Ce 18 février 2020 à Genève (en Suisse), l’honorable député Biram Dah Abeid a été primé par Le Sommet de Genève pour les Droits de l’homme et la Démocratie, du Prix du Courage – 2020. Une énième reconnaissance internationale d’un engagement droit-de-lhommiste pacifique entamé depuis de nombreuses années. Ce jour du 18 février 2020 lors d’une conférence plénière dans la ville helvétique au bord du lac leman, le président Biram Dah Abeid a brossé avec pertinence la réalité de grands déséquilibres multidimensionnels qui affectent notre pays depuis plusieurs décennies. Ainsi ces dernières heures, différentes réactions sont apparues à travers divers canaux médiatiques. Celle de Maître Bouhoubeïni, président de la Commission Nationale des Droits l’Homme (CNDH) , a retenu notre attention. Lors d’un point de presse, il se dit surpris par le fond du discours de Genève. Ainsi pour nous , rien de surprenant connaissant l’actualité qui prévaut dans ce pays en matière de déficit de Justice et d’Égalité entre les citoyens. Certes depuis l’élection controversée de l’actuel chef de l’Etat Ghazouani en juin 2019, nous avons constaté une esquisse d’ouverture qui finit par mourir dans l’oeuf du fait de la résistance des tenants suprematistes du systeme. Ainsi, l’ossature administrative, judiciaire et sécuritaire a renforcé la mécanique et les reflexes de pratiques discriminatoires et de violations de la dignité humaine notamment le blanchiment systematique des crimes atroces de l’esclavage. Les discours volontaristes que nous avons cru sincères de Maître Bouhoubeïni, commencent à montrer leurs limites amèrement et trés vites ont pris le ton et la teneur habituels chez les organisations gogos, toujours à la solde de la defense du gouvernement en contrepartie de subsides. Sur la problématique de l’esclavage, le cas Ghaya Maiga (fillette de 14 ans) et l’autre cas avéré de crimes esclavagistes, sur le petit Beibeu (garçon de 8 ans) au Guidimagha récemment, nous prouvent que la connivence habituelle entre les présumés esclavagistes et certains pans administratifs et judiciaires, sévit toujours hier du temps de Ould Abdel aziz qu’aujourd’hui avec le nouveau régime. En matière politique, certains partis et mouvements (IRA-MAURITANIE, RAG et FPC) sont toujours interdits sans motifs identifiés sinon qu’ils sont encartés comme étant des formations cataloguées par le régime en place comme étant defenseurs des causes des victimes du racisme et de l’esclavage en Mauritanie. Nous dirions que Maître Le president de la CNDH, Bouhoubeïni, a osé par cette conférence de presse, engager contre le defenseur des droits humains nouvellement primé à Genéve par le Prix du Courage, une campagne de diabolisation sans précédent. Allié à des activistes suprématistes et islamistes radicaux comme Mohamed Jemil Mansour et Sidi Mohamed ould Maham, respectivement anciens présidents des partis Tawasoul (d’aubedience frères musulmans) et le parti de l’Union pour la République, toujours au pouvoir. Les deux hommes avaient reclamé publiquement en 2012 et en 2014 la peine de mort contre Biram Dah Aveid et Mohamed Cheickh ould Mkhaitir qu’ils ont accusés d’apostasie. Le président de la CNDH, institution censée être indépendante selon des principes de Paris, se lance dans une guerre politique partisane en faveur du gouvernement en place.
Au lieu de concourir à l’enclenchement d’une dynamique pouvant affronter véritablement les écueils qui sapent l’instauration d’un véritable état de droit, la CNDH est exploitée par les tenants connus de la violence verbale et physique contre les défenseurs des droits humains pour assoir la persécution idéologique , la terreur sociale, le silence complice et le statu quo de l’injustice. D’ailleurs cet ordre inique et injuste que défend sans gêne le président de la CNDH, a ses racines au cœur du système étatique à différents niveaux. Aujourd’hui il n’est pas lieu de s’étonner du discours du président Biram Dah Abeid , mais il faudrait sérieusement et profondément exposer un diagnostic courageux et proposer des décisions gouvernementales fortes.
Mme Coumba Dada KANE Vice-présidente IRA Mauritanie Députée à l’Assemblée Nationale Mauritanie
■ Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Apostrophe à l’autorité exécutive
Le 18 février, la justice de la Mauritanie mettait un terme aux poursuites contre les opposants en exil Mohamed Ould Debbagh, Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi. Également cibles de tentative d’émission de notices rouges auprès d’Interpol, les trois parcouraient le monde sans contrainte ; ils dévoilaient ainsi le caractère fantaisiste des griefs retenus par des juges aux ordres du Président d’alors, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que le ministère public renonce, de lui-même, à sa propre requête en dit long sur l’instrumentalisation partisane du droit et son corollaire, la sujétion des magistrats à l’autorité du prince. La fin de la persécution permet aussi le retour, au bercail, du groupe de rap Oulad Leblade et du poète Mohamed Yahya Ould Lemsaïdov ; tous pourront désormais redonner libre court à leur art.
