L’éditorial/La Nouvelle Expression : Apartheid, Biram – Maaouya – Ghazouani, Par Camara Seydi Moussa

Quand le gouvernement me demande de répondre à Biram. Et Maaouya m’interpelle pour parler à Ghazouani
Biram,
L’image du pays doit être ta préoccupation, ton combat et un devoir pour tout militant des droits humains, mais surtout un député. Un député, historiquement, élu dans sa cellule…

Alors ex-prisonnier, élu député, ces lignes, après quelques recherches et avec modestie, te renseigneront sur ces deux concepts que tu aimes tant utiliser. En passant, on va essayer d’évaluer votre niveau d’excessivité en parlant du quotidien de la Mauritanie. Biram, tu aimes tant parler de « génocide » et d’ « apartheid ».

Un génocide est un acte « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », selon les termes de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.
« Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fr, et il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe. »

On dit aussi qu’un génocide est un crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle d’un groupe national, ethnique ou religieux…
N’est ce pas là une belle et parfaite illustration de ce qui s’est passé ici et là en Mauritanie entre 1986 et 1992 ? Ces années, appelées années de braise, ont vu le Négro-mauritanien pourchassé, déporté ou tué. Et, il ne fait aucun doute, que la communauté Pular était la principale victime.

Apartheid… Biram,

La notion juridique internationale de crime pour apartheid est définie par la résolution 3068 XXVIII de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) du 30 novembre 1973.

Elle est, en outre, reconnue par le statut de Rome de 2002 instituant une Cour pénale internationale. Le crime d’apartheid est défini comme tout acte inhumain de caractère analogue à d’autres crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe ethnique sur n’importe quel autre groupe ethnique. Les crimes d’apartheid énumérés sont le meurtre, l’esclavage, la privation de liberté physique, la réinstallation forcée, la violence sexuelle, persécution individuelle et collective.

Biram, c’est connu, et on l’a crié et écrit plusieurs fois. L’esclavage est une réalité. L’un de tes contradicteurs et de surcroit le président de la CNDH a reconnu l’existence de l’esclavage en déclarant que la Commission, lors de la caravane organisée en direction de l’Est du pays, a permis de découvrir 12 cas avérés d’esclavage. L’Etat mauritanien qui refuse de reconnaitre le phénomène a institué des lois et créé des tribunaux pour combattre un phénomène qu’il considère inexistant. Le phénomène est souligné dans le préambule de la Constitution comme crime contre l’humanité et imprescriptible… Pourquoi tant d’acrobatie alors que l’esclavage est un crime d’apartheid.

L’apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français, signifiant « séparation, mise à part ») était une politique, en Afrique du Sud, dite de « développement séparé » (afsonderlike ontwikkeling) affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées.

Voici un autre concept qui a provoqué les courroux de ceux qui vocifèrent pour rien, ennemis jurés du partage et du vivre ensemble à la recherche d’une méthode pour panser nos plaies. Lors des dernières élections présidentielles, alors que j’étais assis devant un centre de vote non loin de la clinique IBN SINA, mon attention avait été attirée par la discussion des militants d’un parti très organisé. Parlant à son ami, l’un avait déclaré : «Biram risque de gagner au centre de vote du stade olympique, il ya beaucoup de monde ». Et l’autre de répliquer : « Non. L’électorat de Biram et Kane ce sont les populations des départements de Sebkha et El-Mina ».
Naturellement, ce jeune Mauritanien était en train d’expliquer le vote identitaire. Car ces quartiers de la périphérie Sud et Ouest de Nouakchott sont grandement peuplés par les noirs. Fermons nos yeux et refusons d’entendre mais la réalité est têtue : en Mauritanie, il ya une communauté qui a tout alors que les autres tirent le diable par la queue, parfois ils n’arrivent même plus à trouver cette fameuse queue.

C’est une vérité. Avançons et affrontons notre histoire, notre douleur ; ces crieurs de ventre ne doivent pas nous distraire. Biram, avant que je ne termine ces lignes, Maaouya m’interpelle avec une voix anxieuse remplie de chagrin… essaye de transmettre ces mots au Président Ghazouani. « Moi, Maaouya Sid’Ahmed Taya ma dernière phrase aux Mauritaniens était : ‘’Que Dieu me préserve de mes amis, mes ennemis je m’en occupe’’. Que Ghazouani médite cette phrase. Ces gens qui m’ont induit en erreurs sont tous avec vous aujourd’hui, en utilisant les mêmes procédés. A mon époque, ils m’ont tout caché par la transformation… ils utilisent le verbe et parfois des scenarios incroyables pour des intérêts personnels et personnifiés.

Quand je n’étais plus valable pour leurs intérêts, j’ai été éjecté du pouvoir. Les heures qui ont suivi ma chute, les mêmes personnes qui m’applaudissaient hier ont vite occupé les rues pour me vilipender. Ils ne sont autres que ceux là qui, aujourd’hui, useront de tous les moyens pour saper votre volonté d’ouverture politique et qui cherchent à vous éloigner de vos opposants, comme Biram.

De mon temps, c’était les mêmes campagnes qu’ils utilisaient contre les individus qui ne sont autres que ces citoyens mauritaniens qui cherchent plus de justice que je n’ai pas pu comprendre mais surtout cette justice que je n’ai pu rendre à l’époque. Ils m’ont «roitelisé» et aveuglés alors qu’ils n’étaient pas avec moi, encore moins avec la Mauritanie.

Alors Monsieur le Président regardez autour de vous et essayez de voir ceux qui ont accompagné vos prédécesseurs, vous vous rendrez compte que ce sont les mêmes… Préservez-vous d’eux, ils sont les véritables dangers qui peuvent miner la réalisation de votre projet d’une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même. Une Mauritanie qui a beaucoup souffert de nos actes.

Ne vous occupez pas des danseurs du ventre du pouvoir. C’est leur métier. Ils ont dansé sous Maaouya (moi). Ils ont aussi dansé après Maaouya car le système se recycle. Ces derviches tourneurs n’échappent pas à leur destin : celui de danser, encore danser, toujours danser… ».

Modestement, comme je l’avais écrit il y a 9 ans dans un édito intitulé « Repenser la Mauritanie » dans les lignes suivantes et je le pense toujours : Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi-totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale, on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible qu’on admet comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.
C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Un demi-siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.

Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme, de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.
La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature.

