et tous les acteurs de la première abolition de février 1794 ; les Quakers ou la « Société religieuse des Amis » fondée par George Fox au milieu du XVIIe siècle en Angleterre qui a poursuivi son combat anti-esclavagiste aux USA, Condorcet, Turgot (dcd en 1781), Necker, Malesherbes ; le Girondin Brissot (Société des Amis des Noirs fondée en 1889, ils sont plutôt pour la libération des esclaves par paliers… ce sont des « gradualistes » qui sont pour la plupart partisans de la conservation des colonies avec des Nègres libérés et « civilisés » par étape…).
Parmi les acteurs de la Révolution de février à mai 1848 qui ont
procédé à la seconde abolition, certains dont le Sous Secrétaire d’Etat de la Marine et des colonies, Victor Schoelcher (sont pour la
libération des esclaves mais pour la conservation des colonies…), sont
actuellement contestés comme seuls libérateurs des esclaves des
colonies. La lutte des esclaves doit être selon eux, prise en considération, Saint-Domingue s’est libérée, partout dans la Caraïbe
les luttes de libération s’exacerbent, en Martinique et en Guadeloupe
le décret du 27 avril 1848 est arrivé après la libération des esclaves
suite à la révolte des esclaves du Nord de la Martinique. Plus généralement, la fin des déportations et de l’esclavage est un combat de longue haleine qui commence dès l’attaque d’un village africain, se poursuit dans les chemins tortueux de la captivité, ensuite dans la mise en esclavage et jusqu’à nos jours.
En effet, après toutes les libérations, réelles, formelles et institutionnelles, il faut aujourd’hui libérer les esprits des descendants d’esclaves et ceux des maîtres. Il faut déconstruire et traiter l’esclavage et la colonisation dans les têtes et dans les « signes » visibles ou ténus de la société réelle…
Bien que l’hydre a pris de nouvelles formes, aucun pays, aucune
institution ne peut plus se prévaloir de pratiquer ou de défendre
ouvertement l’esclavage sauf en Afrique chez quelques groupes
relégués en marge de l’évolution du monde moderne, en marge de
l’éducation, de l’instruction, de l’égalité citoyenne, de la liberté, du droit national et international (comme au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Nigeria et dans certains autres pays d’Afrique de l’Ouest…).
L’Afrique ne pourra pas faire l’économie de l’éradication de
l’esclavage et de l’idée de réduire son prochain en bête de somme.
Pour faire peuple, les Africains doivent cheminer vers l’égalité
citoyenne, le respect de chaque être humain en Afrique.
Tant qu’un seul coin d’Afrique acceptera encore de faire de ses
enfants des esclaves intérieurs, il acceptera volontiers de les vendre
aux puissances étrangères d’une manière ou d’une autre.
L’Afrique doit se battre pour sa liberté, elle doit rapidement
apprendre à « faire peuple » pour défendre ses intérêts vitaux.
Alors, dès aujourd’hui cessons de «danser au Carnaval des autres »,
comme l’a si bien dit A. Césaire.


Yaya SY (Anthropologue et Professeur d’histoire, 08-06-2021).

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 9 juin 2021

Démis de ses fonctions pour avoir dénoncé un « apartheid » : le voilà qui décroche sa place à l’ENA de France

Son nom avait attiré l’attention l’année dernière, après avoir été mis au frigo, à la suite d’une dénonciation. Il s’agit de Mohamed El Habib Kidé…

Fonctionnaire au ministère mauritanien des affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, il vient de décrocher à la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration (ENA) de France, à l’issue d’un concours d’admission, a appris Cridem d’une note du Service de Coopération et d’action Culturelle (SCAC) de l’ambassade de France en Mauritanie.

Une information confirmée par le concerné lui-même.

Pour la petite histoire, Mohamed El Habib Kidé, cadre bilingue, a été relevé de ses fonctions et son salaire suspendu depuis le 1er juin 2020 à la suite d’une dénonciation portant sur les discriminations au sein du ministère mauritanien des affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur.

Une affaire qui avait suscité une véritable levée de boucliers notamment sur Facebook.