L’épilogue réjouit de nombreux compatriotes et rappelle notre plaidoyer, constant, afin de soustraire les instruments légaux du pouvoir, aux tentations de règlement de comptes avec les adversaires du gouvernement. L’acte de normalisation, porté au crédit du Président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, mérite compliment et adhésion.
Cependant, le climat d’apaisement et de transparence, revendiqué depuis le début du quinquennat requiert, d’urgence, la levée de l’interdiction de certains partis, en particulier les Forces Progressistes du changement (Fpc), Radical pour une Action Globale (Rag) et l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Le Chef de l’Etat en avait d’ailleurs pris l’engagement, à mainte reprise, depuis son investiture.
Autre objection du moment, l’heureuse occasion ne saurait faire oublier que la police vient d’engager une sombre campagne d’arrestation, visant des dirigeants locaux de l’Alliance pour la refondation de l’Etat mauritanien (Arem), des activistes de la laïcité et des féministes de renom. Comme d’habitude, les enseignes et hauts parleurs de la domination entourent l’évènement, d’une studieuse censure.
Ira-Mauritanie réitère sa solidarité aux victimes de la coercition indue et réitère l’engagement à défendre l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et empêcher la dérive du pays vers l’obscurantisme religieux.
Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »
Mesdames et Messieurs les membres de la coalition du Sommet de Genève Chers membres du jury, honorable assistance
La session 2020 du « Sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie » me décerne, aujourd’hui, le diplôme du courage. Que l’honorable jury reçoive ma gratitude. Cependant, je souhaite exprimer une nuance : lorsqu’enfant, vous expérimentez l’injustice, l’héritez de vos aïeuls et risquez de la transmettre à votre descendance, l’affronter ne relève plus d’une option. Résister, tient, ici, de l’impératif de survie ; parce qu’il subsiste en vous un brin d’espoir, un résidu de volonté, votre humanité vous commande de vous battre, par réflexe ; votre corps et l’esprit qu’il abrite, même meurtris, vous enjoignent de relever la tête. Voici pourquoi, je ne pense mériter une si prestigieuse médaille ; nul ne doit être félicité d’aspirer – et d’agir – à une existence de bonheur et de paix, à l’ombre de l’équité.
Nous autres, noirs de Mauritanie, rejetons d’esclaves depuis des siècles ou victimes plus récentes de ségrégation, savons la rançon des efforts de relèvement que nous intime la lucidité de notre état. A l’image de tant de nègres au fil du temps et des civilisations, j’ouvrais les yeux sur le constat brutal de mon infériorité, laquelle m’expliquait-on, procède de ma peau sombre, des origines païennes de mes ancêtres et du vouloir de Dieu. Vous le voyez, un si mauvais départ ici-bas, m’exposait à devenir, tôt ou tard, l’ennemi public de quelqu’un. A partir de 2008, année de création de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), j’ai cessé de courir devant le déterminisme de la lutte et accepté la fatalité du sacrifice.
En septembre, Ghaya Maiga, une fille mineure de 14 ans que ses maîtres exploitaient et frappaient, leur sera finalement livrée, selon l’injonction du juge d’instruction, malgré l’opposition théâtrale du procureur de la république. Ils s’empressèrent de la conduire, dans leur village, à plus de 1200 kilomètres et postèrent des images et messages de victoire, sur les réseaux sociaux ; en février 2020, déguenillé, déscolarisé et sans état civil, le garçonnet Beibbeu a fui l’enfer de la servitude congénitale. Au lieu de recevoir le secours de la loi, sera emprisonné et intimidé par les juges et gendarmes supposés le défendre. Il finira par retirer sa plaine et la demande de protection.
Dans le passé proche – et pour quelques uns encore aujourd’hui – nous mourrions au service d’une frange de nos compatriotes. Garder le bétail, creuser les puits, préparer la nourriture et la couche, accompagner les caravanes sous le soleil ardent, pieds nus, sans salaire ni horaire de travail, tel se présentait notre destin. Nos femmes, à peine vêtues, se prêtaient au viol, notre progéniture servait de cadeau de noce ou de naissance. Dispersés en guise héritage, aux quatre points cardinaux, nous étions vendus et troqués, contre une génisse, un dromadaire, une perle en pâte de verre, un anneau de cheville ou une amulette miraculeuse. Voici, résumé, l’univers mental où, adolescent, je me retrouvais, en demeure de forger une identité et imaginer un avenir.