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1218

Communiqué de Presse IRA France le 9 mars 2020 : “Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


“Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


Le 20 janvier 2020, le Secrétaire Général d’IRA France-Mauritanie, Bruno Canivenc, accompagné par des membres d’IRA Mauritanie, a été reçu à Nouakchott par Aminetou Mint El Mokhtar. L’accueil a été chaleureux et amical. Les échanges ont porté sur le travail mené par l’Association des Femmes Chefs de Famille, sur l’analyse de l’évolution de la situation politique en Mauritanie depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ghazouani et de son impact possible sur l’état des droits humains dans le pays. La position de notre hôte était ce jour-là encore sans ambiguïté. Pour elle, le discours d’ouverture des nouvelles autorités était “destiné aux partenaires extérieurs” et constituait “une manœuvre pour maintenir le pouvoir tribal avec des apparences plus présentables”. Elle en voulait pour preuve le choix répété de cousins du Chef de l’Etat et de marabouts aux compétences douteuses pour de nombreux postes de conseillers. Elle précisait que le pouvoir du Président était tel qu’il était en mesure de faire appliquer les mesures auxquelles il tenait. Elle disait attendre toujours des décisions allant dans le sens de l’ouverture annoncée … et sa moue désabusée montrait alors clairement qu’elle n’attendait rien.
L’engagement d’Aminetou Mint El-Moktar pour la défense des droits humains donnait un certain poids aux propos de notre interlocutrice, alors que notre délégation s’inscrivait plutôt dans le crédit à donner au nouveau président Ghazouani pour améliorer la situation des droits humains dans le pays. Et voilà que, peu avant la journée nationale du 6 mars contre l’esclavage et peu après son arrestation et sa garde à vue brutales, circonstances traditionnellement utilisées par les autorités mauritaniennes pour étudier avec les opposants fragilisés les conditions de leur ralliement, Aminetou Mint-El-Moktar dénonce sans aucune preuve les “conditions confortables” du fonctionnement d’IRA, va même jusqu’à prétendre « avoir vu Biram Dah Abeid en prison recevoir des financements du pouvoir sous la présidence Aziz” et lui reproche de « diviser l’opposition ».
Madame El-Moktar, vous nous aviez habitués à plus de dignité ! Après des années de militantisme commun et un séjour de deux semaines à Nouakchott chez Biram Dah Abeid dans le quartier pauvre de Riyad, notre délégation d’IRA France-Mauritanie n’a pas identifié beaucoup de conditions confortables de fonctionnement. Il est vrai que la possession d’une voiture pour le Président d’une association reconnue par l’ONU, et dans le monde entier sauf en Mauritanie, pour la qualité de son engagement contre l’esclavage et le racisme d’Etat, peut paraître excessive aux yeux d’un pouvoir qui dépense beaucoup d’énergie pour empêcher l’activité d’IRA depuis sa création en 2008. Il est vrai également que les quatre incarcérations de Biram Dah Abeid (pour un total de 29 mois), les manœuvres d’Aziz pour le faire condamner à mort en 2012 et les innombrables tabassages, arrestations, tortures, condamnations scandaleuses de militants d’IRA, systématiquement dénoncés par les grandes organisations internationales de défense des droits humains sous les présidences d’Aziz, ne nous préparaient pas vraiment à entendre que ce même Aziz finançait IRA et était un ami de Biram! Tout aussi grave : aucun militant et aucune militante d’IRA ne se souvient de vous avoir jamais vu leur apporter votre soutien et encore moins les visiter quand ils étaient injustement emprisonnés. Enfin, quand on dit tenir des preuves de ses propos par des confidences d’Aziz, quand on accepte de faire partie d’une délégation à l’Assemblée Nationale Française en 2016 pour tenter d’édulcorer le bilan d’Aziz sur l’esclavage, au moment même où des militants d’IRA torturés croupissent dans les prisons de Zouerate et Bir-Moghreïn, on peut vraiment se demander qui est l’ami(e) de l’ancien président Aziz… Nous ne nous attarderons pas sur les divisions de l’opposition, habilement entretenues par le pouvoir mais que Biram était parvenu à surmonter au moment des élections présidentielles.
Soyons un peu sérieux ! Qui pensez-vous abuser par de tels propos ? Mais peut-être devrions-nous plutôt nous poser la question de savoir qui vous manipule et à quelles fins ? Bien sûr, il est de bon ton dans les cercles proches du pouvoir mauritanien d’expliquer à la population que tous les problèmes du pays proviennent de la corruption du Président Aziz. Mais n’oublions pas trop vite ceux qui sont toujours au pouvoir aujourd’hui et qui l’ont bien accompagné dans ses pratiques malhonnêtes pendant des années. Ils n’ont jamais dit vouloir modifier le système tribal clientéliste. Ils ont tout intérêt à faire occuper le terrain médiatique par des attaques gratuites contre des opposants, à défaut de pouvoir le remplir par des commentaires sur une quelconque mesure concrète prise pour faire avancer le pays vers plus de justice. Par contre, il faut absolument chercher à faire taire ceux qui gênent en rappelant trop souvent aux Mauritaniens et à la communauté internationale le socle de discriminations sur lequel repose le pouvoir mauritanien.
Madame El-Moktar, vous savez bien qu’IRA n’a jamais été reconnue et a toujours eu des difficultés financières. Elle doit chercher son financement auprès de ses militants, à travers des prix internationaux obtenus par son Président et parfois à l’aide de ses sympathisants aisés issus de toutes les communautés du pays ; ces derniers sont convaincus que le projet de Biram Dah Abeid d’une Mauritanie juste et fraternelle, au-delà de l’esclavage et des appartenances communautaires, sera la seule voie pour empêcher les violences que prépare l’entêtement des tribus au pouvoir à maintenir leurs privilèges ancestraux coûte que coûte. Espérez-vous vraiment de telles personnes une action efficace pour favoriser l’unité nationale ?
Nous attendons tous maintenant avec impatience des preuves sérieuses et documentées de vos allégations : on n’a pas le droit de salir impunément la réputation de quelqu’un qui, avec des moyens financiers très limités mais une dignité et un courage jamais mis en défaut, se bat, auprès des personnes les plus fragiles de la société mauritanienne pour que cessent l’esclavage et le racisme d’Etat.