Mohamed El Habib Kidé est un diplômé de Conseiller aux Affaires Etrangères à l’Ecole Nationale d’Administration de Nouakchott en 2014, option arabe.

L’autre lauréat du concours d’admission à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) de France s’appelle Aboubakri ould Brahim, fonctionnaire au ministère des finances. Les deux mauritaniens figurent parmi les 20 africains admis par la moyenne générale.

Par La rédaction de Cridem

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745645

Le Mathématicien Mouhamadou Sy embauché par le médaillé Fields Martin Hairer (RMI-Info)

Mouhamadou Sy rejoindra l’équipe de Martin Hairer Médaille Fields 2014 (grâce à sa théorie des structures de régularité qui ont permis de résoudre des problèmes mathématiques extrêmement difficiles et restés sans solutions depuis des décennies). Pr. Hairer a également reçu le Breakthrough prize en 2021, prix qui récompense des chercheurs ayant accompli des avancées majeures en Sciences. Il est par ailleurs membre de la Royal Society.

Le mauritanien est connu du grand public notamment en Afrique pour son engagement pour les langues africaines, Mouhamadou Sy est avant tout un mathématicien. Il a en effet soutenu sa thèse à l’université Cergy Pointoise en 2017 et depuis, il avait rejoint l’université de Virginia aux USA où il enseignait les mathématiques parallèlement à ses recherches portant sur les équations de la physique mathématique.

Mouhamadou Sy a publié plusieurs articles dans son domaine de recherche notamment l’Analysis and PDE Review, ou Archive of Rational Mechanics and Analysis et biend’autres.


Le grand public l’a découvert en 2016 quand il publia le premier livre de mathématiques en Pulaar: Bindannɗe Hiisankooje chez Papyrus Afrique. L’ouvrage eut un franc succès en Afrique et reçu en grandes pompes à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar lors d’un colloque scientifique consacré à Cheikh Anta Diop. En 2019, le mathématicien publie le premier tome de son second ouvrage intitulé Gannde Hiisiwe.
En plus de l’édition papier cette fois-ci, il rend le livre gratuitement accessible en ligne en format PDF. Rappelons que le Pulaar (Peulh) est parlé dans environ 26 pays africains et qu’au-delà. Plusieurs personnalités et organisations avaient tous bien accueilli son ouvrage en louant son utilité publique.

Après son séjour aux USA Mouhamadou Sy revient en Europe mais à Londres cette fois-ci, il est recruté à Imperial College London, l’une des dix premières universités du monde selon le QS Ranking et le Times Higher Education.

Enfin, en collaboration avec Martin Hairer, Mouhamadou Sy travaillera sur des problèmes en théorie des équations aux dérivées partielles stochastiques fortement singulières, ces problèmes ont diverses applications en physique.

Signalons que le jeune prodige ne délaisse pas pour autant les langues africaines puisque le tome 2 de Gannde Hiisiwe devrait sortir courant 2022.

La rédaction

©️ Crédit source : http://rmi-info.com/le-mathematicien-mouhamadou-sy-embauche-par-le-medaille-fields-martin-hairer/

Kagamé/Macron: parallélisme des formes ou imitation de forme? | Par Mr Ba Bocar Oumar



Nous avons été nombreux à nous féliciter de l’accueil de Macron à sa descente d’avion à Kigali par un ministre envoyé par Paul KAGAME. Pour nombre d’africains, et dans le contexte d’un panafricanisme ragaillardi ces dernières années, ce geste constituerait un symbole de souveraineté et de fierté qui tranche avec les traditionnels youyous auxquels nous avaient habitués les autres présidents africains à l’occasion de l’arrivée de chefs d’états occidentaux en terre africaine.