En avril 2012, las de m’inscrire, à chaque occurrence, dans la rhétorique des sacralisations imposées par nos maitres, je décidais, après la prière du vendredi, de brûler, devant témoins, les livres dits de « droit musulman » qui codifiaient l’institution de l’esclavage. Aussitôt, les foules fanatisées submergèrent les mosquées et les rues, exigeant ma crucifixion ; des semaines durant, les médias publics et privés leur offriraient le monopole de la parole et le Chef de l’Etat de l’époque vint cautionner l’appel au meurtre. Arrêté au grief de rébellion vis-à-vis de Dieu, je n’ai dû mon salut qu’à la mobilisation de mes frères et de nos soutiens extérieurs. Je ne regrette un tel geste et le referais, volontiers. Pour une raison qui m’échappe encore, les ambassadeurs du Maroc et de Russie me blâmèrent en public et celui de la Syrie me défendit, à la télévision du gouvernement. Aucun représentant du Monde libre ne m’apporta le soutien auquel je m’attendais, au nom des droits humains, des valeurs de laïcité, de l’idéal républicain ou du devoir d’ingérence. Je vous épargne le récit sordide des humiliations et des sévices, à l’intérieur de deux mètres carrés, par temps de canicule, jour et nuit. Ironie du sort, c’est de ma cellule, que je fus élu député, dès septembre 2018. Les soldats en charge de me surveiller m’ont paru tristes de leur réclusion dans l’univers carcéral ; je les quittai, sans trop de regret mais avec un brin de pitié. Depuis décembre 2010, j’ai vécu quatre incarcérations. Mon organisation, toujours interdite, avoisine le record d’une vingtaine de procès et détentions accompagnées de torture. Aucun de nos tortionnaires n’a été inquiété.
A l’élection présidentielle de juin 2019, je talonnais l’actuel Chef de l’Etat, alors candidat des notabilités tribales et de l’armée. Malgré l’attestation massive de la fraude, je reconnus, le résultat erroné du vote. Ainsi, évitais-je, à mon bercail vulnérable, l’autodissolution dans une crise qui le livrerait au djihadisme violent, en embuscade alentour. Aux nouvelles autorités, j’ai tendu la main du dialogue ; je m’obstine à obtenir, d’abord, la reconnaissance d’associations et de partis réfractaires à la discrimination envers les noirs de filiation subsaharienne et l’annulation des poursuites contre d’illustres opposants en exil. Nous œuvrons à abroger la loi d’amnistie qui protège, depuis 1993, les auteurs de déportation de masse, de torture et de tuerie, forfaitures commises entre 1986 et 1991, au titre d’une tentative sanglante de changement de la démographie et d’effacement de la diversité linguistique, pour que la Mauritanie, enfin « arabisée », tournât le dos au Sahel, sa vocation. Permettez-moi, ici, de vous montrer deux visages des victimes de la tentative de purification ethnique en Mauritanie : Houleye Sall, âgée de 80 ans, s’obstine, depuis bientôt trois décennies, à obtenir la réhabilitation de son fils unique. Un parmi des centaines d’autres suppliciés, le lieutenant Abdoulaye Sall mourut, à 31 ans, d’un écartèlement entre deux voitures en mouvement, sur ordre de ses supérieurs au sein de l’armée.
Notre souffrance n’est en rien imputable à l’Occident, encore moins à la colonisation ou à la traite négrière. Elle nous vient de l’intérieur de nos sociétés d’Afrique. Comme nos géniteurs et leurs devanciers, nous endurions la persécution, infligée par nos concitoyens arabo-berbères ; pourtant, ensemble, nous partageons, la foi religieuse, le culte et souvent la langue.
Sur un autre front, nous continuons à réclamer l’accès équitable à l’état-civil et aux listes d’électeurs car nous habite la certitude de représenter une majorité de la population ; le poids des suffrages, un jour, obligera nos juges à cesser de couvrir le crime d’esclavage et de banaliser le « négrocide » ; ils glorifieront le droit international, accepteront un minimum d’universalité et renonceront aux feintes du relativisme culturel. Un jour, la Mauritanie abrogera l’article 306 du code pénal dont le zèle post-coranique punit de mort, séance tenante, le refus de prier, le blasphème et l’apostasie, sans possibilité de repentir. J’ai failli en mourir. Appliquer les lois de Daesh et prétendre combattre le terrorisme relèvent de l’aporie et d’un mensonge létal. Mon pays, la Mauritanie constitue, à présent, l’environnement favorable à l’instauration d’une théocratie islamiste. Cette vérité taboue, je l’assume devant vous, aujourd’hui, en qualité de lanceur d’alerte.