Le Bureau d’IRA-France-Mauritanie

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie : le 6 mars, quelques heures d’imposture (IRA-MAURITANIE)


Note de synthèse

La journée nationale « contre » l’esclavage, consacrée le 6 mars de chaque année par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, visait, à l’origine, la mise en accusation de la mouvance abolitionniste. Il s’agissait d’une opération de communication de crise, destinée à semer le doute dans l’opinion, pour mieux confondre la lutte et décrédibiliser les militants. Au fil de ses séquences, l’évènement se réduisait à une fête austère, loin des espaces de rassemblement et de résidence des groupes dominants. La parodie devait produire l’illusion d’un pays de droit où aucune entité ethnique n’échappe aux séquelles de la servitude de naissance. En somme, il fallait dissocier l’inégalité héritée, le racisme, voire enserrer ces pratiques dans une grille de causalité économique, loin de tout déterminisme selon la race ou la généalogie. Depuis l’essor du mouvement de revendication des droits civiques au milieu des années 1990, la ligne n’a pas varié, malgré l’alternance de façade au sommet de l’Etat. Jusqu’aujourd’hui, elle oscille, de bricolage en tâtonnement, entre déni, falsification et frénésie législative, aux fins de vider, notre histoire, de son contentieux.

🔹️La trouvaille

Au titre de la contrefaçon et de l’opportunisme caractéristiques d’une gouvernance de l’instant – sans vision ni ambition – la communauté Soninké devient le terrain d’expérimentation des politiques publiques en matière de réduction des hiérarchies d’antan. Ici, le choix de la région du Guidimakha et de son chef-lieu Sélibaby, prouverait la dimension non racialiste de l’esclavage ; ainsi la configuration globale de l’hégémonie et l’ethnicité de son ancrage à tous les niveaux du pouvoir d’Etat, se diluent dans un tableau indifférencié du sous-développement où, in fine, s’effaceraient les considérations de supériorité, de généalogie et d’oppression, pourtant legs de plusieurs siècles en Mauritanie.

L’assertion frauduleuse voudrait restreindre le champ de l’exploitation de l’homme par l’homme à sa seule expression parmi les noirs subsahariens. Le choix du Guidimakha s’avère d’autant plus commode que la dénonciation du mépris de castes et la demande d’équité s’y manifestent, désormais, avec force et impatience légitime. Sur le reste du territoire, l’État tient à rassurer les auteurs du crime imprescriptible et les bénéficiaires des privilèges qui en découlent. Grace à la comparaison cynique aux Soninkoh, la thèse officieuse offre, aux autres mauritaniens, la faculté d’esquiver le questionnement sur les entraves à la citoyenneté.

🔹️Le décor

À cause de l’indisponibilité à s’engager, avec les activistes et les victimes de ségrégation multidimensionnelle, dans un échange de franchise et de disponibilité à la recherche de solutions, le pouvoir s’obstine à vouloir les disqualifier, cependant en vain. Depuis la dictature de Ould Taya, la logique de l’adversité et le délire du complot extérieur façonnent et figent la posture défensive des institutions en charge de promouvoir la cohésion et la paix. Le Commissariat aux droits de l’Homme et la Commission éponyme créent et financent encore des ersatz d’organisations de la société civile et vont livrer, à Genève, de laborieuses escarmouches de tranchée, pour obtenir une concession d’écriture, une marge de ponctuation ; à force de d’arracher des trêves de durée variable, le système, si mal servi de l’intérieur, confond atténuation du constat et victoire de sa diplomatie. La fuite en avant résulte, surtout, de la médiocrité du personnel intermédiaire et subalterne, de ses lacunes et du conditionnement d’une société au sein de laquelle la schizophrénie alimente la mentalité de l’encerclement. La moindre contestation de la gouvernance et des injustices endogènes provoque l’occasion de crier à la conspiration ourdie par les ennemis de l’Islam et de l’arabité, deux notions d’usage mécanique quand la vérité assiège la Mauritanie et en dévoile les misères. Soudain, la Mauritanie, en vertu de son importance stratégique, susciterait une somme de convoitise et d’inimité qui prête à sourire.

🔹️Le réflexe

La déformation puis l’occultation des affaires d’esclavage sur les mineurs, Ghaya Maiga et Beibbeu Ould Cheikh, démontrent combien l’administration territoriale et l’appareil de justice peuvent inoculer du mensonge, en un temps record, simplement par instinct. Or, les deux situations datent de la période ultérieure à l’élection de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. A supposer l’indépendance des juges, le ministère de tutelle et le conseil suprême de la magistrature disposent de prérogatives de sanction, face à des suspicions légitimes de parti-pris, de bavure ou de conflit d’intérêt. Le principal obstacle réside dans la formation des fonctionnaires du prétoire, en l’occurrence leur socialisation sous le sceau de la tribu et de l’extrémisme religieux. Même la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), en dépit de débuts prometteurs dès le départ de l’ancienne présidente, s’est remise à distiller, aux instances des Nations unies, des rapports de relativisation/dénégation des cas d’esclavage soulevés en Mauritanie. Pire, les média publics n’hésitent à filmer des scènes de retournement spectaculaire où la victime, en présence de ses bourreaux, vient démentir son récit initial et imputer, aux lanceurs d’alerte, la fabrication du faux. Pour traiter le dossier de Beibeu, la fameuse Cndh, toujours rétrogradée du fait de son zèle à défendre les thèses et le bilan du gouvernement précédent, déléguait, sur place, son Secrétaire général, Mohamed Ould Brahim, détenteur d’agrément de l’une de ces associations fictives qui viennent à la rescousse de l’Etat, lors des rencontres internationales. Les circonstances de telles ententes relèvent du secret et nul audit ne semble remettre en question l’opacité de cette industrie.

D’ailleurs, au lieu de favoriser la transparence et d’ouvrir les frontières, les autorités successives traitent, d’emblée en ennemi, les chercheurs, journalistes et autres spéculateurs abonnés à l’approximation ; les services de sécurité recourent spontanément à l’expulsion et abusent de menaces contre les étrangers en quête de témoignage ou porteurs de projets d’émancipation. Certains ont quitté le pays, résolus à ne plus revenir.

🔹️Que faire ?

Ira-Mauritanie réitère, encore une fois, la main tendue aux dirigeants de la république islamique de Mauritanie, pour démystifier, ensemble et sans tabou, les enjeux domestiques de la stabilité et de la sécurité, notamment le chapitre des droits de la personne et son corollaire empirique, l’impunité. Comme nous aimons à le rappeler, la paix a son prix, un tarif universel qui s’appelle l’égalité, ici et maintenant. Toute nation qui négocie ou ignore l’évidence du postulat finit par le payer cher. Alors, pourquoi s’obstiner à mener une bataille perdue d’avance ? Pourquoi tant craindre la confrontation au réel ?