Je ne résiste pourtant pas à l’envie d’aventurer une autre lecture de cet événement qui m’agite tous ces jours-ci. Sans rien enlever au courage de KAGAME et au style décomplexé qui fait à juste titre la fierté de nombre d’africains, gardons tout de même à l’esprit que, comme cela a pu être rappelé, dans le protocole français, tout chef d’état, quel qu’il soit, est accueilli sur le perron de l’Élysée, et non à sa descente sur le tarmac. Ce qui tranche naturellement, pour ceux qui connaissent les traditions africaines d’hospitalité, avec les formes d’accueils que l’on peut observer en terre kémite.
J’ai toujours en souvenir en disant cela, dans ma ville de Kaëdi, ces processions de femmes du quartier historique de Touldé, armées de bol et faisant tout un tintamarre pour accueillir à l’aérodrome un des leurs débarquant du DC4 d’Air Mauritanie. Il s’agit là d’une authentique tradition africaine d’accueil. Et il me semble que ce c’est cette tradition qui transpire dans le protocole d’accueil de la plus part des états africains. Bien sûr, restera à repenser comment l’hôte, notamment lorsqu’il s’agit de l’ancien colonisateur, pourrait interpréter cet enthousiasme populaire…

Mais il y a tout de même lieu de se demander, si au nom du parallélisme des formes, nous devons abandonner nos traditions d’accueils qui ne font que témoigner de ce qu’authentiquemrnt nous sommes.

Abandonner cette tradition pour nous caler au protocole français, n’est-il pas encore une fois une imitation (fut-elle au nom de la souveraineté), et donc un signe de dépendance?

N’avons-nous pas d’autres espaces de souveraineté à réaffirmer, autres que ceux qui nous font encore une fois imiter ceux qui nous méprisent justement pour cela?

Ce sont-là des questions que je pose. Mon opinion sur la question n’est pas encore vraiment faite.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10225676172149462&id=1184398165

𝗨𝗝𝗗𝗘 : 𝗧𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿, 𝗹𝗲 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿-𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 être

Élément photo RMI-Info


« On a tous remarqué le faible niveau de nos petites sœurs et petits frères. C’est pour cela que je me suis dit pourquoi pas ne pas donner des cours Online sur ce que je “ maîtrise ” de mieux et quand les autres verront cette initiative ils feront de même.

J’ai commencé par l’arabe par ce que la plupart de nos frères et sœurs avaient ignoré cette langue. Et au lieu d’être dans la victimisation pourquoi pas essayer d’anticiper ou de corriger nos lacunes.

J’ai commencé avec l’arabe mais il y aura aussi des cours en Leadership, Développement Personnel et le Coaching »

ℹ️Amasy Djigo est le President de L’Union des Jeunes pour le Développement d’Elmina. Pour suivre ses cours https://cutt.ly/InuG8L8

© Source RMI-Info

C’est avec un réel sentiment de responsabilité que je vous expose l’intérêt et la nécessité de déblayer le sujet “la citoyenneté”. | Par Tidiane Diarra


De toutes les urgences légitimes auxquelles notre pays fait face , la problématique de la citoyenneté et de la paix dans son approche la plus complète apparaît comme la plus urgente de toutes.
Tout d’abord , parce qu’elle incarne toutes les dimensions fondamentales du système démocratique consacrées par nos textes fondateurs et de leur philosophie substantielle.
Ensuite cette question de la citoyenneté recèle en elle toutes les caractéristiques , tous les préalables et tous les ressorts de notre idéal national et de notre vouloir vivre ensemble dans la paix et la liberté.
Enfin la problématique de la citoyenneté est ce qui exprime le mieux dans notre pays. L’impuissance morale , structurelle et fonctionnelle de l’état d’une part et d’autres parts la fragilisation brutale et suicidaire de l’ensemble du corps social et politique. Qu’est ce que parler de la citoyenneté? C’est :
1) aborder la problématique des droits, des libertés et des devoirs du citoyen dans son rapport à l’état, la société et d’autres citoyens.
2) pointer du doigt nos obsessions ethniques et identitaires qui sont devenues de véritables dynamiques perverses de notre désintégration nationale et politique
3) parler de la paix démocratique et de la cohésion pacifique dans la société avec des droits égaux , des libertés égales et une justice effective.

Chers compatriotes le constat est sans appel, convenons en, la réalité est brutale, le communautarisme identitaires et ethniques menacent gravement notre chère patrie, sa démocratisation et sa paix sociale .
L’ethnicisme politique et instrumental, le régionalisme et le clientélisme sont devenus notre handicap majeur et une vulnérabilité inquiétante de la paix sociale et la stabilité crédible de nos institutions.
L’évidence est douloureuse mais palpable, nous avons dans notre pays un manque criard et destructeur de citoyenneté, de culture de civisme, de culture démocratique et de facteurs démocratiques.