Je salue, ici, les centaines de jeunes, les dizaines de lettrés et d’intellectuels, braves dissidents, issus des féodalités que nous nous acharnons à défaire ; ils portent haut et loin, l’élan de générosité et de volontarisme où je puise l’intensité et la constance de l’argument. Avec votre permission, je leur dédie ce prix du courage.
Honorable assistance, la distinction de l’année consolide mon engagement sur la voie de l’alternance pacifique, grâce au pouvoir des urnes. Certes je ne puis respecter les valeurs de qui m’opprime mais, jamais, je n’encouragerai un coup d’Etat, une sédition ou un quelconque usage de la force. Les mots, vecteurs d’idées subversives et de propositions de réforme, restent nos armes exclusives. Nous voulons persuader au lieu de susciter la crainte. La peur mène à la surenchère, la surenchère tue et nous aimons la vie.
🔹️Tentative de dissimulation, recel et blanchiment de crime
Une attitude prévisible
Comme nous le pressentions à l’occasion d’une note d’alerte du 13 février, sur le récent cas d’esclavage, dans la région du Guidimakha, la fabrique du déni automatique et de la contrefaçon s’est mise en branle, comme un réflexe. Une vidéo partagée au fil des réseaux sociaux expose la nouvelle version de l’enfant victime de travail forcé, avec le concours de ses présumés parents, tous en plein exercice de falsification. Ils contestent les faits initialement allégués et accusent l’Ira d’avoir inventé le récit. Entouré des adultes auteurs de son sort, le garçonnet de 8 ans témoigne contre la dame qui l’a recueilli, chez elle, au village de Zweinliya. Selon lui, elle l’aurait contraint à raconter une fausse histoire, en l’occurrence celle de l’audio où il explique son calvaire et les raisons de sa fuite, loin du bercail, à la recherche d’un asile. En somme, le maître devient un oncle, Beibbeu n’a jamais été molesté ni obligé de garder le bétail et, surtout, il se serait perdu dans la nature, jusqu’à son arrivée dans une localité distante de 13 km environ. Il convient de bien visionner le film de propagande (cliquer ici) pour défaire le montage et en dénouer les ficelles.
Une tradition d’imposture
Depuis la dictature du Colonel Ould Taya et ses déboires fameux avec l’association SOS Esclaves, les services de sécurité se sont habitués à la posture défensive du démenti, peu importent les moyens requis à la réalisation d’une telle fin. Pour produire de la fraude en vue de travestir l’actualité de l’esclavage, tribu, parents, connaissances, proches, voisins ou badauds sont soumis à un cumul de pression – de la menace à la promesse, en passant par l’achat des consciences.
En vertu de cette jurisprudence du pire, l’honorable Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby, déclarait aux militants de Ira venus dénoncer la maltraitance et le trafic de personne, que la lanceuse d’alerte, à l’origine de l’affaire, est une « ressortissante du Mali » prise en flagrant délit de nuisance à l’image de la Mauritanie. Or, la brave Hawa Mint Bilal secourait un humain en bas âge, guenilleux, épuisé et urinant le sang. Au lieu de lui décerner une distinction nationale du mérite et lui confier la garde de l’enfant avant la décision de justice, l’Etat oppose à Hawa le soupçon et l’opprobre. Ainsi, de confusion en doute, l’on oublie le fond du contentieux : Comme la fille Ghaya Maïga en septembre 2019, Beibbeu, déscolarisé et travailleur sans salaire ni état-civil, se retrouve à la merci de ceux qu’il a fuis. Le constat factuel ne souffre aucune réserve. Cependant, dans la logique du système de domination, un rejeton de famille servile peut être exploité par les siens.
Un pouvoir faible et miné de l’intérieur
Les cas de Beibbeu Ould Cheikh et de Ghaya Maiga dévoilent le tâtonnement d’une gouvernance, sans cesse tiraillée entre façade de modernisation et enracinement du conservatisme. Les juges en charge d’appliquer la loi ignorent le principe de prééminence du droit international sur les normes internes. En vertu de leur socialisation, la plupart qualifient l’esclavage de pratique prévue dans la Charia’a et, à ce titre, de l’ordre de la normalité islamique. En Mauritanie, le prétexte extensible de la religion couvre une infinité d’abus. L’impasse requiert des interrogations :
Comment le gouvernement mauritanien compte-t-il résoudre la situation de Beibbeu et de ses frères et sœurs dont lui-même relatait l’infortune, avant son retournement ?
Quelles mesures de sanction ou de récusation, le Garde des sceaux entend-il diligenter à l’endroit du magistrat Ould Ikabrou, s’il souhaite garantir un traitement équitable par le Parquet ?