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 9 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

COMMUNIQUÉ- IRA/ NOUADHIBOU : Affaire audio mensonger de Aminetou Mint El mokhtar Présidente de AFCF (Association des Femmes Chefs de Familles )

Suite au discours historique et mémorable du lauréat du prix du Courage ,le Président Biram Dah Abeid , obtenu devant un parterre de grandes organisations mondiales de défense des droits de l’homme le 18 février 2020 à Genève, le système esclavagiste, exclusioniste, raciste et d’apartheid s’est senti profondément sonné .
Pour donner suite aux diatribes acerbes du défenseur des droits humains Biram Dah Abeid , proférées depuis la salle des Nations Unies , reprises par la Presse du monde entier , le système en place n’a trouvé de réponse à ses vérités crues que de lancer ses seconds couteaux de tireurs embusqués sans conviction pour apporter la réplique maladroite aux problèmes graves de violations des droits de l’homme cités dans le discours inoubliable du Député et Président Biram Dah Abeid :

● l’esclavage qui est un crime contre l’humanité qualifié dans la loi 031/2015

● le passif humanitaire qui continue d’endeuiller et de hanter des milliers de nos compatriotes .

● l’exclusion de la majorité de la population de toutes les sphères décisionnelles de l’état, de l’économie, du bien-être social de l’éducation et de la santé.

● la non reconnaissance inexplicable et illégale de l’organisation Ira Mauritanie et le Parti Rag dont son candidat député élu depuis la prison, s’est placé deuxième aux élections Présidentielles de juin 2019 malgré les fraudes avérées et l’attitude hautement patriotique et historique qu’avait adoptée le Président Biram Dah Abeid en évitant au pays de sombrer dans le chaos imminent que certains esprits extrémistes ,racistes chauvins , voulaient installer.

● le racisme d’état , érigé en système , banalisé ,et , en dernière trouvaille comme pour atteindre le paroxysme , l’apartheid visuel à l’oeil nu ou le sous-développement séparé version République Islamique de Mauritanie.
Apre avoir donc échoué dans l’envoi des hommes de premier plan qui étaient sensés défendre le droit au front du désespoir , du mensonge éhonté , de la faiblesses de l’argumentaire , de la contrevérité et de la falsification des faits avérés et connus , qui ont fini par se rendre à l’évidence et ravaler leurs intentions , voila que surgit , une vieille dame Aminetou Mint Mokhtar comme pour venir en rescousse désespérée aux laudateurs perdus, mandatée , depuis les officines du système qu’elle affirme bien connaître et fréquenter jusqu’au plus haut sommet, qui, dans un audio , prête à l’honorable Biram Dah Abeid President des réseaux Ira de par le monde , une amitié avec son bourreau ,son geôlier et adversaire le plus irréductible de plus d’une décennie depuis la création de Ira : l’ex Président Mohamed ould Abdel Aziz
Ridicule et nauséabonde accusation , sans aucune preuve, trop mesquine et mal intentionnée.

Cette dame , Vice-présidente de Arem , d’ailleurs , avait été convoquée par la sûreté de L’état suite au problème de AREM ( Alliance pour la Refondontation de L’état Mauritanien) était effarouchée et contrainte à jouer un rôle pour aider le pouvoir à se défendre vainement.
Son effarouchement l’a d’ailleurs enfoncé pour toujours car, ni le pouvoir en place, ni l’opinion nationale et encore moins l’opinion internationale ne sont dupes pour accorder le minimum de crédibilité aux propos et arguments démentiels qu’elle a avancés .

Et donc cette accusation mensongère que l’histoire retiendra de la part de la Présidente de l’association AFCF Aminetou Mint El Mokhtar s’empilera avec les autres qui l’ont précédées qui ont toutes finies par mourir de leur belle mort : le mensonge fait vivre une nuit , mais , la vérité toujours et , qui contracte une dette a le mensonge en croupe.

A cet effet , nous , militantes,,militants et sympathisants de la section de Ira Nouadhibou , exigeons de Aminetou Mint El Mokhtar d’exhiber les preuves qu’elle détient .
Et enfin, nous dirons, que , certaines personnes préfèrent le mensonge à la vérité, la fuite à l’affrontement car , en plus d’être lâche, elles ont choisi la voie la plus facile : être malhonnête « 

La lutte continue
La vérité triomphe toujours.


Ira/Dakhlet Nouadhibou


Le 07/03/2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

IRA – ITALIE : AFCF et sa Presidente s’engagent à côté du régime mauritanien contre Biram Dah Abeid

■Communiqué de IRA-Italie

~ AFCF et sa Presidente s’engage à côté du régime mauritanien contre Biram Dah Abeid

Encore une fois, Ira-Italie est très préoccupée par la campagne violente de lynchage et de dédiabolisation, engagée officieusement par le pouvoir en Mauritanie, contre le défenseur des droits humains, le député et homme politique mauritaniens, président des réseaux Ira dans le monde, Biram Dah Abeid, depuis sa consécration comme lauréat du Courage du Sommet de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme le 18 février 2020. En effet, le discours constant et véridique du lauréat des Nations-Unies pour la Cause des Droits de l’Homme (2013), a causé un effet de séisme politico-sociale et populaire en Mauritanie. Se cherchant face à des vérités crues, des données immuables et des positions sans équivoque, le pouvoir en place à Nouakchott, cherche à alimenter des attaques et des dénigrements contre BDA en procurant des seconds coteaux, parmi la classe politique mauritanienne, la société civile et les blogueurs.
Mais hélas pour le système de l’apartheid déguisé et implanté en Afrique de l’Ouest. Une seule personne s’est détachée du lot de toutes les organisations des droits humains mauritaniennes constituées au sein du Fonadh (forum des organisations nationales des droits de l’homme en Mauritanie), la présidente de l’Afcf (Association des femmes chefes de familles), Aminetou mint Almokhtar. Cette dernière vint répondre aux avances du pourvoir des generaux et oligarques, tortionnaires, esclavagistes et gabegistes: elle vient de lancer son premier faux témoignage public contre le nouveau lauréat du prix Courage, toujours retenu en Belgique par ses médecins bruxellois pour des soucis de santé. Aminetou a tardivement fait ses révélations sur ce qu’elle a appelé le participation du prisonnier politique emblématique durant la dernière décennie en Mauritanie, au pillage et détournement des richesses du pays en connivence avec, tenez vous bien, son ennemi public numéro 1 durant cette décennie en l’occurence l’ancien president mauritanien Mohamed ould Abdelaziz. La présidente de l’Afcf a précisé avoir des preuves materielles irréfutables pouvant ses graves accusations contre le député et défenseur des droits humains internationalement reconnu et respecté.
Les médias, blogueurs et activistes politiques proches du gouvernement mauritanien, se sont donnés à coeur-joie de distribuer en boucles, en ligne et sur tous les reseaux sociaux, le témoignage frais et sans aucune preuve réelle jusqu’à présent, de la presidente l’Afcf contre l’éternelle cible d’attaques officiels ou officieuses du pouvoir politique en Mauritanie et des groupes dominants gravitant autour.
Ira-Italie appelle Ira-Mauritanie mére et toutes les autres Ira existant dans les pays de droit, à déposer des plainte devant la justice, pour que Aminetou mint Almokhtar réponde de ses propos devant un tribunal impartiale.