Le constat, nous devons tous le reconnaître en toute honnêteté y mettre les mots et le langage qu’il faut et y faire face avec ténacité et intelligence car lorsque les mots ne disent pas réels, le langage perd sa valeur, la politique son sens.
À défaut nos mots deviennent incompréhensibles, inefficaces et sans sens…et la parole publique creuse et inaudible.
Voilà les signes du désastre annoncé.

Qu’Allah nous vienne en aide.
Qu’Allah béni les justes & Ma Mauritanie.

Tidiane Diarra
Inchiri/Mauritanie.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4065930386818333&id=100002042360587

🔴 Nos contradictions transversales face aux différentes injustices dans le monde | Ces miroirs fuyants à tous les étages .

Certains milieux muslim en France vivent une bipolarité terrible sur certains sujets géopolitiques et les travers racistes au sein de la communauté. Par exemple un afro musulman français qui s’excite outre mesure sur « l’affaire Palestine » est vu en champion de « piété » mais s’il indexe bruyamment le racisme anti Noirs dans certains pays arabes, on dirait qu’il est diviseur de la Oumma. Il y en a qui sont indifférents tout simplement quand un joueur Noir subit les cris racistes dans un stade européen et surtout s’il n’est pas musulman en plus…!

S’ils voient un afro converti un peu exhibitionniste, ils en font leur « mamelouk » prisé « anti-blanc » dans toutes les sauces virtuelles , mais de l’autre côté ils sont foncièrement adeptes de thèses d’un influenceur comme Bassem qui distille un racisme de plus fourbe à l’endroit de Noirs. Souvent avec certains collègues natifs d’ici d’origine maghrébine, je leur dis, vous et moi, nous pouvons vivre des comportements fragiles et injustes venant du monde environnant à « dominance blanche » ici mais il suffit qu’on aille de l’autre côté de la Méditerranée, je vivrais seul d’autres comportements similaires sinon plus graves encore.

Un autre tiret sur ces contradictions qui nous habitent, certaines mentalités féodales chez nous peuvent compatir avec les Afro-américains , les palestiniens, les peuls maliens, les noirs mauritaniens…et être des grands défenseurs des coutumes esclavagistes et discriminatoires (érigées en traditions sacrées) qui prévalent dans l’intra-muros communautaire . Ces derniers temps, il a été relevé que l’imam référence et officiel du gouvernement mauritanien aurait tenu dans sa Kutba de la prière de l’Aïd à Nouakchott devant la crème des hautes autorités, des propos limite apologétiques de l’esclavage (considéré comme crime contre l’humanité). Finalement, rien d’étonnant car s’agissant du discours religieux esclavagiste dans nos pays sahéliens, on entendrait le même fond qui légitime socialement la catégorisation des croyants (hommes libres & esclaves) sans aucune approche de contextualisation liée à l’histoire et aux temps. Le grand imam arabo-berbère a dit sur les conditions de zakat El-fitr ce qu’un autre imam soninké, peul ou diakhanké dirait pareillement devant ces ouailles en circonstances similaires en ce plein 21 ème siècle .

– KS pour le BLOG

Cridem Culture – L’acteur culturel, journaliste et écrivain Bios Diallo publie un nouveau recueil de poème : La Saigne, aux éditions Le Manteau & la Lyre OBSIDIANE, 2021


La Saigne est un chant ample, clair, généreux. Son rythme, sa scansion sont brefs, alertes. Bios Diallo a la science des vocables éruptifs et inventifs. Le recueil de poèmes se fait l’écho d’une Afrique saignée par l’immigration à risques et minée par des troubles politiques, l’intolérance, les conflits identitaires et religieux.

Le poète les passe en revue au prisme de sa propre vie. Ainsi, l’invasion de Tombouctou en 2013 fait ici l’objet d’une louange à la cité médiévale, où s’est inventé l’amour des hommes et du savoir.