A partir de quel moment, la doctrine officielle en matière d’esclavage et de racisme évoluera-t-elle, du tripatouillage laborieux à l’acceptation de la vérité ?
S’il existe, au sommet du pouvoir, une volonté d’en finir avec la décennie de l’occultation et des faux semblants, pourquoi la continuité de tels comportements prévaut-elle encore parmi les fonctionnaires et auxiliaires de de la justice ? Autrement dit, l’autorité politique dispose-elle d’un centre de décision ou subit-elle, en son sein, la compétition d’intérêts divergents ?
Conclusion
Des secteurs de l’appareil d’Etat œuvrent à rebrousse-poil des intentions de réforme – d’ailleurs revendiquées à vide – depuis l’alternance de juillet 2019 ; quand la police diffuse des d’images et des vocaux relatifs à des enquêtes en cours, elle suscite la demande sociale de coercition et instille, aux citoyens les germes de la discorde ; hormis le dysfonctionnement, révélateur de lacunes de déontologie et d’éthique dans une profession en surcharge d’impromptu et de bavure, l’hypothèse d’un complot de déstabilisation endogène prend forme. Il appartient au Président de la république et à son Premier ministre d’y faire face.
Le Conseil des Présidents de la CVE/VR a reçu ce jeudi 13 février 2020 une délégation conjointe d’IRA Mauritanie et du parti RAG conduite par Madame l’Honorable députée Coumba Dada Kane et comprenant M. Balla Touré, Secrétaire général du RAG, M. Elhadj El Id, Coordinateur de IRA Nouakchott et Dah Boushab. Après le discours de bienvenue du Docteur Alassane Dia, Mme Kane a pris la parole pour transmettre les salutations du Président Biram Dah Abeid et ses félicitations au Conseil des Présidents de la CVE/VR, suite à la mise en place des nouvelles structures de la coalition. Ce fut ensuite au tour des membres des deux délégations de prendre la parole pour mettre l’accent sur la convergence des objectifs. Il en est apparu que les deux groupes sont tout autant animés par l’intention de bâtir une Mauritanie juste et égalitaire, réconciliée avec elle-même.
Les deux délégations sont convenues de se revoir très bientôt pour étudier les modalités pratiques de leur collaboration.
Nouakchott le 13 Février 2020 La Cellule de Communication
MAURITANIE : LES CHEMINS OBLIQUES DE LA DISCRIMINATION
Causes, enjeux et conséquences d’une imposture
🔹️Faits
Vendredi 31 janvier 2020, lors d’une séance plénière de la première session ordinaire du Parlement, Cheikh Ould Baya, président de l’institution, au nom de l’Union pour la république (Upr), le parti du Chef de l’Etat, apostrophait la députée de l’opposition, Madame Coumba Dada Kane, en des termes sans équivoque : « Un discours en français n’a pas de sens ici à l’assemblée nationale. Il n’a plus de sens » ; plus tard, il renchérit, toujours dans la langue ainsi rejetée : « Si, vous parlez en français, sachez que, en tout cas, les électeurs qui vous ont élu, ne vous comprendront pas ».
🔹️Contexte
Cheikh Ould Baya récidive ; à mainte reprise, devant ses collègues, il déclarait n’aimer ni ne respecter le Français, symbole, à ses yeux, de l’héritage colonial. D’ailleurs, le zèle du député-maire de Zouérate l’avait conduit à affirmer, le 28 juillet 2017, lors d’un meeting en compagnie de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans son fief municipal : « l’hymne national a été élaboré par un homme qui collaborait avec le colonisateur et chanté par un petit groupe de personnes » ; le propos visait feu Baba Ould Cheikh Sidiya, l’auteur de la politique de « pacification » au début du 20ème siècle ; aussitôt, ses nombreux disciples et admirateurs se mirent à manifester. Ould Baya leur présentait alors ses excuses, mettant un épilogue provisoire à une campagne de réécriture de l’histoire qui ressurgit, à intervalle irrégulier, depuis le putsch du 10 juillet 1978 ; de la fabrique de faux résistants et de généalogies contrefaites, à la modification du drapeau et de l’hymne, la Mauritanie parachevait, pendant les deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz, la tentative de modification de son récit, conduite par l’Etat et sous sa caution.