🔹️Pour Ira-Italie


Le président Yacoub Diarra

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune : Des peurs et des prudences… Par Mamadou Sakho

La prononciation du mot « Apartheid » par le député Biram Dah Abeid a fait sursauter plus d’un. Ce mot a réveillé ceux qui dormaient sur des acquis non mérités. Mais qu’est ce que l’Apartheid ? Cet horrible mot a été prononcé pour la première fois par le non moins horrible Hendrik Werwoerd, premier ministre de l’Afrique du sud, il mettait ainsi en place la politique du développement séparé qu’il qualifiait cyniquement de politique de  » bon voisinage » entre Noirs et Blancs. Certes en Mauritanie les Noirs prennent les mêmes bus que les Arabes. Certes en Mauritanie, les Noirs vont dans les mêmes restaurants que les Arabes. Mais pour aller au restaurant, encore faudrait-il en avoir les moyens …Donc le mot fait peur, il tourne tous les regards vers le pays, et oblige à se poser des questions. La vérité est une, elle ne se divise pas et ne doit pas être arrangeante. La prononciation du mot a suscité de multiples réactions. Pour certains, en utilisant le mot « Apartheid » ? Biram Dah Abeid a franchi la limite de l’acceptable, il a dénigré le pays. Ce doux pays où d’autres Noirs venus du Mali et du Sénégal se sentent bien et qui, de temps à autre, par des manifestations populaires, montrent leur reconnaissance aux autorités mauritaniennes. Ceux qui n’approuvent pas le geste de Biram sont ceux qui profitent du système et qui, tout à coup, ont eu le soupçon de quelque chose. Mais de quoi ? Qu’on ne peut plus continuer ainsi. Que la Mauritanie ne peut pas survivre avec un système qui discrimine la majorité de la population qui, il faut le dire, est Noire ! En écrivant Noire, je parle de race. Si le mot « Apartheid » fait peur, c’est aussi que dans ce pays des hommes ont des choses à se reprocher. Des hommes qui ont les mains sales et la conscience encombrée. Des milliers de femmes et des d’hommes ont été lâchement massacrés, d’autres ont été jetés hors de nos frontières et y vivent encore depuis bientôt quarante ans. Mais on nous dit que c’est du passé. Non, c’est du présent, et nous, nous sommes l’avenir de ces morts. Car les criminels, eux, sont en vie, et bien en vie ! Ils sont protégés, et c’est cette protection qui doit cesser. Les petites indignations de Maitre Bouhoubeyni, qui est un camarade de promotion et que je respecte, m’indigne. Elles m’indignent, car j’ai eu l’impression qu’il cherchait plutôt à garder son poste qu’à parler du sujet. Il sait la vérité et je le renvoie à l’une de ses phrases préférées:  » Il vaut mieux être abattu par la vérité que torturé par le mensonge » Alors, cher Maitre, nous vivons torturés dans le mensonge ! Il faut du courage. Et le courage est de dire que la Mauritanie vit dans un système où les Noirs sont mis à part, d’où le mot Apartheid. Dans les rues de Nouakchott, on respire le racisme, on le voit, on s’en imprègne et on finit par s’en accommoder. Les Noirs marchent avec les Noirs, et les Arabes marchent avec les Arabes. L’histoire du pays a été falsifiée. Demandez à un jeune Mauritanien la date de la création de la monnaie nationale, cette monnaie qui fait notre fierté à tous. Il ne le sait pas, il ne sait même que l’homme qui a piloté l’avénement de cette monnaie s’appelait Soumaré Diérémouna. Notre histoire n’est simplement plus mauritanienne, elle s’est arabisée. L’administration, l’armée, l’éducation, l’économie, et j’en oublie, sont aux mains d’une seule race. Ceux qui ont peur ont raison d’avoir peur. Notre pays a très mauvaise réputation, et une mauvaise réputation est pire qu’une mauvaise santé. Certes les premiers pas du nouveau président sont encourageants. Les choses bougent, il y a comme un frémissement. Ce frémissement fait l’affaire de ceux qui ne veulent pas trop s’engager, de ceux qui espèrent un bout de pain. Pour eux, il n’y a pas de racisme en Mauritanie, il y’a juste des problèmes sociaux qui faut résoudre tout doucement. Mais le problème est que tous ceux qui ont faim sont de la même race. Et que le jour viendra où ils décideront de ne plus être affamés. J’ai lu certains qui traitaient Biram de sioniste. Ce sont des incultes, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Aussi ils ne valent même pas la peine que l’on s’attarde sur eux. Le mérite de la prononciation du mot « Apartheid » réside dans le fait que ceux qui dormaient commencent leur pénible réveil. Ce mot, malgré sa charge émotionnelle, veut tout simplement dire » mis à part ». Et les Noirs sont mis à part dans leur propre pays. Prenons garde, car un jour la jeunesse du monde, en manque de romantisme, peut choisir comme nouveau combat le racisme en Mauritanie.


Mamadou Sakho


Paris, 24 fevrier 2020

LA SITUATION DES DROITS HUMAINS EN MAURITANIE : LE PRÉSIDENT DE LA CNDH, MAÎTRE BOUHOUBEÏNI FACE AUX ÉCUEILS DE FAITS TÊTUS !?