Bios Diallo nous offre son cœur « sans reddition », sans orgueil et non sans panache. C’est le sens du renversement qu’il fait subir au substantif saignée. Le verbe s’y fait entendre, qui agit puissamment en nous.

L’auteur

Né à Sélibaby, dans le sud de la Mauritanie, Bios Diallo, journaliste de son état, dirige à Nouakchott depuis 2010 les «Rencontres littéraires Traversées Mauritanides », qui accueillent chaque année des écrivains du monde entier. Il est auteur de deux recueils de poèmes et d’un roman, ainsi que d’un essai.

Il a eu le privilège d’interviewer en 2002 à Fort-de-France Aimé Césaire pour la Revue de l’Intelligent. Il a aussi collaboré à Césaire et nous, un ouvrage collectif (2003). Lors de la crise malienne de 2013, il participe au recueil Voix hautes pour Tombouctou avec Vrilles à Tombouctou, un cri d’indignation pour la ville assiégée.

La crise des migrants en 2018 le fait participer au collectif Au Cœur de l’errance, publié par les Editions Chèvre-Feuille Étoilée au profit des réfugiés. Il renouvelle son éloge au peuple malien en 2020 avec Poèmes à un jeune soldat inconnu. Recueil en hommage aux soldats disparus (ouvrage collectif).

Source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745100

PS: Photo Amy Sow

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10226371395257476&id=1420516501

Amadou Hampaté Ba, un maître universel (Hommage à l’occasion des 30 ans de son décès) | Par le mathématicien Sy Mahamadou