🔹️Substrat
L’incident du 31 janvier 2020, procède du processus de réécriture et de falsification du passé, désormais en vigueur au sein de l’ensemble maure. La dynamique négationniste résulte, elle, de l’arabisation au rabais, conduite, dès les années 1980, avec son bilan de destruction de l’enseignement, de la justice, de l’administration et d’abrogation de l’égalité des chances; le même délire, atteindra son paroxysme morbide, entre 1986 et 1991, durant les années de tortures, de déportations, d’assassinats, de spoliation foncière et d’humiliation, tous crimes jusqu’ici impunis, en vertu de la « loi n° 93-23 du 14 juin 1993 portant amnistie » ; le texte, toujours en vigueur, interdit la moindre poursuite contre les auteurs de violences racistes, leurs complice et receleurs. Du jour au lendemain, des milliers d’élèves, étudiants, de cadres et de militaires négro-africains se retrouvaient, victimes de l’exclusion linguistique ; ceux qui n’ont pu apprendre l’Arabe ou refusé l’assimilation brutale s’installaient, dans le statut d’une citoyenneté périphérique, comme l’atteste, ces dernières années, leur laborieux enrôlement au registre de l’état-civil. Des centaines de fonctionnaires perdaient ainsi le travail, la considération et la subsistance. Quelques-uns s’exilaient vers des latitudes plus réceptives à leur talent. Nombre d’entre eux, du seul fait de la qualification, s’imposèrent, tôt, dans la fonction publique internationale, les cabinets d’avocat ou le management d’entreprises, loin du bercail. Ceux restés au pays, se contentaient alors de positions subalternes qu’ils devaient défendre à force de soumission et d’alignement sur les factions de tribus et de clans. Impact
Au terme de quatre décennies d’arabisation bas de gamme et de chauvinisme d’Etat, le projet d’une cité moderne a été systématiquement investi, dévalisé, déstructuré puis mis en coupe réglée sous la médiocratie d’une élite de substitution, à peine instruite de l’intérêt général, du droit et des notions universelles de sanction et de récompense ; une classe de parvenus, où l’inculture, l’aigreur, le désir de revanche et le réflexe tribaliste motivent l’acharnement à abolir le mérite, a pris le pouvoir et entend le garder. La guerre au Français découle du parachèvement de cette volonté de résistance à la rationalité de la gouvernance selon les critères de la compétence et de l’intégrité. L’écroulement de l’Etat et de l’éducation nationale, la vénalité de l’appareil judicaire et l’ethnicisation de la diplomatie témoignent assez d’une régression en cours d’accomplissement. Une majorité de mauritaniens semble s’en accommoder, à cause des lacunes parmi le personnel dirigeant et de la résignation fataliste chez un peuple qui produit des charlatans, des féticheurs et des faiseurs de miracle, en guise de héros.
🔹️Malentendus
Or, l’audace, voire l’imprudence du dessein suscite quelques observations de circonstance :
Il convient de relever, ironie du sort, que les promoteurs de l’arabité exclusive s’obstinent, quand ils en ont les moyens, à envoyer leur progéniture dans les établissements bilingues mais incitent les enfants des humbles, à endurer l’école monolingue, au demeurant réduite à la clochardisation. La domination reproduit, ici, sa mécanique le plus efficace.
Le Français, outil de travail du gouvernement, de l’économie, de la diplomatie et de l’environnement régional reste au cœur de la société et régit l’essentiel de la documentation et de la correspondance, jusqu’au sommet de l’Etat. L’en extirper au profit d’une seule langue suppose la disponibilité à un bouleversement moral et intellectuel, d’une ampleur sans précédent.
La Mauritanie garde, jusqu’à ce jour, la qualité de membre de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et de son assemblée parlementaire. Maintenant, l’interrogation sur son appartenance aux deux entités évolue d’une question de politique domestique à un défi pour notre crédibilité à l’extérieur.
La traduction simultanée des langues non-écrites vers l’Arabe et inversement, date d’une directive de juillet 2019, laquelle ne prévoit le même service entre les députés locuteurs du Pulaar, du Soninké et du Wolof, ainsi figés dans la posture d’une minorité, toujours en demeure d’accepter son atomisation.
🔹️Conclusion
À présent, la crise interpelle le Président de la république et de sa majorité, dont le silence entretient l’ambiguïté, surtout si l’on se souvient d’une hystérie similaire, lors de l’ouverture du congrès de l’Upr, le 28 décembre 2019 :
La virulence et la récurrence des écarts imputés au leader du Parlement – parfois des attaques ad hominem à l’endroit des élus – appellent une clarification. Soit la Mauritanie se déclare francophobe et l’assume, y compris sur le plan international, en adoptant, sans détour, le nationalisme arabe comme doctrine du gouvernement, soit elle en désavoue les promoteurs. Les postures du grand écart et de l’ambiguïté arrivent à péremption. A force se croire toujours plus malin, l’on finit par ne plus inspirer confiance, d’abord à ses alliés.
Le pays a besoin d’une loi qui tranche le litige de la langue dans l’espace public et confère, au choix, force, précision et légitimité. Si l’usage du Français est un délit ou un objet de censure, il convient de trouver, à la restriction, un fondement normatif.