Ce 18 février 2020 à Genève (en Suisse), l’honorable député Biram Dah Abeid a été primé par Le Sommet de Genève pour les Droits de l’homme et la Démocratie, du Prix du Courage – 2020. Une énième reconnaissance internationale d’un engagement droit-de-lhommiste pacifique entamé depuis de nombreuses années. Ce jour du 18 février 2020 lors d’une conférence plénière dans la ville helvétique au bord du lac leman, le président Biram Dah Abeid a brossé avec pertinence la réalité de grands déséquilibres multidimensionnels qui affectent notre pays depuis plusieurs décennies. Ainsi ces dernières heures, différentes réactions sont apparues à travers divers canaux médiatiques. Celle de Maître Bouhoubeïni, président de la Commission Nationale des Droits l’Homme (CNDH) , a retenu notre attention. Lors d’un point de presse, il se dit surpris par le fond du discours de Genève. Ainsi pour nous , rien de surprenant connaissant l’actualité qui prévaut dans ce pays en matière de déficit de Justice et d’Égalité entre les citoyens. Certes depuis l’élection controversée de l’actuel chef de l’Etat Ghazouani en juin 2019, nous avons constaté une esquisse d’ouverture qui finit par mourir dans l’oeuf du fait de la résistance des tenants suprematistes du systeme. Ainsi, l’ossature administrative, judiciaire et sécuritaire a renforcé la mécanique et les reflexes de pratiques discriminatoires et de violations de la dignité humaine notamment le blanchiment systematique des crimes atroces de l’esclavage. Les discours volontaristes que nous avons cru sincères de Maître Bouhoubeïni, commencent à montrer leurs limites amèrement et trés vites ont pris le ton et la teneur habituels chez les organisations gogos, toujours à la solde de la defense du gouvernement en contrepartie de subsides. Sur la problématique de l’esclavage, le cas Ghaya Maiga (fillette de 14 ans) et l’autre cas avéré de crimes esclavagistes, sur le petit Beibeu (garçon de 8 ans) au Guidimagha récemment, nous prouvent que la connivence habituelle entre les présumés esclavagistes et certains pans administratifs et judiciaires, sévit toujours hier du temps de Ould Abdel aziz qu’aujourd’hui avec le nouveau régime. En matière politique, certains partis et mouvements (IRA-MAURITANIE, RAG et FPC) sont toujours interdits sans motifs identifiés sinon qu’ils sont encartés comme étant des formations cataloguées par le régime en place comme étant defenseurs des causes des victimes du racisme et de l’esclavage en Mauritanie. Nous dirions que Maître Le president de la CNDH, Bouhoubeïni, a osé par cette conférence de presse, engager contre le defenseur des droits humains nouvellement primé à Genéve par le Prix du Courage, une campagne de diabolisation sans précédent. Allié à des activistes suprématistes et islamistes radicaux comme Mohamed Jemil Mansour et Sidi Mohamed ould Maham, respectivement anciens présidents des partis Tawasoul (d’aubedience frères musulmans) et le parti de l’Union pour la République, toujours au pouvoir. Les deux hommes avaient reclamé publiquement en 2012 et en 2014 la peine de mort contre Biram Dah Aveid et Mohamed Cheickh ould Mkhaitir qu’ils ont accusés d’apostasie. Le président de la CNDH, institution censée être indépendante selon des principes de Paris, se lance dans une guerre politique partisane en faveur du gouvernement en place.

Au lieu de concourir à l’enclenchement d’une dynamique pouvant affronter véritablement les écueils qui sapent l’instauration d’un véritable état de droit, la CNDH est exploitée par les tenants connus de la violence verbale et physique contre les défenseurs des droits humains pour assoir la persécution idéologique , la terreur sociale, le silence complice et le statu quo de l’injustice. D’ailleurs cet ordre inique et injuste que défend sans gêne le président de la CNDH, a ses racines au cœur du système étatique à différents niveaux. Aujourd’hui il n’est pas lieu de s’étonner du discours du président Biram Dah Abeid , mais il faudrait sérieusement et profondément exposer un diagnostic courageux et proposer des décisions gouvernementales fortes.

Mme Coumba Dada KANE
Vice-présidente IRA Mauritanie
Députée à l’Assemblée Nationale Mauritanie

Nouakchott le 21/02/2020

MAURITANIE : JUSTE MAIS INSUFFISANT (IRA-MAURITANIE)

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Apostrophe à l’autorité exécutive

Le 18 février, la justice de la Mauritanie mettait un terme aux poursuites contre les opposants en exil Mohamed Ould Debbagh, Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi. Également cibles de tentative d’émission de notices rouges auprès d’Interpol, les trois parcouraient le monde sans contrainte ; ils dévoilaient ainsi le caractère fantaisiste des griefs retenus par des juges aux ordres du Président d’alors, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que le ministère public renonce, de lui-même, à sa propre requête en dit long sur l’instrumentalisation partisane du droit et son corollaire, la sujétion des magistrats à l’autorité du prince. La fin de la persécution permet aussi le retour, au bercail, du groupe de rap Oulad Leblade et du poète Mohamed Yahya Ould Lemsaïdov ; tous pourront désormais redonner libre court à leur art.

L’épilogue réjouit de nombreux compatriotes et rappelle notre plaidoyer, constant, afin de soustraire les instruments légaux du pouvoir, aux tentations de règlement de comptes avec les adversaires du gouvernement. L’acte de normalisation, porté au crédit du Président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, mérite compliment et adhésion.

Cependant, le climat d’apaisement et de transparence, revendiqué depuis le début du quinquennat requiert, d’urgence, la levée de l’interdiction de certains partis, en particulier les Forces Progressistes du changement (Fpc), Radical pour une Action Globale (Rag) et l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Le Chef de l’Etat en avait d’ailleurs pris l’engagement, à mainte reprise, depuis son investiture.

Autre objection du moment, l’heureuse occasion ne saurait faire oublier que la police vient d’engager une sombre campagne d’arrestation, visant des dirigeants locaux de l’Alliance pour la refondation de l’Etat mauritanien (Arem), des activistes de la laïcité et des féministes de renom. Comme d’habitude, les enseignes et hauts parleurs de la domination entourent l’évènement, d’une studieuse censure.

Ira-Mauritanie réitère sa solidarité aux victimes de la coercition indue et réitère l’engagement à défendre l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et empêcher la dérive du pays vers l’obscurantisme religieux.

Nouakchott, le 20 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Sommet de Genève pour la démocratie et les droits de l’Homme : Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid 《 Prix du Courage》



Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »

Mesdames et Messieurs les membres de la coalition du Sommet de Genève
Chers membres du jury, honorable assistance

La session 2020 du « Sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie » me décerne, aujourd’hui, le diplôme du courage. Que l’honorable jury reçoive ma gratitude. Cependant, je souhaite exprimer une nuance : lorsqu’enfant, vous expérimentez l’injustice, l’héritez de vos aïeuls et risquez de la transmettre à votre descendance, l’affronter ne relève plus d’une option. Résister, tient, ici, de l’impératif de survie ; parce qu’il subsiste en vous un brin d’espoir, un résidu de volonté, votre humanité vous commande de vous battre, par réflexe ; votre corps et l’esprit qu’il abrite, même meurtris, vous enjoignent de relever la tête. Voici pourquoi, je ne pense mériter une si prestigieuse médaille ; nul ne doit être félicité d’aspirer – et d’agir – à une existence de bonheur et de paix, à l’ombre de l’équité.