Je peux dire en toute fidélité qu’Amadou Hampaté Ba fut, à travers ma lecture permanente de son œuvre durant mon adolescence, l’homme qui m’a le plus influencé sur un plan personnel, culturel et philosophique. Je lisais les bouquins de Hampaté que j’empruntais à la bibliothèque du lycée de Kaédi, je les relisais presque sans arrêt ! J’y passais le plus clair de mes weekends, temps normalement destiné, dans mon cas précis, à me ressourcer du climat familier de mon village avant de retourner passer la semaine à Dimmbee-Jooroo (1). Mais, assis sur la chaise en fer garancée que le temps et l’extrême demande par divers séants ont commencé à ternir, je lisais Hampaté au sein d’un climat virtuel extrêmement intense. Le monde virtuel qui se déployait alors donnait bizarrement plus de sens à cette atmosphère familiale que je respirais à l’ombre, posé sur mon siège astucieusement incliné de sorte que les pieds avant restent en l’air tandis que la traverse employait fièrement le mur comme support et que les deux pieds arrière s’enfonçaient un peu plus que d’habitude dans le sol pour éviter un glissement de l’ensemble. C’était comme si la manœuvre que je menais instinctivement pour maintenir subtilement cet équilibre quelque peu équestre et hautement instable servait de base à mon immersion dans cet immense univers qui se dépliait le long des pages, de par les détails qui émergeaient à chaque coin de phrase et les structures qui prenaient forme au fur et à mesure que l’on montait les chapitres. Chez Hampaté, et conformément à l’école traditionnelle de la vieille Afrique, le conte merveilleux n’est jamais très éloigné des affaires humaines à l’œuvre au cœur de la lutte quotidienne : la patience, le savoir, la souffrance, l’intelligence, l’ambition, le pouvoir, la morale, l’amitié, l’amour, la spiritualité, la différence, le respect, l’adversité, la jalousie et bien d’autres composantes de la vie humaine sont savamment intégrés que ça soit dans Petit Bodiel et les subterfuges du léporidé dans ses relations conflictuelles avec les grands mammifères de la brousse, ou dans Njeddo Dewal face aux prouesses du petit prodige Bâgumâwel au Heli-E-Yooyo, le berceau mythique des Peuls. La trilogie Kuumen, Kaidara et Laaytere Koodal (l’éclat de la grande étoile) est une visite des profondeurs de la philosophie traditionnelle des Peuls, dans ses racines mythologiques contenant des relents d’une société originelle – imaginaire ? – basée sur le duo mystique-spiritualité. Lootori (ou bain rituel) est une poésie traditionnelle aux vers divins, anciennement pratiquée au réveillon et au jour de l’an Peul où les campagnards, après une veillée de chants, descendent, à l’aube, au cours d’eau le plus proche pour baigner leur bovidé en déclamant les paroles-vœux dans une harmonie difficile à atteindre. Cette ode à la vache, être central de la culture des Peuls spécialisés dans l’élevage, contient également des vers d’amour qui chantent les louanges de la nature dans laquelle le Peul traditionnel se reconnaissait avec dévotion.
Mais, au-delà de la culture peule, Hampâté fut surtout un cadeau précieux pour l’Afrique et le monde pour avoir été un brillant esprit né au moment crucial où le sort des sociétés africaines (et de la diversité culturelle du monde en général) devait connaître un bouleversement sans précédent. Il eut des capacités hors du commun à jouer deux rôles-clés qui auront des conséquences marquantes dans le devenir de l’imaginaire collectif : d’abord il fut dépositaire d’un certain patrimoine traditionnel, oral pour l’essentiel ; et ensuite, le plus important, il joua le rôle d’un passeur culturel talentueux et très productif. Amadou Hampaté Ba fut une mémoire de la société traditionnelle qui a su, par la beauté et par la sagesse qu’elle contenait, se faire une place dans un « monde moderne » fortement caractérisé par des courants hostiles, par construction, à la tradition. Le génie de Hampaté était certainement d’avoir su porter et plaider pour cet héritage culturel sans tomber dans le piège du passéisme. C’est pour cela d’ailleurs que l’on peine à trouver dans son œuvre une quelconque mise en opposition entre la tradition et la modernité ; on ressent plutôt, à la sortie de celle-ci, un lien profond entre les deux mondes ; une multiplication de possibilités s’opère alors, et on revient doté d’ouvertures inédites qui, toutes, tendent vers l’universalité.
Un enseignant, il le fut ; il a dû l’être durant toute sa vie, et ce conformément aux valeurs qu’il a acquises à l’initiation traditionnelle. Le plus important est qu’au moment où les valeurs de cette initiation sont dévoyées et que celle-ci est pratiquée inconsciemment pour servir à des bassesses humaines, Hampaté resta authentique et fidèle à sa discipline. Faisant preuve de sagesse, d’honnêteté et d’une grande modestie, il s’est employé à la transmission et à la sauvegarde à la différence de ceux qui ont sauté sur l’occasion pour se construire une position de pouvoir en entrainant des gens dans les bas-fonds de l’ignorance. Je vais terminer avec un conseil que le vieux sage darda au cours d’une de ses prises de parole à l’Unesco :
« Si vous voulez faire une oeuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains. »

(1) : Nom apologique de la ville de Kaédi. Comme toute digne localité du Fuuta, Kaédi a son apologie dans la poésie populaire.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=809777853279804&id=100027427912973

🔴 Avis sur l’athéisme militant derrière un laïcisme agissant !


On dirait qu’un certain intérêt pour un ordre laïc est un arrière-garde idéal pour un athéisme militant voguant entre les lignes dans nos milieux. Un défi intellectuel et social éminemment épineux dans les années à venir.
Et surtout si nos lettrés en sciences religieuses ne se mettent pas à jour urgemment par la multi-disciplinarité sur tous les pans de la Science. Aujourd’hui , on verrait en direct la station spatiale internationale en mouvement avec hommes à bord nous permettant la vue arrondie du globe terrestre, et en même temps certains dits lettrés religieux se fourvoyant en fables « comme thèses religieuses » disent que la terre est plate. Les menaces pénales et autres pesanteurs d’ordre social qui tiennent visiblement la ruée athéiste aujourd’hui ne seront pas efficaces dans l’avenir, il en faut autrement d’une approche décisive et édifiante intellectuellement. Il faudrait des bonnes têtes qui vont marier par l’intelligence La Foi (Sens Essence) et la Science (Utilisation Technique) de notre GRANDE AVENTURE qui n’a Rien de hasardeux.
On peut Croire et profiter d’un environnement public laïc mais l’athéisme militant se veut areligueux avec une dose d’extrémisme même de violence verbale à l’endroit de certaines consciences.