Le repli sectaire sur les fantasmes de l’identité, la culture du faux, le déni d’équité, l’intolérance et l’extrémisme religieux sont le fruit mûr de l’arabisation à outrance ; un tel legs du régime des colonels, sédimenté durant 4 décennies, ne correspond plus à l’hypercompétitivité du monde ; pire, il fragilise le pays, tandis que tonne, aux frontières, le grondement du jihadisme. Il y aurait inconséquence tragique à mener, si près du front, des batailles d’arrière-garde et des diversions sans issue, d’autant que l’ennemi menace, de l’intérieur.
Un organisme indépendant GENEVA SUMMIT FOR HUMAN RIGHTS AND DEMOCRACY , adresse une invitation officielle au député mauritanien Biram Dah Abeid pour participer au Sommet de Genève au siège Onusien en Suisse. Cette rencontre réunissant plusieurs groupes observateurs spécialisés dans la défense des Droits humains qui forment la Coalition Sommet de Genève, est prévue à partir du 17 février 2020.
Ainsi le président des Réseaux IRA-MAURITANIE, et candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle de juin 2019 en Mauritanie, Monsieur Biram Dah Abeid sera honoré du Prix du Courage 2020 lors d’une conférence plénière le 18 février. Il faut rappeler que ce Prix du Courage du Sommet de Genève, avait été décerné dans le passé à un dissident chinois Chen Guangcheng et à un blogueur saoudien Raif Badawi toujours emprisonné.
Selon la communication de l’organisme hôte, le leader antiesclavagiste mauritanien et déjà lauréat PrixOnusien 2013 pour son engagement pacifique pour des Droits Humains, fera un brève communication d’une dizaine de minutes à l’occasion. Cette énième reconnaissance internationale du combat honorable que mènent le célèbre militant irréductible et ses partisans depuis une décennie, appuie davantage l’étoffe d’un engagement droit-de-lhommiste sérieux et valeureux pour l’avènement d’un véritable état de droit en Mauritanie.
Merci Monsieur le président de l’assemblée, merci Monsieur le premier Ministre
Honorables députés,
Je vous souhaite à toutes et à tous en ce dernier jour du premier mois de l’année 2020, Encore une bonne et heureuse année, de bonheur, de santé et de justice pour toutes les mauritaniennes et tous les Mauritaniens.
Monsieur le premier ministre, La justice est le socle de la cohabitation, et sans elle rien ne va et vous en connaissez quelque chose, car vous avez été victime au temps du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Monsieur le PM, à quand prendront fin l’injustice et l’esclavage qui frappent les composantes H’ratine et noire de la Mauritanie?
Pourquoi ce sont ces composantes qui restent marginalisées dans ce pays et qui sont éprises de justice, de liberté et de droit. Je ne peux en aucun cas admettre que nos enfants, femmes, et hommes continuent d’être raflés à longueur de journée et sont considérés comme étranger dans leur propre pays. Pourquoi une seule composante continue D’être exclue par une biométrie discriminatoire?
Monsieur le Premier ministre, pensez-vous que le monopole des tous les secteurs par une composante, ne crée pas la frustration au sein des exclus que sont les hratins et les Mauritaniens d’origine noire ?
Regardez Rosso que visite le président ghazwani, tous les commandements (Wali, Hakem, les commissaires, gardes, gendarmerie, ), l’administration reviennent tous à une seule communauté?
Hélas Nous refusons de croire que le chemin de la justice est en faillite. Nous refusons de croire qu’il y ait des espoirs insuffisants dans les atouts de l’opportunité de notre cher pays.
Nous ne baisserons pas les bras tant que les richesses de la liberté et la sécurité de la justice ne sont pas garanties pour tous et sans distinction aucune.
Le moment est venu monsieur le Premier ministre de réaliser les promesses de la démocratie.
Le moment est venu de faire de la justice et la lutte contre l’esclavage une réalité pour tous les enfants de ce pays.
Monsieur le Premier Ministre,
Il serait fatal au régime de négliger le caractère d’urgence de ce moment pour les centaines de milliers des mauritaniens qui ont exprimé leurs voix en faveur de l’honorable député et président de l’ONG IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid lors des dernières élections présidentielles du 22 juin 2019 où il est arrivé 2ème à l’issu de ce scrutin. Mais il est une chose que je dois dire à ce gouvernement, qui se tient sur le seuil brûlant qui conduit à la justice et au droit : Dans ce processus qui vise à obtenir notre juste place dans l’échiquier politique de notre cher pays et de pouvoir competir en toute légalité.