Nous autres, noirs de Mauritanie, rejetons d’esclaves depuis des siècles ou victimes plus récentes de ségrégation, savons la rançon des efforts de relèvement que nous intime la lucidité de notre état. A l’image de tant de nègres au fil du temps et des civilisations, j’ouvrais les yeux sur le constat brutal de mon infériorité, laquelle m’expliquait-on, procède de ma peau sombre, des origines païennes de mes ancêtres et du vouloir de Dieu. Vous le voyez, un si mauvais départ ici-bas, m’exposait à devenir, tôt ou tard, l’ennemi public de quelqu’un. A partir de 2008, année de création de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), j’ai cessé de courir devant le déterminisme de la lutte et accepté la fatalité du sacrifice.

En septembre, Ghaya Maiga, une fille mineure de 14 ans que ses maîtres exploitaient et frappaient, leur sera finalement livrée, selon l’injonction du juge d’instruction, malgré l’opposition théâtrale du procureur de la république. Ils s’empressèrent de la conduire, dans leur village, à plus de 1200 kilomètres et postèrent des images et messages de victoire, sur les réseaux sociaux ; en février 2020, déguenillé, déscolarisé et sans état civil, le garçonnet Beibbeu a fui l’enfer de la servitude congénitale. Au lieu de recevoir le secours de la loi, sera emprisonné et intimidé par les juges et gendarmes supposés le défendre. Il finira par retirer sa plaine et la demande de protection.

Dans le passé proche – et pour quelques uns encore aujourd’hui – nous mourrions au service d’une frange de nos compatriotes. Garder le bétail, creuser les puits, préparer la nourriture et la couche, accompagner les caravanes sous le soleil ardent, pieds nus, sans salaire ni horaire de travail, tel se présentait notre destin. Nos femmes, à peine vêtues, se prêtaient au viol, notre progéniture servait de cadeau de noce ou de naissance. Dispersés en guise héritage, aux quatre points cardinaux, nous étions vendus et troqués, contre une génisse, un dromadaire, une perle en pâte de verre, un anneau de cheville ou une amulette miraculeuse. Voici, résumé, l’univers mental où, adolescent, je me retrouvais, en demeure de forger une identité et imaginer un avenir.

En avril 2012, las de m’inscrire, à chaque occurrence, dans la rhétorique des sacralisations imposées par nos maitres, je décidais, après la prière du vendredi, de brûler, devant témoins, les livres dits de « droit musulman » qui codifiaient l’institution de l’esclavage. Aussitôt, les foules fanatisées submergèrent les mosquées et les rues, exigeant ma crucifixion ; des semaines durant, les médias publics et privés leur offriraient le monopole de la parole et le Chef de l’Etat de l’époque vint cautionner l’appel au meurtre. Arrêté au grief de rébellion vis-à-vis de Dieu, je n’ai dû mon salut qu’à la mobilisation de mes frères et de nos soutiens extérieurs. Je ne regrette un tel geste et le referais, volontiers. Pour une raison qui m’échappe encore, les ambassadeurs du Maroc et de Russie me blâmèrent en public et celui de la Syrie me défendit, à la télévision du gouvernement. Aucun représentant du Monde libre ne m’apporta le soutien auquel je m’attendais, au nom des droits humains, des valeurs de laïcité, de l’idéal républicain ou du devoir d’ingérence. Je vous épargne le récit sordide des humiliations et des sévices, à l’intérieur de deux mètres carrés, par temps de canicule, jour et nuit. Ironie du sort, c’est de ma cellule, que je fus élu député, dès septembre 2018. Les soldats en charge de me surveiller m’ont paru tristes de leur réclusion dans l’univers carcéral ; je les quittai, sans trop de regret mais avec un brin de pitié. Depuis décembre 2010, j’ai vécu quatre incarcérations. Mon organisation, toujours interdite, avoisine le record d’une vingtaine de procès et détentions accompagnées de torture. Aucun de nos tortionnaires n’a été inquiété.

A l’élection présidentielle de juin 2019, je talonnais l’actuel Chef de l’Etat, alors candidat des notabilités tribales et de l’armée. Malgré l’attestation massive de la fraude, je reconnus, le résultat erroné du vote. Ainsi, évitais-je, à mon bercail vulnérable, l’autodissolution dans une crise qui le livrerait au djihadisme violent, en embuscade alentour. Aux nouvelles autorités, j’ai tendu la main du dialogue ; je m’obstine à obtenir, d’abord, la reconnaissance d’associations et de partis réfractaires à la discrimination envers les noirs de filiation subsaharienne et l’annulation des poursuites contre d’illustres opposants en exil. Nous œuvrons à abroger la loi d’amnistie qui protège, depuis 1993, les auteurs de déportation de masse, de torture et de tuerie, forfaitures commises entre 1986 et 1991, au titre d’une tentative sanglante de changement de la démographie et d’effacement de la diversité linguistique, pour que la Mauritanie, enfin « arabisée », tournât le dos au Sahel, sa vocation. Permettez-moi, ici, de vous montrer deux visages des victimes de la tentative de purification ethnique en Mauritanie : Houleye Sall, âgée de 80 ans, s’obstine, depuis bientôt trois décennies, à obtenir la réhabilitation de son fils unique. Un parmi des centaines d’autres suppliciés, le lieutenant Abdoulaye Sall mourut, à 31 ans, d’un écartèlement entre deux voitures en mouvement, sur ordre de ses supérieurs au sein de l’armée.

Notre souffrance n’est en rien imputable à l’Occident, encore moins à la colonisation ou à la traite négrière. Elle nous vient de l’intérieur de nos sociétés d’Afrique. Comme nos géniteurs et leurs devanciers, nous endurions la persécution, infligée par nos concitoyens arabo-berbères ; pourtant, ensemble, nous partageons, la foi religieuse, le culte et souvent la langue.

Sur un autre front, nous continuons à réclamer l’accès équitable à l’état-civil et aux listes d’électeurs car nous habite la certitude de représenter une majorité de la population ; le poids des suffrages, un jour, obligera nos juges à cesser de couvrir le crime d’esclavage et de banaliser le « négrocide » ; ils glorifieront le droit international, accepteront un minimum d’universalité et renonceront aux feintes du relativisme culturel. Un jour, la Mauritanie abrogera l’article 306 du code pénal dont le zèle post-coranique punit de mort, séance tenante, le refus de prier, le blasphème et l’apostasie, sans possibilité de repentir. J’ai failli en mourir. Appliquer les lois de Daesh et prétendre combattre le terrorisme relèvent de l’aporie et d’un mensonge létal. Mon pays, la Mauritanie constitue, à présent, l’environnement favorable à l’instauration d’une théocratie islamiste. Cette vérité taboue, je l’assume devant vous, aujourd’hui, en qualité de lanceur d’alerte.