Monsieur le Premier Ministre
Nous cherchons à satisfaire notre soif de reconnaissance de l’organisation IRA et du parti le RAG. Nous mènerons notre combat sur les hauts niveaux de la dignité et de la discipline. Nous ne baisserons jamais les bras tant le parti RAG et l’ONG IRA ne seront pas reconnus conformément aux règles et aux textes en vigueur.
Députée Coumba Dada Kane Vice-présidente IRA Mauritanie
1. Tard en soirée du 13 janvier courant, Madame Mariem Aoufa, Directrice du département Amérique et Asie au ministère des affaires étrangères et de la coopération, publiait un avis de démission, sur son compte twitter ; l’avant-veille, elle y soutenait l’expulsion d’un Français, Jean-Marc Pelenc, chef d’une section, dans son pays, de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; elle le qualifiait alors de « ce juif » et l’exposait ainsi au risque d’atteinte à l’intégrité physique, en lui imputant une relation – d’ailleurs fictive- avec le journal Charlie Hebdo, victime, en 2015, d’une tuerie terroriste, à Paris.
Par la même occasion, Madame Aoufa dit respecter peuples et religions, reconnait l’erreur et présente des excuses, aux personnes que son propos blesserait.
2. Ira Mauritanie prend acte de la contrition et salue le courage de l’auteur, dans un environnement mental où l’impunité et l’extrémisme religieux favorisent plutôt la banalisation du fait accompli. Un cas similaire mérite mention : à la fin de l’année 2019, le juge d’instruction du 1er cabinet près la Cour criminelle de Nouakchott Sud, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud, renonçait à sa charge ; quelques semaines auparavant, en septembre, il livrait une mineure victime d’esclavage, à ses maitres et annulait leur détention, pourtant réclamée par le Parquet. Les deux évènements augurent d’une dynamique qualitative vers l’Etat de droit, malgré la sédimentation du passif et du déni, devant l’évidence de crimes aggravés de racisme.
4. En conséquence, l’Ira-M, Ong toujours interdite, félicite le gouvernement, sans doute vecteur d’un tel dénouement et l’encourage à une réforme, en profondeur, du personnel de l’Etat ; il importe d’y vérifier les diplômes, les aptitudes, le niveau de formation et surtout les causes indues de recrutement. Il n’est pas superflu de réaliser un tel audit, lequel implique la restauration du mérite, la fin des discriminations fondées sur l’ethnie et la langue, l’enseignement de la déontologie, du protocole et du savoir-vivre moderne. La composition des agents du ministère des affaires étrangères et de la coopération, en dépit de la diversité de leurs talents, témoigne d’inégalités et de privilèges, incompatibles avec les rudiments de la citoyenneté. Le grief n’épargne d’autres secteurs de la fonction publique mais il revêt, chez nos diplomates, un degré inouï d’injustice. Il appartient, au nouveau Président de la république, d’insuffler les réformes, jusqu’ici différées sous le prétexte de « laisser le temps au temps », la fameuse devise de la stagnation. Les nominations en Conseil des ministres attesteront du renouveau escompté ou l’infirmeront, assez vite.
5. Enfin, Ira-M, au nom de son ancrage universaliste, continue à diffuser et promouvoir les valeurs d’hospitalité, de tolérance et de xénophilie, gages d’unité de l’espèce humaine, envers et contre les passions de la supériorité et les démons du différentialisme. L’adhésion à une organisation de défense de la dignité de l’individu dépasse les obstacles de nationalité et de frontière.
《Jean-Marc Pelenc, président d’IRA France-Mauritanie, fraîchement arrive à Nouakchott, vient d’être arrêté et expulsé alors qu’il avait un visa en bonne et due forme et était attendu par l’ambassadeur pour un entretien.》Réseaux IRA-MAURITANIE
Nous apprenons ce vendredi 10 janvier 2020, l’arrestation et l’expulsion de Mr Jean-Marc PELENC, président de la section France du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA – Mauritanie. Il était à la tête d’une délégation venant de la France ces dernières heures. Selon les premiers éléments d’informations recueillis, les membres de la délégation avaient franchi le contrôle Visa à l’aéroport international Oum Tounsi et c’est après que Monsieur Pelenc aurait été rappelé et conduit au sein de l’aéroport par un policier. Par ailleurs les autres membres venus de France n’ont pas été inquiétés pour l’instant dont l’épouse de Jean- Marc Pelenc. Cette expulsion peut être considéré comme un premier couac par évidence pouvant affectant l’ambiance d’apaisement entre les autorités mauritaniennes et les milieux Droit -de-l’hommistes depuis l’élection du président Ghazouani en juin 2019. Nous suivons de près les développements que va susciter cette décision à la fois surprenante et étrange.
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