Je salue, ici, les centaines de jeunes, les dizaines de lettrés et d’intellectuels, braves dissidents, issus des féodalités que nous nous acharnons à défaire ; ils portent haut et loin, l’élan de générosité et de volontarisme où je puise l’intensité et la constance de l’argument. Avec votre permission, je leur dédie ce prix du courage.

Honorable assistance, la distinction de l’année consolide mon engagement sur la voie de l’alternance pacifique, grâce au pouvoir des urnes. Certes je ne puis respecter les valeurs de qui m’opprime mais, jamais, je n’encouragerai un coup d’Etat, une sédition ou un quelconque usage de la force. Les mots, vecteurs d’idées subversives et de propositions de réforme, restent nos armes exclusives. Nous voulons persuader au lieu de susciter la crainte. La peur mène à la surenchère, la surenchère tue et nous aimons la vie.

Je vous remercie.

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie : Esclavage sur mineur (IRA-MAURITANIE)



🔹️Tentative de dissimulation, recel et blanchiment de crime

Une attitude prévisible

Comme nous le pressentions à l’occasion d’une note d’alerte du 13 février, sur le récent cas d’esclavage, dans la région du Guidimakha, la fabrique du déni automatique et de la contrefaçon s’est mise en branle, comme un réflexe. Une vidéo partagée au fil des réseaux sociaux expose la nouvelle version de l’enfant victime de travail forcé, avec le concours de ses présumés parents, tous en plein exercice de falsification. Ils contestent les faits initialement allégués et accusent l’Ira d’avoir inventé le récit. Entouré des adultes auteurs de son sort, le garçonnet de 8 ans témoigne contre la dame qui l’a recueilli, chez elle, au village de Zweinliya. Selon lui, elle l’aurait contraint à raconter une fausse histoire, en l’occurrence celle de l’audio où il explique son calvaire et les raisons de sa fuite, loin du bercail, à la recherche d’un asile. En somme, le maître devient un oncle, Beibbeu n’a jamais été molesté ni obligé de garder le bétail et, surtout, il se serait perdu dans la nature, jusqu’à son arrivée dans une localité distante de 13 km environ. Il convient de bien visionner le film de propagande (cliquer ici) pour défaire le montage et en dénouer les ficelles.

Une tradition d’imposture

Depuis la dictature du Colonel Ould Taya et ses déboires fameux avec l’association SOS Esclaves, les services de sécurité se sont habitués à la posture défensive du démenti, peu importent les moyens requis à la réalisation d’une telle fin. Pour produire de la fraude en vue de travestir l’actualité de l’esclavage, tribu, parents, connaissances, proches, voisins ou badauds sont soumis à un cumul de pression – de la menace à la promesse, en passant par l’achat des consciences.

En vertu de cette jurisprudence du pire, l’honorable Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby, déclarait aux militants de Ira venus dénoncer la maltraitance et le trafic de personne, que la lanceuse d’alerte, à l’origine de l’affaire, est une « ressortissante du Mali » prise en flagrant délit de nuisance à l’image de la Mauritanie. Or, la brave Hawa Mint Bilal secourait un humain en bas âge, guenilleux, épuisé et urinant le sang. Au lieu de lui décerner une distinction nationale du mérite et lui confier la garde de l’enfant avant la décision de justice, l’Etat oppose à Hawa le soupçon et l’opprobre. Ainsi, de confusion en doute, l’on oublie le fond du contentieux : Comme la fille Ghaya Maïga en septembre 2019, Beibbeu, déscolarisé et travailleur sans salaire ni état-civil, se retrouve à la merci de ceux qu’il a fuis. Le constat factuel ne souffre aucune réserve. Cependant, dans la logique du système de domination, un rejeton de famille servile peut être exploité par les siens.

Un pouvoir faible et miné de l’intérieur

Les cas de Beibbeu Ould Cheikh et de Ghaya Maiga dévoilent le tâtonnement d’une gouvernance, sans cesse tiraillée entre façade de modernisation et enracinement du conservatisme. Les juges en charge d’appliquer la loi ignorent le principe de prééminence du droit international sur les normes internes. En vertu de leur socialisation, la plupart qualifient l’esclavage de pratique prévue dans la Charia’a et, à ce titre, de l’ordre de la normalité islamique. En Mauritanie, le prétexte extensible de la religion couvre une infinité d’abus. L’impasse requiert des interrogations :

  1. Comment le gouvernement mauritanien compte-t-il résoudre la situation de Beibbeu et de ses frères et sœurs dont lui-même relatait l’infortune, avant son retournement ?
  2. Quelles mesures de sanction ou de récusation, le Garde des sceaux entend-il diligenter à l’endroit du magistrat Ould Ikabrou, s’il souhaite garantir un traitement équitable par le Parquet ?
  3. A partir de quel moment, la doctrine officielle en matière d’esclavage et de racisme évoluera-t-elle, du tripatouillage laborieux à l’acceptation de la vérité ?
  4. S’il existe, au sommet du pouvoir, une volonté d’en finir avec la décennie de l’occultation et des faux semblants, pourquoi la continuité de tels comportements prévaut-elle encore parmi les fonctionnaires et auxiliaires de de la justice ? Autrement dit, l’autorité politique dispose-elle d’un centre de décision ou subit-elle, en son sein, la compétition d’intérêts divergents ?

Conclusion

Des secteurs de l’appareil d’Etat œuvrent à rebrousse-poil des intentions de réforme – d’ailleurs revendiquées à vide – depuis l’alternance de juillet 2019 ; quand la police diffuse des d’images et des vocaux relatifs à des enquêtes en cours, elle suscite la demande sociale de coercition et instille, aux citoyens les germes de la discorde ; hormis le dysfonctionnement, révélateur de lacunes de déontologie et d’éthique dans une profession en surcharge d’impromptu et de bavure, l’hypothèse d’un complot de déstabilisation endogène prend forme. Il appartient au Président de la république et à son Premier ministre d’y faire face.

🔹️Liens connexes :

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2468601346579642&id=100002894035054

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-encore-un-cas-d-esclavage-traditionnel-sur-mineur-audio_a18131.html

https://www.chezvlane.com/Noirs-et-homosexuels-en-Mauritanie-la-double-peine_a17987.html

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190926-mauritanie-esclavage-ghaya-maiga

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, 17 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE